Je rêve d’un pays nu,
avec des montagnes, des arbres, quelques prairies
et une petite maison de bois.
Une maison en rondins dont les murs seraient rugueux
et sentiraient la résine.
En automne, la forêt serait dorée
comme un instrument de culte
et le silence religieux ne serait rompu
que par le bond effaré d’un chevreuil.
Il y ferait frais, avec un air bleu et glacé
et quelques brouillards le matin.
Le soleil y serait vu comme une bénédiction.
Là-bas, j’irais chaque matin à la rivière et,
passant le tamis toute la matinée,
je chercherais des pépites dans mon âme.
Daily Archives: 26 mai 2006
Mare à thons, ou le marché à terme des poissons volants
Nous sommes une bande de joyeux fondus à nous être inscrits à la loterie du Marathon de New York. C’est une loterie, avec les règles suivantes : 35 000 places pour 121 759 845 622 postulants
- si toi membre d’une charity, d’un club
qui a payé des pots de vinrespectable, si toi père d’une créature sculpturale et peu farouche, toi sélectionné, bravo - si toi américain mais pas membre des happy few ci-dessus, toi tiré au sort. Une chance sur deux.
- Si toi pas américain, et pas happy few, toi tiré au sort. Une chance sur quatre.
Et c’est là où c’est beau, the american dream, yes man, god bless you all :
- si toi pas tiré au sort 3 années de suite, toi automatiquement sélectionné la 4ème année. Yeah.
Avec les copains, on a tenu le même raisonnement que pour le placement par capitalisation : plus tu pars tôt, plus que t’as de pognon de chance à l’arrivée. Donc on s’est tous inscrits à la loterie. Les résultats viennent de tomber. La bonne nouvelle, c’est qu’aucun d’entre nous n’est cocu. La mauvaise, c’est qu’on a tous été recalés. Donc ça fait 1 au compteur de la loterie. Voici maintenant le dilemme (2 M, coco) et sa formalisation financière.
- Nous être 5 à faire joujou avec la loterie
- objectif affiché : être tous recalés 3 fois, pour pouvoir courir le même marathon de New York, la même année (c’est-à-dire 2009, on est jeunes)
- Mais chaque année, chaque pékin a 1 chance sur 4 d’être sélectionné. Quid si un est tiré au sort ?
- Et c’est là qu’arrive le Joker : quand on est tiré au sort, on peut demander à reporter d’un an.
Donc la config est la suivante :
- 2007, personne tiré au sort : peinardos, si certains tirés au sort en 2008, reportent à 2009, et tout le monde court ensemble
- 2007, tous tirés au sort : peinardos, on se fait le Pont du Verrazzano ensemble en 2007, on est jeunes.
- 2007 : un ou deux sont tirés au sort, et les autres recalés. Si les tirés reportent, rien ne dit que les recalés seront tirés l’année suivante. La seule année sure, c’est 2009, mais les tirés ne peuvent reporter que jusqu’en 2008.
Bref, la possibilité de reporter, c’est une option financière, à l’américaine (à date fixe, contrairement à une option à l’européenne). Et là, on n’est même plus dans la finance, avec la formule de Black-Scholes pour évaluer les options : on est dans le psychologique, dans le comportemental, le non-dit, le mystique, caché derrière comme dit le philosophe Laurent Voulzy, bref, dans le Da Vinci Code.
Soupir désabusé. La grande pomme est encore loin…
