Production d’e-mails, quelques statistiques et réflexions

J’ai déjà écrit sur le sujet des e-mails, puis j’ai déporté (un temps) ma production sur un autre blog, je ne sais pas encore si je ne vais pas à nouveau fusionner les deux, mais en attendant, quelques statistiques sur les mails (et le processus opératoire qui a servi à les produire). Et je ne suis toujours pas en Mailbox zéro.

Prolégomène :

Pour un projet professionnel qui me tient à cœur, je souhaitais mesurer assez précisément la production quotidienne d’un cadre qui écrit des mails. N’ayant pas ce cadre sous la main, j’ai pris mon exemple. Même si ma fonction diffère, je pense que ma relation au mail est la même que celle d’un cadre moyen. J’ai donc entrepris de quantifier ma production de mails, à des fins statistiques. (synthèse en fin de message pour ceux que le protocole opératoire indiffère). La question finale était : quel est le nombre maximum de mails par jour qu’une personne peut traiter ?

Protocole opératoire et premiers résultats :

  • J’ai pris les mails que j’ai envoyés (donc tapés) entre le 14/12 16h11 et le 18/12 13h32, soit 79 mails. Cela exclut donc tous les mails reçus, les spams, les mails détruits ou classés : seule ma production m’intéresse.
  • Sur ces 79 mails, j’ai enlevé ceux qui contenaient un attachement, pour n’avoir plus que des mails « texte ».
  • J’ai sauvegardé ces mails dans un sous-répertoire Thunderbird, et récupéré ce dossier, qui est au format MBX, donc « texte ».
  • J’ai fait quelques manipulations de ce texte sous OpenOffice Calc. J’ai pris le tableur (Calc) et non le traitement de texte (Writer), car cela accélère les traitements dans un fichier avec des retours à la ligne imposés. Le fichier texte initial comptait 7 618 lignes de texte.
  • Je donne ci-dessous quelques exemples des manipulations / suppressions (qui prennent plus de temps à écrire qu’à faire…)
    • suppression des nombreux en-têtes de message (From:, sujet:, X-mailer, etc.)
    • suppression des citations de messages précédents (qui commencent par « > » dans les messageries texte)
    • suppression des signatures et champs ajoutés automatiquement à la fin des mails (« si vous recevez ce mail alors que vous étiez pas qui vous êtes censé être etc. »)
  • Après ce nettoyage, je me suis retrouvé avec un fichier constitué de 422 lignes de texte. En français dans icelui (le texte), cela signifie que sur les 7 618 lignes de texte que j’ai envoyées en 3,5 jours, seules 422 lignes étaient de la production dactylographique de ma part, le reste était soit des en-têtes de message, soit des signatures, soit des citations de précédents mails.
    • étant donné que mes mails contiennent 33 lignes d’en-têtes (je viens de vérifier) et 6 lignes de signature, cela fait (33+6)*68 =2 652 lignes
    • à rajouter aux 422 lignes de texte que j’ai rédigées
    • soit 7 618 – 2 652 – 422 = 4 544 lignes « parasites » issues de la pratique systématique de la citation des messages anciens.
  • Il ne me restait plus qu’à copier ces 422 lignes sous openOffice Writer et à demander une statistique. Elle me donne 3 592 mots et 21 071 signes (improprement appelés « caractères » sous OpenOffice). On applique cela aux 68 mails, et cela donne une première information : mes mails rédigés font en moyenne 52 mots, ou 310 signes. J’emploie donc des mots de 5 lettres, en moyenne. (On s’en fout ici, mais vous verrez, ça sert après).

Résultats commentés et futures voies de réflexion

  • En termes d’électrons, dans les mails que j’envoie, 5,5% sont dûs à ma production (dactylographie), 59,6% sont dûs à ma pratique (et celle de mes correspondants) de laisser la citation de l’ensemble de la correspondance, et le reste est ajouté par les clients de messagerie et les serveurs (en-têtes, signatures personnelles ou légales). Donc les mails, c’est pas mal du vent.
  • En 2009 (on ne va pas compter les 13 derniers jours), j’aurai envoyé 4 583 mails.
    • Si je les imprimais, cela ferait (à 52 lignes par page) 9 874 pages. Presque 20 ramettes de papier imprimante. Une pile d’un mètre de haut. (Ce sont les mails que j’ai envoyés).
    • Sur ce texte, j’en ai tapé 5,5%. Soit 546 pages. La taille d’un (moyen) manuel de finance. Chaque année.
  • En terme de temps passé à taper :
    • En mesurant ma vitesse de frappe ici, j’obtiens une vitesse « dans les conditions idéales » de 47 mots par minute.
    • Vous voyez bien que ça sert, le calcul des mots… Cela fait 242 090 mots, soit 85,8 heures passées à rédiger des mails.
    • C’est évidemment cruellement sous évalué : je ne compte pas les temps additionnels pour répondre aux mails. Temps de lecture, de classement et destruction des mails, de recherche d’anciens mails et toutes les activités annexes nécessaires pour répondre aux mails : téléphoner, imprimer, aller chercher la réponse dans un ouvrage, sur le Web ou dans lecrâne d’un collègue, consulter l’agenda…
  • J’en arrive enfin à mon dernier calcul, qui essaie de répondre à la question suivante : « combien de mails maximum une personne peut-elle traiter par jour ? ».
    • Imaginons une personne qui ne fasse que répondre à ses mails, 9h par jour ouvré. Il faut poser quelques hypothèses.
    • Je n’ai pas l’info sur le nombre total de mails que j’ai reçus en 2009. Mais je sais que j’en ai gardé 11 000 en archives. Donc première hypothèse : combien de mails parasites reçoit-on chaque jour ? J’appelle mails parasites des spams, ou des mails d’info générale, qu’on doit quand même lire (pour voir que c’est un spam ou un mail d’info) avant de les détruire. Je suppose 20 mails par jour ouvré, qu’il faut lire, mais qui sont sans intérêt. On supposera que ces mails ont le même nombre de mots moyen que les mails que j’envoie, soit 52 mots. Cela fait donc 1 040 mots à lire.
    • Sur ce site, j’ai calculé ma vitesse de lecture. 405 mots par minute, taux de compréhension 91%, je suis donc un « bon lecteur ». Il me faudra donc de l’ordre de 3 mn pour écluser ces 20 mails.  Je n’y crois pas. Cela prend plus de temps que cela, car ce ne sont pas 20 mails à lire à la suite.
    • Continuons quand même avec les suppositions. Supposons que pendant 9h, je ne fasse que lire des mails, les classer et répondre à certains.
      • Dans mes mails classés, je vois que j’ai répondu à 2 mails sur 3 en 2009 (normal, le reste, je l’ai détruit).
      • L’équation est donc : « 9 heures de travail doivent se répartir entre 100% des mails à lire (à 405 mots par minute) et 66% des mails pour lesquels il faut rédiger une réponse (de 52 mots en moyenne (à 47 mots par minute) »
      • Soit 9h x 60 = N x 52 / 405 + N x 66% x 52 / 47
    • Je résous et je trouve N = 629 mails. Voilà le nombre maximum de mail qu’une personne comme moi peut recevoir par jour.

Bon, c’est du n’importe quoi. Mais comme souvent en modélisation financière, c’est le fait d’avoir fait cet exercice qui souligne les problèmes à creuser après. Les variables de sensibilité sont les suivantes :

  1. On suppose que la personne ne fait que lire, taper, classer, détruire. C’est faux. Beaucoup de mails nécessitent d’aller chercher de l’info. Question : temps moyen de recherche des infos ? (et % des mails pour lesquels on doit aller chercher de l’info).
  2. Quand bien même on n’a pas d’info à aller chercher, beaucoup de mails demandent de la réflexion. A la vitesse de frappe se rajoute le temps de rédiger dans sa tête, la mise en forme des arguments. Question : % des mails qui nécessitent des réponses plus élaborées que « OK pour moi ! » ?
  3. On suppose que la personne est concentrée, et non susceptible d’être distraite. Ce qui signifie que si elle doit aller chercher de l’info sur Internet, elle va lancer son navigateur, aller chercher l’info et retourner à rédiger son mail… sans faire un tour par fessebouc, sans avoir l’oeil attiré par un fil RSS etc. Question : propension à être distrait de son objectif initial ? (en nombre de minutes, et plus probablement d’heures perdues par jour)
  4. On n’a considéré que les temps de lecture et de frappe. C’est plausible avec un peu de discipline : pour moi, classer un mail demande la frappe d’une seule touche, détruire idem.

Voilà. Les personnes qui ont lu jusqu’ici ont le droit de m’envoyer un mail.

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ça me réconforte quand…

ça me réconforte quand je tombe sur des allumés sympathiques sur le web. Que le Web soit une gigantesque usine à tout, c’est intéressant. Mais le fun, c’est de se dire : ce que je cherche doit forcément exister quelque part sur la Toile.
Exemple du midi :

  • Je bois du thé. Il faut 5 mn pour faire infuser le thé. Je pourrais avoir une minuterie (voire, horreur, faire infuser mon thé au jugé), mais ce n’est pas facilement transportable (bureau, maison, lit, cave) et je ne serais pas un geek si je ne pensais pas d’abord à un truc sur ordi.
  • J’ai donc cherché, et trouvé avec succès, un petit utilitaire de minuterie pour l’ordinateur. Pb : il faut en trouver un pour chaque plate-forme. Sous Winblues, il y en a 100 000 (je salue ces développeurs de freeware, qui en présence de 99 999 freewares de minuterie-pour-faire-cuire-les-oeufs se disent « Yeah, mais moi je vais le faire différemment, le monde a besoin d’une 100 000ème instance de logiciel de minuterie-pour-faire-cuire-les-oeufs »). Sous Linux Ubuntu, il y en a quelques uns, mais ils ne me satisfont pas : trop compliqués, moi je veux un truc que je double-clique, j’écris « 5 » et je clique sur « Démarrer » (je suis même prêt à cliquer sur « Start », c’est dire ma flexibilité). Sur Mac OS, j’ai pas cherché.
  • Et puis l’illumination. Dans Grougle, je tape « compte à rebours en ligne ». Et je tombe sur ça, qui répond exactement à mes spécifications et qui est multi-plate-formes, puisque c’est sur le Web.
  • Ebaubi, et déjà rassuré par l’humanité, je lance l’infusion du thé et je regarde un peu la page, ça parle de Tim Ferriss, ça ne peut pas être mauvais. Et je vais sur le blog de David LeMieux (quel nom que j’aimerais avoir !), le concepteur d’e.ggtimer.
  • Et là.
  • Un gars qui a transformé son coffre de voiture en Photomaton ambulant, juste parce qu’il voulait avoir le Prix de la Voiture Ninja Super de Luxe avec Talent et Coolitude Extrême.

Il y a des assistantes sociales qui travaillent en milieu difficile ; des infirmiers qui enchaînent les heures de garde ; des artistes désargentés qui essaient de mettre un peu de beauté dans ce monde ; des scientifiques qui essaient de trouver le remède à des pandémies terribles, ou qui essaient de nous envoyer dans le cosmos (et éventuellement en revenir) ; des cinéastes, scénaristes, écrivains ; des artisans, ouvriers, employés. Même des profs, c’est dire.

Mais il y aussi des geeks, ceux qui se demandent s’ils ne pourraient pas faire torréfier leur café sur l’alimentation de leur PC, parce qu’ils ont la flemme d’aller au magasin. Et qui y arrivent le plus souvent (après avoir flingué 3-4 PCs).

Ce monde ne serait pas aussi génial sans les geeks. C’est ma réponse à l’apparente absurdité de la vie. Dans ma hiérarchie personnelle, il n’y a plus de hiérarchie aujourd’hui. Un gars qui essaie de savoir combien de temps Bill Murray a passé dans la ville d’Un jour sans fin mérite mon respect et mon admiration.

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Sad eyes

Dans « Pédale douce », il y a ce moment où Jacques Gamblin fait son aveu, et puis se retrouve seul, au milieu de cette soirée mousse. Et il se laisse couler dans la mousse, seul le haut du visage affleure, on a l’impression qu’il s’anesthésie. J’aurais voulu retrouver cette scène, avec son regard absent : on a l’impression qu’il refuse d’y penser.
Sad eyes

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Caillou – Aujourd’hui

Aujourd’hui
J’avais un tas de neige derrière les yeux
Isolant mon cerveau de mes sens.

Je ne pouvais écouter
Ce qu’on me disait
Et regarder en même temps
Les bobines de film dans ma tête.

Aujourd’hui j’ai beaucoup parlé
Sans qu’un mot passe mes lèvres
Je rejouais le passé
J’écrivais plusieurs futurs
Sauf le mien.

Aujourd’hui j’avais les yeux morts.

Dieu se fout de nous

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Sérendipité et aéropage

Je ne crois pas à la chance. Mais il y a parfois des coïncidences étonnantes. Voilà le seul jour où j’aimerais bien pouvoir Twitter, pour voir l’évolution de mes réflexions.

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Caillou – Lobe-trotter

Ce matin
Le sol gris
C’est la gare.

Mais le ciel bleu
Filtrant la lumière
C’est l’Arizona.

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Caillou – Opium

C’était il y a longtemps
J’ai brûlé ma vie
En ta compagnie
Et j’ai vécu des rêves fous.

Et j’ai souffert de l’état de manque
Pendant longtemps après.
Il ne me restait plus que les cendres
De la poussière
Et un drôle de truc dans les poumons.

Et le temps a passé,
Lentement.
Un jour, je me suis retourné,
J’avais arrêté de penser à toi
Pendant un jour.

J’avais même oublié ces pépites d’opium
Au fond de ce tiroir
Que j’ai ouvert ce soir.

Et tout m’est revenu.
La caresse de tes volutes
Au repos.
L’élasticité de tes idées.
Le dragon qui se réveille
Dans ma poitrine.
Les ruines fumantes.

Ne plus jamais ouvrir ce tiroir.

La nuit est noire et froide
Ce soir.

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Linux Ubuntu – avoir les dernières versions de Firefox et Thunderbird

Thunderbird 3 est sorti. Il a désormais des fonctionnalités qui rendent caduques mes extensions Seek (recherche « faceted », je ne sais pas comment on traduit) et Nostalgy (pouvoir classer un mail dans mon sous dossier Archives d’une frappe de touche).
Le seul problème : alors que les versions Windows et Mac se mettent à jour automatiquement, cela n’a pas l’air d’être possible sous Ubuntu. Dans Thunderbird, le menu « rechercher des mises à jour » est grisé, alors que je sais que la version 3.0 est dispo. Cela vient, semble-t-il, de la politique de Ubuntu : chaque version du système d’exploitation est figée sur des versions de logiciels, et n’évolue pas (il faut attendre la prochaine sortie d’Ubuntu, tous les 6 mois). Ceci pour assurer la stabilité rock-steady du système.
Heureusement, je suis tombé sur cette page, qui explique comment faire : télécharger un package debian, lancer l’installation (en double-cliquant dessus, il y a plus compliqué…) puis taper dans le terminal la séquence cryptique indiquée dans la page web. Il n reste plus qu’à suivre les questions (en anglais). J’ai désormais Thunderbird 3.0, et Ubuntu me proposera automatiquement les mises à jour dès qu’elles apparaîtront.
Je vais faire de même pour Firefox, et voilà, je ne suis plus leading edge, à ce niveau-là, c’est geeking edge.

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Cinétique du pékin – Maquereaux et morues

Comme déjà vu dans la chronique Cinétique du Pékin, une foule qui se déplace suit généralement une direction. Même dans une place carrée, ouverte à tout vent, il y a des volontés, des désirs : le marchand de glace ou le bistrotier, la bouche de métro, le kiosque à journaux sont autant de destinations qui canalisent les flux. Contrairement aux actions cotées en Bourse, la marche au hasard n’existe que rarement, presque jamais, dans une foule.
Les flux seront encore plus marqués s’ils sont délimités par les parois d’un couloir. Tel le tuyau de plomb qui véhicule la fange vers les égouts, le couloir de métro digère son lot de pékins, bol alimentaire qui progresse dans un œsophage de céramique. Mais ce groupe, apparemment compact, est doué de vie propre. Chaque élément profite du flux, tout en gardant son indépendance motrice.
L’analogie est évidente : un banc de poissons. Ou un peloton de cyclistes. Tous se déplacent ensemble, et certains utilisent celui de devant pour se protéger, ou fendre l’eau / le vent / la foule. Il y a les chasse-neige et les skieurs qui suivent.
Ce qui est intéressant dans un premier temps, c’est le concept de covariance. Dans un portefeuille boursier, on regarde la covariance d’une action avec une autre. Deux actions qui ont une forte covariance vont donc, littéralement, varier de la même manière. Dans une foule, ou un banc de poissons, la covariance entre les éléments est extrêmement importante. Un poisson malade, ralenti, qui a perdu le sens de l’orientation ; un pékin qui n’est pas dans le flow : c’est l’ensemble de la fourmilière qui en souffre.
Donnons ici quelques fondements de la covariance en mouvement :

  1. Personne ne doit se toucher
  2. Le différentiel de vitesse règle la distance. Si je n’ai pas du tout la même vitesse qu’une personne, je me maintiens à distance ; des personnes qui vont à la même vitesse (donc différentiel de vitesse faible, voire nul) peuvent se suivre à distance très proche (mais respecter la règle n° 1).
  3. Dans les zones de compacité, la distance est inférieure (mais respecte la règle n° 2).
  4. Chacun observe les règles 1, 2 et 3 de manière dynamique, et le plus souvent inconsciente. Mais cela nécessite d’être attentif. Maintenir une inconscience consciente.
  5. Les mouvements brusques sont à éviter autant que possible. L’idéal est de maintenir un état de flow, où l’anticipation calme permet d’éviter de fracasser la règle n°1.

Une foule en état de flow est une foule heureuse.

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Caillou – Sierra Selva


Ma ville est dans une vallée de nuages.
Au bout des rues
Je vois leurs frondaisons.

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Caillou – Reste encore

Cet espace tiède
Dans ton cou
Cookie à grignoter.

Reste encore

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Conclusion – Fantômes

Voici le troisième thibillet sur ce qui m’est arrivé il y a une semaine (le fait divers est ici, l’analyse est là).
Hier matin, j’ai porté plainte.
1h30 de temps passé au commissariat.
3 certificats médicaux (dont une radiographie du visage ; aucun traumatisme osseux, pour ceux qui s’interrogeaient ; les marques sont restées au niveau superficiel – bosses, oedeme – et psychologique).
Comme l’a dit le jeune brigadier en me raccompagnant : « C’est rare qu’on aie une plainte de 4 pages ! »
Mais surtout, j’ai identifié mon agresseur sur photos.

Je savais qu’il y allait avoir identification sur photos, et j’y allais avec appréhension. Je me méfiais de ma mémoire une semaine après, je n’avais pas vu le troisième type (excellent, mamzelle 🙂 ), et j’avais presque envisagé de dessiner les visages des deux premiers, pour les fixer sur le papier. Et en effet, cela a mal démarré : il y a peu de choses communes entre un visage mouvant, agressif, sous une capuche, dans la nuit, et un visage découvert pris dans un commissariat, à la lumière artificielle, sur fond clair. Nous avons passé une première planche de photos, et s’il était facile d’en éliminer plusieurs, cela allait difficilement plus loin. Et puis sur la seconde planche, j’ai commencé méthodiquement, en haut à gauche, et je commentais chaque photo. Jusqu’à la 5 : « c’est lui ! »
Et au visage fantôme que j’avais porté dans ma tête pendant une semaine, s’est superposé un visage un peu différent, mais qui me rappelait des choses que j’avais oubliées de ce soir-là. A revoir ses lèvres, je me souvenais de ses insultes. A revoir ses yeux et ses sourcils, je revoyais son regard. C’était bien lui, celui qui m’avait agressé et frappé. Mais ce n’était pas exactement le visage que j’avais porté dans ma tête. Les policiers m’ont demandé de préciser à quoi je le reconnaissais, et ont vérifié je le reconnaissais formellement. Pendant cette confrontation, les deux visages – le souvenir et le réel – se sont fondus en un seul. Et quand je suis sorti du commissariat, l’image fantôme avait été remplacée dans mon cerveau par l’image plus précise, plus réelle, du vrai individu.
Il y a donc désormais un nom, une enquête, et une procédure, sur un individu du monde réel.
A partir de maintenant, cette histoire ne m’appartient plus, j’ai passé le relais à quelqu’un d’autre. Mais j’ai la satisfaction d’avoir clôturé ma partie sur une fin nette. Comme une photo.

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Aloe Vera

Suite à une mésaventure récente, une de mes lecteuses assidues (mais mes lecteurs sont-ils autre chose qu’assidus, tendus dans toute leur vie vers la perfection socratique ?) me disait donc dans un commentaire : « j’espère qu’il vous reste de l’Aloe Vera ».

Il m’en reste d’autant plus que je n’avais pas encore commencé à consommer cette herbe.

Vient donc le moment d’évangéliser les foules sur l’Aloe Vera. Si je le fais, c’est parce que – à l’instar de certains thibillets déjà rédigés, en informatique souvent – j’ai fait une recherche sur le dieu Internet, et n’ayant pas trouvé de réponses satisfaisantes, j’ai décidé de poster ma synthèse, pour le googleur compulsif.

L’Aloe Vera est donc une plante, ou une herbe, bref, un végétal (Wikipedia est un peu plus calé là-dessus) qui pousse dans les régions chaudes, par exemple dans le sud de la France, où elle se ramasse à la pelle dans les chemins empoussiérés de garrigue, sous un soleil vertical et dans l’ambiance crissante des cigales.

En région parisienne, les fleuristes (en tout cas, les miens) sont infoutus de trouver des plants qui fassent plus de 10-15 cm de haut, mais on m’a dit que peut-être, chez Truffaut…

L’Aloe Vera a des propriétés réjuvénantes, émollientes et hydratantes. En bref, ça remplace n’importe quel cosmétique pour le prix de 2 verres d’eau par semaine.

Je n’ai même pas eu à l’acheter, ma professeur d’espagnol (holà, Magdalena !) m’en a offert un plant, ci-contre représenté dans la fruiterie de ma maison (entre le petit boudoir et la souillarde). Pour ceusses qui n’ont pas une professeuse d’espagnol adorable, on m’a dit que peut-être, chez Truffaut… Sinon, il y a des vols pour la Côte d’Azur toutes les heures.

Et à quoi ça sert ? Eh bien, si l’on est dans une quête bio, genre je ne consomme plus de cosmétiques du commerce et je reviens aux gestes d’antan, ça sert à s’hydrater, s’émollier, se réjuvéner.
Et comment fait-on, docteur ? Eh bien, toutes les fois qu’on est à court, on coupe une des feuilles, à la base du tronc, en murmurant quelques pensées apaisantes. Puis en saisissant un économiseur, aussi appelé épluche-légumes (vous pouvez aussi utiliser un rasoir, mais prévoyez un paquet de coton et du mercurochrome à portée de main), épluchez la feuille en sifflotant. La chair est transparente, un peu visqueuse, on dirait de la méduse végétale.
Coupez en petits dés, mettez au congélo (je mets les dés sur du papier sulfurisé) et quand c’est congélofié, mettez les cubes dans une boîtoune. Voilà, ça dure des semaines ou des mois. De temps en temps, sortez quelques cubes de la boîtoune et mettez les au frigo, ou dans votre salle de bains. Et le matin, quand votre peau agressée par le feu du rasoir, votre épiderme desséché par le calcaire, vos follicules craquelés par l’air sec vous supplieront, vous les attendrirez de cette mixture végétalo-hippie, et pendant un moment, vous aurez une pensée pour votre grand-mère qui lavait son linge au lavoir dans une provence de Marcel Pagnol.

Et avec l’argent économisé, vous achèterez des actions de fabricants d’armes, hahaha !

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Séquelles – Mondes parallèles

Comme pour le thibillet précédent, je ne cherche pas spécialement à obtenir de réactions, je veux juste écrire pour moi et partager.
J’ai du mal à sortir de cette agression (le physique se rétablit, merci, le psychologique mettra probablement plus de temps), et je me rends compte que cela change ma vision des lieux et des choses.
Je ne verrai plus jamais cette rue, et cet immeuble d’où les trois sont sortis, de la même manière.
J’y penserai probablement à chaque fois que j’emprunterai cette rue (que je n’emprunterai plus jamais la nuit, ce qui me vaudra des détours fréquents).
Je suis vigilant, voire inquiet, dès que je croise des grands mecs dans le style de mon agresseur, où que ce soit.

Tout cela passera, plus ou moins vite, mais ça passera, parce que le cerveau humain a cette capacité géniale de gommer les choses, d’aplanir, de réparer les bleus à l’me.
Quand même, je pensais que nous vivons, mon agresseur et moi, dans des mondes parallèles. Comme dans la science-fiction, deux mondes se côtoient, et de temps en temps une porte s’ouvre pour communiquer entre les deux mondes, et puis elle se referme. Quand je suis parti pour travailler ce matin, mon agresseur dormait probablement encore. Mais quand je dormais cette nuit, si ça se trouve, il était dans une rue, ou un bar, ou une voiture, éveillé et actif. Quand je travaille, il regarde la télé, ou fume, ou boit. Quand je me repose en famille, il est dehors sous la pluie, à se battre ou à tchatcher (non, pas sous la pluie, ces gars-là sont comme nous tous, personne ne reste jamais longtemps dehors quand il pleut).
J’avais eu cette même impression de mondes parallèles il y a quelques années. Un ami avait proposé qu’on se prenne un pot / apéro à son bureau, puis qu’on aille dans un bar-boîte juste à côté, La Favela Chic. On y avait passé une excellente soirée. Ce qui m’avait frappé, c’était qu’on était mardi soir, et que des personnes étaient venues pour y faire la fête, en habits de soirée, et semblaient parties pour danser et boire et rigoler toute la nuit. Un mardi soir.
En partant pour me trouver un taxi, je me disais que je n’y avais jamais pensé : tous les soirs de la semaine, à Paris, il y a des gens qui étaient magasinier, ou secrétaire, ou comptable adjoint dans la journée, qui s’habillent façon flash ou smart et qui sortent pour faire la fête, jusqu’à pas d’heure, la plupart d’entre eux travaillant probablement le lendemain, mais c’est juste qu’ils sont jeunes, ou fun, ou endurants, ou qu’ils ont un boulot chiant qui ne demande pas beaucoup de concentration. Je ne m’étais jamais rendu compte qu’à côté de mon monde, qui est quand même très planplan, il y avait le leur, qui n’ouvre pas aux mêmes heures, ne contient pas les mêmes personnes, et n’a pas les mêmes valeurs, les mêmes soucis, et la même histoire.
Je reviens à mon gars et à son monde parallèle. Nous sommes presque en opposition de phase. Je suis dans le clair, il est dans l’obscur. Mais c’est la même rue. Le même quartier. Et quand nous nous sommes croisés, quand la porte s’est ouverte temporairement entre nos deux mondes, c’était dans cette heure de clair-obscur.

Sans le savoir, il y a plusieurs années, j’avais rédigé un thibillet prémonitoire : même rue, ou presque ; même parallélisme entre les mondes ; même conclusion vigilante.

[edit] effet magique de la sérendipité, ou de l’aéropage, je viens de me rendre compte que j’avais lu la semaine dernière une nouvelle de Jack London qui s’intitule South of the Slot (Au Sud de la Fente) et qui parle de deux mondes, avec un homme qui passe de l’un à l’autre et qui a une identité distincte dans chacun.[/edit]

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Fesse-Bouc et vous, frères humains

Sur les conseils d’un collègue prof de droit, j’ai mis sur ma page Facebook une fausse date d’anniversaire. Son argument (j’y connais rien en droit), c’est que dans la législation de certains pays (dont les US), le simple fait de donner sa date de naissance vaut acceptation de certains contrats. J’ai donc mis la date de l’assassinat de Kennedy. Résultat, aujourd’hui, je reçois un SMS d’une cousine « Joyeux anniv ! »
C’est mignon.
Je l’ai détrompée, ce qui m’a permis de me rajeunir de 5 ans (il ne faut jamais rater ces occasions).
Que ce thibillet vous permette d’avoir une pensée à la mémoire de John Fitzgerald Kennedy, homme politique célèbre, grand visionnaire et grand inspirateur, tombé tragiquement sous les balles d’un mystère jamais totalement élucidé. Certes, l’histoire a dé-doré le blason de cet homme sur quantité de points, mais je reste néanmoins fidèle au souffle qu’il a su donner au monde à son époque.
R. I. P.

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Fait divers

Hier soir, j’ai été agressé physiquement. Comme dit Woody Allen, « je me suis défendu vaillamment, et je les ai mis en fuite, en leur tapant sur les poings avec mon nez ». En fait, j’en suis quitte pour une joue qui a doublé de volume et une mâchoire douloureuse. (j’ai même rêvé cette nuit que j’avais perdu une dent).
Je suis partagé entre deux envies : je ne veux pas en parler ; je veux en parler.
Pour la première, c’est plutôt : je ne veux pas qu’on m’en parle. Parce que je dois raconter à nouveau toute la scène, répondre aux questions et que cela m’est pénible : l’analyse, je l’ai déjà faite, et peu me chaut que mes interlocuteurs comprennent là où j’en suis arrivé en terme de conclusions.
Pour la deuxième, c’est parce que, comme toujours dans ces cas-là (j’avais vécu ce genre de chose, sans agression physique, il y a quelques années), cela me tourne dans la tête les heures et les jours (et les nuits qui suivent). Et qu’une manière de dégonfler le ballon, de vider le cerveau, c’est d’en parler. Mon analyse, la voilà. Il y en avait trois, mais il y en avait juste un qui voulait se battre. Peu importe la raison, il cherchait toute occasion. Et je lui en ai donné très peu, ne répondant quasiment pas à ses provocations et insultes et continuant à avancer. Je pense que c’était la seule solution, car la dialectique de ce genre de personne, à ce moment-là, c’est « je t’insulte, tu réagis, je m’énerve, tu me pousses, je t’agresse, la preuve, j’étais en état de légitime défense puisque tu m’avais poussé ». René Girard n’est pas loin, c’est l’escalade de la violence. Et ce que j’ai donné, au contraire (par instinct ? par réflexe intellectuel sans que l’intellect ne soit sollicité ?), c’était l’inverse : le refus de rentrer dans ce schéma pré-établi. Mais lui, en face, il ne connaissait que cette manière de communiquer sous forme de conflit, d’action-réaction. Il en est venu, pendant un moment, à avoir une posture beaucoup plus humble, il voulait savoir pourquoi je refusais de lui parler, et sa voix était, sinon suppliante, du moins demandeuse, sincère. Et puis le déchaînement de violence après, quand il a vu que je restais dans un schéma qu’il ne comprenait pas.
Deux réflexions :
– cela fait des années que je pense aux possibilités d’agression, et aux réactions que je pourrais « préparer ». C’est assez illusoire, parce que sur le coup, probablement comme beaucoup de personnes, j’ai eu un grand blanc. Le cerveau ne réagit plus rationnellement, on n’est plus capable de raisonner ou de se souvenir de la to-do liste de l’agressé 😉 En même temps, c’est intéressant, parce que je pense que toutes ces années de réflexions et de discussions sur l’être humain m’ont donné quelques réflexes intégrés, des manières de se comporter dans ce genre de crise qui ne sont peut-être pas optimales, mais qui limitent la casse.
– ce gars cherchait en fait du dialogue. Mais dans certaines existences, on n’a plus que le conflit et l’opposition pour « dialoguer ». Il était dans son monde, dans son système de « dialogue », mais évidemment, il n’en est pas du tout satisfait. Il dira « je m’en foutais de ce gars » alors que pas du tout, même s’il a obtenu apparemment ce qu’il voulait (une bagarre), il a dû être frustré de ne pas obtenir ce qu’il cherchait vraiment (un échange). Un échange, fut-il de coups de poings, c’est un succédané fruste de l’échange de mots, qui lui-même peut être souvent un succédané fruste de l’échange de sentiments ou de l’échange de confiance. Mais c’est toujours un échange.

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Tu tangues, Irlande !

Dans mon rêve de cette nuit, j’étais au travail. Je devais aller aux toilettes, et j’en parlais à un de mes collègues, qui me mettait en garde : « avec les travaux, tu vas voir, c’est l’horreur ». J’y allai quand même. En effet, les toilettes du 5ème étage (département finance et Mastères Spécialisés) étaient dans un état descriptible, mais impraticable. Toutes les portes avaient été retirées ; des brassées de fils électriques pendaient du plafond ; il y avait des flaques d’eau, des carreaux de faïence cassés et du mastic par terre. Un seul des toilettes était en service, et il était… comment dire… souillé abondamment.
Je décidai de descendre aux toilettes du 4ème étage (département marketing). L’escalier était tortueux, lui aussi encombré de gaines électriques, méga lombrics de plastique, mais j’arrivai à passer. Je poussai la porte. Et là, à la place des murs carrelés blancs et du carrelage, je tombai sur une antichambre désuete. Du tissu sur les murs, quelques gravures de chasse [edit]à courre[/edit]. A l’emplacement du toilette n°1, on voyait l’entrée d’une chambre à coucher, lambrissée, avec des rideaux épais encore à demi-fermés, un lit en désordre, quelques vêtements épars. On devinait qu’il y avait une salle de bains plus loin, et que l’occupant était en train de se préparer à aller au travail à l’étage. Le toilette n°2 était aussi tapissé de tissu couleur beige, le trône était en délicate porcelaine peinte à la main comme les assiettes de grand-mère, il y a avait une chasse à chaînette avec une poignée en bois, tout cela sentait bon l’antan, la bourgeoisie cossue, le confort séculaire.
Rappel : c’était un rêve, toute ressemblance blablabla.
Mais je ne sais pas si je dois en tirer une allégorie sur les rapports entre le marketing et la finance.

Quant au titre de ce thibillet, il est un peu à l’aune de « L’automne à Pékin » de Boris Vian. Je sentais comme une obligation morale, voire patriotique, de participer au grand déferlement médiatique sur la main et le ballon, le coq et le trèfle, bref, l’Eire de rien, montrer que, moi aussi, j’avais une opinion, des sentiments, et que j’étais sûr que tout le monde était passionné d’entendre mon point de vue sur l’affaire AZF (As ou Zéros de France).

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Note to self : Gilles Cluzel, manager de transition / directeur de projet – ne pas embaucher

Cela fait des mois que je suis régulièrement spammé par un être humain (Gilles Cluzel, manager de transition / directeur de projet / directeur des opérations / DG délégué), sur plusieurs adresses professionnelles que je détiens. Je ne suis pas une société, mais ce monsieur arrose large, semble-t-il. Je lui ai écrit la première fois, pour lui dire que je n’avais aucunement sollicité ses mails. Pas de réponse. Lors d’un nouveau spam, je lui ai réécrit. Pas de réponse. Les fois suivantes, je l’ai signalé à Signal-Spam (plusieurs fois) et au service Abuse de wanadoo / orange. Ce service a ses limites, me semble-t-il, puisque je n’ai reçu qu’une réponse me demandant les en-têtes complets du message. Je me suis exécuté, et maintenant, après 4 mails de plaintes auprès de ce même service abuse@lauremanaudoo.fr, je n’ai toujours aucune réponse.
Je passe donc à une autre solution, qui consiste à l’écrire ici : si je devais embaucher un manager de transition (dieu m’en préserve), ou encore un directeur de projet / directeur des opérations / DG délégué (pour caler mon armoire) je n’embaucherais certainement pas ce Gilles Cluzel qui n’a visiblement pas compris ce que signifient l’éthique et la déontologie, fut-ce sur Internet.
Et maintenant, je vais laisser Google et ses amis faire leur travail d’indexation de ce thibillet.
« Et que ceci serve d’exemple à ceux que le Diable écarte du droit chemin » (Joe Dassin, Tagada Tagada voilà les Dalton)

[edit]
Voilà ci-dessous les derniers spams de Gilles « spam » Cluzel (car je ne les ai pas tous gardés. Le plus ancien conservé date du 12/07/2009 – il faut dire que Gilles Cluzel m’a envoyé 12 spams ce jour-là, à la même heure. Je ne savais pas que Gilles Cluzel et spam, c’était synonyme) :
le 29/10/2009, spam de Gilles « spam » Cluzel, manager de transition
le 06/11/2009, spam de Gilles « problème d’éthique » Cluzel, DG délégué
le 09/11/2009, dans le monde des spams, Gilles « spam » Cluzel, directeur de projet m’envoie un spam
le 17/11/2009, spam de Gilles « spam » Cluzel, directeur des opérations qui utilise linkedin, viadeo, mais surtout le spam
le 21/11/2009, Gilles « spam » Cluzel, manager de transition m’envoie un spam
le 25/11/2009, spam de Gilles « spam » Cluzel, DG délégué
le 28/11/2009, Gilles « manque d’éthique » Cluzel, directeur des opérations, m’envoie un spam (le vingtième ?)
le 01/12/2009, spam de Gilles « problème d’éthique » Cluzel, directeur des opérations / manager de transition (linkedin, viadeo, spam…)
[/edit]

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Nouveau Mac transportable

Dans sa dernière conférence, Steve Jobs a présenté la dernière bombe d’Apple : le BigMac.

Quelques informations sur ce qu’il y a sous le capot :

  • Souris avec double roulette, pour scroller sur toute surface
  • Double antenne wifi (norme 802 w) qui sert aussi de poignée de transport – on reconnaît là le sens du design de la firme de Cupertino
  • Habillage en titane camouflé plastique, pour tromper les voleurs albanais
  • Disque dur de 2,1 péta-octets (2 x 1 024 téra-octets)
  • Mémoire vide de 2 téra octets, extensible à un péta
  • Système de refroidissement par bière

Nul doute que plus d’un geek souhaitera avoir le BigMac sous son sapin ! (prévoir un grand sapin)

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Yoda vs Data

Hier soir en sortant de la piscine, je repensais à Maître Yoda, la première fois qu’on le voit (dans l’épisode 5, l’empire contre-attaque).
Il a piqué une barre de céréales dans le sac de Luke Skywalker, et comme R2D2 veut récupérer la barre de céréales (mais que peut faire un droïde d’une barre de céréales ?) , Yoda lui donne des coups de canne. Et je me disais « pourquoi un Chevalier Jedi, qui maîtrise l’espace et le temps, qui peut influencer les esprits faibles rien qu’en faisant des petits gestes avec les mains, qui peut soulever les pierres et les vaisseaux un peu comme Jane Grey dans X-Men, donc, pourquoi il donne des coups de canne à R2D2 ? »
Je trouve cette scène un peu pathétique, ou attendrissante.
Bon, il y a la première explication, sans fantaisie, qui est de dire « dans le scénario, les gars ne savaient pas que 20 ans après ils allaient tourner l’épisode 1, puis 2, là où Yoda fait le Yamakasi en combat singulier contre le Comte Do(o)ku(u). »
Et puis, il y a la réflexion plus avancée. Les humains se défient des machines. Les vrais, bons, êtres humains, « ceux qui marchent debout », ont compris très tôt que la seule matière malléable, c’est l’être humain et son cerveau. Ainsi, Yoda travaille sur lui-même, et il n’est pas interdit de penser que quand il soulève un rocher, en fait, il influence notre perception de la réalité (un peu comme le ferait un hypnotiseur), plutôt que de pratiquer réellement la télékinésie. Cf. dans Matrix : quand le cerveau croit que l’on reçoit des impacts de balles, le corps meurt.
Je préfère encore une troisième version. Yoda peut manipuler les objets à distance. Il pourrait donc éteindre R2D2 et consommer sa barre de céréales tranquilou. Mais il est à ce point « anti-machines » que sa réaction est viscérale (je vais taper cette boite de conserve) plutôt que raisonnée.
On retrouve la défiance des machines qu’on avait dans Dune (les mentats, ordinateurs humains, remplacent les machines calculatoires) ou encore dans cette nouvelle de Philippe K. Dick, l’homme variable.

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Marathon de New York – un autre compte-rendu

Mon ami Laurent avait lui aussi rédigé un compte-rendu. C’est différent, dans la mesure où lui court plutôt en 3h15 (mais il ne prend pas de photos, voilà, ça explique la différence).
Son récit est ici.

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New York, New York… (Part Two)

Nous nous sommes quittés au début du marathon de New York, juste après le Pont du Verrazzano, sur cette phrase :

« J’essaie de maintenir un rythme à 5:15 au km (11,5 km/h), ce qui, si je le tiens toute la course, me mènera vers un nouveau record. »

La course commence à peine, mais je suis chaud. Le ciel est gris, l’air est frais et humide, mais en quelques miles, je suis en T shirt et short. Le rythme est bon, le moral aussi, on arrive au premier ravitaillement (Mile 3, presque 5 km). Enfer, ce sont des gobelets en carton. Jeune impétueux que je suis, j’essaie de boire le gobelet en courant. Après m’être aspergé d’eau glacée, vieil imbécile que je suis, je décide de m’arrêter pour boire. C’est mieux. J’en profite pour prendre une photo de situation.

Nous sommes dans Brooklyn, direction Park Slope. Il y a déjà du monde dans les rues, mais il est encore tôt, il fait frais, donc l’ambiance est sympa, sans être hystérique.

Les petits immeubles, associés au ciel gris, ne font pas ressentir l’effet « New York », mais plutôt l’effet « banlieue de ville américaine ».  Cela pourrait être assez déprimant, mais j’ai d’autres choses sur lesquelles me concentrer, et même si je ne vais pas très vite, les bords de rue défilent régulièrement.

Mile 5 (km 8), premier gel, avec un gobelet d’eau. J’ai vu que certains coureurs pincent le haut du gobelet pour boire tout en courant. Je teste. OK, aspergé à nouveau, moi je dis, quand on a deux mains gauches, on ne joue pas au cacou et on s’arrête au bord du trottoir pour boire.

Et c’est reparti. Nous sommes sur Bedford Avenue, qui va durer pendant des kilomètres. Brooklyn commence à devenir plus attachant : des arbres, des petites boutiques, on sent que le quartier chic de Park Slope se rapproche.
Un rétrécissement de chaussée nous ralentit un peu, rien de grave, de toute façon il y a une côte, alors on ralentit. C’est très agréable de monter sous les arbres, même si ça monte…

Comme pour le Marathon de Londres, et contrairement aux marathons méditerranéens (Italie, Espagne, France), les coureurs affichent une cause pour laquelle ils courent. Leucémie, cancer, enfants handicapés, un parent malade : rares sont les T shirts qui ne portent pas de mention humanitaire. Quant à nous, nous courons pour la même cause que sur les 5 marathons : le syndrome de Williams-Beuren, dans sa version américaine (Williams Syndrom Association, WSA).

Dans le cadre de cette course, je verrai plusieurs handicapés. D’abord des « coureurs » handisport dans leur fauteuil roulant qui ont dû avoir un problème. En effet, les handisport partent toujours 20 à 30 mn avant les coureurs ‘sur jambes », et ils ont une vitesse qui assure habituellement qu’ils ne seront pas rattrapés. Sauf problème.
On passe ainsi des fauteuils roulants escortés par des bénévoles qui leur facilitent le passage. Et puis il y a une association de sportifs handicapés, Achiles. Ces coureurs sont escortés par des guides en T shirt rouge qui flanquent le coureur et le protègent. Je verrai ainsi un aveugle, et surtout, un homme amputé des deux jambes. Il a – j’apprendrai le nom dans le New York Times –  des Cheetah feet, c’est-à-dire des pilons se terminant par une lame flexible, comme un patin de ski, et il sautille pour courir, dans un geste assez gracieux, mais qui doit être véritablement épuisant. L’homme est baraqué, il a JESUS marqué dans le dos, et quand je le dépasse, vers le Mile 8, il a l’air en pleine forme. Je n’ose pas l’encourager, c’est idiot.

Il y a aussi des déguisements, mais de manière très exceptionnelle, beaucoup moins qu’à Londres, où les super-héros se comptent par dizaines. Je croise néanmoins un Flash et un Marquis de Lafayette. Quand je le prends en photo en me retournant, un coureur voit les drapeaux français sur mon visage et me lance un « allez les bleus ! » avec un bon accent américain, c’est sympa.

L’ambiance est donc bonne, on entend toutes les langues, on voit des prénoms de toutes les nationalités, et la foule est désormais bien compacte, bien chauffée. Les encouragements fusent, les orchestres poussent la sono à fond, on est dedans.

Mile 10 (km 16), deuxième gel. Le rythme est bon, j’oscille entre 5mn et 5mn30 au km, mais je tiens la moyenne. Mon bracelet « 3h45 au marathon » m’indique que j’ai 1 minute d’avance sur l’horaire prévu, je continue en espérant pouvoir maintenir la même cadence.

Bedford Avenue. On a pris un virage à l’ouest, Manhattan se voit au fond, ça fait du bien de voir des gratte-ciels au loin. Je continue, et j’arrive ainsi au semi marathon, 13,1 miles soit 21,1 km en 1h51 minutes. C’est plutôt bon signe, car – je m’en rendrai compte après – c’est mon meilleur temps sur cette distance. Mon record au semi-marathon de Paris était de 1h56, et je n’avais eu « que » 21,1 km. Là, j’ai été plus rapide, mais j’ai encore la même distance à couvrir…

C’est le moment où traditionnellement, je commence à écouter de la musique, pour m’encourager sur la deuxième partie du parcours. Je place mes écouteurs, j’allume le baladeur. Et là, par hasard, je tombe sur la BO de Rocky, la musique du thème (gonna fly now). L’intro à la trompette, le rythme qui monte, génial, je suis dans mon élément, la vie est belle !

Et puis un truc étonnant : la clameur de la foule est telle que, même en montant le volume de mon baladeur à fond, le plus souvent, je n’entends pas bien ma musique, tant l’ambiance est assourdissante. Tout Brooklyn est dans la rue.

Hasard de la lecture aléatoire, j’entends plusieurs morceaux de Rocky, et cela me fait toujours un bel effet. On quitte enfin Brooklyn, et on passe dans le Queens par un petit pont quelconque. C’est plus calme, car on est dans la partie juive traditionnelle, et la plupart des passants ignorent délibérement les coureurs. J’arrive au Mile 15, 3ème gel que j’essaie d’avaler en même temps que je tiens mon gobelet, bref, jamais deux sans trois, je m’asperge copieusement le torse, c’est glacé, bravo, là je dis bravo…
 
J’ai pourtant intérêt à rester frais. On arrive au Pont de Queensboro, un des points chauds du parcours. Faisant plusieurs miles, reliant le Queens à Manhattan, c’est un énorme pont couvert, favorable à la claustrophobie.

3 miles de pont, avec au moins 2 miles de montée, c’est long. Chacun s’accroche comme il peut, on essaie de gérer correctement ce paradoxe : ne pas ralentir trop, mais ne pas trop brûler d’énergie non plus, car il y aura encore 10 miles à s’avaler après.

Je sens des courbatures, mes abdos et mes épaules me tirent, le corps commence à souffrir. Je n’ai jamais été très bon en côte, ça se confirme, il faut s’accrocher et attendre que ça passe.

Cet endroit, c’est paradoxal, parce que Queensboro Bridge aboutit la 59ème rue, à Manhattan, c’est donc « le pont de la 59ème rue » de la chanson de Simon et Garfunkel (The 59th street bridge song, que beaucoup connaissent sous le titre Feelin’ groovy). Et cette chanson, elle est charmante, sautillante, fraiche. Et le pon
t est très beau, vu de l’extérieur. Mais là, j’en aurai désormais une autre vision : celle d’un oesophage en côte, des vertèbres d’acier qui nous entourent, nous surplombent, nous étouffent, et nous, fourmis trottinantes, crampies, moulues, qui nous accrochons dans la pénombre.

Nous surplombons enfin l’Hudson River, Manhattan est superbe sur le côté gauche, la côte est enfin terminée, le pont commence à descendre vers Manhattan, nous allons entrer dans le coeur de l’action. Nous avions été prévenus : il paraît que la clameur de la foule, massée à la sortie du pont, est assourdissante. Et je l’entends avant de la voir : un grand tumulte de cris, d’encouragements, une vague sonore impressionnante. On y arrive, on les voit : des flots de personnes massées sur les côtés, qui crient, applaudissent, claquent leurs ballons ou criquettent leurs crécelles. C’est énorme. Je n’ai vu ça nulle part, jamais entendu ça, c’est une vague d’énergie qui nous pousse tous vers l’avant. (La vidéo ici aide à peine à se rendre compte).

Le trajet fait un virage complet, retourne sur ses pas ce qui permet d’admirer le pont qui nous a tant fait souffrir. Et là, pendant quelques centaines de mètres, grosse angoisse. Tout à coup, ma cheville droite (celle qui a eu une entorse il y a un an) se met à me lâcher. Elle me fait mal, et je la sens fragile, prête à craquer. Je boitille, je déporte tout mon poids sur l’autre jambe, j’en suis presque réduit à sautiller à cloche-pied.
Grosse angoisse : ça me fait mal, je suis en train de me déséquilibrer, et je ne vais pas pouvoir continuer à cloche-pied pendant 10 miles !
Je continue ainsi pendant plusieurs dizaines de mètres, et puis je décide d’inverser le propos, un peu à la manière de l’école de Palo Alto : au lieu de protéger la cheville en réduisant mon effort sur elle, au lieu de m’angoisser, je décide de la mettre à contribution. Je me rééquilibre, je la sollicite à nouveau, mais cette fois complètement, en déroulant bien le pied et la jambe. Je continue pendant quelque temps en respirant… jusqu’à ce que je me rende compte, quelques centaines de mètres plus loin, que je m’étais mis à penser à autre chose et que ma cheville ne me fait plus mal… 

On aborde la 1ère avenue. La 1ère avenue. Une étendue mythique, parce que presque aussi large que les Champs-Elysées, alors imaginez ce que ça donne sans une seule voiture, une gigantesque largeur d’asphalte, des coureurs au milieu, et une foule déchaînée sur les côtés.

L’ambiance est folle. Un exemple parmi des milliers : je vois une grosse fille qui brandit deux pancartes avec énergie. La première dit « Keeping on running is your only fucking option ! » et la seconde dit « It’s OK to cry ». Tous les types d’encouragements possibles sont à New York.
Des drapeaux français, norvégiens, péruviens, texans, chinois.
Des pancartes, des slogans, des bannières, des mots d’amour.
Des gars qui encouragent gentiment ceux qui marchent (« allez, recommence à courir, vas-y ! »).
Un gars qui s’est détaché de la foule, il n’a pas l’air content, et il engueule copieusement un marcheur (j’espère qu’il le connaît), du genre « Mais bouge-toi, pauvre tache, bon sang, allez, redémarre, et vite !! »
C’est de la folie, c’est New York.

Je sais que les amis de WSA nous attendent à la 96ème rue. C’est tout l’avantage des quadrillages des cités américaines : je compte les rues une à une, 62ème, 63ème, c’est plus rythmé et plus fréquent que d’attendre le prochain mile, ça permet de maintenir sa motivation.

J’arrive à la 80. Puis à la 90.
La 95. La 96.
Je cherche, et vite, je repère le groupe WSA, des T shirts verts pour les adultes, dorés pour les enfants. Stephanie et Mary me voient et piaillent des Oh My God !!! (j’apprendrai plus tard qu’elles brandissaient une pancarte « Vivre Christophe !!! » constellée de marques de rouge à lèvres…). Je vais vers le groupe WSA, je voudrais m’arrêter un peu, ou leur dire quelques mots, mais un gars robuste en T shirt vert me met d’autorité une bouteille d’eau dans la main, me pousse en me disant « go, go, go !! » et je repars dans la course.

Je passe le Mile 19 (km 30). Je l’ai déjà mentionné pour Londres, « la course commence au km 30 ». C’est là où on est fatigué, où le corps commence à refuser, où c’est difficile de maintenir le même rythme. Et il reste encore 7 miles, 12 bornes, c’est-à-dire une distance risible quand on est frais du matin, mais difficile quand on a déjà 30 bornes et trois ponts dans les pattes.
D’autant plus qu’on passe East Harlem et qu’on arrive dans le Bronx.
Moins de personnes, beaucoup, beaucoup moins d’ambiance, des paysages plus gris. On nous avait prévenus, c’est la partie moralement difficile, celle où l’on aurait besoin du support de la foule, mais hélas, hasard du parcours, cela va être le tronçon le moins vivant. Et  pour couronner le tout, un méchant petit pont tapissé de moquette détrempée, et allez donc, encore une petite côte. Rien de grave, certes, mais désormais, chaque sollicitation nouvelle, chaque variation du relief, fut-elle faible, se paye cher.
D’ailleurs, pendant un bon moment, je ne vais plus prendre de photo, je n’y pense plus, ou je n’ai plus envie.

Je n’ai plus trop de souvenir du Bronx. J’essayais de maintenir mon rythme de 5mn15 au km, je m’abreuvais à un ravitaillement sur 2, j’ai pris mon gel du 20ème mile, et pour le reste, c’était mettre un pied devant l’autre et recommencer.

La boucle, le grand virage, on comprend qu’on est en train de retourner, de redescendre à Manhattan. Sentiment de libération. Mile 21, Harlem, on commence à retrouver de la foule, de l’ambiance.

Et la 5ème avenue. L’avenue chic, celle qui descend vers Central Park, là où se terminera le marathon.
L’avenue traître. Celle qu’on descend sur la carte, car elle orientée nord-sud. Mais en fait, la 5th, c’est un grand, méchant, persistant, vicieux faux-plat. Des miles et des miles de montée. Pas une côte, non, plus démoralisant encore : un dénivelé constant qui grignote les genoux, l’énergie et le moral.
Le coup de grâce, quoi. Le truc inattendu. Comme le dit Georges Arnaud à la fin du Salaire de la peur « tu as fait ce que tu devais, mais là, c’est le croupier qui a triché ».
L’avenue s’étend sur une distance infinie. Ma vitesse baisse à 5mn30, 6mn, je donne des coups d’accélérateur, mais ça ne sent plus la jeunesse, je repasse péniblement à 5mn40, parfois 5mn30, il faut se battre pour ces poignées de secondes.
Heureusement, la foule est là, plus présente, plus bruyante, mais c’est comme pour la musique que j’écoute : j’ai la sensation d’être émoussé, plus rien ne me motive, je cherche l’énergie d’accélérer, mais en fait, je n’ai qu’une envie. Que ça s’arrête. Que je m’allonge pour dormir et oublier tout.

Mais je n’ai pas attendu 4 ans, je n’ai pas bâti ce rêve pour en rester là. Ce n’est pas un sursaut d’orgueil, parce que je ne suis plus dans l’état d’avoir un sursaut. On ne peut pas parler de flambée, d’énervement, ou de feu aux poudres, j’en suis bien loin. C’est juste un entêtement tenace. « Keeping on running is your only fucking option ».
Alors je ne vais pas m’arrêter, et personne ne va m’empêcher de terminer. A ma vitesse, à ma manière, je grignote péniblement cette côte avec mes genoux émoussés, mes mollets durs, mes cuisses crispées et douloureuses.

La suite se raconte en peu de
mots. L’avenue est très longue, nous nous mettons à longer Central Park, la foule est de plus en plus dense, de plus en plus excitée et proche. Même si je n’ai plus la même vitesse, j’arrive à limiter les dégâts : je ne dégringole pas à des 8 ou 9mn au km comme dans d’autres marathons, j’arrive à me maintenir à un rythme de 6 mn au km (10 km/h) malgré tout ce que je ressens dans les pattes. 
Et puis je vois soudain deux tours au loin, la foule nous crie que ça y est, on va y arriver.
Tout au bout de cette avenue, la foule est excitée, il y a un virage un peu sec, se pourrait-il que ce soit l’arrivée ? Je décide de couper ma musique et de me laisser porter par l’ambiance.
Un panneau que je vois, mais que je n’enregistre pas bien : Mile 23 (km 37).
Il reste 3 miles, 5 km, mais je n’arrive plus à visualiser, je crois que c’est tout proche, que c’est réglé. Alors que ce sont 3 longs miles, les plus longs du parcours.

Je mets ce qui me paraît être un temps infini à atteindre la banderole Mile 24. A tel point qu’il vient un moment où je me dis que ce n’est pas possible, que je l’ai ratée, que la prochaine banderole sera une bonne surprise, ce sera déjà le Mile 25.
Et au bout d’un temps très long, je vois une banderole au loin. Mile 24. Je soupire. Je ne suis pas prêt de voir le Mile 25. La foule nous encourage tous, j’entends des dizaines de fois « Allez la France ! », nous sommes tous à souffrir, les coureurs devant, derrière, à mes côtés, nous sommes tous cuits, mais la foule ne se lasse pas de nous encourager, nous pousser, nous soutenir. Des côtes. Des descentes. Des montées.

Mile 25, enfin.
Plus qu’un mile.
Enfin, c’est ce que je crois.
Des familles, des enfants, des buissons, des arbres, des plans d’eau, et mes talons qui rentrent dans mes genoux, mes genoux qui rentrent dans mes hanches.
Descente. Montée. Virage. Descente.

Mile 26.
Almost there.
Plus que 0,2 à parcourir, ça y est, on y croît.
Mais 0,2 ne signifient pas 200 mètres.
C’est 0,2 miles.
320 mètres.

Là, enfin, je consulte à nouveau ma montre. Je la consultais régulièrement pour mon allure, mais je n’avais pas regardé mon chrono depuis le semi-marathon. Elle m’indique 3h52.
Et là, ultime coup de fouet : mon record, pour l’instant, c’est 3h54 à Londres. Je suis à 2 mn en dessous, à 300 mètres de l’arrivée.
J’accélère.
Je voudrais passer la ligne avant le temps que j’avais fait à Londres.
C’est super dur d’accélerer, c’est tout sauf un sprint. Comme le dit le cow-boy à Buzz l’éclair, « je n’appelle pas ça voler, j’appelle ça tomber avec grâce ».
Bref, je mets dans la balance les quelques réserves que je ne croyais plus avoir, et j’envoie le tout.
300 mètres, c’est très long.
Je regarde ma montre régulièrement.
3h53.
Je respire, je souffle, j’allonge la foulée en essayant d’éviter de tomber.
3h54.
Un dernier coup d’énergie.
Je passe la ligne, j’arrête mon chrono.
Cela ne sert à rien de le regarder, je ne sais pas 3h54 et combien de secondes j’avais fait à Londres.
Ce ne sera que le soir-même que je découvrirai que j’ai réalisé un nouveau record, battant de 3 secondes seulement mon temps de Londres.
ça me fait sourire, ce petit grignotage.

« If I can make it there, I’ll make it anywhere »

Après la ligne d’arrivée, je me suis senti bien mal pendant plusieurs dizaines de minutes. Vidé, titubant, n’ayant qu’une envie, m’allonger. Et puis j’ai bu. J’ai marché. J’ai mangé. Et peu à peu, très lentement, je suis revenu à la vie.

Et je peux maintenant commenter et conclure ce long récit (j’ai pris les 7h de vol retour pour le rédiger).

  • La comparaison entre Londres et New York ne tient pas. Mon temps à New York est bien meilleur que mon temps à Londres, pour les raisons suivantes :
    • New York a des variations de relief bien supérieures (Pont du Verrazzano, Pont de Queensboro, 5th avenue, Central Park).
    • Le gagnant de New York met 2h09. Celui de Londres met 2h05. Cette différence, rapportée à mon allure, ce n’est plus un différentiel de 4 mn, mais probablement de 10 mn, peut-être plus.
    • Je me suis arrêté pour prendre des photos.
  • New York est un marathon génial pour
    • l’ambiance, exceptionnelle
    • les vues de tous les quartiers et la découverte de cette superbe cité
  • New York est un marathon assez contraignant car, même en regardant à l’avance le relief du parcours, on ne se rend absolument pas compte des difficultés à venir. C’est vraiment une course où le terme gérer sa course prend tout son sens. Et c’est difficile à faire quand on fait le parcours pour la première fois.

En conclusion : 5mn15 au km, sur 42 km, est un objectif ambitieux, mais probablement tenable sur un marathon plus plat.

Par exemple, au hasard, Paris en avril 2010…
🙂

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New York, New York… (Part One)

Première partie de mon compte rendu du Marathon de New York

C’est un projet depuis plus de 4 ans. Et hier, j’ai réalisé mon rêve. Voici mon récit du Marathon de New York (qui fêtait son 40ème anniversaire, un peu plus jeune que moi, le marathon…)

(Toutes les photos en haute définition ici).

« Start spreading the news, I’m leaving today »

1er novembre 2009. Réveil à 4:49, Laurent déjà parti depuis 3/4h, j’ai tout mon temps, je me suis réveillé avant mon réveil (5:30). Thé, céréales, préparation de l’équipement de cosmonaute (2-3 couches de vêtements, gels de glucose, électronique de jogging, walkman, appareil photo, piles, clés, …)

Je sors dans la rue vers 6:00, et je trouve tout de suite un taxi sur 1st avenue. Il prend la Highway vers le terminal des ferrys, New York est encore dans la nuit. Il pluviote un peu.

Le terminal ressemble à Ellis Island à l’époque des immigrations massives vers les US, il y a une foule assise,
debout,
qui déambule,
qui dort,
va aux toilettes,
mange,
boit du café au gobelet,
se déshabille,
s’habille,
s’interpelle,
ça parle anglais français italien allemand suédois swahili…

Je prends le ferry de 6:30, 1/2h à traverser ce petit bras de mer et à faire un coucou à la Statue de la Liberté, avant d’aborder à Staten Island.
Puis la queue pour prendre un bus,
encore 1/2h de trajet,
à nouveau la queue pour entrer dans Wadsworth Fort, 
en tout, il m’aura fallu plus d’1h30 pour rejoindre la zone de départ.
Et là, c’est un peu Woodstock sous la pluie :
des tentes,
des coureurs étalés partout sur l’herbe dans le froid,
des enfilades de cabines de chiottes avec des gens qui font la queue,
des camions UPS,
des annonces en 5 langues,
des pancartes, des panneaux
des drapeaux de toutes les nationalités…

Je me trouve un coin un peu tranquille et je m’installe, tel un mini-bouddha moderne, emmitouflé dans ma couverture de survie.
Je lis quelques pages de Steinbeck sur ce gène de l’espèce humaine qui la pousse périodiquement à (se) détruire, puis sur le début de son expédition dans la Mer de Cortès.
La couverture de survie est une bénédiction, car il y a du vent et le sol est mouillé. Je vois des coureurs qui sont en short et en T shirt, bon sang, on est 2h avant le départ et il doit faire 11° C… Gros contraste entre certains coureurs vêtus d’une simple couche de tissu, et mon empilement de couches de polaire. Je suis à 37°, juste bien 🙂

« These vagabond shoes are longing to stray »

Je vais me placer à l’entrée de mon corral, il y a comme d’habitude l’énervement positif, les échanges de plaisanteries avec les bénévoles, l’attente impatiente.
Les gars qui négocient pour passer, qui expliquent, qui se fâchent.
Ceux qui essaient de franchir la clôture grillagée (2 m) en sont quittes pour quelques contusions + une engueulade. Tout ça pour franchir la ligne 30 secondes plus tôt, c’est attendrissant. Pour ma part, j’attends, centré sur ma respiration, mon temps viendra.

On attend, on attend, on attend, d’abord à l’entrée du corral, puis dans le sas.

9h40, j’ai une pensée pour Laurent, qui doit être en train de prendre le départ sur le Pont du Verrazzano.
Ultime pipi, j’abandonne mon pantalon en polaire, mais je garde toutes mes autres couches, y compris la couverture de survie.

Nous avançons vers la ligne, beaucoup de personnes courent, comme si elles ne savaient pas qu’elles vont en prendre pour plusieurs heures de course, et que CHAQUE molécule de glycogène économisée peut faire une différence.
Tassement du peloton immobile avant le départ. La modestie américaine des commentaires au micro : « Welcome to the most important event in the universe ! » (véridique)
Je quitte ma fidèle couverture de survie, j’abandonne aussi les gants (trop difficile de manipuler l’appareil photo avec).
Une chanson qui glorifie l’Amérique, et c’est parti !

« Right through the very heart of it, New York, New York »

Et c’est la montée du Pont du Verrazzano. 
ça grimpe honnêtement, l’asphalte est humide, l’air est frais, chacun mouline des gambettes à son rythme.
Des hélicoptères tournoient dans le ciel, ou restent en stationnaire pour filmer, il y a des énormes Sikorsky qui passent, on se croirait dans Apocalypse Now.
A gauche, les gratte-ciels de Manhattan, superbe vue pour démarrer… mais à une distance si lointaine ! On y croit, on y va…

Le pont dure longtemps, plus d’un mile, on a le temps d’ajuster sa vitesse. Je commence à avoir bien chaud, je me débarrasse peu à peu de mes couches, mais avec parcimonie, je ne veux pas brûler des calories juste pour me réchauffer, elles seront mieux employées ailleurs.

Le pont se termine et on rentre dans l’énorme Borrow de Brooklyn, où nous allons passer la première moitié du marathon. Des maisons qui ne font pas plus d’un étage, des rues déjà bien remplies, et toujours un ciel gris au-dessus de nos têtes.

J’essaie de maintenir un rythme à 5:15 au km (11,5 km/h), ce qui, si je le tiens toute la course, me mènera vers un nouveau record.

La suite ici

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Record battu

3h54mn43s.

Soit 3 secondes de mieux qu’à Londres, mon précédent record.

Ouais, Ok, peut-être, mais c’est un record BATTU quand même ! Et puis si t’es pas content, je t’attends sur la prochaine ligne de départ 😉

Comme d’hab, analyse détaillée et récit larmoyant dans les prochains jours, mais là, je vais à l’After Party…

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From London to New-York

Il est temps de revenir sur ces instants riants où je courais, insouciant, le Marathon de Londres avec ma nouvelle femme, Gudrun.

Demain, c’est New York. Ce sont toujours 26,2 miles, mais chaque course est un recommencement, et la ville n’est pas la même. La question n’est plus de terminer le marathon : sauf accident, je franchirai la ligne d’arrivée. Cette question, elle est simple pour un marathon classique ; mais pour New York, la réflexion sera pimentée d’un biais supplémentaire.

Pour un marathon classique, question simple :

Quel compromis adopter entre la vitesse et l’endurance ? C’est comme en photographie : soit on prend vite en sacrifiant la lumière, mais on perd en détails à l’arrière-plan ; soit on veut une photo précise, ce qui signifie de fermer le diaphragme, et donc de prendre à une vitesse plus lente, quitte à ce que le sujet bouge.

En marathon (et pour toute autre course), la question se pose dans ces termes :
– soit je cours lentement, ce qui économise mes forces, et me garantit d’avoir de l’endurance jusqu’au bout. Mais cela signifie courir plus longtemps…
– soit je cours vite, pour abréger mon temps de souffrance. Mais cela signifie brûler plus d’énergie… au risque de ne pas pouvoir terminer.

Il n’y a pas, à ma connaissance, de modèle d’optimisation. En effet, en photo, il y a un compromis vitesse-ouverture qui permet de choisir toujours la combinaison optimale. C’est la base du mode « programme ». Mais en course à pied, c’est plus compliqué, parce que les paramètres changent au fil du temps : type d’entraînement avant la course, météo du jour, mental, playlist de musique… C’est un peu comme l’optimum d’endettement pour les sociétés : on sait qu’il existe, mais on ne peut pas tout arrêter, « toutes choses égales par ailleurs », pour tester diférents niveaux d’endettement et finalement choisir l’optimum.

Je me fonde par exemple sur mon Marathon de Londres (avril 2009). Comme le montre le graphe ci-contre, j’ai fait une course idéale : le même rythme maintenu pendant 42 km (et 195 mètres…) Certes, on voit un léger ralentissement sur la seconde partie de la course, mais il est dépassé, le temps où je croyais aux bienfaits du negative split.

Sur Londres, j’ai réussi à maintenir une vitesse de 5min33 au km, soit approximativement 11 km/h. Alors que faire demain ?

Je vais viser 5mn15 au km (11,5 km/h), en espérant maintenir la régularité tout du long. Il y a deux ponts un peu difficiles à passer (le Verrazzano au début, et le pont de la 59ème rue), et sutout, la fin dans Central Park, qui se termine par 3 miles avec des montées…

Le biais de New York

Le parcours est plus difficile que Londres ou Paris, à cause de ces ponts et ce relief dans Central Park.
Certes, quand on a vécu les marathons difficiles de Madrid, Turin ou Athènes, c’est gérable. Mais voilà le biais : je veux profiter de la course. Tout le monde me l’a dit : c’est un marathon exceptionnel, avec une ambiance à nulle autre pareille. Alors je ne vais probablement pas essayer de battre mon record à tout prix. J’emporte un appareil photo, et je vais essayer de fixer quelques scènes et paysages, soit sur papier argentique numérique, soit dans « l’ordinateur neurophile qui me tient lieu de cerveau ».
Demain, j’aurai – j’espère – la récompense de nombreuses semaines d’entraînement, de gestion de mon temps et de mes efforts.
Nous verrons si le résultat est à la hauteur de mes espérances.

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New York, New York…

Pour préparer le Marathon de New York, je reprends ma check-list du Marathon de Londres et je l’améliore. Je vais modifier ce thibillet en live jusqu’à mon départ (vers 7h30 AM)

Avant de partir pour New York :

  • Billets d’avion – check
  • coordonnées sur place – check
  • Passeport – check
  • Mouchoirs en papiers – check
  • Playlist pour le lecteur MP3 – à faire dans l’avion
  • Téléphone rechargé + chargeur – check
  • MacBook + chargeur (sauvegardes faites) – check
  • adaptateur prise US – check
  • Boules quiès + masque – check
  • Ibuprofène + huile de massage à l’arnica – oublié
  • Citrate de bétaïne pour digérer les onion rings – check
  • Mon carnet de notes et de croquis – nan
  • Mon carnet de pouèmes – check
  • Mon journal – check
  • recommander mon âme à Dieu – nan
  • Mélatonine + somnifère léger – check

Nécessaire pour le jour de la course :

  • Réveil matin (en fait, c’est ma montre cardio-fréquencemètre) – check
  • Faire des courses (alimentaires) à NY pour petit-déjeuner
  • Short moule-à-gaufres – check
  • T-shirt respirant du Williams Syndrom Association – check
  • Imprimer le portrait des deux petites filles à la mémoire desquelles nous courons – check
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) – check
  • Brassard pour mettre les gels pendant la course – check
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons !! – check
  • Crème pour les pieds et les parties délicates (Nok) – check
  • 8 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 miles 3 ; 5,6 ; 7,43 ; 8,931 ; ah merde avec ce système à la con !!!
  • 4 épingles de sureté pour le dossard – check
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre – check
  • Lecteur MP3 + écouteurs Sennheiser qui vont bien ! + casque intra-auriculaire – check
  • piles chargées – check
  • Tenue pour l’attente dans le froid et la traversée du Pont du Verrazzano : polaire, coupe-vent, bonnet, gants, pantalon en polaire, couverture de survie – check
  • Petit sac à laisser au vestiaire – check

Conseils pour avant la course :

  • Boire beaucoup (de l’eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) – thé vert, thé rouge Rooibos, eau, pastis sans alcool – check
  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d’autres sucres lents) – check
  • Faire le régime dissocié scandinave – check
  • Ne pas boire d’alcool (quelques semaines avant ?) – 6 semaines, check
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – check permanent
  • Jeter un oeil au relief de la course, et réfléchir – à suivre
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – pas encore totalement fixé
  • Livre inspirant – Steinbeck
  • Bien dormir – check (minuit 23, quand même)
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant

Retour mercredi matin. Pas sûr d’avoir de la connexion pendant ces quelques jours.

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Linux Ubuntu – intro

Ceci est un premier point d’étape de ma vie avec Linux (Ubuntu 9.04 à ce jour). Ce système d’exploitation est installé en double boot sur mon portable, en cohabitation avec Windows Vista. Je prévois de rédiger quelques Thibillets spécifiquement dédiés à Linux Ubuntu (à ne pas confondre avec ma liste de Ubuntus, c’est-à-dire les petits bonheurs au quotidien, dans la rubrique du même nom).

Voici quelques raisons pour l’ouverture d’une nouvelle rubrique spécifique Linux Ubuntu :

  • Conserver la mémoire de mes installations, interrogations… et solutions. Et le blog, y a rien de mieux pour ça.
  • Pointer vers des ressources que j’ai identifiées après recherche (on ne sait jamais, je ne suis pas le seul à switcher).
  • Partager mon point de vue ou poser des questions ouvertes.

Nous commençons avec quelques remarques générales sur cette installation et ma première semaine avec Ubuntu :

  • Si je suis passé de Vista à Ubuntu, c’est parce que je n’en pouvais plus du temps de démarrage de Windows avant « d’avoir la main » (on est passé à 3mn53). Cela était aussi valable pour la sortie de veille : sous Mac, celle-ci est quasiment instantanée ; sous Ubuntu, idem. Sous Windows, on sent que la disquette 5″1/4 tourne dans le vide avant que ça commence à réagir : à part ma lointaine époque où je jouais au tennis sous Pong, je me lasse vite des curseurs qui clignotent… Bref, je suis content : comme pour tous les OS, Ubuntu rame un peu à rétablir la connexion wifi, mais il s’agit d’une poignée de secondes, le reste est immédiatement opérationnel. En fait, Ubuntu c’est le Mac du geek.
  • En installant et en paramétrant Ubuntu, je me félicite d’avoir opéré il y a quelques années le double-virage « logiciels libres » et « bureau sur Internet ». Logiciels libres, parce que mes outils au quotidien tournent sur les 3 OS : Firefox, Thunderbird, Sunbird, OpenOffice sont les outils que j’utilise quel que soit l’OS sur lequel je travaille. Je retrouve les mêmes extensions, les mêmes raccourcis, donc un gain de confort appréciable à l’installation. Bureau sur Internet, parce que je veux pouvoir consulter mes ressources depuis n’importe quel ordinateur. J’utilise donc Netvibes comme page d’accueil de navigateur, et toutes mes réflexions, mes liens, mes sondages et fils RSS sont consultables en ligne ; et je partage mes Bookmarks en ligne avec Startaid, ce qui me permet d’avoir mes signets à jour quel que soit le système sur lequel je travaille.
  • Je suis très agréablement surpris par l’ergonomie et la facilité d’installation. Un exemple parmi tant d’autres : pour installer mon imprimante HP (en wifi), j’ai fait Système, Administration, Impression, et j’ai fait « nouvelle imprimante ». Ubuntu l’a détectée en wifi, et l’a installée, sans redémarrage ou processus long d’installation. Sous Windows, il faut insérer un CD, installer 200 megas de pilotes et logiciels (10-15 mn), et redémarrer tout le système (à 3mn53 le redémarrage). Comble de l’humour : pour installer une imprimante wifi, il faut la connecter d’abord avec un cable USB ; ça ne va pas nous pousser à avoir moins de câbles… Sans parler du petit logiciel espion de mise à jour que l’on ne peut pas désactiver (et qui ralentit le démarrage), des fenêtres « votre imprimante est passée en veille » / « votre imprimante est déconnectée » et autres interruptions quotidiennes…

Alors certes, il n’y a pas d’aussi jolies images que sous Vista ou Mac OS, mais je souhaite revenir pour l’instant à un environnement de travail, rapide et efficace. Nous verrons combien de temps je tiens ce discours optimiste 🙂

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Ubuntu – Ubuntu

Ubuntu : n.m. Sentiment de satisfaction qu’on a lorsque l’on a installé un logiciel / système d’exploitation / pilote / une macro, et que cela marche mieux que précédemment.
Par extension : sentiment de plénitude (hélas, souvent éphémère) quand on a mieux compris les être humains qui nous entourent, voire (Ousse-Ubuntu) quand on s’est mieux compris soi-même.
Ceci est le Ubuntu des ubuntus, un méta-ubuntu (ou pour reprendre la syntaxe du Baleinié, un ousse-ubuntu).

Thibillet rédigé sous Ubuntu 9.04 – Jaunty Jackalope.

Et à titre de comparaison :

  • Temps de démarrage de Windows Vista : 2mn25 pour avoir une connexion wifi, 2mn45 pour avoir Firefox lancé, 3mn37 pour avoir l’antivirus et OpenOffice lancé en tâche de fond.
  • Temps de démarrage de Ubuntu : 0mn57 pour avoir une connexion wifi, 1mn10 pour avoir Firefox lancé (pas besoin d’antivirus) et OpenOffice lancé en tâche de fond.
  • 1mn10 contre 3mn37 pour être opérationnel. Et la comparaison des temps de sortie de veille est aussi édifiante.
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Quand Google ne trouve pas, il demande à Chuck Norris

J’aime bien les Chuck Norris facts, et on sait désormais que Chuck Norris résiste au blender.
Mais on progresse dans le phénomène.

  • Allez sur Google.com (la version US, pas la version fr),
  • Tapez « Chuck Norris »
  • Cliquez sur le bouton « J’ai de la chance / I’m feeling lucky »
  • Admirez

NB : si on compose Chuck et Google, on obtient Chuckle (= glousser, rigoler)

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Cinétique du Pékin – les Grumeaux

Dans notre typologie des mouvements urbains, nous sommes donc désormais dans la mécanique des fluides. Mais, après l’exposé liminaire (le déplacement dans un espace où d’autres pékins circulent), voilà les complications. Car tous les pékins ne se ressemblent pas. Il y a les pékins comme vous et moi, les normaux, quoi. Et puis il y a les grumeaux. Les grumeaux, ce sont ceux qui perturbent l’écoulement fluide des corpuscules. Voici donc quelques grumeaux types (on remarquera que certains d’entre eux avaient déjà été estampillés comme Batanas) :

  • le Blö : marche sans regarder devant lui.
  • Le Zouapla : alors qu’il est en vitesse de croisière, s’arrête brusquement, ou fait demi-tour.
  • Le Lambin : marche lentement. A tout son temps, ou de l’arthrite, ou veut démontrer aux autres que lui, il est pas un hamster qui cavale comme un taré dans sa roue.
  • Le Serpentin : ne marche pas en ligne droite, mais au contraire, a une démarche sinuante (dont il ne se rend pas compte, évidemment). Exemple : est en train de lire ; de parler dans son portable ; ou a tout simplement des problèmes d’oreille interne et de GPS biologique. Maintenir une distance de sécurité quand on double.
  • Le Kouple : marche en se tenant la main, créant ainsi une molécule plus longue, impossibilité de passer entre les deux, et de surcroît cette molécule a une vitesse qui est la résultante erratique de la vitesse des deux. Un Kouple devient, de fait, un Lambin au carré.
  • Le Kouple illégitime : ne se tient pas la main, mais maintient une liaison de covalence (distance maximum) pour diverses raisons : proximité affective, amicale ou familiale ; baladeur avec deux casques ; collègues de travail. Le Kouple illégitime se comporte, moléculairement, comme le Kouple, mais il est plus difficile à identifier (puisque les protagonistes ne se tiennent pas la main). Et attention, passer entre deux membres d’un Kouple illégitime, c’est prendre autant de risques que de se placer entre le bébé hippopotame et sa mère.

Quel est l’intérêt de les nommer ? eh bien, comme pour les Batana, le principe est de transformer l’innommé en nommé, de circonscrire notre énervement, bref, d’étiqueter le tracas. Et puis franchement, « va donc, eh, grumeau ! », c’est une insulte qui sonne bien…

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Batana – Travérole

Batana trouvée hier soir, dans ma voiture :

Travérole : n. f. Heure nocturne à partir de laquelle l’entrée d’autoroute / de périph que vous comptiez prendre est bloquée à cause de travaux. En conséquence, tourner pendant 1h20 au lieu d’aller droit pendant 40 mn.
Par extension : travéroler : se retrouver derrière un camion-poubelle.

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Cinétique du Pékin – Space Intruders

Dans la chronique « cinétique du pékin« , nous nous sommes cantonnés pour l’instant à un espace clos et bien délimité : la rame de métro. Avec, il est vrai, une incursion dans la dynamique, sous la forme de l’entrée-sortie de la dite rame, et du placement progressif dans la rame. Mais cela s’apparentait plus au mouvement du pion qu’à la diagonale du fou. Nous passons aujourd’hui dans un espace de caractéristiques opposées : une zone sans murs, sans couloirs, sans obstacles. Exemple : la salle des pas perdus d’une gare ; l’espace devant les quais ; la Place Carrée sous le Forum des Halles. Et nous rajoutons une contrainte pas si exceptionnelle : cette salle n’est pas trop remplie. Ce n’est donc pas la salle d’un concert à succès, mais plutôt un espace où l’on peut se mouvoir assez librement, mais pas seul.
Un parfait exemple de mouvement d’un gaz dans un espace certes clos, mais sans obstacles.
En observant ces conditions, on se dit : chic, nulle entrave, chaque corpuscule (le pékin lambda) va aller au plus simple, c’est-à-dire qu’il va se déplacer selon une droite depuis son point de départ jusqu’à sa destination.

Que nenni.

Car d’autres corpuscules se déplacent aussi dans cet espace, et étant donné que le pékin n’est pas une particule aveugle et insensible, il va essayer d’éviter les autres (alors que la molécule de gaz, elle, se contrefiche de jouer aux autos tamponneuses). Ce qui signifie que le pékin va mettre en oeuvre des mécanismes cérébraux dont il n’a certes pas conscience, mais qui remontent à l’âge des cavernes et aux glorieuses périodes de la chasse à la galinette cendrée. Il faut en effet anticiper les trajectoires des autres pékins, tout en mesurant leur vitesse, le tout sous une contrainte d’optimisation (prendre le chemin le plus rectiligne possible). Cela rappellera à une certaine génération le jeu Space Invaders : il fallait décaniller des envahisseurs, mais de temps en temps, zoupla, il y avait un vaisseau qui valait cher qui passait en haut de l’écran, alors il fallait tirer en tenant compte du fait que (1) le vaisseau qui valait cher se déplaçait vite (2) le missile devait passer entre les envahisseurs qui étaient méchants aussi mais qui ne valaient pas aussi cher (la preuve, ils se déplaçaient plus lentement).

Si l’on marquait chaque pékin à la fluoresceine, on verrait que la trajectoire de chacun s’apparente plus à une ligne brisée qu’à une droite raide comme la justice. Tel le chauffeur de taxi parisien, qui emmanche des bouts d’itinéraires les uns après les autres, le pékin réinvente sa marche. Qui chantera ces oeuvres d’art éphémères, tracés évanescents sur le marbre froid des capitales inhumaines ?

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Flapi-Flapo vont à New-York

D’ici 3 semaines et quelques, je traverserai en courant le Pont du Verrazzano, accomplissant ainsi les foulées mythiques du Marathon de New York (un projet de longue haleine, qui a commencé il y a quatre ans). C’est donc la période idéale pour faire le point sur les entraînements, et commencer à réfléchir à une stratégie de course. Mais avant tout, c’est la période classique du flapi. Le flapi, que j’ai déjà éprouvé un mois avant le Marathon de Londres (ce qui a permis un bel aparté sur les oeufs crus), c’est le « y en a marre de s’entraîner, ça fait deux mois que je fais 3 sorties par semaine, ça me sort par les yeux ».
C’est un flapi du corps et un flapi de l’esprit.
 

  • L’esprit, on le comprend, se lasse de cette routine : toujours les mêmes chemins, les mêmes musiques, les mêmes chronos. Et pour faire varier la routine, il faut y consacrer du temps, dans un emploi du temps déjà serré : un entraînement de marathon, c’est, tout compris, au minimum 5 à 6 heures par semaine.
  • C’est aussi un flapi du corps. Même si les performances s’améliorent (c’est pas dommage…), même si j’ai atteint mon poids de forme et que tout le monde me dit que j’ai maigri et que ça se voit, le corps, il y a une semaine, disait Stop. Pas envie d’aller courir, aucune motivation, et à la fin de l’entraînement, une vilaine crampe au mollet qui a duré plusieurs jours. OK, mi cuerpo, reçu fort et clair.

Donc j’ai fait sauter deux entraînements, et j’ai accordé des vacances au corps et à l’esprit. Et puis c’est reparti ce dimanche, 1h45 à bon rythme (dont 57′ avec des jeunes pleins de sève et de fougue), et aujourd’hui.

De toute façon, à 3 semaines du coup de pistolet, ça veut dire encore deux semaines d’entraînement, soit 6 sorties. Juste le temps d’améliorer mon accent sur des phrases comme « I’m desperately hurt, I need a cab » ou encore « I’m glad to have won this race in 2 hours sharp, thereby establishing a new world record ».
Bref, juste les bidouillages de dernière minute.

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Request for enhancement – ParaBoot

Marre d’avoir à attendre 30 secondes à chaque fois que j’allume mon ordinateur. Avoir un système d’exploitation qui explique, en langage humain, ce qu’il a besoin de faire pour démarrer. Et surtout, dans les 2 premières secondes, avoir un écran qui affiche (en langage humain) la liste des choses qui vont se lancer, pour qu’on puisse dé-cocher certaines actions et accélérer le temps nécessaire avant « d’avoir la main ».

Exemple de liste affichée à l’utilisateur au bout de 2 secondes :

  1. démarrage des trucs qui sont nécessaires indispensablement (ne demandez pas, vous ne comprendriez pas) : 7 secondes
  2. lancement du wifi : 4 secondes
  3. lancement de la connexion à Internet : 8 secondes
  4. lancement de l’utilitaire d’impression : 5 secondes
  5. lancement du programme de serveur : 6 secondes
  6. lancement de l’utilitaire pour les connexions en USB : 3 secondes
  7. etc.

Ainsi, si je suis impatient (ou à la bourre) et que je sais que cette fois-ci, je ne vais pas utiliser mon imprimante, je décoche la case 4 et je gagne 5 secondes ; je sais aussi que je n’ai pas de serveur, donc je décoche la case 5, ça fait 6 secondes de gagnées au Boot. Et évidemment, je peux sauvegarder des « configurations de démarrage ».

Tout ça parce que j’en ai marre de ces programmes (HP pour ses imprimantes, Avira pour ses mises à jour, ActiveSync…) qui bloquent l’ordi au démarrage pour faire leurs petites affaires alors que j’aimerais avoir la main tout de suite.

Nan, j’ai pas bu trop de café.

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Mes gestes pour l’environnement (sans être trop rasoir)

Cela a commencé il y a quelques mois. J’en avais marre d’utiliser des bombes de mousse à raser, un peu comme le gars qui se lasserait d’appuyer tout le temps sur le tube de mayonnaise et qui rêverait de se faire une bonne vieille sauce maison. Je suis donc revenu à mes (très) anciennes amours, et j’ai (r)acheté un blaireau et du savon à barbe. Pas l’odieuse pâte en tube, non, le bol de savon où l’on fait mousser le blaireau.
J’étais content, c’était un premier pas.
Mais autant dire qu’à côté de ces nouveaux objets, mes rasoirs jetables faisaient grise mine. Des bouts de plastique bleus, sans poids, jetables comme des kleenex. Alors en juin, j’ai sauté le pas. Je suis allé chez Planète Rasoir, et après une bonne demi-heure de discussion avec l’excellent propriétaire, j’en suis ressorti avec

  • un rasoir (sabre, ou coupe-chou) affûté comme le regard d’un trader cocaïnomane
  • un bol de savon à barbe qui sentait bon les effluves de l’échoppe de barbier au fond du wisconsin en 1908
  • un cuir pour aiguiser le rasoir
  • une pierre d’alun pour les coupures
  • de la pâte pour mettre sur le-cuir-à-aiguiser-le-fil-du-rasoir

Puis, pendant plusieurs jours, je n’ai touché à rien. Le propriétaire-vendeur m’avait dit : commencez doucement, n’essayez pas un matin où vous êtes fatigué, ou bien si vous avez la gueule de bois, bref, j’ai attendu plusieurs jours.
Mon dieu. Les premières fois, je me suis bien tailladé, c’était le mariage de Frankenstein et Massacre à la tronçonneuse.
Et puis les jours ont passé. Je m’entraînais le week-end, et j’y passais 30 à 40 mn. Puis j’ai commencé à me couper moins souvent, moins profond. J’ai réappris la forme complexe de mon visage, et l’implantation névrotique de mes poils de barbe. Chaque semaine, je progresse un peu : je ne me coupe quasiment plus ; quand je me coupe, ça ne se voit plus ; je me rase de plus en plus vite (même s’il me faut encore facilement 10-15 mn).
J’en retire quantité de satisfactions :

  1. Je suis revenu au geste antique. Le fait de se raser, c’est le fait de se couper du monde. Si l’on n’est pas coupé du monde, on se coupe. Avec ce genre de rasoir, on ne peut pas le faire à la va-vite, du genre « j’ai que 2 minutes et je suis à la bourre ». Le temps qu’il faut prendre, et donc planifier par avance, c’est du temps de qualité : je suis face à moi-même, pleinement dans l’instant présent, centré.
  2. Je ne jette plus rien. Mon rasoir me durera des années, donc exeunt les petits rasoirs en plastique jetables qui allaient remplir mes poubelles puis les incinérateurs. Exeunt les bombes à raser dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Exeunt les bombes de déodorant (car la pierre d’alun est un bactéricide et un déodorant naturel) dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Je suis un citoyen responsable.
  3. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je ne l’ai pas fait par souci d’économie. Mais le gain financier existe. Rasoirs jetables : 2 € les 10, soit 10 € par an ; déodorant 4 € soit 40 € par an ; mousse à raser 3 € soit 30 € par an. Mes précédentes habitudes déplorables me coûtaient donc 80 € par an (et encore, vous remarquerez que je prends les prix de la grande distribution, pas les tarifs l’Oréal). Or, rien qu’avec l’achat du rasoir, j’en suis à -70 €. Sans compter la pierre d’alun, le savon à barbe, le cuir à aiguiser… Allez, mettons un coût d’investissement à -150 €. Calcul d’actualisation à 6% : l’achat est rentabilisé en 3 ans. En fait, un peu plus, car je consomme du savon à barbe et de la pâte à aiguiser le cuir pour assouplir le rasoir du fil. Si je garde ce rasoir 10 ans, valeur actuelle nette : gain de 439 €, en euros d’aujourd’hui.

L’étape suivante consistera à me débarrasser de ma crème hydratante et de la troquer pour un plant d’Aloe Vera. J’ai mis mes fleuristes sur l’affaire, mais ils ont du mal à me dégoter un plant de taille suffisante pour que je puisse couper une feuille de temps en temps. En plus, il paraît que les cactées absorbent les ondes radio-électriques. De la même manière que ma pierre d’alun soigne les coupures et sert de déodorant, mon Aloe Vera servira d’hydratant visage et partira en croisade contre les antennes-relais et le bombardement wifi.
Mais petit inconvénient de ce retour aux sources : pas question d’emmener ma trousse de toilette dans un bagage-cabine… Les rasoirs coupe-chou, c’est comme les caniches : ça voyage en soute.

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Andy Warhol reloaded

L’idée originale était de Mehdi Famibelle, Exec MBA 2006 (ESCP-EAP à l’époque, ESCP Europe aujourd’hui) : réaliser un blog de sa promo de MBA et y poster notamment des vidéos (vidcasts, par analogie avec podcasts) de professeurs du MBA dissertant sur des sujets comme la chance ou la diffusion des technologies.
L’école a repris l’idée, et lance aujourd’hui des smartcasts sur le même format, mais avec un fond bleu uni plutôt que des bureaux de profs, ça en jette plus. Voilà donc la nouvelle livraison, tout frais sortie de la monteuse numérique :

(et mes collègues ici)

Hélas, il est des choses que même Martin Scorcese ne pourrait gommer au montage :

  • Ce zozotement de canard siffleur mexicain ;
  • Quelques approximations de langage, mots avalés, correspondance des temps hasardeuse ;
  • Une propension à dire « non négligeable » un nombre de fois non négligeable.

Tout ça pour dépasser les 15 mn d’Andy Warhol, pfff.

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Sérendipité (ou Livre lu : Changements)

Cela m’arrive souvent, et m’avait même inspiré un Ubuntu : lire des pages d’un livre le matin, et tomber sur un sujet identique plus tard dans la journée.
Mon aéropage du jour concerne le livre Changements, de Watzlawick, Weakland et Fisch.
Je viens de terminer le livre ce matin, et je tombe ce midi sur un billet de blog qui traite des mêmes thèmes, mais différemment.
Résumé très très très succint du livre : il y a des situations de blocage, par exemple entre deux êtres humains, qui ne semblent pas pouvoir se résoudre. La solution « de bon sens » pour résoudre le blocage contribue, paradoxalement, à renforcer ce blocage. Exemple : un parano pense que tout le monde lui en veut. Solution de bon sens : lui dire que c’est faux, que tout le monde l’apprécie. Et lui de répondre : « Ha ! C’est une preuve de plus de ton hypocrisie ! » Donc situation bloquée. Le livre traite des changements, et comment certaines tentatives de changement ne contribuent en fait qu’à maintenir une situation dans son blocage. J’ai trouvé cela passionnant, car illustré par une abondance de cas réels. (Il est vrai qu’il faut attendre les derniers chapitres pour avoir ces cas, et « récolter » le fruit des efforts de compréhension qu’on a faits sur les premiers chapitres).
Dans le billet de blog, l’auteur parle du pouvoir de suggestion de notre cerveau : si l’on se convainc que quelqu’un nous en veut, on interprétera chacun de ses actes d’une manière différente, et cela tendra à valider notre première impression. Pour s’en sortir, selon l’auteur, « il suffit » (facile à dire) de se convaincre du contraire. Tandis que le livre, lui, propose une intervention extérieure pour aider la personne à sortir de son cadre de pensée. Cette intervention extérieure, le plus souvent, apparaît comme étant contraire au bon sens, et c’est justement par ce fait qu’elle aide à « recadrer » le sujet. Le billet de blog cite Einstein, et je cherche l’origine précise de la citation : €œWe can’t solve problems by using the same kind of thinking we used when we created them.€ Ce qui renvoie à une autre citation d’Einstein (j’en recherche aussi l’origine précise) : « If at first, the idea is not absurd, there is no hope for it. »

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Pour Jean-Jacques Sempé

Je revenais d’un long jogging, et j’étais en train de m’étirer à l’entrée du parc quand j’ai vu un dessin de Sempé. Ou plutôt, une idée pour un dessin de Sempé. Or je ne sais pas bien dessiner (en tout cas, pas aussi bien que je souhaiterais). Alors voilà, en quelques lignes. La lumière était dorée, rasante, et les arbres commençaient leur palette de vert-or-brun préludant à l’automne. Sur une allée, deux petits garçons mignons se poursuivaient, jouaient, finalement tombaient ensemble en rigolant. Et leur maman, dans cette lumière dorée, à 20 m de ces bambins-angelots, consultait son téléphone portable.

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Des chiffres mis en perspective

Je saisis l’occasion d’un billet sur le Standblog pour livrer une mini-réflexion :

  • Le jour où tous les journalistes comprendront que ce qui compte, ce ne sont pas les chiffres bruts, mais les ordres de grandeur, l’information aura fait un grand pas. Pour info, il y a déjà 20 ans (si ce n’est plus…), c’était ce qu’on nous assénait en prépa ;
  • Exemple 1 : The Billion dollars Gram, ou comment « voir » littéralement les ordres de grandeur ;
  • Exemple 2 : (à vous de bâtir votre billion dollars ou TeraWh gram) : Statistiques mondiales en temps réel
  • Exemple 3 : le billet de Tristan Nitot sus-cité, sur les ordres de grandeur en terme de CO2 dégagé. Une illustration simple, mais très efficace.

J’attends aussi la personne qui fera une analyse du nombre de victimes de la Grippe A (H1N1, coulé !) par rapport à d’autres pandémies (j’inclus l’alcool).

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Liste scolaire de rentrée

Voici la liste des Thibillets que je n’ai pas le temps (pour l’instant) d’écrire, alors que j’en aurais envie :

  • La montée à Conca (récit de mes joggs en Corse, ça permet de se sentir en vacances, mais c’est long à écrire)
  • Statistique tabagique
  • Le no man’s land du retour de vacances
  • Débrief du Marathon de Londres, complément (oui, c’est déjà là, mais j’ai une photo et un graphique à poster…)
  • Ma quête vers une hygiène de vie plus compatible avec l’environnement, en essayant de ne pas être rasoir [edit] : c’est fait !
  • Cinétique du pékin, la suite (les précédentes contributions sont , et , dans l’ordre. Avec déjà une annonce de la suite)
  • Commentaires sur les deux livres d’A. Bello : les Falsificateurs / Les Eclaireurs (comme – vaguement – annoncé ici)
  • Une mini-nouvelle à écrire, si je trouve le joint

Voilà, ça sent la rentrée et les bonnes résolutions. En tout cas, les listes de choses à faire.
Mais pas maintenant…

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Batana – Flafler

Flafler : (v. i.) Marcher en chaussettes dans une flaque d’eau (salle de bains, cuisine…).
Par extension : s’asseoir sur un siège mouillé (théâtre, voiture, train de banlieue) et essayer de ne pas penser à toutes les hypothèses qui expliquent un siège mouillé.

Les aficionados des Batanas et Ubuntus reconnaîtront une proximité voulue avec Cracrer.

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Théorie du kO(ctet)

« Computers have enabled people to make more mistakes faster than almost any invention in history, with the possible exception of tequila and hand guns€

« L’informatique permet aux gens de faire s’enchaîner les erreurs plus rapidement qu’aucune autre invention, à l’exception peut-être de la Tequila et des armes à feu »

Cela m’amuse, parce que je ne suis pas spécialement un béotien, cela fait plus d’un demi-siècle que je m’intéresse à l’informatique. A l’époque, un kilo-octet (kO), ça valait très cher. Mais ce qui m’amuse (et je m’inclus dedans, que dis-je, j’en suis l’exemple vivant), c’est que l’on n’a jamais autant collecté de données (regardez le poids de vos photos numériques) et pourtant, on n’a pas développé de réflexes pour la sauvegarde.
Quand grand-maman perdait l’album de famille à cause d’un incendie, c’est sûr, elle pleurait. Mais les incendies étaient rares.
Aujourd’hui, petit fiston a 72 000 contacts sur MSN, son père a 30 gigas de photos, et le dodécuple en musique, et il suffit d’un petit clic de souris pour tout détruire. Bon, j’exagère, il faut DEUX clics, car il faut confirmer la destruction. Mais en ces temps de zapping, le message de confirmation devient lancinant, on clique par réflexe.
Et après on pleure, ben oui.

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