Pendus en suspens

Pendus.jpg

Elle lui offrait des vêtements –

ou pire, faisant les courses ensemble, le convainquait d’acheter des vêtements –

qui ne lui plaisaient pas.

Après deux ans de purgatoire dans la penderie,

les vêtements retrouvaient leur liberté

chez le fripier ou dans une oeuvre paroissiale.

Publié dans Fonds de miroir | Commentaires fermés sur Pendus en suspens

La Banque Publique d’Investissement (BPI), les startups et les pigeons – quelques réflexions que j’aurais pu faire à un journaliste

ArgentStartUp.jpgDécidément, je n’ai pas de chance avec les journalistes depuis quelque temps. J’avais eu une première mésaventure qui m’avait permis de forger le Ratio de Canard, puis une deuxième mésaventure avec une lettre de ma part pour bien recouper le poil du Canard avant qu’il ne se rétracte. Au début de cet après-midi (vendredi), un journaliste m’appelle au sujet de la BPI. J’étais en plein dans la rédaction d’un de mes propres articles, aussi nous convenons de nous rappeler à 16h30.  Mais – et c’est là où je commence à avoir la puce à l’oreille – il me pose tout de même quelques questions à la va-vite. Je lui fais des réponses tout aussi à la va-vite, et lui dis qu’on se parlera plus aisément à 16h30 – tout en me demandant s’il rappellera effectivement, ou bien s’il estimera avoir tout glâné en 5mn.

16h29, je me suis rasé, je suis à côté du téléphone.

18h49, je me sers un verre, il n’appellera plus.

Aussi, fidèle à mon habitude, et tant qu’à avoir planché un minimum sur le sujet, je livre mes deux centimes de réflexion sur le sujet de la BPI (Banque Publique d’Investissement).

Je me sers – fort commodément – des questions de ce dit journaliste pour orienter cette synthèse.

Question : La BPI pour financer les entreprises françaises, est-ce une structure adaptée ou inadaptée ?

(Veuillez noter la demande journalistique, qui veut toujours qu’on réponde par Blanc ou Noir. Mais nouzautres, les professeurs-chercheurs, nous suivons toujours l’exemple de notre maître à penser, Jean-Jacques Goldman, et son bel album Entre gris clair et gris foncé).

Ma réponse : en tant que telle, la BPI n’est que la fusion de plusieurs entités qui faisaient déjà ce travail = Oséo et CDC Entreprises, avec une saupoudrée de FSI par-dessus. Aussi, quant à se prononcer sur l’adaptation de cette fusion… Je me permets d’être un peu dubitatif. On se souvient d’une autre fusion : ANPE et Assedic, qui a donné lieu à un « guichet unique » appelé Pôle Emploi. Plusieurs mois après, on constatait que le guichet unique avait du mal à masquer deux systèmes qui, ma foi, n’avaient pas l’air d’avoir fusionné.

Ce n’est pas en déclarant une fusion, et en recrutant / formant à la va-vite des petits jeunes (ou moins jeunes) qu’on crée de l’efficience. L’efficience, ça ne passe pas obligatoirement par la case pognon, mais il faut reconnaître que ça aide. En bref, une entité unique sans financement conséquent, c’est aussi amusant que de dire qu’en collant le corps d’un lézard à la carcasse d’un pigeon, on obtiendra un dragon qui vole.

Question : À propos des pigeons, il y a une controverse : ce gouvernement taxe plus lourdement les entrepreneurs (et ceux-ci roucoulent de colère sur Facebook) et la BPI arriverait pour aider ces mêmes entrepreneurs, n’est-ce pas paradoxal ?

La question est très (trop) simpliste.

Ce que l’on peut retenir de la colère des entrepreneurs (mouvement des pigeons) tient à mon avis en trois choses : ils s’indignent de l’alourdissement de la taxation des plus-values lors de la cession de leur entreprise ; ils grognent contre la hausse des charges sociales qui leur est imposée ; ils s’énervent contre des amalgames à vrai dire assez malheureux (entrepreneurs = riches ; entrepreneurs = patrons profiteurs).

Je ne vois là-dedans pas grand chose que la BPI pourrait contrebalancer, il n’y a pas vraiment de « paradoxe » (mais le journaliste aime bien cette notion de paradoxe : créer le paradoxe, c’est augmenter la valeur de l’analyse qui va suivre). Je vais donc essayer de lier deux phénomènes qui à mon avis ne sont pas clairement liés.

1. Rappelons le principal problème des entrepreneurs : trouver de l’argent qui leur permette de survivre suffisamment longtemps pour arriver à la profitabilité. La plupart – si ce n’est la totalité – des entrepreneurs que je rencontre ou que je conseille sont certes animés par la foi inébranlable de leur idée, mais ils sont confrontés à un problème dramatique : leur idée prend du temps à décoller, et nécessite des fonds de démarrage souvent très importants. Quelles sont les solutions ?

  • Investir leurs propres deniers ou faire appel au Love money, l’argent de leurs proches. Ça dure un temps, d’autant que la majorité des entrepreneurs ne viennent pas de la famille Kennedy-Onassis.
  • Faire appel aux Business Angels : ceux-ci, entrepreneurs qui ont réussi, réallouent leur argent dans d’autres projets. Ils ont des qualités (ils savent ce qu’est l’entrepreneuriat, ils ont de l’expérience à transmettre) mais aussi des défauts inhérents au contexte : ils sont peu nombreux, et comme tout être humain, sensibles aux conditions légales et fiscales dans lesquelles ils s’engagent. Or, sur 10 sociétés financées par un business angel, peut-être une seule sera un vrai succès. Cela signifie que le succès de cette société doit non seulement rémunérer le capital qui a été engagé dedans, mais aussi compenser la perte du capital dans les 9 autres. C’est là où on voit que la variable fiscale (taxation de la plus-value à la fin) peut modifier cet équilibre subtil qu’on appelle le couple risque-rentabilité : si la rentabilité finale baisse et ne compense plus les risques pris, les business angels ne financent plus (autant) les startups. Mais l’ampleur du phénomène est à ma connaissance difficilement mesurable : qu’il y ait moins de business angels, peut-être ; mais que ce soit dû essentiellement à cette réforme fiscale, on n’en sait rien. À mon avis, les business angels qui quittent la France le font pour des raisons autrement plus structurelles et profondes – voire morales – que la récente annonce sur la taxation des plus-values à la sortie. Donc analyse simpliste.
  • Faire appel aux banquiers. Hahahaha. Passons vite. Ce n’est pas le métier du banquier, qui prête de l’argent temporairement en échange de garanties solides de paiement de l’intérêt et du remboursement du capital. Toutes chose qu’un entrepreneur, malgré son feu sacré, ne peut garantir tangiblement. Donc les banquiers ne financent pas les startups, point.
  • Il reste donc l’aide publique. Cela mérite une analyse un peu détaillée, parce que cette aide publique recouvre différentes choses.

2. L’aide publique de la BPI (ou ce que j’en comprends aujourd’hui, et les questions qui en découlent)

La bonne chose est que la BPI n’aura pas autant une exigence de rentabilité, voire de sécurité : si elle suit un objectif de politique publique, elle peut avoir pour ligne directrice de « financer en limitant les pertes », alors qu’un acteur privé « finance en cherchant une rémunération correcte ». Cela laisse évidemment plus de latitude, et permet de financer plus d’entreprises (pas seulement les plus mirobolantes, aidons les jeunes). Maintenant, balayons rapidement les différents types d’aides, juste pour souligner leurs différences :

  • Des subventions. Remboursables à la fin ou non, le plus souvent sans intérêt, ce sont des prêts gratuits, voire des dons (si non remboursables), même si la fiscalité des subventions resterait à assouplir (une subvention donnée par l’État est souvent considérée comme un revenu, qui est donc taxé et qui renvoie l’impôt à l’État – avec en plus les problèmes de trésorerie inhérents : le moment où l’on touche la subvention n’est pas le même que le moment où l’on doit régler l’impôt. On peut faire plus simple, non ?)
  • Des prêts. La BPI se susbtitue alors aux banquiers, avec un objet social (pour une fois, ce terme porte bien son nom) différent. C’est intéressant, dans la mesure où cela fait intervenir dans le financement des startups un élément qui est souvent chroniquement absent (cf. ci-dessus) : les dettes financières. Et l’intérêt d’une dette, c’est qu’elle est temporaire dans le financement. Une fois remboursée (c’est-à-dire, une fois qu’on commence à gagner plus d’argent qu’on en dépense), l’entrepreneur reste seul au contrôle de sa société, la banque (ici la BPI) ayant aidé à « faire la soudure », parfois pendant plusieurs années. C’est une vraie aide au développement des sociétés.
  • Des apports en capitaux propres. Plus rares (et je ne sais pas quelle en sera l’étendue dans la future BPI), les apports en capitaux propres consistent à se présenter comme un « Business angel public », qui investit dans la société en échange de parts. La BPI devient alors actionnaire des startups. Et ce qui pourrait être poilant, c’est qu’en temps qu’actionnaire, elle sera soumise à la même taxation sur la plus-value en cas de revente de la société. Entrepreneurs et BPI vont alors souffrir en même temps de cette réforme fiscale. Cela reste néanmoins à approfondir : rien ne dit qu’il n’y aura pas un mécanisme de derrière les fagots pour dire « ah ouais mais en fait les apports de la BPI ne sont pas assujettis à la taxation sur la plus-value ». Les décisions politiques sont presque aussi volatiles que la Bourse, c’est dire.

En conclusion sur ce point, et c’est une idée importante : la création d’une BPI n’apporte rien de nouveau. Toutes ces missions, tous ces financements sont déjà mis en place soit chez Oséo, soit chez CDC Entreprises, soit dans le FSI. La création d’une BPI « chapeautant » (à mon avis, c’est ce qu’elle fera, je n’écris donc pas « intégrant ») ces organismes pré-existants ne peut apporter une contribution qu’à certaines conditions que je liste ci-dessous.

3. Les points de vigilance sur la création et le développement des actions de la BPI

Je vois 3,5 points majeurs de vigilance pour juger du bien fondé de la création de cette entité : les missions, les moyens, la gouvernance (et un demi-point : les synergies).

(a) Les synergies (valeur au barême : 1/2 point)

On peut arguer qu’en intégrant ou fusionnant Oséo / FSI / CDC entreprises, on va faire des économies et on va améliorer la qualité des interventions (ce qu’on appelle les synergies d’une fusion). Mais l’histoire des entreprises nous montre que les fusions sont coûteuses en frais d’intégration, et que les projections futures sur-estiment régulièrement les économies, alors qu’elles sous-estiment dramatiquement les coûts marginaux de fusion. À ce jour, rien ne permet d’affirmer qu’une BPI unique sera plus efficace ou moins coûteuse que les 3 entités précédemment mentionnées. Il faut ajouter à cela des frais de superstructure, des conseils d’administrations supplémentaires, bref, toute une bureaucratie. Or l’ajout de bureaucratie a rarement été synonyme d’efficience (c’est un euphémisme).

(b) les missions

Dans une économie où l’on nous rebat les oreilles de mots comme austérité, réduction du déficit public, économies sur les dépenses publiques, j’aimerais bien que la mission de la BPI soit clairement affirmée – et tenue au fil du temps – par exemple sous la forme « la mission de la BPI n’est pas de faire fructifier l’argent de l’État, mais bien d’encourager et développer la création d’entreprises innovantes, de les soutenir tant qu’elles ne sont pas arrivées à la profitabilité, puis de se retirer grâcieusement en se réjouissant du développement du tissu économique et de la création d’emplois pérennes ».

(c) Les moyens

Si la création de la BPI ne s’accompagne pas d’une levée de capitaux supplémentaires, alors il n’y aura aucune ressource additionnelle générée par cette fusion, alors qu’il y aura forcément des coûts additionnels. Et donc, sans dotation de fonds supplémentaires conséquents, la création de cette BPI sera juste celle d’une grosse verrue supplémentaire dans le système fonctionnel français. Il reste donc à voir si la BPI sera dotée de fonds additionnels, et dans quelle proportion, et avec quelles missions (cf. point (b) ).

(d) La gouvernance

Une des questions majeures dans une politique industrielle est celle de sa stabilité dans le temps. De même qu’il faut parfois plus d’un siècle pour qu’une politique de natalité donne des résultats pérennes, une politique industrielle à 10 ou 20 ans ne peut pas se détricoter au rythme des mandats électoraux. Cela nécessite une indépendance par rapport au pouvoir politique. Cette indépendance doit reposer sur des mécanismes de gouvernance ( = de contrôle raisonnablement indépendant) et de transparence : le contribuable intéressé et motivé doit pouvoir retracer l’utlisation des fonds et leur adéquation avec la mission publique, de même qu’un donateur à une oeuvre d’utilité publique se voit communiquer régulièrement un détail de l’utilisation des dons qui ont été faits. Certes, cela fait un peu « boy scout idéaliste » de penser qu’on peut empêcher totalement les conflits d’intérêts. Mais il serait bon pour le moral des contribuables (qui votent) de leur rendre régulièrement des comptes. C’est probablement ce qui fait la différence entre une démocratie et une république bananière : la transparence. Et je le répèterai toujours : la garantie d’une démocratie, c’est ausi le travail d’un bon journalisme d’investigation, avec des enquêtes en profondeur qui dépassent les synthèses de comptoir de bar.
Ce qui nous ramène à ce journaliste dont je n’ai pas retenu le nom. Il m’a appelé en tout début d’après-midi, et nous nous sommes fixé un RV à 16h30. Entre-temps, son site a publié un article… sur la BPI, tiens donc. A-t-il jugé que ce que j’avais dit en 2 mn suffisait ? Est-ce une pure coïncidence (un collègue publiant aussi sur la BPI à 13h07, soit après son coup de téléphone, et lui ne rappelant pas à 16h30, les deux événements étant bien sûr totalement indépendants ?) Nous ne le saurons probablement jamais, et ça ne va pas nous empêcher de dormir – mais j’aimerais tout de même qu’on s’excuse quand on me pose un lapin.

Le côté positif, c’est que j’ai pris le temps d’organiser mes pensées, et que vous y avez gagné une synthèse de mes réflexions sur la BPI. En espérant qu’elle vous aie intéressé(e)s.

Publié dans Finance | 4 commentaires

Retrouver rapidement un fichier ou un dossier – sous Linux, Windows, Mac OS

Magnify.jpg

En terme d’organisation de mes fichiers et dossiers dans un disque dur, j’ai souvent un compromis « profondeur-étendue ».

  • L’étendue doit être limitée : quand j’ouvre une fenêtre, j’aime bien tout voir, ce qui limite le nombre (étendue) des fichiers et dossiers dans une fenêtre. Ma règle – qui souffre de beaucoup d’exceptions – est de ne pas avoir plus de 5 dossiers et 5 fichiers dans une fenêtre donnée. S’il y en a plus que ça, il est probablement temps de créer des sous-dossiers supplémentaires.

  • Mais se pose alors un problème de profondeur : pour atteindre un fichier donné – par exemple un examen de finance du MBA Exec (21ème mondial, ça vient de tomber) – il faut cliquer sur une suite de dossiers dans l’arborescence (avec le fichier de l’exemple précédent, une fois que j’ai lancé l’explorateur de fichiers, il me faut 6 double-clics, soit une profondeur de 6 dossiers à partir de mon répertoire de fichiers).

Or je ne suis pas un garçon patient.

Je cherchais donc un (ou  plutôt des) utilitaire(s) de recherche rapide, très rapide, qui permette de rechercher fichiers ou dossiers, et du genre « la recherche commence à afficher des résultats dès les premières lettres tapées ».

J’en ai finalement trouvé 3, un par système d’exploitation que j’utilise.

Les voilà, par ordre de découverte :

  • Sous Linux (je tourne sous Lubuntu), j’aime beaucoup gnome-search-tool. Il trouve tout (fichier ou dossier), par nom, très rapidement.

  • Sous Windows, j’ai mis du temps avant de trouver Ultrasearch(merci Korben). S’ouvre en tâche de fond, et n’a pas besoin de créer un index avant de commencer à travailler. Ultra rapide, car il cherche dans la table d’allocation NTFS, donc n’a pas besoin de scanner tout le(s) disque(s) dur(s).

  • Enfin, sous Mac OS, j’ai trouvé la semaine dernière l’utilitaire qui va bien. Les Macophiles vont me parler de Spotlight (inclus dans le système) mais Spotlight est lent. Alors que, je ne sais par quel prodige, DataLore – pourtant s’appuyant sur Spotlight – est super rapide. Seul inconvénient (bénin) : c’est le seul qui ne soit pas gratuit, il coûte 10 dollars canadiens, c’est-à-dire rien comparativement au gain de temps cumulé.

Aussi, sous chacun de mes systèmes, une même séquence de touches (Ctrl-Alt-F) appelle une fenêtre, je tape « MBA » et pouf, j’ouvre directement le fichier ou le dossier qui m’intéresse dans la liste sans avoir à naviguer dans l’arborescence tentaculaire de mes ordinateurs matrixiens.

Seul inconvénient : avoir des noms de fichiers et de dossiers un peu structurés – qui contiennent le bon mot, donc.
Mais c’est un exercice intellectuel assez stimulant : montre moi ton disque dur, je verrai l’intérieur de ta tête…

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur Retrouver rapidement un fichier ou un dossier – sous Linux, Windows, Mac OS

Caillou – Soir d’octobre

Hopp2.jpg

Sur fond de ciel gris

Façades au soleil couchant

Edward Hopper live.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Soir d’octobre

Comme un vendredi…

pompes.jpg

Quelqu’un était à côté de ses pompes, ce matin…

(ou « c’est fou ce qu’on peut voir sur un quai SNCF le matin en allant au boulot »)

Publié dans Photo | Commentaires fermés sur Comme un vendredi…

Rangement post moderne

cables.jpgL’indication que tu deviens vraiment fou furieux (ou vraiment sage, mais dans beaucoup de cultures, c’est considéré comme étant la même chose) :

Quand tu individualises tes câbles et transfos dans des sacs congélation pour faciliter le rangement (?) et aider à retrouver plus facilement (?) le bon appareillage la veille d’un départ en vacances.

(La recherche se faisant typiquement dans le créneau 1h-3h du matin).

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur Rangement post moderne

Ma lettre à un journaliste…

Monsieur,
vous m’avez sollicité dans l’urgence (le jour-même de la remise de votre article), ainsi que des économistes, pour avoir mon opinion sur la remontée récente des marchés boursiers.
Bien qu’en vacances, j’ai pris sur mon temps pour vous répondre. À la parution de votre article, je constate que ni mon nom ni celui d’aucun économiste n’est cité. Je conçois parfaitement qu’un journaliste ne soit pas pointu dans un domaine, et qu’il ait besoin de se renseigner. Que cela se fasse dans l’urgence, cela peut se comprendre aussi, à cause de l’actualité. En revanche, le fait qu’il ne cite aucune des personnes qui lui ont donné des idées introduit à mon avis plusieurs réflexions :
– je rappelle que nous, les soi-disant experts, ne sommes jamais payés pour répondre dans l’urgence à ce genre de demande. Si nous ne sommes pas cités nommément, alors ni nos institutions de rattachement, ni nos éditeurs ne bénéficient de reconnaissance, alors même que nous avons accompli un travail pour vous, sans qu’il ne vous en coûte rien.
– en synthétisant (souvent mal, mais c’est un autre débat) nos contributions, vous donnez à penser que vous seul avez produit l’information (la Bourse monte) ET l’analyse (pourquoi la Bourse monte-t-elle). C’est extrêmement trompeur sur la nature du travail que vous avez réellement fait (prendre des contacts, des opinions et des analyses, puis les mettre en forme tant bien que mal).
– dans nos milieux académiques, il est permis de ne pas avoir d’idées originales (après tout, tout le monde n’est pas Einstein), mais en revanche, il est très mal vu de reprendre les idées des autres sans les citer. Ce crime intellectuel est une imposture.
– Vous pouvez jouer ce jeu (j’ai déjà eu l’expérience d’autres journalistes faisant la même chose), car un expert échaudé par ce genre de pratique va rarement prendre le temps de réagir, ou sa réponse sera noyée, et vous trouverez donc toujours d’autres personnes prêtes à vous répondre… une fois. J’espère que ce mail (que je poste aussi sur mon blog, sur Facebook et en commentaire à votre article) contribuera à faire cesser ce genre de comportements limites en terme d’éthique
C. Thibierge

Publié dans Finance | Commentaires fermés sur Ma lettre à un journaliste…

(Mauvaise) pensée d’été

Sur les appareils-photo, il y a un mode Macro. Il faudrait aussi un mode Morue.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur (Mauvaise) pensée d’été

Caillou – 9 AM

Petite araignée
Intriguée par la cafetière
Matin de vacances.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – 9 AM

машинный перевод

C’est ça, prends-moi pour un ветчина

Paypal.png

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur машинный перевод

Ce qui m’énerve…

Les gens qui, dans un exercice de présentation où on dit « présentez-vous avec votre principale qualité et votre principal défaut », donnent comme défaut ce qui peut très facilement être apparenté à une qualité. Voilà mon top 3 :

Quel est votre principal défaut :
– je suis perfectionniste

Quel est votre principal défaut :
– je suis très franc

Et mon personal best (vraiment entendu) : Quel est votre principal défaut :
– je ne tolère pas l’injustice

Publié dans Réflexions | 2 commentaires

Batana – Aka-blö

Aka-blö : n. m. Sous-variante du Blö. Personne qui marche en consultant son téléphone portable (donc, lentement, et sans regarder où elle va, rétablissant la trajectoire par de très brefs sondages visuels).

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Aka-blö

Élections présidentielles 2012 – le spectre du 3ème homme

Nous sommes à 9 jours du premier tour de l’élection présidentielle.

Hormis les deux premiers candidats, la grande question des dernières semaines a été : qui sera le 3ème homme (femme), c’est-à-dire la personne dont le report des voix du premier tour pourrait influencer le résultat du second tour.

Voici mon analyse.
 
NB : Les chiffres sont tirés du dernier sondage BVA, avec leur marge d’erreur. Ces chiffres peuvent évoluer. Les nombres de propositions / pages sont tirés des sites des candidats. les candidat(e)s sont classée(e)s par intentions de votes décroissantes.

Candidat(e) à l’élection présidentielle Nombre de propositions / engagements Intention de vote au premier tour
François Hollande 60 engagements (23 pages) 30%
Nicolas Sarkozy 32 proposition (8 pages) 27%
Abe Stancion 0 proposition (0 pages) 20-24%
Marine Le Pen 9 pages de feuille de tableur (et liens thématiques sur le site) 15%
Jean-Luc Mélenchon 35 pages 13%
François Bayrou 17 pages 11%

Analyse : c’est évidemment le candidat en 3ème position (Abélard – dit « Abe » – Stancion) qui suscite mes commentaires.
Propositions : zéro.
Site web : inexistant.
Présence dans les médias : diffuse.
Présence dans notre entourage : relativement forte (nous connaissons tous des personnes dont la manière d’exprimer leur vote consistera à apporter leurs voix à Abe Stancion).
Les questions qui se posent sont : pour quoi / pour qui votent exactement ces 20-24% d’électeurs ? Quelles sont leurs demandes et leurs aspirations ? Enfin, sont-ils une catégorie hétérogène, dont la seule caractéristique commune est leur démarche vis-à-vis du vote, ou bien ne constituent-ils pas une catégorie homogène (ou plusieurs sous-ensembles de catégories homogènes) qui mériteraient d’être décortiquée(s) ?
Une seule certitude : 20-24%, c’est beaucoup. C’est autant que les scores cumulés des deux derniers candidats du tableau. À comparer aux budgets et à l’énergie dépensés par ces candidats, ce chiffre de 20-24% rend songeur… ou perplexe. Ou très inquiet.

Publié dans Réflexions | 2 commentaires

Caillou – Sécurité des saisons

PigeonRamier.jpg

Retour de printemps

Deux dodus, redingote grise

Mes pigeons ramiers.

Publié dans Non classé | Un commentaire

The Matrix Fork

ThatRoad.jpg

Because you have been down there, Neo.

You know that road.

You know exactly where it ends.

Now there is a fork in my roads. I know exactly where one ends – the one I have been taking for too many years.

Neo says « there is no spoon ».

But there is a fork.

Publié dans Perso | 2 commentaires

Caillou – Dimanche soir

nuit.jpeg

Tant de choses restant
Sur ce que j’avais à faire
La nuit est tombée.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Dimanche soir

Mana mana

janice.jpg

Il y a des gens, quand ils parlent, on dirait une marionnette du Muppet Show.

Publié dans Fonds de miroir | 2 commentaires

Inception Saint Lazare

ariadne.jpgLa gare Saint-Lazare est en travaux depuis plusieurs années. Mais voilà quelques mois, nous sommes passés à une nouvelle phase : le labyrinthe. Chaque matin, chaque soir, on emprunte le chemin habituel, tel le mulet moyen, et paf, une cloison de chantier bloque désormais le passage, mais, miracle, un escalier roulant vient de surgir de terre, vivante représentation des escaliers mouvants dans Harry Potter, ou des paradoxes escheriens dans Inception. Chaque jour réinvente son parcours et nous pousse à la vigilance.

J’aime bien ce petit jeu intellectuel, j’imagine que comme dans Inception, chaque matin à Saint-Lazare, un ingénieur (Cobb) demande à une architecte (Ariadne) : « Allez, encore une fois, aujourd’hui, dessinez-moi en 1 mn un labyrinthe qui prenne aux piétons au moins 2 mn à résoudre ».

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Inception Saint Lazare

Une mini-interview sur les bonus des traders

Entreprendre_Traders.jpgContrairement à la mésaventure narrée dans ce thibillet, j’ai été cette fois-ci correctement et sérieusement cité dans un article, certes court, mais qui a le mérite de la clarté. (Magazine Entreprendre).

On peut certes sourire à « l’effet criquet » (il s’agit en fait d’un effet de cliquet, typo bien pardonnable), mais l’ensemble a le mérite de la concision. Je lui attribue un Ratio de canard d’au moins 1/3, sinon plus ! 🙂

Et merci à EmmaTSZ, efficace et toujours souriante entremetteuse médiatique.

Publié dans Finance | 2 commentaires

Si on pousse à l’extrême…

blabla.jpgDans les joutes oratoires (que je contemple désormais plus en tant qu’observateur qu’acteur, car nous allons tous mourir, alors à quoi ça sert de faire son lit chaque matin), il y a un argument qui a l’air imparable, alors qu’il est inepte.

C’est « Ce genre d’argument ne tient pas, parce que si on le pousse à l’extrême… »

Ben oui, toute chose qu’on pousse à l’extrême ne peut donner que des choses extrêmes, ça ne prouve donc rien…

Exemple :

  • surveiller son poids, c’est bon pour la santé. Ah ben non, parce que si on pousse cet argument à l’extrême, ça reviendrait à se peser chaque minute, et on ne pourrait plus rien faire d’autre. Donc c’est bien la preuve que surveiller son poids est mauvais.

La prochaine fois, nous verrons l’intérêt de l’enchaînement des expressions « en même temps c’est pas faux ».

Publié dans Non classé | 2 commentaires

Caillou – Rafaello pittore

Dans Vérone l’ancienne
Les tags se battent sur les murs
Graffiti birbe !

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Rafaello pittore

Caillou – Sole

Pétales colorés
En caniveaux de Vérone
Fin de carnaval.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Sole

Synchronicité financière

Hier soir, je faisais une conférence sur « la finance est-elle toxique ? » (vidéo à venir). Trois éléments de synchronicité amusants se sont produits (je jure sur la tête d’Adam Smith que je n’étais pas au courant) :

  • Je parlais du fait que la finance, ça peut être rendu très compliqué par des gens qui (1) ne sont pas clairs ; (2) sont trop arrogants pour s’abaisser à expliquer pédagogiquement ; (3) ont intérêt à laisser un voile d’opacité sur leurs affaires. J’illustrais mon propos en montrant que des concepts financiers (la covariance, la création de valeur, rotation et marge, l’importance du paiement des créances) pouvaient parfaitement être expliqués par des images. Et pour la création de valeur, j’ai pris l’intrigue de Pretty woman. Première synchronicité : plusieurs participants à la conférence m’ont prévenu que ce film passait justement le soir-même (juste le temps de rentrer de la conférence 😉 )
  • Lors des questions, un étudiant a confessé avoir ouvert un livre (yes !) durant un week-end (incredible !!) et posait des questions sur les prises de position de Milton Friedman. Ce à quoi j’ai répondu que je pouvais tout aussi bien citer d’autres économistes qui ont d’autres opinions (Joseph Stiglitz, John Maynard Keynes…) et que je n’étais pas sûr que cela ferait avancer le débat. Deuxième synchronicité : grâce au fil Twitter de Zvi Bodie (dont j’ai traduit l’ouvrage), j’apprends qu’un économiste à lu 17 livres expliquant la crise, et qu’il dit « Après chaque livre, j’avais l’impression d’en savoir moins. Et pour un chercheur, c’est un sentiment extrêmement frustrant ». Un peu plus loin, il dit « Si vous mettiez 5 économistes dans une pièce et que vous leur demandiez ce qui a causé la crise financière, vous auriez probablement 8 opinions différentes ».
  • Enfin, j’avais commencé en disant que la finance n’est qu’un outil, et comme pour la tronçonneuse, en finance, il y a une très grande majorité de bons bûcherons responsables (les directeurs financiers) et une minorité de psychopathes qui pratiquent le massacre à la tronçonneuse. Et voilà-t-y-pas que dans l’article pré-cité, l’auteur conclut par : « Si vous êtes ivre et que vous faites des moulinets avec une scie égoïne, vous ne pouvez pas faire grand mal. Mais si vous maniez une tronçonneuse, alors ça change tout. » Troisième synchronicité 🙂
Publié dans Non classé | 7 commentaires

Interview à l’occasion de la sortie de "Comprendre toute la finance"

VideoVuibert.png

Pour la sortie de « Comprendre toute la finance« , mon éditeur, Vuibert, a réalisé une interview de votre serviteur. Elle est ici, donc.

Publié dans Finance | 2 commentaires

Inbox Zero – Année du Dragon

mailbox.jpeg

Voici la première occurrence de « Inbox Zero » pour 2012.

J’ai donc vidé ma boîte de réception (=traité tous les mails), comme cela a déjà pu m’arriver (trop rarement hélas) par le passé.

J’utilise pour cela toutes les astuces glanées et appliquées depuis des années : filtres, archivage rapide, destruction sans pitié, utilisation du champ CC:, rédaction de sujets qui ont du sens…

Je n’ai pas envie de faire des statistiques longues ce soir, j’ai déjà donné dans les calculs de fou furieux sur les mails.

Il me suffit de savoir que pour 2011, j’ai 9 009 mails sauvegardés. Donc, hors spam et mails détruits, ma correspondance consiste en 9 009 mails en une année : 2706 envoyés pour 6 303 reçus (et gardés, je ne compte pas les mails détruits, rappelons-le).

Publié dans Productivité | Un commentaire

Fin du projet Prométhée – après 10 ans…

CouvComprendre.pngCertains d’entre vous le savent : j’ai travaillé depuis 10 ans à la rédaction d’un ouvrage de finance, plutôt orienté finance d’entreprise. Ce livre est désormais terminé, et sortira début février dans toutes les bonnes librairies. À cette occasion, je donnerai une conférence le 7 février, intitulée « la finance est-elle toxique ? Entre science occulte et chasse aux sorcières… », à laquelle j’ai le plaisir de vous convier.

L’inscription est gratuite (argument n°1), la conférence sera suivie d’un cocktail (argument n°2), et peut-être que la manière de traiter le sujet servira d’argument n°3.

En effet, je compte faire cette conférence dans le même esprit que celui qui m’a poussé à écrire ce livre : mettre la finance à la portée de tous ; inclure des images et de l’humour ; être rigoureux sur le fond, mais souple voire primesautier sur la forme. Cela signifie que lors de cette conférence, on parlera de finance, mais avec l’aide de Julia Roberts, du monde de Nemo ou des Tontons flingueurs (avis aux mes sensibles, on parlera aussi de Massacre à la tronçonneuse).

Je vous laisse prendre connaissance de l’invitation dans le lien ci-dessous (attention, il faut s’inscrire pour venir), en espérant vous revoir le 7 février.

Invitation à la conférence : http://goo.gl/as47z

Cordialement,

Christophe Thibierge

http://www.comprendretoutelafinance.com

Publié dans Non classé | 2 commentaires

Picasso, Van Gogh, et moi

Maaario.jpg(et parce que ça en vaut vraiment la peine, vous pouvez cliquer sur l’image pour l’avoir en grand).

Publié dans Non classé | 2 commentaires

Batana – Chapatauch et Safron

Chapatauch : n. m. Chaussures qui font chuic-chuic quand on marche (et spécialement, sur les Safrons).

Safron : n. m. Sol sur lequel les chaussures (et spécialement les Chapatauch) font chuic-chuic.

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Chapatauch et Safron

New Coat of Paint (Tom waits)

Voici, pour mémoire et discussion, les manipulations que j’ai faites pour faire migrer mon bleug.

Cela commence par « Pourquoi » (et vous êtes tous conviés à réagir sur le bien-fondé de certains points du Pourquoi) et continue par « Comment » (la partie la plus longue et ennuyeuse) pour terminer logiquement par « Jusqu’où ».

Pourquoi

  • Mon blog existe depuis janvier 2006, soit 6 ans (wouéééé !!!). À peu de choses près, je n’ai pas mis à jour la plate-forme de blog. Or, en 6 ans, beaucoup de choses ont évolué sur les plates-formes de blog. Pour n’en citer qu’une, qui ne vous est pas apparente mais dont je souffrais : l’identification et la gestion des commentaires « spam » (il faut savoir que j’avais 20 à 30 commentaires sur mes thibillets chaque jour. Le fait que ces 20-30 commentaires ne soient que des réclames pour du v!agra ne change rien à la popularité mondiale de ce blog).
  • À l’époque, j’avais développé un Thème de blog ( = la carosserie, l’apparence) qui était minimaliste, et pour cause : j’avais récupéré un kit développé par Kozlika, et l’avais adapté. Résultat : malgré des dizaines d’heures de travail (je ne suis pas trop doué en PHP), plusieurs personnes m’avaient dit et répété « comparé à votre blog, le site d’un monastère cistercien voué à la contemplation et au minimalisme apparaîtrait comme un Skyblog pour Pokemons (avec popups) ». Il s’agissait donc de rendre la visite et la lecture un peu plus agréables…
  • La mise à jour vers une nouvelle plate-forme devait réduire mon ratio « temps passé à revisser les boulons / temps passé à écrire » : la bidouille ne me dérange pas, m’amuse souvent, mais quand ça commence à représenter des heures et des heures cumulées, ma foi, j’aspire à plus de simplicité…

Comment

Le Blog tournait sous la plate-forme Dotclear 1.2.3 (janvier 2006, donc). Nous en sommes à Dotclear 2.4, c’est dire si de l’eau numérique a coulé sous les arcs électriques. Et comme la vie n’est pas simple, voilà la succession d’étapes et/ou retours en arrière, à ce jour :

  • J’envisageais de changer de plate-forme : passer de Dotclear à WordPress. Mais j’ai suivi mon intuition (à noter, nous y reviendrons) en me disant : « pour migrer vers une autre plate-forme, autant avoir une version de Dotclear récente, car elle me donnera plus de fonctionnalités d’export ». Donc il fallait d’abord mettre Dotclear à jour.
  • Or, on ne peut pas passer directement de la 1.2.3 à la 2.4 : en effet, la 1.2.3 fonctionne avec des bases MySQL 4.0 tandis que la 2.4 nécessite MySQL 5.0. J’ai donc, dans l’ordre :
    • Fait une sauvegarde text (flat text) du Blog 1.2.3
    • Fait une sauvegarde de la base MySQL 4.0 (tous mes thibillets, vos commentaires flous, les images, les vendeurs de v1agra, etc.)
    • Détruit la base MySQL 4.0 (car je n’ai droit qu’à une seule base dans mon abonnement, donc il faut détruire la 4.0 pour avoir le droit d’en créer une 5.0).
    • Créé une base MySQL 5.0
    • Importé la sauvegarde de la base MySQL 4.0. Ah, tiens, ça ne marche pas, le fichier n’est pas reconnu… Eh bien je suis content d’avoir fait aussi une sauvegarde en mode flat text, certes bien plus rugueuse, mais qui a l’avantage de toujours être reconnue, c’est du bête format texte genre CSV. À noter pour l’avenir : en matière de sauvegarde informatique, mieux vaut avoir ceinture et bretelles.
    • Migré Dotclear 1.2.3 vers la version 1.2.8
    • Réinstallé tous mes thibillets etc. grâce au fichier flat text.
    • Installé Dotclear 2.4 en parallèle sur le serveur, dans un autre dossier.
    • Migré tout le blog en utilisant une fonctionnalité interne à Dotclear 2 : importer depuis un blog 1.2.8.
  • Et donc là, j’ai eu mon nouveau Blog, tournant sous Dotclear 2.4 et MySQL 5.0. Joie et allégresse.
  • Hélas, dans cette sordide vallée de larmes qu’on appelle la Vie, les joies se paient cash, 2 fois, principal et intérêts capitalisés ( principe judéo-chrétien). Donc, quelque part entre deux conversions sus-mentionnées, tous mes caractères spéciaux (é, è, à, ï, €…) ont sauté, remplacés par des trucs immondes (Ä{, Ÿ, Ð, etc.). Après coup, je vois peut-être d’où ça vient : l’ancien blog était en ISO-8859 et le nouveau a été déclaré en UTF 8. Et vous croyez qu’on m’aurait prévenu à un moment donné ? Eh non, il faut le découvrir quand c’est trop tard, au détour de phrases comme « il faut le d¬©couvrir aprs coup ».
  • je sais qu’à ce niveau du thibillet, j’ai perdu les 93% de mon lectorat, mais j’en connais au moins deux qui ont suivi, et que ça pourra intéresser, donc je continue. Comment résoudre ce problème des caractères spéciaux ? Un rechercher-remplacer, bien sûr. Et là, nouvelle découverte passionnante : vous prenez un fichier Flat text, qui est parfaitement lu par Dotclear. C’est donc un fichier texte. Vous l’ouvrez avec un éditeur de texte  (gedit sous Linux, Notepad sous Windows…) ou un traitement de texte (Libreoffice, Word…), vous faites les rechercher-remplacer au format texte et vous ré-envoyez ce fichier texte dans le blog Dotclear. Qui dit alors « ceci n’est pas un fichier de sauvegarde Dotclear ». Le texte n’est plus du texte.
  • Il faut donc passer par un éditeur de texte particulier, Notepad++, qui le seul, à ma connaissance, conserve le statut Flat text au fichier, même après modifcattions (rechercher-remplacer, etc.) la mauvaise nouvelle : Notepad++ est un logiciel Windows, et je n’ai plus Windows chez moi. La bonne nouvelle : ça m’a permis de tester Wine, et donc de faire tourner parfaitement ce logiciel windows sous Linux, sans Windows. Je suis un enfant, je m’émerveille chaque jour.
  • Deuxième paiement cash : les liens vers des thibillets anciens sont désormais cassés. Il semblerait que sur l’ancien blog, j’avais opté pour l’adressage de liens façon PATH_INFO et sur le nouveau, lunatique que je suis, j’aurais par erreur choisir le QUERY_STRING. Donc les anciens liens sont cassés. « Qu’à celà ne tienne ! » dis-je avec ma bonne humeur coutumière, « Je vais faire un rechercher-remplacer sous Notepad++ sous Wine sous Linux pour remplacer les anciens liens PATH_INFO dans le Flat text par un adressage nouvelle manière, en QUERY_STRING, et je n’aurai plus qu’à réimporter le Flat text sous Dotclear 2.4.8, tout cela est hyper simple, rapide, et pas énervant du tout ! »
  • Eh bien je vous le donne Émile : alors même que je respecte scrupuleusement la syntaxe et que les changements ont eu lieu (je peux les voir dans le fichier texte), l’importation me donne toujours des liens cassés.

Résumé : j’ai migré mon blog de Dotclear vers Dotclear, et j’ai eu beaucoup de problèmes successifs. Au final, mon blog est bien migré, mais au prix de liens cassés, de quelques caractères € qui ne sont pas encore remplacés, et d’un grand vide existentiel.
Je me dis alors : Dotclear, OK, c’est vu, mais maintenant on va voir si une exportation finale vers WordPress ne permet pas de simplifier les choses. Et voilà, on retrouve mon intuition du départ. Qui se révèle totalement fausse : alors qu’un vieux WordPress pouvait récupérer les infos d’un vieux Dotclear, il semble qu’un WordPress récent ne peut plus récupérer les infos d’un Dotclear récent, qui de toute façon ne propose plus de les donner à WordPress.

Jusqu’où (quousque tandem)

Plusieurs options s’ouvrent désormais à moi.

  • La mauvaise stragégie : garder en l’état, et essayer de coller des rustines jusqu’à ce que ça marche comme avant que je ne migre.
  • la stratégie bourrin mais efficace : tout effacer et réinstaller depuis le début en évitant les erreurs intermédiaires. Par exemple, réinstaller Dotclear 2.4 à la racine, en le déclarant dès le début en PATH_INFO et en ISO-8859.
  • la stratégie back to the future : prendre un vieux Dotclear (1.2.8), l’exporter dans un vieux WordPress, puis migrer vers un WordPress récent.

Des réactions ? Des idées ? Des conseils paternalistes et condescendants ?

Publié dans Non classé | 4 commentaires

E-mails et génération spontanée : judgment day n’est plus loin…

Et voilà, pendant des années, j’ai écrit des thibillets pour essayer de me débarrasser des mails entrants. Mais ce que je ne savais pas, et que je découvre aujourd’hui, c’est que les mails se reproduisent entre eux, dans le délicat cocon de ma boite de réception. Sinon, à part la génération spontanée, comment expliquer que je reçoive 3 mails de plus que le logiciel n’en a comptés ?

Publié dans e-mail, Informatique et Internet | 6 commentaires

J’avAis rAison

Dans un thibillet le 21 novembre, je prédisais que la France allait perdre son AAA et que les marchés ne réagiraient pas (ou peu). Jean-Baptiste L. me rappelait cette prédiction nostradamusienne, et force est de constater que pour l’instant, elle est avérée. Si les marchés chûtent lundi, tout sera à revoir et j’aurai eu tort (et les marchés ne seront pas efficients sur ce coup-là), sinon, il restera à plancher sur le cas de l’Allemagne (tomberA, tomberA pAs ?)

Publié dans Finance | 9 commentaires

Jeu de prononciation en anglais – quel sera votre score ? :-)

Voici un jeu de prononciation en anglais. Il n’y a rien à gagner, sinon l’affichage de votre nom ou pseudo dans cette page, et la satisfaction d’avoir réalisé un beau score. Je me suis soumis à ce test, ainsi, vous pourrez vous étalonner relativement (benchmark) par rapport à ma propre performance, et en déduire que vous m’êtes bien supérieur(e) ou infiniment inférieur(e).

Voici le principe :

  • Vous allez vous enregistrer en MP3 (il y a un lien facile ci-dessous) en train de lire un texte en anglais.
  • Ce texte contient un ensemble de mots « pièges » en anglais.
  • Le but est de lire ce texte sans tricher (c’est-à-dire sans chercher auparavant les prononciations correctes), et de voir votre score. Si vous le souhaitez, j’afficherai votre score sur cette page avec votre vrai nom ou un pseudo, pour votre gloire et pour les générations futures.

Modalités pratiques :

  1. Sur la majorité des ordinateurs portables, il y a un micro inclus que vous pouvez utiliser. Sinon, il faut brancher un micro sur la prise micro de l’ordinateur.
  2. Vous pouvez vous enregistrer en utilisant un programme d’enregistrement audio (j’utilise Audacity) ou vous pouvez aller sur www.recordmp3.org et vous enregistrer en ligne. Warning : l’enregistrement en ligne est super simple et marche très bien pour des petits textes, mais le temps de transfert final m’a fait abandonner : je vous donne les deux possibilités ci-dessous, mais je vous déconseille la deuxième (recordmp3) pour un texte de cette longueur (plus de 8mn).
  • Si vous optez pour Audacity ou n’importe quel programme d’enregistrement en audio, lancez ce logiciel, puis allez sur la page du texte anglais, démarrez alors l’enregistrement sous Audacity,  affichez le texte anglais à lire et commencez à lire. A la fin de l’enregistrement, enregistrez le fichier au format MP3. Postez le fichier en utilisant le service d’envoi de gros fichiers de Free (http://dl.free.fr/) en mentionnant mon adresse mail (cthibierge arobase yahoo.fr) de telle sorte que je n’aie pas des dizaines de mégas à recevoir et renvoyer par mail. Free vous donnera aussi une adresse web de votre fichier, envoyez-la moi par mail.
  • Si vous optez pour recordmp3, ouvrez www.recordmp3.org dans un onglet de votre navigateur, la page du texte anglais dans un autre onglet, démarrez recordmp3 puis passez sur l’onglet du texte anglais à lire et de commencer à lire. A la fin, quand vous cliquez sur « Sauver », recordmp3 charge le fichier (ça prend du temps, voire beaucoup de temps : j’ai finalement abandonné et utilisé Audacity en local…) et recordmp3 crée un lien avec l’adresse internet de votre enregistrement, et vous pouvez aussi sauvegarder le fichier.
  • Même si vous bafouillez, n’arrêtez pas l’enregistrement, ce n’est pas un concours de vitesse. Ne décomposez pas votre lecture en plusieurs fichiers, c’est un seul fichier mp3 ou rien. Comptez un petit quart d’heure, à partir du moment où vous êtes prêt(e) à enregistrer : mon fichier mp3 dure 8mn11s.
  • Faites-moi passer le lien vers votre fichier par mail (cthibierge arobas yahoo.fr) avec votre Nom ou votre pseudo.
  • Je soumettrai le lien internet de votre fichier mp3 à un(e) juge de ligne sélectionné(e) pour sa haute impartialité et son bilinguisme parfait, qui écoutera votre lecture et me donnera le score (nombre de fautes / total de mots).
  • J’afficherai alors le score à côté de votre nom / pseudo ci-dessous.
  • NB : ce n’est pas « à celle / celui qui aura le meilleur accent« . Ce sera à celle / celui qui sait qu’on ne prononce pas beach comme bitch (par exemple).

    Honor Roll / Galerie des Héro(ïne)s :

    • Docthib : 61 erreurs / 587 mots = 10,39% d’erreur
    • Lux : 58 erreurs / 587 mots = 9,88% d’erreur
    • Jeremie R : 27 erreurs / 587 mots = 4,60% d’erreur – record battu ! (et bel accent anglais, dit le juge de ligne…)
    Publié dans Hahaha | Commentaires fermés sur Jeu de prononciation en anglais – quel sera votre score ? :-)

    Caillou – Avanti

    Jour de nouvel an
    Galerie de l’évolution
    Allez hop, tous dans l’Arche !

    Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Avanti

    Nothibillet – Pour rester anonyme sur l’Internet, mieux vaut s’appeler Jacques Martin que porter un nom très rare

    A propos de sécurité des données personnelles, un ami a rédigé un texte, mais n’a pas de blog. Il m’a demandé de le poster sur mon espace, ce que je fais ci-dessous, car je pense que l’anecdote est intéressante. Je rajoute mes propres commentaires en dessous, pour réaction et ou discussion.

    (début du nothibillet rédigé par cet ami)

    Il y a quelques jours, alors que faisais une course en grande surface, il m’est arrivé l’anecdote suivante.
    Deux femmes, qui se trouvaient devant moi dans la queue, bavardaient de telle façon qu’il m’était possible d’entendre distinctement ce qu’elles se disaient (c’est chose courante aux caisses des grandes surfaces).
    L’une était la belle-mère de l’autre. Elle se parlaient librement, se sentant sans doute protégées par leur anonymat (si elles se reconnaissent, qu’elles se rassurent, rien de compromettant).
    Arrivées à la caisse, comme elle n’avait pas sur elle sa carte de fidélité, la plus jeune a donné son nom à la caissière pour qu’elle la retrouve dans sa base de données, en prenant soin d’épeler le nom et le prénom.
    Les deux étaient tellement singuliers qu’ils se sont aussitôt gravés dans mon esprit.
    De retour à la maison, en bon internet addict, je ne fais ni une ni deux, un coup de google. En quelques minutes, j’avais retrouvé sa photo (et constaté que c’était bien la même personne), celles de son mari (et constaté que c’était bien le prénom qu’elle avait prononcé dans la conversation avec sa belle-mère), de deux de ses enfants, de ses parents et de ses trois frères et sœurs (ainsi que les prénoms de presque toutes ces personnes), appris que son père était divorcé et vu la photo de son ex-femme, et appris qu’elle avait un demi-frère et une demi-sœur.

    Je n’ai pas tardé à trouvé son profil LinkedIn, tandis que sur dirigeant.com, j’ai pu consulter des informations très précises sur son patrimoine immobilier, ainsi que le mois et l’année de sa naissance (et constaté qu’elle fait plus jeune que son ge).
    J’en ai déduit d’autres choses plus personnelles, mais je m’arrêterai là.

    Cette personne ne poste pas sur Facebook. Elle n’a pas de blog. Elle est inscrite (volontairement sans doute) sur un site de généalogie. Rien de bien exceptionnel. Des millions de personnes sont dans ce cas. Sa seule caractéristique, c’est d’avoir un nom et un prénom qui constituent une clé de recherche unique dans l’immense base de données qu’est Internet. Et bien sûr, de ne pas avoir prêté attention à cette particularité et au fait qu’elle rendait sa trace numérique complètement distincte de celles de tous les autres, et donc terriblement visible.

    Moralité : pour rester anonyme sur le net, il vaut mieux s’appeler Jacques Martin que porter un nom trop rare.

    (fin du nothibillet, rédigé par cet ami)

    Voici maintenant les commentaires de l’observateur que je suis (docthib, tenancier du bar numérique appelé blogthib) :

    • Cela me semble être une très bonne chose de rappeler que même si nous ne participons pas activement à notre identité numérique, il s’accumule de façon passive quantité de liens, recoupements et croisements de bases de données que nous en devenons néanmoins visibles. (j’avais même suggéré la stratégie de l’uncrosslisting).
    • On peut souligner que dans le cas de cette dame, elle a participé activement (site de généalogie), mais on peut penser qu’elle ne se doute pas de sa « vulnérabilité » numérique, en terme d’informations personnelles. (Rappelons que chaque année, des usurpations d’identité numériques, donc virtuelles, conduisent à des escroqueries bien réelles, tant il peut être facile de se faire passer pour…). Par ailleurs, nos données personnelles ont une valeur et un prix.
    • C’est là où j’en viens à un commentaire plus personnel : il faut quand même être un sacré « internet addict » (ou une personne malintentionnée) pour chercher à accumuler toutes ces infos. Mais cet ami démontre que, dès qu’on en a l’envie, les moyens sont à la portée du premier venu.
    • Maintenant, ultime question : et maintenant, qu’est-ce qu’elle fait, la dame ? Elle change de nom pour Jacque(line) Martin ? Elle arrête de parler dans la queue des supermarchés ? Ou elle se désinscrit de son site de généalogie ?

    Je ne vois pas de réponse satisfaisante. Et vous, internautes baguenaudeurs, ça vous parle ?

    Publié dans Informatique et Internet | 5 commentaires

    Ubuntu – Meyerlingue

    Meyerlingue : n. m. Lors d’une chronique radiophonique, comprendre les allusions à demi-mot, les références subreptices à des textes de chansons, et s’en réjouir. Avec le sentiment inquiet (un petit bonheur est toujours temporaire) d’avoir raté d’autres références, et subséquemment, être attentif à chaque tournure de phrase qui pourrait cacher un artiste… alors que ce n’est « que » du Philippe Meyer.

    Par extension : Chercher pourquoi le programmateur a prévu tel morceau sur FIP juste après tel autre ; parfois, trouver une raison, et s’en réjouir.

    Publié dans Ubuntu | Un commentaire

    Caillou – Moët

    Houlgate en hiver
    Attendant le réveillon
    Goëlands obèses.

    Publié dans Caillou | 2 commentaires

    Caillou – de saison

    La veuve araignée
    A oublié sa voilette
    Au soleil d’hiver.

    Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – de saison

    LXDE (et Lubuntu) : bouton alimentation pour éteindre

    Voilà exactement le genre de cadeau de Noël que j’aime m’offrir : avoir résolu le problème de la mise hors tension sous (Linux / LXDE) Lubuntu.

    En souvenir de Jean-Philippe Gaillard, ancien étudiant avec qui j’avais parlé de Linux (bien avant Ubuntu) et qui m’avait dit (fort justement) :

    « Linux, c’est plus que de l’informatique, cela s’apparente plutôt à une quête intellectuelle ».

    Publié dans Informatique et Internet | 2 commentaires

    Disque écouté – Lys & Love, Laurent Voulzy

    Le dernier album (Lys & Love) de Laurent Voulzy est sorti. En ces temps d’hiver, où ça travaille beaucoup (en tout cas, votre serviteur), c’est une bulle de musique colorée, solaire et apaisante.

    Je me rends compte (merci le champ de recherche de ce bleug) que je ne l’ai jamais écrit, sinon par prétérition, aussi je l’écris : pour moi, Laurent Voulzy, c’est le Beach Boy français, un artisan vocal qui travaille, retravaille et retravaille encore ses mélodies. Je retrouve cela, différemment, chez Coldplay. Je suis fan, est-il besoin de le préciser.

    Je sais ce que diront les personnes critiques. Elles diront « ouais, il fait toujours la même chose ». En disant ça, elles ne se rendent pas compte que leur critique est auto-référentielle, car elles répètent toujours la même critique. En gros, pour eux, « c’était mieux avant », et il faudrait que Françoise Hardy fasse du hard-rock, juste parce que ça changerait.

    Je me souviens de la sortie de Caché derrière, une radio FM faisait découvrir les titres en avant-première (1992, c’était avant le web en France) et j’avais attendu tard dans la nuit pour écouter les quelques titres, je dormais déjà un peu, et je me souviens de ces mélodies qui se mélangeaient à mon demi-sommeil et mes rêves. Laurent Voulzy disait dans une interview qu’il avait rêvé une chanson de Paul Mac Cartney, et qu’il l’avait écrite au réveil, et aussi « que les musiques dans tes rêves, elles sont toujours extrêmement belles, mais quand tu te réveilles, tu ne les retrouves pas entièrement ».

    Ici, on retrouve des sonorités familières, déjà entendues dans ses derniers albums, et toujours cette inventivité dans les longs morceaux (La 9ème croisade, plus de 14 mn), un mélange de Pink Floyd grande époque pour le côté « collage musical »et  des influences « world music » (chants grégoriens, instruments du moyen-orient) qui rappellent un certain Sting ou un certain Paul Simon, à une certaine époque.
    Our Song, très joli mélange clin d’oeil : une intro et une voix off comme dans Everybody’s got to learn sometimes (The Korgis), qui était déjà repris dans Voulzy, La septième vague, mais ici c’est à la manière de, avec une jolie surimpression d’une chanson française classique (v’là l’bon vent).
    Je pourrais écrire des lignes et des lignes, je me contente de repasser l’album en boucle. Puis je m’attaquerai au dernier Kate Bush (oui, j’assume mes goûts de jeunesse).

    Publié dans Musique | 6 commentaires

    Le cadre et le temps

    Les Français estiment que s’ils avaient 4h de plus par jour, ils pourraient faire tout ce qu’ils avaient prévu de faire, selon un sondage récent. Sur Facebook, une page circule actuellement, qui dit qu’on peut ne dormir que 4h par nuit. Ma collègue Nicole Aubert a publié un livre sur le culte de l’urgence, cette maladie moderne des gens qui courent après le temps.
    Tout cela est très intéressant, car symptomatique d’une époque.

    • Le temps est perçu comme une donnée élastique que l’on peut « gérer », comme si on pouvait rallonger les journées de 4h. Or, le temps passe à chaque seconde, et les secondes que vous consacrez à parcourir ces mots ne reviendront jamais, je vous l’assure. (Certains, du coup, décrochent de la lecture parce que, dans le temps qu’ils ont consommé à lire le début, ils n’ont trouvé aucun retour sur investissement suffisant, et sont allés zapper ailleurs).
    • Le désir d’être ailleurs et de rentabiliser notre temps. En fait, la question devient à quoi puis-je le mieux occuper mon temps. Et comme il y a un grand flou sur nos mesures de rentabilité marginale, nous ne cessons de zapper, de peur de rater une autre occupation potentiellement plus « rentable »… alors même que nous serions bien en peine de qualifier cette notion de rentabilité. La peur de rater quelque chose d’important, ailleurs que là où l’on est.
    • Le sommeil devient un temps perdu, un temps mort. Alors il faut réduire ce temps mort à sa durée la plus ténue possible. C’est une approche excessivement mécaniste : notre corps est alors uniquement considéré comme une machine qui doit être parquée quelques heures pendant la nuit pour revenir à un niveau de productivité normal. Et cette approche devient non seulement mécaniste, mais mathématique : « si je dors deux heures de moins cette nuit pour finir mon travail, je récupèrerai en dormant deux heures de plus demain soir ». Mais dans le corps humain, -2h + 2h, ça ne fait pas zéro. D’abord parce qu’avec -2h de sommeil, on va très certainement être moins productif la journée qui suit. Et que +2h ne suffisent probablement pas pour récupérer et remettre les compteurs à zéro. Bref, le temps de sommeil n’est pas aussi simple qu’une tirelire dans laquelle on pioche : il y a au minimum des frais de découvert de sommeil, quand ce n’est pas l’effet pervers des personnes qui ne peuvent plus vivre autrement qu’à crédit (de temps ou de sommeil).

    Quelle est la solution ? (la mienne, en tout cas).
    Inverser le propos. Ne plus souhaiter l’impossible (avoir 4h de plus), car cela conduit à nier la réalité, ce qui est le début de la maladie mentale. De plus, avec 4h de plus par jour (ce qui est impossible, rappelons-le bien), il ne faudrait pas beaucoup de temps pour que l’on souhaite encore 2h de plus « pour tout faire ».
    Inverser le propos, cela veut dire « je suis en temps limité, et je ne pourrai pas tout faire, autant le savoir ». Bénir le cadre qui nous entoure et nous contraint. 24h, moins 8h de sommeil, moins 2h pour se nourrir / s’abluter, moins 2h pour se déplacer, moins un certain temps de détente et de relations sociales / familiales, disons que ça nous laisse 10h max pour travailler. Cela veut dire que si on a pour 15h de travail, c’est bien simple, on ne peut pas tout faire, point.
    La subtilité n’est plus alors de dire « sur quel temps personnel vais-je prendre les 5h supplémentaires ? », mais bien de dire : « sur ces 15h, quelles sont les 5h que je ne ferai pas ? ». Il faut pour cela établir une logique et/ou une règle de priorité, ce qui n’est pas facile, et certainement pas universel.
    Il y a quelques années, j’avais calculé le nombre maximum d’e-mails que je pouvais recevoir et traiter. J’étais arrivé à un total de 629 mails par jour ouvré. Quand je cite ce chiffre, mes interlocuteurs sont catastrophés. Je peux littéralement lire dans leur tête :

    • 629 mails ! Mais c’est énorme ! Moi qui n’en reçois « que » 200 par jour…
    • Mais ça veut dire qu’on ne ferait plus que ça !

    En fait, ce chiffre – qui les catastrophe – me rassure. Il indique une limite au-delà de laquelle on ne peut plus gérer. Et point n’est besoin d’attendre le jour fatidique où je recevrai 629 e-mails par jour. Il suffit d’imaginer qu’un jour, je ne pourrai plus répondre à tous mes mails. Alors pourquoi ne pas commencer dès maintenant ?
    C’est l’avantage du cadre : il nous enferme, mais il nous permet aussi de voir les limites autour de nous, voire de fixer ces limites au lieu de les subir. 24 heures par jour, dont au moins 8h de sommeil. Pas plus de 2h consacrées à ses mails. Au moins une heure de lecture. Et ne pas publier de thibillet après minuit 😉

    Publié dans Productivité | 4 commentaires

    De quoi je me maile…

    Hier, 79 mails envoyés ou reçus, sans compter les spams. Certes, il y a eu 5 heures d’avion, ça m’a permis de dépiler pas mal de mails en retard.

    Mais c’est aujourd’hui que je suis bluffé : 59 mails envoyés ou reçus (il est 19h11), sans compter les spams. Certes, ça fait moins qu’hier. Mais quand on sait qu’aujourd’hui, j’ai enseigné 8h, ça laisse pantois. Quand est-ce que ce joyeux manège va s’arrêter ?

    Publié dans Productivité | 3 commentaires

    Rentabilité en pourcentage et profit en argent : la tentation du court termisme

    Nouvel exemple de synchronicité :

    • hier, en cours de finance, un étudiant Exec MBA m’indique que sa société pratique la location (plutôt que d’investir), ce qui « améliore fictivement » sa rentabilité (je reprends sa pensée, sinon ses mots exacts), et nous avons alors une discussion sur la rentabilité des capitaux engagés
    • dans l’après-midi, Yann R me fait passer un article américain qui fait référence à un autre article, titré de manière appropriée « comment la recherche des profits (je rajoute : à court terme) tue l’innovation aux USA »

    Le propos est le suivant : supposons une société qui a des immeubles, des usines, des machines, des stocks, du cash, bref, des actifs, pour un total de 100 (non, merci à Matthieu, c’est un total de 50). Ces actifs ont permis de générer des ventes (50) qui, après déduction des coûts d’exploitation (-40) donnent un Résultat d’exploitation (ou un EBIT en normes internationales) de 10. Rentabilité de l’actif = 10 / 50 = 20%.
    Et voilà qu’un consultant dit : « si vous revendez votre usine, et que vous la louez, vous allez faire baisser grandement vos actifs (disparition d’un actif « lourd »), et faiblement votre résultat d’exploitation (paiement d’un loyer).

    • Imaginons que l’usine pèse 10 : les actifs deviennent 50 – 10 = 40. (On suppose que le fruit de la vente, soit 10, ne reste pas à dormir en cash, et qu’il est utilisé pour rembourser des dettes, donc les actifs  – et les passifs – baissent bien de 10).
    • Imaginons que le loyer soit de 1 : le résultat d’exploitation devient 10 – 1 = 9.
    • la nouvelle rentabilité de l’actif devient 9 / 40 = 22,5%. C’est mieux que les 20% précédents.

    Voici maintenant quelques remarques subséquentes, issues autant

    • de ces articles américains (auxquels j’adhère tellement qu’il faudrait me décoller à la spatule)
    • que d’une longue pratique des discours de consultants sur l’externalisation,
    • le tout mâtiné d’une petite dose de finance comportementale et de théorie de l’agence :

    « Il y a les mensonges, il y a les foutus mensonges, et puis il y a les statistiques » (Benjamin Disraeli)

    1. Si l’on se focalise sur le ratio, la performance s’améliore (20% => 22,5%). Si l’on regarde le résultat dégagé, la performance se dégrade (10 => 9). Or, ce que les banquiers / actionnaires / salariés regardent, ce ne sont pas tant les ratios que la somme d’argent dégagée (nécessaire pour investir, rembourser les dettes, et accessoirement, augmenter les salariés).
    2. Le calcul des ratios fait fureur dans la communication financière des sociétés. Cela permet souvent (argument positif) de raisonner en « ordres de grandeur ». Mais cela permet parfois de noyer le poisson. Dire qu’on a un ratio d’endettement (gearing) de 0,3 c’est tout de même plus rassurant que d’avouer qu’on a 3 milliards de dettes (certes, pour 10 milliards de capitaux propres. Mais, rappelons-le, les capitaux propres ne sont pas – et ne seront jamais – du cash disponible).
    3. Cela conduit à des comportements d’investisseurs qu’on appelle fixation fonctionnelle : les actionnaires font une fixette sur un indicateur (BPA, PER, ROE, OQP…) en oubliant de regarder les fondamentaux : la société dégage-t-elle du pognon ou pas.

    « On ne fera rien jusqu’après les élections » (article III des quelques lois générales découvertes en écoutant parler les industriels, par Auguste Detoeuf in Propos de O. L. Barenton, confiseur)

    1. Il y a le temps du dirigeant, et le temps de la société. Le dirigeant est un actif à court terme qui cherche à se revendre sur le marché de l’emploi avec plus-value. La société est un actif à long terme qui met du temps à créer de la richesse. Aussi, si le dirigeant pousse son intérêt personnel avant celui de la société, il va prendre des décisions qui augmentent la valeur à court-terme, sans prendre en compte les conséquences à plus long terme. Take the money and run, comme dit Woody Allen.
    2. Or, un ratio est beaucoup plus malléable qu’un résultat : dans le ratio A/B, on peut travailler en même temps sur le numérateur (A) et sur le dénominateur (B). Les variations deviennent relatives, et non plus absolues. Le ratio permet de se focaliser sur les résultats à court terme. Exemple : si je n’investis pas, pendant un certain temps, je vais garder le même résultat alors que mes actifs vieillissent, donc ceux-ci seront de plus en plus amortis : le dénominateur B se réduit. Et quand le résultat A se mettra enfin à baisser (parce que, rappelons-le, on n’a pas investi), le dirigeant aurra changé de société… ou il aura changé de ratio pour sa communication.
    3. Les économies réalisées à court terme masquent souvent les coûts (conséquences) à plus long terme. J’en vois deux.
      • Premièrement, externaliser conduit souvent à payer plus cher (à terme), car il faut bien que le sous-traitant vive, donc il prend une marge. Ce qui veut dire  que plus on externalise ses activités, plus on paie des marges aux autres. Et que reste–t-il alors à la société ? Sur quelle création de valeur peut-elle s’appuyer pour justifier ses propres marges ?
      • Deuxièmement, externaliser signifie perdre le contrôle des actifs. Et cette perte de contrôle a un coût qui n’apparaît généralement pas immédiatement, mais uniquement quand il est trop tard, ou trop coûteux, de faire machine arrière.

    « Croissez et prospérez » (Dieu, dans La Bible, Genèse, 1:28).

    1. Le mythe des économies à court terme masque une réalité : chaque société devrait consacrer une partie de ses ressources à entretenir et développer sa capacité de production (au sens large). Certaines sociétés n’entretiennent pas assez la partie matérielle de leur capacité de production (machines, usines) ; mais beaucoup se préoccupent encore moins du développement de la partie immatérielle de leur capacité de production (formation, recherche, motivation des salariés), qui prend pourtant une importance croissante dans les économies actuelles ; enfin, que dire de la maintenance et du développement des ressources naturelles et humaines ? Elles sont rares, les sociétés qui consacrent 1% de leur chiffre d’affaires aux actions environnementales et sociales…
    2. On atteint un mythe de la valeur. La logique du court-terme veut que l’on augmente les profits, en croyant que c’est bon pour la valorisation des sociétés. Mais l’investisseur n’est pas (totalement) idiot : pour accepter de valoriser une société sur la foi de cash-flows actualisés à l’infini (c’est la pratique courante), encore faut-il que cette société puisse aller jusqu’à l’infini. Ce n’est pas en rognant sur ses dépenses actuelles que l’on va assurer la pérennité de la société. Le dilemme devient alors : soit vous maximisez vos cash-flows actuels en investissant moins que nécessaire, et votre valeur correspondra à 5 ans de ces cash-flows, guère plus ; soit vous jouez le jeu du développement de la capacité  de production (au sens large : matérielle, intellectuelle, sociale), et vous aurez des cash-flows plus réduits, mais plus pérennes.
    3. Cette logique, que Yann R qualifiait de « typiquement occidentale », déborde de la sphère financière. Quand je vois des cadres supérieurs complètement exsangues, que l’on a habitués (entre addiction et pression) à réagir dans l’urgence en permanence, cela veut dire qu’ils sont à fond dans la production (P) et pas dans l’entretien de leur capacité de production (PC). C’est un thème P / PC cher à Stephen Covey : vérifiez que vous n’êtes pas uniquement en production, entraînez / maintenez votre capacité de production (bonne santé, formation, livres, réflexion…). Comme disait Jack Kérouac dans Sur la route : « a long way to go ».
    Publié dans Finance | 4 commentaires