Daily Archives: 3 juillet 2008

Magnolia Express – 4ème partie – # 2

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Tamalpais High (at about 3), par David Crosby, sur le CD If I could only remember my name, Atco, 1991 (sortie initiale 1971). Le disque est en vente ici.

Hauteurs du Tamalpais, 3h du matin
 
La montée était sinueuse, à peine éclairée par un croissant de lune, on avait l’impression de n’en pas finir et qu’après le sommet, le taxi continuerait à monter dans la nuit. Mais après un dernier virage, les phares du taxi débouchèrent sur une étendue de gravier. Conrad laissa glisser sur quelques mètres, coupa le contact, les phares, puis nous descendîmes. On devinait les arbres qui entouraient cette clairière abandonnée, la nuit était sans nuages. Levant les yeux, nous vîmes un tapis d’étoiles, comme si une multitude de tigres nous fixait dans le noir.
Lumineux et féroces.
Inaccessibles et calmes.
 
Conrad s’était dirigé vers ce qui semblait être une trouée dans les buissons, un début de sentier. Nous nous faufilmes à la queue leu leu, environnés de feuillage chuintant, de feuilles luisant sous la lune comme des lames d’acier, et tous ces petits bruits (criquets craquement lapins lupin lutins) qui forment la rumeur de la nuit, auxquels se mêlaient nos pas furtifs, débonnaires, sensibles, amoureux.
Une ouverture dans les buissons nous révéla la baie tout en bas. Les lumières tremblotaient dans l’air nocturne, on voyait un phare qui clignotait tendrement au loin. Conrad s’arrêta, je sentais les ombres des pèlerins à côté de moi.

– C’est le moment d’avoir de grandes pensées. C’est le moment de pardonner au monde, dit Conrad.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Tous ces thibillets perdus

J’ai depuis plus d’une semaine des dessins que je voudrais mettre en ligne. Mais il faut que je branche le scanner, ou que je les prenne en photo numérique puis que je récupère les fichiers, les retraite, les réduise, pfouhh.
Magnolia, c’est pareil. Les illustrations musicales demandent du temps, ce qui nuit à la spontanéité du truc.
Sans parler de tout ce que je note dans mes Carnets Noirs, et que je publierai… quand j’aurai rédigé.
Je trouve ça frustrant. Je n’ai pas de solution, mais c’est vrai qu’une tablette graphique avec scanner intégré et logiciel de dictée vocale, ça commencerait à ressembler à un environnement agréable.
Donc, nième idée de startup : après les portables ultramobiles, faire des stations de blog. Un truc tout en un qui permette de publier photos, dessins, textes, avec le minimum d’effort. Un dictaphone cyber, quoi. Une idée, un billet.
On peut rêver…

I lost my faith

Cet après-midi (oui, c’est comme météore, cela accepte le genre masculin ou féminin), vers 16h , j’ai perdu la foi. Ce que j’enseignais était nul, et était enseigné de manière nulle. J’en étais désolé pour mon public. Ce soir, vers 19h50, après une bière et un Long Island Iced Tea, je me suis retrouvé.
Cocon, Chrysalide, Papillon, je n’en suis pas encore à déployer mes ailes, mais j’ai vu l’ouverture du cocon.
Je fais un métier d’artiste, je suis la version très modeste, très humble, d’une artiste comme Fabienne Verdier.
A des éons de distance, je parcours un chemin parallèle : arriver à transmettre quelque chose.
Et le groupe que j’avais aujourd’hui le méritait. Je veux dire, il y a des fois, je fais mon métier, mais je ne suis pas sûr d’être utile, je délivre la performance attendue, celle qui était inscrite au cahier des charges. C’est rare, mais ça arrive, c’est comme le chirurgien qui essaie de ne pas s’impliquer émotionnellement, sinon cela va perturber ses gestes.
Mais il y a d’autres fois, je sens qu’il faut que je fasse un effort particulier, tout simplement. Une manière de se réinventer, pour être meilleur.
Et évidemment, il n’y a pas de limite. Montrez-moi une personne qui dit « j’ai atteint le top de mon art » et je rigolerai. Ou, plus souvent, j’aurai pitié.