Daily Archives: 21 décembre 2006

Magnolia Express – 1ère partie – # 7

Deux livres et demie d’inconnu

– Bonjour Monsieur, voilà je cherche un livre.
– Ça tombe bien, parce que j’en vends. Si on a de la chance, j’ai peut-être votre livre ?
– Ben oui, j’espère, parce que je l’ai souvent cherché, mais à chaque fois on m’en donne un autre…
– Ah bon…
– … Mais je ne veux pas le dernier livre de Joe Schlabotnik, parce que ça n’est pas celui-là.
– Ah bon…

Il me regardait en souriant, et puis il s’est relevé en fermant son cahier, il était un peu plus grand que moi. Il continuait à sourire alors j’ai dit Je veux un livre à lire vous comprenez, et tous les libraires me posent des questions et à la fin ils me vendent un livre qui n’est pas du tout ce que je cherchais.

Il hochait la tête d’un air sérieux, il faisait une petite moue, il avait l’air de chercher.

– Bon, me dit-il, c’est un peu embêtant…
– Vous n’avez pas ce genre de livre ? (Déjà, je me préparais à partir, c’est quand même énervant).
– Si, si, mais j’en ai plusieurs différents, alors je ne sais pas…
– Ah…
– Écoutez, je peux vous les prêter, et puis vous m’achèterez celui qui vous plaît ? Je suis désolé, normalement je donne des conseils et les gens sont contents. Ça ne vous embête pas que je vous les prête ?
– Non pas du tout, mais … (il souriait) … Qu’est-ce qui vous dit, enfin, je veux dire, je pourrais … (il souriait) …

Il se tourna légèrement, attrapa deux ou trois livres sur l’étagère du haut. Enfin, deux livres normaux et puis un petit qui n’avait pas encore fini de grandir. Deux livres et demi.

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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Magnolia Express – 1ère partie – #6

Caletown

Après le petit déjeuner, il faut se préparer pour aller en ville, parce que la librairie doit ouvrir comme tous les matins, sinon les gens s’inquiéteraient. Les fois où je n’ai pas ouvert la librairie le matin, il y en a qui viennent me voir le lendemain, et ils ont l’air ennuyé : « Vous n’avez pas ouvert, hier matin ? ». Alors j’essaie de les rassurer, parce que c’est vrai que c’est gênant, il ne faut pas causer de mauvaises surprises aux gens qui aiment les livres.
Aussi ce matin je pousse un peu Aline qui se brosse les dents, et je dis C’est sûr que ce serait mieux si on habitait au-dessus de la librairie, comme ça on pourrait l’ouvrir et puis retourner petit-déjeuner, et puis on installerait une sonnette et il y aurait marqué « Si vous voulez un livre, vous n’avez qu’à sonner ». Mais Aline me répond en secouant la tête (elle a encore de la mousse dans la bouche), puis elle dit A Caletown, on ne verra plus Bob, et puis c’est bien ici, et les oiseaux qu’est-ce qu’ils mangeront ?
Oui, c’est vrai. Aline a souvent raison, parce qu’elle voit des choses que je ne vois pas, comme Bob ou les oiseaux. J’aime bien Aline, on tombe toujours d’accord.
Alors je vais faire chauffer la camionnette, et puis on part. Ce matin, c’est à moi de conduire.

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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Magnolia – passage au multimédia

Dès le départ, ce roman était conçu comme « devant être écouté avec certains morceaux de musique ». Ou, pour être plus précis, certaines pages – mais pas toutes, loin de là – sont associées à un morceau de musique, l’ensemble des morceaux constituant la « Bande Originale » du roman.
Je viens donc de mettre en place le premier morceau, et cela nécessite un discours juridique et moral (ce qui n’exclut pas le plaisir) :

  • Je suis propriétaire de tous les CDs sur lesquels se trouvent les morceaux que je cite.
  • Je ne prends au maximum que 19 secondes de chaque morceau, encodé en MP3 et en mono, pour indiquer clairement le caractère de citation courte d’une oeuvre, dans le respect de la jurisprudence actuelle.
  • Je mentionne à chaque fois le titre de l’oeuvre, de(s) auteur(s), le distributeur, et pointe vers un site de vente du CD.
  • Je mets ces citation pour vous encourager à acheter légalement ces morceaux, et rémunérer les artistes. Si vous êtes étudiant(e) désargenté(e), je vous signale que ces titres se vendent aussi à l’unité sur les sites de musique en ligne, et qu’il existe des sites de vente de CDs d’occasion.
  • Je retirerai ces morceaux sur simple demande de la part des auteurs ou de leurs représentants.