Où va la flamme de la bougie quand on s’éclaire à l’électricité ?

Depuis de nombreuses années, je m’intéresse au bouddhisme et au Zen. Je suis actuellement plutôt dans la veine bouddhiste, comme en atteste mon thibillet récent. Par ailleurs, je lis tous les jours (ou presque) Offrandes : une citation bouddhiste par jour, assortie d’une belle photo, pour prendre un peu de recul dans ce monde de phacochères.
Définir le comportement bouddhiste est au-dessus de mes moyens. Mais ce matin, j’ai eu l’illumination sur un comportement non-bouddhiste par excellence. Une sorte de Not to do list.
Il y a 10-15 ans, un ami me décrivait le comportement d’un chien : quand la pâtée du soir était servie, ce chien immonde, saucisse sur pattes vérolée, se précipitait pour être le premier à manger, il se gavait à mort, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, puis après, il pissait dans les gamelles pour empêcher que les autres chiens ne mangent.
Pour moi, ça, c’est l’opposé exact du bouddhisme.

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En vrac

  • Vu sur le Semi-marathon de Paris : à Bastille, vers le KM 13, un homme qui tenait une grande pancarte avec marqué « Vas-y mon Gros ! » Et les coureurs autour qui disaient « Merci, on y va ! »
  • Une des phrases du Dalaï Lama : « Si ton problème a une solution, alors ce n’est plus un problème. Si ton problème n’a pas de solution, alors ce n’est pas un problème ».
  • Beaucoup de personnes rêvent à des mondes parallèles. Mais c’est nul, si le monde est parallèle, il réplique le monde présent. Il faut rêver à un monde perpendiculaire. Voire, un monde en biais. Mais bien en biais, du genre « le biais ne se définit pas, le biais, c’est, tu vois, en biais quoi ». Si tu arrives à définir le biais, alors ce n’est pas un vrai biais.
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Caillou – Hephaïstos

Toi qui as vu
Sous tous mes masques
Ma tristesse inexpliquée
Tu me connais.

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Héhéhéhéhéhéhéhé…

C’est un projet qui a commencé il y a 4 ans. Le Marathon de New York est un des deux marathons les plus demandés au monde, après Londres. (Oui, après Londres). Donc il y a deux manières de participer : soit on veut y aller coûte que coûte (et ça coûte) et dans ce cas, on paie plein pot, genre 1 500 euros. Soit on participe au tirage au sort. Officiellement, une chance sur 4 d’être sélectionné. Mais avec une subtilité : si on a été refusé 3 années de suite, la 4ème année, l’entrée est garantie.
Alors, il y a 3 ans, nous nous sommes lancés. Au final, nous sommes aujourd’hui deux à avoir participé scrupuleusement aux différents tirages au sort : mon Chou, et votre serviteur. Ce n’est pas la première fois que mon Chou m’entraîne dans une aventure audacieuse : que ce soit pour aller se frotter aux grecs (où j’ai estampillé ma phrase désormais fétiche : « Où tu iras, je te suivrai »), ou encore pour enfiler cette brochette de marathons pour la bonne cause.
Mais là, nous atteignons le point culminant.

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C’est bon pour le moral…

Je suis assez content de cette course. Pour une décision prise vendredi, et avec un entraînement qui n’est pas à la hauteur (pour l’instant), j’ai réussi à maintenir une vitesse de 5’30 » au km avec une bonne régularité (à part l’échauffement de 20 mn au début). Cela me donne une vitesse de presque 11 km/h, je sais, beaucoup de coureurs arrivent à courir plus vite que ça, mais pour moi, c’est déjà bien, et je suis content. Le temps final est de 1h 56′ 02″, c’est-à-dire que je n’ai pas battu mon record sur la distance, mais les sensations sont bonnes.

  • Ma musique m’a bien aidé, comme souvent. (J’aimerais poster ma play-list, pour récupérer celle des autres coureurs qui passent sur ce bleug…)
  • C’est un rythme que, pour l’instant, je ne peux pas tenir sur un marathon. Trop rapide, j’exploserais. Mais à travailler.
  • Il a plu sur tout le trajet, et j’étais glacé, mais paradoxalement, je me disais au Km 15 : « c’est bon pour la motivation ». Quand je vois que je peux maintenir un effort assez régulier sur cette distance, et malgré des conditions plutôt déprimantes (ciel gris, crachin qui s’intensifie en pluie froide, vent, chaussures qui font plouirtch plouirtch), je trouve que ça aide à forger un mental plus solide.

Et maintenant : il n’y a plus qu’à continuer, le Marathon de Londres est dans 1 mois et 18 jours. Rien de trop pour l’entraînement…

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Parce que je le vaux bien…

Est-ce grâce au / à cause du don de Laurence D. ? Je vais, sur un coup de tête, aller courir le semi-marathon de Paris, là, ce matin. Pas prévu avant vendredi, entraînement qui part en crabe, soirée arrosée hier, et grosse déprime par ailleurs. Alors je me dis : connerie pour connerie, allons faire claquer quelques tendons, faisons souffrir quelques articulations, et puis 21 bornes, c’est rien, franchement, en voiture je fais ça en une poignée de minutes.
Le compteur est à 200 € aujourd’hui, mais donnez donnez donnez : ce matin, je vais courir aux couleurs d’Autour des Williams, syndrome génétique, maladie orpheline, bref, comme d’habitude.

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Caillou – Contrepoint

Bother

A chaque plat correspond un vin
Dit-on.
A chaque moment de ma vie a correspondu une musique
Et pour l’instant, ça m’a sauvé.

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Caillou – Attila


Tout brûler.
Les e-mails en attente,
les supplications en vain depuis l’autre bout du monde,
Les brûler.
Les appels téléphoniques, les amis,
Tout brûler.

Le travail, les collègues, les dossiers, les post-its,
Partis en fumée sacrificielle.
Les factures.
Les déclarations de TVA et les chèques emploi-service.
Les relevés bancaires.
Les relevés de portefeuille
Qui montrent des actions
Dont la valeur est déjà partie en fumée.
Tout brûler.

Les meubles les patères les étagères
Les statues les tableaux les lampes
Les cadenas les verrous
Les fissures et les écailles de peinture
Les robinets les éponges moisies
Les serpillières
Tout éponger
Et l’eau se transformera en vapeur
Dans le brasier final.

Les CDs les musiques les iPods
Ne laisser qu’une musique dans ma tête
Celle du crépitement des flammes
Le chuintement du plastique fondu
Recyclé brutalement.

Les livres.
Tous.
Sauf peut-être Steinbeck, London, Kipling.
Peut-être.

Mes écrits.
Tout abandonner, tout finir,
Entre un roman chef d’oeuvre et un roman de gare
Le feu ne voit que du papier.
Il résume tout l’orgueil en quelques flammes.
Le point final de mes oeuvres sera une escarbille.
Tout retourne à la poussière.

Les caresses brûlantes, les baisers torrides,
La douceur tiède d’une couette
Où nous étions deux
La fièvre de nos échanges, la lumière de nos mots,
Deviendront buisson ardent.

Les souvenirs, les regrets,
La tristesse natale de mes origines,
Tout fondre dans un creuset à haute température
Où ma carte-mère sera réinitialisée.
Et puis brûler la carte-mère.

Et quand il ne restera que des cendres

Brûler les cendres

Et brûler les cendres des cendres

Infiniment.

Et quand, des cendres des cendres,
Il ne restera qu’un petit tas dans ma paume,
Faire « pfouh ».

Laisser la poussière retomber
Prendre mes Steinbeck, London et Kipling
(peut-être)
Et partir.

Et commencer à fumer.

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Nommer l’antinomie

C’est amusant, quand quelqu’un dit « Pour être bref… » parce qu’on sait que du coup, ça ne va pas être bref. Je me demande s’il n’y a pas d’autres phrases, introductions, mots, dont le sens est exactement opposé à la réalité. Cela mériterait une catégorie nommée, une liste, genre « les mots sémantiquement contradictoires avec l’existant au niveau du vécu ». Ou bien « les mots faux ». Genre, « Je te quitte, mais c’est pas à cause de toi » ou « achetez mieux » (alors qu’en fait, c’est « achetez pas cher »).

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Spamily

Les spams qui me sont envoyés (et dont je consulte les intitulés dans la quarantaine, juste pour voir s’il y a quelques faux positifs qui ont été capturés à tort) offrent peu d’originalité : ils veulent me transformer en meilleur amant (est-ce possible, je m’interroge), me couvrir de montres de marque-sauf-que-c’est-pas-la-vraie-marque ou me vendre Windows Vista pour 10$ (mais pour Windows Vista, il faudrait me payer cher pour que je l’installe).
Tout cela est donc ennuyeux, et j’y consacre peu de temps.
Sauf ce matin, où un intitulé a tranché sur la monotonie spameuse.
« Bad news from your sister ».
Celle-là, elle est bien bonne, et je suis sincèrement inquiet. Je prévois donc de répondre à l’envoyeur : « Yeah, real bad news, I agree. My sister has never existed, and once she will know that, I bet she will be pretty pissed. Sincerely, CT ».

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L’hôtel de la Reine de Saba

Alors voilà, je voyage, je suis comme ça, moi, je suis un globe-trotter, buxy-arnaque la poste-brie-comte robert, j’ai tout fait. Hier soir, c’était Londres, à l’hôtel de la Reine de Saba (les noms ont été changés, en fait c’était Bruxelles et l’hôtel du manneken Barbie). On m’avait dit (elle se reconnaîtra) : « c’est l’hôtel où notre Vizir descend à chaque fois ». Je ne sais pas, mais le connaissant, j’imaginais des salles de bains en marbre, des oreillers de soie, et un mini-bar maxi-rempli.
Déjà, la montée dans l’escalier sent la fumée froide, on se croirait dans l’arrière-salle du billard où Paul Newman faisait ses premières arnaques. Puis la chambre. Le son d’abord : une batterie de pluie sur la fenêtre, on a l’impression d’être coincé entre la caisse claire et la grosse caisse quand Frankie Machine déclenche son solo.
Les lits. Deux lits doubles. Je suis tout seul, oui, je sais, ça fait du mal à ma légende personnelle, mais j’arrive avec mon petit manteau, ma petite mallette, et je me retrouve face à deux lits doubles. Alors je rêve, là, il y aurait eu Sonja, la rousse, avec Marja, la blonde, mais elles auraient voulu dormir dans le lit double, car elles étaient effarouchées avec leurs longues jambes de biches, et puis il y aurait eu Marka la brune aux yeux violets qui aurait dit j’ai froid, alors j’aurais dit, oh c’est con, je vais monter le chauffage, imprime-toi sur mon pectoral en attendant, je vais t’envoyer du degré.
Mais comme je suis seul, et que la pluie tambourine, je me dirige vers le mini-bar.
C’est un rêve, je n’ai jamais vu ça : il est vide, propre, bien récuré, mais sans RIEN, rien du tout.
Les chaines de télé diffusent le même écran de neige électronique, du blizzard hertzien, ça repose.
Je vais me brosser les dents dans une salle de bains qui ressemble au couloir de la mort dans un pénitencier privé de budget du sud de l’Idaho, puis j’allume la lampe de chevet (ampoule à basse consommation qui dépasse de 2 cm de l’abat-jour) et je vais me coucher.
La pluie tambourine toujours, il est 1h34 du matin, je suis content.
Le lendemain, la saga de la reine de saba continue. J’en rigole, c’est normal, quand on se réveille à 6h du matin, on est jovial. Alors, deux phénomènes de physique intéressants.
Le premier : l’eau de la douche est glacée, quelle que soit la position du robinet ; l’eau du lavabo est chaude. Conclusion : la douche et le lavabo sont branchés sur des circuits d’eau séparés. Impressionnant, cette technicité anglaise dans les hôtels de première zone… J’en suis réduit à m’abluter au lavabo (car les morpions attendent la moindre faille d’hygiène), c’est bien, ça me rappelle quand ma grand-mère basque me récurait dans une cuve en zinc, dans la cour de la ferme, juste avant la première guerre mondiale.
Deuxième phénomène : la bouilloire est remplie d’eau, pour que je puisse me préparer mon thé. C’est adorable, comme attention. Mais voilà, je suis un outlaw, j’adore outrepasser les limites de ma life. Alors je me dis « Allez, là, tel que je suis, je vais remplir un peu plus la bouilloire ». Et là, le drame : impossible de remplir la bouilloire au robinet du lavabo, il faut tellement incliner le bec de la bouilloire que l’eau présente dans la bouilloire se déverse dans le lavabo. Alors elle a fait comment, la dame qui a rempli la bouilloire ? Danse de la pluie (qui continue à tambouriner) ? Utilisation d’eau lyophilisée ? Remplissage de la bouilloire par un autre orifice ? Mystère de la mécanique des fluides.
Je me venge en salissant trois tasses. Après tout, si on dit que Sonja n’aime pas le thé, ça fait juste une tasse par personne.
L’hôtel de la Reine de Saba : on n’y revient pas …

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(mini) équation d’une (mini) dépression

Les jours où je n’ai pas cours, soit je travaille chez moi, soit je vais travailler à mon bureau. Aller à mon bureau me prend un peu moins de 2h en transport. Rester chez moi me permet d’économiser deux heures de trajet, et ainsi – théoriquement – de gagner 2h de productivité en plus. Sans parler du plaisir de bosser en déshabillé de soie transparente.
Mais quand je travaille chez moi, fatalement, je termine la journée déprimé. Manque de lien social, frustration de ne pas avoir pu me frotter à l’épiderme rugueux de mes collègues. La question est : combien la déprime me fait-elle perdre, en terme de productivité ? Est-ce que 2 heures de transports égalent une mini-déprime du soir ?
Pour la peine, j’ai mis une photo d’un dessin de Clapton.

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Tu veux un pin ?!

Avec la musique qui correspond.

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Se vaincre soi-même…

La saison d’entraînement a recommencé, avec beaucoup de rendez-vous manqués (gastro-entérite, rhume, démotivation…) et là, il faut mettre les bouchées doubles. Certains matins, comme ce matin, il faut vraiment que je me pousse à sortir du lit, enfiler toute la tenue, vérifier la température (3,8°C, misère…), embarquer toute l’électronique, les gants, le bonnet, le caleçon en poil de zébu, dégivrer le pare-brise, 15 mn de voiture, du brouillard sur la Seine…
Dur.

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La Bourse, c’est du Carnaval

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Gastronomie

Un abruti qui mange de l’andouille, c’est un cannibale ?

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La phrase con du jour

« Il s’est vaincu lui-même. »

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Dans biture, il y a bit

Les lendemains de soirée dramatiquement arrosée (mais il fallait faire passer la pierrade-raclette et le Mont d’Or passé au four), je marche à deux à l’heure. C’est généralement le temps que je consacre à répondre à mes mails, c’est tout-à-fait l’état d’esprit distancié qui convient. Mais là, je viens de découvrir un nouveau truc. Je défragmente mon disque dur. Ce ménage virtuel n’est pas trop épuisant, mais il me laisse une sensation d’action. Parce que, ranger, trier des papiers, tout ça, c’est fatigant. Alors que là, c’est un ménage que c’est pas moi qui le fais, l’ordinateur défragmente le disque dur, allez hop, je suis royal, je lance l’antivirus en parallèle et ainsi, je suis productif, j’accomplis des choses, sans effort.
Je ne sais pas comment ça opère, mais je sens que ce travail souterrain, dans les tréfonds du silicium de mon ordinateur, contribue aussi à me défragmenter le cerveau, me rendant progressivement opérationnel. Chirurgie douce, méthode Coué, ce matin, je suis tibétain. Car dans tibétain, il y a bit.

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Iceman

Musique

Sleepy town ain’t got the guts to budge
Baby this emptiness has already been judged
I wanna go out tonight, I wanna find out what I got
You’re a strange part of me you’re a preacher’s girl
And I don’t want no piece of this mechanical world
Got my arms open wide and my blood is running hot.

We’ll take the midnight road right to the devil’s door
And even the white angels of eden with their flaming swords
Won’t be able to stop us from hitting town in this dirty old Ford
Well it don’t take no nerve when you got nothing to guard
I got tomb stones in my eyes and I’m running real hard
My baby was a lover and the world just blew her away.

Once they tried to steal my heart, beat it right out of my head
Well baby they didn’t know that I was born dead
I am the iceman, fighting for the right to live
I say
Better than the glory roads of heaven
Better off riding hell-bound in the dirt
Better than bright lines of the freeway
Better than the shadows of your daddy’s church
Better than the waiting
Baby
Better off is the search.

Bruce Springsteen, Iceman.

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L’américain est violent

Il y a une expression anglaise dont je trouve qu’elle n’a pas d’équivalent satisfaisant, elle est typiquement anglaise (ou plutôt américaine).
You don’t want to know. On peut le traduire improprement par « je ne veux pas en parler », mais l’expression américaine est beaucoup plus forte : je décrète que tu ne veux pas le savoir. Une phrase qui impose une volonté à l’autre (« tu ne peux pas choisir seul, je le fais pour toi ») ou qui suppose l’hypocrisie de l’autre (« tu me demandes de mes nouvelles, mais en fait, tu ne veux pas le savoir »). Bref, une expression tranchante.
A propos de mon état d’esprit, là, tout de suite ?
You don’t want to know.

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Caillou – Ce qu’on vit…


C’est simplement bizarre
Et en même temps si simple.
Comme deux animaux,
craintifs, mais confiants,
Ouverts, mais marqués,
Qui s’apprivoisent
En liberté.

Comme deux animaux joueurs.

Futiles et graves,
Mais surtout futiles.

Ce monde n’existe pas,
Raison de plus pour profiter
De chaque instant
A deux.

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Batana – Surçon

Surçon : n.m. S’asseoir sur un siège de cabinets et sentir qu’il est encore tiède du derrière précédent.
Par extension : dans le lit de la chambre d’amis, se douter que les draps ont déjà servi à un autre.

Merci à Sergej.

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Traduction du discours de Steve Jobs – remise des diplômes de Stanford – 12 juin 2005

J’avais déjà parlé de ce discours, assez connu sur Internet, en indiquant que je n’étais pas satisfait de la traduction. Voilà désormais qui est fait.

NB : ma traduction essaie d’être fidèle, ce qui peut être difficile quand on parle d’études supérieures. J’ai traduit high school par lycée, ou avant bac, et college par université, ou études supérieures.

Discours de Steve Jobs lors de la remise des diplômes de Stanford, 12 juin 2005.

« Je suis honoré d’être parmi aujourd’hui, pour votre remise des diplômes de la part d’une des meilleures universités au monde. Je n’ai jamais été diplômé d’études supérieures. En fait, aujourd’hui, c’est la première fois de ma vie que j’ai réussi à m’approcher autant d’une remise de diplômes. Et je veux vous raconter trois histoires de ma vie. Juste ça. Pas de grand ramdam. Juste trois histoires.

La première histoire parle de connecter les points.

Après 6 mois, j’ai abandonné mes études au Reed College, mais j’y suis resté en tant qu’auditeur libre pour 18 mois de plus, avant que je n’abandonne définitivement. Mais pourquoi est-ce que j’ai arrêté ?

Cela a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante non mariée, et elle a décidé de me faire adopter. Elle tenait vraiment à ce que je sois adopté par des personnes diplômées d’études supérieures, et tout a été arrangé pour que je sois adopté, dès ma naissance, par un avocat et sa femme. Mais quand j’ai pointé le bout de mon nez, ils décidèrent à la dernière minute qu’ils voulaient vraiment une fille. Alors mes parents, qui étaient en liste d’attente, reçurent un coup de fil dans la nuit leur demandant : « Nous avons un bébé garçon non prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent « Bien sûr ! » Ma mère biologique découvrit plus tard que ma mère n’avait pas de diplôme d’études supérieures, et que mon père n’avait même pas son bac. Elle refusa alors de signer les papiers d’adoption. Ce n’est que plusieurs mois après qu’elle accepta, après que mes parents lui aient promis qu’ils me feraient faire des études.

Et 17 ans après, c’est en effet ce que je fis. Mais, naïf que j’étais, j’avais choisi une université [Reed College] qui coûtait presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents (qui gagnaient peu) étaient dépensées en frais de scolarité. Après 6 mois, je n’en voyais plus l’intérêt. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie, et aucune idée sur l’aide que l’université pourrait m’apporter dans cette question. Et j’étais là, en train de dépenser l’argent que mes parents avaient économisé toute leur vie. Alors j’ai décidé d’abandonner mes études, et de me dire que tout allait s’arranger. C’était plutôt effrayant, comme décision, mais quand j’y repense, c’est une des meilleures décisions de toute ma vie. Dès que j’ai décidé d’abandonner, j’ai pu arrêter les cours obligatoires qui ne m’intéressaient pas, et commencer des cours qui me semblaient intéressants.

Ce n’était pas paradisiaque. Je n’avais pas de logement à la cité universitaire, alors je dormais sur le sol de la chambre de copains, je collectais les bouteilles de coca pour récupérer les 5 cents de consigne et m’acheter de quoi manger, et chaque dimanche soir, je faisais 10 km à pied, traversant la ville pour aller consommer un bon repas au temple Hare Krishna. J’ai adoré ça. Et la plupart des choses que j’ai découvertes en suivant ma curiosité et mon intuition se sont avérées inestimables après coup. En voici un exemple.

Le Reed College offrait à cette époque ce qui était probablement la meilleure formation à la calligraphie de tous les Etats-Unis. Partout sur le campus, chaque affiche, chaque étiquette, était superbement calligraphiée à la main. Sachant que j’avais abandonné la course au diplôme, et donc que je n’avais plus à suivre les cours obligatoires, je me suis inscrit à un cours pour apprendre comment faire de la calligraphie. J’ai appris les lettres Serif et San Serif, l’espace variable qui existait entre les différentes lettres, et toutes les choses qui rendent la calligraphie superbe. J’y trouvais la Beauté, l’Histoire, et l’Art d’une manière subtile que la science ne pourra jamais appréhender. C’était fascinant.

Rien de tout cela n’avait l’ombre d’une chance de pouvoir être utile dans ma vie. Mais dix ans après, tandis que nous étions en train de concevoir le premier ordinateur Macintosh, tout cela m’est revenu. Et nous l’avons intégré dans le Mac. C’était le premier ordinateur avec une belle typographie. Si je ne m’étais pas inscrit en auditeur libre à ce cours d’université, le Mac n’aurait jamais eu différentes polices de caractères, ou des polices à espacement variable. Et comme Windows ne fait que copier le Mac, cela signifie qu’aucun ordinateur n’aurait jamais eu ces polices. Si je n’avais pas abandonné mes études supérieures, je ne me serais pas inscrit dans ce cours de calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas eu la belle typographie qu’ils ont aujourd’hui. Bien sûr, il était impossible de connecter ces points par avance quand j’envisageais mon avenir à cette époque. Mais ce fut très très clair quand je regardai en arrière, dix ans plus tard.

Je le répète, vous ne pouvez pas connecter les points quand vous regardez vers l’avenir, vous ne pouvez le faire qu’en regardant le passé. Alors vous devez être confiant : les points vont se connecter entre eux à l’avenir. Vous devez avoir confiance en quelque chose – vos tripes, votre destin, karma, quoi que ce soit. Cette manière de faire ne m’a jamais déçu, et elle a fait toute la différence dans ma vie.

Ma deuxième histoire parle d’amour et de perte.

J’ai eu de la chance : j’ai trouvé rapidement ce que j’aimais faire dans la vie. Woz [Steve Wozniak] et moi avons démarré Apple dans le garage de mes parents quand j’avais 20 ans. Nous avons travaillé dur, et en 10 ans, Apple a changé : de deux personnes dans un garage, c’est devenu une société de 4 000 salariés avec des ventes de 2 milliards de dollars. L’année précédente, nous venions de lancer notre meilleure création – le Macintosh – et je venais d’avoir 30 ans. Et là, j’ai été viré. Comment peut-on être viré de la société qu’on a créé ? Eh bien, comme Apple se développait, nous avons embauché quelqu’un dont je pensais qu’il était très doué pour gérer la compagnie avec moi, et la première année, les choses se passèrent très bien. Mais bientôt, nos visions de l’avenir commencèrent à diverger et finalement, nous nous sommes fâchés. Quand cela arriva, notre conseil d’administration se rangea de son côté. Aussi, à 30 ans j’ai été mis dehors. De manière extrêmement médiatisée. Ce qui avait été l’enjeu de toute ma vie d’adulte avait disparu, et j’étais dévasté.

Pendant plusieurs mois, je n’ai vraiment pas su quoi faire. Je sentais que j’avais déçu la précédente génération d’entrepreneurs. Que j’avais lâché le baton témoin qu’ils m’avaient transmis. J’ai rencontré David Packard et Bob Noyce et j’ai essayé de m’excuser pour avoir foiré si lamentablement. J’étais un raté très médiatisé, et j’ai même envisagé de fuir loin de la [Silicon] Valley. Mais quelque chose commença à m’apparaître : je continuais à aimer ce que je faisais. Ce qui s’était passé chez Apple n’avait rien changé du tout à cela. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. Alors j’ai décidé de recommencer.

Je ne l’ai pas vu comme ça à ce moment, mais mon licenciement d’Apple a été une meilleures choses qui me soit arrivée. Le poids du succès a été remplacé par la légèreté du nouveau débutant, celui qui n’était plus aussi sûr de rien. Cela m’a libéré et m’a permis d’entrer dans une des périodes les plus créatives de ma vie.

Dans les cinq années suivantes, j’ai créé une société appelée NeXT, une autre
appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme extraordinaire qui allait devenir mon épouse. Pixar a produit le premier film d’animation par ordinateur, Toy Story, et est aujourd’hui le meilleur studio d’animation au monde. Dans un coup du sort assez étonnant, Apple a racheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT a été le catalyseur de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons désormais une famille géniale.

Je pense que rien de ceci ne serait arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. Le remède a été désagréable, mais je pense que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous balance un coup de brique sur la tête. Ne perdez pas la foi. Je suis sûr que la seule chose qui m’a fait continuer, c’était que j’aimais faire ce que je faisais. Vous devez trouver ce que vous aimez. Et c’est vrai aussi bien pour votre travail que pour votre partenaire. Votre travail va prendre une grande part de votre vie, et la seule manière d’être vraiment satisfait, c’est de faire ce que vous pensez être du beau boulot. Et la seule manière de faire du beau boulot, c’est d’aimer ce que vous faites. Si vous n’avez pas encore trouvé, continuez à chercher. Ne vous arrêtez pas. C’est comme ça pour tout ce qui touche au coeur : vous le saurez quand vous l’aurez trouvé. Et comme pour tout grand amour, ça devient de mieux en mieux au fil des années. Alors continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez. Ne vous arrêtez pas.

Ma troisième histoire parle de la mort.

Quand j’avais 17 ans, j’ai lu une citation du genre : « Si vous vivez chaque jour comme si c’était le dernier, un jour viendra qui vous donnera raison ». J’en ai été marqué, et depuis lors, au cours des 33 dernières années, je me suis regardé dans le miroir chaque matin et je me suis dit : « Si c’était le dernier jour de ma vie, est-ce que je voudrais faire ce que j’ai à faire aujourd’hui ? » Et à chaque fois que la réponse est « Non » plusieurs matins d’affilée, je sais que je dois changer quelque chose.

L’outil le plus important que j’aie trouvé pour m’aider à prendre de grandes décisions, c’est de me souvenir que je serai bientôt mort. Parce que presque tout – ce qu’on espère des autres, l’orgueil, la peur d’être ridicule ou de se planter – tout cela disparaît face à la mort, et ne reste que ce qui est vraiment important. Pour éviter le piège de penser que vous avez quelque chose à perdre, le meilleur moyen est de vous rappeler que vous allez mourir. Vous êtes déjà nu. Alors autant suivre votre coeur.

Il y a un an, on m’a diagnostiqué un cancer. J’ai subi un scanner à 7h30 du matin, qui révélait une tumeur sur mon pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était un pancréas. Les docteurs m’ont dit que c’était presque certainement un cancer incurable, et que je devais m’attendre à vivre juste 3 à 6 mois. Mon docteur m’a conseillé de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui est le langage codé des docteurs pour dire que je devais me préparer à mourir. Cela signifie de dire à vos enfants, en quelques mois, toute les choses dont vous pensiez que vous auriez 10 ans pour leur dire. Cela signifie de tout préparer de telle sorte que ce soit le plus facile possible pour votre famille. Cela signifie de faire vos adieux.

J’ai vécu avec ce diagnostic toute la journée. Le soir-même, j’ai eu une biopsie, ils m’ont plongé un endoscope dans la gorge, sont passés par mon estomac, puis par mes intestins, ils ont enfoncé une aiguille dans mon pancréas et ont récupéré quelques cellules de la tumeur. J’étais anesthésié, mais ma femme qui était présente m’a dit que quand ils ont examiné les cellules au microscope, les médecins en ont pleuré, parce que c’était en fait une forme très rare de cancer du pancréas qu’on peut soigner par la chirurgie. J’ai été opéré, et je vais bien maintenant.

Ce fut le moment où j’ai été le plus proche de la mort, et j’espère ne pas revivre ça avant plusieurs dizaines d’années. Après ce que j’ai vécu, je peux désormais vous le dire avec un peu plus de certitude que quand la mort était un concept certes utile, mais purement intellectuel : Personne ne veut mourir. Même ceux qui veulent aller au Paradis ne veulent pas mourir pour y aller. Et pourtant, la mort est notre destination finale à tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est comme cela que les choses doivent être, car la Mort est probablement la meilleure invention de la Vie. C’est l’agent du changement de la Vie. Elle supprime le vieux pour laisser la place au jeune. Aujourd’hui, le nouveau c’est vous, mais un jour qui n’est pas très éloigné, vous deviendrez le vieux et serez éliminés. Désolé d’être aussi mélodramatique, mais c’est la vérité.

Votre temps est limité, alors ne le perdez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Evitez d’être piégé par le dogme – c’est-à-dire vivre sur les résultats des pensées des autres. Ne laissez pas votre voix interne être noyée par le bruit des opinions des autres. Et plus important que tout, ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. Eux savent déjà ce que vous voulez réellement devenir. Tout le reste est secondaire.

Quand j’étais jeune, il y avait ce livre génial qui s’appelait Le catalogue de toute la Terre, et c’était une des bibles de ma génération. C’est un gars nommé Stewart Brand qui l’a créé pas loin d’ici, à Menlo Park, et il lui a donné vie avec son sens poétique. C’était dans les années 60, avant les ordinateurs personnels et la publication assistée par ordinateur, ce qui veut dire qu’il travaillait avec des machines à écrire, des ciseaux, et des appareils Polaroïd. C’était une sorte de Google en livre, 35 ans avant Google : c’était idéaliste, et le livre débordait d’outils géniaux et de notions claires.

Stewart et son équipe publièrent plusieurs éditions du Catalogue de toute la Terre, et quand son temps arriva, ils publièrent une dernière édition. C’était dans les années 70, et j’avais votre âge. Au dos de leur dernière édition, on voyait la photo d’une route déserte, au petit matin, le genre de route où vous pouviez vous imaginer faire du stop, si vous étiez du genre aventureux. En légende, les mots « Ayez faim. Soyez fou ». C’était leur message d’adieu, pour leur dernier livre. Ayez faim. Soyez fou. Je me suis toujours souhaité ça. Et maintenant, alors que vous allez être diplômés pour recommencer à nouveau, je vous le souhaite.
Ayez faim. Soyez fou.

Merci beaucoup à tous. »

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Caillou – In fusion (2)


Prendre un bain.
Et fondre comme un morceau de sucre
Dans la tisane.

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Caillou – Hécate

Plusieurs facettes
Dans nos personnalités
Et aujourd’hui je t’ai vue
Changer
Sous mes yeux.

Les yeux fixes
En pointes d’aiguilles
Et le visage pointu.

Tu étais sous l’emprise du robot.
Glacialement seule,
Perdue loin de toi.

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Livre lu – Eric Clapton, the autobiography

Je viens de terminer l’autobiographie d’Eric Clapton (livre en anglais ici, en français là).

Eric Clapton m’accompagne depuis fort longtemps. Je crois que je l’ai découvert sur M6 (oui, ça existait déjà au XXème siècle…), chantant « Forever Man » en long manteau de cow-boy, et ça pétait grave. (c’était en 1983, ou un truc comme ça, c’est dire…). Et puis j’y suis venu progressivement, j’ai acheté Slowhand, 461 Ocean Boulevard, bref, j’ai fait mes classes.
J’ai beaucoup parlé de Clapton à mes amis, parce que ce n’était pas juste qu’un guitariste chanteur, c’était (je l’avais perçu déjà à cette époque) un homme, un humain sensible, un frère.
Et donc je l’ai suivi pendant des années, j’ai acheté tous les disques. Des copains me disaient que c’était de la soupe, les journaux disaient que c’était bien, ou commercial, ou new wave, bref, c’était du n’importe quoi si j’écoutais les autres. Mais moi, je savais que je soutenais ce gars, que je lui payais des royalties, et que sur chaque disque, j’allais trouver 2, 3 (4 ?) chansons qui allaient me plaire, et me rémunérer d’avoir acheté l’album. Et le rémunérer.
Et voilà, j’ai lu son autobiographie. J’en retire quelques idées :

  • C’est génial d’avoir quelqu’un qui essaie de décrypter sa vie. C’est le « connecting the dots » dont j’avais déjà parlé à propos de Steve Jobs. Un homme se pose à un moment donné, et dit « OK, je vais tenter d’expliquer, après coup, les conneries, ou les merveilles, ou plus simplement, les actes, de ma vie ». Ce que j’ai beaucoup apprécié chez Clapton, c’est ce côté « mon gars, je vais pas t’enjoliver l’affaire, je te livre les faits, et ma perception, mais là, ce que tu vois sur la table, ce sont mes tripes (même si je suis anglais, donc un peu limité dans mon expression, je suis pas du genre exhibitionniste). »
  • Certains albums que j’adorais sont expédiés en une demi-page, voire quelques lignes. Et plus globalement : sur chaque album, au moins au début de sa carrière, les chansons sont plutôt le fruit du hasard. J’en rigole, parce que moi j’ai écouté ces albums en boucle, et je me disais « j’aime bien telle facette de Clapton, mais cette autre facette, non, je n’adhère pas » alors qu’en fait, *je ne me trompais pas*, il y avait des chansons qui étaient imposées, ou pas de lui, ou n’étaientpas mentionnées après coup dans son autobiographie.
  • De toute façon, résumer une vie entière en 364 pages, franchement…
  • Quand il dit qu’avec « Pilgrim », il a voulu faire « l’album le plus triste de tous les temps » (p. 295), je comprends mieux. Et j’ai envie de le réécouter, cet album où 4 chansons m’avaient bien marqué. Des chansons existentialistes, oui, j’assume le terme, et je vous emmerde si vous ne comprenez pas.
  • Quand il dit que « Old Love » est une chanson dont il est très fier, moi qui me suis arraché le coeur plusieurs fois sur cette chanson qui me parlait tellement, je me dis que cette connexion que j’ai avec lui n’est pas juste le fruit d’une mode.
  • Je connaissais les drames, et l’errance de sa vie. Cette autobiographie replace les choses à leur juste endroit, avec les dates. Et surtout : ce que j’avais senti dans ses derniers disques : la recherche – et la découverte – du bonheur. Je ne suis qu’un fan de base, Clapton n’entendra jamais parler de moi, mais *je suis content pour lui*. Vient un moment dans la vie où l’on doit déposer les armes. Certains ratent cet instant, et meurent décomposés de frustration. J’espère que chacun d’entre nous (enfin, les meilleurs) pourra atteindra cet instant de grâce.

Il y a des choses qui sont très présentes dans cette autobiographie, et dont je n’ai pas parlé. Elles me sont trop proches. Clapton m’est trop proche. Mais je le salue, profondément, respectueusement.
Et pour paraphraser Djian (que j’avais bien aimé) à propos de Brautigan (que j’ai adoré), le jour – lointain j’espère – où quelqu’un me dira « T’as entendu que Clapton est mort ? », j’aurai ma réponse toute prête : « Tu crois qu’un homme comme Clapton peut mourir ?! »

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Donnez donnez do do-o-nnez ! (Enrico Macias)

Voici la suite du projet Mercure (historique ici et tous les billets qui en parlent là) : courir des marathons pour lever des fonds pour la recherche génétique. La prochaine étape est le Marathon de Londres, 26 avril 2009. Plus de détails sur www.5marathons.com (site qui va être totalement refondu dans… quelques heures). Merveille de la technologie : vous pouvez désormais donner en ligne, de manière sécurisée, 66% de votre don est déductible, ça veut dire que si vous donnez 30 000 euros, en fait, c’est juste -10 000 euros sur votre compte, pffff, une paille. Il suffit de cliquer sur le truc rose en dessous et de suivre les instructions pour recevoir votre reçu fiscal. Et en plus, Dieu vous aimera (voire, vous le rendra. Mais je ne sais pas s’il vous rendra 30 000 ou 10 000, ça, faut voir avec lui). C’est-y pas beau ?

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En vrac

  • Pendant très longtemps, voilà ce que je pensais, et que je disais : certains d’entre nous ont besoin d’un moyen d’expression. ça peut être la musique, la peinture, la sculpture, l’écriture, mais c’est quelque chose où l’on a envie de projeter nos… désirs, projets, idées. Certains n’ont pas de moyen d’expression. D’autres en ont un. Comme moi : l’écriture (et un peu la photo et la vidéo). D’autres encore en ont plusieurs en même temps, et je les envie. Un Charlélie Couture ou un Paul Personne provoquent mon admiration, avec ce côté homme-orchestre. Et puis, tout ce que je disais vient de connaître un changement majeur. Nous avons des moyens d’expression, mais nous avons aussi des moyens de réception. Des moments où nous ne sommes pas producteurs, mais consommateurs. Définition rapide : un moyen de réception, c’est un domaine où l’on est passif, mais on se sent transporté. Certains n’ont pas de moyen de réception (je ne compte pas la télé, elle ne transporte pas, elle déporte). D’autres en ont un. D’autres encore (la plupart je pense) en ont plusieurs en même temps. Les miens : la lecture, évidemment, la musique, depuis toujours, le cinéma, depuis très longtemps.
  • Discussion avec une collègue. Je lui demande un Kleenex. Elle me dit « j’en ai un, mais usagé ». Je lui réponds que c’est pas génant, nos ADNs vont se mélanger, et j’aimerais bien voir le résultat, j’imagine un Blob surgissant, enfant tératogénéré de la morve de deux professeurs sur-diplômés, ça pourrait être dégoûtant, mais le monstre se met à asservir le monde, et Bill Murray vient le combattre avec Sigourney Weaver, et il finit comme bloc en résine pour saluer les performances pédagogiques exceptionnelles.
  • Discussions avec des copains le lendemain d’une soirée très arrosée. Eux : « t’as l’air très songeur ». Moi : « Non, mais j’ai juste deux neurones qui jouent au ping-pong, je suis pas très opérationnel ». Après un temps, eux : « ça va mieux ? ». Moi : « Nan. Mes deux neurones sont collés. Ils essaient d’en faire un troisième. »
  • Dans la rubrique « analogies de gros con », j’en ai pondu une en courant : voir un film au cinéma ou voir un film sur son ordinateur, les deux ont leur avantage, mais c’est pas la même chose. C’est comme participer à une partouze, ou regarder une vidéo d’une partouze sur son ordinateur. Fin de l’analogie de gros con.
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Reprise des hostilités

Après deux mois et plus de repos et d’excès gastronomiques et oenologiques, je me suis remis, péniblement, à courir la semaine dernière. Et puis il y a eu 3 jours de ski, ça fait jamais de mal. Et là, mercredi, 1h aux Buttes Chaumont avec deux collègues, et aujourd’hui, 1h seul, 20 mn échauffement, 25 mn à 5’30 » au km (dur) dont 3 mn à 5′ au km (très dur), puis retour au calme pendant 20 mn, étirements, retour, douche.
Bien cassé, ce soir.

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Caillou – Méridiens


Du bout des doigts
Je dessine des cercles
Sur ta peau.
Tatouage invisible.
Acupuncture douce.

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Bourré

Dans un dessin de Peanuts, la maman de Linus lui donne une pile de chaussettes pliées, elles sortent juste du séchoir, et elle lui demande d’aller les ranger dans son tiroir. Il porte donc ces chaussettes encore tièdes, et les range. Puis, avec un sourire réjoui, il dit : « Security is a drawer full of warm socks » (la sécurité, c’est d’avoir un tiroir rempli de chaussettes tièdes).
Comme on peut le voir dans la photo ci-contre, les variantes sont nombreuses.
Ce qui m’amuse là-dedans, c’est que ce sentiment de sécurité est – pour moi – parfaitement distinct d’un sentiment de satisfaction, de réplétion, de possession. Je ne me dis pas « je vais boire tout ça, yo ! » pas plus que Linus ne se dira « Je vais enfiler toutes mes chaussettes, yo ! ». C’est vraiment le sentiment d’avoir un backup, de ne jamais être pris à court. J’éprouve le même sentiment de sécurité avec un frigo ou un congélateur plein. Mais, de moins en moins, avec ma bibliothèque, pourtant remplie de 2 500 bouquins dont 10% n’ont pas encore été lus.
Dans cette pulsion vers la sécurité, le pas est vite franchi : l’accumulation. Je me sens souvent comme l’écureuil qui remplit plusieurs arbres de noisettes en prévision de l’hiver, mais (1) qui remplit trois à dix fois plus que nécessaire à sa consommation ; (2) qui oublie de toute façon la moitié de ses cachettes.
Je comprends totalement cette quête de Zen qui anime certaines couches de la population (les intellos ? les bobos ? les simples ? ceux qui ont encore du bon sens paysan ?), pour aller vers moins de choses, moins de possession.
Vider mon frigo…
Oui, c’est cela, aller vers un grand vidage…

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Caillou – Jardin secret


Lovés dans notre tiédeur
Fusionnés comme deux escargots
Dans une seule coquille
Chuchotante et caressante.

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Caillou – Piste sonore


Hier matin
Dans le jardin tout blanc
Mes pas faisaient Croc Croc Croc.

Hier soir
Dans le jardin tout noir
Mes pas faisaient Pluirch Pluirch Pluirch.

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L’énigme d’Alexandrie

Quand Claude François dit « je te mangerai crue si tu ne me reviens pas« , comment peut-il la manger crue, si elle ne revient pas ?

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Caillou – Bleu saphir

Ses seins sont comme
Des bourgeons
Attendant
Le printemps.

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Bain moussant

Avec des collègues, nous regardions ce graphe, qui est tombé sur les téléscripteurs hier.

La question hyper importante, une vraie question de recherche qui nous taraudait, c’était : « comment appeler ça ? ». Les propositions étaient les suivantes :

  • Les bulles financières (ou comment se faire passer un savon)
  • Les banques ont les grosses boules
  • La famille Barbapapa

Toute autre contribution, pour peu qu’elle soit frappée (et bien frappée) du sceau de la rigueur académique (et mouse) est la bienvenue.

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Dichotomie nocturne

Quand on a un RV important, un avion ou un taxi le lendemain matin, on se (je me) réveille régulièrement pendant la nuit, pour regarder l’heure et vérifier qu’on n’a pas raté l’heure du réveil (nonobstant le fait que le réveil est réglé, et qu’il délivre une sonnerie à 120 dB capable de réveiller Dracula depuis son sépulcre transylvanien).
Dans mon cas, il y a encore pire : plus la nuit avance, plus je me réveille souvent. La séquence est souvent du genre : réveil à 1h, à 2h, à 3h, 4h, 4h30, 5h, 5h20, 5h35, 5h42, etc.
Je suis sûr qu’il existe une suite, ou une loi statistique, qui donne ces chiffres, qui progressent de façon dichotomique (voire fractale) vers le Paradoxe de Zénon d’Elée : juste avant mon réveil, je consulterai le réveil toutes les minutes, puis toutes les secondes, puis je resterai en continu à fixer les chiffres rougeoyants qui me percent la pupille en attendant que la sonnerie me déchire les tympans.

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Le Boulet et sa chaine

Je parlais il y a quelques jours de l’autobiographie de Clapton (je le lis en version originale, mais il en existe une version française). Je suis, en parallèle, dans une autre autobiographie, quoique l’auteur s’en défende. Il s’agit des Notes de Boulet. Il le dit bien sur son Blog : les planches de BD qu’il dessine sont pour partie autobiographiques, mais il refuse d’afficher sa vie privée. Il n’empêche : je suis comme 30 000 internautes, je commence à bien le connaître, l’animal.
Nous sommes en présence d’un roman graphique. L’histoire en est sympathique, je vous la livre. Boulet écrit des BDs, plutôt orientées jeune public, mais jeune public aware, pour qui des décapitations en plein combat sont monnaie courante. En parallèle, il a lancé un blog sur lequel, bon an mal an, il publie une planche de BD sur sa vie plusieurs fois par semaine. J’en ai parlé , ici et . Sur son blog, il l’affichait clairement : ces planches sont sa propriété, mais il n’envisageait pas de les publier. Jusqu’à ce que… la pression du public, des admirateuses, des éditeurs…
J’ai donc dégusté Notes 1 : born to be a larve et suis dans Notes 2 : le petit théâtre de la rue. C’est un vrai plaisir.
Dans les magasins de BD, depuis quelque temps, il y a désormais un rayon « roman graphique », qui salue un nouveau genre : des tranches de vie, un peu intimistes, qui permettent peu à peu de rentrer (comme une petite souris) dans l’univers d’un personnage très humain, un frère quoi. On s’identifie, on compare, on comprend.
Dans ce genre, mon premier contact a été De mal en pis, d’Alex Robinson. J’y ai découvert une écriture « existentialiste » (je le mets entre guillemets, parce que c’est trop pompeux, mais c’est le bon terme), qui fait alterner des découpages graphiques, des pensées personnelles, des ambiances, des textes… Un inventaire pas loin de Prévert.
Puis je me suis acheté Faire de la bande dessinée, par Scott Mc Cloud (pour les geeks, c’est lui qui a dessiné la BD présentant Google Chrome). Là, on rentrait dans la méta-analyse : un auteur de BD rédige une BD pour expliquer comment on fait des BDs. Je l’ai lu en boucle pendant des mois. Scott McCloud, même s’il n’emploie pas le terme, fait régulièrement référence à la logique des romans graphiques, les ambiances, la vie des personnages.
Revenons à Boulet, et terminons. Ce qui m’amuse, car je ne crois pas être le seul : Boulet s’est fait connaître comme dessinateur de BDs (Raghnarok, la rubrique scientifique, le Miya, Donjon parade…), et en parallèle il a lancé son blog, et au fil des mois / années, la demande s’est portée sur son blog, jusqu’à ce qu’il en publie les planches. Il aimerait, je crois, que les gens se tournent plus vers ses albums, mais en même temps, c’est sur son blog qu’il parle de lui même. C’est comme cette interview de Jim Morrison où il disait « vous ne parlez que de nos frasques, mais écoutez un peu notre musique ». Le problème, c’est que dans leurs frasques, ils parlaient autant d’eux-mêmes, sinon plus, que dans leur musique…

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Les chemins de la vie

Je suis en train de lire l’autobiographie d’Eric Clapton.
Jusqu’à présent, j’avais toujours appréhendé « les mémoires » comme un travail de souvenir, un ensemble de faits à destination des générations futures. Pour ma part, j’ai l’idée d’écrire les miens, pour laisser une trace, par exemple pour un petit-fils ou un arrière-cousin curieux.
Mais la lecture de cette autobiographie me montre un nouvel élément, évident peut-être, mais que je n’avais pas compris jusque-là. Ecrire son autobiographie / ses mémoires, c’est fournir une lecture, après coup, de sa vie. Essayer d’expliquer les motivations, les origines, l’évolution. C’est évident, mais pas tant que ça : j’ai eu l’occasion de mettre la main sur quelques types de mémoires, et invariablement, c’était une collection de faits, chronologiquement établis, mais il manquait la fibre humaine : le sens.
Cette autobiographie d’Eric Clapton vient à point nommé. Cet homme, pour lequel j’ai beaucoup de respect et d’admiration, essaie de donner du sens à sa vie, d’expliquer son évolution, sans chichis, mais sans occulter les passages difficiles ou intimes. Cette lecture me fait penser au « connecting the dots » (relier les points) qu’évoquait Steve Jobs dans son désormais célèbre discours aux étudiants diplômés de Stanford (sous-titré en français) (je n’aime pas la traduction, mais c’est un vieux débat…). (texte anglais ici, traduction en français (par Anne Damour) là).

Et pour prouver « qu’on ne devient que ce qu’on a été », comme le dit le philosophe Philippe Chatel, je retrouve que j’avais déjà utilisé ce titre, à l’insu de mon plein gré, et réciproquement. Tout est connecté.

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L’ardoise

(ou plutôt, une ardoise parmi tant d’autres)

Reçu aujourd’hui par la poste (merci amazon) :

  • Air – Moon Safari
  • Charlélie Couture – Les naïves
  • The Commitments – Vol. 1
  • Hans Zimmer – The last samurai OST
  • Boulet – Raghnarok, Tempus fugit (tome 5)
  • Boulet – Notes, Born to be a larve (tome 1)
  • Boulet – Notes, Le petit théâtre de la rue (tome 2)
  • Boulet – La rubrique scientifique (tome 1)
  • Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet – Le retour à la terre, les révolutions (tome 5)
  • Eric Clapton – The autobiography
  • Pat Metheny – Letter from home

En attendant le dernier Springsteen…

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Batana – Blazzasse

Blazzasse : n. f. Tomate brûlante dans une pizza tiède, quand elle prend contact avec votre palais. Tranche de fromage fondu brûlant qui se rabat sur votre lèvre inférieure.
Par extension : au milieu d’une conversation semble-t-il détendue, personne qui prend la mouche et vous pourrit la gueule devant tout le monde, tandis que vous vous dites « mais qu’est-ce que j’ai dit, mais qu’est-ce que j’ai dit ?? »

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Médaille en chocolat

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