Daily Archives: 21 juillet 2008

Magnolia Express – 4ème partie – # 11

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Riding home, par JJ Cale, sur le CD Really, Mercury, 1972. Le disque est en vente ici.

Assis sur ce train
 
Malgré la vitesse du Fantôme, la nuit nous distança peu à peu et le soleil commença à établir ses droits sur ce train fantasmagorique. Nous voguions maintenant au milieu de champs de céréales, où de temps en temps un arbre solitaire figurait l’intrus. Quelques granges disséminées, une ou deux routes et à peine un nuage au ciel. Vers le milieu de la matinée, je secouai les dormeurs et nous sortîmes du compartiment : juste derrière, il y avait un wagon plate-forme sur laquelle on charge habituellement les moissonneuses ou les rouleaux-compresseurs. Étant le premier, j’inspectai longuement la plate-forme avant de m’avancer, des fois qu’un rouleau-compresseur camouflé s’y cacherait, prêt à bondir sur nous pour nous transformer en tortillas.
 
– La voie est libre, annonçai-je, et je sautai sur la plate-forme. Me retournant, je reçus Aline dans mes bras, puis Eileen, quant à Conrad et Bob, ils pouvaient bien se débrouiller tout seuls.
 
Installés en rond au soleil, nous commençmes à déballer les victuailles, rien que des bonnes choses bénies par le soleil, pleines de lumière naturelle, des tomates rouges, des poivrons bien verts, craquant sous la dent, du pain blanc mousseux et léger, des tranches de jambon salé, un peu humide, du café dans un Thermos argenté, et du fromage, de la viande séchée, des fruits. Assis au soleil, à manger entre nous, sur un train qui continuait son chemin, coupant la campagne en deux jusqu’à l’horizon. Bob Brozman avait sorti une guitare métallique et sollicitait les cordes en fredonnant « Payoup Payoup » ou « Tum dee dum dum » en rythme. Peu à peu, une mélodie émergea, reprenant le rythme débonnaire du train, une mélodie qui tangue et suit le mouvement des flots, c’était la chanson du bateau de rivière.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est .

Sun Tzu Panda

Je sors d’une AG de société dans laquelle je suis (très) minoritaire. Il y a les AGs classiques, où le Procès-Verbal a été rédigé par avance, et ça roule, il y a quelques questions, et puis on vote les résolutions dans la foulée et c’est plié. Et puis il y a les AGs comme ce soir. J’ai envie de relire L’art de la guerre, de Sun Tzu. Notamment pour :

  • L’importance du terrain de bataille. Reconnaître les lieux avant (là, c’était impossible), choisir sa place sur le terrain (très important).
  • L’importance de l’élément de surprise. Comme dans le dernier samouraï. Montrer ce que l’on veut que l’autre voie, planquer ses renforts.
  • L’importance du temps. Laisser certaines discussions s’enliser, certains esprits brûler leurs cartouches. Garder l’oeil sur son chemin, respirer intérieurement, et quand il s’agit de s’avancer, le faire précisément, posément, poser des jalons, et ne rien lâcher. Et au besoin, frapper comme la foudre. Mais comme le dit le Dragon dans Fone Bone : « ne joue pas un as là où une paire de deux peut suffire ».
  • L’importance du moral des troupes, donc l’importance des troupes. Être plusieurs, marcher de conserve, et rallier des soldats isolés. En imposer par ce côté « je sais où je vais, je ne parle pas à tort et à travers ».

Mon contentement ce soir (mais tout cela n’est pas fini) est à l’aune de ma préparation, et de mes angoisses, des derniers jours.