Daily Archives: 2 mai 2007

Magnolia Express – 2ème partie – # 29

Big Salmon Inc. (2)
 
– Quelle histoire de saumon ?
– Ben votre copain dit que vous voulez aller retrouver un Grand Saumon en dormant au fond des lacs …
– Il vous a dit ça ? répondis-je, puis j’ajoutai d’un ton perfide : Et vous l’avez cru ?
– Ben vous savez, on voit tellement de choses … Mais alors, c’est pour quoi ?
– Eh bien voilà …
 
Et tout en parlant, je faisais de grands gestes pour qu’il comprenne mieux. Je montrai la jetée, les eaux si calmes du lac, il me regardait l’air effaré. Je lui montrai alors les montagnes environnantes, là c’était sûr, plus jamais il ne les verrait du même œil.
 
– Alors, il aurait quitté le Loch Ness pour venir ici ? Et la montagne est un gruyère tellement il a creusé de grottes ?
 
Je hochai la tête d’un air sérieux, c’était bien ça, il avait tout compris.
 
– Mais pourquoi avoir voulu changer ? (devant son air dubitatif, je haussai les épaules en faisant une moue) … et comment aurait-il fait pour venir ici ?
– C’est ce que nous allons tenter d’élucider, répondis-je d’un ton grave, en fronçant les sourcils pour bien montrer que ça n’était pas de la rigolade.
– … et pourquoi dormir au fond du lac ? Vous n’avez pas des sonoscopes, des instruments de mesure osmotique pour le repérer ?

Je pris un air de commisération du genre Des-sonoscopes-non-mais-mon-pauvre-monsieur-pourquoi-pas-des-presse-purée, puis je dis « Je ne peux pas trahir le secret (air grave), j’en ai déjà trop dit ».
Et tu es arrivé à ce moment, solaire, bouillonnant, et tu as tapé sur l’épaule du moniteur :

– Renversant, hein ?!

Il s’éloigna en bougonnant : « Mais pourquoi que je leur pose des questions, hein ? Pourquoi je reste pas peinard à peigner la girafe, hein, bon sang d’ablette ! »

Il est allé vers Conrad, mais il l’a prévenu dès le départ :

– Dormir au fond d’un lac ? Ouais, c’est courant par ici, j’ai déjà vu ça, faut pas croire…

Conrad l’a regardé, a arrêté de mâchonner son bout de bois :

– ça arrive souvent, vous dites ?
– Ouais ouais, vous êtes pas les premiers, c’est sûr.
– Tous piqués, a grommelé Conrad en bouclant son harnais.

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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Futilité

Cela n’est pas seulement parce que je suis devant le débat télévisé de nos deux candides candidats, peut-être est-ce à cause de l’heure tardive, et de ma fatigue accumulée, mais j’ai encore une preuve de la futilité relative des oeuvres humaines. Voilà, j’ai passé une dizaine de mois cumulés à traduire, deux fois de suite, la majorité des chapitres du Brealey-Myers, et je devrais en être content, car cela a changé la face de l’industrie du bâtiment français :

Paradoxe multichrone

Ce soir, en rentrant avec mon fils, j’achète une baguette de pain. Il me dit qu’elle est fraiche : en effet, elle est tiède. Cela me rappelle ce numéro de Pour la Science d’il y a 15 ou 20 ans, qui avait été consacré aux paradoxes. Les lecteurs devaient envoyer des phrases, des termes, qui étaient selon eux des paradoxes. Je me souviens de « Banque Nationale de Paris », je me souviens surtout de « Les prunes rouges sont des prunes bleues qui sont encore vertes ».
Et voilà, ce soir, j’y vais de mon paradoxe : « Une baguette tiède, c’est une baguette fraiche ».
Et, cela n’a rien à voir avec un paradoxe, je vais regarder le débat politique du jour tout en travaillant et en répondant à mes mails. Mon zapping à moi.