Category Archives: Informatique et Internet

L’armée des ombres #1

Nous sommes au début 2025 et j’ai une vision relativement pessimiste de l’état du monde, et notamment du monde numérique. Tous les réseaux sociaux sont aux mains de milliardaires. Il en va de même pour les journaux. Les milliardaires et ploutocrates ont toujours eu une influence importante sur la vie politique, mais nous atteignons désormais des sommets – ou des tréfonds, c’est selon. Cette série de thibillets cherche à donner des réflexes et outils simples, avec un double objectif. D’une part, limiter la possibilité de surveillance de nos comportements et échanges quotidiens ; d’autre part, rendre plus difficile l’agrégation de ces renseignements entre les mains de sociétés privées, elles-mêmes liées à certains gouvernements ou certains mouvements politiques extrémistes.

Commençons par quelques changements simples, autour du navigateur que vous utilisez

  1. Remplacer Google Chrome par Firefox (version ordinateur et version mobile). Firefox est un navigateur qui est respectueux des standards du Web (contrairement à Google Chrome) et il ne récupère pas nos données personnelles pour les utiliser ou les revendre (contrairement à Google Chrome).
  2. Tant qu’à faire, dans la barre de recherche de Firefox, opter pour un autre moteur de recherche que Google (il y a le choix entre plusieurs moteurs, par exemple DuckDuckGo ou Wikipedia).
  3. Dans Firefox, installer un bloqueur de publicité comme uBlock Origin. Non seulement cela aura l’avantage d’éviter les agressions visuelles, en offrant des pages Web plus épurées, mais cela accélérera le chargement des pages – puisque la publicité et des cookies consomment beaucoup de bande passante.
  4. Tant qu’à faire, à propos des cookies qui servent à traquer notre comportement et qui se transmettent d’un site à un autre, ne pas hésiter à installer une extension anti-cookies et traqueurs comme I don’t care about cookies ou Privacy Badger (les deux coexistent parfaitement bien).
  5. Toujours dans Firefox, installer l’extension Facebook Container. Si vous avez un profil Facebook, saviez-vous que vous êtes surveillé-e sur la plupart des autres sites web que vous consultez ? (Un indice : à chaque fois que l’on vous propose d’utiliser votre profil Facebook pour vous inscrire à un nouveau service, cela veut dire que Facebook a pisté votre navigation et collecte des données sur vos comportements – même si vous vous êtes déconnecté-e de votre compte Facebook). Avec cette extension Facebook Container, votre navigateur élève une muraille de Chine dès que vous quittez votre page Facebook : ce que vous faites sous Facebook reste dans Facebook, et la surveillance de cette société ne s’étend plus aux autres sites que vous visitez.

Il y a d’autres modifications que vous pouvez faire au sein de votre navigateur web, mais les premiers pas évoqués ci-dessus sont un bon début. D’autres conseils viendront…

Docthib’s tiny law (ENG)

At a time when many people are making their New Year’s resolutions, and perhaps just as many are deciding to stop making such resolutions (“new year’s resolutions are like a cheque drawn on a bank in which you have no account”, Oscar Wilde), I am trying to keep a resolution I made almost one year ago, i.e. to start a series of blog posts on a new theme.
As usual, I don’t know how often these blog posts will be published, or how extensive the list will be: it’s the beginnings that are the most beautiful, or at any rate, the most exciting.

So what are we going to talk about?
It all starts with an aphorism I concocted around March 2024, which goes like this:

Docthib’s tiny law: “If, for a given product or service, you are looking for a more sustainable or respectful* alternative, while at the same time demanding the same level of quality or confort as before, then you are not a true activist.”

  • sustainable in the sense of sustainable development, sustainability; respectful, in the sense of respectful of the environment or respecting your privacy / personal data.

This aphorism doesn’t come out of nowhere, nor is it purely theoretical: it stems from my personal experiences and observations, with examples that are sometimes important, sometimes trivial, but nonetheless relating to many different fields. And I suspect this law could become a motto for many people.

In the coming weeks, I will be developing these examples. In the meantime, you can question yourself: how does this aphorism speak to you? In other words, to what field / tool / product could you apply this law?

Docthib’s tiny law (FR)

À l’heure où beaucoup prennent des bonnes résolutions pour cette nouvelle année, tandis qu’un nombre peut-être aussi important de personnes décident de ne plus en prendre ‘(« les bonnes résolutions sont comme un chèque tiré sur une banque dans laquelle on n’a pas de compte », disait Oscar Wilde), j’essaie pour ma part de tenir une bonne résolution prise il y a presque un an : démarrer une série de thibillets sur un nouveau thème.
Comme d’habitude, j’ignore la fréquence de parution et l’exhaustivité de ce qui sera publié : ce sont les commencements qui sont les plus beaux, ou en tout cas, les plus enthousiasmants.

Alors de quoi va–t-on parler ?
Tout part d’un aphorisme que j’ai concocté vers le mois de mars 2024, et qui se formule ainsi :

Docthib’s tiny law : « Si, pour un produit ou un service donné, vous cherchez une alternative plus durable ou respectueuse*, tout en exigeant le même niveau de qualité que précédemment, alors vous n’êtes pas un-e vrai-e activiste.« 

* durable au sens développement durable, soutenabilité ; respectueuse, au sens respectueuse de l’environnement ou respectueuse des données personnelles.

Cet aphorisme ne sort pas de nulle part, et n’est pas une invention purement théorique : il est issu de mes expériences et observations personnelles, avec des exemples parfois importants, parfois triviaux, mais situés dans des domaines très variés. Et je pense, peut-être à tort, que cette loi pourrait devenir un manifeste pour quantité de personnes.

Dans les semaines qui viennent, je développerai ces exemples. Mais rien ne vous empêche, dès maintenant, de voir dans quelle mesure cet aphorisme vous parle. À quel domaine / outil / produit pourriez-vous déjà appliquer cette loi ?

Ardoise

Dans son livre éponyme, Philippe Djian rend hommage aux écrivains qui l’ont inspiré, il leur paie une partie de l’ardoise (pour les jeunôts, l’addition) qu’il estime leur devoir. Et comme Philippe Djian m’a inspiré en son temps, quand j’ai dû rédiger mes remerciements pour un de mes livres, j’ai tout naturellement appelé cette page L’ardoise.

Photo de cottonbro studio

Il s’agit d’une autre ardoise ici. Ce thibillet est destiné à me servir d’aide-mémoire des programmeurs à qui je dois penser de verser de temps en temps une contribution financière, pour un de leurs développements que j’utilise régulièrement en me disant « mais comment aurais-je pu faire aussi bien / aussi vite sans cet outil ? »

Qui dit aide-mémoire dit mémoire défaillante : je démarre cette liste aujourd’hui avec quelques programmes ou extensions en tête, mais au fur et à mesure, j’enrichirai la liste.

Les applications pour lesquelles je donne de manière récurrente (par prélèvement mensuel ou annuel), ou bien que j’ai achetées.

Les applis pour lesquelles j’aurais bien aimé faire un paiement, mais ce n’est visiblement pas possible :

  • l’extension MailMerge sous Thunderbird, qui m’a permis de développer un cours en ligne asynchrone en envoyant des mails personnalisés à 200 étudiants (plus de 1 000 mails de suivis envoyés en un semestre)
  • Le génial petit utilitaire WifiKeyboard, qui permet de taper des textes sur son ordinateur, et ça s’affiche directement dans le téléphone. Bien pratique pour les textos un peu long (et les gros pouces boudinés… :-P)

L’appli pour laquelle il faudra que je pense à faire un don :

  • Duplicator, une extension WordPress qui permet de copier un WordPress entier et le réinstaller ailleurs. Ça m’a sauvé quand j’ai fait migrer plusieurs blogs vers un nouvel hébergeur.

#Mini-hacks – Expanseur de texte

Ceci est la continuité de ma rubrique  » petits outils informatiques qui me font gagner beaucoup de temps  » (je la baptise désormais avec un anglicisme : Mini-hacks, et le premier thibillet historique est ).

Aujourd’hui, l’expanseur de texte (text expander).

De tous mes petits outils, c’est probablement celui qui me fait gagner le plus de temps, et ceci depuis des années. Cela consiste à attribuer un raccourci clavier à des bribes de texte répétitives. J’ai commencé il y a des années avec l’extension Quicktext (sous Thunderbird) pour automatiser mes signatures de mail. Le raccourci Ctrl-1 me permettait d’insérer automatiquement  » Cordialement, Christophe T.  » tandis que le raccourci Ctrl-2 insérait une signature plus informelle ( » À+, Chr. « ). Il y avait aussi l’équivalent anglais, donc Ctrl-3 pour  » Sincerely, Christophe T. « 

Rien qu’avec ces trois raccourcis, je ne sais pas combien de centaines d’heures de rédaction j’ai pu gagner depuis toutes ces années (pour information, je retrouve un thibillet datant d’il y a 13 ans dans lequel je mentionnais déjà les bienfaits de Quicktext).

Il y a aussi la question des majuscules accentuées. Autant les Mac permettent de taper facilement À ou É, autant sous Windows, c’est fastidieux de rechercher le bon code ASCII. Donc hop, un raccourci clavier pour les majuscules accentuées : Ctrl-à, Ctrl-é et Ctrl-è.

Avec le temps, j’ai rajouté des raccourcis, en migrant du pavé numérique aux 26 lettres du clavier. Cela n’a pas été compliqué pour retenir tous les raccourcis, car cela s’est fait très progressivement : de temps en temps, je me disais que j’en avais marre de toujours taper le même texte, et je me trouvais une lettre correspondante sur le clavier, avec le bon moyen mnémotechnique (ex : adresse Skype = Ctrl-y). Je cite en vrac mes raccourcis texte les plus évidents :

  • mon prénom + nom
  • mon mail (pro et perso)
  • mon adresse postale professionnelle / personnelle
  • mon identifiant Skype, Zoom…
  • mon numéro de mobile

C’est utile non seulement pour les mails, mais aussi pour tous les champs d’information des formulaires en ligne (tapez votre prénom, tapez votre nom, tapez votre mail, retapez votre mail…).

Aujourd’hui, le bilan est clair : j’ai mappé quasiment toutes les lettres du clavier + les chiffres. Et pour plusieurs lettres, j’ai deux variantes : Ctrl-Alt-a et AltGr-a, par exemple. Je viens de compter : j’ai 52 raccourcis clavier, qui me permettent de lancer des programmes (Word, Excel…), ouvrir des dossiers (Documents, Téléchargements…) ou taper des textes ( » Bonjour, j’espère que vous allez bien. « )

Alors, quel est le petit programme qui me permet de faire tout ça ?

Sous Windows, c’est Clavier+, de Guillaume Ryder. Le programme correspond à mes critères (détail ici – en résumé, simplicité, légèreté), et cela explique que régulièrement, depuis des années, je fais un versement Paypal à ce programmeur. N’hésitez pas à faire de même. Sous Mac, à l’époque où j’étais sous ce système, j’utilisais Spark, qui est un daemon à installer.

Script – mettre la date inversée dans un nom de fichier

Prolégomènes (ou cahier des charges fonctionnel, ou le pourquoi du comment) :

  • Quand je cherche des fichiers dans un dossier, j’aime bien pouvoir rapidement identifier la version la plus récente, et idéalement, avoir les fichiers triés par date.
  • Certes, je pourrais cliquer à chaque fois sur la colonne « date » pour ré-ordonner les fichiers. Mais c’est bien utile d’avoir la date directement dans le nom du fichier.
  • La solution que j’ai adoptée est celle qui est souvent utilisée pour les photos : un nom de fichier qui commence par la date inversée (ex : 2021-01-19 Compte-rendu.doc, qui indique que c’est le compte-rendu d’une réunion le 19 janvier 2021). Ainsi, comme les fichiers sont classés par ordre alphabétique, on obtient directement un classement chronologique :
    • 2020-09-12 réunion avec Monica Bellucci.doc
    • 2020-11-29 projet Maître du monde.doc
    • 2021-01-19 Lamentation suite au redressement fiscal.doc
  • Cela étant posé, comment automatiser la tâche, plutôt que de taper laborieusement deux mille vingt et un zéro deux zéro trois à chaque nommage de fichier ?

Solution

  • Utiliser un mini-script ( = une suite de commandes du système, ici la console de Windows).
  • La commande détaillée est :
echo %DATE:~6,4%-%DATE:~3,2%-%DATE:~0,2% | clip
  • Traduction :
    • echo : afficher
    • %DATE : la date d’aujourdhui. Mais par défaut, cet affichage se fera comme ça : 03/02/2021. Or je veux (1) un ordre inversé et (2) des tirets au lieu de / car cela crée des problèmes dans les noms de fichiers.
    • d’où le propos des ~ et %-% : cela consiste à prendre dans la date du jour (03/02/2021) les 4 caractères en 6ème position (2021) puis un tiret, puis les 2 caractères en 3ème position (02) etc.
    • enfin, | clip signifie : ne pas afficher le résultat à l’écran, mais l’envoyer dans le presse-papier (clipboard).
  • Il suffit de copier ce script dans un fichier texte, et de rendre le fichier exécutable (sous windows, changer l’extension .txt en .bat)
  • Il ne me reste plus qu’à affecter un raccourci clavier à ce script, pour pouvoir l’appeler de n’importe où.

Mise en pratique

Supposons que je fasse un fichier de compte-rendu de ma réunion avec Paul Usul Muad’ Dib Atréides. Pour sauvegarder, je fais Ctrl+S, et Word me demande de nommer le fichier. À ce moment, je tape mon raccourci magique, puis Ctrl+V, et le contenu du presse-papier (c’est-à-dire la date inversée d’aujourd’hui) est automatiquement ajoutée en début de fichier.

Sans raccourci magique

  • Ctrl+S pour sauver
  • taper « Réunion Paul Usul »
  • Enter
  • Le fichier est sauvé comme « Réunion Paul Usul.doc »

Avec raccourci magique

  • Ctrl+S pour sauver
  • Ctrl+Alt+D (mon raccourci magique) puis Ctrl+V = la date est ajoutée au début du nom
  • taper « Réunion Paul Usul »
  • Enter
  • Le fichier est sauvé comme « 2021-02-03 Réunion Paul Usul.doc »
Quelques secondes de gagnées,
20 fois par jour

Créer son propre programme de Todo liste

Sur ce blog, j’avais commencé il y 13 ans (!) une rubrique Productivité dans laquelle je mentionnais – notamment – les petits utilitaires informatiques que j’ai découverts au fil de mes besoins : une horloge en transparence, un utilitaire qui permet de dessiner / annoter en superposition de ce qui se passe à l’écran. Ces utilitaires obéissaient à un cahier des charges (détail ici) qu’on peut résumer en deux idées : simplicité, légèreté.
Je n’ai pas continué cette rubrique, alors même que j’ai une petite dizaine de programmes qui me rendent de grands services au quotidien, et qui m’ont fait gagner énormément de temps depuis 10-15 ans que je les utilise.

Venons-en au sujet du jour : un utilitaire de ToDo list. Et j’ai trouvé une solution élégante et légère, que je vais vous détailler ci-dessous (les explications sont pour Windows, mais a priori transposables à Mac ou Linux).

Quelques précisions avant de démarrer

  • Comme indiqué dans cette série de thibillets sur – notamment – les ToDo listes, je préfère depuis des années un support papier (le Bullet Journal, ou BuJo) pour faire mes listes et noter mes idées. Mais paradoxalement, alors que je transportais sans peine le BuJo entre chez moi, mon travail et mes rendez-vous extérieurs, le temps du confinement m’a fait délaisser cet outil (pour un temps). C’est peut-être parce que toutes les réunions se faisaient en ligne, et que c’était plus pratique pour moi de prendre directement des notes sur l’ordinateur.
  • Aussi, insensiblement, je me suis mis à faire des ToDo listes informatiques. C’était au format texte avec Notepad, donc parmi les niveaux les plus élevés de frugalité informatique : un éditeur de texte simpliste, un fichier txt dans un coin de l’écran, et c’est tout. Pour info, le programme Notepad.exe pèse 1,1 kilo-octet, un millième de Méga-octet ! 😀
  • Je sais qu’il existe quantité de programmes et d’applications de ToDo listes, et j’en ai testé plusieurs à l’époque (des outils en ligne, des applis multi-plate-formes) :
    • La plupart de ces applis permettent une synchronisation entre différents appareils. Or, la synchronisation est vraiment un plus : cela permet d’avoir sa ToDo liste toujours à jour, avec la même version la plus récente sur ordinateur et sur téléphone/tablette. Mais on peut faire ça aussi simplement avec un fichier texte : il suffit qu’il soit dans un répertoire synchronisé avec Dropbox, Google Drive ou pCloud (ce dernier étant mon outil depuis des années, car je ne veux pas que mes données privées soient siphonnées et revendues). L’avantage d’un fichier texte est qu’il est lisible par n’importe quel système ou appareil…
    • Après avoir testé plusieurs applications à l’époque, je m’étais rendu compte que le mieux est l’ennemi du bien : ces applis proposent des dates limites, des classements par projets, des étiquettes et quantité d’autres fonctionnalités… alors que je ne voulais qu’un utilitaire de liste – ce qu’un fichier texte fait très bien. L’appli la plus frugale que j’avais trouvée (et achetée) s’appelait TaskPaper (sur Mac) et elle avait une jumelle sur Windows (TodoPaper, qui a disparu depuis). La beauté de cette application était que les fichiers de listes étaient au format texte, donc lisibles indépendamment de l’appli (ex: sur mon smartphone).

Résumé et cahier des charges

  • Confinement = je commence à faire mes listes de tâches directement sur l’ordinateur.
  • Il me faut une appli légère, qui sauvegarde les listes au format texte, de telle sorte que je puisse consulter ma liste depuis n’importe lequel de mes appareils, en déplacement ou sans connexion Internet.
  • Cette appli doit pouvoir ré-ordonner mes todo listes en fonction de l’ordre de priorité, et « archiver » les tâches réalisées.

Solution

En fait, après quelques tâtonnements, je suis arrivé à la solution la plus simpliste et la plus élégante : un petit programme dans le Terminal de windows (cmd.exe) avec une icône de raccourci sur le Bureau. NB : les possesseurs de Mac peuvent faire la même chose avec le Terminal du Mac ; quant aux utilisateurs de Linux, ils sont probablement rompus aux tâches élémentaires de la console que je vais détailler ci-dessous.

Voici la démarche, pas à pas. Il y a deux éléments à bâtir : le fichier texte qui servira de Todo List ; le programme qui va ré-ordonner les tâches par ordre de priorité.

Étapes pour le fichier texte « Todo List »

  • Avoir ma liste de tâches à faire dans un fichier texte, lui-même hébergé dans un dossier synchronisé (ex: C:\Users\Christophe\Nextcloud\Notes\Todo.txt). Ainsi, à chaque fois que je modifie ce fichier, il est automatiquement synchronisé avec un service dans le cloud – et mis à jour sur mon téléphone, mon ordinateur au bureau, etc.
  • Dans ce fichier, utiliser l’éditeur de texte (notepad.exe) pour saisir à la volée toutes les tâches, sans ordre de priorité. Par exemple :
Rédiger mail à Raoul Volfoni
Faire la tournée des compteurs pour encaissement
S'inviter à la réunion sur la péniche
Rédiger l'éloge funèbre du Mexicain
  • Les coder alors en suivant une syntaxe simpliste dans le fichier texte :
    • tâche prioritaire = démarre par « 1  » en début de ligne ;
    • tâche moins prioritaire = démarre par « 2  » en début de ligne,
    • etc. avec les numéros suivants
    • Enfin, tâche terminée = remplacer le chiffre en début de ligne par « X « 

dans mon exemple, cela pourrait donner :

3 Rédiger mail à Raoul Volfoni
1 Faire la tournée des compteurs pour encaissement
2 S'inviter à la réunion sur la péniche
1 Rédiger l'éloge funèbre du Mexicain
(il y a donc deux tâches prioritaires, notées au niveau 1)

Quel est l’intérêt de ce numérotage ? C’est qu’il suit le classement alphanumérique du Terminal. Il suffit alors de lancer la commande « sort » : c’est une commande qui prend un fichier texte et qui ré-ordonne ses lignes par ordre alphanumérique : tous les 1 seront en haut, suivis par tous les 2, … et les « X » seront tout en bas.
Après lancement de cette commande, le fichier aura cette tête :

1 Faire la tournée des compteurs pour encaissement
1 Rédiger l'éloge funèbre du Mexicain
2 S'inviter à la réunion sur la péniche
3 Rédiger mail à Raoul Volfoni

Évidemment, le but est d’automatiser ce reclassement avec une commande.

Le « programme » de reclassement par ordre de priorité des tâches

Après la syntaxe (simpliste) du fichier texte, voyons maintenant le codage (à peine plus complexe) des commandes dans le Terminal. Je commente chaque commande avec une ligne de $$ commentaires $$.
Pour la simplicité de l’exemple, supposons que le fichier de ToDo liste soit à l’emplacement C:\Bureau\Todo.txt

Liste des commandes à enchaîner dans le Terminal :

C:\Windows\System32\cmd.exe /c
$$ lance le terminal en mode « sans commentaires » (donc non visible à l’écran)
sort C:\Bureau\Todo.txt > C:\Bureau\Todo9.txt
$$ trie les lignes du fichier Todo.txt par ordre alphanumérique et copie le résultat dans le fichier Todo9.txt (qui sera un fichier temporaire)

copy C:\Bureau\Todo9.txt C:\Bureau\Todo.txt
$$ copie le fichier Todo9.txt pour devenir le nouveau fichier Todo.txt
del C:\Bureau\Todo9.txt
$$ détruit le fichier Todo9.txt

En fait, j’ai commenté individuellement ces 4 commandes pour la clarté, mais elles s’enchaînent avec la commande « & » pour ne faire qu’une seule commande globale, du genre cmd sort & copy… & del…

Il ne reste plus qu’à créer un raccourci sur le bureau : dans la zone « Cible », copier la commande ci-dessus (cmd sort & copy… & del…), et dans la zone « démarrer dans », indiquer « C:\WINDOWS\system32 »

Peaufinage

Dans mon fichier texte, j’ai ajouté deux lignes pour une meilleure lisibilité.
Une ligne 0 z————-z (qui démarre par 0, zéro) pour le haut du fichier
Une ligne o—————o (qui démarre par O, la lettre) pour le bas

La ligne du haut me permet de mettre au-dessus une tâche répétitive de tous les jours, ou bien un truc vraiment important à faire en tout premier. Cette ligne commence par « 0 « , donc elle est au-dessus de tout le reste, et elle séparera LA tâche niveau 0 de toutes les autres tâches.
La ligne du bas permet de faire une séparation entre les tâches restant à accomplir (niveau 3, 4 etc.) et les tâches accomplies (marquées X).

Pour illustrer comment ça fonctionne, voilà un exemple de mon fichier après que j’aie terminé mon thibillet sur la Todo (notez la tâche 1 qui est devenue X :

0 Faire du gainage
0 z-------------z
1 Billet de blog 3 axes
X Billet de blog ToDo
1 Déclaration CESU
3 Texte à rédiger pour YY
4 Faire chapitre 6
o---------------o
X Admin Callisto
X Article ALS

Hop, lancement du programme triage en double-cliquant sur le raccourci, et le fichier devient

0 Faire du gainage
0 z-------------z
1 Billet de blog 3 axes
1 Déclaration CESU
3 Texte à rédiger pour YY
4 Faire chapitre 6
o---------------o
X Admin Callisto
X Article ALS
X Billet de blog ToDo

Ultime peaufinage pour gagner (encore !) du temps

Affecter un raccourci clavier pour ouvrir le fichier Todo.txt.
Affecter un autre raccourci clavier pour lancer le triage.

Ma séquence de touches – que j’utilise plusieurs fois par jour – devient alors :
Ctrl-Alt-* (ouvre le fichier Todo dans Notepad)
=> je rajoute des tâches, j’affecte des niveaux de priorités, je coche X pour les tâches terminées
Ctrl-W (ferme le fichier Todo, avec sauvegarde)
Ctrl-Alt-! (triage)

Et voilà.

CovidCampus #6: Online courses versus face-to-face courses: identical twins or siblings?

This blog post is part of a series of reflections on the Coronavirus / Covid-19 crisis and the immediate transition from my face-to-face courses to online classes.

Don’t do what I do,
do what I say

Beware: long blog post. This article started from the following idea: in previous posts, I made up a list of rules and tips as I went along. In the religious register, we could talk about 10 commandments of online teaching. But in Matthew 22:35-40, a doctor of the law asks Jesus which is the greatest commandment. So could we make it boil down to one, generic observation that would encompass all commandments? This is what I tried to do in this reflection, and I came up with the following idea: an online course will exacerbate and amplify the characteristics of a face-to-face course. It will go higher, farther, stronger, to quote Gaston de Coubertin, or – to be more realistic – online means more limited, less interactive, more exhausting.

Starting mid-March 2020, ESCP business school decided to close its Paris campus, both for students and professors. In the space of a weekend, all face-to-face classes were to switch immediately to a 100% online format. Faced with this unprecedented situation, each professor was confronted with an alternative: either try to transpose in an online format the exact equivalent of what was happening in the classroom; or assume that everything had to be reinvented, since an online course is delivered through a totally different medium, with different constraints. We can take two analogies to illustrate this alternative.

300 grams of proteins

The author of these lines is old enough to have lived through military service in France, and during the days spent in the field of operations, each soldier received a survival ration. Thus, in the wild, the soldier would take out from his package a cardboard box containing the equivalent of an airplane meal tray. It would be a mistake to compare the quality of this survival ration to a « normal » meal, e.g. one that could be eaten at a restaurant or at home. Indeed, in military life, one was either on the field of operations with survival rations, or hosted at the barracks with meals in the canteen. A good point of comparison is thus to assess to what extent the survival ration is equivalent to a meal in the privates’ canteen (and not the officers’ mess!). The survival ration was indeed a replicate of a military canteen meal, under the constraints of the field in the wild: no possibility of heating, with limitations to weight and size… As a result, the quality had been degraded in this process, but the result still remained in the category of a military meal. This is the same for pivoting abruptly to online teaching. We are in a situation where we tried to replicate an experience while taking into account the new constraints of the environment, therefore degrading the product.

« Dear impatient debtor… »

In contrast, let’s take a second illustration. The author of these lines is old enough to have known a world before e-mail. A long time ago, people from the Mailing Room would show up every morning at our desk to deliver letters in paper format. We would read it, write the reply or have it typed by our secretary, and the reply would be put in an envelope a few days later and sent by post. When e-mail arrived in France, the majority of users mistakenly thought that it was just a change of format: from a paper letter, we switched to an electronic mail. In fact, this led to a lot of deviant behaviour, because the reality was way more complex. Indeed, we were confronted with a completely new mode of communication that should have invented its own rules instead of copying the rules of paper mail by analogy. If this step had been done, perhaps e-mail would be much more effective in the functioning of organizations as of today. These 2 illustrations can be applied to the switch to online courses. First, there was urgency. The idea of survival ration sets the tone: how to get by in the jungle, all on your own, i.e. deprived of all the usual logistics of barracks and headquarters? Should we opt for a strategy to try and copycat the face-to-face experience – with an imperfect result for sure – or try to reinvent the whole course in this new format – a time-consuming strategy, to say the least. After 2 months of practicing online courses, we can establish a comparison with face-to-face courses, and the differences between both modalities can be summed up in a single generic idea: an online course exacerbates and amplifies the characteristics of a face-to-face course. Let’s unroll those comparisons in the remainder of this article.

Before the class – preparation

The ratio of invisible hours to visible hours

While students are sleeping…

In a typical face-to-face course, we know there is preparation: the professor adapts the structure of the session, prepares documentation and exercises, and reviews the major concepts that he or she wishes to convey both in substance and in form. But in addition to these hours of “classical” preparation, online teaching requires additional hours. Indeed, if one decides to do his or her lecture exactly as he or she used to do in the classroom, the outcome is bound to have a degraded quality: some actions are impossible to perform, such as moving closer to some students; other actions are possible, but with much less fluidity, such as grabbing a marker and writing key words or a diagram on the board. In order to obtain the same results, it is then necessary to plan alternative ways, i.e. search for numerical tools, train and practice with those tools, and design teaching sequences that are specific to the online course. This additional time corresponds to invisible hours: in fact, the only hours visible to the students are the class hours (face-to-face or online), while the hours of preparation are invisible to them. But in the case of an online course, this ratio will be exacerbated. Indeed, for a face-to-face course, let’s assume that it takes one hour of preparation to provide 3 hours of class time; the same course, if done online, will instead require between 3 and 10 hours of preparation for those same 3 hours of class time. The ratio of invisible hours to visible hours is therefore multiplied by 3 to 10 when going online. Those numbers might vary, but the online class will always require much more invisible hours to invest in.

The question of quality

All this extra preparation does not even guarantee that the course will have the same level of quality. The metrics we propose here are much more intuitive than measured, but they give an order of magnitude: if a professor decided to do her online course exactly the way she used to do her face-to-face course, she would probably have a course quality degraded by 40% when compared to the face-to-face experience. In other words, the quality of the online course would be at 60% of the quality of the face-to-face course. For sure, hours of preparation dedicated specifically to the online course will help reduce this gap in quality, but in our experience, they will not cancel it completely. In fact, according to our estimate, the 3 to 10 hours of digital preparation that we mentioned will bring the quality of the online course from 60% to 80-90% of the quality of the face-to-face course. To reach an equivalent level of quality (100%), we would have to invest a lot of extra time on top, or decide that we don’t want to make a clone of the face-to-face class: the online course then becomes another product, another promise, another experience…

During the class

Interacting with black screens

Hello, anybody out there?

One point should be made clear from the outset: in all the online courses we delivered, the students not only muted their microphones (at our request, to avoid background noise), but they also turned off their cameras. In spite of several strategies (e.g. asking to start the class with a round of greetings where each student in turn switches on their camera and microphone to say hello), the students kept their cameras off during whole classes[1]. Even though the professor reminded them that they had 3 ways to react and participate (click on « raise your hand », type in the chat, activate the microphone), the interaction was much weaker than in the classroom. Indeed, in a classroom, a student who does not wish to participate knows some tricks very well: he will keep his eyes down when a question is asked or she will wait for the teacher to focus on some students who point out themselves by their micro movements (nodding, chatting, direct look…). In the case of an online course, each student feels protected by his black screen: he is doubly at a distance – physical distance for sure, but also distant from the senses, since he is literally invisible to the teacher’s eyes…

Transmitting and receiving signals: an energy issue

Those black screens point to our first observation: pivoting to an online course encourages more pure lecturing. As an example, if in face-to-face class, a professor’s performance is a mix of 60% lectures (the professor talks and answers questions) and 40% animations / exercises / discussions, then it is likely that switching to an online course will increase the lecturing part (in our example, from 60% to 80% maybe more), simply because the animation part will be much harder to maintain – because of technical issues for a part, but also because of lower student participation.

Let’s take a break

Another related problem is interaction fatigue. Anyone who has ever taught knows that this activity takes a toll on energy on 3 levels at least: physical energy; mental energy; nervous / emotional energy. This can be partly compensated by energizers: a good atmosphere in a group of students, a successful interaction, stimulating exchanges, all this helps to recharge the professor’s energy battery. If we do now the comparison, we will realize that in an online course, energy drainers will be exacerbated while energizers will be more limited than in face-to-face interaction. Indeed, in a classroom, the professor relies on a multitude of senses: she uses the visual, auditory and kinesthetic channels simultaneously, and she feeds off all these signals to direct the rhythm and allocate her energy. All our colleagues know this: we professors have a form of 6th sense that allows us to detect a drop in attention, increasing boredom, or even realize that we are losing control over what is happening in the classroom… By contrast, when we are in an online course, faced with black screens, we lose a very large part, if not all, of this ability. In addition, even if the students switched their cameras on, this problem would probably not be solved: our mirror neurons feed on all the micro-expressions on the students’ faces, and even though this is done unconsciously, it participates globally in our reception of messages and signals. During a communication by camera, we lose a very large part of these micro signals. Our brain will then try to compensate frantically for this lack of information that it is used to in real life. During this confinement, how many times have we heard colleagues say that a day of videoconferencing meetings tires them much more than a day of face-to-face meetings? Well, the exact same thing happens for an online course…

What about fluidity?

All this done while drinking my coffee

When we are in a classroom, we are used to doing things in an extremely fluid way: starting to answer a student’s question while walking to the whiteboard, grabbing a felt tip pen, starting to draw while talking, grabbing the eraser then rewriting, while at the time, from the corner of our eyes, we check that the student and his classmates are following our reasoning. In comparison, the same sequence in an online course will require juggling different tools, clicking on icons or activating keyboard shortcuts (that we had to memorize), and the fluidity will never be the same as in a classroom. Another disrupter of fluidity is alerts and notifications: in a classroom, when a student raises his hand, he usually does it silently and we automatically record this visual signal without stopping our presentation. Now, let’s imagine that during one of his lectures in the classroom, a professor had to check his e-mails – and answer them on the fly! Each time a new email arrives, an alert sounds, forcing the professor to read the email and then decide whether or not to answer it, while continuing to lecture. It is very likely that this professor would lose a lot of his concentration and thus, his fluidity. This is exactly what happens with online courses: we are explaining a concept by sharing the screen, and we hear a « ding » which means that either a student has raised her hand or someone has posted a message on the chat. In our brain, the « lecturing » zone must go on while the « reading » zone reads the message and the « decision » zone selects the answer to adopt: ignore, process later, answer now… No wonder that the brain can be overwhelmed.

Technology, savior or burden?

In a conventional classroom, technical problems have recurring characteristics. Firstly, these problems are limited to the equipment used: the computer, the video projector and possibly the microphone. Then, when a problem arises, we can rely on dedicated support services. Finally, we always have a plan B, or even a plan C: if our USB key doesn’t work, we can retrieve slides from the cloud; if we really can’t access our slides, we can tell students to follow the class on their paper handouts; in the worst case, we can even improvise a class using only the whiteboard and felt tip pen. In comparison, in an online course, technical problems will be exacerbated alongside those 3 axes. Firstly, an online course generally uses many more tools than just a computer: the video capture platform with document sharing, a drawing software, an online survey application, not to mention shared documents for collaborative work… There is probably a computer law somewhere that postulates that the more tools you use, the greater the likelihood that a technical problem will arise: this is a simple common sense observation. When it comes to troubleshooting, the online professor will then be on his own. This means that the professor now has a double hat: in addition to his historical professor / researcher / animator hat, he now has to put on the outfit of Mario the digital plumber, with a necessity to be really swift, because everything happens live. This implies additional stress, since we are outside our area of expertise, but in the eyes of the participants, we are in charge of restoring good teaching conditions whenever a problem arises. This digital stress will be all the more amplified since there are very rarely plans B in case of technical problems: either the online tools work seamlessly, or we have to abandon a whole section of what was planned when some tools get dysfunctional. As a consequence, we lose a great deal of granularity in our response to technical problems online, and it becomes binary: fix it or lose it.

A modified relationship to time

Be still, my beating heart

In an online course, everything happens more slowly. When the professor asks a question, there is a lag before the question reaches the students (it can take several seconds), then the students have to think it and decide whether they want to answer; if so, then they have to type their answer in the chat or click on “raise your hand”; and once again, there is a time lag before these signals are transmitted to reach the professor’s computer. All in all, between the moment the teacher asks the question and the moment he gets a reaction from the audience, silence looms for a time that is doubled or tripled as compared to the same situation in face-to-face classes. Considering that, in real life, some colleagues already are uncomfortable at waiting for 10-15 seconds before students react, then what about the experience of an online course, when after one of our questions, we have to stare during 20-30 seconds at a black (and silent) screen, waiting for a signal from the Outback.

This warped time also triggers a new relationship to silence, exacerbated by the fact that we are like those blind fishes in the dark depths of the oceans, i.e. very limited in our perception. Let us illustrate that with a typical event: coming back after a break. In the real world, the professor announces a break, and gives a time to be back. When the time is over, she can actually see how many students are back to the classroom. In contrast, in an online course, we usually specify that students should not disconnect their computers, so at the end of the break, we find ourselves staring at those black, silent screens, not knowing whether the students are actually back. One solution is to make a chat call (“please type ‘back’ when you have returned to your computer”). At times, it really feels like we are in a Turing test: the remote correspondent answers us, but we’re not sure whether it is a human being or a chat-bot (i.e. an artificial intelligence programmed to respond to chat messages)!

Scripting, in order to control time and uncertainty

Real-life multi-task improvisation

In the case of an online course, we need to do much more detailed scripting. Indeed, in a face-to-face class, we can rely on our competence as experts in our field, allowing for digressions and improvisations. In other words, we are like jazzmen, relying for a part on their sheet music, but also mastering our instrument so well that we can improvise an exercise on the fly, or set up a situation or an explanation that are contingent to whatever is happening in the room at that moment. Comparatively, and for all the reasons mentioned above, the online course will make us run many more risks when we try to improvise. Teaching online then becomes a strategy for managing – and in this case, minimizing – the risks of a failed experiment.

Here are some metrics that we have observed. In a face-to-face course, a 3-hour session is generally broken down into 3 to 5 parts, with elastic timing: nothing is really written down, it really depends on the interactions with the students, and the key priority is to finish on time, having dealt with all the parts that we had planned. In comparison, a 3-hour online course session is usually scripted with at least fifteen different sequences: instructions on the online tools that will be used, round table to greet each other, a first survey to test the level of knowledge of a concept, then lecture on a concept with 3-4 shared slides, then work in small groups for 10 minutes followed by a collective debriefing, etc. In fact, the same happens in the real world: if an observer were present during a face-to-face class, she would probably identify between 15 and 30 distinct sequences in the 3 hours of the class. But the major difference lies in the scripting: in real life, sequences just happen, some of them being improvised on the fly, whereas in an online course, sequences have to be neatly planned and prepared, with the associated tools (survey application, shared documents, links to videos…), and this requires a much more detailed written script.

We can conclude on a positive note: of course, online courses will exacerbate the characteristics of the classroom courses, but this exacerbation does not always go in a negative direction. Co-teaching, for example, leads to a positive amplification in an online course. Co-teaching in a face-to-face course represents a very pleasant moment of sharing between colleagues, but when it comes to online teaching, doing the course together with a colleague will definitely change a lot of things for the better: we can literally unload some of our burden on our colleague for certain parts of the course; it allows us to work in parallel on side issues (answering the chat, preparing a survey), and students benefit from a live broadcast of the discussion between 2 experts, a bit like when attending a TV show. Not only is it an enriched experience, but it is also an opportunity to consume much less energy than being alone in front of the screen.

After class

After hours

Once a class is over, there are usually many things to do. As for face-to-face courses, this means answering questions by e-mail, posting additional documents or even writing clarifications and guidelines. In the case of online courses, there are at least 2 additional elements that will add service time. First, it will be necessary to retrieve and format the fruit of the students’ work online: whether it is the results of surveys, contributions made in collaborative documents or the structuring of ideas made by the teacher in the form of a mind maps, all the elements that have been produced live during the class must be retrieved, formatted, and delivered electronically to the students. Comparatively speaking, in a face-to-face class, each student is responsible for the notes he decides to take (or not to take), and the professor is not a notes provider. In other words, for a face-to-face class, the professor only needs to write a PowerPoint presentation before the course; in an online course, the professor will need to write two PowerPoint presentations: one before the course, and one after the course. The second service element specific to the online course has to do with time, in the form of asynchronicity. Indeed, while many students will attend the online course live (synchronous), other students can choose to view the recorded video of the course. Some may do this the day after the live session, others may take a week or more before logging in and watching the course. This means that service requests (questions, clarifications…) will take a longer period of time, depending on when the student actually watched the course video.

You are my best Self

Conclusion

We started this article on a tensional question: should we strive to make an online course as a carbon copy of its face-to-face equivalent, or should we instead shift the frame of reference, considering that the online course is a separate product with different codes and expectations? In short, identical twins or siblings? Our angle of analysis has been to show that, from experience, online courses tend to increase / exaggerate / amplify the problems of face-to-face courses. In our opinion, those are really two different mediums that no longer need to be compared point by point, but rather appreciated in their differences. The face-to-face class is similar to a theater play (for lecturing) or a board game (for animation / discussion / experience). The online course finds its analogies rather in a radio show (for lecturing) or in a music festival like Woodstock: the precise planning is decided in advance, the timing is rigorous… and even if we don’t know exactly which technical problems will arise or which pieces the different musicians will play, the performance will be recorded and preserved. After theatre (the 3rd art), rhetoric (the 5th art) or cinema (7th art), will the online courses also become an art in their own right?


[1] Interestingly enough, when the students were sent in small groups to  » private rooms « , they would switch their cameras on for each other – and they would switch them off again when regrouped in the whole class.

CovidCampus #6 : cours en ligne, cours en présentiel – vrais jumeaux ou faux frères ?

Ce thibillet fait partie d’une série de réflexions sur la crise du Corona virus et le passage immédiat de mes cours en présentiel à une version en ligne.

Don’ do what I do,
do what I say

Attention, thibillet assez long. L’idée d’où est parti ce thibillet était la suivante : lors de thibillets précédents, j’ai établi une liste de règles et conseils empilés au fur et à mesure. Si l’on était dans le registre religieux, je pourrais parler des 10 commandements à respecter. Mais dans Matthieu 22 35-40, un docteur de la loi demande à Jésus quel est le plus grand commandement. La question consiste donc à passer de 10 commandements à un seul, générique, qui les engloberait tous. C’est ce que j’ai essayé de faire dans cette réflexion, et j’ai abouti à l’idée suivante : se rendre compte qu’un cours en ligne exacerbe et amplifie les caractéristiques d’un cours en salle. Cela ira plus haut, plus loin, plus fort, si l’on est dans le registre positif de Gaston de Coubertin, ou – si l’on est plus réaliste – plus limité, moins interactif, plus épuisant.

À la mi-mars, l’ESCP décide de fermer son campus de Paris, tant pour les étudiants que pour les professeurs. En l’espace d’un week-end, il est donc décidé de basculer immédiatement tous les cours en présentiel en un format 100 % en ligne. Face à cette situation sans précédent, chaque professeur était confronté à une alternative : soit essayer de transposer en ligne l’équivalent exact de ce qui se passait dans la salle de cours ; soit partir du principe qu’un cours en ligne se faisait selon un autre médium, avec d’autres contraintes, et qu’il fallait donc réinventer les pratiques.

200g de protéines

Illustrons ces extrêmes par deux analogies. L’auteur de ces lignes est suffisamment vieux pour avoir vécu le service militaire en France, et lors des journées passées sur le terrain, chaque soldat recevait une ration de survie. Ainsi, lors du bivouac, on sortait de son paquetage une boîte en carton qui contenait l’équivalent d’un plateau repas d’avion. L’erreur consisterait à juger cette ration de survie par rapport à un repas « normal », par exemple celui que l’on peut prendre au restaurant ou chez soi. En effet, dans la vie militaire, soit on était en opération sur le terrain avec des rations de survie, soit on était cantonné à la caserne avec des repas à la cantine. Le bon point de comparaison serait donc d’évaluer dans quelle mesure la ration de survie est équivalente à un repas à la cantine des troufions. En l’espèce, l’état-major avait essayé de répliquer à l’identique un repas de cantine militaire, sous contrainte des réalités du terrain : pas de possibilité de faire chauffer le repas, poids et encombrement à limiter… Certes, la qualité avait été dégradée, mais on restait toujours dans la catégorie d’un repas militaire. On est donc dans une situation où l’on a essayé de répliquer une expérience à l’identique tout en tenant compte des réalités du terrain.

« J’ai bien reçu votre courrier
du 23 courant »

Par opposition, prenons une 2ème illustration. L’auteur de ces lignes est assez vieux pour avoir connu un monde avant l’e-mail. Autrefois, un service du courrier passait dans les entreprises chaque matin pour distribuer des lettres au format papier. On en prenait connaissance, on rédigeait soi-même la réponse ou on la faisait taper par sa secrétaire, puis la réponse était mise sous enveloppe quelques jours après, et elle était envoyée par le courrier postal. Quand l’e-mail est arrivé en France, la majorité des utilisateurs a commis l’erreur de penser que c’était juste un changement de format : d’un courrier papier, on passait à un courrier électronique. En fait, cela a conduit à beaucoup de comportements déviants, car la réalité était plus complexe. En réalité, il s’agissait d’un tout nouveau mode de communication qui aurait dû inventer ses propres règles au lieu de copier celle du courrier papier par analogie. Si cela avait été fait, peut-être que l’e-mail aurait été plus efficace dans le fonctionnement des organisations. Ces 2 illustrations peuvent être appliquées au basculement à des cours en ligne. D’abord, il y avait urgence. L’idée de ration de survie donne le ton : comment se débrouiller dans la jungle, privé de toute la logistique habituelle du quartier général ? Par ailleurs, faut-il opter pour une stratégie de copie à l’identique – forcément imparfaite – ou une stratégie de réinvention – forcément consommatrice de temps. Après 2 mois de pratique de cours en ligne, la comparaison avec les cours en face à face s’impose, et on peut résumer les différences à une seule idée générique : un cours en ligne va exacerber et amplifier les caractéristiques d’un cours en face à face. Comparons donc ces deux systèmes pour nous en assurer.

Avant le cours – la préparation

Le ratio heures invisibles / heures visibles

Pendant que vous dormez…

Dans les cours en salle, il y a bien évidemment de la préparation : le professeur adapte la structure de la séance, il prépare de la documentation et des exercices, il révise les concepts majeurs qu’il souhaite faire passer tant dans le fond que dans la forme. À ces heures de préparation classique, il faut rajouter des heures supplémentaires dans le cas d’un cours en ligne. En effet, si un professeur décide de faire son cours exactement comme il le faisait en salle de cours, il obtiendra forcément une qualité dégradée : certaines actions sont désormais impossibles, par exemple le fait de se rapprocher ou de s’éloigner des étudiants ; d’autres actions sont possibles, mais avec beaucoup moins de fluidité, par exemple saisir un marqueur et noter au tableau les mots clés ou un schéma sur ce qu’on est en train de présenter. Il faut donc prévoir des manières alternatives d’obtenir les mêmes résultats, rechercher les outils numériques correspondants, se former et je s’entraîner, et enfin concevoir des séquences pédagogiques spécifiques à un cours en ligne. Ce temps additionnel correspond à des heures invisibles : en effet, les seules heures visibles par l’étudiant sont les heures de cours, tandis que les heures de préparation sont invisibles à ses yeux. Mais dans le cas d’un cours en ligne, le ratio est exacerbé. Prenons le cas d’un cours que l’auteur connaît bien, car il l’enseigne depuis des années. Pour un cours en face à face, supposons qu’il faut une heure de préparation pour assurer 3 heures de cours ; le même cours, s’il est fait en ligne, nécessitera plutôt de l’ordre de 3 à 10 heures de préparation pour ces mêmes 3 heures de cours. Le ratio heures invisibles/heures visibles est donc multiplié par 3 à 10 lors du passage en ligne.

Une problématique de qualité

Toute cette préparation supplémentaire ne garantit même pas que le cours aura le même niveau de qualité. Les métriques que nous proposons ici sont beaucoup plus intuitives que mesurées, mais elles donnent un ordre de grandeur : si un professeur décide de faire son cours en ligne exactement comme il faisait son cours en salle, il atteindra probablement une qualité de cours dégradée de 40 % par rapport à l’expérience en salle – en d’autres termes, le cours en ligne sera à 60 % du niveau de qualité du cours en salle. Bien sûr, chaque heure de préparation dédiée spécifiquement au cours en ligne permettra de réduire cette dégradation de qualité, mais sans toutefois l’annuler. En effet, selon notre estimation, les 3 à 10 heures de préparation numérique nécessaire permettent de passer d’une qualité de 60 % à une qualité de 80 – 90 % par rapport au cours en présentiel. Pour atteindre un niveau équivalent de qualité (100 %), il faudrait soit investir beaucoup d’heures supplémentaires, soit décréter que l’on ne cherche pas à faire une copie à l’identique : le cours en ligne devient alors un autre produit, une autre promesse, une autre expérience…

Pendant le cours

Enseigner face à des écrans noirs

Dans le cyberespace, personne ne vous entend crier…

Un point mérite d’être précisé d’entrée de jeu : dans tous les cours que nous avons animés en ligne, les étudiants avaient non seulement éteint leur micro (à notre demande, pour éviter les bruits de fond parasites), mais ils avaient aussi désactivé leur caméra. Malgré plusieurs stratégies mises en place (par exemple, demander à démarrer le cours par un tour de salut où chacun à son tour branche sa caméra et son micro pour dire bonjour à tout le monde), les étudiants sont restés pendant tous les cours avec leur caméra débranchée. Le professeur a eu beau rappeler aux étudiants qu’ils avaient à leur disposition 3 manières de réagir et de participer (cliquer sur « demander la parole », taper dans le tchat, activer le micro), l’interaction a été plus faible qu’en présentiel. En effet, dans une salle de cours, un étudiant qui ne souhaite pas participer connaît très bien quelques trucs : il va garder les yeux baissés quand une question est posée ou il va attendre que le professeur se focalise sur certains étudiants qui s’auto désignent par leur micro mouvements (hochement de tête, discussion, regard franc…). Dans le cas d’un cours en ligne, chaque étudiant se sent protégé par son écran noir : il est doublement à distance – distance physique, bien sûr, mais aussi distance des sens, puisqu’il est littéralement invisible aux yeux du professeur…

Émission et réception des signaux : une problématique d’énergie

Ces écrans noirs pointent vers notre première observation : le passage à un cours en ligne encourage à aller vers plus d’enseignement magistral. Par exemple, si un professeur a l’habitude de mener ses cours physiques avec un mélange de 60 % de cours magistral (le professeur parle et répond aux questions) et 40 % d’animations / exercices / discussions, alors il y a fort à parier que le passage au cours en ligne augmentera la partie de cours magistral (dans notre exemple, elle pourra passer à 70 %, 80 % ou plus), tout simplement parce que la partie animation sera beaucoup plus difficile à maintenir (à cause de questions techniques d’une part, mais aussi à cause de la plus faible interaction des étudiants).

Grosse fatigue

Un autre problème, qui est lié, tient à la fatigue de l’interaction. Toute personne qui a déjà enseigné sait que cela représente une grande dépense d’énergie sur au moins 3 niveaux : dépense d’énergie physique ; dépense d’énergie mentale ; dépense d’énergie nerveuse / émotionnelle. Mais il existe aussi des apporteurs d’énergie : une bonne ambiance dans un groupe d’étudiants, une animation réussie, des échanges nourris et stimulants, tout cela contribue à recharger la batterie d’énergie du professeur. Comparativement, dans un cours en ligne, les dépenses d’énergie vont être exacerbées tandis que les recharges d’énergie vont être limitées. En effet, sans forcément s’en rendre compte, le professeur s’appuie sur une multitude de sens dans sa salle de classe : il utilise simultanément les canaux visuels, auditif et kinesthésique, et il se nourrit de tous ces signaux pour diriger le cours et allouer son énergie. Tous nos collègues le savent : nous avons une forme de 6ème sens qui nous permet de détecter les baisses d’attention, l’ennui croissant, voir une certaine perte de contrôle de ce qui se passe… Dans un cours en ligne, face à des écrans noirs, nous perdons une très grande partie, voire la totalité, de cette capacité. Et même si les étudiants branchaient leur caméra, le problème ne serait pas résolu pour autant : en effet, nos neurones miroirs se nourrissent de toutes les micro-expressions du visage de notre interlocuteur, et même si cela se fait à un niveau non conscient pour nous, cela participe globalement à notre captation des messages qui nous sont envoyés. Lors d’une communication par caméra interposée, nous perdons une très grande partie de ces micros signaux, ce qui conduit notre cerveau à essayer de compenser frénétiquement cette absence d’informations qu’il a l’habitude de collecter. Lors de ce confinement, que de fois avons-nous entendu des collègues indiquer qu’une journée de réunions en visioconférence les fatiguait beaucoup plus qu’une journée de réunions en physique. Il se passe exactement la même chose pour un cours…

Quid de la fluidité ?

Multi-tâche

Quand nous sommes dans une salle de cours, nous avons l’habitude de faire des choses de manière extrêmement fluide : commencer à répondre à une question d’un étudiant tout en se dirigeant vers le tableau blanc, saisir un feutre et le déboucher, commencer à dessiner tout en parlant, saisir le tampon effaceur pour supprimer une erreur et réécrire, tandis que du coin de l’œil, nous vérifions que l’étudiant et ses camarades suivent bien le raisonnement. Comparativement, la même séquence dans un cours en ligne va nécessiter de jongler avec différents outils, de cliquer sur des icônes ou d’activer des raccourcis clavier que nous aurons préalablement mémorisés, et la fluidité ne sera jamais la même que dans une salle de cours. Un autre perturbateur de fluidité porte sur les alertes : dans une salle de cours, quand un étudiant lève la main, il le fait généralement silencieusement et nous enregistrons automatiquement ce signal visuel sans pour autant nous arrêter dans notre présentation. Pour prendre une image, imaginons que pendant un de ses cours en salle, un professeur soit obligé de consulter ses mails – et d’y répondre ! À chaque fois qu’un nouveau mail arrive, une sonnerie retentit, forçant le professeur à prendre connaissance du mail puis à décider s’il y répond ou pas, tout en continuant de faire cours. Il est fort probable que le professeur perdrait une grande partie de sa concentration et donc de sa fluidité. C’est exactement ce qui arrive avec les cours en ligne : nous sommes en train d’expliquer un concept en ayant partagé l’écran, et nous entendons un « ding » qui signifie que soit un étudiant a demandé la parole, soit quelqu’un a posté un message sur le tchat. Il s’agit alors d’activer simultanément diverses parties de notre cerveau : la partie « enseignement oral » doit continuer son travail pendant que la partie « lecture » prend connaissance du message et que la partie « décision » sélectionne la réponse à adopter : ignorer, traiter plus tard, répondre maintenant…

La technique, aide ou fardeau ?

Dans une salle de cours classique, les problèmes techniques présentent généralement des caractéristiques récurrentes. D’abord, ces problèmes sont limités au matériel utilisé : l’ordinateur, le vidéoprojecteur et éventuellement, le micro. Ensuite, en cas de problème, il y a des services d’assistance dédiés. Enfin, si un problème technique surgit, on a toujours un plan B, voire un plan C : si ma clé USB ne marche pas, je peux récupérer mes diapositives depuis le cloud ; si je ne peux vraiment pas récupérer mes diapositives, je peux proposer aux étudiants de suivre le déroulé sur leur support papier ; au pire, je peux rebâtir un cours improvisé en utilisant le tableau blanc et les marqueurs. Comparativement, les problèmes techniques dans un cours en ligne vont être exacerbés selon ces 3 axes. Premièrement, un cours en ligne utilise généralement beaucoup plus d’outils : la plate-forme de captation vidéo avec partage de documents, un utilitaire de dessin, une application de sondage en ligne, des documents partagés pour travail collaboratif… Or, il y a probablement une loi informatique qui a postulé que plus on utilise d’outils, plus grande est la probabilité qu’un problème technique surgisse, car c’est une simple observation de bon sens. Pour ce qui est des services de dépannage, le professeur en ligne ne peut guère compter que sur lui-même. Il a donc désormais une double casquette : en complément de sa casquette historique d’enseignant / chercheur / animateur, il doit désormais enfiler la salopette de Mario le plombier numérique, avec une exigence de rapidité, car tout se passe en live. Cela implique un stress supplémentaire, puisque nous sommes en dehors de notre domaine de compétence, mais aux yeux des participants, nous sommes responsables du rétablissement de bonnes conditions d’enseignement. Ce stress numérique sera d’autant plus exacerbé que dans un cours en ligne, il y a très rarement des plans B en cas de problèmes techniques : soit ça marche, soit on abandonne un pan entier de ce qui avait été prévu. On perd donc grandement dans la granularité de la réponse qui est faite aux problèmes techniques.

Un rapport au temps modifié

Ô temps, suspends ton vol…

Il faut s’habituer au fait que dans un cours en ligne, tout se passe plus lentement. Quand on pose une question, il faut le temps de latence pour que la question arrive aux étudiants (cela peut prendre plusieurs secondes) ; puis l’étudiant réfléchit à la question et décide s’il souhaite y répondre ; si c’est le cas, il faut alors que l’étudiant tape sa réponse dans le tchat ou qu’il clique sur la demande de prise de parole ; enfin, un temps de latence s’écoule avant que ces signaux soient transmis à l’enseignant. Au total, entre le moment ou le professeur pose sa question et le moment où il obtient une réaction de la part de son auditoire, le temps de silence est facilement doublé ou triplé par rapport à la même situation dans une salle de cours. Or, dans une salle de cours, quand il s’agit d’attendre 10 – 15 secondes avant que les étudiants réagissent, cela représente déjà un délai inconfortable pour certains professeurs. Que dire alors de l’expérience d’un cours en ligne, quand il s’agit plutôt de 20 à 30 secondes à fixer des écrans noirs et silencieux en attendant qu’il se passe quelque chose (ou pas) suite à notre question ?

Ce rapport au temps est aussi un rapport au silence, exacerbé par le fait que nous sommes un peu comme ces poissons aveugles dans les profondeurs obscures des océans, c’est-à-dire très limités dans notre perception. Prenons un exemple : le retour de la pause. Dans le monde réel, nous fixons une heure de retour de la pause, et nous pouvons constater visuellement le nombre d’étudiants qui est revenu à l’heure. Par opposition, dans un cours en ligne, comme on a spécifié que les étudiants ne doivent pas se déconnecter pendant le temps de pause, on se retrouve à la fin de la pause face à des écrans noirs et silencieux, tout en ne sachant pas si les étudiants sont effectivement revenus. Il s’agit alors de faire un appel par tchat pour demander aux étudiants de signaler qu’ils sont effectivement à nouveau là. Par moments, on a vraiment l’impression d’être dans un test de Turing : le correspondant distant nous répond, mais nous ne sommes pas sûr de savoir si c’est un être humain ou un tchat-bot (une intelligence artificielle programmée pour répondre à des messages de tchat) !

Scénariser pour dompter le temps et l’incertitude

Il y a une nécessité de scénarisation beaucoup plus poussée dans le cas d’un cours en ligne. En effet, dans une salle de cours, et forts de notre compétence d’enseignant dans notre domaine, nous pouvons nous autoriser des digressions et des improvisations : même si cela n’était pas inscrit sur la partition, nous maîtrisons suffisamment l’instrument pour pouvoir inventer à la volée un exercice, une mise en situation ou une explication qui permette de coller à ce qui est en train de se passer dans la salle à ce moment. Comparativement, et pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, le cours en ligne va nous faire courir beaucoup plus de risques dans ces situations d’improvisation. Enseigner en ligne devient alors une stratégie de gestion – et dans le cas présent, de minimisation – des risques.

« Et avec les oreilles,
qu’est-ce que vous faites ? »

À titre illustratif, voici quelques métriques que nous avons pu observer. Une séance de 3 heures en salle est généralement décomposée en 3 à 5 parties, avec un timing élastique : rien n’est vraiment écrit, cela dépend des interactions avec les étudiants, l’objectif central étant de terminer à l’heure en ayant traité correctement toutes les parties. Comparativement, une séance de 3 heures de cours en ligne est généralement scénarisée avec au minimum une quinzaine de séquences différentes : des consignes de début de cours sur les outils en ligne, un tour de table pour se saluer, un premier sondage pour tester le niveau de connaissance d’une notion, la présentation d’un concept sur 3-4 diapositives partagées, du travail en petits groupes pendant 10 minutes puis un débriefing collectif, etc. En fait, si un observateur avait été présent lors des 3 heures de cours en salle, il aurait probablement identifié bien plus que les 3 à 5 parties mentionnées : il est probable qu’un cours de 3 heures en salle se décompose aussi en 15 à 30 séquences distinctes. Mais la différence majeure réside dans la scénarisation : les séquences en salle arrivent quand elles arrivent, certaines étant improvisées à la volée, tandis que les séquences du cours en ligne ont été planifiées, préparées, avec les outils associés (application de sondage, documents partagés, liens vers des vidéos…) selon un script beaucoup plus détaillé.

Concluons enfin cette partie sur une note positive : certes, les cours en ligne vont exacerber les caractéristiques des cours en salle, mais cette exacerbation ne va pas toujours dans un sens négatif. Un exemple d’amplification positive porte sur la co animation : autant une double animation dans une salle de cours représente un moment très agréable de partage entre collègues, autant en ligne, le fait de faire le cours à deux va changer énormément de choses en positif : on peut littéralement s’appuyer sur son collègue pour certaines parties du cours, cela permet de travailler en parallèle sur les éléments de communication annexes (répondre au tchat, préparer un sondage), et les étudiants bénéficient d’une diffusion en live de la discussion entre 2 experts, un peu comme ils assisteraient à une émission de télévision. C’est non seulement une expérience enrichie, mais c’est aussi une occasion de consommer beaucoup moins d’énergie que lors d’un cours en ligne tout seul face à l’écran.

Après le cours

After hours

Une fois que le cours est terminé, il reste toujours des choses à faire. Dans le cas des cours en présentiel, cela consiste à répondre à des questions par e-mail, à poster des documents annexes ou à rédiger des précisions par rapport à certaines questions évoquées en cours. Dans le cas de cours en ligne, il y a au moins 2 éléments supplémentaires qui rajoutent du temps de service après-vente. D’une part, il faut très souvent récupérer et mettre en forme le fruit du travail des étudiants en ligne : que ce soient des résultats de sondages, des contributions réalisées dans des documents collaboratifs ou encore de la structuration d’idées réalisées par le professeur sous forme de cartes mentales, tous ces éléments doivent être récupérés après le cours est transmis par voie électronique aux étudiants – tandis que dans une salle de classe, chaque étudiant est responsable des notes qu’il décide de prendre ou de ne pas prendre. On pourrait simplifier en disant que dans une salle de cours classique, le professeur a besoin de rédiger une présentation PowerPoint avant le cours, tandis que dans un cours en ligne, le professeur doit rédiger 2 présentation PowerPoint : une avant le cours, et une après le cours. L’autre élément de service après-vente spécifique au cours en ligne tient au décalage dans le temps (asynchronicité). En effet, alors que certains étudiants peuvent assister en direct au cours en ligne (synchronicité), d’autres étudiants choisissent de bénéficier de la lecture de la vidéo enregistrée du cours. Certains vont regarder / écouter le lendemain de la séance live, d’autres pourront prendre une semaine ou plus avant de se connecter et de regarder le cours. Cela signifie que les demandes de service après-vente (question, précisions…) vont s’étendre sur une période de temps plus longue, qui sera notamment fonction de la date à laquelle l’étudiant a effectivement regardé la vidéo du cours.

Tu es la meilleure partie de moi

Conclusion Nous avons démarré ce thibillet sur une question en forme de tension : faut-il s’évertuer à ce qu’un cours en ligne soit la copie conforme de son équivalent de salle de classe, ou convient-il au contraire de décaler le cadre de référence, en considérant que le cours en ligne est une entité distincte avec des codes et des attendus différents ? En bref, vrais jumeaux ou frères et sœurs ? Notre angle d’analyse a été de montrer que par expérience, les cours en ligne tendent à augmenter / exagérer / amplifier les problématiques des cours en salle. À notre avis, il s’agit vraiment de 2 médiums différents qui demandent à ne plus être comparés point par point, mais plutôt appréciés dans leurs différences. Le cours en salle est analogue à une pièce de théâtre (pour sa partie magistrale) ou à un jeu de société (pour sa partie animation / discussion / expérience). Le cours en ligne trouve plutôt ses analogies dans une émission de radio (pour sa partie magistrale) ou dans un festival de musique façon Woodstock : le planning précis est décidé à l’avance, le timing est rigoureux… et même si l’on ne sait pas exactement quels problèmes techniques vont surgir ou quels morceaux les différents musiciens vont jouer, la performance sera enregistrée et conservée. Après le théâtre (3ème art), la rhétorique (5ème art) ou le cinéma (7ème art), le cours en ligne deviendra-t-il lui aussi un art à part entière ?

Novela – Projet Kerberos

Projet Kerberos : copie d’un document interne de la société Zillion inc. (Californie)

2019/45/BS – Brief pour les membres du Comité Exécutif Zillion inc. // compte-rendu de réunion.

Confidentialité : ce document est régi par les règles de confidentialité du Règlement intérieur de la société Zillion, et de l’Ultra Règlement des membres du ComEx, documents dont chacun(e) a eu connaissance. En résumé, toute fuite d’information du contenu de ce document exposera la personne responsable à (1) un licenciement immédiat pour faute lourde (2) la perte immédiate de tous les avantages, indemnités et stock-options attachés à sa fonction et (3) une procédure juridique où la société Zillion utilisera tous les moyens en sa possession pour obtenir gain de cause.

Objet : nouveaux produits et stratégie de Zillion pour les prochaines années

Rappel historique

La société Zillion collecte des données personnelles pour (slogan:)  » faciliter la vie quotidienne et éviter les tracas et oublis « . Initialement lancée avec son application phare CheckList, la société collecte désormais les listes de courses (ShopList), les idées de cadeaux (WishList), l’organisation des fêtes (PartyManager), la planification des vacances et séjours (GetAway) et tous les abonnements, factures et relevés bancaires du foyer (CashList). Plus de 2 milliards d’êtres humains utilisent au moins un des services de Zillion, et 750 millions d’utilisateurs utilisent tous les services (utilisateurs dits  » Entièrement intégrés « ).

Projet Kerberos : un lancement prévu en 3 phases : appâter, ferrer, ramener.

  1. Appâter.

La société Zillion offrira, sous forme de concours, des caméras de loisir (à accrocher au vélo, au casque, sur le skateboard, la planche de surf ou sur la voiture…) nommées Cyclops. Ces cadeaux seront assortis d’un espace de stockage virtuellement illimité sur les serveurs de Zillion, et il n’y aura pas de possibilité de sauvegarder les vidéos en local sur les disques durs. Selon nos premières projections, on aboutira à un parc de 200 millions de caméras de loisirs offertes par Zillion sur les 2 prochaines années, avec un flux vidéo de l’ordre de plusieurs zettaoctets sur les premiers mois, et probablement de l’ordre d’un yottaoctet de fichiers par mois en vitesse de croisière. Le message sera  » En remerciement de votre fidélité, Zillion vous offre des heures de loisirs enregistrés « . Une solution logicielle sera proposée pour agréger automatiquement ces vidéos sous forme de montages et les partager entre amis (ces montages resteront hébergés sur les serveurs de Zillion). L’investissement total devrait représenter moins de 7 milliards de dollars.

  1. Ferrer.

Une fois que l’utilisation de ces caméras sera passée dans la pratique quotidienne (notre équipe de veille surveillera notamment le nombre d’instances du verbe  » cycloper  » chaque semaine sur les réseaux sociaux), nous lancerons un message à destination des parents, en ciblant d’abord les familles où les Cyclops servent en priorité dans des loisirs extérieurs. Les éléments de langage seront les suivants  » N’avez-vous pas peur, quand vous êtes au travail, de ce qui pourrait arriver à vos chers bambins ? Et s’il faisait une chute à vélo ? Et si elle avait un accident en rentrant en skate du collège ?  » Zillion offrira alors gratuitement l’application WatchPuppy à ces familles pour qu’elles puissent  » jeter un œil  » sur les activités de leurs enfants depuis leur téléphone. Une fonctionnalité sera notamment proposée pour envoyer une alerte automatique en cas de changement brusque de cadrage dû à une chute.

Puis Zillion commercialisera le pack HomeScan, consistant en 10 caméras fixes à installer dans la maison, pour un prix de 49,90 $, avec les éléments de discours suivant :  » Que se passe-t-il quand il est rentré à la maison ? Votre enfant invite-t-il des amis sans vous demander la permission ? Ouvre-t-il la porte aux inconnus ? « . Il sera important, à ce niveau de discours, de renforcer l’image de Zillion comme  » partenaire de vie domestique « , par exemple en montrant comment l’observation (discrète et respectueuse) d’un enfant et de ses activités hors de toute présence parentale peut donner des idées de cadeau d’anniversaire ou de séjours de vacances. Une communication particulière pourra aussi être adressée aux parents, en démontrant qu’une caméra judicieusement placée pourra capturer leurs propres moments d’intimité (comme un dîner en tête-à-tête ou une soirée au coin du feu) pour archiver ces souvenirs et pouvoir les visionner à nouveau.

  1. Ramener.

La troisième étape du projet Kerberos consistera à rentabiliser cet investissement réalisé à grande échelle. Dès le début du projet (caméras de loisir Cyclops), les algorithmes de recherche croiseront les données enregistrées (vidéos et sons) avec les données personnelles (factures, relevés bancaires avec l’identité des commerçants, dossiers médicaux), dans l’optique de faire émerger des comportements à risque (comportement de casse-cou, alcoolisme, querelles domestiques, conduite automobile sous l’influence de drogues ou médicaments contre-indiqués, discussions complotistes) ou potentiellement à risque car moralement discutables (infidélité, parties de poker entre amis pour de l’argent…). Zillion proposera aux services de police une collaboration (facturée à prix coûtant) pour l’identification de comportements criminels, ou pouvant devenir criminels (prévention). La communication de la société sur ce sujet devra être discrète, mais non cachée, par exemple  » pour un voisinage plus sûr, pour un environnement de famille plus serein, Zillion et WatchPuppy sont vos partenaires de sécurité « . Le discours pourra être orienté sur le danger que présentent certains voisins ; on insistera sur le rôle d’information civique que Zillion jouera auprès des autorités (rappeler que ce sera à prix coûtant, donc sans bénéfice). L’application WatchDog (variante adulte de WatchPuppy) sera accessible aux services de police sur requête de leur part pour un individu / une famille, au cas par cas, et pour une durée limitée. Zillion pourra aussi prendre l’initiative de contacter les services de police en cas d’identification d’un individu présentent un danger potentiel (profil  » MadDog « ) – mieux vaut prévenir que guérir (citer des statistiques sur les coûts d’une opération de police comparés à des coûts de surveillance préventive).

Business Model du projet Kerberos

La rentabilisation principale du service reposera sur le paiement de primes (appelées Vaccine) : quand la police demandera à accéder aux données de profil d’un individu, Zillion avertira cet individu avec un discours du type :  » Veuillez noter que la police a demandé à accéder à vos données hébergées sur nos serveurs. Nous nous soumettrons à cette obligation légale, mais nous avons à cœur de vérifier que ces données ne sont pas corrompues, aussi nous vous offrons le choix : par le paiement d’une somme de XXX $ (contrat Vaccine), vous nous mandatez pour conduire un audit de vos données personnelles qui prendra entre 2 et 5 jours ouvrés, avant que nous ne communiquions ces données à la police ; si vous ne souhaitez pas cet audit de précaution, nous transmettrons sous 2 heures les données vous concernant à la police.  » Le phrasé juridique sera à affiner, mais le principe d’audit a été validé par nos services légaux. Nous pourrons notamment argumenter que les données de nos utilisateurs nous tiennent à cœur, et que nous ne voulons pas courir le risque d’une mauvaise réputation sur la foi de données corrompues. Commercialement parlant, il faudra aussi trouver des éléments de langage non incriminants pour la société Zillion, par exemple  » Suite à notre alerte, vous avez envie d’avoir le temps de prendre vos dispositions ? (contacter un avocat ? partir vous ressourcer quelques jours pour réfléchir ? organiser vos affaires personnelles ?) Nous vous garantissons que nous prendrons le temps de vérifier toutes vos données avant de les transmettre, mais nous vous demandons de participer financièrement à ces coûts supplémentaires « .

Les rentrées d’argent seront d’autant plus prévisibles que Zillion pourra cibler les individus qui seront vraiment susceptibles de payer la prime, et moduler les alertes à la police (profils  » MadDog « ) en fonction des objectifs trimestriels à atteindre. Selon nos estimations, le coût d’investissement initial du projet Kerberos (phase Appâter) devrait être rentabilisé en moins de 2 ans. Des campagnes d’accompagnement publicitaire veilleront à maintenir un équilibre entre le doute et la peur du quotidien d’une part (qui n’a pas peur pour ses enfants ?) et le supplément de confiance apporté par Zillion,  » partenaire de vie « . Ainsi, cet investissement devrait continuer à être rentable sur les années suivantes.

Après discussion et questions (se reporter à l’Annexe confidentielle), proposition votée à l’unanimité du Comité Exécutif.

 

 

Creative Commons License
Cette nouvelle, comme tout ce qui est publié sur ce blog, est sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Passe-temps

tux_clockIl y a longtemps, Christian R. m’avait dit que le montage vidéo était une des activités (sinon l’activité) qui avait le pire rapport entre le temps (énorme) qu’on y passe et le temps (relativement minime) de la vidéo finale. Un rapport effort/résultat, en gros. Et ces derniers jours de vacances, j’ai testé autre chose : les trucs qui bouffent du temps sans qu’on s’en rende compte. C’est-à-dire, par exemple : je vais au cinéma, pendant la première heure, je suis totalement dans le film, la 2ème heure aussi probablement, donc je ne me rends pas compte du temps qui passe. En revanche, si le film dure 2h20 comme les derniers Marvel, il y a un moment où je me rends compte du temps qui passe.

Je viens de trouver l’activité où je ne me rends absolument pas compte du temps qui passe. Linux. Déjà l’informatique en général, améliorer des choses, télécharger des petits programmes pour gagner du temps, optimiser, ça me prend du temps et je ne m’en rends pas compte, je pourrais rester 1/2h sur l’optimisation d’un fichier de configuration du clavier sous LibreOffice. Mais Linux, alors là… C’est de très loin le grand gagnant de « je ne me rends plus compte de l’heure qu’il est ». En deux jours, j’ai testé Lubuntu 16-04, AntiX, Puppy Linux, Slitaz, Toutou Linux, Arch Linux. Et là je me mets à apprendre à écrire des scripts pour me bricoler un programme d’expansion de texte. La journée et la nuit vont passer vite…

Installation de Dragon Naturally Speaking (Home 12) sur Windows 8 – quelques conseils

dragon_head_by_massiah3100-d50q0qyAyant eu quelques problèmes à l’installation de Dragon naturally speaking (home edition, version 12, dont j’avais déjà parlé ici) sous Windows 8, je poste ici – à titre d’aide-mémoire, et pour qui cela peut être une aide – la procédure que j’ai utilisée pour dompter le Dragon.

Disclaimer : je ne suis pas informaticien, je ne suis pas spécialisé en Windows 8, et je n’ai aucune garantie que ce qui a marché pour moi marchera pour vous. Aussi, avant de poster tout commentaire du type  » ça ne marche pas, qu’est-ce que je dois faire ?  » (comme certains commentaires de ce thibillet), relisez attentivement ce disclaimer… et aller chercher ailleurs, comme je l’ai fait. Avec toute ma sympathie.

Je me suis largement inspiré de ce lien, que son auteur en soit remercié.

1. vérifiez que vous avez bien un casque compatible. Cela semble idiot, puisque Dragon est livré avec un casque fourni (donc compatible), mais dans mon cas, par exemple, l’ordinateur n’a qu’une seule prise Jack qui fait en même temps prise micro et prise casque. Le casque ayant deux prises, j’ai dû acheter un adaptateur comme celui-ci.
2. si vous aviez déjà essayé d’installer Dragon 12 et que ça n’avait pas marché, il faut désinstaller les fichiers sans utiliser l’utilitaire de désinstallation de Windows. Il faut donc télécharger un programme de désinstallation propre à Dragon, que vous trouverez ici :
http://supportcontent.nuance.com/dragon/12/tools/DNS12Remover.exe
puis lancer ce programme et attendre la fin de la désinstallation  » propre « .
3. Copiez tous les fichiers du DVD d’installation de Dragon sur votre disque dur. Pour ma part, j’ai créé un dossier  » Dragon  » sur le bureau, et j’ai copié l’intégralité des fichiers du DVD dans ce dossier.
[NB : cela permet de s’assurer que l’installation ne plante pas à cause d’un lecteur de DVD trop ancien ou pas assez rapide – cela a l’air d’être un souci majeur à l’installation, à lire les forums de discussion].
4. Désactivez l’écran de veille, la mise en veille et l’antivirus. Branchez votre ordinateur sur le secteur s’il était sur batterie. Il faut en effet que le programme d’installation de Dragon ne subisse aucune interruption, ce programme étant extrêmement sensible, voire grincheux…
5. Redémarrez votre ordinateur.
6. Allez dans le dossier où vous avez copié tout le DVD, et double cliquez sur setup.exe.
7. Répondez aux questions, notamment sur le numéro de série, mais ne faites que le strict nécessaire : ne lancez pas d’autres programmes, ne déplacez pas des fenêtres, et plus globalement, abstenez-vous de toute manipulation de l’ordinateur qui ne soit pas directement liée aux demandes du programme d’installation de Dragon. Profitez-en pour nettoyer votre frigo.
8. Attendez patiemment que le programme affiche « terminer ». Tant que ce bouton n’est pas affiché, et même si la barre de progression semble être à 100 %, ne faites rien, ne cliquez sur rien. Quand le bouton terminé apparaît enfin, décochez la case sur les mises à jour, puis cliquez sur terminer.
Il se peut qu’un message d’erreur apparaisse à la fin. Je n’en ai pas eu pour ma part, mais un autre utilisateur le mentionne. Dans ce cas, essayez de lancer le logiciel malgré tout. Si ça ne fonctionne pas, reprenez la démarche à l’étape 1. Selon cet autre utilisateur, il peut être nécessaire de faire toute la démarche plusieurs fois…
Enfin, quand il s’agit de passer à la face d’apprentissage, je conseille d’être tout aussi prudent : tant que le logiciel est en phase d’apprentissage, ou qu’il analyse votre voix, je vous déconseille de faire d’autres choses. Il vaut mieux aller se faire un café en attendant que le processus d’analyse de votre voix soit terminé.

C’est là où j’en suis actuellement, et cela fonctionne bien.

Prochainement, je vais installer le service pack, vérifier s’il y a d’autres mises à jour, et je posterai dans ce thibillet les résultats – positifs ou négatifs – de ces démarches.

Pour un logiciel de dictée vocale, l’assistant en ligne… tape ses réponses

DragonNaturallyTypingJ’aime bien les logiciels de dictée vocale comme Dragon Naturally Speaking (et auparavant, IBM ViaVoice). Cela m’a permis de gagner énormément de temps sur la rédaction de corrigés et diagnostics d’analyse financière, mais aussi, ponctuellement, sur certains (longs) mails ou (courts) documents. Le seul reproche que je fais à ces logiciels, c’est que l’on doit périodiquement racheter une version pour s’adapter aux évolutions de Windows. D’où ma demande d’aujourd’hui à l’opérateur/trice sur le site de Dragon (cf. image). Et surprise, alors que le logiciel est censé permettre se passer de clavier (je cite leur site  » Je peux dicter un document plus vite que la plupart des utilisateurs avec leur clavier et cela, sans faire la moindre faute de frappe. « ), l’opérateur me répond en tapant sur un clavier, et avec une faute 🙂

Comment survit un cerveau organique dans un monde numérique ?

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Je vous recommande un excellent article dans Télérama de cette semaine ( » mon cerveau a-t-il muté ? « , Télérama n° 3291, p. 20-25), sur la génération numérique et les changements cérébraux que cela induit. Le journaliste Marc Belpois y développe beaucoup de thèmes et offre des pistes de lecture qui donnent envie d’en savoir plus, aussi j’y vais ci-dessous de mes commentaires et apports supplémentaires :

  • J’ai enfin trouvé un terme scientifique équivalent à Filoguer, vous savez, cette tendance à zapper devant un ordinateur : on voulait faire une recherche sur les supraconducteurs et de fil en aiguille, on se retrouve à regarder des vidéos de NiamNiam Style. Eh bien grâce à Télérama (et à Marc Belpois), j’apprends que le nom scientifique du filogage, c’est la  » désorientation cognitive « . Je suis impatient de l’utiliser dans une prochaine conversation.
  • L’éminent journaliste cite plusieurs passages d’un livre que je vais acheter, malgré son titre neuneu : Internet rend-t-il bête ?, par Nicholas Carr, Robert Laffont, 2011. Un passage, cité dans l’article : « en ligne, nous entrons dans un environnement qui favorise la lecture en diagonale, la pensée hâtive et distraite, et l’apprentissage superficiel ». Cela m’inspire une pensée toute bête : dès que l’on veut avoir une lecture concentrée, il faut imprimer les textes. En effet, sous couvert de bonnes pensées environnementales ( » n’imprimez ce texte que si c’est nécessaire « ), nous nous sommes habitués à lire sur un écran. Et un écran, c’est essentiellement un portail vers 10 000 distractions. Il y a là un paradoxe : pour économiser quelques feuilles de papier, chacun diminue sa productivité dans des termes probablement bien plus coûteux qu’une impression. On rejoint, par d’autres voies, ma méfiance vis-à-vis des factures au format électronique.
  • Comme le dit bien l’article,  » nous façonnons des outils, et ensuite ce sont eux qui nous façonnent « . Cela m’évoque l’analogie que j’utilise dans mon cours sur la gestion des e-mails : les premières voitures automobiles  » modernes  » ont été vendues à partir de 1885 en France, tandis que le premier code de la route dédié aux automobiles date de 1921. Ainsi, l’apparition de l’automobile a laissé les utilisateurs livrés à eux-mêmes pendant plus de 30 ans. Il en va de même, à mon avis, sur l’e-mail ou la recherche documentaire sur Google : nous en sommes encore dans la phase intermédiaire où nous avons l’outil, mais pas encore le code de conduite.
  • Certes, il y a quantité d’avantages à ce que de nouveaux outils nous façonnent : la plasticité neuronale s’accommode extrêmement bien des changements. Mais je constate – et j’en ai déjà fréquemment parlé – que les technologies numériques facilitent le zapping ou ce que j’appelle le syndrome RTFM. Cela veut dire que mon métier de prof me conduira peut-être – moi qui suis né avant Internet – à finir ma vie en donnant des cours de  » pensée linéaire  » à des générations qui ne sauront plus penser que par sauts. Ou, pour faire un bon mot : c’est paradoxal qu’un enfant du numérique pense essentiellement de manière analogique.
  • Enfin, l’article montre aussi un glissement intéressant (ou inquiétant, c’est selon) : normalement, la lecture sur papier ou la lecture sur écran sont censées activer les mêmes zones du cerveau. Sauf que la lecture sur écran est souvent faite en mode « collecte d’informations pour décision », et que ce mode concerne d’autres zones du cerveau. Et le glissement est inquiétant : à force de lire sur écrans, nous commencerions aussi à lire des textes papier en « mode zapping », c’est-à-dire avec des zones du cerveau qui ne sont pas dédiées à la lecture. D’où une lecture plus approximative. J’en tire une conclusion personnelle : travailler sa mémoire. Apprendre, réapprendre, en utilisant par exemple les systèmes de répétition espacée. Ou, pour conclure sur une analogie financière : intégrer verticalement la connaissance, dans un monde qui l’a plutôt externalisée.

Retrouver rapidement un fichier ou un dossier – sous Linux, Windows, Mac OS

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En terme d’organisation de mes fichiers et dossiers dans un disque dur, j’ai souvent un compromis « profondeur-étendue ».

  • L’étendue doit être limitée : quand j’ouvre une fenêtre, j’aime bien tout voir, ce qui limite le nombre (étendue) des fichiers et dossiers dans une fenêtre. Ma règle – qui souffre de beaucoup d’exceptions – est de ne pas avoir plus de 5 dossiers et 5 fichiers dans une fenêtre donnée. S’il y en a plus que ça, il est probablement temps de créer des sous-dossiers supplémentaires.

  • Mais se pose alors un problème de profondeur : pour atteindre un fichier donné – par exemple un examen de finance du MBA Exec (21ème mondial, ça vient de tomber) – il faut cliquer sur une suite de dossiers dans l’arborescence (avec le fichier de l’exemple précédent, une fois que j’ai lancé l’explorateur de fichiers, il me faut 6 double-clics, soit une profondeur de 6 dossiers à partir de mon répertoire de fichiers).

Or je ne suis pas un garçon patient.

Je cherchais donc un (ou  plutôt des) utilitaire(s) de recherche rapide, très rapide, qui permette de rechercher fichiers ou dossiers, et du genre « la recherche commence à afficher des résultats dès les premières lettres tapées ».

J’en ai finalement trouvé 3, un par système d’exploitation que j’utilise.

Les voilà, par ordre de découverte :

  • Sous Linux (je tourne sous Lubuntu), j’aime beaucoup gnome-search-tool. Il trouve tout (fichier ou dossier), par nom, très rapidement.

  • Sous Windows, j’ai mis du temps avant de trouver Ultrasearch(merci Korben). S’ouvre en tâche de fond, et n’a pas besoin de créer un index avant de commencer à travailler. Ultra rapide, car il cherche dans la table d’allocation NTFS, donc n’a pas besoin de scanner tout le(s) disque(s) dur(s).

  • Enfin, sous Mac OS, j’ai trouvé la semaine dernière l’utilitaire qui va bien. Les Macophiles vont me parler de Spotlight (inclus dans le système) mais Spotlight est lent. Alors que, je ne sais par quel prodige, DataLore – pourtant s’appuyant sur Spotlight – est super rapide. Seul inconvénient (bénin) : c’est le seul qui ne soit pas gratuit, il coûte 10 dollars canadiens, c’est-à-dire rien comparativement au gain de temps cumulé.

Aussi, sous chacun de mes systèmes, une même séquence de touches (Ctrl-Alt-F) appelle une fenêtre, je tape « MBA » et pouf, j’ouvre directement le fichier ou le dossier qui m’intéresse dans la liste sans avoir à naviguer dans l’arborescence tentaculaire de mes ordinateurs matrixiens.

Seul inconvénient : avoir des noms de fichiers et de dossiers un peu structurés – qui contiennent le bon mot, donc.
Mais c’est un exercice intellectuel assez stimulant : montre moi ton disque dur, je verrai l’intérieur de ta tête…

Rangement post moderne

cables.jpgL’indication que tu deviens vraiment fou furieux (ou vraiment sage, mais dans beaucoup de cultures, c’est considéré comme étant la même chose) :

Quand tu individualises tes câbles et transfos dans des sacs congélation pour faciliter le rangement (?) et aider à retrouver plus facilement (?) le bon appareillage la veille d’un départ en vacances.

(La recherche se faisant typiquement dans le créneau 1h-3h du matin).