Daily Archives: 3 avril 2007

Magnolia Express – 2ème partie – # 19

Rêve nocturne au milieu de l’été
 
Nous sommes sortis de l’étable au milieu de la nuit, tous les quatre, Aline était pelotonnée contre moi et Eileen et Conrad se tenaient bras-dessus bras-dessous. Dans le ciel nocturne, une écharpe d’étoiles enveloppait la lune frileuse, on entendait le bruit des peupliers dans le lointain, le vent de la nuit qui soufflait et peignait nos cheveux.
Nous sommes aussi des vers luisants, des gardons qui remontent un torrent de montagne, je dis bien des gardons, pas des saumons, et notre Quête est de celles qui transcendent l’espace, les seules barrières qui puissent nous arrêter sont celles que nous érigeons. A chaque pas que nous faisons vers notre étape, nous distillons une buée de rêve et rien ne peut se comparer à cela, nous sommes des écrivains en trois dimensions et cette nuit bleue est notre page blanche. Les façades des maisons projetaient de grands lacs d’ombre sur le sol, nous passions d’une plaine éclairée par les réverbères à la nuit d’une forêt de maisons, puis débouchions à nouveau dans une vallée de lumières et nos semelles buvaient le pavé. Au bout d’un moment, on a longé une barrière sur la droite, avec un parc derrière, silencieux et glacé sous la nuit, de grandes étendues d’herbe froide, des arbres solitaires et des réverbères blancs éclairant les allées désertes.
– Brrr … a fait Aline.
Eh oui, si Titania devait aujourd’hui se chercher un lit de mousse, une clairière parfumée où elle puisse dormir, irait-elle dans ce parc aseptisé, sur cette pelouse-motel-confort-minimal-garanti ?
Je ne pense pas.
Je ne pense pas.

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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Batana – Tobogueur (ou Boubit)

ça m’énerve, je trouve plus de tracas quotidiens (batanas) que de petits bonheurs quotidiens (ubuntus).

Tobogueur (ou Boubit) : n. m. Bol, verre ou cuillère posé dans l’évier de telle manière que, quand on fait couler de l’eau, un jet rebondit directement, et précisément, sur les vêtements.
Par extension : personne qui élève la voix pour terminer sa phrase, parce qu’un autre a tenté de l’interrompre.