Daily Archives: 17 avril 2008

Magnolia Express – 3ème partie – # 15

Cahutes
 
Je m’éveillai à l’invitation d’un parfum de soleil timide, sur les carreaux de la petite cabane. Nulle odeur de café brûlé.
Je me levai sans déranger Aline, qui était visiblement occupée à se bricoler un rêve à trois étages, et sortis face au parc d’antiquités mécaniques. Il y avait des piles d’objets mastodontes et des allées larges, ceux qui passaient dans la région en montgolfière devaient voir un quadrillage d’allées bien nettes, avec de temps en temps une petite cahute en bois. Nous avions dormi dans la cahute n°5, une petite pièce avec un grand lit à ressorts, quatre murs en bois autour et un toit pour couronner le tout. Je savais qu’Eileen et Conrad étaient dans la cahute 18, de l’autre côté du parc, et je me demandais si les autres petites cabanes que je voyais abritaient aussi des voyageurs express. Je m’avançais vers la première cabanette, à la réflexion, elle avait plutôt l’air de contenir des objets fragiles, vu qu’il n’y avait même pas de porte, juste un rideau qui bougeait un peu. Quel contenu, quelles découvertes ? Abats-jour ? Rasoirs de barbier ? Roulettes de casino ?
J’hésitai sur le seuil : l’intérieur était sombre et frais, alors que j’avais le dos chauffé au soleil. La bicoque faisait dix pieds sur douze et contenait des meubles en bois verni, chacun recouvert d’une bâche, ou un drap, une cape, une voilette, une descente de lit. Au choix.
 
Sur une table roulante à côté de l’entrée, une vieille machine à coudre, du type de celle qui avait piqué la Belle au Bois Dormant, rêvait à sa splendeur passée. Je passai la porte et m’accroupis devant l’objet. La roue d’alimentation ne tournait plus, mais c’était probablement un problème de graissage. Je trouvai une burette d’huile qui flânait sur une des étagères, et entrepris de rendre les derniers honneurs à cette ravaudeuse mécanique.
 
Après un démontage sommaire et un tendre graissage, la vaillante machine fonctionnait à nouveau et réclamait de l’ouvrage. Je lui promis d’en parler à Vieux Bill, et elle me remercia, me disant que j’étais fort serviable. En me relevant pour libérer mes jambes ankylo-accroupies, je jetai un œil à une grosse caisse en bois sans couvercle, coincée entre la table de la machine à écrire coudre et un vieux classeur verni. Son contenu était recouvert d’un vieux drapeau américain délavé, ce qui faisait que l’on ne voyait point les objets ainsi entassés. ça devait probablement être des entonnoirs en cuivre, ou une collection de fers à friser, ou encore des récipients en étain allant de l’once au gallon.
Je soulevai le drapeau : la caisse était remplie de vieilles machines à écrire en vrac.
Je crus voir un cimetière d’instruments de musique.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Aphorisme

« Quand ça change vite, ça change toujours dans le mauvais sens ».
Il faut du temps pour établir la confiance, et pour faire de bonnes choses, il faut accepter de prendre (et non pas perdre, comme le croient certains) du temps.
Par opposition, les stratégies de « j’arrive, je change tout, je ne prends pas le temps de consulter », on sait où ça mène.
Tristan Nitot a publié hier un excellent billet sur le sujet. J’y reviendrai (ou pas), car enseigner, ou publier des manuels, c’est vraiment une stratégie de très long terme. Et on se souviendra de mes réflexions sur la tyrannie du court terme.

14 610 jours

Il y a des gens qui dépriment au moment du passage d’une dizaine, ils pleurent avant, dépriment pendant, et remâchent après. Pour ma part, même si je n’ai pas atteint tous les objectifs que je m’étais fixés il y a 1 an et demi (le projet Phénix est dans les choux, et Prométhée a du mal à atteindre la vitesse de croisière), j’ai quelques point d’étape satisfaisants (projets Mercure et Magnolia).
Mon frère me donne ce matin LA citation :

« Maintenant, j’ai passé l’âge de me faire repasser par des petits cons »
La tante Léontine dans « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages », de et par Michel Audiard.

Bref, ça baigne.