Daily Archives: 16 novembre 2008

Comment fabriquer des faux papiers

  • Prendre deux feuilles de papier A4
  • Les plier en 4
  • Découper le bord médian à côté du méridien d’origine : cela fait 4 demi-feuilles, soit 8 feuillets
  • Agrapher aux tropiques du Taureau et du Raton-Laveur
  • Colorier le devant et le dos en bordeaux
  • Ajouter les inscriptions légales (République Française etc.) et le logo avec la francisque sur les faisceaux de chanvre indien (avec un feutre doré, c’est mieux)

  • Prendre une photo ressemblante (ne pas hésiter à utiliser la gomme)
  • Colorier les pages internes avec un fond bleuté orangé
  • Coller la photo
  • Remplir les rubriques officielles (écrire lisiblement)
  • Signer dans la case signature (écrire lisiblement)


Note to self – Katsumoto

Je suis en train de revoir Le dernier Samouraï.

Quand Nathan Algren confronte pour la première fois les samouraïs dans la forêt : Algren a l’avantage des armes, et une troupe relativement disciplinée. Il les fait aligner, il les fait s’agenouiller, il leur fait charger leurs fusils. Puis viennent les samouraïs. Il leur demande d’attendre d’être à portée de feu. Ils attendent. Les samouraïs arrivent, formidables, effrayants. Alors un soldat tire, puis un deuxième. Ils tirent tous, malgré Algren qui crie de cesser le feu. Et toute cette belle préparation militaire devient un désastre.
Morale : tu as beau avoir l’avantage du nombre, et la discipline, cela ne te servira pas plus que ça, si tu n’as pas la confiance de tes troupes. La confiance qui fait que quand tu dis « arrêtez-vous », elles s’arrêtent, sans poser de questions. Et quand tu dis « attendez », elles attendent, car elles te font confiance.
Celui qui n’a pas la confiance de ses troupes a trahi sa mission.

Kyudo


Une fois que tu as tiré la flèche,
Ferme les yeux, rentre à l’intérieur de toi-même,
Le travail est fait, et tu ne contrôle plus rien.

Alors, considérant cela,
Réfléchis longtemps, et concentre-toi,
Et tiens compte de chaque élément,
même le plus insignifiant,
Avant de tirer la flèche.

Que ta vie soit un arc,
Tendu et intègre,
Dédié entièrement à la cible.
Que tu entendes le bruissement des saules,
Le frémissement des herbes,
Le cri du geai.

Que la flèche contre tes lèvres
Te murmure l’idée de la perfection
Et que tu goûte à cette idée
Par les veines du bois jeune.

Et puis que soudainement,
Par ton choix, sans choisir,
Le temps te dise que c’est le temps
Tes doigts relâchent la corde
La flèche te quitte
Et tu n’as même pas besoin de voir où elle va.
Tu as fait ton travail.