Daily Archives: 24 janvier 2007

Magnolia Express – 1ère partie – # 19

Jack Kerouac, et quelques paysages
 
– Alors c’est vrai, vous allez fermer ?
– Temporairement, ne vous inquiétez pas.

Et Aline ajoutait : « ça lui fait autant de mal qu’à vous, vous ne voyez pas ? ». Elle venait se blottir contre moi, elle savait que je faisais ça pour elle, mais comment eût-elle pu savoir que cette Librairie, c’était toute ma vie, comme si j’étais le capitaine d’un bateau un peu rafistolé, avec lequel j’avais parcouru les mers du globe si longtemps que désormais, je ne savais plus rien faire d’autre, j’étais juste bon à scruter loin devant en prévision des typhons, car je savais que nous coulerions ensemble, que les fonds marins nous accueilleraient dans un feu d’artifice de bulles dorées.
Mais comment eût-elle pu deviner que cette maison, cette rivière, ce renard qui passait étaient les seuls garants pour moi d’un monde qui tournait aussi vite que les pales d’un ventilateur, j’étais passé une fois à travers sans me blesser, il ne faut pas tenter le sort plus d’une fois.
Comment eût-elle pu deviner que sous ce masque insouciant, mon esprit déjà tourné vers le départ comme un ours qui se prépare à hiberner, mon âme enfermait un ouragan de passions, une flamme qui me disait « Attrape chaque objet, chaque paysage, regarde-les jusqu’à satiété, tu pars au pays des rêves brisés. »
Mais comment eût-elle pu deviner, dans ces tourments, que cela ne représentait rien à côté de partir avec elle, à me dire que chaque matin, après avoir dormi ensemble, rêvé ensemble, partagé ce qu’il y a de plus intime, nous nous réveillerions face à un paysage différent, un paysage de poussières ocres et de soleil vertical, un paysage de déserts où la route s’étend en tremblant dans la chaleur, un paysage de nuit avec le bruit des herbes saguaro qui roulent vers l’infini.
 
En fermant la librairie cet soir là, j’ai eu comme un doute. Aline m’attendait sur le trottoir, silencieuse, j’avais déjà donné un tour de clé, mais je suis rentré à nouveau, ai grimpé à l’échelle, ai pris Sur la route de Jack Kerouac. C’était dans les premiers chapitres, j’ai relu les quelques lignes, c’était bien ça.
Je me retournai vers la porte, Aline était dans l’embrasure, un petit sourire consolateur aux lèvres, et la lune nouvellement levée projetait l’ombre de la pancarte « Fermé pour un peu plus de trois jours » sur le plancher de la librairie. J’ai su que nous étions déjà partis.
« Somewhere along the line, I knew there’d be girls, visions, everything ; somewhere along the line the pearl would be handed to me ».

Fin de la première partie.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Défi, fa, sol

Atchoum s’y est collé, suite à une de mes tentatives illusoires de cerner le plaisir.
A mon tour donc, en essayant de réintroduire du radioblogclub dans ces pages. (rappel : si vous aimez ces morceaux, achetez-les).

Liste d’intros à cappella (ou presque) que j’aime bien : (sans ordre)

  • Kiss from a rose – Seal
    (et Violet, unplugged)
  • I will rise – Ben Harper
  • Les parfums de sa vie – Art Mengo
  • Que reste-t-il de nos amours ? – Charles Trenet, reprise d’Eddy Mitchell (ben oui, il la commence a cappella et j’aime bien Monsieur Eddy)
  • Louie Louie – Beach Boys, version de Pow Wow
  • Barbara Ann – Beach Boys
  • Don’t worry be happy – Bobby Mc Ferrin (déjà atchoumé)
  • I want it all – Queen (presque atchoumé)
  • Why don’t you do right – Jessica Rabbit (en fait, Amy Irving), dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ?.

    C’est la version la plus sexy qui soit de cette chanson, un peu comme le « Happy Birthday Mr. President » de Marylin Manson Monroe (plutôt le début…).
  • Merci France Telecom – Tryo

    (ou l’hymne de nos campagnes, atchoumé)
  • Moon over Bourbon Street – Sting (ok, je triche un peu, mais c’est essentiellement à capella)
  • Down to the river – Alison Kraus, B.O. de O’Brother where are thou
  • Lean on me – Hootie and the blowfish
  • Slip slidin’ away – Paul Simon
  • Asimbonanga – Johnny Clegg
  • Classic – Adrian Gurvitz (bon, pareil, un peu exagéré…)
  • If we ever – Take Six (impossible à trouver, je vous en mettrai un extrait audio de 19 secondes en mono si vous insistez)
  • Et puis une qui a ma préférence, vous comprendrez peut-être pourquoi (c’est très subliminal) :
  • Vive le vin – Chanson Plus Bifluorée
  • et des mêmes, pour nous rajeunir : Petit Pasqua Noël – Chanson Plus Bifluorée

Et enfin, ça ne qualifie pas tout à fait, mais ça m’aurait fait mal (aïeuh) de ne pas les mettre :

  • Sugar Baby Love – The Rubettes
  • Good vibrations – Beach Boys