Je devais ce thibillet à Yves Duel, suite à une incompréhension.
Il y a des fois où je ne suis pas clair. Notamment dans cette salle de cours virtuelle qu’est ce blog. Je reprends.
Le grand problème est la différence entre corrélation et causalité.
J’apprends avec les profs : la causalité, c’est quand il y a un rapport de cause (principe premier) à effet (conséquence). Du genre, t’as mal aucrâne parce que t’as bu de la piquette. Causalité. La corrélation, c’est juste une mesure statistique. Quand il y a causalité, il y a corrélation (quand je joue de la trompette la nuit, 99 fois sur 100 les flics débarquent). Moi jouer trompette nuit = bruit = réveil bourgeois = appels nocturnes à forces assermentées = descente de lit : tous les signes » = » montrent une causalité. Le 99% montre une relation statistique (le 1% restant tient compte des phénomènes extrêmes : voisins sourdingues, murgés, ou absents (voire, les trois ensemble) ; forces de police sourdingues, murées ou absentes (idem) ; ligne téléphonique bourrée, purgée ou absente (itou) ).
Mais, et c’est là que c’est poilant, quand il y a corrélation, il n’y a pas forcément causalité. Exemple déjà cité : 99% des gens meurent dans leur lit (ou dans celui d’un autre, on s’en fout), et pourtant, le lit n’est pas un lieu qui déclenche la mort.
Wikipedia explique bien cela avec quelques exemples.
Revenons à notre propos. Dans mon explication sur la variable de contrôle, je n’avais pas été clair. En hiver, il fait froid, glagla. Donc on pousse le chauffage. Donc on consomme du fioul, vroum vroum. En hiver aussi, il fait gris, pas soleil, beuh beuh. Donc on déprime, pleure pleure. Donc on se suicide, pan pan (comme Romuald dans Le génie des alpages). On a donc deux relations de causalité indépendantes, avec le même principe moteur : l’hiver. Hiver = froid = chauffage = cramage de fioul. Hiver = gris = dépression = suicidage.
Je suppose donc (je ne l’ai pas vérifié) que l’on pourrait constater une corrélation entre 1. les dépenses de chauffage et les suicides ; 2. le froid et la dépression nerveuse. Mais cette corrélation ne permettrait pas d’établir que ce sont les dépenses de chauffage qui induisent des suicides, ou que le froid cause des dépressions nerveuses. D’où l’importance d’une variable de contrôle qui, introduite avec fracas dans le raisonnement, permettra d’établir où est la causalité. Exemple que j’ai glané sur le ouèb (il y en a des tonnes, tapez « corrélation et causalité » sous Google) : il y a une corrélation entre les bouchons sur le périphérique, et le lever du soleil. Alors, sont-ce les voitures qui font se lever le soleil, ou le soleil qui embouteille les voitures ?
🙂
