Daily Archives: 26 janvier 2006

Finance – Et Dieu dans tout ça ?

(Billet rédigé le 23 janvier sur ma version alpha de blog sous blogspot, puis migré ici)
Je tombe sur un billet de Free Money Finance, portant sur l’investissement (au sens de placement) vu par la Bible. On connaît la controverse sur le placement à intérêts : dans certaines religions, dont l’Islam, le prêt à intérêts est sacrilège, car on fait payer le prix du temps, et le temps (n’)appartient (qu’)à Dieu. Voyons voir ce que la Bible pense de tout ça : – la détention patrimoniale n’est pas condamnée, mais les intentions qu’il y a derrière :

Jésus dit : « Gardez-vous de toute avidité ; ce n’est pas du fait qu’un homme est riche qu’il a sa vie garantie par ses biens » et plus loin « Voilà donc ce qui arrive à celui qui amasse un trésor pour lui-même au lieu de s’enrichir auprès de Dieu »(Luc 12 : 15 et 21) on retrouve aussi cela dans l’Ecclésiaste : « Qui aime l’argent ne se rassasiera pas d’argent, ni du revenu celui qui aime le luxe » (Ecclésiaste 5 : 9)

– ce que j’en comprends, c’est que le fait de gagner de l’argent n’est pas mal vu, pour peu que l’on procède derrière à des redistributions :

Conseils aux riches (1ère épître à Timothée, 6 : 18) « Qu’ils fassent le bien, s’enrichissent de belles oeuvres, donnent avec largesse, partagent avec les autres. »

D’autres passages de la Bible ne doivent pas être pris au pied de la lettre, selon moi , par exemple les paraboles où un homme donne de l’argent / des biens à ses héritiers ou agents, et leur recommande de gérer ce patrimoine tant qu’il est absent. En règle générale, le prudent (qui a épargné) est puni tandis que l’entrepreneur (qui a fait fructifier) est récompensé (ex : la parabole des talents (Mathieu 25 : 14 et s.) ou du prince et des mines (Luc 19 : 12 et s.). Je pense qu’il s’agit de métaphores sur le devoir à accomplir (on t’a demandé de faire fructifier, alors fais-le) et les richesses spirituelles.

Note : je n’ai pas le sentiment d’être religieux, probablement même pas croyant. Je prends la Bible comme un livre de sagesse et de réflexion. (la bible dont sont tirées ces citations est une TOB, c’est-à-dire une traduction oecuménique).

Livre lu : Siri Hustvedt – Tout ce que j’aimais

(Billet rédigé le 20 janvier sur ma version alpha de blog sous blogspot, puis migré ici)
Je viens de finir de lire Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt. C’était le premier que je lisais, et en ce qui me concerne, le dernier avant quelque temps. J’ai souffert, et je lorgnais sur Les naufragés de l’autocar de Steinbeck, qui consisterait en ma récompense si j’arrivais à finir ce roman. Revenons à Siri Hustvedt. Elle est écrivain, et je n’aurais rien lu d’elle si je n’avais su qu’elle était la seconde femme de Paul Auster, écrivain que j’apprécie fort. J’ai donc acheté ce roman de Siri Hustvedt, traduit en français chez Actes Sud. Mon sentiment sur le livre :

  • c’est comme du Paul Auster, en moins bien. Il y a des jeux sur le langage, la création artistique, les dédoublements de personnalité, mais cela apparaît, pour quelqu’un qui connaît Paul Auster, comme un avatar, un clone.
  • l’écriture alterne entre des moments durs, ou troublants, avec le sentiment d’être ancré dans la réalité, et des réflexions qui (pour moi) sont intellectuelles, ou plutôt, intellectualisantes. J’aime Bill quand il fume, quand il crée, j’aime Violet quand elle pose pour lui ou qu’elle lui écrit, mais je n’aime pas le narrateur, parce qu’il me paraît être une victime, sans esprit critique (il y a des moments où la suite des événements est vraiment prévisible, mais aucun ne s’en rend compte, le narrateur se contente de phrases du type « nous aurions dû nous en douter, bien sûr, mais »). J’ai du mal à m’intéresser à son sort. Pour établir une comparaison, le narrateur de ce livre a le même âge que le narrateur de Brooklyn Follies, de Paul Auster, mais en comparant ces deux personnages de papier, je préfère mille fois celui de Paul Auster.
  • je ne peux pas dire que je me sois tout le temps ennuyé : le personnage de Mark restera une énigme pour moi, et à la fin du roman, je suis frustré de ne pas en savoir plus sur lui. Dans ma frustration, je reconnais d’ailleurs le travail de l’écrivain, qui m’a amené jusque là. En revanche, il y a eu de nombreux moments où je m’ennuyais.

Ce que je retiendrai de ce roman (dédié à Paul Auster, rien n’est le fait du hasard), ce sont les oeuvres de Bill, qui sont – selon moi – une transposition au monde de la peinture / sculpture de ce que sont les oeuvres de Paul Auster en littérature. Notamment, le voyage de O est une référence aux jeux de Paul Auster sur les lettres de l’alphabet, qu’il a commencés avec Cité de verre. On sent chez Bill la même liberté créative, le même enthousiasme novateur que je retrouve dans les oeuvres de Paul Auster. Et je retiendrai aussi un certain malaise vis-à-vis du personnage de Mark.

Mes contributions passent sous licence Touchatougiciel (anythingware)

(Billet rédigé le 20 janvier sur ma version alpha de blog sous blogspot, puis migré ici)
Depuis 1995, je contribue à Internet, en mettant en ligne des textes (lexique), données, feuilles de tableur, des cas ou exercices, graphiques, etc. Le credo, à l’époque, était : Internet vous permet de récupérer gratuitement des données/produits que les autres ont mis en ligne, aussi, si vous récupérez quoi que ce soit, vous avez le devoir moral de poster aussi des choses utiles aux autres. (ce qui est souvent évoqué, dans d’autres contextes, par don’t be a leecher, ne soyez pas une sangsue / un parasite). C’est ce qui m’a conduit, dès 2000, à poster des supports de cours, des
graphiques et des feuilles de tableur concernant la finance : je voulais participer à cet effort de partage des connaissances (une sorte de Wikipedia avant l’heure). Le problème est de fixer la license sous laquelle mes contributions peuvent être utilisées. Jusqu’à plus ample informé, je suis partisan de conserver le copyright, et de mettre mes contributions en utilisation libre. Mais certains utilisateurs satisfaits m’ont contacté pour savoir s’ils pouvaient me faire un don / m’encourager. Or, dans le milieu des développeurs informatiques (c’est une analogie, je me considère peu comme un développeur), il existe différents systèmes :

  • le gratuiciel (freeware), programme qu’on peut utiliser sans rien donner à l’auteur ;
  • le partagiciel (shareware), programme que l’on peut utiliser pendant un temps limité, ou avec des fonctionnalités limitées, avant de décider de payer l’auteur. Quand on paie l’auteur (i.e. quand on achète le logiciel), celui-ci envoie une clé pour « débloquer » le logiciel. C’est le principe « essayez d’abord, et si vous êtes satisfait, payez-moi après » ;
  • le x-giciel (x-ware), programme qui utilise un autre mode de rémunération comme par exemple le cardware (si on est satisfait, envoyer une carte postale à l’auteur du logiciel), le beerware (si on est satisfait, envoyer une bière à l’auteur du logiciel – pourquoi pas une bière opensource 😉 ), etc. La liste des x-ware est infinie, car elle a pour seule limite l’imagination du demandeur (une liste de référence peut-être trouvée ). Notez que la plupart du temps, le x-ware permet d’utiliser le logiciel gratuitement (pas de blocage ou de limitation des fonctionnalités).
  • le touchatougiciel (anythingware), terme que je forge pour l’occasion : si vous êtes satisfait(e) d’une de mes contributions, envoyez-moi ce que vous voulez : un petit mot, une carte postale, une bière, un jambon cru, une pensée, un chèque, un livre, une clé usb, un cheveu, un pot de miel, une bouteille de Mercurey, une photo, etc. Rappelez-vous néanmoins : le but est de me faire plaisir, avant de vous faire plaisir. Donc n’envoyez pas de petit chat, de petit chien, de petit putois, et en cas de doute, consultez-moi.

Voilà, mes contributions (soyons clair : celles qui sont téléchargeables depuis un de mes sites, la racine étant à www.thibierge.net) sont désormais sous license touchatougiciel / anythingware. Si jamais je reçois quelque chose, je mettrai peut-être en ligne une liste de souhaits (certains le font sur le site d’Amazon…)

Citation – La qualité et la beauté

(Billet rédigé le 19 janvier sur ma version alpha de blog sous blogspot, puis migré ici)
Je tombe sur Flickr sur une photo assortie d’une citation :

« A picture is the expression of an impression. If the beautiful were not in us, how would we ever recognize it? »
Ernst Haas
Une photo est l’expression d’une impression. Si la beauté n’était pas en nous, comment pourrions-nous la reconnaître en tant que telle ?

Ernst Haas (1921-1986), comme je l’apprends à cette occasion, est un photographe célèbre, qui a notamment travaillé pour Magnum et Life (plus d’infos sur wikipedia fr). La question qu’il évoque me renvoie à un livre que j’apprécie, Zen and the art of motorcycle maintenance (Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes) où, entre autres histoires, un professeur appelé Phèdre essaie de déterminer ce qui détermine la qualité (remplacez par beauté si vous le souhaitez) d’un objet, par exemple, un texte littéraire ou une copie d’examen. Après quantité d’expériences pédagogiques et de réflexions philosophiques, Phèdre en conclut que la qualité est en nous, elle ne peut être ni définie ni circonscrite, nous savons que quelque chose est beau (ou a de la qualité), nous ne savons pas comment nous arrivons à cette sensation. Phèdre a le problème que se posent beaucoup de professeurs : que dois-je enseigner ? des techniques, une approche critique, un savoir-faire ? Phèdre teste différentes possibilités (non remise des notes en cours de semestre, auto-évaluation des étudiants entre eux), avec leurs lots de frustrations et de tâtonnements. Cela sonne un peu comme une phrase de boy-scout, mais

  • je trouve réconfortant de penser que certains domaines ne peuvent être enseignés, juste appréhendés, ou découverts ;
  • cela m’aide régulièrement de savoir que l’appréciation de la beauté (et/ou la qualité, la perfection) se trouve en nous.