Daily Archives: 5 avril 2007

Magnolia Express – 2ème partie – # 20

Wells Fargo Inc.
 
Quand nous sommes arrivés au taxi, il y a eu un moment de flottement, flottement de la chemise d’Eileen dans le vent, flottement de sa crinière dans la nuit sombre, elle était l’étendard de notre indécision.
 
– Passe-moi les clés, je vais te relayer, a-t-elle dit à Conrad.
 
Il y a eu un petit moment de silence, c’était compréhensible, je n’avais jamais vu personne avoir le droit de conduire le taxi de Conrad, il était comme ces conducteurs de diligence qui fouettent et jurent et conduisent leur attelage dans les plaines désolées de l’Ouest en sacrant comme des beaux diables, mais qui jamais jamais ne laisseraient leur fouet à un pied tendre, une corne verte, ils sont nés sur la route, ont été bercés sur les cahots des chemins poussiéreux et c’est leur Mission à eux que de maintenir un lien entre les Hommes perdus à l’horizon.
Conrad s’est tourné à demi vers Eileen, elle le regardait en tendant la main, il n’avait qu’un effort à faire. Il mâchonnait son tuyau de pipe, regardait Eileen, se passait la patte dans les cheveux, marmonnait. On a entendu des grommellements du genre « Mmmfffboite de vitesses… pas facile… liquide de refroidissemfff… d’mande du doigté… Mmmf … doigté… » et puis il a plongé la main dans sa poche de jean, a tendu les clés qui brillaient dans la nuit bleue. Passation de commandement.
Conrad s’est juché sur le siège du passager, Aline et moi étions à l’arrière, curieux de voir ce qui allait se passer. Eileen est montée sur le siège du conducteur, a desserré les freins, a fouetté l’attelage en criant « Hoahey, Giddyap ! », Conrad a ouvert la bouche, aucun son n’est sorti, il l’a refermée avec un air renfrogné. La diligence a pris de la vitesse dans la rue principale, s’est arrêtée au bar-étable où Eileen a récupéré son sac de voyage, et puis les chevaux sont partis au galop sur la piste poudreuse, balisée par les cactus chandeliers, pour notre étape de nuit.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Usine à gaz ou Ferrari

J’ai passé pas mal de temps avec mon buddy sur la réalisation du site web du projet Mercure. Tout cela a été réalisé sous Mac, avec iWeb. Pour un utilisateur lambda, qui ne souhaite pas savoir ce qu’est une balise HTML, c’est génial : du glisser-déposer, tout est fluide, graphique, intuitif, bref, de l’ergonomie façon Mac, tout est orienté vers l’utilisateur final. Enfin une société qui a compris, depuis des années, que c’est à l’informatique d’aller vers l’utilisateur, et pas l’inverse.
Donc, super, on a réalisé notre site, et hop, il a été mis en ligne.
Puis vint le moment de corriger quelques petits trucs : typos, photos à remplacer, pages à ajouter.
Et là, l’horreur. Je suis sous PC. J’utilise Nvu, déjà évoqué, qui a une interface visuelle (WYSIWYG) mais qui permet aussi d’accéder au code source, pour mieux visualiser. Mamma mia, il y a 117 mondes entre la perfection graphique affichée, et la complexité du code source caché derrière. Et là, encore une fois, je tire mon chapeau à Apple : l’exploit est non seulement d’offrir à l’utilisateur un programme très simple et intuitif, mais aussi de traduire ce graphisme apparemment simple en code efficace qui rendra exactement ça à l’écran. Quand on voit le code généré, c’est moins beau. Efficace, 100% conforme à ce qui est demandé, mais un Chat (prononcer Tchat) n’y retrouverait pas ses petits.
Résultat : comme je n’ai pas de Mac, j’ai passé quelques heures pour rajouter un texte qui soit placé au bon endroit. Je ne parle même pas des photos à insérer, voire des codes pour les dons en ligne (Rappel : vous pouvez donner).
J’en viens à ma remarque, qui est plutôt une interrogation.

  • On a Apple, qui offre des produits très intuitifs, des programmes beaux, fluides, et terriblement bien pensés en terme d’ergonomie pour le grand public. Mais cela cache une usine à gaz derrière. L’exploit est réel, j’en suis content, mais il faut surtout se cantoner au rôle d’utilisateur lambda : vouloir aller voir sous le capot, c’est se perdre dans la Mer des Sargasses…
  • On a Windows, qui a toujours un train de retard pour copier Apple. Mais l’avantage, c’est que le dessous du capot est mieux rangé (avec ses failles de sécurité, certes…)
  • On a enfin Linux, qui a un dessous de capot certes complexe, mais extrêmement bien rangé et sécurisé. Puis ils ont rajouté, progressivement, une couche d’ergonomie.

Je ne défends pas un système, car la satisfaction dépend de ce que demande l’utilisateur. Mais je constate que le Mac, c’est parfait tant qu’on reste dans les sentiers balisés.

Flapi-flapo

Phase d’over-burn. J’ai passé pas mal de temps ce derniers jours sur le projet Phenix, en sus de mes activités par ailleurs. Augias n’est toujours pas terminé, mais très consommateur de temps. Mercure aussi, qui bouffe des heures de nuit (et d’entraînement !), et Magnolia, quand même. Prométhée est complètement dans les choux pour l’instant, je ne peux pas tout faire.
Ce matin, vrai bon coup de pompe : depuis 10 jours, j’étais en productivité maximale, là je sens que tout se dégonfle. Demain soir, quelques jours de vacances, dormir, dormir, dormir. (et courir courir courir…).