Daily Archives: 2 octobre 2009

Mes gestes pour l’environnement (sans être trop rasoir)

Cela a commencé il y a quelques mois. J’en avais marre d’utiliser des bombes de mousse à raser, un peu comme le gars qui se lasserait d’appuyer tout le temps sur le tube de mayonnaise et qui rêverait de se faire une bonne vieille sauce maison. Je suis donc revenu à mes (très) anciennes amours, et j’ai (r)acheté un blaireau et du savon à barbe. Pas l’odieuse pâte en tube, non, le bol de savon où l’on fait mousser le blaireau.
J’étais content, c’était un premier pas.
Mais autant dire qu’à côté de ces nouveaux objets, mes rasoirs jetables faisaient grise mine. Des bouts de plastique bleus, sans poids, jetables comme des kleenex. Alors en juin, j’ai sauté le pas. Je suis allé chez Planète Rasoir, et après une bonne demi-heure de discussion avec l’excellent propriétaire, j’en suis ressorti avec

  • un rasoir (sabre, ou coupe-chou) affûté comme le regard d’un trader cocaïnomane
  • un bol de savon à barbe qui sentait bon les effluves de l’échoppe de barbier au fond du wisconsin en 1908
  • un cuir pour aiguiser le rasoir
  • une pierre d’alun pour les coupures
  • de la pâte pour mettre sur le-cuir-à-aiguiser-le-fil-du-rasoir

Puis, pendant plusieurs jours, je n’ai touché à rien. Le propriétaire-vendeur m’avait dit : commencez doucement, n’essayez pas un matin où vous êtes fatigué, ou bien si vous avez la gueule de bois, bref, j’ai attendu plusieurs jours.
Mon dieu. Les premières fois, je me suis bien tailladé, c’était le mariage de Frankenstein et Massacre à la tronçonneuse.
Et puis les jours ont passé. Je m’entraînais le week-end, et j’y passais 30 à 40 mn. Puis j’ai commencé à me couper moins souvent, moins profond. J’ai réappris la forme complexe de mon visage, et l’implantation névrotique de mes poils de barbe. Chaque semaine, je progresse un peu : je ne me coupe quasiment plus ; quand je me coupe, ça ne se voit plus ; je me rase de plus en plus vite (même s’il me faut encore facilement 10-15 mn).

  1. Je suis revenu au geste antique. Le fait de se raser, c’est le fait de se couper du monde. Si l’on n’est pas coupé du monde, on se coupe. Avec ce genre de rasoir, on ne peut pas le faire à la va-vite, du genre « j’ai que 2 minutes et je suis à la bourre ». Le temps qu’il faut prendre, et donc planifier par avance, c’est du temps de qualité : je suis face à moi-même, pleinement dans l’instant présent, centré.
  2. Je ne jette plus rien. Mon rasoir me durera des années, donc exeunt les petits rasoirs en plastique jetables qui allaient remplir mes poubelles puis les incinérateurs. Exeunt les bombes à raser dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Exeunt les bombes de déodorant (car la pierre d’alun est un bactéricide et un déodorant naturel) dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Je suis un citoyen responsable.
  3. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je ne l’ai pas fait par souci d’économie. Mais le gain financier existe. Rasoirs jetables : 2 € les 10, soit 10 € par an ; déodorant 4 € soit 40 € par an ; mousse à raser 3 € soit 30 € par an. Mes précédentes habitudes déplorables me coûtaient donc 80 € par an (et encore, vous remarquerez que je prends les prix de la grande distribution, pas les tarifs l’Oréal). Or, rien qu’avec l’achat du rasoir, j’en suis à -70 €. Sans compter la pierre d’alun, le savon à barbe, le cuir à aiguiser… Allez, mettons un coût d’investissement à -150 €. Calcul d’actualisation à 6% : l’achat est rentabilisé en 3 ans. En fait, un peu plus, car je consomme du savon à barbe et de la pâte à aiguiser le cuir pour assouplir le rasoir du fil. Si je garde ce rasoir 10 ans, valeur actuelle nette : gain de 439 €, en euros d’aujourd’hui.

L’étape suivante consistera à me débarrasser de ma crème hydratante et de la troquer pour un plant d’Aloe Vera. J’ai mis mes fleuristes sur l’affaire, mais ils ont du mal à me dégoter un plant de taille suffisante pour que je puisse couper une feuille de temps en temps. En plus, il paraît que les cactées absorbent les ondes radio-électriques. De la même manière que ma pierre d’alun soigne les coupures et sert de déodorant, mon Aloe Vera servira d’hydratant visage et partira en croisade contre les antennes-relais et le bombardement wifi.
Mais petit inconvénient de ce retour aux sources : pas question d’emmener ma trousse de toilette dans un bagage-cabine… Les rasoirs coupe-chou, c’est comme les caniches : ça voyage en soute.

Andy Warhol reloaded

L’idée originale était de Mehdi Famibelle, Exec MBA 2006 (ESCP-EAP à l’époque, ESCP Europe aujourd’hui) : réaliser un blog de sa promo de MBA et y poster notamment des vidéos (vidcasts, par analogie avec podcasts) de professeurs du MBA dissertant sur des sujets comme la chance ou la diffusion des technologies.
L’école a repris l’idée, et lance aujourd’hui des smartcasts sur le même format, mais avec un fond bleu uni plutôt que des bureaux de profs, ça en jette plus. Voilà donc la nouvelle livraison, tout frais sortie de la monteuse numérique :

(et mes collègues ici)

Hélas, il est des choses que même Martin Scorcese ne pourrait gommer au montage :

  • Ce zozotement de canard siffleur mexicain ;
  • Quelques approximations de langage, mots avalés, correspondance des temps hasardeuse ;
  • Une propension à dire « non négligeable » un nombre de fois non négligeable.

Tout ça pour dépasser les 15 mn d’Andy Warhol, pfff.