Daily Archives: 2 juillet 2008

Magnolia Express – 4ème partie – # 1

Quelque part au sud
 
J’achevai de mettre nos affaires dans le taxi quand Conrad est venu me voir :

– Alors, petit, on va où ?

Je refermai le coffre, et regardai par la lunette arrière. Vieux Bill et Conrad avaient fait un travail de chirurgiens, le taxi était à nouveau flambant neuf, et près du tableau de bord, je voyais le compteur qui était toujours en marche.
Je me redressai, fixai Conrad avec une moue d’impuissance. Je ne savais pas si c’était une bonne idée de rebrousser chemin, de parcourir à nouveau le même trajet, et j’avais un sentiment d’échec, nous n’avions pas trouvé. J’allais lui dire ça quand je vis Bob Brozman qui se faisait déposer par une camionnette sur la route. Il s’avança vers nous portant trois étuis sombres et un sac, et dit :

– Vieux Bill m’a prévenu que vous partiez aujourd’hui. J’ai décidé d’avoir la bougeotte : il paraît qu’on ne déteste pas ce genre de musique vers le sud. Alors si c’est sur votre route …

Conrad et moi échangemes un regard, puis nous répondîmes que par un coup de chance, une coïncidence étonnante, oui, c’était sur notre route.

– La vie est bien faite, constata Bob en souriant, tandis que nous hochions la tête.

Vieux Bill nous avait offert une machine à écrire antique, ainsi qu’un bracelet indien pour Eileen et une pipe en écume de mer pour Conrad. Nous partîmes donc à cinq vers le sud, un peu plus chargés, un peu plus légers, ça dépendait.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Le scoop, la joie, et aussi la gravité

Merci à Yog, grâce à lui, j’apprends la nouvelle.
Je me permets de paraphraser John Donne : « chaque vie humaine emprisonnée me diminue ».
Je me réjouis donc de la libération d’Ingrid Betancourt (et j’assume mes écrits historiques, j’évolue tous les jours).
Je voudrais juste dire, en psycho-historicien que je rêverais d’être (pour ceux qui ne comprennent pas, ça fait référence à une oeuvre d’Isaac Asimov, appelée Fondation) :

  • cela va commencer par un relai d’information dans la blogosphère
  • puis il va y avoir un grand enthousiasme populaire
  • assorti d’une tentative de tirer la couverture à soi : qui a contribué, et de quelle manière, et depuis combien de temps, à cette libération
  • mais nous sommes en France, donc il va y avoir des réactions du genre « mais non pas du tout, c’est un argument électoral ! »
  • Pendant ce temps, le sort d’autres otages, et la tyrannie des grands nombres, feront que l’on se rejouira de la libération de 15 personnes, mais qu’on oubliera les massacres de 70 000 personnes, qui sont moins médiatiques.

Je reviens au début de ce thibillet : je me réjouis de cette libération.
Mais nous sommes tous, de manière bien moins cruelle, mais plus permanente, prisonniers des médias.
Qui a dit que la télévision était l’opium du peuple ? (troll on, en langage de geek)