Daily Archives: 13 décembre 2006

Spim Spam Spoum

Sans y passer des heures, la lecture des spams est instructive. D’abord parce qu’elle permet de savoir quels sont les secteurs dynamiques sur Internet, les business models qui marchent. Et là je vous réponds tout de suite, c’est l’assurance auto et la vente de médicaments de toute sorte, point, même les 3615 Ulla tendent à se raréfier, le big business model, le coeur de cible, c’est l’aumobiliste avec malus qui a besoin de médicaments (de toutes sortes…)
L’autre information qu’apportent les spams, c’est une meilleure compréhension de la langue anglaise, qui est en même temps imagée, poétique, mais surtout, parfaitement adaptée à des phrases courtes, percutantes (c’est-à-dire, l’idéal pour un sujet de message, ou de commentaire.)
Démonstration de cette puissance poétique :

Il n’y a pas à dire, je reste admiratif. Non pas tant devant la promesse, à laquelle je crois peu. Mais devant l’inventivité poétique. A tel point que j’ai du mal à traduire en termes aussi imagés. Je m’y essaie néanmoins, mais si quelqu’un peut m’aider (à traduire, hein, pour le reste, je me débrouillerai) :

  • nous pouvons doubler la taille de votre, ça c’est la partie facile, mais après :
    • bton de bélier ?
    • manche de ramoneur ?
    • boute-en-train ?
    • tige de piston ?

Aidez-moi, je sens que ça va me titiller toute la nuit…

Goûts de chiottes

J’ai deux types de lectures dans ma vie :

  • les lectures de transport en commun (ou de plumard, mais le plumard peut aussi être un endroit de transports, idéalement en commun)
  • les lectures de chiottes

Les secondes doivent répondre à un cahier des charges précis :

  • ne pas être des romans, car
  • pouvoir être saucissonnables en x fois 5-10 mn
  • ce qui suppose un propos simple, facilement mémorisable ( » où en étais-je ? Ah oui… « ), et un ensemble de petites notions agglutinées, plutôt qu’un long développement linéaire. Pour donner un exemple, je pense qu’il est difficile de lire Proust aux chiottes. Ou Kundera, et même Giono.
  • La lecture de chiottes doit aussi tenir la distance, puisque, mettons, à deux fois par jour, 2-3 pages chaque fois, il faut entre 50 et 100 jours ouvrés pour finir un livre de 300 pages. (enfin, je ne sais pas, ça dépend des personnes. Par exemple, à mon travail, les chiottes de l’étage ont une porte qui est verrouillée depuis 3 jours. Soit c’est une personne qui lit Guerre et Paix, soit c’est le pire cas de constipation que j’aie jamais vu).

Quelles ont été mes dernières lectures de chiottes (au travail) ?

  • Fractales, hasard et finance, de Benoît Mandebrot, qui hélas est tombé dans la cuvette m’est tombé des mains (trop compliqué)
  • Le monde tel que je le vois, d’Albert Einstein
  • Introductory Finance Textbook, d’Ivo Welch, qui m’a pris presque 1 an
  • Crabe, de Marc Behm (OK, c’est un roman, mais tellement foutraque qu’il peut se lire – sans problème, et avec plaisir – en 50 fois)

et depuis quelques semaines :

  • Entrepreneur malgré moi, d’Yvon Chouinard

Ce dernier livre est une vraie bonne surprise. J’y ai participé, certes, mais de manière très limitée, même si je suis remercié (merci à mon éditeuse) : souvenez-vous, il s’agit de cette recherche sur Chateaubriand qui avait donné lieu au Grand Google Game et sa suite. Mon éditeuse m’avait offert Enfantines pour me remercier. Et quelques semaines après, j’ai reçu cet Entrepreneur malgré moi. Je dois avouer que je l’ai laissé de côté. Malgré d’évidentes qualités de forme (il est imprimé sur papier recyclé, c’est moins rêche pour l’usage que j’envisageais), le fond ne me parlait pas, je bloquais déjà au titre, ça sentait le créatif-cotch-entrepreneur qui écrit le nième livre sur  » je suis pas allé à l’école, et c’est pour ça que je vais vous donner des leçons sur comment faire « .
De fait, cette lecture de chiottes m’enchante. Elle répond au cahier des charges. Elle m’inspire. Elle aura droit à sa critique… d’ici quelques semaines (mois ?), suivant les cycles de la nature.