Appelez-moi Eddie Murphy

Ce ne serait pas la rentrée sans une bonne Loi de Murphy bien grasse, qui nous remet directement le nez dans le caca le bain. La voici donc, avec ses nombreux corollaires.

  1. Quand on écrase des données nombreuses et importantes, c’est généralement alors qu’on essayait de mettre au point un système de synchronisation / sauvegarde ;
  2. Et l’on ne s’en rend compte que plusieurs heures après, c’est-à-dire après avoir vidé la corbeille moultes fois ;
  3. Et cela arrive généralement le lendemain du jour où l’on s’est dit « cette sauvegarde sur disque dur ne marche pas bien, je vais donc effacer toute la sauvegarde pour redémarrer de zéro ». 

Redémarrer, je ne sais pas encore, mais de zéro, ça, c’est sûr.
Le point positif : si l’on calcule les probabilités pour avoir en même temps les points 1, 2 et 3, je pense que je mérite d’entrer dans le livre Guinness des Records.

Publié dans Informatique et Internet | 2 commentaires

Le son du silence

J’en avais formulé le souhait, deux fois, mais l’idée (l’envie) était plus ancienne.
Je suis allé quelques jours en retraite spirituelle, seul.
Pas d’Internet, pas de sonneries de téléphone ou de porte d’entrée, pas de télé ni de radio. Très peu de musique, et douce (Bach, Mozart, Pat Petheny).
Réveil sans sonnerie de réveil, travail (sur un livre) dès le matin, en buvant du thé toute la matinée.
Il y avait un silence qui était tel qu’on entendait enfin tous les bruits qu’on n’entend que quand il y a du silence. Le froissement des ailes d’une petite chauve-souris, la nuit tombée. Le bourdonnement des abeilles, le zonzonnement des mouches.
J’ai passé des heures à regarder les nuages.

Un collègue qui m’avait dit, il y a 15 ans : quand je prendrai ma retraite, j’irai dans ma maison dans Le Perche, j’écouterai les rythmes des plantes et des bêtes.
J’y suis allé, j’en suis revenu.

Le vent s’appuie
Sur le paillasson dru
Des champs de blé.

Les yeux au ras de l’herbe
Je vois les abeilles qui s’affairent
Balles de golf tigrées
Sur un green à l’abandon.

Éole dessine des motifs d’Escher
Avec ses troupeaux de nuages.

Les arbres jouent
Aux marionnettes chinoises
Dans le feu du couchant.

Publié dans Perso | Un commentaire

Ardoises électroniques

En d’autres temps, et pour d’autres raisons, j’apprécierais la dématérialisation des factures papier. En effet, l’argument écologique est non négligeable : économie de papier, d’enveloppe, de transport de courrier. Mais ces factures électroniques présentent plusieurs inconvénients :

  • D’abord, la démarche est inversée. Autrefois, on recevait (mode passif) une facture papier, elle était livrée à domicile à échéance fixe. Aujourd’hui, par exemple pour les comptes bancaires, on doit penser à se connecter régulièrement (mode actif) pour consulter ses comptes. C’est un argument qui semble de peu de poids, mais il a son importance pour moi : je cherche depuis des années à me libérer le cerveau de tâches, to-dos, rappels… Or, dans le cas d’une facture électronique, il faut faire la démarche d’aller voir, cela rajoute une chose à laquelle penser.
  • J’en viens à mon souci principal : si la facture est dématérialisée, on se connecte finalement assez peu pour la consulter. Sur les 6 derniers mois, je n’ai probablement jamais consulté mes factures d’abonnement Internet+téléphonie fixe. C’est pour cela que je ne veux pas passer aux factures électroniques pour mon téléphone portable : cela me priverait de ma vigilance sur les sommes dépensées au-delà du forfait.
  • De là, mon impression du jour : sous le couvert d’un discours écologique qui les arrange bien (green washing), les différents opérateurs doivent finalement se frotter les mains de voir tant de personnes passer aux factures électroniques « consultables en ligne ». Parce que personne ne les consulte, ou avec retard. La facture électronique, c’est la fin de la vigilance sur les comptes. Cela me rappelle un conseil – à mon avis très juste – sur les to-do listes : si vous faites votre to-do liste sur un ordinateur, imprimez-la. Si ce n’est pas imprimé, vous ne ferez pas les tâches.
Publié dans Réflexions | 4 commentaires

Le monde de la musique est en deuil… Mon hommage

Cela a été un choc pour nous tous : si jeune, il partait, après nous avoir littéralement ouvert à de nouveaux horizons musicaux.
Certes, la fin de sa vie a été une triste pantalonnade, orchestrée par les médias. Mais je me souviens du choc que j’ai eu en le voyant pour la première fois à la télé : il y a clairement eu un avant lui et un après lui.
La moindre des choses était que j’y aille de ma contribution. J’ai donc réalisé une petite vidéo, sans prétention. Salut l’artiste, tu me manques.

Vidéo hommage au King de ma musique

(Toute ressemblance, etc.)

Publié dans Hahaha | 4 commentaires

Les sept piliers de la sagesse

Que ce soit dans les quêtes spirituelles (religions), intellectuelles (philosophies) ou comportementales (psychologie, développement personnel), je trouve que l’on retrouve des thèmes communs. Ainsi, quel que soit le chemin emprunté (une pratique religieuse, le coaching, la lecture et la réflexion sur soi-même…), j’ai l’impression qu’on en revient régulièrement aux mêmes « valeurs » fondamentales, ou « principes » fondateurs. J’ai donc essayé de les écrire. A ce jour, ils sont au nombre de 7. L’ordre choisi importe peu.

  • Les autres ne changeront pas. Mais on peut se changer soi-même. C’est douloureux, c’est difficile, mais ce n’est pas impossible. 
  • Vivre maintenant. Pas dans l’angoisse de demain, ni dans le regret d’hier. Vivre à cette minute. Et la suivante. Et celle d’après.
  • Les faits sont les faits. Mais notre perception est différente. Les faits ne changeront pas. Mais notre perception peut changer. D’un mal peut jaillir un bien.
  • Respirer profondément. Peut-être l’unique conseil. Respirer profondément.
  • Ecouter
    • écouter les autres
    • s’écouter soi-même
    • écouter l’environnement
  • Chaque chemin est personnel. Ne juge pas.
  • La perfection n’existe pas. C’est une direction, pas un état que l’on peut atteindre.
Publié dans Réflexions | Un commentaire

En Vrac

  • Recherche en finance, logiciels libres et yaourt. Une bonne recherche (académique) est réplicable, c’est-à-dire que le chercheur a donné la recette. Je me souviens d’une intervention de deux supposés grands chercheurs en finance français,  il y a de cela quelques années. Le commentateur du papier de recherche, un sud-africain, avait commencé son intervention en disant « vous avez utilisé un échantillon bâti et collecté par vos soins, sans le détail de sa construction ou sa composition (c’était une base de données propriétaire que les chercheurs gardaient jalousement), votre modéle n’est pas détaillé, ce qui veut dire qu’en l’état, je ne pourrais donc pas refaire votre étude pour la compléter ou la contester, ce n’est donc pas un article scientifique ». Ce qui me frappe, c’est le parallèle avec les logiciels libres : si vous donnez la recette, vous autorisez les autres personnes à remettre en cause vos ingrédients (dans le but d’améliorer la recette) et surtout, c’est la condition de votre légitimité, car vous montrez exactement ce que vous avez fait. Nous atteignons ici les limites des modèles de concurrence : au paradigme initial, qui était que la meilleure condition pour réussir, c’est la confidentialité et le brevet (notre recette est secrète, ou protégée), on superpose désormais un autre modèle plus transparent. Cela touche tous les rangs de la société. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes sont gênées de voir que la composition d’un produit de consommation courante mentionne des choses aussi vagues que « extraits végétaux, arômes, épaississants, exhausteur de goût » etc. Dévoiler sa recette permettrait un travail collaboratif d’amélioration, et donc un succès prolongé. Par exemple, comme le rappelle aujourd’hui Tristan Nitot, « Sans logiciel Libre, Internet n’existerait pas !« 
  • Le gyroscope du planteur. J’ai fait un saladier de planteur (jus de mangue, de goyave, d’ananas, rhum agricole, citrons verts) pour les petites soifs vers 3h du matin. En déplaçant ce saladier dans un escalier en colimaçon (protocole expérimental, vous voyez, je donne la recette), j’ai constaté que lorsque l’on fait pivoter le saladier, les citrons verts restent à la verticale du même point. Un peu comme quand on tourne un bocal de poissons rouges, sauf que là, ça peut être biaisé, car les poissons rouges nagent, alors que les citrons verts font la planche. Et je me demande pourquoi, quand on fait pivoter un saladier de planteur de 30°, les citrons ne pivotent pas de Pi/6 ? Je ne pense pas que ce soit dû à la Force de Coriolis, alors quoi ?
  • Point barre. Je n’aime pas ignorer l’étymologie ou la provenance d’une expression. Dans le cas de « point barre » (traductible par « un point c’est tout »), je pensais que cela avait à voir avec l’alphabet Morse. Mais point barre, en Morse, c’est la lettre A. Je ne vois pas pourquoi on terminerait un message en Morse par « A » (d’autant plus qu’on termine par ···-·-). L’explication la plus couramment avancée est que cela correspond à une utilisation du clavier : point, barre (d’espacement), donc terminé. Mais comme souvent souligné, le vrai point final, ce n’est pas point barre d'espacement, c’est point retour chariot, pour rester conforme à l’expression synonyme « point à la ligne ». J’ai lu aussi une explication délirante, comme quoi point barre, c’est  » ! « . Bref. Il semble que point barre vienne soit du Telex, soit des correspondances ministérielles (et plus globalement, administratives). Dans ces deux cas, on avait coutume de terminer un paragraphe ou un texte par « ./ » (point barre oblique) pour, dans le cas du Telex, signifier que le message était bien arrivé à sa fin, sans coupure de transmission (l’équivalent de « terminé » ou « over »), et dans le cas des correspondances ministérielles, éviter que quelqu’un ne rajoute des phrases après. Un peu comme, quand on rédige un chèque, on tire un trait après le texte, pour que l’ordre ne puisse pas être changé de Trésor Public en Trésor Publicité… Voilà donc la vraie explication de cette expression. Point barre.
  • Lecture active. Je suis bien accroché au roman Les Falsificateurs, d’Antoine Bello (Folio, 4727, 2008), et au début du chapitre 13 (id. p. 162), un protagoniste demande « […] pourquoi croit-on à une histoire ? On distingue généralement quatre ressorts essentiels, mais je préfèrerais les entendre de votre bouche […] ». Je me suis surpris à arrêter ma lecture, et à y réfléchir pour trouver mes éléments de réponse, avant de voir ce que le roman donnait comme solutions. J’étais passé d’une lecture passive d’un roman (comme un vase qu’on remplit) à une lecture active (comme un feu qu’on allume). J’aimerais bien écrire un (des) livres qui favorise cette lecture active, avec si possible des injonctions un peu moins simplistes que « arrêtez-vous maintenant de lire, et réfléchissez à telle question, avant d’aller voir les réponses page suivante ».
Publié dans En vrac | 2 commentaires

Anaxabulle

Appelons anaxabulle une figure de style (de rhéthorique ?) où des termes identiques en termes d’assonance permettent de construire plusieurs phrases avec du sens. Oui, je sais, c’est toujours mieux quand on donne un exemple.

– J’ai tout fait : j’étouffais…

– C’est épatant !
– C’était pas tant : c’était patent.

Publié dans Réflexions | 13 commentaires

Feuille d’absence

Comment réagir, face à un étudiant qui est mort ?

Constater d’abord qu’il n’était pas présent à l’examen final, ni au dernier contrôle continu.
Et puis regarder le « trombino », et voir son visage, et se dire « il n’est plus là ».
La feuille de présence atteste de 7 présences, au moins, sur 10 séances. Se dire : lui ai-je parlé ? M’a-t-il parlé ? Et pourquoi je ne me souviens pas de lui, alors que la feuille de présence me dit que nous avons passé au moins 21h ensemble ?
Il y a très longtemps, avant Internet, un étudiant avait publié un article anonyme dans un journal de l’école, disant qu’il avait le sida. Je lui avais répondu par une lettre publiée, ainsi qu’un autre collègue, et aussi l’étudiant en charge du journal. Je lui disais que, depuis que j’avais lu son article, j’avais désormais le « regard qui embrasse ». Une manière de se dire « celui ou celle qui est en face de moi est forcément plus complexe que je ne pense. Je ne vais pas m’arrêter à mes préventions. Je vais essayer d’embrasser tout ce que cette personne peut être. L’aimer, avant coup, et par défaut, avant de la juger. »
Pourquoi est-ce qu’il faut qu’un jeune d’une vingtaine d’années soit fauché par la mort, pour que je me souvienne de tout cela ?

Publié dans Prof | Commentaires fermés sur Feuille d’absence

Bonheur des corrections de copies

« Dans un secteur où l’innovation est forte (ce qui doit probablement être le cas dans le cornichon) »…
[edit du 5/06] « Dans ce projet d’investissement, il ne reste que le personnel comme valeur résiduelle » Commentaire du correcteur : vous comptez le revendre ? [fin d’edit]

Publié dans Prof | Un commentaire

Feeling like The Boss

Pourquoi est-ce que je corrige toujours mes copies en écoutant Bruce Springsteen ?
D’abord parce que ça m’aide à tenir face au paquet de copies.
Mais surtout, parce que tout cela est connecté. L’humain, le monde réel, la vie.
Je suis le Bruce Springsteen de la copie double.

Publié dans Prof | Un commentaire

Hypocrisie sémantique

Plus l’outil / le serveur / la réforme est chiant(e), plus il aura un nom chiadé, pour faire rêver les mamies ou les cadres. Mais les cadres ne rêvent plus, coco, ils pédalent. Alors moi j’en ai marre des Cap 5000, Equilibrance et autres Symphonie pour nommer respectivement une campagne de réduction des coûts, un contrat d’assurance-décès et un serveur de documents juridiques.
Parlons vrai, appelons incha incha.

  • Vous voulez licencier des salariés ?
  • Le Grand Dégraissage
  • Soleil vert
  • Victor le Nettoyeur
  • Dexter
  • Vous voulez vous recentrer sur vos actifs stratégiques ?
  • Grande braderie
  • Napalm et sulfateuse
  • Zen et bombe H
  • Vous voulez conquérir de nouveaux marchés ?
  • Opération pots de vin
  • Boléro et saut de haies
Publié dans Réflexions | Un commentaire

Les mots parasites

Pour ceux qui parlent beaucoup par métier (suivez mon regard) ou ceux qui font des présentations orales (c’est la période des soutenances…), il y a une tendance à rajouter des mot « pour remplir ». Probablement pour se chauffer, ou bien pour se rassurer du débit ronronnant du discours, ou encore pour véhiculer un message (« prêtez attention »). J’ai commencé une mini-liste pendant une insomnie, mais je suis sûr qu’il y en a d’autres :

  • Il faut se rendre à l’évidence,
  • Il ne faut pas se voiler la face
  • Il faut comprendre que
  • … de France et de Navarre…
  • en quelque sorte
  • entre guillemets
  • entre parenthèses
  • jveux dire

D’autres mots parasites ?

Publié dans Réflexions | 13 commentaires

Caillou – Grand écart


J’ai tout fait.
Tout.

J’ai été gentil,
Et j’ai franchi les barrières sombres
Plus d’une fois.

J’ai été compréhensif
Et inhumain.
Ouvert
Et farouche.
Aimant
Et cassant.

J’ai tout fait.
J’ai vu la lumière
Je vois l’ombre.
J’attends demain
Ce soir
Sans attente.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Grand écart

les murs ? Rien…

D’après mon ami Bruno, on est partis dans un mur écologique.
Du genre, on était une Ferrari à 300 à l’heure sur la voie de la consommation gaspillante, et sur les 30 derniers mètres, on a eu une alerte, donc on a pris conscience, mais rapidement, donc on a freiné à mort, résultat, on a percuté le mur à 280 à l’heure. En terme de bilan écologique, c’est clair : le discours officiel est rassurant, mais on s’y est pris trop tard.
Là où Bruno s’arrête, et là où je commence, c’est sur la suite.
(en fait, Bruno et moi avons bâti la suite)
Une Ferrari à 280 à l’heure qui percute un mur, elle ne s’arrête pas là. A cause de l’énergie cinétique, et de choses que je ne connais pas, mais que Bruno détaillera, la Ferrari, cette grosse vache, elle va continuer sa trajectoire de bolide fracassant.
Chance, ou plutôt, malchance, il y a un deuxième mur derrière.
Les puristes auront noté que je dis deuxième, donc ça n’est pas fini.
Bruno et moi n’avons pas le même ordre de percussion des murs, et surtout, le même nombre de murs. Je vous les livre ainsi au fil du clavier.

  • le mur financier, qui va péter grave (ah bon, il a déjà pété ? roh, chsavais pas moi, c’est pas dieu possib, il a pété ? mais que va devenir l’écureuil qui met ses noisettes où qu’il peut ?)
  • le mur économique. J’ai pas tout compris, mais selon Bruno, ça va envoyer, et Internet va disparaître. Vouê. Un grand cataclysme et le terme Big Bang étant déjà copyrighté, on appellera ça Le Syndrome Gutenberg. Y aura plus d’Internet. Tu sais, le truc qui permet de passer du temps sur Fessebouc et touiteur, eh ben voilà, y avait pas de garantie, ça va s’estomper dans les brouillards numériques.
  • Je postule aussi la fin du mur sentimental. La Ferrari aura encore un peu de vélocité, et il restera un mur, certes affaibli, quelques briques qui tiennent encore parce qu’elles sont liées. Et la Ferrari cassera ce dernier mur.

Et il restera quelques briques et une épave, Le tout en fin de course.
Ce sera le moment de reconstruire.
Avis aux amateurs, ceux qui n’ont pas peur des murs qui s’écroulent.
S’il y a des murs à reconstruire, appelez-moi.

Publié dans Réflexions | 2 commentaires

Electrosynchro

Une nouvelle idée de startup.

Pitch :

Encore ce week-end, j’ai rencontré ce specimen féminin : elle ne sait pas faire marcher un camescope, elle oublie de recharger son téléphone mobile, et quand elle emporte son appareil photo compact en vacances, elle a oublié (1) le chargeur (2) de recharger la batterie (3) de vider la carte photo.

Il faut aider ces pauvres bêtes.
Même moi. (moi, c’est dire). Je trouve assez fastidieux de devoir brancher mon Mac pour l’alimenter quand la batterie est en fin de course, de connecter mon téléphone portable à mes 17 ordinateurs pour synchroniser mon agenda et mes contacts, et de mettre le cable USB dans le fion de mon appareil pour récupérer mes photos.

Deliverable :

Il existe déjà dans les cartons un tapis de rechargement : on pose son mobile device dessus (ipod, tél portable, hamster) et celui-ci se recharge par induction, sans branchement de cable. Je propose l’étape suivante : on pose le mobile device sur le tapis (appareil photo numérique, puce RFID, femme) et cela recharge (par induction) et synchronise (par Bluetooth, par plasma, par exemple).

Avant : je rentre, je pose mon Nicon, j’allume le Maque, je lance iPhoto, je connecte le Nicon par USB au Maque, j’allume le Nicon, et je dis « OK, importer ».
Après : je rentre, je pose le Nicon sur le Tapis Giga Virtuel (TGV), et le Nicon synchronise les photos avec le Maque, tout en rechargeant sa batterie.
NB : marche super bien avec l’iPod aussi, et le tél portable, le cahier.

Final word :

Pas de fils à brancher. Pas d’oubli. Un monde où les femmes seront femmes et geeks, sans se rendre compte qu’elles sont geeks. Des millions d’informaticiens boutonneux me worshipperont comme un god.

Publié dans Réflexions | 3 commentaires

Souris, montre toutes tes dents…

Comme je vis une vraie vie d’aventurier et que j’ai toujours refusé de céder à la barbarie, je me suis dit, comme ça : et si je prenais un caramel mou ?
Et parce que la vie est faites d’actions audacieuses, le caramel mou j’ai pris.
Et là, le drame.
Je me dis, « Tiens, dans ce caramel mou, il y a du dur.
Un gros morceau de sucre, probablement ! »

Nan.

A 41 ans, je dois me rendre à l’évidence : il est révolu le temps des caramels mous.
Ma consolation : je vais mettre la dent sous l’oreiller et attendre la petite souris. Parce que si des gosses de 6 ans peuvent récolter, allez, 1 euros en échange d’une dent de lait, le calcul est simple (mais je le détaille en ayant une pensée émue pour mes élèves de 1ère année qui sont en train de fouetter pour l’examen de lundi prochain) : valeur future d’un euro placé pendant 35 ans au taux complètement arbitraire de 6% l’an, mais capitalisé quotidiennement parce que c’est plus fun :
VF = 1 ¬ * (1+ 6%/365)^(35*365) = 8,16 ¬.
Ah.
Compte-tenu des coûts de dentiste, la VAN est négative.

Publié dans Perso | Un commentaire

Caillou – 5 mn


Cinq minutes pour te dire quoi,
Dans ce bruit et ces fâcheux.

Cinq minutes ensemble,
Mais il reste les autres dans ma tête.

Cinq minutes
Où je refuse mon masque habituel.

Il nous faudra beaucoup de fois
Cinq minutes.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – 5 mn

Mise en abyme

De temps en temps, je reçois des mails un peu limite de la part de mes étudiant(e)s. Mes collègues me disent que je suis trop gentil, et que mes étudiant(e)s se permettent trop de choses. Mais là, c’est autre chose : il faut que je me ré-éduque.

Certes, je suis content de voir que je parle bien (…) anglais, et que je sais toujours écrire des sujets percutants qui poussent à lire le mail. Mais quand même, quelle familiarité avec moi-même, ç’en est un peu dérangeant.

Publié dans Informatique et Internet | Commentaires fermés sur Mise en abyme

Ghost in the machine

Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive.
J’envoie un SMS aujourd’hui. La destinataire me dit qu’elle a reçu le texte du SMS + un e-mail. Me traite de locdu, de nolife, d’anti-geek.
Tu me connais, je suis systématique.

  1. je n’ai envoyé que le SMS, et pas le mail
  2. le mail n’est pas dans mon téléphone, j’ai vérifié mon adresse pro, mon gmail, les MMS et SMS : le message n’est stocké nulle part
  3. le mail (car je l’ai retrouvé, je suis systématique) est dans les archives de mon ordinateur, et date du 2 décembre 2008. Savoir comment il se retrouve dans un SMS du 29 avril 2009, c’est autre chose…

La théorie du complot

Dans ces cas-là, je suis prompt à dégainer : c’est la faute de Microsoft. J’ai un ami qui avait envoyé un document Word par mail. Il avait oublié que le document était protégé par mot de passe. Les destinataires ont essayé d’ouvrir le doc avec un éditeur de texte classique. Ils ont eu accès non seulement au texte du document, mais aussi à un autre texte, qui n’avait rien à voir, et qui faisait partie d’un autre fichier de cet ami. Le tout dans un fichier Word censé ne contenir que le texte initial. Big Brother.
Je veux bien aussi blâmer SFR, ça leur fera les pieds. Mais même si j’ai récupéré le mail de décembre sur mon mobile à l’époque (ce dont je ne me souviens plus), ça supposerait qu’ils l’ont gardé en cache sur un serveur, et qu’ils m’ont assaisonné mon SMS du jour avec un vieux mail. Y a des joueurs, chez SFR.

Je le répète, ça n’est pas la première fois que ça m’arrive.
Y en a-t-il parmi vous à qui ça arrive d’avoir un fantôme dans la machine ?

Publié dans Informatique et Internet | 3 commentaires

La course commence au 30ème km…

Voici donc le compte-rendu de mon Marathon de Londres, couru hier.

L’histoire a commencé par de la peur et de l’appréhension. Je le rappelle pour ceux qui ne sont pas familiers de ces pages, notamment la rubrique Courir : sur les 6 marathons que j’ai courus, 4 se sont terminés dans une grande souffrance. Pour des récits détaillés, voyez par exemple ici ou .
Depuis que je cours 2 marathons par an, je vois la différence. Mes marathons d’automne (Berlin, Athènes 1 et 2) sont arrivés après un entraînement d’été, au soleil, et ce sont les deux marathons où je n’ai pas eu trop de difficultés. Par opposition, mes marathons de printemps arrivaient après un entraînement de janvier à mars. Imaginez début janvier, la nuit, le froid, et la nécessité de se motiver pour caler des entraînements. Ajoutez à cela le travail et son stress. J’arrive souvent aux marathons de printemps en ayant eu un entraînement allégé.
C’était donc ma perception vendredi : les mois d’hiver avaient été durs, j’avais sauté des entraînements. Mais à l’opposé, j’étais aiguillonné par une certitude : plus jamais la souffrance des marathons où je finissais détruit, en trottinant péniblement au gré de mes douleurs.
C’est assez comme intro, passons à la course de dimanche.

L’aube

Réveil dimanche matin avant que le réveil ne sonne, Laurent et moi avons préparé toutes nos affaire la veille, mais nous descendons d’abord petit déjeuner. Surprise très agréable : le ciel est bleu, il y a un rayon de soleil. Pour une météo qui annonçait du gris et de la pluie, nous y voyons un signe : à part Berlin, tous les marathons que nous avons courus ont été baignés de soleil. Du thé, du pain complet, du jambon. Retour à la chambre, douche, préparation. La préparation vestimentaire s’apparente à celle du toréador ou du samouraï : plusieurs rituels correspondant au torse, aux pieds, aux parties sensibles, le souci de tous les détails (piles de rechange dans la poche du short, gels au glucose sur l’avant bras, pommade sur les pieds, bracelet avec les temps de passage au poignet, pansements et crème là où ça frotte, casque de baladeur autour du cou…).
Nous nous retrouvons tous dans le hall, départ en métro, il suffit de montrer notre dossard pour que les préposés nous ouvrent les portillons.
Trajet ensemble, à plaisanter en riant un peu jaune, je respire profondément, le stress est là mais je le maintiens à distance à grands coups d’inspirations.

Le départ

Nous arrivons et marchons au soleil avec les milliers d’autres coureurs. Nous débouchons sur une énorme étendue de pelouse, allons déposer nos affaires au vestiaire, puis c’est l’ultime pipi pour ceux qui en avaient besoin, et on se retrouve dans le peloton. 36 000 coureurs qui attendent, ça parle, ça se tait, ça visualise, ça écoute les hélicoptères qui tournent, les haut-parleurs qui crachent leurs encouragements. Le départ a été donné devant, le temps que le mouvement arrive jusqu’à nous, je prends mon premier gel au glucose. Nous marchons, un dernier coup d’oeil, un encouragement, et ça commence à trottiner. Je vois la ligne de départ qui se rapproche, j’ai l’impression de flotter dans une chaussure : je m’arrête sur le bas-côté, je relace la chaussure posément, mieux vaut le faire avant de passer la ligne de départ qui déclenchera mon chrono officiel.
Départ. La foule est très dense, on n’arrive pas à prendre son rythme. Plusieurs fois de suite, le peloton s’arrête et on est obligés de marcher. Frustration : comment se mettre dans le rythme de la course, si on en est réduits à marcher. Mais après quelques arrêts, ça démarre doucement. La voie est étroite, il faut faire attention à ne pas se faire bousculer, le rythme de course n’est pas du tout idéal, tout le monde est ralenti. Un ou deux miles s’écoulent comme ça, on regarde le dos du gars devant, on s’essaie aux zig-zags. Pour ma part, je respire profondément, j’attends le bon moment sans stress.
Peu à peu, le peloton s’étire, et même si la foule de coureurs reste dense, on commence à pouvoir courir. Au bout de 2-3 miles, je suis à mon allure fixée, 5’30 » au kilomètre. Je sais que c’est ambitieux, j’ai vraiment la trouille que ça me fasse exploser en vol vers le km 25 ou 30, mais j’ai décidé ça vendredi soir, je vais tenter cette allure.

Le déroulé

Nous sommes dans une banlieue de petits cottages, le soleil brille, et la foule est déjà amassée sur les côtés, c’est très différent des autres marathons que j’ai courus, où l’on démarrait dans une indifférence totale.
Je découvre l’intérêt de courir en miles : il y en a moins, on n’est pas dans l’impatience de voir le prochain panneau. Nous arrivons bientôt au Mile 3, c’est le moment de prendre mon deuxième gel. Le stand de boissons n’est pas loin derrière, je dilue tout ce sucre sans m’arrêter, tout va bien. Il y a beaucoup de foule, il faut signaler quand on double, c’est dense. Je jette de temps en temps un oeil sur ma montre, histoire de corriger l’allure. Rien de grave : de temps en temps une petite pointe de vitesse, par moments un ralentissement, allez, on n’est pas des machines, je peux tolérer un certain flou autour de l’objectif. On passe les miles 4, puis 5. Je consulte régulièrement mon bracelet de temps de passage : je suis en avance sur l’objectif de 4h (rappel : mon record date de Berlin 2007, 4h18 sur un marathon réputé très plat) mais je sais par expérience que l’enthousiasme du début peut se transformer en souffrance à la fin. Je me cantonne à mes 5’30 » au km, ça durera ce que ça durera. Il y a des ravitaillements en eau tous les miles, c’est trop, je décide de ne boire que tous les 2 miles. Le tout sans m’arrêter.
Il y a des orchestres, des coureurs déguisés, ou des vrais professionnels. Je passe un pompier qui court, un vrai pompier, avec son manteau de cuir épais, son casque d’intervention, sa bouteille d’oxygène attachée dans le dos et – détail qui tue – ses grosses chaussures en cuir, on dirait des chaussures de chantier, pas vraiment ce qui est recommandé pour courir 42 km. Un coureur l’interpelle « You’re not serious ?! » Il répond sans douter « Oh yes I am ! »
Grande ambiance populaire.

La foule

Nous ne sommes jamais seuls. Quel que soit le moment, il y a des vingtaines de personnes de chaque côté, pressées sur plusieurs rangs, pour nous voir passer et nous encourager. Et tout ça à 10h du matin, un dimanche, dans un quartier éloigné de Londres. Que sera le centre ? L’ambiance est en même temps bon enfant et passionnée : la foule interpelle ceux qui avaient leur prénom imprimé sur le T shirt, les spectateurs brandissent leur bière (à 10h du matin…), les orchestres jouent à plein volume. J’arrive au Mile 9, je prends mon troisième gel. Les petites rues sont tortueuses, je lis les dos des T shirts devant moi : quasiment tous courent pour une cause, une charity. Du coup, je me sens à l’aise : avec nos 18 300 € de dons levés uniquement sur ce marathon, nous faisons partie intégrante de
ce mouvement. Le soleil tape, l’asphalte est dur, mais pour l’instant, tout cela fonctionne bien. Je suis toujours en avance sur le programme de 4h, je décide de ne plus regarder mon bracelet, je connais trop bien les effets de l’enthousiasme, et la somme qu’il faudra payer cash après coup, au moment où les forces m’abandonneront.

La moitié

Nous subissons quelques petites côtes, où, conforme à ma stratégie d’Athènes apprise après l’échec cuisant de Turin, je ralentis l’allure. Je me fais doubler sans angoisse, cela m’aide à conserver cette énergie qui me sera indispensable à partir du Km 30. Aux ravitaillements, il faut vraiment être attentif. Certains coureurs passent en force en bousculant. D’autres laissent tomber leur bouteille derrière eux, juste dans les pieds des suivants. Tout est une question de vigilance. Et je sais que la vigilance baissera avec la fatigue.
Je continue à mouliner des gambettes, à l’économie, les pieds rasant le sol, le torse qui ne bouge quasiment pas. Régulièrement, je convoque le Regard Qui Tue, le regard qui fixe l’horizon, et surtout, au-delà de l’horizon, le regard qui dit : bientôt, je serai Là-Bas, et rien ne m’arrêtera. Gel au Mile 12 + eau.
Tower Bridge. Cette vue me remplit de joie, c’est superbe, ce pont suspendu qui nous attend. Certes, ça monte, mais la foule vibrionnante des deux côtés, la Tamise et tous les monuments que l’on aperçoit, font que cette traversée du pont est un grand moment. Il y aurait eu 5 000 spectateurs sur ce pont que cela ne m’étonnerait pas.
Sortie du pont, retour à la vie, retour à la course.
J’approche du Mile 13, presque la moitié du parcours. Je vois un T-shirt « 5marathons » devant, je me rapproche progressivement, c’est Marcin, le copain de Maciej. Je le rejoins, on échange quelques encouragements, puis je continue à avancer. J’arrive au 13, j’attends encore quelques centaines de mètres, jusqu’à être sûr d’avoir passé le semi-marathon, puis je mets mon casque : c’est la seconde partie de la course, ça va se faire en  musique. J’ai une inquiétude : je me sens fatigué des jambes. Au semi-marathon, c’est préoccupant. Le premier morceau que j’entends est Sting, « Brand new day ».
You can turn the clock to zero, honey
I’ll sell the stock, we’ll spend all the money
We’re starting up a brand new day

Face aux champions

A partir du Mile 13, le parcours fait une boucle. Cela signifie que l’on voit, de l’autre côté de l’avenue, ceux qui reviennent de la boucle. Ce sont les rapides, ceux qui vont courir en 2h30. Ils sont peu nombreux, très distants les uns des autres, et – mirage oculaire – ils ne me semblent pas courir plus vite que nous (alors qu’il courent à 20 km/h. Eux.)
Là, on rentre dans le trou noir. Pendant 2 miles (c’est-à-dire très longtemps), je ne vois plus les panneaux de miles, et je ne sais plus où j’en suis. J’attends le prochain panneau pour faire le point, en attendant, je prends les tournants, je surveille mes vis-à-vis, je double ou je ralentis quand il le faut. C’est dingue, on en est au Mile 15, plus de la moitié de la course, et on ne peut toujours pas courir librement, il faut zig-zaguer, éviter, ralentir, passer de côté…
Le poteau arrive enfin : Mile 16, ouf.
Je me rends compte que c’est le moment de prendre mon gel du Mile 16, j’attends le prochain ravitaillement, et hop, c’est fait.
Je zappe toutes les musiques qui me gonflent, ou qui ne sont pas adaptées (Paul Personne, Me laisse pas tout seul, c’est super, mais qu’est-ce que ça fout sur ma playlist de marathon ?), ma vitesse tombe souvent à 5’40 » au km, je respire, je consulte ma fréquence cardiaque : comme je l’ai souvent observé, il suffit que je me focalise sur ma respiration pour faire redescendre mes battements de coeur. Émotif que je suis.

« La course commence au Km 30 »

On arrive au Mile 19. Celui-là, je l’attendais plus que le semi-marathon. Car comme dit Pierre Couvreur, notre gourou, l’homme aux 40 marathons, le record à 2h42, « La course commence au 30ème km ». Par là, il ne veut pas dire qu’avant le 30ème, on n’a rien fait. Il veut juste souligner que c’est là que ça va devenir sérieux, et difficile.
Je prends mon gel du Mile 19, je respire, je reviens à 5’30 », j’écoute Eric Clapton, je fixe un regard au laser sur l’horizon, putain, va pas falloir me faire chier, je suis là pour aller jusqu’au bout, et sans mollir.
La foule est partout. J’écoute ma musique à fort volume, mais j’entends bien les acclamations : la foule est une vraie foule de supporters, c’est un vrai plaisir de courir au milieu de ces personnes qui rendent vraiment hommage à notre effort. Plusieurs fois, je me détache du milieu de la route et je cours le long des barrières en tendant la main : tous les enfants tendent la main pour je tape dedans, ça me booste, je finis régulièrement à 5’00 au km, jusqu’à ce que je me calme en me disant que je ne vais pas arriver à tenir ce rythme jusqu’au bout, et je ralentis.
Et puis arrive le morceau de musique.
A Berlin, je me souviens, ça avait été Men in black, j’avais commencé à doubler tout le monde en zig-zaguant.
Là c’est Why Aye Man (Mark Knopfler). Le morceau démarre avec son intro et ses premiers couplets un peu soft, on sent bien qu’on attend l’implosion. Et puis le refrain. Bon sang, là je démarre au quart de tour, je me mets à accélérer, mes semelles sont sur un coussin d’air, je pulse comme un vent du Colorado.
Je crois que je reverrai toujours cette avenue du Mile 20, et la foule, le soleil et les ombres, et Why Aye Man dans les oreilles.
Mais tout à une fin, et un autre morceau passe (je le zappe) puis un autre (je le zappe) et Clapton à nouveau.

La jonction

La boucle se termine, je repasse de l’autre côté, et comme tout à l’heure je voyais les rapides qui couraient en 2h30, je suis désormais à leur place et je vois en face tous ceux qui sont derrière moi (8 miles derrière…), il y a des vieux, des jeunes, des marcheurs, des gros, des grands, des femmes, des déguisés, et je me dis « mais comment vont-ils faire, quelle horreur » et je continue à courir, je repense juste à Hemingway :

« Qu’est-ce que je raconte ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson. »
(Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway, 1952).

La famille de Laurent et la mienne nous attendent « au Mile 24, mais regardez à partir du Mile 22 ». Alors je regarde. Je passe des milliers de visages, rivé sur le côté droit, en me disant « je vais les rater, c’est pas possible, dans toute cette foule, c’est impossible de reconnaître quelqu’un. » Je prends l’avant-dernier gel, celui qui contient des excréments d’abeille et de la poudre du Sahara, et je continue à courir. C’est la première fois que je me suis arrêté pour marcher, prendre mon gel et boire de l’eau. Nous traversons de longs tunnels d’obscurité, la foule est éblouissante quand on ressort, et toujours la musique dans mes oreilles.
Mile 23. Je n’arrête pas de regarder la foule du côté droit, il y a trop de monde, trop de bruit.
Mile 24. Je n’ai vu personne. Je passe dans un long tunnel sombre. Je me dis « S’ils sont devant, je ferais mieux d’arrêter la musique ». J’enlève mon casque et
je me baigne dans les bruits de la foule. 300 m plus loin, je sors du tunnel, un peu ivre, un peu ébloui. Je continue vers la barrière devant moi. J’entends « Christophe ! » Je me retourne et là, à la perpendiculaire, dans un renfoncement que je n’avais pas vu, ma famille, celle de Laurent, avec des drapeaux, des T shirts. On a fait la jonction. Je vais tous les embrasser, et eux me disent « Mais vas-y, continue à courir, vas-y ». Alors j’y vais, j’y retourne, il reste juste… 2 miles.

When we were Kings

Nous courons le long de la Tamise. En face, loin, Westminster. La foule, toujours amassée contre les barrières, nous encourage avec un enthousiasme que je n’ai vu qu’à Madrid. Mais là, il y a dix fois plus de monde.
Cela fait longtemps que j’ai abandonné ma vitesse de croisière de 5’30 ». Je suis à 6’00, souvent 6’30 » au km. Mais il suffit d’une chanson, ou d’un détour par les barrière pour taper dans des mains, pour que j’accélère à nouveau à 5’40 », voire 5’30 » au km. Ce n’est plus très important : je me donne à fond dans cette course, mais je profite aussi. Je sais, je sens, que je suis en dessous des 4h. Je veux juste maintenir cet avantage, mais pas au point d’exploser et de ne plus pouvoir finir.
Mile 25. Je passe devant Westminster, les arbres sont verdoyants, la foule fait du bruit, la chaleur est omniprésente, il y a des portions de parcours qui ne font pas plus de 3 mètres de large, et nous passons tous, en sueur, épuisés, moulinant inlassablement le même rythme de nos jambes fatiguées. Je prends mon dernier gel, celui qui est un coup de fouet, qui contient de l’uranium enrichi, du venin de scorpion, de la poussière d’étoiles. Plus besoin de ravitaillement en eau, ça ne sert plus à rien à ce niveau de la course, je continue à travailler des jambes, je pousse le volume de ma musique, zappant impitoyablement tous les morceaux trop mous. Et puis arrive ce morceau, en même temps très classique et toujours plein de souffle. Je monte le volume à nouveau, et j’accélère.
Mile 26. Je ne le vois pas, car il n’est pas indiqué. Mais je vois d’abord un panneau qui dit « 400 m ». Je vais taper dans des mains, les spectateurs ont l’air aussi fatigués que moi, j’ai du mal à obtenir des mains qui se tendent, mais j’en ai besoin. Et puis je vois un panneau, juste avant une arche d’acier. 385 yards. ça veut dire que l’arche est au Mile 26. Je passe sous l’arche, je tourne à droite, et là :
Au loin, très loin, trois arches jaunes, avec le chronomètre officiel. Je vois 03h58’49 » et je commence à accélérer. Je sais que j’ai passé la ligne avec du retard sur le chrono officiel, donc mon temps réel est en-dessous de ce qui est affiché. Mais 385 yards, c’est long, surtout après 42 km. Je sens que je ne peux pas sprinter sur la distance. Je régule. Je me déporte sur la gauche et je vais taper dans des mains . Puis je me recentre, allez, encore quelques foulées, et je passe la ligne. Pas du tout comme Athènes, et j’étais arrivé en criant mon cri de guerre. Mais finalement, une fin de course à l’image de cette ville : j’ai fini en tapant dans les mains de ceux qui m’avaient soutenu sur toute la course.

3 heure 54 minutes 46 secondes.
23 minutes de mieux que mon meilleur temps (Berlin, septembre 2007, 4h18).
Mon 7ème marathon.
Mon 3ème marathon sans « mur », sans effondrement, sans souffrance terribles. J’apprends, peu à peu.

Et surtout, la chose la plus importante : 19 000 euros de dons récoltés pour la recherche génétique sur le syndrome de Williams-Beuren.
19 000 euros. Je sais pourquoi je cours.
Merci à tous.

PS : et que s’est-il passé dimanche soir ?
Tonight we’ll drink the old town dry
Keep our spirit levels high
Mark Knopfler, Why Aye Man

PPS : pour les vrais aficionados, il y a 3 versions différentes de Why aye man dans ce thibillet.

Publié dans Courir | 4 commentaires

London Baby

Athenes Pour préparer le Marathon de Londres, je reprends ma check-list du Marathon d’Athènes et je l’améliore. Je vais modifier ce thibillet en live jusqu’à mon départ (vers 19h30 ?) [edit] 20h04 en fait. I’m gone, baby, gone.[edit]

Avant de partir pour Londres :

  • Billets de train, coordonnées de l’hôtel – check
  • Passeport – check
  • Mouchoirs en papiers – check
  • Playlist pour le lecteur MP3 – pas changée
  • Téléphone rechargé – check
  • Boules quiès pour l’hôtel + masque – check
  • Ibuprofène + huile de massage à l’arnica – check
  • Citrate de bétaïne pour digérer la choucroute de la veille au soir – check
  • Mon carnet de notes et de croquis – check
  • Copies à corriger
  • Mon carnet de pouèmes – nan
  • Mon journal – check
  • Sunglasses – nan
  • carte européenne d’assurance-maladie – check
  • recommander mon âme à Dieu – plus tard, coco…
  • prendre le petit coeur en bois que je n’emporte pas assez souvent – check
  • Faire un dernier point sur les donations et poster sur www.5 marathons.com
  • Prévenir sur www.5 marathons.com que silence radio entre ce soir et lundi soir

Nécessaire pour le jour de la course :

  • Réveil matin – check (en fait, c’est ma montre cardio-fréquencemètre)
  • Faire des courses (alimentaires) à Londres pour petit-déjeuner
  • Short moule-à-gaufres – check
  • T-shirt respirant bleu-du-site-web aux couleurs de l’école (et propre!) – check
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) – check
  • Brassard pour mettre les gels pendant la course – check
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons !! – check
  • Crème pour les pieds et les parties délicates (Nok) – check
  • 8 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 miles 3 ; 5,6 ; 7,43 ; 8,931 ; ah merde avec ce système à la con !!! – check
  • 4 épingles de sureté pour le dossard – check
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre – check
  • Lecteur MP3 + écouteurs Sennheiser qui vont bien ! – check
  • piles chargées – check
  • Sac poubelle pour m’enrober avant la course (super pour la motivation, « je suis une ordure, un résidu, un déchet »), éventuellement vêtements pour la pluie – check : mieux que ça : couverture de survie
  • Vêtements + petit sac à laisser au vestiaire, pour la caillante avant le départ – check, prévu par les organisateurs

Conseils pour avant la course :

  • Boire beaucoup (de l’eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) – thé vert, thé rouge Rooibos, eau, pastis sans alcool 🙁
  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d’autres sucres lents) – check
  • Faire le régime dissocié scandinave – check
  • Ne pas boire d’alcool (quelques semaines avant ?) – 15 jours – check
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – neverending, ça va chauffer dans l’Eurostar demain
  • Jeter un oeil au relief de la course, et réfléchir – check, et à suivre
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – pas encore totalement fixé
  • Me coucher avec un bon livre sur le Zen, ou des poésies – mathieu ricard +  jean-claude izzo + haruki murakami
  • Bien dormir – check
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant

Retour lundi soir tard. Pas sûr d’avoir de la connexion pendant le WE.

Publié dans Courir | 5 commentaires

Joe La Pasta

L’autre jour, j’entendais un analyste dire que sur certains titres boursiers, il fallait bourrer la cabane.

Voilà une expression qui me plaît bien, tiens, « bourrer la cabane ».

Alors voyons : 500 g de spaghettis secs, ça fait… ah ouais, je me suis enfilé 1,5 kg de pâtes cuites. Tu m’étonnes que j’en sois à prendre une tisane maintenant. Et après avoir bossé un peu, hop, je vais me boire mes nouilles liquides (mon sperm bull, comme disent mes amis (?) coureurs) dont l’étiquette me précise obligeamment que 150 g de poudre blanche diluée dans 1 litre d’eau et ingurgitée progressivement, c’est l’équivalent de 650 g de pâtes.

Bourrer la cabane…

Publié dans Courir | Un commentaire

2h plus tard…

Back home.

Publié dans Courir | Commentaires fermés sur 2h plus tard…

Usine à glycogène

Voilà, je vais clôturer la première phase de mon Régime Dissocié Scandinave. Depuis 15 jours, je ne bois plus d’alcool, et depuis lundi, je n’ai mangé que des protéines (jambon, poulet), du gras (fromage) et des légumes verts (courgettes, haricots verts). Pas un seul gramme de sucres lents (pain, pâtes, patates, pâte à tarte…). Normalement, mon foie et mes muscles ne doivent plus contenir beaucoup de glycogène (le carburant du sportif), et je m’en vais aller faire un ultime vidage en trottinant 40 mn pour brûler ce qui reste d’énergie.
Puis je passerai à la phase agréable de ce régime : un méga-gavage de pâtes à midi (1 kg ou plus) avec du pain complet, yeah, le tout histoire de saturer le foie qui va être en manque pendant les prochaines 8h. Si cette phase se passe comme prévu, je vais tripler la quantité de glycogène stockée dans le foie et les muscles… et retarder ainsi le fameux Mur des 30 km, dont j’ai souffert dans 4 marathons sur 6.
Ce régime (détaillé ici, par exemple) est réputé pour être dur (la première partie, surtout), et plusieurs personnes s’en plaignent sur les forums de course à pied. Les reproches sont « les 3 premiers jours étaient trop durs à tenir ». Cela m’étonne un peu, sachant que ce n’est pas la mort, et que courir 42 km, c’est autrement plus douloureux…
Allez, je m’en vais aller vider les réserves, avant de me gaver. Si vous n’avez pas de nouvelles dans les 2h, c’est que je suis mort d’hypoglycémie quelque part le long de la Seine. (Mais ça m’étonnerait, parce que je ne peux pas mourir).

Publié dans Courir | Commentaires fermés sur Usine à glycogène

5 marathons.com – site mis à jour

Ce soir, j’y ai encore travaillé, et le site 5 marathons.com commence enfin à ressembler à quelque chose.
Dynamisé par le don vespéral d’une sautillante créature elfique, je vous encourage, que dis-je, je vous exhorte à faire des tas d’économies d’impôts en donnant pour l’association Autour des Williams, qui est notre cause, notre graal, pour le Marathon de Londres, 26 avril 2009, 4ème étape de nos 5 marathons sur les 5 campus européens de notre école. Ecole qui vient de changer de nom, d’ailleurs. Bref, cliquez ci-dessous, sortez la carte de crédit, et bénéficiez très rapidement de merveilleuses économies d’impôts !

Pour voir le widget Aiderdonner, vous devez installer le plugin Flash :

Télécharger le plugin Flash

Vous pouvez aussi accéder directement à la page de collecte

Publié dans Blog | Commentaires fermés sur 5 marathons.com – site mis à jour

Donjon et biftons

Je n’étais pas au top de mon humeur baguenaudeuse, là, et c’est un euphémisme, mais l’ami Boulet me sauve avec une proposition marketing qui m’ a fait rire (il était temps), pour changer nos relations avec les banques. Alors achetez ses albums, pour combler son découvert de -XXXX.

Publié dans Hahaha | Commentaires fermés sur Donjon et biftons

En vrac – Fumée sur les braises, pensées dans la nuit

Conversation samedi soir avec Sardar, en surveillant le barbecue.

  • Le Soufisme. Discipline, pensée, philosophie. Zoroastre, et les pensées du bouddhisme qui sont liées.
  • Frank Herbert. Dune et les Zensunni. Il a réalisé un syncrétisme de pensées. Néo dans Matrix n’en est pas loin. En résumé : les objets ne sont qu’une apparence, si on les prend comme tels, on devient esclave. Ce n’est pas exactement « there is no spoon », c’est « the spoon is not a spoon ».
  • J’aimerais bien écouter à nouveau de la musique Gnawa.
  • Il faut que je rachète la saga de Gilgamesh, que Sardar m’avait prêtée, et qui est un livre fondateur.
  • Le bouddhisme est imbitable. Essayer de faire simple, pour expliquer ce que je comprends du bouddhisme, en tant qu’occidental. C’est pas donné.
  • Les Koan sont des énigmes dont la réponse est toujours personnelle. Celle qui fait résonner ta personnalité, celle qui te satisfait.
  • Selon Sardar, La vie sexuelle de Catherine M. est un traité mystique. Donner sans recevoir.
  • Quand tu fais preuve de compassion, et qu’il n’y a pas de réponse (en clair, en langage d’occidental : et que tu te fais entuber), montre qui tu es. Moi, j’avais compris par « montre qui tu es » : venge-toi. Les autres m’ont dit : mais non, c’est : défends ta place. Et moi, je comprends finalement : ce n’est pas une question de place. Défends tes idées. Quand tu fais preuve de compassion, et que tu n’es pas compris, explique. Si tu es volé, explique. Si tu es bafoué, explique.
  • Suites pour violoncelle de Bach, par Rostropovitch. Variations Goldberg par Glen Gould.
Publié dans En vrac | 5 commentaires

Caillou – Danaé


La nuit dernière
Trois petites filles face au cerisier
Enneigées de pétales qui tombent dans la brise.
Voilà le printemps.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Danaé

En vrac

  • La progression dans la rencontre amoureuse. On se donne son prénom, première étape. Puis son numéro de mobile (étape importante !) Puis son adresse (avec le code et l’étage !) Quand tu as le code, tu y es. (non, c’est pas vrai, c’est quand tu as un double de la clé…)
  • Un couple, jeune, beau, habillé tout en noir (normal, jeune, beau, bobo), marche dans la rue. Elle lui parle, et elle le regarde souvent de biais, pour appuyer ses propos. Elle quête une approbation. Et lui, il répond, par monosyllabes, les yeux fixés devant lui, sans jamais la regarder.
Publié dans En vrac | Commentaires fermés sur En vrac

Caillou – Effeuillés

Au moment du décompte final
Je n’aurai probablement pas lu
Les bons livres.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Effeuillés

Caillou – Lemming


C’est souvent au printemps
Que je fais des conneries.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Lemming

Anti-spam ultime

Je consulte une solution proposée par Benoit Descary. Il s’agit de masquer son adresse e-mail sur les sites internet, en la remplaçant par un lien. L’internaute intéressé pourra cliquer sur le lien, remplir le code visuel affiché à l’écran, et accéder ainsi à l’adresse mail.
C’est génial.
Sauf que.

  • De plus en plus de spammeurs recourent à des êtres humains pour contourner ces difficultés. Et qu’une fois que le spammeur a tapé une fois votre code, il a votre adresse e-mail à vie.
  • On en vient à la logique de l’obus et de la cuirasse : pour éviter d’être spammé (ce qui consomme, allez, 10 mn par jour à tout lecteur de mail), on impose des contraintes à tous les internautes : tu veux mon adresse, remplis le champs indiqué, clique les conditions générales de service, OK, tu vas recevoir un mail, il faudra cliquer sur le lien, tu n’auras à le faire qu’une fois si tout se passe bien…
  1. Mon idée, c’est que, quel que soit le moyen trouvé, le spammeur trouvera encore mieux parce qu’il est humain.
  2. Ma deuxième idée, c’est que l’on conçoit des solutions techniques (captcha, validation par e-mail) qui rebutent 90% des internautes. Bref, pour se protéger des spammeurs, on abandonne en chemin 90% des internautes.
  3. Ma troisième idée, et conclusion, ce serait de partir de la proposition paradoxale. Réfuter l’idée que « l’humain est plus intelligent que la machine » (ergo, on va concevoir des trucs que seul l’humain peut comprendre), mais aller en sens inverse : postuler que l’humain est plus con que la machine, et que 90% des internautes ne comprennent rien… et ne cherchent pas à comprendre les arcanes d’un truc qui est censé leur faire gagner du temps.

Reste à inventer l’anti-spam bête comme chou. Ne serait-ce pas, tout simplement, de dire : « dès que vous recevez un spam, mettez-le à la poubelle » ?

Publié dans Informatique et Internet | Un commentaire

Mécanique quantoc

Mon ordi est un peu mou du genou. Je me dis que c’est un problème de base de registre, oulala, il suffit de désencrasser, ça va relancer le ventilateur, bien sûr. Je lance RegCleaner, et je me retrouve face à une liste de wazmille programmes en me demandant lequel j’ai le droit de virer sans compromettre la stabilité toute relative de mon PéCé.

Avant, il y avait les peugeot mécaniques. Dans le moteur, il y avait un carbu, des tuyaux, un ventilo, un radiateur. Bon, il y avait aussi des trucs compliqués, genre les vis platinées, mais avec une clé à bougies, déjà, on pouvait aller voir (je dis ça, tu me verrais simplement face à ma chaudière… Mais passons, dans le monde cyber, je prétends que je suis ce que je veux).

Et puis après, il y a eu l’électronique. Le circuit électronique, le démarreur électronique, l’électronique qui gérait l’électronique.

Alors là, tu peux plus rien faire : s’il y a un truc qui lâche, ça ne sert plus à rien de mettre les doigts dans le cambouis, de ramper sous la voiture, de dévisser amoureusement les vis cruciformes. Même le garagiste est devenu un clône de Robocop : « Y a un truc qui marche pas ? Bon, on change toute la carte-mère, on va pas s’embêter à faire deux soudures ».
L’informatique, c’est un peu ça : quand l’ordi ralentit, il ne reste plus qu’à tout réinstaller, parce que tout est dans tout. Version moderne du grand ménage de printemps.
A noter dans mes to-do listes : chaque année au printemps, donner des livres, donner des vêtements, reformater tous les disques durs et réinstaller les systèmes d’exploitation.

Renaissance informatique.
Je suis une chenille dont le cocon est formaté en FAT 32.

Publié dans Informatique et Internet | 4 commentaires

Something inside of me keeps on telling me to run (run, run)

C’est le 900ème thibillet. J’étais en train d’écrire un truc sur la Peugeot 104, et je me suis dit « ça doit être le 900ème ». C’est.
Donc la peugeot 104 attendra.
Pour mémoire, j’ai déjà procédé à 8 rapports d’étape, à chaque thibillet centenaire (précédents thibillets centenaires : 100, 200, 300, 400, 500, 600, 700, 800).

Je vous avoue que je suis pris par surprise. Je ne veux pas qu’un thibillet centenaire traite de la Peugeot 104, d’un autre côté, c’est encore un peu tôt pour parler du bouddhisme et de dieu.
Alors je trouve un moyen terme satisfaisant.
Sachant que je ne suis pas allé courir ce matin (ouuuhh, ouuuuh !) alors que j’aurais dû, je vais me rattraper en publiant ma playlist.

Pitch : que quand tu cours, c’est mieux si tu as de la musique dans les oreilles de ta tête.
Mais : que la musique que tu crois qu’elle est bonne, sur la route, elle peut se révéler molle. Oui.
Mais du Mais : à l’inverse, que la musique que tu y avais jamais fait attention, elle peut être bonne. Et pas molle. Comme dit Jean-Jacques Goldman : « quand la musique est molle ! (molle, molle, molle…) »

Déliverable : j’aimerais que les coureurs/reuzes qui me lisent agrémentent mes commentaires de leurs morceaux à courir, ça me motivera pour récupérer ces morceaux et acheter un nouveau walkman MP3 (mon MuVo Creative m’a toujours donné satisfaction, mais il culmine à 512 MB…), bref, relancer la consommation. Prenons ce thibillet comme une bourse d’échange de commentaires sur les musiques que tu les écoutes et tes orteils ils râclent déjà le bitume.

Playlist (sans ordre) – 100 morceaux :

Publié dans Courir | Commentaires fermés sur Something inside of me keeps on telling me to run (run, run)

Syntex

Sur cinq mots qu’on veut écrire, en retirer trois.
Cinq mots écrire, retirer trois.
Mots écrire retirer.
Ecrire.

Publié dans Réflexions | 2 commentaires

PhraseBook

J’étais sur FaceBouc, j’ai quitté, j’y suis revenu.
Avec la même interrogation : mais que fait-on d’un truc comme ça ?
Pendant longtemps, j’ai fait comme tout le monde : j’ai décrit mes états d’âme (« Christophe est Champagne ! » ; « Christophe meurt silencieusement » ; …). Jusqu’au moment de la prise de conscience.
Dans FaceBouc, la petite case qui invite à mettre un commentaire du moment, ce n’est pas une demande d’état d’esprit, c’est un défi à la créativité foutraque, une exhortation à l’écriture automatique. Et je constate que je ne suis pas le seul à m’y être mis. Ci-dessous, ma sélection.

Moi

  • Christophe  a la PATATE ! Une vraie, grosse, bonne PATATE des familles ! C’est bon d’avoir la PATATE (dans son assiette).
  • Christophe n’a pas que des bons cotés. Il a aussi des actions, des obligations et des trackers cotés.
  • Christophe voudrait quand même savoir ce qu’il y a derrière le vide. Juste pour frimer en société.
  • Christophe n’aimerait pas être un glyptodon, ou un dinosaure herbivore, aujourd’hui.
  • Christophe aimerait comprendre comment cette chaussette (sale) est arrivée sur son paquet de copies, dans son bureau. Un porc unijambiste ?
  • Christophe va arrêter de manger des nouilles au petit déjeuner, pour être solidaire avec les épis de blé non OGM.
  • Christophe est liquéfié, il y a du neurone sous le bureau, le cerveau a coulé par les oreilles (et ça schlingue).
  • Christophe sent des ailes de chauve-souris qui lui poussent sous lecrâne. La métamorphose est proche.
  • Christophe n’aurait pas dû prendre un banana split au petit déjeuner. Soif.
  • Christophe n’a plus jamais entendu parler de François et Julie, qui présentaient l’ÃŽle aux enfants.
  • Christophe Les latins ne connaissaient pas le K, et utilisaient peu (voire pas) le H. Le U était équivalent du V. Donc pour les latins, le Calva, c’était comme le Kahlua ?
  • Christophe aimerait avoir une limande empaillée comme dessous de plat.
  • Christophe L’anglais est sanguinaire ; le français est câlin. La preuve, il parle de « Bullet points » quand on parle de « Liste à puces ». C’est mignon, liste à puces.
  • Christophe Pourquoi n’y a-t-il plus de mirlitons dans les fanfares ? Militons pour le mirliton !
  • Christophe  aimerait bien avoir ces plaques osseuses sur le dos, comme les glyptodons, pour éviter le frottement de la cravate.
  • Christophe Est-ce qu’on peut mettre du mascara sur des cils vibratiles ?
  • Christophe se mettrait bien à chanter sous la douche, mais la douche est prise, tant pis, va aller chanter dans le frigo du bas.
  • Christophe ne pense pas que le soleil brille. Tout ça, c’est une machination, c’est comme l’alunissage de Louis Armstrong.
  • Christophe a failli être touché par une gouttière qui tombait. Se demande qui l’a lancée. Est de nouveau prêt à envisager l’existence d’un dieu. (Musclé et rancunier).
  • Christophe sourit. Il a confiance. Il est Alain Delon.
  • Christophe n’a toujours pas compris la différence entre prendre un rteau et rouler une pelle.
  • Christophe pense que le cigare, c’est juste un truc pour ceux qui jouent au poker.
  • Christophe « Ensemble nous vainquerons le Sarkozisme », c’est un beau groupe FB, car il crée le verbe Vainquer.
  • Christophe Ce qui est bizarre, quand même, c’est qu’on aie 5 doigts de pieds. Enfin, 10 (quand on a que deux pieds).
  • Christophe joue au poker avec une extraterrestre (pb de tenir ses cartes avec les tentacules)

Adrien

  • Adrien prévient. Il n’aura jamais trente ans, administration Française ou pas.
  • Adrien vient de tuer un croco ; alors si vous voulez travailler d’égal à égal, il va falloir vous y mettre.
  • Adrien vous demande de ne pas oublier F.R David
  • Adrien essaie de comprendre pourquoi « descendre à la cave » est une tâche masculine
  • Adrien pense que Mort Shuman est une solution crédible à la crise

Vincent

  • Vincent « I’m not great on names, I should be, I try. Faces I’m definitely better, faces I’m like a B, B minus. Where I’m good, where I really excel is people I’ve screwd. that’s been a traditional area of strength for me »
  • Vincent « Sometimes the hardest thing is to know which bridge to cross, and which one to burn. I’m the one you burn. »
  • Vincent « d’aucun ont des aventures. Je suis une aventure »
  • Vincent Aujourd’hui, je faisais l’amour avec mon copain. Quand nous avons changé de position, il a crié : « Transformation Power Rangers ! »
Publié dans Informatique et Internet | Un commentaire

Narcose

J’ai toujours été fasciné, ou un peu angoissé, par l’instant de l’endormissement.
Il y a 20 ans et quelques, j’avais lu des récits de Lovecraft, dont une nouvelle qui s’appelait Hypnos. En épigraphe, elle avait cette citation de Baudelaire que je cite de mémoire « à propos du sommeil, aventure de tous les jours, on peut dire que la majorité de la population va s’endormir chaque soir avec une insouciance qui ne peut être expliquée que par l’ignorance du danger ».
L’endormissement, pour moi, c’est un moment très particulier, très subtil, la superposition de deux états (veille / sommeil) dans un équilibre instable.
Pour moi, l’endormissement correspond à deux phénomènes, deux idées que je souhaite partager.

  • Le premier phénomène, c’est que l’endormissement est un état de pur abandon, dans lequel on est en vulnérabilité totale. En effet, quand on est éveillé, on a nos barrières bien relevées, nos boucliers ajustés, le monde extérieur peut nous agresser, nous avons de quoi répondre. Nous sommes en état de veille, au sens guerrier du terme. Quand nous sommes profondément endormis, ces boucliers du réel ont été remplacés par une autre chape protectrice, celle du sommeil profond : nous sommes aveugles et sourds au sollicitations, et il faut de l’insistance pour que nous nous réveillions, péniblement, et lentement. Mais entre ces deux moments de protection, celui de la journée avec ses boucliers qui reflètent le soleil, celui de la nuit avec son couvercle de lune, il y a le crépuscule : l’endormissement. Le moment où, peu à peu détendus, nous baissons nos barrières. C’est un glissement insensible, certains ont une ultime détente des nerfs, un sursaut, qui signale la baisse des boucliers. Pendant quelques minutes, nous sommes totalement vulnérables. Pour preuve : tous ceux qui, sous prétexte d’une bonne blague, nous surprennent à ce moment-là. Qu’ils puissent tous rôtir en enfer, pour la peur pure qu’ils nous infligent. Attaquer quelqu’un pendant son endormissement, c’est criminel, c’est dangereux, c’est le reflet d’une méchanceté telle qu’elle ne peut être que le produit d’un manque d’imagination.
  • Le deuxième phénomène, c’est l’esprit en roue libre. On se couche à deux, on se détend, on papote, et puis, peu à peu, l’endormissement surgit. Mais le cerveau continue la conversation, avec ses propres termes, dans notre tête. Et il m’arrive souvent de répondre à voix haute, en fonction de mon cinéma intérieur. Cela donne des choses du genre : (conversation normale) « tu sais, je pense que… » « ah oui, je suis d’accord, d’ailleurs ça me rappelle… » puis (endormissement progressif) puis silence (cerveau en roue libre) et soudain « Non parce que les lapins, ils vont manger des nouilles ! » ‘Quoi, qu’est-ce que tu dis ?! » « Mmrrfff, euh non, rien, excuse… » puis (endormissement progressif) puis silence (cerveau en roue libre) et soudain « Je ne peux pas enlever mes nageoires, merde ! » « Euh, ça va ? » « Moui, moui, pardon… » (endormissement définitif).
Publié dans Réflexions | Commentaires fermés sur Narcose

Phinance et Filosophie

Lu dans une copie de MBA Exec : « En clair, le business de la bière semble présenter plus de risques que celui, bien immuable, de la mort ». Superbe, ça méritait bien que je ne le plante pas…
[edit] Je sens que cela va être un florilège…
« Il y aura toujours des morts… quel déterminisme en économie ! »
« La solution ‘solo’ est la plus avantageuse. Elle permet d’économiser 25 euros, soit quelques bières. »
« La mort est une valeur sûre qui ne se contrôle pas »

Publié dans Prof | 3 commentaires

Caillou – Je n’ai plus la patience


Tu étais adorable, et j’étais enflammé
Tant de nouveauté, et de réactivité,
Tu percutais à chacun de mes actes
Et je me disais « Whoa ! »

Tu avais l’attrait de la nouveauté
Il y en avait eu d’autres avant toi
Mais tu étais juste… la perfection.

Je me souviens encore de notre complicité
Tu étais juste une partie de mon corps
Et je sais que tu en as tiré du plaisir, aussi.

Mais maintenant tu rames.
Je n’ai plus la patience, je veux que tu me délivres
Ce que je veux
Quand je le veux.
Et de plus en plus souvent
Tu ronfles.

Je veux que tu me délivres.

Je vais te reformater
Ou te recycler
Tu sais, il y a des nouveaux modèles
Moins cher
Qui ne demandent pas autant de préliminaires avant de booter.
Je suis juste fatigué de toi.
Excuse-moi.

Publié dans Caillou | Commentaires fermés sur Caillou – Je n’ai plus la patience

FB ou l’autorécursivité du commentaire

Bonjour, je m’appelle Christophe et je suis inscrit sur Facebook.
(bonjour Christophe, bonjour Christophe, disent les Facebookeurs anonymes de mon groupe de thérapie)

Ce truc-là, c’est de la vérole.
Mais le pire (ou le mieux, tout est dans tout, et moi je suis là où tu peux même pas imaginer), ce sont les commentaires. Parce qu’il y a eu plusieurs phases.

  • Avant, dans le monde réel, tu te faisais un porridge. Tu le mangeais (oulà, c’est chaud !), tu le finissais (tiens, c’est un peu gluant) et tu lavais le bol (ou pas).
  • Puis, avec Facebook, tu as pu : (1) faire un porridge (acte réel, monde réel) ; (2) poster un commentaire : « là, je FAIS un PORRIDGE » (acte réel, monde virtuel).
  • Aujourd’hui, il y a les vicieux qui vont plus loin : (1) tu fais un porridge (mais ça devient accessoire, du genre, tu le fais plus parce que t’en avais envie, tu le fais pour servir de pitch à ton accroche facebook) : (2) tu postes « là, je FAIS un PORRIDGE » ; (3) Tu postes « Là je mange le porridge (ouh, c’est chaud !) » ; (4) tu postes « Là je finis le porridge, c’est un peu gluant, har har » ; (5) tu postes « Fini le porridge, pas sûr que je vais laver le bol ! »
  • Enfin, il y a le vicieux ultime (bonjour, je m’appelle Christophe et je suis inscrit sur facebook) qui va aller plus loin. (1) tu fais un porridge (en fait, tu le fais pas, parce que tout le monde te regarde sur facebook, mais personne ne te voit dans ta cuisine, si ça se trouve, tu es au bar du Lutétia)(absence d’acte réel, monde réel) : (2) tu postes « là, je FAIS un PORRIDGE » (acte virtuel, monde virtuel) ; (3) Tu postes « Là, j’écris que j’ai fait un porridge » (actel virtuel, monde virtuel) ; (4) tu postes « En l’absence de commentaire, je mange le porridge (ouh, c’est chaud !) » (alors qu’en fait tu bois un GinTo) (absence d’acte réel, acte virtuel, monde virtuel) ; (5) tu postes « Là je viens d’écrire que je mangeais le porridge et que c’était chaud » (acte virtuel, monde virtuel) ; (6) Tu postes « là je viens d’écrire que je venais d’écrire que je mangeais un GinTo ».

C’est dire que tu n’es pas près de laver le bol (ou le verre du GinTo).

Publié dans Réflexions | Un commentaire

Neunoeuf

(l’engueulade du début de la vidéo sonne bien, mais la scène qui nous intéresse commence à 01mn28).

Donc j’ai bu des oeufs crus, parce que Rocky boit des oeufs crus (à 01mn28). J’oubliais que Rocky court en Converse (à 02mn11), et ça, je sais que c’est pas bon pour les pieds les genoux le dos les vertèbres sacrées et le Karma.

Donc boire des oeufs crus :

  • n’apporte rien de plus que de manger des oeufs légèrement cuits (genre, jaune encore liquide) ;
  • inhibe l’intégration de certaines vitamines, et peut perturber la digestion ;
  • fait courir le risque de choper une salmonelle.

Je vais vomir, puis j’écris un autre thibillet pour vous tenir au courant.

Publié dans Courir | Commentaires fermés sur Neunoeuf

Courant sinusoïdal

Je suis crevé. Physiquement, plus de jus. Hier, séance un peu pêchue, à courir au seuil : 4 x 2 000 m à 11 / 12 kmh. Au final, ça donne un joli graphique, bien régulier, AC/DC, mais là, je n’ai plus de différence de potentiel, batteries à plat, électrolyte en berne.

Je vais aller gober des oeufs crus, comme dans Rocky I.

Publié dans Courir | Commentaires fermés sur Courant sinusoïdal