Daily Archives: 9 juillet 2008

Magnolia Express – 4ème partie – # 6

Grande pensée (4)
 
Il y a fort longtemps, j’ai décidé d’être un témoin. Aujourd’hui chacun veut être acteur, c’est la course pour briller plus que les autres, mais il n’y a plus vraiment de place sur scène, et il n’y a plus de spectateurs, ça déséquilibre tout, le monde n’est plus qu’un concert discordant de voix isolées. Quand j’ai décidé d’être témoin, c’était pour leur donner quelqu’un qui les écoute (ils en avaient tellement besoin), je voulais être le dernier spectateur.
Mais c’était aussi pour que quelqu’un se souvienne. C’est comme cela que je vois ma mission : je me souviens.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Batana – Arnaude

Arnaude : n. f. Quand tu es bien, vraiment bien, le temps s’écoule mais tu ne regardes pas ta montre, et puis arrive le Réel, inopiné, même pas crédible, et avant même de t’en rendre compte, tu te retrouve seul, avec un grand vide triste.
Autre version : le moment où l’après-midi bien entamée transforme les façades en happy hours, le moment où tu ne comptes plus les additions empilées, et où surgit le pénible, au milieu d’un concert de klaxons et de moteurs.
Encore un essai : avant l’Arnaude, tu croyais que tu pouvais prendre cet espace de liberté, et tu le méritais, et tu en profitais. Après l’Arnaude, les choix sont individuels, les grandes idées ne peuvent rien contre la tyrannie du quotidien, alors tu rentres.
Par extension : tout ce qui te bloque, et te ramène méchamment, sans volonté de te comprendre, à ta vie et à tes choix (ou l’absence d’iceux).
En bref : la batana par excellence, la méta-batana, l’hydre.

Rappel : les batanas et les ubuntus passé(e)s sont . Et la genèse, toujours utile aux nouveaux/zelles venu(ze)s est .