Magnolia Express – 4ème partie – # 7

Grande pensée (5)
 
Par moments, de façon fugace, je me dis qu’on ne peut pas vivre avec autant d’insouciance que moi, et que les esprits chagrins, les fâcheux m’auront un jour au tournant. Je les vois arriver, traînant le fardeau de leurs défaites à venir, rien ne va, ils passent à côté de la vie, de toute façon, pour eux, c’est pas une vie, je les vois arriver avec émerveillement tant ils se démènent pour se compliquer, s’assombrir, se déliter, tandis que mon œil voltige par-dessus leur épaule, à l’affût d’un rayon de soleil sur les nuages. Ils m’expliquent pesamment qu’on ne peut pas vivre comme cela, qu’il faut être responsable et sourcilleux, alors je prends l’air sourcilleux pour une minute, hochant gravement la tête tout en pensant aux truites arc-en-ciel qu’on peut pêcher à la mouche, ou bien je me demande si le miel sera bon cette année, et quand je relève la tête, les fâcheux ont disparu dans une odeur de soufre, ou bien ils sont encore là à me regarder de leurs yeux globuleux, interrogateurs, si désireux de me convaincre.
Et j’essaie d’apaiser leurs angoisses en leur promettant que désormais, je sourirai moins, et ils s’en vont (un peu) rassérénés. C’est comme cela que je conçois mon rôle : aider ceux qui sont plus démunis que moi.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie – # 7

Magnolia Express – 4ème partie – # 6

Grande pensée (4)
 
Il y a fort longtemps, j’ai décidé d’être un témoin. Aujourd’hui chacun veut être acteur, c’est la course pour briller plus que les autres, mais il n’y a plus vraiment de place sur scène, et il n’y a plus de spectateurs, ça déséquilibre tout, le monde n’est plus qu’un concert discordant de voix isolées. Quand j’ai décidé d’être témoin, c’était pour leur donner quelqu’un qui les écoute (ils en avaient tellement besoin), je voulais être le dernier spectateur.
Mais c’était aussi pour que quelqu’un se souvienne. C’est comme cela que je vois ma mission : je me souviens.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie – # 6

Batana – Arnaude

Arnaude : n. f. Quand tu es bien, vraiment bien, le temps s’écoule mais tu ne regardes pas ta montre, et puis arrive le Réel, inopiné, même pas crédible, et avant même de t’en rendre compte, tu te retrouve seul, avec un grand vide triste.
Autre version : le moment où l’après-midi bien entamée transforme les façades en happy hours, le moment où tu ne comptes plus les additions empilées, et où surgit le pénible, au milieu d’un concert de klaxons et de moteurs.
Encore un essai : avant l’Arnaude, tu croyais que tu pouvais prendre cet espace de liberté, et tu le méritais, et tu en profitais. Après l’Arnaude, les choix sont individuels, les grandes idées ne peuvent rien contre la tyrannie du quotidien, alors tu rentres.
Par extension : tout ce qui te bloque, et te ramène méchamment, sans volonté de te comprendre, à ta vie et à tes choix (ou l’absence d’iceux).
En bref : la batana par excellence, la méta-batana, l’hydre.

Rappel : les batanas et les ubuntus passé(e)s sont . Et la genèse, toujours utile aux nouveaux/zelles venu(ze)s est .

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Arnaude

Magnolia Express – 4ème partie – # 5

Grande pensée (3)
 
J’aimerais tourner un film (ou écrire une histoire ou composer des chansons) où rien ne serait un problème : il n’y aurait pas de tristesse, pas de drame, juste des doutes, parce que le doute est moteur. Il n’y aurait pas de problème qui ne soit pas résolvable pour peu qu’on y mette un peu de bonne volonté, un peu d’amour des autres, un peu d’empathie. Je ne veux pas dire que je rêve à un monde futile, ou un monde idéal. Je souhaiterais démontrer, à travers un film (ou une histoire ou des chansons), que ce monde n’est pas si irréel que ça, et que nos vies sont essentiellement jalonnées de problèmes mineurs. Ces problèmes mineurs, il faut savoir les identifier, puis les regarder en face et leur dire « Non mon gars, tu ne m’inquiètes pas vraiment, tu n’es qu’un problème mineur » et le problème s’en irait tout penaud et voilà pour lui.
Bien sûr, il y a aussi, plus rarement qu’on ne le croit, des problèmes majeurs. Ceux-là, on ne peut pas les supprimer, de toute façon ils font partie de ce processus d’amélioration continue qu’on appelle nos vies, et c’est ainsi qu’il faut les accueillir.
Le titre du film ? Boh, c’est un problème mineur… On pourrait l’appeler « Réservoirs de bonheur », ou bien « Nous sommes tous des lacs de montagne », ou encore « Ne te casse pas la tête, Vieux ».

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Blog | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie – # 5

Caillou – Blanche


Elle monte l’escalier devant moi
J’aime bien ses fesses rondouillardes.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Blanche

Magnolia Express – 4ème partie – # 4

Grande pensée (2)
 
Pendant longtemps, je me suis cherché des symboles que je pourrais dessiner sur les murs, des héros dont je pourrais m’inspirer. J’y trouvais les justifications de mes actes passés, je découvrais (toujours après coup) que j’étais fataliste, ou hédoniste, ou stoïque, ou bouddhiste-zen-du-petit-véhicule, ou n’importe quelle étiquette pour peu qu’elle sonne bien. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon école philosophique, mon karma à moi : je fais partie des gratteurs de tête. Et pas n’importe quelle tête, non les amis, la mienne. A chaque fois que l’on souhaite ardemment, passionnément, me convaincre, à chaque fois qu’on m’explique que ce monde est injuste ou mal fait, ou effroyable, et que c’était mieux avant, alors je baisse les yeux et je me gratte le sommet ducrâne, et je dis « ben oui, ben oui » tout en pensant ben non ben non, ou bien je me dis que je n’en sais rien, j’admire la citerne d’incertitude que je représente. Je n’essaie pas de changer le monde, non, ça n’est pas pour moi, il y a des gens qui se font élire pour changer le monde, j’essaie juste de me dire que l’âge d’or n’est pas derrière nous, c’est maintenant.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie – # 4

Gold nugget

Comme un orpailleur, je passe mes e-mails au tamis. Au lieu d’aller courir, je remonte le flot des mails. Ce week-end, j’ai acheté un CD rom de dactylo, je vise à être le Jimi Hendrix du clavier.

Publié dans Productivité | Commentaires fermés sur Gold nugget

Magnolia Express – 4ème partie – # 3

Grande pensée (1)
 
L’homme n’a pas encore assez évolué. Aujourd’hui, dans nos villes, l’homme ne sait plus qui il est : de temps en temps, il est piéton, et maudit les voitures ; en d’autres temps, il est automobiliste, et maudit les piétons. Sans s’en rendre compte, l’homme souffre de cette double identité. En vérité, je vous le dis, il viendra un temps où tous les hommes seront des piétons, et tous les conducteurs de taxi seront bénis, et représenteront une caste à part. C’est comme cela que je vois ma mission : je contribue à améliorer le genre humain. Par le petit bout.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie – # 3

Magnolia Express – 4ème partie – # 2

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Tamalpais High (at about 3), par David Crosby, sur le CD If I could only remember my name, Atco, 1991 (sortie initiale 1971). Le disque est en vente ici.

Hauteurs du Tamalpais, 3h du matin
 
La montée était sinueuse, à peine éclairée par un croissant de lune, on avait l’impression de n’en pas finir et qu’après le sommet, le taxi continuerait à monter dans la nuit. Mais après un dernier virage, les phares du taxi débouchèrent sur une étendue de gravier. Conrad laissa glisser sur quelques mètres, coupa le contact, les phares, puis nous descendîmes. On devinait les arbres qui entouraient cette clairière abandonnée, la nuit était sans nuages. Levant les yeux, nous vîmes un tapis d’étoiles, comme si une multitude de tigres nous fixait dans le noir.
Lumineux et féroces.
Inaccessibles et calmes.
 
Conrad s’était dirigé vers ce qui semblait être une trouée dans les buissons, un début de sentier. Nous nous faufilmes à la queue leu leu, environnés de feuillage chuintant, de feuilles luisant sous la lune comme des lames d’acier, et tous ces petits bruits (criquets craquement lapins lupin lutins) qui forment la rumeur de la nuit, auxquels se mêlaient nos pas furtifs, débonnaires, sensibles, amoureux.
Une ouverture dans les buissons nous révéla la baie tout en bas. Les lumières tremblotaient dans l’air nocturne, on voyait un phare qui clignotait tendrement au loin. Conrad s’arrêta, je sentais les ombres des pèlerins à côté de moi.

– C’est le moment d’avoir de grandes pensées. C’est le moment de pardonner au monde, dit Conrad.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie – # 2

Tous ces thibillets perdus

J’ai depuis plus d’une semaine des dessins que je voudrais mettre en ligne. Mais il faut que je branche le scanner, ou que je les prenne en photo numérique puis que je récupère les fichiers, les retraite, les réduise, pfouhh.
Magnolia, c’est pareil. Les illustrations musicales demandent du temps, ce qui nuit à la spontanéité du truc.
Sans parler de tout ce que je note dans mes Carnets Noirs, et que je publierai… quand j’aurai rédigé.
Je trouve ça frustrant. Je n’ai pas de solution, mais c’est vrai qu’une tablette graphique avec scanner intégré et logiciel de dictée vocale, ça commencerait à ressembler à un environnement agréable.
Donc, nième idée de startup : après les portables ultramobiles, faire des stations de blog. Un truc tout en un qui permette de publier photos, dessins, textes, avec le minimum d’effort. Un dictaphone cyber, quoi. Une idée, un billet.
On peut rêver…

Publié dans Blog | Commentaires fermés sur Tous ces thibillets perdus

I lost my faith

Cet après-midi (oui, c’est comme météore, cela accepte le genre masculin ou féminin), vers 16h , j’ai perdu la foi. Ce que j’enseignais était nul, et était enseigné de manière nulle. J’en étais désolé pour mon public. Ce soir, vers 19h50, après une bière et un Long Island Iced Tea, je me suis retrouvé.
Cocon, Chrysalide, Papillon, je n’en suis pas encore à déployer mes ailes, mais j’ai vu l’ouverture du cocon.
Je fais un métier d’artiste, je suis la version très modeste, très humble, d’une artiste comme Fabienne Verdier.
A des éons de distance, je parcours un chemin parallèle : arriver à transmettre quelque chose.
Et le groupe que j’avais aujourd’hui le méritait. Je veux dire, il y a des fois, je fais mon métier, mais je ne suis pas sûr d’être utile, je délivre la performance attendue, celle qui était inscrite au cahier des charges. C’est rare, mais ça arrive, c’est comme le chirurgien qui essaie de ne pas s’impliquer émotionnellement, sinon cela va perturber ses gestes.
Mais il y a d’autres fois, je sens qu’il faut que je fasse un effort particulier, tout simplement. Une manière de se réinventer, pour être meilleur.
Et évidemment, il n’y a pas de limite. Montrez-moi une personne qui dit « j’ai atteint le top de mon art » et je rigolerai. Ou, plus souvent, j’aurai pitié.

Publié dans Prof | Commentaires fermés sur I lost my faith

Magnolia Express – 4ème partie – # 1

Quelque part au sud
 
J’achevai de mettre nos affaires dans le taxi quand Conrad est venu me voir :

– Alors, petit, on va où ?

Je refermai le coffre, et regardai par la lunette arrière. Vieux Bill et Conrad avaient fait un travail de chirurgiens, le taxi était à nouveau flambant neuf, et près du tableau de bord, je voyais le compteur qui était toujours en marche.
Je me redressai, fixai Conrad avec une moue d’impuissance. Je ne savais pas si c’était une bonne idée de rebrousser chemin, de parcourir à nouveau le même trajet, et j’avais un sentiment d’échec, nous n’avions pas trouvé. J’allais lui dire ça quand je vis Bob Brozman qui se faisait déposer par une camionnette sur la route. Il s’avança vers nous portant trois étuis sombres et un sac, et dit :

– Vieux Bill m’a prévenu que vous partiez aujourd’hui. J’ai décidé d’avoir la bougeotte : il paraît qu’on ne déteste pas ce genre de musique vers le sud. Alors si c’est sur votre route …

Conrad et moi échangemes un regard, puis nous répondîmes que par un coup de chance, une coïncidence étonnante, oui, c’était sur notre route.

– La vie est bien faite, constata Bob en souriant, tandis que nous hochions la tête.

Vieux Bill nous avait offert une machine à écrire antique, ainsi qu’un bracelet indien pour Eileen et une pipe en écume de mer pour Conrad. Nous partîmes donc à cinq vers le sud, un peu plus chargés, un peu plus légers, ça dépendait.

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie – # 1

Le scoop, la joie, et aussi la gravité

Merci à Yog, grâce à lui, j’apprends la nouvelle.
Je me permets de paraphraser John Donne : « chaque vie humaine emprisonnée me diminue ».
Je me réjouis donc de la libération d’Ingrid Betancourt (et j’assume mes écrits historiques, j’évolue tous les jours).
Je voudrais juste dire, en psycho-historicien que je rêverais d’être (pour ceux qui ne comprennent pas, ça fait référence à une oeuvre d’Isaac Asimov, appelée Fondation) :

  • cela va commencer par un relai d’information dans la blogosphère
  • puis il va y avoir un grand enthousiasme populaire
  • assorti d’une tentative de tirer la couverture à soi : qui a contribué, et de quelle manière, et depuis combien de temps, à cette libération
  • mais nous sommes en France, donc il va y avoir des réactions du genre « mais non pas du tout, c’est un argument électoral ! »
  • Pendant ce temps, le sort d’autres otages, et la tyrannie des grands nombres, feront que l’on se rejouira de la libération de 15 personnes, mais qu’on oubliera les massacres de 70 000 personnes, qui sont moins médiatiques.

Je reviens au début de ce thibillet : je me réjouis de cette libération.
Mais nous sommes tous, de manière bien moins cruelle, mais plus permanente, prisonniers des médias.
Qui a dit que la télévision était l’opium du peuple ? (troll on, en langage de geek)

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Le scoop, la joie, et aussi la gravité

Magnolia Express – 4ème partie

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de I’ll never leave you, par Tuesday Jackson, sur le CD De vous à moi, Universal, 2003 (réédition de la version originale de 1968). Le disque est en vente ici.

Quatrième partie :

  Magnolia

 

I’ll never leave you
I’ll never leave you
I know that you know that my life
would be nothin’ without you
I’ll stay with you forever
I’ll stay with you
For what else can I do ?

Tuesday Jackson

 

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 4ème partie

De la part de (et pour) Magdalena


Goals are dreams with deadlines.

Helen Scharf Hunt

Citation d’origine discutée (ça me rappelle quelque chose), mais qui permet de revenir à un peu de bon sens (ou d’inspiration).

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur De la part de (et pour) Magdalena

Humilité

Quand, après des heures de calcul, tu te rends compte que le fichier initial était vérolé.
Respiration, rationalisation.
Et puis tu recommences. Tout.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Humilité

Pensée floue – Les mains dans le cambouis gagneront toujours

Paradoxe : plus le temps passe, plus l’accès à l’information devient facile ; mais plus celle-ci devient évanescente.
Bon, je recommence.
Je suis en train de travailler sur des séries historiques, des chiffres économiques, me demande pas, je vais te prendre la tête, et tu as ton hamster à nourrir, je sais bien que je ne suis pas grand chose dans ta vie, juste quelques pixels sur un écran, ou un pantin en amphi, tu vois le topo.
Arrête de m’interrompre, je perds le fil.
Je compile des séries économiques, et j’utilise mon chéri OpenOffice pour faire mes calculs sous tableur.
Ce qui me frappe, c’est qu’il faut développer la virtuosité du mécanicien. Bidouiller dans le cambouis.
Bon, je recommence.
Un tableur, c’est un ensemble de fonctions. Plus le temps passe, plus les producteurs de tableurs (OpenOffice, Google Documents, Zoho…) développent des trucs en plus. Et que je te mets des tableaux croisés, de l’auto-complétion de cellule, des liens web, un distributeur de viagra, des slips en polaire.
Mais les vrais aventuriers, les conquistadors, ce sont ceux qui, il y a 10 ans, inventaient tous les moyens possibles pour contourner les limitations du logiciel.
D’où aphorisme :
Plus l’outil est simple, plus tu es contraint à être ingénieux.
Plus l’outil répond à tes besoins, moins tu es imaginatif.

Voilà un aphorisme que les gars de l’Oulipo ne démentiraient pas.

Après, j’ai continué à écrire, mais ça partait en trucs filandreux, donc je m’arrête là :

Chéris ta clé anglaise, le vrai pouvoir est dans ta main, qui prolonge ton cerveau.

Publié dans Productivité | Commentaires fermés sur Pensée floue – Les mains dans le cambouis gagneront toujours

Caillou – Pourquoi ce serait mal ?


Dans la mousse du champagne,
Diamants.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Pourquoi ce serait mal ?

Et encore une idée que je croyais être originale…

Discussion avec un ami sur le coût de la vie. (et son augmentation, ma pauvre dame).
Lui : « Il n’y a pas un indice commun à tous ».
Moi : « Ah ouais, génial, il faudrait avoir un taux d’inflation par catégorie socio-professionnelle (et idéalement, par région). »

On se sentait très intelligents, tous les deux, à refaire le monde, comme des énarques aux petits pieds.

Bon, après consultation de l’Oracle de Delft :

Cela dit, je pense qu’il serait intéressant de savoir précisément ce qui est inclus et exclus dans les calculs officiels. Par exemple, j’ai appris que les prix de l’immobilier ne sont pas inclus dans l’IPC, car l’immobilier c’est un investissement, pas de la consommation. Par ailleurs, est-ce que les primes des banques d’affaires sont intégrées dans la production nationale ou dans les calculs du taux de croissance économique ?
Un ourson en chocolat, ou une bière, à qui m’éclaire pédagogiquement.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Et encore une idée que je croyais être originale…

Yéti, Yoda, Y me

L’heure est grave. C’est vrai, de plus en plus de blogs que je connais ont soit arrêté, soit se sont mis en stand-by, soit publient tous les 36 du mois, du genre « alala, j’ai pas le temps, alors je poste juste un billet pour dire que j’ai pas le temps. Ou une vidéo. Ou un truc du genre « tel journal dit ça « . Le monde cyber qui nous a enfantés est en train de nous laisser sur place.
Moi je m’en fous, d’après une collègue qui vient de m’appeler, je serais en train de passer du côté obscur. J’ai essayé de lui répondre que ouais, c’était pas mal, j’y apporterais ma lumière, elle n’a pas eu l’air de recevoir l’argument. Visiblement, je ne me rendais pas compte de la gravité du truc, elle voulait juste me prévenir. Extrait « parles-en a untel, il a rencontré le Yéti dont je te parle » Réponse : « je te remercie, mais si je veux avoir de l’info, j’irai voir directement le Yéti ». Incompréhension.
J’en ai raté le début de Dr House, pfouh.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Yéti, Yoda, Y me

Caillou – Thé léger


La lampe d’étude
Dans ma tasse fumante
Attend que la lune se lève.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Thé léger

Caillou – Camille II

Doré en bulles
Et le salto d’une pièce de cuivre,
Égalité.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Camille II

Note to self – la mort et la flamme

Je connais une personne, que j’aime, et qui mourra jeune. Dans sa famille, on n’en parle pas, on le passe sous silence, parce qu’elle est censée être guérie, donc c’est fait, hein, pourquoi on reviendrait sur ces épisodes désagréables du passé ?
Jusqu’à récemment, j’attribuais cela à de l’égoïsme, du bovinage : « elle est guérie, donc elle n’est plus malade ».
Mais une discussion à midi, avec une autre personne que j’aime, m’ouvre les yeux. Là où je ne voyais que de l’égoïsme (je me protège de l’inconnu, j’annule cette peur de la mort en niant le fait que cette personne puisse mourir), il peut y avoir une autre explication : la pudeur des autres, qui n’osent pas parler ouvertement de leur peur, par bienséance, par éducation, que sais-je. Le problème, c’est que cette attitude – très respectueuse – les éloigne d’elle, car elle se dit « ils ne se rendent pas compte », alors même, peut-être, qu’ils se rendent compte, mais n’osent pas / ne veulent pas en parler avec elle. Avant de la perdre pour de bon, ils la perdent déjà par leur silence. Et c’est pourtant de l’affection, et de la protection, de leur part, que de ne pas intervenir. Chaque être humain est une île. Le problème est que, le jour où elle mourra, ils regretteront probablement leur silence, tous ces moments dont ils auraient pu profiter ensemble, au lieu de se retrancher derrière leurs conventions. Et probablement, ils l’aimaient. Ils n’ont juste pas trouvé le bon moyen de l’exprimer.
Mais du côté positif, il reste tant de choses à faire. Chaque minute compte. Nous sommes des feux qui brûlent, et comme le dit Tyrell dans Blade Runner, tout est une question d’intensité et/ou de durée du feu.
Notre but, finalement : transmettre de la chaleur, et donner la force d’affronter la nuit.

Publié dans Blog | Commentaires fermés sur Note to self – la mort et la flamme

A propos de France-Italie…

A cette minute, 181 807 Français ont téléchargé Firefox 3, contre 143 534 Italiens. Alors que les Italiens avaient émis plus de promesses : ils étaient au-dessus de 100 000 promesses hier soir, et la France en-dessous de 100 000. Mais la France va a-delà des promesses, dans tous les sports !
Si le coeur vous dit de participer, c’est ici.
5 millions 648 mille 764 téléchargements à cette minute. En 12 heures, moi ça m’impressionne…

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur A propos de France-Italie…

D-Day

Depuis 19h, la France peut télécharger Firefox 3.
Mauvaise note à un serveur commercial, qui proposait déjà de télécharger FF3 dans la journée, avant la date officielle, avec deux conséquences : mensonge, puisqu’ils ne proposaient que la RC3 (ok, c’est le même code, mais c’est un mensonge par omission) ; réduction des statistiques pour le record du monde, puisque la version n’était pas téléchargée depuis un serveur officiel.
Mauvaise note aussi à des petits profiteurs qui avaient réservé des noms de domaine en faisant croire que leur site est le site officiel. Oui, je sais, en bas de page et en petits caractères, il y a l’info. Mais la démarche est vulgaire.

Depuis 19h, la France peut télécharger Firefox 3.
Résultat : le site spreadfirefox est inaccessible, le blog de Tristan Nitot itou, ça fait fumer la bande passante !
Moi, je m’en fous, j’attendrai demain matin – ou après – pour mettre à jour mes 3-4 ordis. En attendant, je télécharge Ubuntu 8.04 comme un goret (le fichier torrent est aussi dans les choux).

edit : ou alors, je peux essayer de télécharger pendant une des deux mi-temps de ce soir, pas à la mi-temps bien sûr, mais avant ou après, il va y avoir un répit dans la bande passante, je pense…
edit 2 : c’est beau, un réseau qui est down.
edit 3 : écrit sous Firefox 3. Je ne suis pas testeur exhaustif, mais ça me semble bien plus rapide

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur D-Day

L’Appel du 18 juin

Chacun souhaiterait avoir ses 15 minutes de célébrité tant promises par Andy-la-Tignasse, mais la sélection à Questions pour un champion devient vraiment drastique, alors que faire ?
Réponse : faire un truc bien, pour gratuit, et participer à un grand élan populaire, vouéééé.

  • Il y a Firefox 3.0 qui sort le 18 juin.
  • Chacun(e) peut le télécharger gratuitement, et profiter de ses fonctionnalités du futur, qu’Internet Explorer, à côté, c’est Mosaïc.
  • Des geeks ont décidé de lancer un appel au peuple, pour essayer de battre le record du monde du nombre de téléchargements en 24h.
  • D’où mon appel.

Quoi faire ?

  1. Aller sur ce site.
  2. Cliquer sur « Participer ».
  3. Télécharger Firefox 3.0 le 17 juin au soir, ou le 18 juin, bref, dans les 24h.
  4. Si toi avoir plusieurs ordis, toi télécharger plusieurs fois.
  5. Accessoirement, en dehors du record, cela vous permettra de disposer d’un navigateur rapide, respectueux des standards, et sécurisé.

Enfin, pour ceux qui diraient « mais pourquoi passer d’Internet Explorer à Firefox ? », voilà une liste de liens clairs et à peine orientés :

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur L’Appel du 18 juin

Batana – Zonfler

Zonfler : v.i. Avoir une chaussure qui grince quand on marche.
Ousse-zonfler : Avoir une chaussure qui grince et le pantalon qui fait zouip zouip quand on marche vite.
Par extension : parler fort dans son portable.

Publié dans Batana | Commentaires fermés sur Batana – Zonfler

Aragog et Magog

Hier matin, dans le train, dans la torpeur de l’aube. J’entends un cri, un remue-ménage, d’autres cris. Plusieurs passagers refluent du compartiment du bas, ils fuient. Encore du remue-ménage, on ne comprend rien, j’aperçois juste une dame qui se trémousse en criant.
Et puis le mot passe : c’était une araignée. Pas grosse, en plus, mais il y a des peurs qui ne se commandent pas.
Plusieurs personnes rient, commentent, y vont de leur bon mot. Je souris, mais je ne trouve pas la situation amusante : il y a trop de personnes qui ont commencé par s’écarter, et fuir, avant même d’essayer de comprendre.
Une foule peut annuler 10 000 années de développement du cerveau. Et ce que j’ai vu là, c’est vraiment la mauvaise part de l’homme. C’est une combinaison d’instinct grégaire issu du Précambrien, mais aussi de réflexes intégrés très récemment : individualisme, fuite devant l’incompréhensible, absence d’empathie, chacun pour soi.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Aragog et Magog

Paradoxe de la SNCF

Les jours de grève, il y a peu de trains, mais ils sont à l’heure, et aucun n’est annulé.

Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Paradoxe de la SNCF

The end of a perfect day

Puis enfin c’est le soir, assis devant leur maison
Les concierges déclarent avec satisfaction
« Il fait bon ».
Dans le ciel assombri, les hirondelles font,
En poussant des petits cris, une partie de saute-moucherons
Il fait bon.

Les Frères Jacques, Il fait beau,
Paroles: Jacques Grello. Musique: Guy Béart.

Publié dans Perso | Commentaires fermés sur The end of a perfect day

700ème thibillet – Des chiffres et des chiffres

Ceci est un point d’étape, c’est normal, 700ème thibillet oblige, mais on va faire moins effroyable que le 600ème thibillet : il s’agit d’analyser la fréquentation de ce blog.
Notre ami Google Analytics, que j’ai installé il y a quelques semaines, me donne une coupe instantanée de la fréquentation, et j’y glane des choses amusantes, que je m’en vais lister ci-dessous.

  • Il y a entre 86 et 150 visites par jour. Je pourrais détailler quels jours tapent à 150, et lesquels atteignent les tréfonds des moins de 90 visiteurs, mais on va pas se faire du mal. Ce qui compte, c’est que ça fait 3 412 visites sur les 30 derniers jours, on est loin des 90 000 visiteurs par mois que me donne mon hébergeur d’accès
    • Et toc, voilà pour l’ego, ça ne fait jamais de mal de se faire remettre à sa place.
    • Je pense que la grande différence (merci Julien pour l’info), c’est que mon hébergeur compte tous les trucs qui viennent grogner à ma porte virtuelle, tandis que Google ne compte pas les robots fureteurs. C’est marrant, parce que Google c’est un robot fureteur, mais voilà, il ne travaille pas pour ses semblables, il obéit à la première loi de la robotique, donc c’est « les humains avant tout ».
    • Mais ce qui transforme tous les 1 qui me restaient en 0, c’est que sur ces 3 412 visiteurs, 78% arrivent par des moteurs de recherche, 14,4% par des sites référents, ce qui ne me laisse qu’un petit 7,7% d’accès directs, c’est-à-dire ceux qui sont venus directement sur mon bleug parce qu’ils avaient l’adresse. Soit 261 visiteurs par mois. Yo, champagne.
    • Et si là-dedans, on enlève mes connexions, qui reste-t-il ? (en fait, je pense / j’espère que Google Analytics enlève mes connexions, mais bon, Christian, Julien, vous coninfirmez ?)
    • Cela dit, cela exclut tous ceux qui m’ont mis en fil RSS (mais combien y en a-t-il ?)
  • Maintenant, un peu d’analytique (c’est bien le moment), avec cette première question qui me taraude – et vous aussi, j’en suis sûr, sinon vous ne m’auriez pas suivi jusqu’à cette ligne – c’est « Et ceusses qui viennent par les moteurs de recherche, qu’ont-il tapé pour arriviendre ici ? » Réponse par ordre décroissant :
  1. exemple de mail
  2. blog thib
  3. nouveau business
  4. efficience des marchés financiers
  5. exemple mail
  • Mon blog est donc référencé comme un lieu d’exemples, que ce soit de mails, ou de nouveaux business. Allez, pour un prof, on fait pire. Si j’avais eu « Madonna » ou « compost », je ne sais pas si je l’aurais pris aussi bien.
  • Maintenant, le petit coin du geek. Moins de 57% des visiteurs utilisent Internet Explorer, plus de 36% sont sous Firefox, il y a même du Konqueror, c’est dire si on est entre nous. Windows 90%, boum. Mac 6,3% (et 0,8% pour l’iPhone…) et Linux 1,3%, y a du boulot 😉
  • On finit par une analyse interne, par rubrique du blog. Dans quelles rubriques ai-je le plus publié, par ordre décroissant ?

    1. Réflexions, 94 thibillets. Moi je suis un gars qui fume du neurone, jamais un moment de répit (en même temps, 94 réflexions sur 2 ans et demi…)
    2. Perso, 83 thibillets, quel exhibitionnisme.
    3. Magnolia, 82 thibillets, et c’est pas fini, mais c’est particulier, une oeuvre cyber.
    4. Caillou, 81 thibillets, ça me plaît bien.
    5. Livres, 49 thibilets, et c’est fini, ou presque.

    Et puis après, ça se dilue. 47 en « blog », 37 en « courir » (mais c’est vraiment par périodes), 36 en « informatique et Internet », 33 en « finance ». 30 en « productivité », et je me demande si je vais garder l’autre blog, on verra après l’été.
    Enfin, 23 Batanas pour 16 Ubuntus, l’heure est grave.
    Et, ce qui me fait bien rire, parce qu’il faudrait que je classe mieux : 3 « projets ». En presque 3 ans, wow, je suis un conquistador.

    Publié dans Blog | Commentaires fermés sur 700ème thibillet – Des chiffres et des chiffres

    Héliotrope II


    Quand le soleil s’est levé là-bas derrière Pantin
    ça n’a été qu’un cri dans le petit matin
    « Il fait beau ».
    Les oiseaux de Paris filochant ventre à ciel
    Aux quatre coins de la ville ont porté la nouvelle
    « Il fait beau ».
    De la Muette à Pigalle, on se l’est répété
    Une bonne nouvelle ça vaut le coup d’en parler
    « Il fait beau, il fait beau ».
    Et tout Paris bientôt fredonne obstinément
    Ce refrain de trois mots monotone et charmant
    « Il fait beau », tout le monde est content.

    Les Frères Jacques, Il fait beau,
    Paroles: Jacques Grello. Musique: Guy Béart.

    Et aussi Héliotrope.

    Publié dans Perso | Commentaires fermés sur Héliotrope II

    Caillou – Camille

    Ta peau élastique
    Pour un piqué sur la nuque
    Juste à la naissance des cheveux.
    Tiédeur.

    Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Camille

    Cinétique du pékin – 2

    On va supposer que vous avez réussi à monter dans la rame. Il s’agit maintenant de se placer. Reprenons notre analogie fondée sur le Jeu de Go. Au Jeu de Go, il y a deux choses à noter :

    1. on place une pierre en fonction des degrés de liberté qu’elle permet d’obtenir
    2. il y a une hiérarchie des placements. Celle-ci est fondée sur cette notion de degrés de liberté, mais aussi sur des critères absolus (par exemple, un point parfaitement défini par ses coordonnées X Y dans l’espace de jeu) ainsi que des critères relatifs (la distance par rapport à un autre groupe de pierres).

    Pour l’instant, je ne vais traiter que des placements absolus, car les placements relatifs dépendent de la foule et de sa viscosité. Nous allons donc nous placer dans un monde hypothétique (ou alors, dans le monde réel à 6h du matin) dans lequel nous avons une relative liberté de mouvement dans la rame. En bref, supposons qu’il n’y a pas de trop de pékins sentant l’ail et les aisselles sur notre chemin.

    Avisons d’un oeil sagace le crobard de gauche. Le point idéal est le 1, opposé à la porte, adossé à la porte opposée (oui, ça rappelle les PNC). De là, vous êtes indélogeable, et relativement confortable, car adossé. Une remarque sur 1 : certains pékins en 2 profitent du fait qu’ils vous tournent le dos pour vous foutre sous le nez, soit leur dos gras, soit leur sac à dos rêche. Je n’ai pas vraiment de solution à cela, sinon la respiration stoïque, ou la pression comme-par-hasard dont le sens, en pékin, est « il y a quelqu’un derrière toi, ô dos fumeux ! »
    Si 1 n’est pas libre, prenez position sur 2, et attendez que 1 se libère. Éventuellement, optez pour un des 3 (celui près du poteau central est le meilleur, de là, basculement vers 2, puis recul vers 1).
    Évidemment, les 3 aux strapontins sont des zones à chaud, il s’agit de juger, c’est selon.
    Quant aux 9, ils marquent clairement des zones inconfortables, car de passage. Cela impose des gymnastiques, mise de face, de côté, repli latéral, insertion des épaules, double axel, contorsion, épanchement de synovie, salto piqué…
    Passons maintenant au crobard de droite, qui donne la disposition d’une rame plus moderne. Notez le placement des banquettes, qui supprime la moitié des strapontins, ceux-ci étant une abomination, puisqu’un strapontin, c’est la possibilité de s’asseoir dans une zone où on se tient debout, c’est con.
    Dans cette rame nouveau genre, le point d’adossement central (précédemment 1) n’a plus qu’une valeur de 2, non pas qu’on puisse moins bien s’adosser que précédemment, mais parce qu’il existe une meilleure position : le 1. Ce 1 permet de s’enclencher dans un coin, de protéger son côté, voire de plonger dans le décolleté de Camille qui est en train de lire.
    Si 1 n’est pas libre, on peut envisager la figure désormais classique : 4 prise de position, puis rotation centrale : 3, repli de dos : 2, translation latérale : 1.
    Notez le 3 du bas, qui est une position à ne pas négliger, j’ai fait attention avec mes gros doigts à bien montrer qu’il existe vraiment un espace sécurisé entre la porte et la banquette. En françexte dans le tais, c’est un endroit dont vous n’avez pas besoin de bouger quand les pékins descendent / montent.
    Bien bien bien.
    La prochaine fois, je ne sais, soit on traitera des entrées sorties, soit on quittera la rame de métro pour parler des grappes de pékins, grappes statiques, grappes mobiles.
    Vaste programme, comme disait le Général après qu’on lui eût dit « Mort aux cons ! »

    Publié dans Cinétique du pékin, Réflexions | Marqué avec | Commentaires fermés sur Cinétique du pékin – 2

    Cinétique du pékin – 1

    Les placements dans le métro me font penser au Jeu de Go. Dans le Jeu de Go, il y a une grille quadrillée (le Go-Ban), délimitée par les montagnes (les côtés) qui encadrent la plaine (le centre). Poser une pierre sur le Go-Ban, c’est prendre possession d’un territoire. Analysons le territoire d’un compartiment de métro. On a les banquettes dont les dossiers supportent les strapontins, et le poteau central figure le nombril du monde.

    La première difficulté consiste à monter dans le métro. Il y a deux écoles : l’entonnoir civique, et la prise en tenaille.

    Dans l’entonnoir civique (figure de gauche), les pékins laissent la voie dégagée pour descendre, mais on a intérêt à descendre vite, car l’entonnoir s’effondre rapidement par le centre, et il est difficile de combattre le flux montant.

    Quant à la prise en tenaille, c’est une variante virile, illustrée par la figure de droite : au moment de descendre, on ne voit plus l’agora accueillante de la figure de gauche, où on peut descendre en patricien libre, tandis que la foule plébéienne s’écarte avec respect ; on est plutôt en présence du défilé des Thermopyles, qui se termine en goulet menaçant, ça sent l’assassinat de César.

    Nous verrons plus tard le placement dans le wagon, tout un art.

    Publié dans Cinétique du pékin, Réflexions | Marqué avec | Commentaires fermés sur Cinétique du pékin – 1

    Ubuntu – Boubardine

    Boubardine : n.f. Différence de taille optimale entre un homme et une femme qui permet de s’embrasser sans se cogner le nez, sans que l’homme se penche / la femme se suspende. Estimée à 22cm, voire plus.
    Par extension : laps de temps au bout duquel elle appelle / envoie un mail, et on se dit « chic, déjà ! »

    Publié dans Ubuntu | Commentaires fermés sur Ubuntu – Boubardine

    Costume logarithmique

    Dans les années 80 était paru un petit livre intitulé « les mouvements de mode expliqués aux parents », je me souviens de l’émission d’Apostrophes mettant en scène les auteurs (dont Hector Obalk), Jean d’Ormesson et évidemment Bernard Pivot. Il y avait dans ce livre très bien argumenté un plaidoyer pour l’attaché-case. Je résume : dans les années 50, la rigueur est dans le costume, et le cartable est en vieux cuir mou. Car la dureté est dans l’homme, dans son costume fuselé (grandes épaulettes, petite taille cintrée), et non dans son porte-documents. Dans les années 70, inversion : la reconstruction est faite, nous sommes des enfants-fleurs, dont les épaules deviennent cintrées, et tout devient flottant en descendant de là. Et la rigueur ? Paf, coincée dans l’attaché-case, valisette rectangulaire qui concentre l’exigence et décharge les (frêles) épaules du cadre de ce fardeau.
    Transposons au monde moderne. Il y a le sage, le sérieux, le sans fantaisie : il porte un costume gris, ou anthracite ou (pour les enterrements ou les corporate conventions) noir. Puis il y a le sage qui annonce qu’il aurait pu être artiste maudit, mais comme il avait de la tension, il est devenu banquier. Voilà l’apparition du costume rayures tennis. Le bel anthracite est discrètement rehaussé de fines rayures qui annoncent la couleur : fines, donc l’homme est fin (épaisses, c’est pour les mafieux ou les entrepreneurs de travaux publics), mais discrètes, parce que l’homme est discret, il est banquier (et pour les banquiers suisses, c’est clic gauche, Format, Bordure,  0,05 point, OK, et là, c’est hyper discret). Mais attention, dans toute cette débauche, une règle absolue : les rayures, fines, impalpables, sont régulièrement espacées. Une rayure, un milliard, deux rayures, deux milliards, ça permet de juger son homme dans les boites de nuit sans sortir un mètre de couturière.
    Et aujourd’hui, j’ai vu le top, probablement issu des marchés financiers à dominante stochastique. Le trader est chagrin : soit on l’envie à cause de ses bonus, soit on le conspue à cause de ses prises de risques. Le croupier voudrait changer de livrée. Alors arrive le costume logarithmique. Les rayures sont espacées suivant une progression logarithmique (ou semi-logarithmique, je n’ai pas eu le temps de dériver la fonction sur la cuisse de mon interlocuteur). Et là, ça en jette sauvage. Pour ceux qui visualisent pas, souvenez-vous du papier millimétré, ou des tableaux de Vasarely, et transposez-le sur une courbe de température : les rayures s’espacent progressivement, découplant la forme de la cuisse, une rayure, un milliard, deux rayures, dix milliards, trois rayures, cent milliards, etc.
    Autrefois, les rockers portaient un aigle en clous dorés dans le dos de leur blouson de moto. Je rêve maintenant d’un costume semi-logarithmique avec l’indice Nikkeï brodé dans le dos, en fil d’or évidemment.

    Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Costume logarithmique

    Idée de startup # 25

    Dans les années 70 existait le Reader’s Digest : comment lire en résumé les livres qu’on n’avait pas lus, pour parler comme si on avait lu les livres qu’on avait pas lus (sauf le résumé).
    Depuis des années, j’ai envie de mettre en diapositives (n’hésitez pas à utiliser le sémillant Open Office Impress) les livres que je lis, tout simplement parce que c’est une manière alternative de prendre des notes, et qu’on ne va se fader 300 pages à nouveau pour se rafraîchir les pensées.
    Normalement, ça devrait être réservé aux manuels, genre Comment réussir une négociation ou Mincir sur mesure ou encore Getting Things Done. Mais ce concept ne sert à rien s’il n’est pas applicable à tout. Par exemple, résumer La consolante (Anna Gavalda) en 10 diapos.
    Je ne dis pas que c’est utile, je dis que c’est une contrainte amusante, façon Oulipo.

    Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Idée de startup # 25

    Céramique réfractaire

    Quand on descend du métro, quelques personnes partent dans la mauvaise direction, il n’y a pas de sortie de ce côté-là, alors elles font demi-tour. C’est leur droit, j’aime bien cet arbitraire, les usagers habitués connaissent par coeur la disposition de la station et millimétrent leurs déplacements, et les autres, les explorateurs, tentent le coup à pile ou face, ah crotte, mauvaise direction. Mais je suis toujours un peu frustré quand je les vois faire demi-tour. J’aimerais que quelqu’un, un jour, continue vers le mur, d’un pas normal, et le traverse, comme ça. Il y a tellement de vide dans la matière, j’aimerais bien que quelqu’un fasse cet effort.

    Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Céramique réfractaire

    Novela – Qua Sono (5/5)

    Je revis Nessu plusieurs fois. Il vivait seul. Son appartement était tout petit, impeccable. Sa vie était toute intérieure, et je cherchais le moyen de rentrer dans cette histoire, de comprendre cette vie. La plupart du temps, nous buvions en silence, je prenais des notes ou je travaillais sur mon ordinateur tandis que Nessu bricolait. Un jour il me dit « Vous voyez, ce clou. Il est tordu, il est rouillé, mais il est digne d’estime. Je peux en faire quelque chose. Il a sa place. »
    Il le redressa avec quelques coups de marteau soigneux, puis il sortit du papier de verre, et l’affûta jusqu’à ce qu’il brille comme un clou neuf. Tout ça comme s’il n’avait pas pu se payer un boisseau de clous, ceux-là mêmes qui se vendaient pour rien dans la boutique d’en face.
    Et Nessu me dit :
    – C’est difficile de trouver sa place. Moi même, j’ai pris du temps pour me retrouver.
    – Vous voulez dire, après que vous avez quitté votre poste de directeur ?
    – Oui. Je me suis perdu pendant des mois, d’abord à vouloir faire la même chose, puis à vouloir tout changer. Je cherchais un travail, et puis je finissais dans des bars, chaque soir. Je n’ai plus beaucoup de souvenirs de cette période. Je me suis retrouvé un matin, englué de sang, dans une ruelle détrempée, sans mon portefeuille. J’ai marché dans la brume, c’était l’aube. J’aurais voulu en finir, et l’eau sombre du port m’appelait, il n’y avait que les mouettes et moi, et mon angoisse, je souffrais comme un damné. Mais l’eau du port était huileuse, grasse, sale. Je préférais encore marcher. Je suis arrivé à l’usine, une poignée de miséreux était devant la porte, je savais que c’était les temporaires, les immigrés, ceux qui n’ont plus rien qu’un caleçon sale et des doigts noueux. Je me suis mis dans la file, comme une bravade, en me disant qu’on allait me reconnaître, et que l’on me jetterait dehors. Mais il était encore tôt, le temps a passé dans la file, un pauvre m’a offert une cigarette, et la porte de fer s’est finalement ouverte. Le soleil était invisible dans la brume, le matin était froid. Personne ne m’a posé de question. J’ai pris un tablier, un couteau, et la cargaison est arrivée. J’ai fait mes huit heures et j’ai touché quelques billets.
    – Et alors ?
    – J’ai donné tout l’argent. J’en ai donné à l’homme qui m’avait passé une cigarette. Et à la femme seule. Et au vieux dont la main tremblait. Et au gros porc qui faisait des blagues racistes. J’ai tout donné. Je suis parti dans le soleil, avec mes vêtements qui sentaient le poisson, sans rien en poche, et sans rien dans le ventre. Et je suis revenu le lendemain matin. Et le jour d’après. Avec ma souffrance. Je voulais mourir sur place, je voulais démontrer à tous que j’allais mourir dans la souffrance. Mais personne ne me voyait, parce que tous avaient leurs soucis. J’ai continué.
    – Vous vouliez quoi, exactement ? être reconnu comme un  martyr, par ceux-là même que vous aviez pressurés ?

    Il resta un moment à réfléchir. Il souriait. Je l’avais touché au point sensible, mais il ne se fâchait pas, il souriait.

    – C’est probablement à ce moment que j’ai senti quelle était ma place. Toutes les nuits, je me retournais sur mon lit de misère, je rôtissais sur les flammes de l’enfer, et toujours, l’étoile noire me regardait et se moquait de moi. Je n’étais rien, et elle riait de me voir me tordre dans la souffrance. Et puis un matin, dans la file d’attente devant la porte de fer, j’ai compris. J’avais trouvé ma place. Et je me suis employé, depuis, à honorer cette place.
    – Attendez, vous allez me faire le coup de la rédemption christique, vous avez eu une illumination ?

    Je ne peux pas décrire son regard à ce moment-là. Il n’était pas moqueur, ni péremptoire. Je ne saurais dire ce que ce regard signifiait. Mais je me suis senti rougir, avec mon magnétophone numérique, mon téléphone portable, et mon reflex digital.
    J’ai posé mon sac, je me suis assis, il a rempli mon verre. Quand nous avons trinqué, j’aurais pu pleurer.

    Voici maintenant la fin de cette histoire. Je continue à voir Nessu. Il est ignoré, il est seul, mais beaucoup de personnes viennent le voir. Il ne leur dit rien, ou bien il leur tient la main, son écoute est inépuisable.
    Je lui ai offert un stylo-plume, en lui disant que les mots sont une manière d’exprimer les choses. J’ai ajouté, en plaisantant, que le stylo peut être rempli aussi avec de l’encre de seiche.
    Depuis, une fois par an, il m’envoie un petit dessin traçé à l’encre. Jamais plus de cinq traits, souvent moins. Et l’encre sent l’odeur de la mer.
    Je reviens parfois le voir, quand je me sens seul, ou triste. Il a commencé à m’expliquer comment découper un poisson.
    Je me sens revivre.

    Dédié à Laurent C. et Sardar H. – 29-05-08

    Creative Commons License
    Cette nouvelle, comme tout sur ce blog, est publiée sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

    La nouvelle, dans l’ordre, est là : 1/5 2/5 3/5 4/5 5/5.

    Publié dans Novela | Commentaires fermés sur Novela – Qua Sono (5/5)

    Caillou – Saint Sébastien

    Mes neurones qui s’agitent
    Sans répit
    Cercle supraconducteur,
    Anneau électrique
    Souvent une couronne d’épines
    Parfois une auréole
    Mais toujours une Passion.

    Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Saint Sébastien

    Magnolia Express – 3ème Partie – # 25

    Et ta peine sera lavée dans les eaux d’un fleuve boueux
     
    La route du retour était toute longiligne, Eileen menait le vaisseau sereinement (comme elle avait mené les courses sereinement, me laissant le rôle du porteur) et le vent transformait ses cheveux en drapeau, en étoffe ondulante, illustrant sa liberté d’aventurière qui ne se laisse peigner par personne, sinon par le vent issu des montagnes rocheuses. Le soleil était haut dans le ciel, la route tremblotait sous la chaleur, Eileen me parlait sans que j’entende rien, le vent du large me sifflait aux oreilles, entrait dans l’habitacle, tourbillonnait, bourdonnait et Eileen chantonnait et je n’entendais rien, sinon le sifflement soutenu du vent dans mes oreilles.
    Le vent qui me prouvait que nous étions en mouvement, petite tache jaune qui filait sur une route toute droite. Vivants quoi.
     
    Nous arrivmes, Eileen gara le taxi, l’air retombait autour de nous, le silence probablement aussi, mais je n’entendais rien, simplement « Pschhhhhh » dans mes oreilles, j’avais encore du vent sous lecrâne et il cherchait la sortie, chuintait comme du satin qui glisse ou comme une assemblée d’abeilles en train de prier.
    Aline venait vers nous, vers moi, elle parlait, je n’entendais rien, je voyais juste son visage, j’essayais de deviner si elle était soucieuse, rieuse, anxieuse, lucide, calme, chagrinée, légère. Elle leva les sourcils, comprit que je n’avais rien entendu, et recommença à parler, toujours avec cet air indéfinissable :

    – (Pschhhhh)
    – Je n’entends point, dis-je (pourtant, j’entendais bien ma voix. Mais de l’intérieur, par résonance intime). Et pour accompagner mon propos, je montrai mon oreille.
    – (Pschhhhh) …ou… (Pschhhhh) …rouana… (Pschhhhh)
    – Hein, comment, quoi ? disais-je distraitement, tout en sortant la machine à écrire du taxi (ne sachant où la mettre, je l’avais emportée pour faire les courses).
    – Nous n’irons pas à Tijuana, dit Aline.

    Fin de la troisième partie.

    Creative Commons License
    Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

    Le roman, dans l’ordre, est
    .

    Publié dans Romano | Commentaires fermés sur Magnolia Express – 3ème Partie – # 25