Daily Archives: 6 novembre 2007

Saint Lazare, priez pour nous 2 – La glissade pouilleuse

Le matin, quand le train arrive à quai dans ma ville de banlieue avant de partir vers Saint Lazare, il ralentit progressivement, c’est normal. Mais souvent, il continue à avancer à petite vitesse, et la plupart des gens s’étaient déjà mis en mouvement vers la porte, alors ils continuent à marcher, parfois sur 5, 10 ou 20 mètres, avant que le train ne s’arrête définitivement et qu’ils n’atteignent enfin « leur » porte. J’appelle ça la Glissade Pouilleuse, une sorte de métaphore de la vie, tu as bougé trop vite, ça continue à défiler, et tu marches en troupeau, placidement, résigné, en attendant que ça s’arrête pour que tu puisses monter (alors que si tu étais resté sur place, tu serais probablement au niveau de la prochaine porte).
Je dis tu, parce que je crois beaucoup à l’économie des gestes, et à la patience. Si train encore bouger, moi pas bouger.

Saint Lazare, priez pour nous 1 – Citation

Ils passèrent dans le hall, Georges s’engagea sur un quai, marcha jusqu’à sa fin. Les rails pointaient tout droit vers l’inconnu, graissés par le soleil.
René Fallet, Les Pas Perdus, Livre de Poche n° 3230, (1971, première édition 1954), p. 156

Le problème, avec René Fallet, c’est qu’il vous ressert des images poétiques quasiment à chaque phrase. Soit ça lasse, soit on lit du bout des yeux. Mais il y a des belles choses populaires, c’est sûr. Et puis la lettre de rupture p. 172, c’est un vieux coup de tendresse / coup de poignard, ça fait pardonner bien des choses (et se souvenir de bien d’autres qu’on aurait préféré oublier…)