Batana – Bofbouf

Bofbouf : n.f. (vivre une…) Rater un anniversaire, un petit rituel. Comme par exemple, avoir rédigé un thibillet spécial pour le 100ème thibillet, le 200ème, …, le 1000ème thibillet, et se rendre compte qu’on a raté ce rituel au 1100ème thibillet. Se dire que, allez, ce n’est pas très important tout ça.

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Bofbouf

H6M

Histoire en 6 mots :

« Trois balles, quatre morts. Aucun coupable. »

Publié dans H6M | 2 commentaires

Batana – Tagle

Tagle : n. m. Moment où le thé est devenu froid dans la tasse.

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Tagle

Typewatching the Stars – Eric Tabarly

Toutes les citations qui suivent sont tirées de Mémoires du large, d’Éric Tabarly (Livre de Poche n° 14 448, Éditions de Fallois, 1998, 285 p).

Eric Tabarly : un homme entier, qui a été un l’inspirateur de plusieurs générations de navigateurs, et qui par nature (on vient insensiblement au MBTI) était peu loquace.

D’abord, une citation qui donne une intuition du Type :

(en parlant d’un ami navigateur en course) « … tout est, chaque fois, décidé avec tranquilité et sans précipitation. J’aime et j’apprécie dans la vie ce genre de comportements. Les grandes manifestations, les débordements caractériels, les imprécations, bref, toute manifestation exubérante ou bruyante, me paraissent des dépenses d’énergie inutiles ».

Mémoires du large, op. cit., p. 129.

Dans cette citation, il y a du I?TJ. Le côté réfléchi, non orienté vers le monde extérieur = I. Un côté logique, structuré, éloigné de l’humain (« dépenses d’énergie inutiles ») = T. Enfin, une logique de l’anticipation et de l’action = J.

Affinons.

A propos d’Olivier de Kersauson : « C’est un pitre-poète, un provocateur toujours en quête d’une tête de Turc pour défouler son ironie, ses rognes, ses insatisfactions. Sur le pont, rien ne lui échappe, il voit venir l’erreur, le geste maladroit et dangereux. Alors que moi, j’interviens sans bruit, Olivier, lui, éprouve le besoin de vitupérer – sans doute pour se libérer d’un excédent d’adrénaline. »

Id., p. 166-167.

Donc Olivier de Kersauson = E, Eric Tabarly = I.

Maintenant, Sensoriel ou iNtuitif ? Toujours dans l’action (J) mais pas forcément bon vivant (toute personne qui a vécu pendant des semaines dans un carré de voilier me comprendra), il a surtout été un formidable concepteur de bâteaux, inventant et testant régulièrement de nouveaux procédés (coques en alu, trimarans de course, hydrofoils, chaussette à spi). Donc N, comme en rend compte cette citation :

« Mais le bateau est vraiment le seul domaine qui me captive, qui alimente mes idées novatrices et donc mes projets. Tout ce qui peut accélerer la vitesse et améliorer les performances d’un voilier dans n’importe quelle mer et avec toute sorte de vent me passionne. »

Id., p. 145.

Enfin, sur T ou F. On sent du F chez Olivier de Kersauson, et du T chez Tabarly. Il a un discours convaincu – et ma foi, convaincant – sur le respect de la parole donnée, le sens de la justice. Mais c’est une anecdote de sa vie de couple (à ma connaissance, la seule qui soit mentionnée dans ces Mémoires) qui est éclairante. Le contexte est le suivant : Eric Tabarly a été absent 3 mois, et revient passer un week-end (du vendredi soir au lundi matin) avec sa femme et sa fille. Le vendredi soir, il reçoit un appel d’un ami pour essayer un bâteau, et décide d’aller passer tout le samedi avec lui. Le samedi matin, quand sa femme se réveille et le voit en train de partir, il lui explique et voici son compte-rendu :

 » – ça me fait plaisir de naviguer avec lui. Je te revois dimanche…
Que n’avais-je pas dit là ! C’est une furie qui se dresse sur son lit, me reprochant de ne pas consacrer le moindre temps à ma famille. Je dois faire mon « mea culpa » et reconnaître, à cet instant, mon manque de psychologie. »

Id., p. 273.

Et la suite est encore meilleure :

« Je n’aurais jamais dû, en plus, lui demander de m’accompagner à Brest pour ramener, seule, la voiture chez nous. Cela me paraissait pourtant logique. Mais les hommes et les femmes n’ont pas toujours une logique concordante. »

Ibid.

Si ça c’est pas du T, raisonnant « en toute logique » 🙂

Donc INTJ.
Concepteur, rumineur, visionnaire, peu loquace, il a vécu son rêve. Il ne s’est jamais enrichi (entre sa paie de militaire et ses dettes, il avait plutôt perpétuellement du mal à joindre les deux bouts), mais ses Mémoires offrent un grand bol d’air salé, comparativement au magma médiatico-parisien qui fait habituellement les étalages des librairies.

Publié dans MBTI | 3 commentaires

H6M

Histoire en 6 mots :

« Il avait tué même le hamster ».

Publié dans H6M | Commentaires fermés sur H6M

H6M – Histoires en 6 mots ou moins

J’ai découvert récemment (sur le blog de Paulo Coelho) que plusieurs écrivains se sont essayés à écrire une histoire en 6 mots.

L’histoire qui m’a frappé est celle d’Ernest Hemingway :

« For Sale : Baby shoes. Never worn. »

(« A vendre : chaussons bébé. Jamais utilisés. »)

Je m’y suis lancé ce week-end, avec des résultats mitigés, pour les raisons suivantes :

  1. L’histoire d’Hemingway l’illustre bien : il ne s’agit pas de raconter, mais plutôt de suggérer. Tout parti pris de narration linéaire échoue lamentablement en 6 mots.
  2. La langue française est moins adaptée que l’américain à ce genre d’exercice, car elle a rarement la même concision. Pour être équitable, une histoire de 6 mots en anglais devrait pouvoir être exprimée en – disons – 8 mots en français. J’en donne un exemple ci-dessous (ma première histoire en 6 mots).
  3. Cela étant précisé, c’est un exercice que je recommande chaudement, car il est astreignant, mais il permet de revenir aux fondations de la création littéraire : en 6 mots, pas de place pour le gras, tout doit être épuré… sans qu’on y perde l’intérêt pour autant. Je ne suis pas sûr d’y être arrivé à chaque fois.
  4. Une fois que j’aurai publié mes quelques histoires, je passerais bien à un format qui permette de développer au minimum une intrigue : des histoires en 50 mots.

Histoire en 6 mots ou moins :

« Nothing ever existed outside his brain. »

(Traduction en français, moins satisfaisante : « Rien n’existait hors son cerveau. »)

Publié dans H6M | 2 commentaires

Ubuntu – Fébussiner

Fébussiner : v. i. Voir un arc-en-ciel en entier, de bout en bout.

Ousse-fébussiner : v. i. Voir précisément où s’arrête le pied d’un arc-en-ciel.

Publié dans Ubuntu | Commentaires fermés sur Ubuntu – Fébussiner

Batana – Polakri

Polakri : n. f. assister à une présentation de recherche en ayant des acidités.

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Polakri

Caillou – A11 7h

Le ciel
couleur d’enduit mat
Attend sa couche de peinture.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – A11 7h

Inbox Zero

ça y est, ma boite de réception mail (Inbox) ne contient plus un seul mail, elle est plus vide que le slip d’un ange.

Ce que j’ai appelé à l’époque le projet Augias (historique et liens dans ce thibillet) est en fait un projet de longue haleine. Les dernières fois où j’ai réussi à être en Inbox Zero ont été le 6 février 2008, le 7 novembre 2008, le 1er décembre 2008.

Cette histoire des mails est un symptôme, je trouve, de notre culture, notre société, notre siècle. Je peux le résumer en quelques idées :

  • de l’action, nous sommes passés à la contemplation. Avant, on répondait à ses mails. Aujourd’hui, on checke ses mails.
  • A la place d’une gestion systématique, on traite les mails en fonction du stimulus (plaisir, urgence, motivation…)
  • Une nouvelle vieille de plus d’une heure… a disparu de nos écrans. Un mail de plus d’un jour, idem.

Je vais essayer de maintenir cette boite de réception vide, en étant particulièrement vigilant sur la régulation du flux entrant (stratégie du dressing).

Et pour terminer, quelques stats :

  • Sur les 6 premiers mois de l’année 2011, j’ai reçu 3 127 mails « utiles » (ceux que j’ai archivés, c’est-à-dire que j’exclus les spams et les mails que j’ai détruits car inutiles – beaucoup de lettres d’information par exemple), soit 142 mails utiles par semaine. J’ai répondu avec 1 409 mails, soit un ratio d’un peu moins d’un mail envoyé pour deux reçus, ou 64 mails par semaine. Mon flux utile est donc de l’ordre de 206 mails par semaine. Cette statistique est hélas trompeuse. Comme déjà indiqué, certains mails demandent juste à être classés (touche « A »), d’autres demandent une réponse rapide (« OK, ça me va, A+ »), enfin, à l’autre extrême du spectre, on a les envois de cas à corriger, les propositions pédagogiques à bâtir (formation exécutive), ou les mails du type « Bonjour, voici notre mémoire de 3ème année (60 pages), pouvez-vous nous dire ce que vous en pensez ? ».
  • 2010 :  4 321 mails envoyés (83 par semaine) ; 8 843 mails utiles reçus et conservés (170 par semaine). Ratio d’un peu moins d’un mail envoyé pour 2 mails utiles reçus.
  • 2009 : 3 906 mails envoyés (75 par semaine) ; 7 959 mails utiles reçus et conservés (153 par semaine). Ratio d’un peu moins d’un mail envoyé pour 2 mails utiles reçus.
Publié dans Productivité | Commentaires fermés sur Inbox Zero

My ThibPad

Cela fait maintenant un mois que je pratique mon nouveau petit ordinateur, et voici le temps du bilan.

Tout est parti d’un week-end à Barcelone. Sur les 5 poilus présents, j’étais le seul à ne pas avoir emporté de solution mobile (ordi portable ou iPad). J’ai donc pu mesurer :

  • ma pharmacodépendance (forte) aux réseaux dont j’étais privé alors que les 4 autres avaient leur dose
  • l’intérêt des différentes solutions en présence

Je suis revenu de ce week-end en sachant déjà que je voulais un iPad qui ne soit pas un iPad.

iPad Pour Contre
Allumage Immédiat – tout le temps disponible
Environnement Connu – univers Mac
Connectique Nulle – une prise propriétaire, point.
Réseaux Wifi uniquement 🙁
Logiciels Mac uniquement – pas de possibilité d’installer LibreOffice, Firefox, Thunderbird…
Clavier Virtuel
Autonomie Géniale (10h ?)
Prix prohibitif pour les Contre listés ci-dessus

Ce qui me plaisait dans l’iPad (autonomie, sortie de veille immédiate, légèreté qui permet de ne même pas y penser quand il est dans la sacoche ou le sac-à-dos) devait être associé à des choses qui me semblaient indispensables :

  • un vrai clavier, un de ceux où l’on peut être véloce, donc pas un clavier virtuel. (J’ai testé le clavier virtuel de l’iPad, je n’en veux pas, merci).
  • une connectique passe-partout : de l’USB, du réseau ethernet, du VGA (eh oui…)

Je voulais surtout avoir un environnement où je n’aie pas à refaire un investissement pour savoir où trouver quoi. Je ne rajeunis pas, et malgré une vivacité intellectuelle que m’envient les jouvenceaux de 20 ans, j’en ai un peu marre de jouer avec les subtilités de 5 systèmes d’exploitation (Mac OS, Linux, Windows XP / Vista / Seven) dont certains prétendent me faciliter la tâche en créant des menus ultra-simplifiés… ce qui me pousse à chercher pendant des heures les sous-menus de configuration qui vont bien.
Le duel s’est joué (rapidement) entre le MacBook Air et un Netbook Samsung NC 110 :

MacBook Air Netbook Samsung NC 110
(Windows Seven + Linux installé par mes soins)
Allumage Non testé.
Sortie de veille ultra-rapide.
Très rapide (sous Linux…)
Sortie de veille ultra-rapide (sous Linux…)
Environnement Connu – univers Mac Connu – univers Linux Ubuntu
Connectique Très faible. 1 USB. 3 USB, 1 VGA, 1 Ethernet, casque et micro, carte SD
Réseaux Wifi uniquement… Wifi, ethernet et Bluetooth (très utile, cf. ci-dessous*)
Logiciels Mac, donc fiables
Avantage : iTunes et iPhoto
Possibilité d’installer des logiciels tiers comme Firefox, Thunderbird, LibreOffice, Kompozer etc.
Linux Ubuntu, donc fiables

Possibilité d’installer des logiciels tiers comme Firefox, Thunderbird, LibreOffice, Kompozer etc.

Clavier Rétroéclairé (mon seul regret) Non rétroéclairé
Autonomie Bonne (4-5h) Géniale (10 h ?)
Prix Prohibitif 350 €
Écran Brillant (comme 90% des portables) Mat (ce qui était un critère)**
Volume Super slim, beau, 11″ Petit (10″), donc qui tient sur les genoux dans le métro
Critère ultime Tellement beau (et qui se signale avec sa pomme lumineuse) que l’on peut se le faire tirer rapidement dans un métro ou un train de banlieue. Noir, pas très beau, petit, en plastique : peu de risque de se le faire chourer à l’arrache. Donc j’hésiterai moins à l’utiliser que si j’avais un MacBook Air en alu…

* Un ordinateur portable avec Bluetooth permet de se connecter à son téléphone mobile et ain
si de surfer en utilisant l’abonnement illimité du téléphone portable. Extrêmement pratique quand, comme souvent, on est dans une entreprise tierce dont le wifi est verrouillé.
** Un écran mat est la seule solution pour travailler sans que les reflets (néons, fenêtres…) ne perturbent la vision.

Au final, comme vous le devinez, c’est le Netbook qui a gagné. Installation de Linux Ubuntu sans problème (sauf, hum, que sans lecteur de CD, c’est un peu compliqué…), puis, 15 jours après, mise à jour vers Ubuntu 11.04 déroulée sans problème. Certaines touches de fonction du Netbook ne sont plus reconnues, OK, j’ai trouvé des raccourcis « sous le capot », c’est un peu moins pratique et glamour, mais ça marche, et ça ne perturbe pas ma productivité.

Grâce aux logiciels libres et à la synchronisation, tout mon environnement est désormais le même sur mes 4 ordis (boulot, fixe maison, Mac maison, netbook) :
– Firefox 4 avec synchronisation des bookmarks (xmarks)
– Thunderbird avec mails hébergés en IMAP (donc automatiquement accessibles partout)
– Dropbox pour la synchronisation des fichiers
– LibreOffice sur tous les ordinateurs, de même que Kompozer (pour les thibillets)
– j’ai même un dossier synchronisé avec des fichiers d’icones, pour que tous les dossiers importants (Fichiers, Téléchargements…) soient identifiés visuellement avec la même icone quel que soit l’OS utilisé.

En résumé, ça fait un mois que je n’ai plus touché Windows Seven et que je ne travaille plus que sur Linux Ubuntu (idem pour mon ordi fixe, dont le Vista occupe en pure perte des gigas du disque dur, tant il n’est jamais utilisé). Il ne reste plus qu’à attendre que Samsung corrige son bios défectueux, pour que les touches de fonction soient reconnues sous Linux. Problème bénin.

Publié dans Informatique et Internet | 3 commentaires

Courir pour les enfants hospitalisés de Robert-Debré : 29 mai 2011

Il y a maintenant un an, nous terminions le défi « 5 marathons sur 5 campus » :
– 53 000 € levés en 4 ans pour aider la recherche génétique,
– des centaines de kms parcourus en entraînement
– le tout, pour culminer avec le 5ème et dernier marathon, à Paris en avril 2010.

Nous étions plusieurs à souhaiter deux choses :
– continuer sur cette lancée de « courir pour une cause »
– ouvrir ce type de course au plus grand nombre, donc ne plus proposer des marathons de 42 km, mais plutôt des courtes distances, genre 5 ou 10 km.

Voilà donc la cuvée 2011 :

En partenariat avec l'hôpital Robert-Debré, plusieurs membres de la communauté ESCP Europe participent à l'organisation d'une
Course pour les enfants hospitalisés de l'hôpital Robert-Debré
qui aura lieu
Dimanche 29 mai 2011
au parc des Buttes Chaumont (à 10 mn de l'école)

Les bénéfices de la course seront intégralement reversés à l'association Robert-Debré. L'école qui m'emploie est officiellement co-organisatrice de cette course, et nous avons besoin de toutes celles / ceux qui le souhaitent :
  • comme coureurs (deux distances : 4 km ou 7,8 km) (+ des courses pour les enfants)
  • comme bénévoles (créneau 7h-14h dimanche 29 mai).
Les coureurs peuvent télécharger le bulletin d'inscription sur www.association-robert-debre.net (FaceBook : http://tinyurl.com/6j7h4u7) ou sur le site http://robertdebreparis.aphp.fr/fr/accueil.php Les bénévoles peuvent me contacter et je les orienterai.
Évidemment, si vous ne pouvez ni courir, ni vous déplacer pour être bénévole, vous pouvez toujours donner... :-)
Publié dans Courir | Commentaires fermés sur Courir pour les enfants hospitalisés de Robert-Debré : 29 mai 2011

Doudous

Je marchais dans la rue au petit matin, l’esprit embrouillardé de soucis, interrogations, listes de choses à faire. J’avais probablement un pli soucieux sur le front, barre verticale entre mes deux sourcils, séparant mon cerveau logique de mon cerveau créatif.
Une jeune mère amenait ses enfants à la crèche, une poussette, une bambinette et un bambin. Et j’ai entendu « Où est-ce que vous avez mis vos doudous ? Oh non, vous n’avez pas oublié vos doudous ? Eh bien tant pis pour vous, je n’y retourne pas. »
Et les deux enfants qui pleurent de vraie tristesse, la grande de 5 ans, le petit de 3 ans, parce qu’ils vont devoir se passer de leur doudou pour cette journée.
Et je me disais alors que mes soucis n’étaient pas des vrais soucis.

Publié dans Fonds de miroir | Commentaires fermés sur Doudous

Novela – Dégénérotype [2/2]

[début de la nouvelle ici]

Seuls les médias traditionnels évoquaient encore, une fois par an, puis à intervalles de plus en plus éloignés, l’affaire des 3 Kevin comme un mystère du monde moderne. Des déclarations tardives du chef de la police, ou l’intervention de témoins retrouvés à grands renforts d’enquêtes et de contrats publicitaires, firent passer ces événements tragiques au statut de divertissement médiatique.
Il fallut un accident de la route banal, quelques années après, pour jeter la dernière lumière sur cette affaire.
Un accidenté grave fut admis au service des urgences d’un hôpital universitaire. Une batterie d’examens de routine fit apparaître un besoin de transfusion sanguine, et quelques tests génétiques de base furent conduits pour déterminer la compatibilité du receveur. Mais après quelques heures de transfusion, l’accidenté disparut de sa chambre, et la police put vérifier que l’identité qu’il avait donnée était fausse. Comme c’est le cas dans ce genre de situation, les examens médicaux furent saisis par la police, et le séquençage du génotype fut menée immédiatement, pour voir si l’ADN de l’homme était répertorié dans la base EuGene.
Il l’était en effet, sous le nom de Kevin J23 Fleeting, ayant pour clone KevGi du 104. Mais KevGi du 104, le clone, finissait de purger sa peine en prison dans une cellule sous l’oeil de caméras de surveillance, et Kevin J23, qui était en liberté, fut interpellé puis innocenté : il ne portait aucune trace d’accident ou de transfusion récente et n’était manifestement pas l’homme qui avait été hospitalisé avant de disparaître.
Plusieurs experts en génétique convoqués sur cette affaire rendirent leurs conclusions après quelques semaines de travail et de remise en cause des théories. L’inconnu de l’hôpital, que l’on appela faute de mieux Kevin III, était une quasi-impossibilité statistique, mais une réalité scientifique : un clone naturel. On dit qu’un singe tapant au hasard sur un clavier a une chance non nulle, aussi infime soit-elle, d’écrire l’Odyssée d’Homère. De la même manière, même si cela semblait une impossibilité statistique, il existait une chance infinitésimale pour que deux individus d’une population disposent, par pur hasard, du même génotype. La taille de la population, plus de 1 000 milliards d’humanoïdes, avait permis cette improbable duplication.
L’anonyme Kevin III, identifié par son sang en trois occasions, ne réapparut jamais. Mais cette histoire sonna le glas des tests génétiques. Des chercheurs établirent en effet qu’il existait d’autres clones naturels dans le Réseau, et les lois ne permettaient pas de les répertorier s’ils ne désiraient pas communiquer leur génotype. Seuls certains philosophes ou mystiques trouvèrent leur profit dans cette découverte, qui remettait en cause le principe d’unicité de chaque être humain. Le clonage artificiel tomba en désuétude.
Une fois de plus, l’homme avait cru innover sur la Nature alors qu’il ne faisait que la suivre, le plus souvent à tâtons.

Creative Commons License
Cette nouvelle, comme tout ce qui est publié sur ce blog, est sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Publié dans Novela | Commentaires fermés sur Novela – Dégénérotype [2/2]

Novela – Dégénérotype [1/2]

Les terriens avaient finalement réussi à coloniser d’autres planètes. Ils avaient rencontré des formes de vies différentes, et au fil des siècles, avaient même trouvé d’autres humanoïdes dans le cosmos. Les unions mixtes étaient non seulement encouragées, mais de surcroît, elles étaient incroyablement fertiles. Les humanoïdes, fruits de ces unions combinant des gènes humains et des gènes exo-terriens, étaient appelés des hybrides. Ce brassage génétique avait permis de prolonger la durée de vie moyenne, notamment grâce à une meilleure résistance aux maladies. Entre l’expansion de la nation terrienne, les autochtones rencontrés localement, et leurs descendances hybrides communes, le Réseau comptait plus de mille milliards d’êtres humains ou humanoïdes.
Le travail de législation s’en était trouvé extrêmement compliqué. Déjà, à l’époque de la Terre, les juristes s’étonnaient de la grande diversité des notions de justice entre les différentes cultures terriennes. Ils n’étaient pas au bout de leurs surprises, car l’univers leur fournit des centaines de civilisations humanoïdes, certes moins développées techniquement (elles n’avaient pas découvert le voyage interstellaires, elles…), mais très avancées, ou très différentes, sur les notions d’éthique ou de morale. Il existait notamment le zinjj, un terme inconnu sur Terre mais qui semblait exister naturellement sur une majorité des exoplanètes. La notion de zinjj postulait qu’en cas de délit ou de crime, la sanction devait être non seulement proportionnelle au contexte du crime (ce que les terriens appelaient les « circonstances atténuantes »), mais qu’on devait aussi apprécier l’impact de la sanction sur l’ensemble des personnes concernées. En effet, un emprisonnement à vie était très coûteux, car les frais d’entretien des prisonniers étaient supportés par la société entière ; mais la solution de l’exécution capitale déclenchait des manifestations, des tribunes philosophiques et des tentatives de réforme politique, c’est-à-dire des coûts sociaux et moraux qui impactaient aussi un grand nombre d’individus. Le zinjj pronait que la sanction définie par les juges devait être prise pour minimiser tous les coûts sociaux et toutes les conséquences ultérieures. Il arrivait ainsi que des délinquants soient immédiatement relâchés, car toute sanction aurait coûté plus cher à la société que le fait de ne pas sanctionner. Et les délinquants comprenaient eux-mêmes le zinjj, ce qui fait que toute récidive leur semblait trop coûteuse pour en valoir la peine. Le zinjj permettait ainsi de raisonner selon une perspective systémique.

Mais la justice devait se préoccuper de quantité de domaines : arriver à une équité sur 1 000 milliards d’individus n’est pas une chose simple, quand il y a tant de différences dans les cultures, les relations à la propriété, ou les perceptions de la valeur de la vie.
Un des domaines qui nécessitait une réflexion approfondie était le clonage. Scientifiquement possible dès la fin du XXème siècle, le clonage avait été introduit très progressivement à cause de problèmes éthiques. Mais cette éthique purement terrienne avait aussi dû composer avec les systèmes philosophiques des exo-planètes, parmi lesquels une majorité favorisait le développement du clonage des humains et hybrides. La religion Sourri, par exemple, appliquait au pied de la lettre l’idée selon laquelle les dieux avaient créé les humanoïdes à leur image. Le clonage n’était donc qu’une occasion de plus de révérer Dieu. Dans d’autres systèmes, un être ne comptait pas, car c’était la société toute entière qui contenait les souvenirs : la duplication d’un être était vue aussi simplement que l’ajout d’une unité de stockage numérique pour faire des sauvegardes. Sans compter les innombrables cultures qui chérissaient les miroirs, la symétrie, la gémellité.
La loi se devait néanmoins de protéger les citoyens. L’extension du Réseau, et les multiples différences culturelles qui en résultaient, avaient favorisé l’essor de tous types de délits ou de crimes. La propriété privée, l’égalité des chances étaient vus comme des concepts poussiéreux, voire piquants et exotiques dans des civilisations où tout avait toujours été considéré comme « c’est celui qui le prend qui l’a ». La valeur même de la vie était discutable, certains n’y voyant qu’un état d’animation suspendue duquel il fallait se délivrer (et en délivrer les autres humanoïdes, qui n’en demandaient pas tant). Le développement du clonage compliquait la tâche, en raison des empreintes génétiques. Celles-ci servaient à élucider quantité de délits, car même avec des ADNs fondés sur le carbone, l’arsenic ou le plasma, les traces – même infimes – que laissaient les criminels permettaient très souvent de les confondre. C’était là où le clonage posait un problème : par définition, par construction, un clone avait le même ADN que l’individu à partir duquel il avait été cloné. Et sur ce point, les tests génétiques pouvaient juste se borner à dire « c’est untel, ou un de ses clones, qui a commis le crime ».
Cela avait conduit à la mise en place d’un catalogue officiel de tous les clones répertoriés. Le droit de se cloner était aussi inaliénable que le droit de porter une arme, mais – comme pour les armes – tout clonage devait faire l’objet d’une déclaration officielle au catalogue EuGene. Ce catalogue, fruit d’une collaboration interplanétaire, contenait toutes les empreintes génétiques des individus originaux et de leurs clones. Les rares contrevenants qui n’avaient pas déclaré leurs clones étaient traqués sans pitié et éliminés. Quant aux personnes qui avaient décidé de conserver leur intégrité, c’est-à-dire de ne pas se cloner, la loi sur la vie privée leur permettait de ne pas déclarer leur patrimoine génétique, sauf s’ils le souhaitaient pour des raisons médicales.
C’est alors que survint le cas de Kevin J23 Fleeting.
Sur la planète TerraForma12, il y avait eu un cambriolage avec violences sur les habitants, et la police avait relevé des traces génétiques suffisamment fiables. En effet, les victimes avaient blessé le voleur qui avait perdu du sang en plusieurs endroits. Ces échantillons avaient été immédiatement collectés par la police. L’analyse génétique fut réalisée en quelques minutes, et les enquêteurs sur place purent obtenir directement les nom et adresse de l’agresseur en se connectant à EuGene : Kevin J23 Fleeting vivait seul, il avait un clone répertorié à ce jour, et résidait sur une planète distante de 1 année lumière. Le plus surprenant fut de constater que Kevin J23 et son clone étaient soi-disant présents sur leur planète au moment des faits. Compte-tenu de la distance, il était impossible que l’un des deux ait pu procéder à l’agression, puis rejoindre sa planète. Les enquêteurs interrogèrent Kevin et son clone, KevGi du 104, sans obtenir une quelconque variation dans leur alibi. De nouveaux tests génétiques furent établis, et les résultats formels : l’un des deux était l’agresseur dont les traces génétiques avaient été retrouvées sur les lieux du crime. Une confrontation holo donna des résultats identiques : les victimes reconnurent Kevin J23, ou KevGi du 104, sans pouvoir les départager, et pour cause : avec le même ADN, ils avaient la même apparence que des jumeaux génétiques. Un point de détail fut toutefois soulevé : l’agresseur n’avait pas la même coiffure au moment des faits. En effet, ni Kevin J 23 ni son clone ne portaient leurs cheveux longs en natte frisée à la céramique capillaire. Mais cela fut considéré comme un détail accessoire. L’original et son clone furent emprisonnés préventivement en attendant le jugement.
C’est alors que surgit le premier coup de théâtre de cette histoire. Une nuit, alors que les deux Kevin étaient sous bonne garde à la prison du comté, un autre cambriolage avec violences eut lieu sur TerraForma12. Les quelques cheveux et follicules trouvés sur place identifièrent formellement un des deux Kevin. Et même si la cellule de la prison n’était pas équipée de caméras de surveillance, le directeur jura sur l’être suprême qu’il ne voyait pas comment quiconque aurait pu s’évader de sa prison, puis, une fois son forfait accompli, revenir tranquillement finir sa nuit derrière les barreaux.
La possibilité la plus évidente était que Kevin J23 s’était fait établir un autre clone, et pendant plusieurs semaines, les fils d’information du Réseau gazouillèrent des bruits, rumeurs et on-dits sur la « traque du 3ème Kevin ». L’affaire était grave, et la sécurité de la société étaient en jeu. En effet, si l’on arrivait à prouver que quiconque pouvait se faire fabriquer un clone, sans que la manipulation soit déclarée, cela aurait remis en cause tous les fondements de la loi, de la police génétique, et pour tout dire, de l’identité d’un quelconque des 1 000 milliards d’individus recensés dans le Réseau interplanétaire. Hélas pour les enquêteurs, tout le monde savait que pour se faire cloner, il fallait procéder à des prélèvements sur le corps du donneur original, et cela laissait des traces facilement identifiables. Kevin J23 portait bien ces traces, mais uniquement pour un seul clonage. Quant à son clone, une inspection biologique montra sans incertitude que la copie génétique qu’il était n’avait pas servi à établir un clonage au deuxième degré.
Les journalistes se tournèrent alors vers la fameuse piste du frère disparu. Un enquêteur ayant établi que Kevin avait un frère plus jeune de 18 mois, la police et les journalistes se mirent en quête de ce frère hypothétique. La découverte de la mort de ce jeune frère, disparu en mission d’exploitation dans un monde inexploré, rajouta une part de mystère à l’affaire. Encore aujourd’hui, des pans entiers de la population pensent que ce frère encombrant avait été supprimé par la police, les forces gouvernementales, ou encore les tout puissants laboratoires génétiques. Mais le frère avait disparu des mois avant que son aîné soit accusé du cambriolage, et de toute façon, tout le monde sait que deux frères, à part des jumeaux, ne peuvent avoir le même génotype. Quant aux registres de naissance, ils étaient formels : Kevin était le fruit d’une naissance unique, il n’avait jamais eu de jumeau.
Un cousin germain de Kevin J23 fut inculpé pour trafic de semence génétique, et il fut soupçonné d’avoir répandu les traces génétiques de Kevin sur le lieu des cambriolages, mais il fut relaxé faute de preuves. Et les témoins oculaires continuaient à reconnaître Kevin ou son clone, en récusant le cousin.
Mais comme l’actualité exige un renouvellement permanent de l’attention, l’enquête mobilisa de moins en moins de journaux. Malgré les preuves indiscutables de l’impossibilité pour Kevin et son clone d’avoir été présent sur les lieux du crime, les deux hommes génétiquement identiques furent condamnés à une peine de 5 ans de prison. Le concept du zinjj ayant été appliqué, chacun d’entre eux ne passa que 2 ans et demi derrière les barreaux,  par emprisonnement alterné tous les 6 mois.
Seuls les médias traditionnels évoquaient encore, une fois par an, puis à intervalles de plus en plus éloignés, l’affaire des 3 Kevin comme un mystère du monde moderne. Des déclarations tardives du chef de la police, ou l’intervention de témoins retrouvés à grands renforts d’enquêtes et de contrats publicitaires, firent passer ces événements tragiques au statut de divertissement médiatique.

[à suivre…]

Creative Commons License
Cette nouvelle, comme tout ce qui est publié sur ce blog, est sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Publié dans Novela | Commentaires fermés sur Novela – Dégénérotype [1/2]

La Pile (The Stack) et la Stratégie du Dressing (the Dressing room Strategy)

Je réfléchis beaucoup, je lis pas mal, et j’écris un peu (sur ce blog et sur un autre) sur la productivité au quotidien et l’organisation au travail, depuis maintenant 3 ans et quelques mois.
Je suis passé par beaucoup de systèmes et je reste fidèle aux bases : Getting things done (S’organiser pour réussir) de David Allen, et Stephen Covey, The 7 habits of highly effective people (Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent).

L’autre jour, j’ai eu une idée simple, et elle m’a semblé pouvoir être déclinée à quantité d’aspects du travail.

J’ai une pile de livres à lire. En fait, dans cette pile, il y a les livres loisirs (romans prêtés par des amis, livres achetés sur recommandations élogieuses, cadeaux…), et les livres travail (livres reçus comme specimen, livres achetés, prêtés…). Donc déjà, il devrait y avoir deux piles distinctes : livres boulot, livres loisirs. Et je me rends compte que les livres ne sont même pas en piles, mais disséminés dans un espace géographique (certes limité à une pièce) constitué d’étagères diverses et de coins de bureau.
1ère étape : faire une pile (en fait, deux piles), ce qui permettra de compter.

Puis réfléchir à la tactique du dressing.
Voici l’analogie : un dressing contenant des vêtements. Toute femme ayant un dressing applique, sans forcément l’avoir rationalisé consciemment (il n’y a que les profs qui font ça), quelques principes simples :

  1. Les étagères ne doivent pas être remplies totalement. Il faut des espaces vides sur certaines étagères, ou des piles qui ne soient pas trop élevées en taille. Cela permet de déplacer des piles, de les fractionner, bref, de gérer le stock et d’accéder facilement à tout vêtement. Idem pour les cintres : une tringle bien gérée, c’est une tringle sur laquelle on peut faire glisser les vêtements. Grossièrement, les vêtements sur cintres ne doivent pas occuper plus que les 4/5èmes d’une tringle.
  2. Le dressing ne peut pas contenir plus d’une certaine quantité de vêtements (cf. règle numéro 1). Cela signifie qu’à chaque fois qu’un vêtement rentre dans le dressing, un autre doit sortir définitivement du dressing. C’est le principe de gestion à taille constante, si l’on veut.
  3. La discipline de la règle n°2 étant difficile à maintenir à chaque fois, il faut de temps en temps (ex : alternances été – hiver) pratiquer un grand ménage : vider des étagères et des tringles, de telle sorte que ce qui reste puisse être géré harmonieusement. C’est l’occasion de faire le deuil sur les vêtements qu’on n’a porté une fois en un an, et cela permet de re-découvrir des tenues.

Revenons à nos deux piles de livres. Appliquons les 3 règles de la stratégie du dressing :
2ème étape : fixer le nombre maximum de livres dans une pile (règle n°1, taille de la pile). Sept. Une pile de livres à lire ne contiendra au maximum que 7 livres. Avec le temps, on se rendra probablement compte que 7, c’est déjà trop, mais ce qui est sûr, c’est que plus de 7, c’est insensé.
S’il y a plus de 7 livres dans la pile, faire un grand ménage de printemps (règle n°3). Si 7 livres ou moins, gérer la pile suivant la règle n°2 : toute arrivée d’un nouveau livre dans la pile doit déclencher immédiatement le départ d’un livre de la pile (« je ne lirai pas ce livre, point »).

Première synthèse
Les livres à lire ne sont plus un magma de bonnes résolutions. Au maximum, il y a 7 bonnes résolutions, et toute nouvelle incitation doit conduire systématiquement à faire un choix de priorités. Et une fois qu’un livre est hors de la pile, ma foi, il est hors de la vie.

Quelques ouvertures possibles, et leurs richesses futures
Le raisonnement sur la Pile, associé à la Stratégie du Dressing, peuvent être appliqués à plusieurs domaines de l’efficacité personnelle et/ou du développement personnel :

  • L’agenda sur la semaine. Un agenda ne doit pas être blindé, mais contenir des espaces de respiration. Il ne peut pas y avoir plus de X créneaux bloqués par semaine. Quand un créneau s’ajoute, il faut qu’un autre soit annulé. Et les espaces de respiration servent à déplacer certains rendez-vous : s’il n’y a pas d’espace, il n’y a pas de flexibilité, pas de respiration. Par ailleurs, l’espace de respiration sert à quantité de choses : imprévus, interactions sociales (discussions dans les couloirs), temps pour soi, improvisation.
  • L’agenda sur le week-end. Idem : Un agenda ne doit pas être blindé, mais contenir des espaces de respiration. Il ne peut pas y avoir plus de X créneaux bloqués par week-end. Quand un créneau s’ajoute, il faut qu’un autre soit annulé. Et s’il n’y a pas d’espace de respiration, il n’y a pas de flexibilité ni de repos. or le week-end c’est (aussi) repos.
  • La boite de réception mail. Il faut choisir à certains moments : « ce mail appelle une réponse, mais tant pis, je ne peux pas répondre à tous (= la pile de mails est trop élevée), donc je le sors de la boite de réception, sans y répondre ».

Tout reste à affiner, nous n’avons pas tous les mêmes contraintes. Mais j’aime bien l’idée de quelques principes simples déclinables à quantité de situations.

Publié dans Productivité | 2 commentaires

Ubuntu – Abuzzer

Abuzzer : v.i. Au jardin, porter une chemise à fleurs et voir une abeille venir l’inspecter, en vol stationnaire, pour décider si c’est butinable ou pas. Se demander si c’est un bien ou un mal que ce ne soit pas butinable.

Publié dans Ubuntu | Commentaires fermés sur Ubuntu – Abuzzer

Rango theme song – paroles (lyrics)

La musique de western compte désormais une nouvelle oeuvre incontournable : la B.O. de Rango, héros de l’authentique souffle épique de l’Ouest sauvage, quand les hommes (et les lézards) chiquaient encore virilement.
Mais étant donné que l’on ne peut pas trouver les paroles de la chanson theme du film sur Internet, je me suis lancé.

Je n’en suis pas sûr à 100%, mais cela permet de donner un premier aperçu de l’ambiance authentico-roots de ce chef d’oeuvre mariachi.
(Traduction libre en français en dessous).

From out of the dust
Came a man true and bold
Champion of the Fandango
By night he’d take whisky
By day killed bad men
And the town’s people knew him as
Rango

Coming down the mountain side
The people hailed his name
And of his legend they sang-o
With iron in his heart
And steel in his glove
He pumped their heads all full of lead
Rango

Rangoooo
Rangoooo !
Rangoooo
Rangoooo !

(Rango !)

A ladies’ man indeed
From his head down to his knee
Rango was doing the Tango
When in came Bad Bill
From his hide out in the hill
With a notion to kill
Rango

Rangoooo… (x2)

Now Rango he is gone
But his legend still lives on
In the brothels and saloons
Of Durango
He lived as he died
With a six-gun at his side
And all the ladies cried out
for Rango

Rangoooo… (ad lib)


Traduction

Surgissant de la poussière
Vint un homme vrai et macho
Un champion de Fandango
La nuit buvait des whisky
Le jour tuait les ennemis
Et les gens d’ici l’appelaient
Rango

Des montagnes aux vallées
Les paysans respectaient
Son nom, sa légende et son chapeau
Il avait un coeur d’acier
Du fer dans la poigne
Et truffait de plomb les cerveaux
Rango

Rangoooo
Rangoooo !
Rangoooo
Rangoooo !

(Rango !)

C’était un homme à femmes
De l’orteil au sombrero
Et un jour qu’il dansait le tango
Survint Bill le Borgne
Déboulant tout en rogne
Avec le projet de buter
Rango.

Rangoooo… (x2)

Rango a disparu
Mais sa légende a survécu
Dans les claques et les comptoirs
de Durango
Il vécut comme il est mort
Son six-coups fume encore
Et toutes les femmes pleurent d’amor
Pour Rango

Rangoooo… (ad lib)

Publié dans Hahaha | 16 commentaires

La guerre est un art tout d’exécution…

De l’excellent XKCD (je ne comprends pas toujours tout, tellement c’est de l’humour de trentenaire geek américain).

Traduction :

  • (tape sur son clavier) « La clé de la productivité, c’est la gestion du temps. »
  • (tape sur son clavier) « Choisissez vos buts, construisez un planning, et ayez la volonté de le suivre – sinon, vous serez dépassé par ceux qui l’ont fait. »
  • PLANNING : 7h : réveil ; 7h15 – 8h : poster des billets sur les blogs de productivité, en annonçant mon planning du jour ; 8h – jusqu’à point d’heure : glandouiller.
Publié dans Productivité | Commentaires fermés sur La guerre est un art tout d’exécution…

Ubuntu-Cola

  • Après les Ubuntus que je glâne, eux-mêmes étant les miroirs lumineux des Batanas
  • Après avoir installé Linux Ubuntu, et en être, ma foi, fort satisfait depuis 1 an et demi que j’ai quitté Windows
  • Christian me fait passer cette photo, qui est visiblement le fruit de ses pérégrinations internationales et aéroportuaires : le Ubuntu Cola.

Notre vie s’ubuntuise, comme dirait mon Nokia. Et soyons clairs : ça me réjouit.

Publié dans Ubuntu | 2 commentaires

Novlangue 2

En terme de novlangue sur mon Nokia, voilà la moisson du jour :
– « rendorm » donne « rendormis-tu »
– « coach » donne « coachis-tu »
– « chiant » donne « chiants-tu »
– « Jo » donne « Joz-vous »

Joz-vous, joz-vous !!

Publié dans Informatique et Internet | 2 commentaires

Caillou – Comte Gris

Sous l’eau du lac
Une brume d’esprits qui dansent.

Ma tasse de thé ce soir.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Comte Gris

Batana – Politage automatique

Politage automatique : n. m. Se cogner dans une porte, ou à un poteau, et dire Pardon. Croire qu’on a écrasé un pied, dire Pardon, alors que c’était un marchepied. Espérer que personne n’a entendu.

Les autres batanas sont .

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Politage automatique

Le service après-vente de Darty, pas vraiment vert – quelques questions sur la consommation et la grande distribution

Il n’est pas dans mon intention de transformer ce blog en annexe de l’UFC Que Choisir. Je préfére de loin traiter de projets thématiques déjà lancés sur ce blog, comme la série de thibillets sur la Cinétique du pékin (j’ai quelques thibillets en réserve) ou Typewatching the stars (itou).
Mais après mes mésaventures avec SFR (et les réflexions que cela m’a inspiré), je suis actuellement en discussion virile avec le service après-vente de Darty.
Je ne vais pas détailler l’affaire, juste souligner un point, et les réflexions qu’il emporte.

J’ai un sèche-linge qui est tombé en panne. Après 5 interventions du service après-vente de Darty chez moi, échelonnées sur plus d’un mois, et alors que le sèche-linge n’était toujours pas réparé, j’ai fait le compte :

  • le prix des pièces qui ont été changées représentait une somme d’au moins 25,99 + 91,98 + 130,55 = 248,52 € HT (Je dis au moins, car je n’ai que les chiffres pour ces pièces-là, mais il y a eu d’autres remplacements…)
  • L’appareil neuf coûte 138 € HT

Dans le prix des remplacements, je ne compte ni l’essence des 5 camionettes Darty, ni le salaire horaire des réparateurs.

1ère question : dans quelle société vivons-nous, où la réparation (toujours inefficace, puisque le sèche-linge ne marchait toujours pas) coûte plus cher que le remplacement à neuf du produit ?
2ème question : quel est le business model de Darty, qui accepte d’avoir plus de dépenses en SAV qu’en fournissant un produit neuf  ?
3ème question : Si on incluait tous les coûts environnementaux, Darty serait-elle considérée comme une société à empreinte carbone (a) très négative (b) très très négative (c) négative ? (cochez la case qui vous semble appropriée)

Publié dans Verts de terre | 5 commentaires

Novlangue

J’ai depuis peu – les lecteurs qui ont suivi mes péripéties le savent – un Nokia E72.
J’en suis très content. Face à tous ces iPhones, je me sens un peu comme celui qui mange un sandwich saucisson-beurre au comptoir du café du coin, alors que tout le monde va chez MacDo.

Il y a toutefois un point qui m’épate, et pour tout dire, me ravit.

Il y a, comme sur tous les smartphones, un système d’aucomplétion des messages. Cela donne des résultats amusants : j’en avais déjà parlé dans T9 roulette ainsi que dans un thibillet suivant. A noter que le correcteur orthographique du traitement de texte OpenOffice peut aussi être insultant, et que les iPhones ne sont pas en reste

Mais là, on touche à autre chose.

Je tape « chemisette », il me propose « chemisettez-vous ». Je connaissais le verbe chemiser, mais pas encore chemisetter.
« Voie » donne « voiez-vous ». J’hésite : voier, c’est aller sur une voie, ou c’est voir tellement mal qu’on commet des fautes en écrivant les verbes ?
Dans la veine poétique, « aurores » donne « aurores-tu ». Non, créature de la nuit, je n’aurore jamais sans toi… Et tant qu’à parler de sommeil, il me propose « dormirant ». Je suppose que c’est le participe présent du verbe dormirer, qui, comme tout le monde le sait, signifie dormir face à un miroir.

Et puis on arrive dans le surréaliste :
mails => mails-tu
kms => kms-tu
que => queez-vous
hâttps (dans une barre d’adresse web) => hâttps-tu

ça me rappelle l’histoire du verbe photor. Il n’y a donc pas que les Japonais à faire ça, les suédois s’y mettent aussi : plutôt que d’embaucher un traducteur humain, ils construisent un algorithme de traduction. ça donne par exemple : « En français, chaque mot qui finit en S est un verbe conjugué à la deuxième personne du singulier. On peut donc rajouter « -tu » après-tu comme suggestion. Mais ça ne marche qu’en français-tu. Il n’y a jamais-tu de contre-exemple. Pareil pour le z : les mots qui finissent en ez, on peut leur rajouter « -vous », puisque c’est un verbe conjugué à la deuxième personne du pluriel. C’est évident comme le nez-vous au milieu de la figure ».
Mais je n’ai pas réussi à percer les arcanes du logiciel de traduction qui a donné « queez-vous ».
Aussi, je vais hâttper quelques-tu sites-tu, sans aurorer (il faut dormire, quand même) et vous tiendrai au courant.
Après-tu avoir mangé mes merguez-vous.

Publié dans Informatique et Internet | 3 commentaires

Optimiste / pessimiste : les mots et les attitudes

J’ai passé une partie de la semaine avec un vrai pessimiste.
Pour une description du pessimiste, il y a le chapitre 1 de Mind Gym, un des livres que je recommandais à mes étudiants. Je résume le propos : un pessimiste, c’est celui qui généralise les mauvaises expériences (ça m’arrive TOUJOURS) et traite les bons événements comme des exceptions (oui, mais là, exceptionnellement, on a eu de la chance). Un optimiste fait l’inverse.
Or, avec l’ge, ou la société dans laquelle on vit, on peut évoluer facilement vers le pessimisme (ce serait aussi une tendance typiquement française, comme le montre un de mes estimés collègues, avant d’enchaîner sur une thèse brillante dans son éloge de l’optimisme). D’où l’intérêt de Mind Gym (chapitre 1) pour pratiquer quelques exercices salutaires. Pour ma part, je n’avais pas mon exemplaire sous la main, mais je l’ai suffisamment épuisé pour en connaître les principaux exercices. Face à cet indécrottable pessimiste, j’ai pris systématiquement le contrepied de ses affirmations ou de sa vision du monde.
Et j’ai retrouvé quelques jolies phrases pour contrer la scoumoune que représentait ce pénible.

Les phrases que je déteste :

ça ne va pas marcher.
A quoi ça sert de s’entêter, c’est foutu.
Non mais qu’est-ce que tu crois ?

La phrase qui m’horripile par dessus tout :

Je l’avais bien dit.

Les phrases que j’aime :

Je vais aller demander.
Attends, prenons le temps de chercher une solution.
La bonne nouvelle, c’est quand même que…

Enfin, l’expression que je préfère, de très loin, rugueuse et sereine dans sa simplicité populaire :

« ça se tente… »

Publié dans Réflexions | 3 commentaires

Ubuntu – Cracriner

Cracriner : v. i. Atterrir à Roissy, où il fait froid et gris, et sentir encore quelques grains de sable de la plage entre ses orteils. Par extension : chercher un manuel de compta analytique (rubrique coûts complets) et tomber sur l’addition de ce restau délicieux, il y a deux ans, à Acapulco.

Publié dans Ubuntu | Commentaires fermés sur Ubuntu – Cracriner

Error

Je suis en train de réserver des billets sur Internet.
Après 20 mn de saisie laborieuse, au moment où je clique sur OK, voilà ce qu’il m’affiche.
Désolé, moi pas parler Klingon 🙁

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur Error

Comment désimlocker un Nokia E72 et quelques réflexions sur SFR

NB : les fureteurs qui tombent sur cette page pour résoudre leur problème (c’est le but d’avoir créé cette page) peuvent aller directement tout en bas pour avoir ma solution. Ils peuvent aussi tout lire, ce qui leur indiquera ce qui ne marche pas.

L’affaire commence en décembre 2010.
Suite à une bataille de boules de neige, l’écran de mon portable rend l’me. Las, la garantie était d’un an et il avait 13 mois… je change donc de portable.
Las (bis), le nouveau portable ne me convient pas, car avec mes doigts délicats, il faut un vrai bon clavier physique, pas un clavier virtuel, car on écrit « tepu » à la place de « amie » et après, ça fait des problèmes.

Or, j’ai un collègue (appelons-le Tarass Boulba) qui me dit « Ouah hé, vieux ! J’ai un Nokia que je m’en sers pas, il est tout neuf dans la boite, je l’ai gagné à un concours de pétanque lyonnaise, je te le donne, Calice ! »
Je frétille, je bondis, j’embrasse, et je récupère le Nokia. Nous sommes début janvier, et les ennuis commencent.

J’insère ma carte SIM, il me ricane au nez : « carte illisible ». J’apprends donc à cette occasion que les opérateurs mettent sur le marché des téléphones simlockés : ces appareils ne sont utilisables que sur le réseau de l’opérateur qui l’a vendu. « Mon » Nokia ayant été configuré pour SFR, il n’accepte que des cartes SFR. Or je ne suis pas chez SFR, mais je veux ce Nokia, et je l’aurai !

Impatient que je suis, j’essaie de passer par une société de désimlockage en ligne : il suffit, paraît-il, de donner le numéro IMEI du téléphone situé sur la batterie (ainsi que son numéro de carte bleue, bien sûr) et on reçoit « au plus tard 3 jours ouvrés après » le code pour débloquer l’appareil. Je teste cette société et lui envoie 29,49 € ainsi que le code IMEI. 3 jours après, sans nouvelle, je relance. 2 jours après, je reçois un mail : votre Nokia est un modèle qui ne peut être désimlocké, nous vous remboursons. Et le plus beau, c’est qu’ils l’ont fait.

Retour à la case départ, j’ai perdu 2h.

Je me renseigne sur Internet : les anciens Nokia pouvaient être désimlockés par des programmes informatiques, mais les smartphones sont plus coriaces. Je me tourne donc vers SFR (n’est-ce pas leur logo, sur la boite de « mon » portable ?).

Première étape : la boutique SFR. Un jeune homme charmant, quoique mal rasé (appelons-le Terence Hill), m’informe qu’il suffit d’appeler le 900 ou le 1023 et que si mon portable a plus de 6 mois, SFR le débloquera. J’indique que je ne connais pas la date d’achat, étant donné que c’est un cadeau de pétanque lyonnaise, mais Terence Hill me rassure : « avec le code IMEI, ils vont retrouver la date d’achat ». Je ressors de la boutique ravi, pour un peu je prenais un abonnement pour les remercier.

Deuxième étape : le 900 (ou le 1023). Ce sont des numéros merveilleux. Ils sont surtaxés, mais ils ont l’amabilité de le dire au départ. Et puis après, ils vous demandent votre numéro de ligne SFR. Or, je n’ai pas de ligne SFR, sinon, je ne chercherais pas à désimlocker un portable SFR, vous me suivez ? D’où l’inconvénient d’une messagerie vocale : tant que vous n’avez pas mis un numéro de téléphone SFR valide, impossible d’accéder à un menu magique du type « … ou tapez 9 pour parler à un conseiller ».

Première remarque sur SFR : si on n’est pas abonné SFR, on ne peut pas être aidé par la messagerie vocale… malgré la sur-taxation de l’appel.

Troisième étape : je me connecte sur le site de SFR, et cherche le forum de discussion. Il est en travaux, et cela durera les 15 jours pendant lesquels je cherche une solution.

Quatrième étape : je m’acocquine avec un proche (appelons-le Wilfrid Schumacher) qui, lui, est abonné SFR. On appelle ensemble, il montre patte blanche, et dit qu’il veut désimlocker un téléphone SFR. Je retranscris la conversation, c’est trop beau :
– ah mais ça on ne sait pas comment le faire, il faut voir avec Nokia
– mais pourtant, il y a votre logo sur la boite, et Terence Hill, dans la boutique SFR, il a dit que vous pouviez…
– eh bien ce sont des petits rigolos, on ne peut pas faire ça techniquement, c’est très compliqué, on n’a pas les codes chez SFR, il faut contacter Nokia, je vous donne le numéro.

Cinquième étape : j’appelle Nokia. C’est un numéro merveilleux. Il est surtaxé, mais ils ont l’amabilité de le dire au départ. Ils ont surtout l’amabilité de prévenir, avant tout menu vocal : « si vous appelez pour un désimlockage, sachez que c’est votre opérateur téléphonique qui est le seul à pouvoir débloquer votre Nokia ».

Retour à la case départ, j’ai perdu 6h.

Deuxième remarque sur SFR : cela sent l’arnaque commerciale. Pour ma part, je m’accroche, car je suis un roquet, mais mon collègue Tarass Boulba, ça fait longtemps qu’il aurait jeté son Nokia aux orties (bonjour la société de consommation) ou pris une ligne chez SFR. Ce qui est le but recherché, OK, mais la tactique est peu élégante, pour ne pas dire léonine.

Sixième étape : je retourne sur le site SFR. En utilisant les codes de Wilfrid Schumacher (numéro de ligne etc.), je navigue sur tout le site sans trouver. Invariablement, toutes mes requêtes finissent sur une page qui dit « pour un désimlockage, allez dans une boutique SFR ».

Troisième remarque sur SFR : sur le site, il y a une « assistante virtuelle », Lucie, qui incite au contact : « Posez-moi vos questions ! Je vais vous aider ! ça va être super cool entre nous ! » Mon expérience de Lucie est la suivante :
– Lucie n’est qu’une entremetteuse qui renvoie sur le forum ou sur la fameuse page « passez en boutique »
– Lucie ne comprend que les requêtes très simples
En résumé : Lucie ne répond qu’aux questions de neuneus, celles qui ne nécessitent justement pas de solliciter l’assistante virtuelle, genre « comment changer de mobile » ou « comment changer de forfait ». Et quand je pense aux équipes projet qui ont développé Lucie, je me dis que c’est de l’argent foutu en l’air.

Septième étape : je trouve enfin, dans une sous-page, un lien pour faire une demande de désimlockage en ligne (tiens, la rombière que j’avais eue au téléphone était pourtant si catégorique…). Je remplis toutes les coordonnées nécessaires, y compris ce fameux numéro IMEI. L’après-midi suivante, à 14h01 (vous allez voir, c’est utile de s’en souvenir), je reçois un e-mail de confirmation de ma demande. « Cher Wilfrid, nous allons désimlocker ce téléphone dans les 5 jours ». J’attends donc.
5 jours après, à 14h01 précises, je reçois un e-mail qui dit « Désolé, ça ne marche pas, car nous ne trouvons pas la ligne à laquelle est rattaché ce téléphone, il faut que vous nous envoyiez une facture originale par courrier ».

Quatrième remarque sur SFR : le fait qu’ils répondent pile-poil au bout de 5 jours, à la minute près, me fait penser que tout est géré informatiquement sans intervention humaine. Et que, dès réception de ma demande, le process a été engagé : envoyer un mail dans 5 jours (pas avant…) pour le réorienter dans les limbes du courrier papier. J’appelle ça une manoeuvre dilatoire. Une simple discussion avec un être humain aurait permis de dire « je n’ai pas de ligne attachée à ce téléphone, c’est un cadeau, ca-deau, comprendo ? Alors maintenant, comment fait-on ? »

Huitième étape : j’a
vise, près de l’école qui m’emploie, une boutique de téléphonie mobile. Je me renseigne : oui, ils désimlockent, non, ils n’ont besoin de rien, juste du téléphone, oui, ce sera prêt dans 48h, non, rien à payer maintenant, je paierai dans 48h. Et 48h après, je me retrouve enfin avec « mon » Nokia désimlocké.

Conclusion : il y a 10-12 ans, aux premiers balbutiements de l’ADSL, j’avais eu une mauvaise expérience avec France Télécom : j’avais suivi toutes les étapes de commande d’un modem, et je me retrouvais avec un matériel clairement incompatible. Le technicien s’était mis en quatre, il avait même dérangé un collègue qui était de repos, et j’avais été frappé de l’opposition entre le côté très « humain, service » de ces hommes et la surdité de la société qui les employait (je n’ai jamais reçu de réponse à mes lettres argumentées). Dès que je l’ai pu, j’ai quitté France Telecom et suis passé en dégroupage total chez Free.  Je constate la même chose aujourd’hui chez SFR : tout a été rationalisé pour dégager le maximum de marge et réduire les coûts au minimum, la communication est opaque, et finalement, il s’est créé une niche : les petites boutiques de téléphonie multi-enseignes sont celles qui font désormais du service client et de la proximité. Il va sans dire que si SFR était cotée en Bourse, je vendrais mes actions illico.

Publié dans Réflexions | 24 commentaires

Le casier à courrier d’un prof…

SandwUn sandwich entamé en train d’attendre son maître

Trois barrettes de capsules Nespresso (=30 doses) dont deux entamées, la ration quotidienne quoi

Une enveloppe au contenu douteux mais rebondi : calmants ? le dessert ?

… le casier à courrier d’un collègue, qui prend de plus en plus, chaque jour, l’allure d’un garde-manger. J’attends avec impatience la cloche à fromage.

Publié dans Prof | 2 commentaires

Facemoulox

Je suis revenu sur Facebook, malgré tout ce que j’en ai dit (dans l’ordre) :

Ce que je vois depuis que je suis revenu, c’est la même chose qu’auparavant, avec quelques variantes :

  • les jeux ont l’air de se calmer (j’engrosse un pigeon, je détruis des vampires, je farme des personnages…)
  • il y a fécondation des univers entre eux : des twitters deviennent des statuts FB, et une bonne proportion des statuts sont postés depuis un téléphone mobile.

Mais il y a un nouveau truc : les clubs privés de communication, les jeux sur le langage et les statuts.
Depuis quelques jours, je remarquais que des filles / femmes postaient un mot désignant un alcool (bière, tequila, etc) et je me disais « Chouette, des luronnes ! »
Point du tout, innocent que j’étais, c’était en fait une conspiration des reptiliens pour asservir le monde (et exclure les hommes de toute compréhension, ce qui n’est pas trop dur). Chaque mot correspond à un code, et quelque part sur internet, il y a une machine Enigma qui permet de retranscrire ce code (« bière ») en signification (« heureuse en couple » par exemple). Tout le secret consistant à garder la signification cachée.

Bon, j’aime comprendre. Donc première étape : trouver l’emplacement de la machine Enigma. Quelques mots-clés sous Google, premier résultat de recherche, voilà, ça c’est fait.
Deuxième étape : lire la page et essayer de comprendre. Analyse :

  • C’est parti d’une intention louable : faire du buzz pour lutter contre le cancer du sein
  • mais les garçons, qui ne comprenaient rien quand une fille postait comme statut « diabolo-menthe » alors que sa meilleure amie disait « picon bière », ont lancé des contre-jeux
  • Il y a désormais quantité de jeux, lancés par des filles, puis des contre-jeux lancés par des garçons, c’est la guéguerre filles-garçons
  • Les mots peuvent se contredire entre eux, cela dépend des pays et des périodes. Par exemple, une fille qui poste « bière » signifie « femme mariée », mais il y a quelques mois, ça signifiait « séparée ». Vous me direz, elle a eu quelques mois pour se marier, c’est peut-être ça la logique…

Troisième étape : le grand n’importe quoi. Comme il y a plusieurs jeux, on peut poster des statuts complexes, par exemple « thé rouge » (je suis libre, je suis attirée par un mec), avec les risques de mauvaise traduction (cela peut aussi signifier « je suis libre et j’ai un soutien-gorge rouge » ou encore un truc de ouf du type « je bois du thé rouge »).
Et il y a des constructions de phrases suivant le jeu du cadavre exquis, en fonction de la date de naissance. Par exemple, Napoléon Bonaparte, né le 17 août 1769, écrirait sur son statut : « J’ai déjeuné avec ta maman sur mon compte bancaire parce que je suis TROP COOL ! »
Ce à quoi je réponds : Kamoulox !

Depuis ce jour, je regarde avec méfiance les statuts sur FesseBouc. Quand un gars dit (apparemment innocemment) « Je reviens d’aller acheter des Pampers, quelle foule ! », je me dis qu’il existe quelque part sur le web une page Enigma qui me permettrait de décoder ce qu’il a effectivement envoyé comme message.

Publié dans Informatique et Internet | 3 commentaires

Book suggestions for students

I was asked by a student – for the purpose of a school newspaper – to suggest to students « A BOOK THAT WILL CHANGE YOUR LIFE and WHY. »

Tricky question indeed.

I answered with the following :

Dear Student,
I have not one, but three (four) books in mind, none of them being a Finance book unfortunately 😉
The order is not important. If I were to advise only one, I would choose #3 The Mind Gym, but that would be a shame not to mention the others.

1) David Allen – Getting things done – the art of stress-free productivity
http://tinyurl.com/457jdvp
(in French :
S’organiser pour réussir
http://tinyurl.com/4ljuur5 )

David Allen presents and helps devise a system to organize yourself at work. Know what to do, in which order. How to access data, how to deal with projects, how to make sure nothing is forgotten. A very practical book that can save you hours in organizing yourself by finally focusing on the one important thing : doing things. Surprisingly enough, this is not taught in Business Schools…

2) Stephen Covey – The 7 habits of highly effective people
http://tinyurl.com/4f7yxuf
(in French :
Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent
http://tinyurl.com/4qsnbpj )

Bestseller. This book is a more profound version of the Getting Things Done book. Here, focus is made on Principles and Values, not on operational effectiveness. This is a very useful complement of the preceding book, not asking « what should I do next », but « what is important for me to do, and how to identify it ». It takes more time to digest, but it is definitely worth a read.

3) The mind gym (collectif)
http://tinyurl.com/5susrzx

Devised in 22 independent chapters, and based on research in neuroscience and sociology, the Mind Gym helps you « re-train » your brain to be more effective. Themes include the effects of optimism, the impact of visualization, the reduction of stress, how to be listened to, how to announce bad news, how to be more creative / do brainstorming… Every chapter is filled with real-life illustrations and ends up with exercises to « muscle up » your spirit. A must read for future executives.

4) I have other books in mind, but I feel they are more oriented for older people (35-40 years). Based on Carl Jung’s theories, they deal with personality type, and help to better understand how our personality is constructed, and how to deal with other personalities (e.g. at work, in teams). The operational tool is the MBTI test of personality type. The best book, but somewhat hard to digest, is Gifts differing, by Isabel Briggs Myers, http://tinyurl.com/6e2jqy4 . A much easier book (in French) is Deviens qui tu es, by Cauvin and Cailloux, http://tinyurl.com/4r8payt .

Sincerely,
Christophe Thibierge

Publié dans In English, Réflexions | 2 commentaires

Idée de startup – Bling Blong

Les opérateurs de téléphonie mobile (thibillet saignant à venir) proposent de personnaliser les sonneries en fonction de l’appelant. Pour les marges qu’ils se font (thibillet horripilé à venir), ils pourraient introduire une nouvelle feature pratique : quand on reçoit un SMS qui annonce une bonne nouvelle, la sonnerie fait « Bling » ; quand le SMS annonce une mauvaise nouvelle, la sonnerie fait « Blong ».
Pour l’implémentation (lecture sémantique, interprétation, définition de la relativité d’une bonne et d’une mauvaise nouvelle, traitement des SMS farceurs du type « ce SMS va faire Blong »), ils se démerdent, j’apporte l’idée, c’est déjà bien.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Idée de startup – Bling Blong

Livre lu : M.A. Shaffer & A. Barrows – The Guernsey Litterary and Potato Peel Pie Society

Il y a quelques années, une collègue m’avait dit à propos d’un film (c’était Ghost, en 1912) : C’était un film où ils auraient pu écrire « pour (son nom) » sur l’affiche, il était vraiment fait pour moi.

C’est le même sentiment que j’éprouve à la fin de la lecture de The Guernsey Litterary and Potato Peel Pie Society, par Mary Ann Shaffer & Annie Barrows (Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates en français).

  • Déjà, j’aime bien la forme : un roman épistolaire, qui reprend un peu le rythme et le style de 84 Charing Cross Road, d’Helen Hanff.
  • On y retrouve le même humour so british, subtil, fait d’understatement, de jolies tournures, sans jamais se prendre au sérieux avec des mots ronflants. Pour moi, l’exemple typique de ce style est Trois hommes dans un bateau, dont je viens de relire quelques pages aujourd’hui, à la recherche d’une citation. Ce livre est un délice d’humour et de légèreté.
  • Parlant d’humour et de légèreté, j’apprécie dans The Guernsey … ce côté « on parle de l’après-guerre et donc (beaucoup) de la guerre, mais en alternant avec des scènes et situations amusantes ». Je trouve qu’au lieu d’affadir le propos, cela le rend d’autant plus présent et poignant. Quand, au détour d’une page qui parlait de falaises et de myrtilles, on tombe dans une anecdote terrible de l’occupation, on est littéralement saisi.
  • C’est un livre profondément humain. Tous ceux qui ont vécu des deuils, des douleurs, le savent : il faut bien continuer, la vie est comme une route que l’on suit, et personne ne peut vraiment prétendre s’arrêter sur le bas-côté.
  • Et pour conclure, c’est un livre qui finit bien, ce qui devient rarement le cas des ouvrages que l’on lit actuellement. Au mieux, les personnages sont laissés à leur existence – ni bonne, ni mauvaise – au pire, ma foi… c’est pire. 

Plus j’avance dans la vie, plus j’aime les plaisirs simples. Et ma foi, j’apprécie de plus en plus ce genre d’ouvrages. Derrière son discours tout simple il y a probablement… des pépites de ce petit minerai qu’on appelle l’humanité.

Publié dans Livres | Un commentaire

Les dents de la terre

Je suis dans un lieu éloigné de toute civilisation, travaillant lentement mais opiniâtrement à mon projet Prométhée.

Loin de toute civilisation, mais non loin de toute vie.

Voici les 3 mails que j’ai envoyés aujourd’hui :

1er mail, état des lieux

Sujet : Rats and Roaches (Calvin Russell)

On se croirait loin de tout, et voilà, pas le moyen d’être tranquille. Si je récapitule :
– 2 perdrix hier, à la première, je bondissais (figurativement) de joie, là elles sont 4 à picorer près d’un tas de neige, c’est rien que des poules cons.
– des pies, des geais, et un drôle de petit oiseau tout petit tout rond bedonnant, j’ai envie de le dessiner, mais je suis sérieux, je bosse d’abord.
– un mulot dans la cuisine. Il m’a chouravé des pâtes (sèches) et s’est réfugié dans la cafetière Nespresso. J’ai essayé de le virer (sans le tuer), mais il connaît la maison mieux que moi, alors que finalement, c’est moi l’intrus, non ?
– des araignées, c’est-à-dire des faucheux cons et des araignées plus… consistantes, ouais, c’est le mot. C’est comme le mulot, ça ne me dérange pas trop tant que ça ne me touche pas 🙂

2ème mail, action militaire

Sujet : week-end à Zuydcoote (Robert Merle)

Fusilier Marin Commando Thibierge au rapport.
Ai vu l’individu (Joe le Mulot), mais n’ai pu l’appréhender. Ai néanmoins collecté un ensemble d’observations pour alimenter le dossier.
– l’individu a ses habitudes dans l’armoire jouxtant la cafetière, que nous appellerons niara 1.
– l’individu a été vu au rez-de-chaussée de niara 1, mais a probablement une entrée secrète. En effet, maintenant qu’il m’en souvient, l’été, quand j’étais en permission sur la table du jardin, j’entendais des petits grattements près de la porte, dans le mur extérieur de niara 1. Je ne suis pas payé pour penser, aussi je suggère à mes supérieurs de penser au fait que peut-être l’individu a creusé une galerie qui aboutit du monde extérieur à niara 1, et inversement. Ceci expliquerait non seulement sa disparition de niara 1 quand je l’ai investiguée, mais aussi comment l’individu a pu arriver dans ce lieu sécurisé qu’on appelle cuisine et qui est mon QG (l’hypothèse « amené avec les potirons » est risible à la lumière de la froide logique)
– ai inspecté l’armoire en face (niara 2), et l’individu y a causé quelques déprédations. Il aime les bouillons cubes, le café et les pâtes. Ai jeté les emballages (vides) et sécurisé le reste du café dans la boite Kellogg’s, en l’assurant que les secours arrivaient.
– Ai déplacé potirons sur le sol, car faisaient moisir le plan de travail. N’ont pas eu l’air d’objecter.
Ne vois rien à ajouter. Insert Formule de Politesse (« Biz »).


3ème mail, action-réaction

Sujet : Ratatouille (Linguini et al.)

Cet après-midi, pendant que je travaillais dans la salle à manger, ce petit galapiat a rongé ma brique de soupe (par le haut) et s’est probablement trempé les moustaches dans mon velouté 9 légumes. Je pense que l’animal a fait cela sciemment, pour bien m’expliquer que toute intrusion de ma part dans SA vie serait irrémédiablement suivie d’une réaction d’égale force dans MA vie.
Ce n’est pas pour me déplaire.
De même que les bébés qui ont été nourris au même sein sont frères de lait, Trotte-menu et moi-même sommes désormais frères de soupe.
Biz

Mail de réponse de la propriétaire : « Vous avez l’air de bien vous entendre. Ramène-le chez toi. »

Je ne suis pas aidé.

[edit de 20h45]

Sujet : Geek 1 – Mulot 0

Je l’ai eu. J’arrivais dans la cuisine, et il a filé se cacher dans la cafetière (NB : il se faufile par le trou de la grille, qui fait au max 2 cm de diamètre).
Je transporté la cafetière dehors, et l’ai désossée méthodiquement. Joe le Mulot a filé se cacher dans les plates-bandes, j’en ai profité pour rentrer et fermer la porte *à clé* (ne jamais sous-estimer un rongeur affamé). J’avais prévu de monter la garde dans la cuisine, car j’intuite qu’il va utiliser l’entrée secrète dans Niara 1 (l’armoire à vaisselle) pour revenir. Mais j’ai une meilleure idée, ô Crocodile Dundee que je suis : j’ai laissé deux pâtes sèches (Torti), dont je sais qu’il est friand, à côté de la cafetière. Si les pâtes ont disparu demain matin, c’est que Joe m’a fait la nique.
Je vais aller regarder Stuart Little, tiens.
Biz

[/edit]

[Update de 22h05]

Joe le Mulot is back. Non seulement une des deux pâtes à disparu, mais Joe s’est même montré. Il n’est pas allé jusqu’à danser le tamouré sur la cafetière, mais toute son attitude clamait la désinvolture ironique d’un hobereau qui se sait sur ses terres.
Je suis content de ma démarche analytique, toute sherlockholmesienne, autant dans l’intuition qu’il y avait une entrée secrète dans Niara 1, que dans la conception de mon piège diabolique (deux nouilles).
L’affaire repose désormais entre les mains de la Justice, c’est-à-dire la propriétaire, qui décidera (ciment à prise rapide ? gazage assassin ?) comment interdire les lieux au filou à moustache.

[Update de 22h05]

Publié dans Verts de terre | Un commentaire

T9 roulette russe

Une autre forme de T9 roulette que je découvre à l’instant : le correcteur orthographique. C’est bâteau pourtant.
Mais je l’aime bien dans son côté divinatoire, à la limite de l’insultant. Dans un document, il tombe sur mon adresse e-mail et me dit (sans trop de surprise) : « absent du dictionnaire ». Et là, en remplacement de ce qui est tout de même mon identité numérique, ce qui me définit et me caractérise avant tout dans les mondes virtuels, il me propose : petites-bourgeoises, neuropsychologique, neuropathologie, neuropsychiatrie.
Je me doutais que je n’étais pas top top équilibré, mais de là à me proposer des électrochocs, il y a de la marge. Et puis petit-bourgeois (encore plus insultant, je trouve, au féminin), rah, je vais lui péter ses bits à ce programme.
« Correction » aurait dû s’entendre au sens de « Aide », pas de « Chtiment »…

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur T9 roulette russe

Ce que je voeux

Voici à nouveau ce temps de l’année, avec son déferlement de voeux (mails, SMS, et même, c’est dingue, cartes de voeux par la poste). Je me suis déjà exprimé à ce sujet. J’en rajoute une couche : ce qui fait fureur, c’est le SMS-envoyé-à-250-personnes-mais-que-tu-crois-que-tu-es-le-seul-à-le-recevoir, ou comment lyophiliser la sincérité.

Avec les voeux viennent les résolutions (cf. le même thibillet). Alors à défaut de résolutions, une même idée, déclinée de 3 manières différentes.

Présentation 1, ou « de la sagesse des tortues supposément ninja »

Hier, c’est déjà de l’histoire. Demain est un mystère. Mais aujourd’hui est un cadeau, c‘est pourquoi nous le nommons le Présent.

Maître Oogway, dans Kung Fu Panda.

Présentation 2, ou « du lien entre le conseil en management et le dernier samouraï »

Suivant le conseil de Peter Bregman, je saisis chaque instant où je bois du thé (et cela arrive souvent dans une journée) pour me recentrer sur le présent, les sensations du moment, et ainsi, m’extirper de cette fuite en avant qui consiste à ne pas vivre le présent, trop occupé qu’on est par l’avenir.

Présentation 3, ou « le MBTI est partout dans ma vie actuellement »

L’inconvénient d’être N, c’est justement de vivre totalement dans le potentiel, de fantasmer des scénarios, ce qui va jusqu’à ignorer / abolir la situation présente. Avec une Ne en Dominante, j’ai tout intérêt à entraîner ma Si (en Inférieure) avec tout ce qui est détail, instant présent, concentration sur une seule chose à la fois. Exemple du jour : reconstruire le Chteau de Poudlard (pardon, de Tygrelis) en Lego. 2 heures à nouveau à chercher des petites pièces, consulter des plans, et monter très progressivement cette merveille architecturale qu’un anniversaire de garçons décomposera à nouveau en éléments simples.
C’est important, d’entraîner son Inférieure : je sors de plusieurs jours où j’ai pu voir une personne totalement sous l’emprise de son Inférieure (non éduquée, non maîtrisée) : ça fait vraiment peur à voir…

Publié dans MBTI | 3 commentaires

Hymne à la nuit

(à lire en écoutant, par exemple, Nuit, de Goldman Fredericks & Jones).

Suite à un certain commentaire sur ma vie diurne, et pour répondre pas tout-à-fait à côté, pas tout-à-fait en el blanco, voilà pourquoi j’aime la nuit.

La nuit, les loups sortent

Il existe des personnes qui ne sortent que la nuit. Le jour, elles sont en train de dormir, réellement ou figurativement parlant. Tel employé de bureau, a priori sans aspérités, revêt certains soirs son habit de lumière, et va faire la fête. Il rentre, entre chien et loup, pour prendre quelques heures de sommeil (ou d’amour) avant de repartir à son travail. Pour ceux de ma génération, c’était le thème du clip de High on emotion (Chris de Burgh). J’ai rencontré de véritables noctambules, qui sont peut-être des anonymes que j’ai à peine remarqués le jour, et qui se révélaient être des seigneurs, ou des philosophes, de la nuit.
De même que les morts vivent de l’autre côté du Styx, certains vivants ne prennent véritablement vie que de l’autre côté du Crépuscule : leur vie diurne n’est qu’un ectoplasme, la projection dans la Matrice de leur moi social. Leur vraie identité, ce n’est pas Thomas A. Anderson, c’est Neo.
Mais ce n’est pas pour rien que la nuit est sombre : à défaut d’entraîner sa vision de nuit, on voit trop tard les dents acérées, les éclairs de violence dans les regards, les coups d’oeils qui vont vite devenir des coups de poings.
Et quand j’ai tendance à l’oublier, la Nuit me le rappelle dans ma chair.

La nuit, tout est possible

J’ai vu les soleils de nuit d’Oslo avec des fêtards qui plongeaient dans l’eau glacée du port (avant de se cavaler devant la police locale), des fins d’enterrement de vie de garçon à la soupe à l’oignon aux Halles, j’ai vu l’aube se lever des quantités de fois, seul, à deux, à plusieurs, que l’on soit sobres, ou pas tout à fait sobres. Il y avait dans cet infini bleuté, dans ces quelques heures de no man’s land, une sensation de potentialité pure : la nuit serait ce que nous en ferions, ni plus, ni moins. Et plus d’une fois, c’est mon moi social qui a refusé les potentialités qui ne demandaient qu’à s’offrir. Parce que la nuit abolit beaucoup de règles, elle nous permet, exactement aux mêmes endroits, ou sous les mêmes latitudes, d’être en décalage horaire total.
J’ai traversé des places désertes de Venise, et dieu sait si elles peuvent être belles en plein jour, mais Venise la nuit, c’est encore une dimension supérieure, qui touche au métaphysique.
Et je garde des souvenirs de tous ces moments, certains dont je sais qu’ils ne reviendront jamais, mais que je peux rejouer à l’envi sur le gramophone de mes souvenirs. Je me souviens d’un lit où j’ai fumé, dans un pull qui n’était pas le mien, face à la fenêtre ouverte, tandis que la conversation s’effilochait de bouffées : c’était un tableau qu’Edward Hopper n’a pas eu besoin de peindre, puisqu’il est, et reste, dans ma tête, avec toute ma collection privée.

La nuit, je m’entends enfin

Que ce soit exprimé en termes psychologiques ou technologiques, j’ai toujours souhaité avoir, au moins pour un temps, un asile loin du fracas. Mais le Klondyke, c’est loin. Or, dans cette retraite spirituelle, qu’est-ce que je recherche avant tout ? Une coupure du monde et de son flot de sollicitations. Pour filer la métaphore du décalage horaire, il n’y a pas besoin de me déplacer dans l’espace, par exemple en faisant 1h30 de voiture pour rejoindre une maison isolée : il suffit de pratiquer le décalage horaire (seul bénéfice réel des insomnies) et de profiter de ces 2 heures de liberté, de 5h à 7h du matin. Sans en faire un système (se lever tous les jours à 5h), j’en apprécie la flexibilité.
Pendant ces heures, je sais que ça ne sert à rien de vérifier compulsivement mes mails, c’est la trêve des confiseurs, et c’est le moment idéal pour lire un livre qui demande de la concentration et le mettre en notes, ou encore, prendre le temps de rédiger ce thibillet qui me trottait dans la tête depuis des jours.
Un autre avantage à se lever dès que l’insomnie est avérée : cela fait taire la petite voix. Celle qui rejoue le (mauvais) film de la soirée de la veille, celle qui invente les dialogues du lendemain (et s’il me dit ça, je lui dirai ça), celle qui, toujours, est teintée de pessimisme voire de catastrophisme.
Je préfère me faire un thé et cramer deux heures de sommeil putatif plutôt que de laisser cet alter ego prendre le contrôle de mon cerveau.

Il y a probablement d’autres raisons. Mais j’aurai toujours ce sentiment de liberté quand je vois l’obscurité bleutée qui s’étend sur les nuages et fait disparaître les rouges et violets du soleil déjà couché.
De la même manière qu’il y a – paraît-il – un changement d’air à chaque changement de marée, l’air de la nuit me semble toujours plus pur que celui de la journée.
Voilà pourquoi j’aime la vie nocturne.

Publié dans Perso | 5 commentaires

30 décembre

Publié dans Photo | Commentaires fermés sur 30 décembre

Poudlard

Fêtes de Noël obligent, je me suis retrouvé ce matin à monter le Chteau de Poudlard (la version Lego). J’ai donc eu du temps pour méditer (à peu près 2h).

A propos de Harry Potter, j’ai toujours admiré le travail du traducteur (Jean-François Ménard) de la série de romans. Trouver choixpeau pour sorting hat ou détraqueurs pour dementors dénote un don pour l’équilibrisme entre le fait de coller au texte de l’auteur, et la capacité à introduire des nuances créatives ou poétiques. Et dieu sait si les mondes de J. K. Rowling nécessitent des acrobaties  de langage. J’avais d’ailleurs, en son temps, médité sur les diffiicultés du rôle de traducteur : ni auteur ni machine à traduire mot-à-mot, il essaie le plus souvent de s’en sortir, non pas au mieux, mais au moins mal.
Mais il y a un mot qui me chagrine dans toute cette oeuvre : Poudlard, l’école des sorciers d’Harry Potter, traduit de Hogwarts school. Jean-Pierre Ménard s’en explique fort bien (je résume) : hog = porc ; wart = verrue. Comme on imagine mal de nommer une école « verrue de porc », il a choisi un glissement de sens : pou de lard, soit Poudlard. (Ce qui, à mon sens, ne vaut pas tellement mieux en terme de marketing de l’école).

Reprenons et travaillons ensemble. Hog warts = verrues de porc. Mais warthog = phacochère. Il y a dans ce nom d’Hogwarts un côté moyenngeux, inquiétant, mais en même temps, c’est une école, voire une maison pour certains collégiens qui fuient leur propre foyer. Hogwarts sonne comme un nom ancien, mais qui doit aussi avoir une consonance familière. Or Poudlard, c’est comme Chougnard, la terminaison en « ard » sonne de manière plutôt péjorative ou ridicule (mastar, costard, cornard, bâtard) et le « dlard » encore plus. Pour reprendre phacochère, « Chaire Phaco » (ou toute autre orthographe) aurait pu déjà avoir un sens en même temps solennel et mystérieux, comme Hogwarts. (Une remarque intéressante : Hogwarts n’a été traduit dans quasiment aucune autre langue : les italiens, espagnols, et autres européens parlent de Hogwarts).

Mais sur cette page fort instructive, on apprend que J. K. Rowling s’est en fait inspirée du nom d’une fleur. L’article de wikipedia sur Hogwarts nous donne le vrai nom de cette fleur (Hogwort) ce qui nous conduit à son nom en français : Croton Capitatus. Nous ne sommes pas plus avancés avec ce nom. On pourrait envisager une référence à Milon de Crotone, mais ça nous amène un peu loin d’une école de sorcellerie en Écosse.

Je propose une alternative. Sachant que cette fleur est une variété de Lys, on peut reprendre le Lys bien connu de James Barrie et Walt Disney : Tiger Lily (souvent improprement traduit par Lily la Tigresse), soit Lys Tigré dans les versions françaises.

Je propose ainsi le Chteau de Tigrelys (ou Tygrelis). On y retrouve une mention à un animal féroce (tigre contre phacochère), ainsi qu’un ton moyengeux (le lys renvoie à la fleur de lys des étendards). Et franchement, ça en jette mieux pour une école que Poux de Lard…

Évidemment, il est bien trop tard pour changer le nom de ce chteau.
Mais ce thibillet nécessitait d’être écrit.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Poudlard

Plaidoyer pour l’introversion

Ce thibillet se fonde sur les théories de la personnalité de Jung, et leur mise en application par Katharine Cook Briggs et Isabel Briggs Myers (intro ici).

Jung définit deux modes de relation au monde : l’introversion, l’extraversion. Je n’aime pas ces termes, car ils ont des connotation exagérées dans le langage courant. Un extraverti n’est pas obligatoirement une personne qui parle fort et qui danse sur les tables ; un introverti n’est pas forcément un asocial mutique et tourmenté. Simplement, un extraverti est une personne qui a une inclination naturelle vers le monde extérieur : objets et individus orientent – et alimentent – son énergie. Ainsi, un extraverti aimera la compagnie des gens, ou bien il déprimera s’il est laissé seul trop longtemps, il appréciera les discussions à bâtons rompus, et il préfèrera organiser ses week-ends en « sorties ». Par opposition, un introverti aimera avoir du temps à lui, pour se ressourcer dans le calme (lecture, prise de notes…), car c’est dans son monde intérieur (les idées, les concepts) qu’il puisera son énergie à lui.
Il ne s’agit pas d’un mode unique de fonctionnement, plutôt d’une préférence naturelle pour l’un ou pour l’autre penchant. Cette préférence peut d’ailleurs avoir été contrariée au cours du développement de l’individu, en fonction des valeurs familiales ou sociales dominantes à cette période.

Or, nous vivons dans un monde d’extraversion.

Nous sommes sollicités par des stimuli extérieurs incessants. Appels téléphoniques, émissions télévisées, e-mails, publicités, démarchage à domicile, c’est un flot permanent d’informations que nos sens doivent traiter. Ils diffusent même de la radio dans les parkings souterrains, c’est dire… Dans ce monde, un extraverti (70% de la population) sera à l’aise, parce que ce monde a été créé pour lui, il lui envoie de l’énergie sous la forme d’images, sons et demandes d’interaction. Les valeurs présentées par nos sociétés exacerbent d’ailleurs les valeurs de communauté (fut-elle virtuelle), d’esprit d’équipe, et le côté « branché » (sur la nouveauté, sur l’information, sur les tendances…). Par opposition, la solitude est connotée négativement : une personne laissée seule, c’est pas bien pour elle, elle va être malheureuse.

Dans ce monde, les introvertis souffrent. Les musiques de leur monde préféré sont couvertes par le vacarme incessant du monde extérieur.

Dans une BD que j’ai bien aimée, Pilules bleues, le dessinateur-narrateur cotoie un jeune enfant, et il se dit « C’est marrant, les gosses, ils te posent une question, tu réponds, et là, il y a un moment de silence, tu peux voir qu’ils mettent en marche leur disque dur (crrrr, crrrr…) pour intégrer ta réponse ».
Ce que ce narrateur n’a pas compris, c’est que seul un enfant introverti procède ainsi. Un enfant extraverti va reposer une autre question immédiatement derrière, ou bien se mettre à parler car c’est par l’échange constant qu’un enfant extraverti réfléchit et apprend.

Si, quand vous posez une question à un enfant, vous voyez le disque dur se mettre en marche (crrrr, crrrr…), c’est probablement un introverti. Ce n’est pas du tout un défaut, et cet enfant donnera (si on lui en laisse l’occasion) des choses bien plus profondes et mieux pensées que celles que produira un extraverti. Mais l’extraverti a de la répartie, et ça, c’est valorisé socialement. Pour l’enfant introverti, ce sera difficile de grandir dans un monde qui ne respecte pas son mode de fonctionnement propre. Il devra s’adapter, car ce n’est pas le monde qui va s’ajuster. Voire, cet enfant sera perçu comme (en variant le ton) : rêveur, solitaire, renfermé, lent, asocial. Et le monde extérieur se chargera bien de lui faire comprendre qu’il n’a pas la bonne orientation.

Je suis, par orientation naturelle, extraverti. Mais je traverse depuis quelque temps une grande période d’introversion (ces choses-là peuvent alterner régulièrement au cours d’une existence). Et j’avais rarement autant mesuré la violence avec laquelle le monde extérieur s’impose aux introvertis, minorité statistique et culturelle.

[edit] Je ne l’ai pas mentionné, mais quand je dis « le monde extérieur s’impose aux introvertis », dans « le monde extérieur », j’inclus les extravertis. Ceux-ci, les pauvres, ne savent pas forcément que leur comportement – naturel, rappelons-le – est très intrusif pour un introverti. Poser une question, ne pas attendre (crrrr, crrrr…) la formulation d’une réponse pour en poser une deuxième, ou encore intervenir pour préciser la première question (en se disant « s’il est silencieux, peut-être ai-je mal posé ma question »), jouer au ping-pong verbal (interrompre, finir les phrases, parler en même temps), sont autant de pratiques « naturelles » des extraverti(e)s qui désarçonnent l’introverti, le déstabilisent voire le secouent fortement… retardant d’autant, voire annulant, les réponses que celui-ci préparait.[/edit]

Publié dans MBTI | 6 commentaires

Mon rêve de cette nuit

Habituellement, je n’aime pas mes rêves de boulot. Passer une partie de ma nuit à gérer des situations ubuesques, alors que je serais censé me reposer de mes journées, non merci.

Mais cette nuit, le rêve avait une grande qualité formelle et scénaristique. J’étais avec mon collègue WW (cherchez pas, ça n’est pas le propos) et nous faisions un cours en double animation sur « la création de valeur ». C’était face à un public de jeunes adultes, genre le mastère spécialisé Bricolage & Confiture. Nous étions sur une plage au soleil, et il fallait leur faire passer quelques concepts simples. WW avait sorti un tableau synthétique (genre, un bilan résumé en deux lignes) et disait « Tu vois, on leur présente le premier chiffre, et pour ceux qui veulent raffiner le raisonnement, on peut même calculer un indicateur avec la somme des deux chiffres ». On était donc dans la haute finance. Mais on rigolait bien, c’était des choses qu’on savait faire, de toute façon tout le monde était en short.
Et WW, voyant un sapin de Noël avec ses décorations (normal, sur une plage), me dit « Ah, je déteste ces gens qui abandonnent leur sapin de Noël ! Une fois, j’en ai vu un qui avait été abandonné au milieu d’un aéroport, tu imagines ! »
Puis il me confie « En fait, c’est parce que j’ai eu une liaison autrefois avec Patrick Sabatier, et qu’au moment où il a rompu, il est parti avec le sapin de noël ».
Et moi, tout en finesse, de répondre « Ah, tu as dû avoir les boules ! »

Dzim boum tagada, je me suis réveillé de belle humeur.

Publié dans Hahaha | Commentaires fermés sur Mon rêve de cette nuit