L’attitude au restaurant

Tant qu’on est seul à la table, dans l’attente du deuxième convive, on est entièrement tourné vers l’extérieur. Même si l’on a le nez dans les pages d’un livre, c’est de manière butinante : un bruit vers la porte d’entrée, un mouvement dans le coin de l’oeil, et on lève la tête, pour voir. On en profite pour observer, discrètement. Tiens, le jeune-vieux cadre a commandé un whisky sec d’entrée de jeu. Le couple de retraités-touristes ne se parle pas (enfin, elle, elle parle un peu, lui marmonne des monosyllabes). Et puis elle arrive. Dès qu’elle arrive, nous sommes dans la conversation, tournés complètement vers l’intérieur, dans ses yeux. Un monde se réinvente, et des boules quiès impalpables se posent dans mes oreilles, nous sommes dans une bulle. Mais s’il arrive qu’elle disparaisse un moment au cours du repas pour aller se repoudrer le nez, j’en profite pour replonger un moment dans l’extérieur (tiens, le cadre jeune-vieux déjeune seul, avec une demi-bouteille de blanc, le couple retraité-touriste a filé, il faut dire, ils ont déjeuné tôt…).
Je flirte un moment, un peu infidèle, avec le monde extérieur. Je réajuste mes niveaux.
Ah, elle revient. Replongée dans la bulle.

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Pour Yves

Cher Yves, suite à mon thibillet Internet scuplteur de société, vous énonçtes votre désir de trouver Hellzapoppin. S’ensuivit un échange de commentaires qui culmina au moment où vous me déclartes votre admiration, et me propostes une bouteille de Côte de Nuits. J’aime bien qu’on m’aime, et j’adore le Côte de Nuits. J’ai donc oeuvré pour vous, dans l’ombre de ce samedi après-midi ensoleillé, et en 3,29 mn (merci Google), j’ai trouvé que la VHS de vos rêves se vend d’occasion sur le site américain (personne n’est parfait) d’Amazon. Le lien est ici. Il faut parler un minimum l’anglais, être prêt à débourser 44 $ plus expédition plus côte de nuits, et avoir une carte bleue. Toute passion a un prix. Je reste à votre disposition pour ce que vous savez. (à vous de trouver mon adresse mail).
edit : la cassette est bien mentionnée au format VHS, mais le film est estampillé NTSC (la norme de télé américaine). Renseignez-vous : je subodore qu’une cassette VHS est lisible partout dans le monde, mais je ne suis pas aussi compétent que Berlusconi…
edit 2 : c’est complètement trouant, il est aussi sur Ebay, en DVD zone 2, à 13 euros (+ expédition + côte de nuits). Lien ici.

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Caillou – Oblivion


J’ai toujours voulu ces moments de solitude
Le rideau de la nuit déchiré pour un temps
J’étais seul avec moi-même
Et rien ni personne ne m’appelait.

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fēng xiǎn

Gros, gros plantage ce week-end devant des cadres. J’en suis encore à me demander comment j’ai pu me planter comme ça, en totale, en largeur, longueur, diagonale, et dans toutes les dimensions du monde civilisé. Cela, s’alliant à quelques semaines qui vont être chargées en termes de travail, va impliquer mon manque de temps, et de motivation, pour publier. J’ai besoin de me reconstruire, de repartir sur des bases nouvelles en tranchant / supprimant des réflexes accumulés depuis des années, une sédimentation de comportements que je n’arrivais même plus à voir. En un sens, c’est un choc très salutaire (d’où le terme chinois fÄ“ng xiÇŽn, qui signifie, paraît-il, en même temps « menace » et « opportunité »).
Pour voir cela du bon côté, aucun cadre ne m’a évalué comme étant « soporifique »… Vous n’en saurez pas plus, ce n’est pas du teasing, c’est un avis d’interruption temporaire des émissions.

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Internet, sculpteur de société

Je ne vais pas faire un thibillet de fond, embrassant les perspectives et les âges. Je l’avais en tête, mais il est tard.
Je voulais juste parler du marché de l’occasion.
Avant Internet, comment faisait-on ? Quand on avait des livres en trop, des mixers en trop, des lecteurs ZIP en trop, qu’en faisait-on ?

  • On les donnait ? Non, qui voudrait d’un lecteur ZIP…
  • On les vendait ? Oui, mais ça veut dire : s’inscrire à une brocante, payer les 2 mètres linéaires, installer le stand dans le petit matin froid, gérer les embrouilles (PV sur la voiture, client pas content, problème de monnaie…) – vous pouvez sentir le gars qui l’a fait au moins une fois dans sa vie…
  • On les jetait ? Oui, mais mauvaise conscience : je jette un truc qui marche, et qui va polluer les nappes phréatiques (ta mère)

Depuis Internet : je reste le cul sur ma chaise, et je mets en vente sur eBay, ou PriceMinister. Accessoirement, j’achète aussi sur ces sites. Pour les achats, c’est génial : ça tombe directement dans ma boite aux lettres. Pour les ventes, c’est un peu plus galère : il faut aller à la poste pour envoyer son colis. Mais avec un peu d’organisation (lchons le mot : de productivité), on y arrive raisonnablement bien…

Bilan :

  • c’est un véritable marché de l’occasion qui se met en place. Avant, quand je voulais acheter d’occasion, je n’avais que les bouquinistes, les dépôts-vente, les brocantes. J’étais limité géographiquement. Maintenant, ma brocante, c’est la France entière (et même, les pays limitrophes participent aussi à ce système). Autant j’avais peu de chance de trouver une BD de Valérian en Ile de France, autant je tape sur Price Minister, et 30 BDs tombent. Après, peu me chaut que le vendeur soit à Albi : en 3 jours, la BD est dans ma boite aux lettres…
  • Il y a un côté « machine à remonter le temps ». Je vais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. J’ai été élevé par mes grands parents. Mon premier souvenir de cinéma est lié au film que mon grand-père m’a emmené voir, à Auteuil Bon Cinéma (ça ne s’invente pas), et c’était « Le fantôme de Barbe noire ». Certes, ça ne s’invente pas non plus, c’était un film Disney avec des vrais acteurs, du genre (pour ceux de ma génération ou d’avant) « L’espion aux pattes de velours ». Bref, je vous parlerai une autre fois du fantôme de Barbe-noire, avec sa grande scène mythique, celle qui a résumé tout le cinéma à jamais pour moi. Mon propos est le suivant : ce film date des années 1975. Impossible de le retrouver en DVD à la Fnac. Mais je voulais avoir à nouveau cette scène mythique. Eh bien la solution était simple : Priceminister, mot clé « fantôme de barbe noire » et je suis tombé sur la cassette VHS du film, vendue par un particulier. Cela fait maintenant un an que j’ai chez moi une copie du film que j’ai vu il y a 30 ans, et qui n’est jamais sorti en DVD. Merci Internet.
  • Corollaire : le problème du recyclage est réglé : ne jetez plus rien, tout a une valeur pour les vieux amateurs. Si vous avez un vieux lecteur ZIP, sur PriceMinister, il trouvera peut-être preneur… Ou un écran cathodique. Ou une vidéo VHS d’un film obscur. Ou un vieil iPod.
  • Ce qui nous amène au dernier point : il faut quand même avoir un contrôle. Le contrôle, ici, porte sur l’évaluation des acheteurs. Exemple, tiré au hasard, et sans animosité : j’ai acheté un iPod d’occasion. 1/3 du prix neuf. Le gars disait « Bonne (sic) état, mais la batterie se décharge de temps en temps ». J’ai reçu l’iPod ce soir. On ne peut pas le faire marcher, point. Branché sur le secteur : nada. Sur le port USB : nada. Bonne état, des nèfles. Juste après ce thibillet, je vais maraver l’évaluation de ce vendeur. Que même sa mère le reconnaîtra pas dans la sixième dimension.
    Autre exemple : la semaine dernière, j’ai vendu des billets de train sur eBay. Lundi, j’ai rencontré l’acheteur, il m’a payé, je lui ai donné les billets. En 2 mn c’était réglé, et le soir même, je l’évaluais en tant qu’excellent acheteur (ponctuel, correct, sympa). Je viens d’aller voir sur eBay : lui m’évalue en tant que « Transaction parfaite – très bon ebayer – highly recommanded ».

Internet devient un marché de la réputation. De même que les dirigeants d’entreprises, ou les cabinets d’audit, fonctionnent sur leur réputation, les acheteurs et vendeurs d’Internet font de même. Et si la solution à nos problèmes environnementaux et sociaux n’était pas, tout simplement, de profiter d’un tel réseau ?

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Productivité – Correos

Comment gérer les e-mails. J’en ai parlé, poète, plus d’une fois, de manière énervée, désabusée, sociologique ou académique, avec une nuance comptable, mais avant tout, taxonomique.
Le mail était dans la tombe, et nous les brisait menu.

Quelques pensées productives.

Objectif ultime : ne plus avoir de mails dans sa boite « Messages reçus »
Objectif tolérable : que les mails dans la boite « Messages reçus » puissent tous être vus sur l’écran. J’ai défini ma limite à 10-15 maximum.

Les mails, comme les problèmes de baignoires, ou les rapports financiers, sont constitués de deux choses : des stocks, des flux. Une baignoire qui déborde, c’est quoi, hein ? C’est un robinet qui crache trop (flux), une bonde qui n’absorbe pas assez (flux), mais aussi un réservoir d’eau croupie avec un corps adipeux dedans (stock). Donc gérer les mails, c’est d’abord gérer le stock (dégraisser le corps adipeux) puis gérer le flux (brancher le robinet directement sur la bonde).

I. Réduire le stock

  1. Chronométrer. D’où l’importance d’une certaine relation au temps. Chronométrer, cela veut dire chronométrer le temps mis pour traiter 10 mails, 30, 100 mails. Cela permet de connaître le temps que ça prend par mail, entre ceux que l’on se contente de classer ou détruire, les réponses lapidaires (« OK »), les mails de dix lignes, et ceux qui nécessitent d’avoir lu un document (au hasard, en cette période de l’année, un mémoire).
  2. En fonction des statistiques obtenues à la question 1., définir des plages de temps. « J’ai 30 mails, cela me prend en moyenne 1 mn par mail, il me faut 1/2h ». Cela permet de mesurer le temps nécessaire, mais aussi, de cantonner la gestion des mails à des plages horaires définies.

II. Gérer le flux

  1. Si possible, répondre immédiatement.
  2. Essayer de répondre à l’objectif ultime, donc, ne pas conserver le mail pour se souvenir d’accomplir la tâche : accuser réception, classer le mail, et ajouter une entrée dans la to-do list.
  3. Si ça marche avec vous, classer les mails « qui nécessitent du temps » (au hasard, lire un mémoire) dans un dossier « 30 minutes », qui contiendra tous les mails nécessitant chacun au moins 30 minutes de lecture (voire plus). Cela ne marche pas avec moi, donc je les garde dans la boite « Messages reçus », jusqu’à traitement.
  4. Libérer la boite principale. Donc utiliser à fond les filtres et l’antispam intégré. Par exemple, définir que tous les mails où l’on est en copie (et non en destinataire premier) doivent aller dans le sous-dossier « Copie » (filtre) ou bien déterminer que tous les messages provenant de tel émetteur (ex : pubs, lettre de com interne) sont des spams, donc vont dans la corbeille. (mais il est conseillé de regarder la corbeille régulièrement)
  5. Définir des plages de temps, et de non-temps : consacrer certaines plages de temps à la gestion des mails, puis éteindre son logiciel de messagerie (plage de non-temps, pour travailler concentré sur d’autres choses, sans être dérangé par la compulsion du « Tilou » qui indique un nouveau mail).
  6. Ne pas utiliser un mail en ligne (gmail, yahoo mail, Notes) mais plutôt un client mail en local (thunderbird). Plusieurs avantages : évite d’attendre que la page se recharge à chaque fois (gain de temps, Chronos) ; permet de télécharger les mails et de travailler hors ligne (dans un train, un avion) ; permet tout de même de garder ses sous-dossiers en ligne (serveur IMAP, et non POP).

Ultime idée, mais pour les conquistadors comme moi : se mettre systématiquement en copie cachée des messages auxquels on répond. Inconvénient : ça double le nombre de mails reçus ; avantage : on a toujours toute la correspondance. Avec un client mail en local, on peut faire des recherches par mot-clé. Bref, on peut justifier ce qu’on a dit, et à quelle date. Pratique, vis-à-vis de certains pénibles…

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Corrélation and Causalité illustrated


– C’est comme ça, mon vieux. Il se trouve que ce type est là. Les deux choses sont emmêlées.
– Forcément, c’est emmêlé, dit brutalement Danglard. Ce sont les seuls événements notables qui se soient produits depuis le début de l’été. Mais ce n’est pas parce qu’ils existent ensemble qu’ils fonctionnent ensemble. Bon sang, on ne peut pas toujours tout confondre.

Fred Vargas, Coule la Seine, J’ai Lu Policier n° 6994, p. 24-25.

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WordPress – état des lieux et feuille de route

Après un week-end assez productif, quelques commentaires et questions, pour faire le point :

  1. WordPress 2.2 très facile à installer.
  2. Sous un hébergement par Free, ne pas chercher à changer la structure des liens permanents (permalinks) : erreur 500 généralisée qui empêche d’accéder à tout le blog, interface d’administration comprise. Super quand on a déjà quelques billets postés. Après bidouillage avec le fichier .htaccess, j’ai trouvé la solution . Pour quelqu’un qui ne voulait plus remettre les pieds dans des lignes de code, je me suis quand même tapé la base Free (sql.free.fr) et PHPadmin, ouééééé.
  3. Restait le gros problème des thèmes : il y en a des millions, OK, ils sont faciles à installer, OK, mais aucun ne correspondait à mes besoins simples : 3 colonnes, calendrier, mention des flux RSS, couleurs lisibles (ah, les blogs sur fond noir…). J’ai envisagé de me bâtir mon propre thème avec les doigts, mais pour un gars qui veut uniquement bloguer, ça démarrait mal. Enfin, au cas où je changerais d’avis, il y a un tutoriel bien foutu ici (et de l’info additionnelle ). Et puis je suis tombé sur une petite merveille. Un générateur automatique de thèmes. Voui, c’est , et ça me suffit amplement : ça donne un premier truc propre, et après, si on veut, on peut aller modifier à la marge (par exemple, j’ai mis une photo en haut, chose que je n’ai jamais pris le temps de faire sur ce bleug). Adopté.

Restent des questions de newbie (pour Julien, notamment) :

  • Comment activer akismet sans mot de passe worpdress.com ?
  • Comment avoir des stats (idéalement, qui filtrent les robots) ?
  • Quels sont les plugins « must have » qui facilitent vraiment la vie ?

Réponse en commentaires, ou dans des billets de blogs (non-anonymes, c’est mieux…)

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Projet I AM

C’est parti. J’ai un deuxième blog, anonyme.

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Productivité – Chronos

Traitons donc du temps. Rien ne sert de chercher à améliorer sa productivité si l’on ignore le temps. Ou plutôt les temps. Ce sera un thibillet rapide, tant les choses sont simples.

  1. Avoir un temps précis. Il existe des horloges atomiques accessibles gratuitement, on peut même les insérer dans son blog (colonne de gauche, en bas) ou dans une page web (à droite). Idéalement, régler l’horloge de l’ordinateur pour se synchroniser sur un temps précis (prélude utile pour l’étape 2.)
  2. Télécharger un petit utilitaire qui se lance au démarrage et affiche l’horloge en transparence par dessus tout le bordel du bureau, et permet de suivre la dégringolade des grains de sable qui nous rapproche tous de la mort (oui, même toi, là, avec ton doigt dans le nez). Pour ma part, j’utilise ClockX chez moi, au boulot, en salle de cours…
  3. Apprendre à éviter l’effet zapping : éteindre le logiciel de messagerie de temps en temps, se fixer des plages de temps.
  4. Dissocier toujours les tâches importantes des tâches urgentes. L’urgent-important, OK, on traite. L’urgent-pas important ne devrait pas passer devant l’important-non urgent.
  5. Au besoin, relire Sénèque, De la brièveté de la vie. Je cite de mémoire :

A propos du temps : nous jouons avec un des éléments les plus importants de notre vie, et pourtant, nous le traitons comme s’il était futile, consommable sans restriction, et comme si sa valeur était nulle parce que nous ne le voyons pas.

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Livre lu – Hervé Kempf : Comment les riches détruisent la planète

J’ai arrêté de commenter les livres que je lisais, par manque de temps. C’est dommage, mais comme par ailleurs, certains amis blogueurs m’avaient dit qu’ils zappaient systématiquement mes analyses de livres, je vous demande un peu à quoi ça servait que je me décarcasse.
Cela dit, j’ai beaucoup aimé récemment Le lièvre de Vatanen, d’Arto Paasilina, mais chut, je ne vous ai rien dit.

Donc, si je m’y remets cette fois, c’est parce que la Grande Loulou m’a fouetté. Et comme j’aime ça, je m’exécute.

Haha, c’est excellent : j’avais rédigé une trentaine de lignes argumentées, pof, coupure de courant, mon ordinateur passe sur batterie, je me dis « fieffé rusé que tu es, sauvegarde donc avant d’aller rétablir le courant ». Je clique donc sur « Enregistrer », le petit bouton qui envoie le texte à mon bleug. Sauf quand la Freebox est coupée, pour cause de disjoncteur fébrile. Moi tout perdu.
Bon, ça m’apprendra à trouver un moyen de faire des sauvegardes sous mon éditeur de texte, encore un truc à mettre dans ma rubrique Productivité.
En attendant, salut mon vieux, la critique du bouquin de Kempf, ce sera pour plus tard (ou jamais), je vais pas me refarcir tout ça maintenant.

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Pourquoi je n’aime pas g-mail

J’en suis un utilisateur compulsif, mais je n’aime pas gmail, parce que tout est dans la même boite de réception, avec le message lénifiant suivant « ne classez plus rien, il suffit de faire une recherche ».
Bien sûr, mon con, mais pour faire une recherche, il faut se souvenir du mot-clé qui va bien. Or, le principe du mail tel que je le pratique, c’est « une messagerie vocale écrite ». On t’écrit, ça enregistre, et après, tu gères, tu effaces, tu agis. Puis tu classes.
Une boite de messagerie où l’on ne classe pas est une boite où tout est en fatras.
Exemple : je suis rentré tard, il y a deux nuits, et dans un état discutable. A l’époque, j’ai vu que j’avais un mail – consternant – sous gmail. Je me suis dit – merveille de l’éthylisme – « ouah éh, pfou, j’y répondrai demain, à cette c…réature ». Depuis, deux jours après, je suis toujours infoutu de retrouver son mail, perdu dans une sous-conversation antédiluvienne.
Autre exemple : merveille de la compulsion, on lit pour lire, pas pour agir. Résultat : je viens de retrouver par hasard un mail de Julien, bon, ça datait pas trop, mais si je n’avais pas parcouru ma boite, je l’aurais totalement oublié…
Quand par ailleurs, on note que gmail peut désactiver votre compte – et vous couper ainsi de vos mails, agenda, documents en ligne – ça rend plus prudent…

Premier adage de la productivité : utiliser des outils qui libèrent notre mémoire, pas des outils qui la surchargent.

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Caillou – Frontière

J’ai voulu frôler tes lèvres,
Dans cette zone obscure de fin de soirée
Entre nuit et matin.

Mais tu m’as répondu
Sans avoir à parler,
Sans même me regarder.

Il pleut ce soir dans la rue froide.

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A quick one

ça m’amuse : j’ai le sentiment d’être très productif. Très. Mais ça n’arrête pas. Il faudrait plusieurs vies. Ou changer de vie. Devinez où je vais…

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Productivité – pensées séminales

Je lance ce jour-ci la rubrique Productivité.
J’en ai déjà parlé.
Voici, en quelques idées résumées, ce que je pense en faire dans les prochains jours, mois, années, siècles :

  • Nos outils technologiques, perçus comme des sauveteurs, deviennent des tyrans ;
  • Les journées ne sont pas plus courtes, mais la charge de travail devient plus grande. Il faut donc apprendre à se défendre ;
  • J’identifie pour l’instant quelques champs de gains de productivité, que j’amenderai / détaillerai / développerai :
  1. La relation au temps, le temps absolu (important), le temps relatif (urgent) ;
  2. Les e-mails : comment survivre ;
  3. L’agenda : comment vivre bien ;
  4. Les réunions : comment vivre dans deux mondes parallèles ;
  5. Les listes de tâches (to-do lists) : passer du temps à lister, ce n’est pas perdre son temps ;
  6. Et puis, même si ça n’est pas politiquement correct : la Rage et la manipulation, comment en profiter, comment les utiliser, autant que possible.

Bienvenue dans mon monde.

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Pensée américaine (ou d’ailleurs) – le test de l’hôtel

Il faut au moins un jour pour se repérer, tout en ayant l’air de rien : « OK, l’escalier ici donne là, les ascenseurs sont à côté du business center, ils ont un réseau wi-fi… »
Le plus symptomatique est probablement la salle du petit déjeuner de l’hôtel. Le premier matin, on ne sait rien, donc on teste, puis on observe. Ce qui est génial, c’est cette capacité de l’être humain (en tout cas moi) à re-dessiner les contours de son nid quand il n’est pas dans son nid. Dès le deuxième matin, je sais que le melon est à proscrire, car il est imprégnée d’une odeur de graisse frite, que les tables les mieux placées sont celles près de la fenêtre là-bas, car plus silencieuses, que les journaux sont disponibles en libre service dans le coin là-bas, que les fourchettes sont dans la corbeille planquée ici.
Le premier jour, c’est l’investissement à fonds perdus, la barrière à l’entrée. Dès le deuxième jour, j’ai rebti mon campement.

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Proxy for Love Reloaded

Voici l’ultime thibillet sur le sujet.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, ou qui arriveraient ici par hasard, voici la question résumée : y aurait-il des variables observables de l’amour ?
En plus détaillé, la question était : comment dissocier les mariages d’intérêt des mariages d’amour ?

Pour plus d’informations, vous pouvez vous référer à la discussion, qui a commencé ici (lisez notamment les commentaires) et s’est poursuivie (commentaires inclus).

Les erreurs les plus souvent commises :

hors sujet : Lili s’insurge contre le mariage, qu’elle qualifie de tue-l’amour. On s’en fout, Lili, la question n’était pas « le mariage est-il une preuve d’amour ? » ou « être marié rend-t-il moins amoureux ? » (on écrit rend-t-il ou rend-il ? En tout cas, c’est pas beau…). Je me souviens d’une discussion nourrie avec un amie assez catégoriquement contre le mariage, mais elle a changé d’avis quand son compagnon l’a demandée en mariage. Mais je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires d’amies de connaissances de passions de souvenirs.
mal lu le sujet : Nerik, on demandait des variables observables (sous-entendu : par un chercheur externe), donc proposer comme variable la distance entre les deux corps dans le lit conjugal, c’est vicieux. (et puis, il faudrait prendre comme variable de contrôle la température dans la pièce. On peut se marier par intérêt pour le pognon du conjoint, ou pour sa température corporelle. J’aurais aussi beaucoup de choses à dire là-dessus, mais je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires de glaçons bouillottes femmes.)
– une erreur qui n’en est pas une, disons plutôt une attitude d’esprit, a été identifiée récemment par Atchoum. Je demande des variables mesurant le mariage d’amour. La plupart d’entre vous s’est focalisée sur les variables indiquant le mariage d’intérêt. L’un dans l’autre, on s’y retrouve : identifier l’un, c’est identifier l’autre. Mais je suis chagriné de voir que vous n’avez pas voulu vous attaquer directement à l’amour.

Voici donc mes deux cents de réflexion sur le sujet :

Quand un couple se marie, comment peut-on identifier (avec des variables observables, publiques) si c’est plutôt par amour, ou plutôt par intérêt ?

  • Les différences de taille, de poids, même d’origine, peuvent être une piste. Quand on se marie par intérêt, c’est souvent entre semblables. Mais cela ne me paraît pas très probant. La différence d’âge, mentionnée par plusieurs d’entre vous, peut donner une piste. Quand un homme de 50 ans épouse une femme de 20 ans, cela a de fortes chances d’être un mariage intéressé (tu me donne ta chair, je te donne mon héritage). Rien de sûr à 100%, on est dans le domaine de la recherche sociale : je suis sûr qu’il existe de véritables amoureux avec une grande différence d’âge, et je les salue affectueusement, bonjour Mémé, arrête de draguer les jeunôts.
  • Comme le mentionne notamment Atchoum, si le couple se connaissait depuis longtemps avant le mariage, c’est un indice d’amour. Certes, il y a des mariages coup de foudre (ah bon, il y en a ?), mais je me méfierais a priori d’un mariage entre un yakuza de Tokyo et la fille d’un gros ponte de Macao si les deux se rencontrent pour la première fois un mois avant la cérémonie.
  • En parlant de Macao, cherchez aussi l’intérêt des parties. Si l’héritier d’un groupe de télévision se marie à la fille du président de la république (qui se trouve, par hasard, être celui qui décide des attributions de fréquences, et du renouvellement de concessions de chaines), y a pas de doute, c’est de l’amour pur et virginal.
  • On s’aime aussi parce qu’on partage la même culture (d’où l’ge), les mêmes idées, et qu’on a probablement le même niveau d’études. Moi j’aime bien les jeunettes piercées, mais franchement, me taper des soirées entières à regarder la StarAc, je ne pourrais pas ! (même sil y a des gens très bien qui aiment ça, tiens, à propos, salut Cécile). Ils sont tous les deux diplômés de la même université (et pas à 20 ans de distance…) ? Ils se sont rencontrés au Rallye du Jockey Bio ? Ou sur le marché des Philatélistes, cherchant fiévreusement le 10 cents de Mogador (dont les rognures sont inégales sur fond de sinople et d’azur) ? Pas de doute, c’est de l’amour, ils iront bien ensemble, à coller des petits timbres dans des grands albums, et je leur souhaite bien du plaisir.
  • Quand on s’aime, on aime bien passer du temps ensemble. Alors si Monsieur part en vacances au Gorgonzola tandis que Madame joue au mini-golf à Trouville, c’est plus de l’amour, ce sont des Frequent Flyer Miles. OK, c’est pas très observable, ou alors, il faut lire la presse people, et ne se focaliser que sur les couples célèbres. Mais y a-t-il des couples célèbres amoureux ? Regardez, Brad Pitt et Jennifer Aniston, si même ce couple-là s’est écroulé, on ne peut plus mettre son espoir dans rien. Rien.

Voilà, ça y est, j’ai fait le boulot.

Disclaimer : bien sûr, tout est discutable, rien n’est sûr, pourquoi donc croyez-vous que j’aime la recherche ? Parce que personne ne peut vous river votre clou définitivement, la recherche, c’est pas pour les catégoriques, c’est pour les gens qui doutent.
Et à propos : m’aimes-tu ?

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Causalité

Je devais ce thibillet à Yves Duel, suite à une incompréhension.
Il y a des fois où je ne suis pas clair. Notamment dans cette salle de cours virtuelle qu’est ce blog. Je reprends.

Le grand problème est la différence entre corrélation et causalité.

J’apprends avec les profs : la causalité, c’est quand il y a un rapport de cause (principe premier) à effet (conséquence). Du genre, t’as mal aucrâne parce que t’as bu de la piquette. Causalité. La corrélation, c’est juste une mesure statistique. Quand il y a causalité, il y a corrélation (quand je joue de la trompette la nuit, 99 fois sur 100 les flics débarquent). Moi jouer trompette nuit = bruit = réveil bourgeois = appels nocturnes à forces assermentées = descente de lit : tous les signes  » =  » montrent une causalité. Le 99% montre une relation statistique (le 1% restant tient compte des phénomènes extrêmes : voisins sourdingues, murgés, ou absents (voire, les trois ensemble) ; forces de police sourdingues, murées ou absentes (idem) ; ligne téléphonique bourrée, purgée ou absente (itou) ).
Mais, et c’est là que c’est poilant, quand il y a corrélation, il n’y a pas forcément causalité. Exemple déjà cité : 99% des gens meurent dans leur lit (ou dans celui d’un autre, on s’en fout), et pourtant, le lit n’est pas un lieu qui déclenche la mort.
Wikipedia explique bien cela avec quelques exemples.

Revenons à notre propos. Dans mon explication sur la variable de contrôle, je n’avais pas été clair. En hiver, il fait froid, glagla. Donc on pousse le chauffage. Donc on consomme du fioul, vroum vroum. En hiver aussi, il fait gris, pas soleil, beuh beuh. Donc on déprime, pleure pleure. Donc on se suicide, pan pan (comme Romuald dans Le génie des alpages). On a donc deux relations de causalité indépendantes, avec le même principe moteur : l’hiver. Hiver = froid = chauffage = cramage de fioul. Hiver = gris = dépression = suicidage.
Je suppose donc (je ne l’ai pas vérifié) que l’on pourrait constater une corrélation entre 1. les dépenses de chauffage et les suicides ; 2. le froid et la dépression nerveuse. Mais cette corrélation ne permettrait pas d’établir que ce sont les dépenses de chauffage qui induisent des suicides, ou que le froid cause des dépressions nerveuses. D’où l’importance d’une variable de contrôle qui, introduite avec fracas dans le raisonnement, permettra d’établir où est la causalité. Exemple que j’ai glané sur le ouèb (il y en a des tonnes, tapez « corrélation et causalité » sous Google) : il y a une corrélation entre les bouchons sur le périphérique, et le lever du soleil. Alors, sont-ce les voitures qui font se lever le soleil, ou le soleil qui embouteille les voitures ?
🙂

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Magnolia Express – 2ème partie – # 31

Tu étais là
 
Je sortis de la librairie vers sept heures du soir. Je fermai le rideau métallique de devant, rangeai quelques bricoles, passai dans l’arrière-boutique et débouchai dans la ruelle derrière. J’aimais bien cette ruelle le soir, juste une petite issue entre deux maisons, j’aimais bien ma petite porte de derrière par laquelle je pouvais sortir sans éveiller l’attention de l’Ennemi. Avant de fermer la petite porte, je respirai l’odeur de la nuit tombée, jetai un coup d’œil vers le bout de la ruelle. Etait-ce un soir de calme bleuté, toute chose étant en harmonie ? Les éclairs allaient-ils déchirer la nuit et les cœurs ? Je pensais à ce petit chat qui était déjà venu deux fois, qui cherchait un livre, son livre, j’aurais voulu pouvoir l’aider mais pour une fois, je me sentais étrangement vide, impuissant.
 
Je restai ainsi à ruminer devant ma petite porte fermée, un petit vent s’engouffra dans la ruelle et fit flotter les pans de mon manteau, large manteau dissimulatoire. Le vent soufflait plus fort, je me drapai dans ce manteau flottant, ramenai un des pans sur mon visage. Métamorphose : d’obscur libraire perdu au sein de la nuit et de son impuissance, je devenais le Héros Masqué, et le souffle qui me portait était le Vent de l’Histoire. Quoi, y avait-il des injustices, des carnivores par delà le monde ? Le Héros Masqué était là pour faire régner le bon droit, et sa mission salvatrice l’emportait comme un surf sur les vagues de l’audace …

Ainsi drapé, superbe et solitaire, je me mis à courir comme un félin vers le bout de la ruelle, prenant mon élan pour m’envoler et accomplir mon devoir nocturne. Je sentais mon Manteau Dissimulatoire flotter comme une cape, j’étendis les bras et débouchai sur le trottoir éclairé, jaillissant de la ruelle sombre comme un éclair doré. Je virai sec à gauche pour rejoindre mon engin spatial, le Libelluloplane.

Aline était là, devant la librairie, elle tourna la tête vers moi qui surgissais des profondeurs de ma métamorphose.

Je décélérai,
les pans de mon manteau anodin flottaient,
je revins doucement au pas,
mis les mains dans mes poches
et avançai encore,
finissant sur mon élan.
 
– Belle nuit, n’est-ce pas ? dis-je d’un ton dégagé.

Fin de la deuxième partie

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FAQ projet I AM et projet Rubicon

Une fois n’est pas coutume, je vais répondre à des commentaires via un thibillet. Il s’agit de la discussion sur mon changement de plate-forme de blog, et comme il y a eu plusieurs interventions de qualité (j’ai des lecteurs compétents), je vraque l’ensemble, et je réponds ab imo pectore.

Da Vinci Yog a dit : as-tu essayé unblog.fr ?

Non, mais je suis allé voir leur site. Je ne veux pas d’une plate-forme de blog en ligne, parce que je veux tout contrôler, y compris, et surtout, la sauvegarde de mes thibillets. Je me souviens de Nerik (qui me lit encore, je le sais) et de nos discussions sur Poker et Bourse : maintenant qu’il a arrêté de bloguer (ce qui est son droit imprescriptible), toutes nos discussions sur son blog ont été perdues (sauf peut-être dans le cache de Google, mais qui aura le courage de jouer l’archéologue cyber ?). Edit : je suis nul, son site est toujours en ligne

Ulysse a dit plein de choses, et je vais répondre / commenter point par point :

  • Amusant, j’ai toujours eu envie de faire un second blog également ou je pourrai médire en paix et en tout anonymat (bien que le mien ne soit pas spécialement nominatif ni fréquenté). Il y à des choses que l’on veut dire sans que l’on se soit identifié par ses proches. D’autant plus si le sujet est en rapport avec son métier…
  • Le sujet du second blog, c’est mon projet I AM. Dans ce que dit Ulysse, il y a plusieurs choses :

      A venir, peut-être : pourquoi je n’opte pas pour une « petite » plate-forme comme Blogotext ou Pluxml.
    1. médire en paix : oui, c’est un des objectifs ;
    2. en tout anonymat : oui, lié avec le point 1. et le point 5. ;
    3. il y a des choses que l’on veut dire sans être identifié par ses proches : encore d’accord ;
    4. surtout si le sujet est en rapport avec son métier : là-dedans, il y a du vrai et du faux. Le métier, cela peut-être des collègues ou le vécu d’une organisation (point 1. et 3.) ; cela peut aussi être des réflexions sur la matière que j’enseigne, ou les moyens de l’enseigner. Dans ce cas-là, ce présent blog répond clairement à ce besoin, et je n’ai pas besoin d’anonymat.
    5. mais surtout, il existe un sujet qui sera central dans ce blog, avec peut-être un autre sujet annexe. Ces deux sujets sont très personnels, et je ne veux pas qu’ils puissent être utilisés contre moi. Mais j’ai besoin d’en parler. D’où la recherche d’une solution anonyme.
  • Dotclear n’est vraiment pas suffisant ? Parce que les logiciels c’est un peu comme les distributions Linux, les meilleurs sont ceux qu’on maitrise le mieux. Quelque chose de mieux sur le papier mais ou il faut tout réapprendre n’a pas un grand intérêt finalement.
  • Non, Dotclear n’est pas assez fluide à mon goût. Et pour reprendre l’analogie, je suis prêt à faire l’investissement en apprentissage, car je ne suis pas satisfait de l’ergonomie de DotClear : donc je vais aller vers ce que je connais moins bien (WordPress), parce que je pense qu’à terme (un terme assez rapide je pense) la somme des coûts cumulés deviendra inférieure à la somme des gains cumulés. Bref, c’est mon projet Rubicon : atteindre un point-mort en terme d’expérience utilisateur.

  • « il fallait modifier des fichiers de config avant de lancer l’installation ». Quel genre de modifs et quel genre de fichiers? J’avais installé wordpress il y a longtemps et je n’ai pas souvenir de quoi que ce soit d’insurmontable?!
  • Julien a répondu, et en effet, c’est simple. Mais comparé à Blogotext ou puxml, c’est déjà trop. Cela dit, pour plusieurs raisons (à lister), je pense que je prendrai WordPress.

Julien a rajouté qu’on est bien dans « son » pantalon, et Ulysse a renchéri : il ne va pas changer, DotClear lui va.

Eh bien moi, Dotclear ne me va plus.

  1. J’ai modifié pas mal de choses (feuille de style, plugins) et ça ne me satisfait toujours pas.
  2. Par exemple, sous DC, il faut modifier les fichiers .php sur disque dur, les transférer par FTP, charger le blog, et décider si c’est bien ou s’il revenir en arrière, modifier les fichiers, uploader, etc. Sous WordPress, il y a un utilitaire qui permet de changer en ligne les codes sources de pages. Plus rapide, plus ergonomique.
  3. L’anti-spam de DotClear laisse passer des spams, et je suis obligé de repasser derrière pour l’éduquer. Pour avoir lu Julien depuis le début, je constate que son anti-spam Akismet ne laisse rien passer.
  4. Il paraît que DotClear 2 inclura plein de merveilles, mais je suis impatient, et je préfère des mise à jour incrémentales, régulières, plutôt qu’un process qui délivre des versions parfaites, mais rares. C’est un choix, et un goût, personnels.

Enfin, Yann donne le lien vers un « wordpress pour les neuneus ».

Je ne l’ai pas regardé,

  1. d’abord parce que je suis impatient (je trouve que ces vidéos ont un défaut : « on vous montre des trucs basiques et on s’arrête toujours trop tôt »)
  2. ensuite parce que WP est suffisamment intuitif pour que, avec des bidouilles et un Google sous la main, on se débrouille en quelques minutes.

A venir : pourquoi je n’ai pas opté pour une « petite » plate-forme comme Blogotext ou Pluxml.

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Mue

Test 1

PS : ne postez pas de commentaires sur cette maquette : ils seront effacés à chaque fois que je testerai une nouvelle localisation. Postez vos commentaires sur ce thibillet, ici, pour donner vos idées, suggestions, critiques.
PPS : le projet I AM tournera probablement sous Pluxml.

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Magnolia Express – 2ème partie – # 30

Pas de mots pour ça
 
Plongeon, étincellement de bulles qui remontent crever la surface, Conrad à ma droite, qui a gardé sa casquette (« Plutôt mourir ! » a-t-il grincé quand le moniteur lui a demandé de l’enlever avant de plonger), Aline un peu plus loin dans l’eau bleue, Eileen à ses côtés. Le moniteur nous précède en palmant régulièrement vers le fond, une dizaine de mètres plus bas. Descente ondoyante, ascenseur liquide, palmitude des profondeurs, je touche le fond sablonneux à côté du moniteur. Il me regarde, regarde autour de lui nerveusement, guettant un Saumon ou un Monstre.
Peine perdue, vieux, il faut avoir la Foi.
 
Aline et Eileen se sont assises sur le fond, un peu plus loin, elles s’allongent et hop, les bras étendus le long du corps elles ferment les yeux. Je vois Conrad qui les regarde aussi, qui se tourne vers moi en grimaçant, derrière son masque on dirait un mérou enfermé par erreur dans un bocal à poissons rouges. Je m’assieds en tailleur sur le sable, ça n’est pas facile avec des palmes, Conrad prend un air de cocker mouillé, et puis il s’assied, s’allonge, et regarde la surface, là-haut, à une vingtaine de mètres. Peu à peu, je le sens, je le sais, il se détend, il regarde les jeux de lumière à la surface, les bulles minuscules qui flottent autour de nous. Il étend les bras derrière sa tête, il fumerait bien une pipe sous-marine, dans ce bar bleuté, à s’écouter respirer. Il ferme les yeux.
Des quatre, je suis le seul qui n’aie pas dormi. Je me suis allongé, j’ai regardé les rayons du soleil qui jouaient avec l’eau, les poissons curieux qui venaient nous regarder, le moniteur montait la garde, à l’affût de Révélations, tandis que nous glissions sous une banquise dorée, environnés de narvals et de baleines blanches.

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Synchronicity

J’emprunte ce titre au dernier album de Police, paix à leurs mes.
J’ai ce projet, parmi tant d’autres. Ce projet-là est particulier : même quand il sera lancé, je ne le dévoilerai pas. Il existera, mais restera dans l’ombre. Parce que ce projet est le projet I AM, destiné à rester secret : je vais établir un second blog, sous pseudo, et tellement sous pseudo qu’il faudra que vous trouviez son adresse (bonne chance).
J’ai donc commencé à installer les paramètres du projet I AM. J’ai installé Blogotext sur mon site : ça ne marche pas. J’ai voulu installer WordPress : j’ai lu dans le fichier d’install qu’il fallait modifier des fichiers de config avant de lancer l’installation. Je pose donc la question : quand on veut bloguer, simplement bloguer, que ce qui compte, c’est le texte, pas l’informatique autour, on fait comment ?
Et ne me lancez pas sur les blogger et autres over blog : je veux garder le contrôle, notamment de mes sauvegardes. Alors, les petits génies, c’est quoi la solution ? Parce que j’ai un travail, comme beaucoup d’entre nous, et je prends sur mon temps libre, comme beaucoup d’entre nous, pour bloguer. Mais de là à bidouiller des heures pour poster un message texte, ça va loin… SOS d’un terrien en détresse.

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Magnolia Express – 2ème partie – # 29

Big Salmon Inc. (2)
 
– Quelle histoire de saumon ?
– Ben votre copain dit que vous voulez aller retrouver un Grand Saumon en dormant au fond des lacs …
– Il vous a dit ça ? répondis-je, puis j’ajoutai d’un ton perfide : Et vous l’avez cru ?
– Ben vous savez, on voit tellement de choses … Mais alors, c’est pour quoi ?
– Eh bien voilà …
 
Et tout en parlant, je faisais de grands gestes pour qu’il comprenne mieux. Je montrai la jetée, les eaux si calmes du lac, il me regardait l’air effaré. Je lui montrai alors les montagnes environnantes, là c’était sûr, plus jamais il ne les verrait du même oeil.
 
– Alors, il aurait quitté le Loch Ness pour venir ici ? Et la montagne est un gruyère tellement il a creusé de grottes ?
 
Je hochai la tête d’un air sérieux, c’était bien ça, il avait tout compris.
 
– Mais pourquoi avoir voulu changer ? (devant son air dubitatif, je haussai les épaules en faisant une moue) … et comment aurait-il fait pour venir ici ?
– C’est ce que nous allons tenter d’élucider, répondis-je d’un ton grave, en fronçant les sourcils pour bien montrer que ça n’était pas de la rigolade.
– … et pourquoi dormir au fond du lac ? Vous n’avez pas des sonoscopes, des instruments de mesure osmotique pour le repérer ?

Je pris un air de commisération du genre Des-sonoscopes-non-mais-mon-pauvre-monsieur-pourquoi-pas-des-presse-purée, puis je dis « Je ne peux pas trahir le secret (air grave), j’en ai déjà trop dit ».
Et tu es arrivé à ce moment, solaire, bouillonnant, et tu as tapé sur l’épaule du moniteur :

– Renversant, hein ?!

Il s’éloigna en bougonnant : « Mais pourquoi que je leur pose des questions, hein ? Pourquoi je reste pas peinard à peigner la girafe, hein, bon sang d’ablette ! »

Il est allé vers Conrad, mais il l’a prévenu dès le départ :

– Dormir au fond d’un lac ? Ouais, c’est courant par ici, j’ai déjà vu ça, faut pas croire…

Conrad l’a regardé, a arrêté de mâchonner son bout de bois :

– ça arrive souvent, vous dites ?
– Ouais ouais, vous êtes pas les premiers, c’est sûr.
– Tous piqués, a grommelé Conrad en bouclant son harnais.

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Futilité

Cela n’est pas seulement parce que je suis devant le débat télévisé de nos deux candides candidats, peut-être est-ce à cause de l’heure tardive, et de ma fatigue accumulée, mais j’ai encore une preuve de la futilité relative des oeuvres humaines. Voilà, j’ai passé une dizaine de mois cumulés à traduire, deux fois de suite, la majorité des chapitres du Brealey-Myers, et je devrais en être content, car cela a changé la face de l’industrie du bâtiment français :

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Paradoxe multichrone

Ce soir, en rentrant avec mon fils, j’achète une baguette de pain. Il me dit qu’elle est fraiche : en effet, elle est tiède. Cela me rappelle ce numéro de Pour la Science d’il y a 15 ou 20 ans, qui avait été consacré aux paradoxes. Les lecteurs devaient envoyer des phrases, des termes, qui étaient selon eux des paradoxes. Je me souviens de « Banque Nationale de Paris », je me souviens surtout de « Les prunes rouges sont des prunes bleues qui sont encore vertes ».
Et voilà, ce soir, j’y vais de mon paradoxe : « Une baguette tiède, c’est une baguette fraiche ».
Et, cela n’a rien à voir avec un paradoxe, je vais regarder le débat politique du jour tout en travaillant et en répondant à mes mails. Mon zapping à moi.

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Magnolia Express – 2ème partie – # 28

Big Salmon Inc. (1)
 
– Qu’est-ce que c’est que ce truc, me demanda le moniteur en ajustant mon harnais, de vouloir aller dormir au fond d’un lac ? C’est une nouvelle secte, une mode pour rajeunir ?

Je le regardai avant de répondre, il avait des cheveux gris ébouriffés, des yeux clairs, un visage tanné et ridé par le soleil.

– Nous allons à la recherche du Grand Saumon, celui qui s’est endormi au fond d’un lac quand la Terre était jeune.
– Han han, a-t-il fait, pas vraiment convaincu.
– Vous comprenez, le Grand Saumon, on ne le retrouve pas quand on ouvre une boite de conserve de la Civilisation (et en disant ce mot, je montrai l’ouest en prenant un air tragique), même si c’est une boite de saumon extra-fin…

Il s’éloigna en hochant la tête, pour aller vérifier le harnachement d’Aline. Je l’entendis qui renouvelait sa question à Tiny Aline.

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Caillou – Mousson

Arrosage du jardin
Quelques brins d’herbe dans les flaques
Je crée une rizière.

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Magnolia Express – 2ème partie – # 27

Vénus
 
On a passé le temps à sucer des brins d’herbe dans le soleil, sur la berge à côté de la jetée. Il n’y avait quasiment personne, il était encore tôt et on voyait juste quelques pêcheurs, assis sur leurs pliants, surveiller leurs lignes avec un sérieux ecclésiastique. Conrad consultait fréquemment sa montre, se levait, allait vers son taxi, rebroussait chemin, se rasseyait en bougonnant, Aline restait bien tranquille contre mon épaule. Grand calme intérieur.
Une heure s’est écoulée et Conrad avait mâchonné douze petits bouts de bois, il avait fini par enfoncer sa casquette sur les yeux et ne voulait plus rien voir, à ressasser des pensées noires comme un seau rempli d’anguilles.

– Conrad ?
– Mmgrrff ?!
– Ils font surface…

Il a soulevé sa casquette, a regardé les deux petites têtes dans l’eau là-bas au bout de la jetée, nous étions déjà debout mais il restait assis là, les yeux étrécis, les bras passés autour de ses genoux.

– Allez, vieil homme, elle a besoin de ton aide…

Il s’est levé comme un grizzly neigeux, a commencé à marcher vers la jetée.

– Hey Conrad, attends-nous !
– Dépêche fiston, dit-il en riant et en accélérant, elle a besoin de nous.

Quand nous sommes arrivés au bout de la jetée, Conrad l’aidait à se débarrasser du harnais et des bouteilles, il ne disait rien mais souriait d’une oreille à l’autre et portait son harnais, ses bouteilles, ses palmes, son tuba, il avait passé son masque autour du cou et avait jeté la ceinture de plombs sur son épaule, tout ça dégoulinait, on aurait dit un mercenaire aquatique de retour de mission.

– Alors, Eileen ?

Elle nous regarda tous les trois un moment, secoua la tête, son regard était lumineux comme si elle était passée à travers une cascade, ou si elle avait caressé le museau d’une louve en liberté. Elle passa son bras autour de la taille de Conrad : « Pas de mots pour ça ».

Aline se tourna vers moi, le regard interrogateur, je dis « Si tu veux » puis me tournai vers Conrad. Il me regardait, il était toujours jubilant, mais il a compris doucement et le sourire s’est effacé de sa figure comme le vent efface les traces dans la poussière.

– Ah non, a-t-il fait, certainement pas, c’est hors de question !
– Ben quoi ? a dit Eileen.

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Magnolia Express – 2ème partie – # 26

Gros Bêta
 
Nous étions sur la jetée, Eileen s’est tournée vers moi, toute harnachée des pieds à la tête avec des bouteilles d’oxygène, des palmes aux pieds, des tubes partout et une espèce de harnais gonflable autour du buste. Elle a cligné de l’œil derrière son masque, a fait OK avec les doigts, puis HOP elle a sauté à l’eau pour rejoindre le moniteur. L’eau bleue moussait de bulles et d’écume blanche, puis le nuage s’est dissipé, Eileen et le moniteur se sont préparés et ont basculé vers le fond bleuté. Bientôt la surface a repris son teint de jeune fille, nous étions penchés sur la rambarde, à regarder silencieusement nos reflets dans l’eau.
 
Conrad s’est tourné vers moi en grimaçant : « Bon sang mais quelle idée ! Tu as déjà voulu faire ça, toi, dormir au fond d’un lac ? Est-ce que ça rime à quelque chose ?! ». Je ne savais pas très bien , c’est vrai que quand elle nous avait dit ça, on s’était regardés entre nous en se demandant ce qu’il fallait en penser. Eileen nous a dit qu’elle en rêvait depuis longtemps, que dormir tout au fond d’un lac, ça devait être reposant, et calme surtout, si calme, elle voulait le faire.

On aurait pu en rire, mais elle nous regardait sérieusement et Aline a dit qu’elle comprenait. Alors bon, si Aline comprend, il n’y a plus de questions à se poser. En tout cas, je le dis au risque de perdre mon indépendance intellectuelle chèrement acquise au fil des années, pour moi il n’y avait plus de questions à se poser. Mais pour Conrad, bernique ! Lui il ne comprenait pas, et qu’Aline lui dise ça, ça ne lui faisait ni chaud ni froid : il n’en voyait pas l’intérêt et on sentait qu’il était inquiet, peut-être qu’il imaginait que le fond d’un lac est toujours rempli de pieuvres d’eau douce et autres aquamonstres lacustres. Il n’avait jamais autant parlé et il faisait NON avec sa tête mais Eileen répondait avec un OUI têtu, avec un air un peu boudeur (et pourtant Eileen, habituellement elle n’était pas difficile, pas embêtante pour deux sous), et au bout d’un moment Conrad s’est tu. Puis il a fait un effort pour sourire et il est allé voir le moniteur de plongée, a passé un bras autour de ses épaules et lui a expliqué calmement qu’il lui couperait le nez si jamais il arrivait quelque chose à Eileen, le moniteur acquiesçait un peu nerveusement et il essayait de s’échapper mais Conrad faisait peser son bras un peu plus lourd tout en faisant semblant de rien, à lui expliquer qu’il tenait à Eileen et qu’on peut toujours vivre avec un nez coupé mais que c’est moins drôle en général. Quand il est revenu vers nous en grommelant, Eileen l’a pris par la taille en riant et en disant Gros Bêta.

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Discussion dans mon corps, après le marathon

– Allez, plus vite que ça, les globules, on aura jamais terminé sinon…
– Ouais, on y va, mais alors, on ne sait plus où donner de la tête !
– Mais dépêchez-vous : vous voyez pas que ça s’écroule, là ? Allez, colmatez-moi ça !
– Mais ça va pas être beau, Chef…
– On s’en fout, que ça soit pas beau, vous croyez qu’on a le temps de faire du beau ? Vite, viiiiite, ça va nous tomber sur la gueule !
– Oh ça va, hein, j’ai pas dix bras non plus…
– Chef ?
– Ouais ?
– Qu’est-ce qu’on fait de cet organe ?
– Mais qu’est-ce que c’était, à l’origine ?!
– Ben, on sait pas, il est dans un sale état, on reconnait plus bien…
– Pfff, y a rien à rattraper, balancez-moi ça dans la vessie, ni vu ni connu.
– Ok, à la une, à la deux, à la trois ! (splaouf)
– Et ces tisssus, là, pourquoi ils sont encore tous violets ? (quelle odeur, mon dieu !). Ho, je te cause ! Pourquoi tissus encore nécrosés, 4 jours après La Grande Catastrophe ?
– Ben Chef, il a pas mal de cours actuellement, alors il est tout le temps debout (et y a pas beaucoup de strapontins libres dans le métro…)
– Mais il est cinglé ! Cin-glé ! Moi je vais rendre mon tablier, hein ! Demandez au cerveau ce qu’il fait pendant ce temps, j’ai l’impression qu’il est encore réveillé.
– Il a rangé tous ses papiers administratifs, et là, il écrit pour son blog en mangeant du chocolat blanc.
– Y a encore le foie qui va brâmer, tiens. Bon allez, rideau, envoyez-lui quelques hormones du sommeil, qu’on puisse bosser tranquilles…
– C’est parti, j’ai envoyé Samantha, Ambre et Maëva.

RIDEAU

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Magnolia Express – 2ème partie – # 25

Lac
 
Conrad a garé le taxi sur la berge et nous avons remonté la jetée, une jetée de bois blanchie par le soleil avec une vieille rambarde noueuse pour empêcher les otaries de grimper sur les planches. Conrad et Eileen se sont arrêtés devant, quand nous les avons rejoints il lui parlait tandis qu’elle regardait l’étendue d’eau avec une main en visière.
On entendait Conrad qui disait :
– … et tu comprends, c’est à ce moment seulement que tu verses les poivrons émincés, évidemment il y a toujours des impies qui mettent tout en vrac au départ, et après on s’étonne du manque d’amour dans les familles, non, ce qu’il faut, c’est procéder avec énormément de précautions et de tendresse…
 
Eileen regardait l’étendue d’eau tout en se protégeant les yeux avec sa main en visière.

– Hey, tu m’écoutes ? C’est quand même important, non ?

Elle restait appuyée à la rambarde, les yeux fixés sur le lac, puis elle nous a regardés, a souri bizarrement, et elle a dit :

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Le syndrome LIFO

En gestion des stocks, notamment en comptabilité, LIFO, c’est Last In First Out : avec une matière première au prix volatil (pétrole), au lieu d’aller chercher au fond de l’entrepot le baril acheté à prix avantageux il y a 5 ans, on sort le dernier baril arrivé, au prix qu’on l’a payé.
Les mails suivent le syndrome du LIFO : on répond en premier aux mails les plus récents. On pourrait même définir la loi du LIFO :

  • Mail arrivé dans la minute : réponse générale dans la minute
  • Mail arrivé dans la journée, quand on n’était pas là : réponse éventuelle dans la journée
  • Mail en attente depuis une semaine : oh, il faudra bien une dizaine de jours
  • Mail depuis plus d’une semaine : il n’y a tellement plus de règle, qu’on peut considérer raisonnablement qu’on n’y répondra jamais.

Dans ma boite mail, en attente de traitement, le mail le plus ancien date de 2002. Qui dit mieux ?

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Batana – Cracrer

Voici la batana du mois :

Cracrer : v. i. Dans la cuisine, marcher pieds nus (ou en chaussettes) et sentir des miettes se coller sous ses pieds.
Par extension : trouver, posé sur son bureau, un gobelet en plastique rempli d’un fond de café froid et de 7 mégots ; trouver, sur sa chaise de bureau, un sandwich thon-mayonnaise périmé ; voir, sur sa moquette de bureau, une tache, aux contours prêtant à l’imagination, et à l’aspect sans équivoque.

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Surhumain

Voici donc mon commentaire sur les 42,2 km du Marathon de Madrid. Il est tard, et j’ai déjà commenté abondamment mon Marathon de Paris d’il y a un an, et mes quelques semi-marathons. J’aurais donc un sentiment de redite, si je reprenais tout par le menu. Or, le but est de raisonner en différentiel : qu’ai-je appris ? (ou : qu’y avait-il à retenir ?)

J’ai appris que le Marathon de Madrid est un marathon très dur, à cause de son parcours très en relief. Je ne savais pas que Madrid est la plus haute ville d’Europe (750m, d’après un de mes collègues), ce qui explique de fortes différences de relief. Nommément, +/- 80 m sur le parcours. Cela peut paraître anecdotique, 80 m sur 42 200 m de distance, mais le côté spirituel de cet exercice, c’était que l’on subissait une suite de côtes et de descentes. C’est simple, si l’on cherche non pas à durer longtemps, mais au contraire, à se cramer le plus vite possible, il y a une solution idéale : enchaîner des côtes et des descentes. J’ai testé, ça marche bien, on se crame plus vite qu’il n’en faut à une bougie pour célébrer la Pâque bouddhiste.

Je me retrouve donc, en soupirant, avec le même type de graphique de vitesse qu’il y a un an. (rappel : c’est bien quand la vitesse se maintient stable, selon une droite horizontale, c’est moins bien quand la vitesse suit une courbe qui part en fléchissant comme la tête d’un canasson fourbu. Exemple ci-dessus).

En sus de ma lassitude physique s’ajoute une lassitude morale : l’impression de retomber dans la même ornière.

Ah, et puis tant qu’à faire, parlons un peu de mon accéléromètre. J’avais recalibré la bête, qui n’était pas très précise : pour le semi de Paris, il m’affichait 21 km 880, au lieu des 21 km 100 attendus. Hop, j’avais fait ma règle de trois, et recalibré le bouzin avec un coefficient de réduction. Las, à la fin de ce marathon, il m’affichait triomphalement une distance de 40 km 590, au lieu des 42,200 officiels. Comme je doute que les hispanos aient raboté presque deux bornes au supplément infligé par la reine d’angleterre (c’est une longue histoire, lisez vos classiques), j’en déduis que ce cardio-fréquencemètre m’a estampé cette fois par défaut, donc que j’ai couru trop vite. Tu m’étonnes, dès le km 23 je trottinais tel un hamster blessé.

Je pourrais continuer la liste des horreurs, je résume :

  • des ravitaillements nombreux, mais souvent erratiques. Par exemple, pas d’eau entre le km 8 et le km 15. Par 40°, ça calme les ardeurs.
  • un soleil assassin, une boule de feu qui a décidé d’exterminer tous les neurones des chauves, et de faire blondir au fer à friser les cheveux des ibères pourtant sombres.
  • des côtes qui tuent les cuisses suivies de pentes qui tuent les mollets suivies de côtes qui tuent l’amour suivies de pentes qui donnent envie de se décapsuler les deux rotules et de les mettre dans le bac à glaçons

Les points positifs (qui l’emportent finalement) :

  • une super ambiance, rythmée par les encouragements de la foule « Venga, venga ! Animo ! » J’ai découvert à cette occasion que cela booste vraiment la motivation
  • une équipe de pom-pom girls et gogo boys spécialement affrétée pour nous, qui m’ont plusieurs fois surpris, alors que je roulais de bord en bord telle une barrique ivre, à me remettre sur les rails de mon enfer par des piaulements d’enthousiasme juvénile
  • enfin, et surtout, je n’ai pas battu mon temps prévu (4h40), certes, j’ai pris 7 mn de plus, mais tout cela mérite considération : le vainqueur de Paris fait 2h05, celui de Madrid, 2h11. Ces 6 mn sont non seulement le prix du relief (+/- 80 m), mais cela va en s’amplifiant : 6 mn de différence pour 2h de course à plus de 20 km / h, se transforment probablement en 15, 20 ou 30 mn de différence pour des temps plus longs.

Je ne vais pas essayer de me leurrer avec un temps corrigé, du genre « si le parcours avait été plat, j’aurais fait claquer un chrono », mais cela me regonfle pour le prochain marathon. Berlin, 30 septembre, c’est presque demain.
J’attends toutefois que mes semelles refroidissent, et que mes blessures intimes cicatrisent. Je vais me reposer. C’est bien parti : j’ai 20h de cours en 3 jours…

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J+2

4h 47′ 45″.
Soit 7 minutes de plus que mon objectif. Mais sur un parcours qui a été le plus dur que j’aie connu jusqu’à présent : des côtes à n’en plus finir, des dénivelées successives de +80 m, -80 m, + 80 m…
Des courbatures, évidemment, des coups de soleils cuisants, mais une motivation renouvelée : une superbe expérience, des ami(e)s et de nombreux soutiens, des belles histoires individuelles qui nous construisent collectivement. Grands moments.
Maintenant, un mois de repos physique, et beaucoup de choses à rattraper dans ma vie.
Plus d’infos (décomposition de la course, pensées profondes et méditations à la mord-moi-le-noeud) plus tard…
Merci à tous pour votre soutien, vos petits messages d’encouragement, vos pensées positives.
🙂

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J-2

Suis à la bourre, et surtout, très stressé (ce qui n’est point bon pour la performance).
Occasion rêvée pour faire la check-list en live.
Donc thibillet qui va être modifié jusqu’à 18h30, heure de mon taxi.
Je reprends, sans vergogne, la check-list publiée par Christian, et je l’amende (la check-list, pas Christian).

Avant de partir pour Madrid :

  • Billets d’avion (ou références si billets électroniques), coordonnées de l’hôtel + retro-planning pour le retour – check
  • Passeport ! – check
  • Playlist pour l’éventuel lecteur MP3 de la course – pas encore, pas sûr
  • Téléphone rechargé – check
  • Boules quiès pour l’hôtel, qui est bruyant, paraît-il – retrouvées ! (dans un endroit peu chrétien…)
  • Mon carnet de notes et de croquis – perdu ? 🙁 retrouvé !
  • Mon carnet de pouèmes – check
  • gafas de solcheck
  • carte européenne d’assurance-maladie – check
  • recommander mon âme à Dieu – plus tard, coco…
  • prendre la carte Pokemon de Colossinge que mon fils m’a donnée pour ce voyage – double-check

Nécessaire pour le jour de la course :

  • Réveil matin ? – nan, montre cardio-fréquencemètre
  • Gâteau qui bourre la gueule pour le petit-déjeuner de dimanche – nan, soit réveil à 4h30 pour petit-déjeuner, soit « nouilles liquides » (héhé…)
  • Short moule-à-gaufres – 2 !
  • T-shirt respirant rouge pétard aux couleurs de l’école (et propre!) – 2 ! (manches courtes, manches longues)
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) – ouais
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons !! – check !!
  • 3 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 – 5 doses + nouilles liquides pour avant (déjà bu 2 litres)
  • 4 épingles de sureté pour le dossard – 6, je te bats
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre (changer la pile éventuellement avant le départ) – check + chargeur + piles (4)
  • Lecteur MP3 / ipod + écouteurs qui vont bien ! – check, mais pas le temps d’une playing list, je compterai sur les copains
  • Sac poubelle pour m’enrober avant la course (super pour la motivation, « je suis une ordure, un résidu, un déchet »), éventuellement vêtements pour la pluie – check

Conseils pour avant la course :

  • Boire beaucoup (de l’eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) – tu crois que je t’ai attendu ?!
  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d’autres sucres lents) – depuis 3 jours
  • Ne pas boire d’alcool (quelques semaines avant ?) – check, sauf le soir de mon anniversaire
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – check (et c’est pas fini, ça va bâcher !)
  • Copains sur le parcours – très bonne idée, à organiser sur place
  • Répondre patiemment à la question « et quel temps tu comptes faire ? » – nan, là c’était « alors, quel temps tu as fait au Marathon de Paris ? »
  • Fixer rendez-vous départ / arrivée
  • Retrouver le livre de Michel Delore et les numéros de Jogging International – pas besoin, connais par coeur, j’en rêve la nuit (enfin, quand j’arrive à dormir)
  • Lire tout ce qui a trait au Marathon – 3 fois…
  • Trouver la crème pour les pieds et les parties délicates (Akaïne) – Moi c’est nok, mais on fait comme tu veux, dans ta chambre ou dans la mienne ?
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – à faire ! (samedi…)
  • Me coucher avec un bon livre sur le Zen, ou des poésies – Récit de cette calligraphe française qui est partie en Chine
  • Bien dormir – ça c’est pas joué
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant – si les copains l’ont
  • aller prendre mon taxi – il est 18h25, j’y vais

Je suis heureux de vous avoir connu…
😉

Retour lundi soir, tard, pas de connexion d’ici là.

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Magnolia Express – 2ème partie – # 24

Tribunal de lapins
 
Quelques heures après, nous étions toujours au même endroit, nous avions fini de manger, le dos appuyé contre les rochers tièdes, et nous profitions du champ de bruyère et de serpolet et de la forêt qui nous entourait. Eileen et Conrad regardaient fixement un endroit depuis quelque temps, j’ai touché silencieusement le coude d’Aline.
Deux lapins étaient venus vers les rochers en se cachant, ils devaient se demander si nous faisions partie de la race des Dangereux ou des Inoffensifs. Ils devaient aussi se croire bien cachés, derrière leur rocher à une vingtaine de mètres de nous, se dire avec fierté :

– Tu as vu, Moses, ils n’ont rien vu ! Nous sommes très forts …
– C’est normal, Lincoln, nous sommes discrets. Et bien cachés.
 
Mais voilà, tout discrets qu’ils étaient, ils avaient oublié leurs oreilles longues et neigeuses, et on en voyait de temps en temps une paire qui se levait au-dessus du rocher quand un oiseau chantait, et puis l’autre paire d’oreilles se pointait, elles se tournaient brusquement d’un côté quand on entendait une branche craquer, puis l’une se retournait vers l’autre et les deux lapins recommençaient à discuter.
 
– Alors Moses, comment juger de leur inoffensivité ?
– Il y en a un qui a l’air d’un ours avec un pyjama à carreaux. Un ours qui se prépare à hiberner, ça n’est pas dangereux, dit Moses.
– Mais les trois autres ?
– Eh bien, il y en a une qui secouait sa crinière en riant, or les chevaux, fussent-ils sauvages, ne nous font jamais de mal. Ils nous poussent un peu avec leurs naseaux et soufflent un air tiède, et en hiver ça fait du bien. Donc en voilà une qui est inoffensive.
– Ah.
– Oui. Il en reste donc deux.
– Le petit chat n’a pas l’air dangereux : elle a les yeux dorés, et puis regarde-la s’étirer en plein soleil.
 
Aline me sourit, elle avait passé l’examen. Ne restait plus que moi.
 
– Il en reste donc un …
– Ami des renards …
– Donc fourbe et cruel …
– Animé de mauvaises intentions à notre endroit …
– Lui, quand il regarde un lapin, il voit un civet …
 
Eileen s’agitait un peu, me jetait des regards en coin.
 
– En plus, il n’a pas l’air très malin, a dit Lincoln.
– Oh non, ho ho ho, moins malin qu’un lapin, ça c’est sûr, a répondu Moses.
 
Alors Eileen s’est levée, a mis ses poings sur ses hanches, et a grondé :
 
– Hey, les deux mangeurs d’herbe, montrez-vous un peu !
 
On a vu deux paires d’oreilles pointer vers nous avec effarement.
 
– Allez, venez présenter vos excuses !
 
Silence dans le camp lapin.
 
– Montrez-vous, ou je viens vous chercher à coups de sabots !
 
Alors on a vu un nez de lapin pointer d’un côté du rocher, à nous regarder piteusement. C’était Moses. Et puis Lincoln est apparu de l’autre côté, avec un air si effaré que j’ai ri tout seul, à voir ses oreilles pendantes et ses yeux écarquillés. Eileen a vu que je riais de leur déconfiture, alors elle a grommelé :
 
– Allez, c’est bon pour une fois, vous pouvez circuler…

Et ils se sont enfuis dans les hautes herbes, dépités, le bout de leur petite queue blanche a disparu dans la bruyère. Et nous, nous sommes repartis dans les hautes herbes, allégés, les pans de nos chemises flottant dans le soleil, nous avons repris le taxi surchauffé.
La route a commencé à descendre doucement, on voyait un lac au loin.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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Projets et TouDoux

Je me fais dépasser par les événements, ou plutôt, il y a trop à écrire, et trop peu de temps. Quelques boulite poïntz en attendant mieux.

  • En dépit de mes insultes aiguillonnantes, tous vos commentaires sur Proxy for Love méritent mieux qu’un commentaire de réponse : ce sera un thibillet, y a plus qu’à l’écrire (mais pas cette nuit)
  • Yves Duel s’insurge et fulmine, oulala, cela méritera un thibillet sur la Causalité, notre tourment à nouzaut’ chercheurs d’oeufs de pâques. Je sais déjà qu’Yves Duel et moi nous sommes d’accord, il s’agit juste de trouver les mots qui nous conviennent à tous les deux.
  • Christian a posté la check-list du marathonien, reste à l’amender dans un thibillet genre J-3 ou J-2
  • Sahoura aimerait des précisions, cela méritera un thibillet court sur l’efficience des marchés (One more time ! we’re gonna celebrate ! One more time…)
  • Monsieur Jean a réactivé mes idées de batanas, et même si son idée est encore à l’état de projet, j’en ai une autre : cracrer.
  • Nouvelle rubrique de ce blog, à lancer : productivité. Mes outils, quoi.
  • Le 400ème billet m’est passé sous le nez sans que je ne fasse mon thibillet récapitulatif sur les livres à lire. J’avais une excuse : je venais de fêter mon anniversaire. Donc : thibillet à faire sur les livres à lire (depuis le temps…) et ça n’attendra pas le 500ème thibillet.
  • Une autre chose que je m’étais promis de faire avant le 400ème thibillet : le projet Rubicon, avec l’aide de Julien, s’il veut bien. Pour l’instant, dans les cartons le rubicon.
  • Aujourd’hui, pas mal de temps passé sur le projet Phenix. Là aussi, j’ai plusieurs TouDoux…
  • Et le projet Augias qui avance, mais recule en même temps.

Viendra un jour où tous ces thibillets auront été écrits, et tous les TouDoux cochés.

Quand tous les TouDoux cochés,
Moi aller me coucher.

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Proxy for Love Revisited

Vous n’êtes pas des amoureux. Asservis par vos ordinateurs tentaculaires, frénétiquement rivés à vos écrans CAC40, vous n’avez qu’un dieu, Boursorama, qu’un idéal, l’ISF.
Vous me décevez tous cruellement, avec une constance qui frise un R² de 100%.
J’aurais mieux fait de me faire moine (sans rien sous ma robe) ou ascète pour m’en faire de 5 à Sète.

Tels des étudiants névrotiques, vous avez mal lu le sujet d’examen. Il ne s’agissait pas de trouver des proxies du mariage d’intérêt, mais des proxies du mariage d’amour. Donc de réduire l’amour à une dimension statistique, froide et calculée. Je repose la question : quels paramètres observables permettraient de dire « non, ce mariage n’a pas l’air d’un mariage arrangé comme tous les autres, mais plutôt d’un mariage par amour » ? (chose rare, j’en conviens, mais bon, on est dans un monde théorique).
Vous avez quelques heures, tous documents autorisés.

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J-4

Point positif : on sera au frais (ce qui n’est pas le cas dans mon bureau, où il fait 40°)

Point négatif : les chaussures gorgées d’eau, c’est lourd, surtout pendant 42 bornes (et 195 mètres).

Mais que diable suis-je allé faire dans cette galère ?

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Magnolia Express – 2ème partie – # 23

Repos
 
Le taxi a grimpé le long d’une route en lacets, peu à peu la forêt s’est développée jusqu’à ce qu’il y ait un rideau d’arbres de chaque côté, Conrad conduisait en faisant Pom Pom Popom, on avait ouvert toutes les vitres et Eileen avait son bras sur la portière. On s’est arrêtés un peu avant le sommet, il y avait un petit chemin de terre sur la droite et on voyait plus loin une clairière et des champs. On s’est installés dans l’herbe à côté de rochers grisonnants, le champ descendait en pente douce vers la forêt plus bas. Eileen a posé sa tête sur une cuisse de Conrad et s’est endormie, et lui essayait de ne pas bouger, clignant des yeux dans le soleil, environné d’insectes vrombissants de chaleur.

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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
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