On dirait que je serais consultant, ou cotch. Mon domaine de prédilection, ce serait la créativité. Je n’aurais comme contacts que des personnes haut placées, dans des entreprises ou des administrations. Ensemble, nous déciderions de ce qui serait bon pour les salariés opérationnels (ils ont le nez dans le guidon, ils ne savent plus ce qui est bon pour eux). J’adorerais ces séances de créativité avec ces gens haut placés. Quand le projet serait bien mûr (et l’acompte versé), ils n’auraient plus qu’à vendre ça en interne. Ce ne serait pas facile : les cadres moyens ont souvent des exigences au-delà de leurs compétences. S’ils n’y avait pas assez de participants, il faudrait leur forcer la main, pour leur sortir le nez de leur guidon, et exiger qu’ils participent à ce grand projet.
Ce que je vendrais le plus, ce serait « créativité débridée pour cadres bridés ». La logistique serait légère (pte à modeler, lego, feutres, papier) et c’est moi qui serais l’étincelle dans ce magma humain. Je me vendrais très cher : c’est la seule manière de prouver que ce que je fais a une valeur.
Ce serait épuisant de les remuer, et puis peu à peu, je laisserais dériver ça vers la psychothérapie de groupe : chacun exprimerait ses rancoeurs, et ils en viendraient même à suggérer des solutions. Je ferais semblant de prendre des notes, le but est dans le chemin, on ne s’intéresse pas aux résultats. J’aurais des expressions comme « apprenez à changer votre regard », « les problèmes sont comme les facettes d’un diamant », « vous serez ambassadeurs de ce projet ».
Mes lectures favorites, écrites par mes gourous, seraient : « formateurs de formateurs : passez à la Créativité créative » et « Coqnition, volition et démolition : game over ».
Il n’y aurait pas d’évaluation à la fin, car si un résultat est quantifiable, ce n’est pas un résultat intéressant.
Ce que j’ai appris aujourd’hui : il y a des institutions qui ont des patères à l’intérieur des WC. On peut y accrocher sa veste avant de poser culotte. Je vais suggérer un séminaire de créativité dans mon école, on n’en est pas encore à ce niveau de raffinement.
