Le réflexe dévissage

Je suis en train de corriger des copies d’examen, en utilisant un stylo rouge (comme la couleur du sang, de la sueur et des larmes)(oui, les larmes de Le Chiffre sont rouge sang, c’est bien la preuve).

Et j’en viens à contempler mon stylo (cf. Exhibit #7), qui est sur la fin de sa vie. pilot_rougeTous les autres stylos de ce type, quand ils arrivaient en fin de vie, je les jetais (enfin, s’ils ne s’échappaient pas avant). Mais cette fois-ci, j’ai eu une idée : j’ai essayé de dévisser le stylo. Bien m’en a pris : il est conçu pour se dévisser, et ô surprise, dedans, il y a une « cartouche » d’encre (cf. Exhibit #12). recharge_rougeCertes, cette cartouche d’encre est sur la fin de sa vie, mais elle est parfaitement remplaçable, il suffit de chercher en ligne, et hop, voilà.

Deux arguments pour « le geste dévissage » :

– argument durable : cela évite de jeter un stylo entier, donc économie sur recyclage et polluage

– argument économique : racheter un stylo coûte 1,91€ (par 12), racheter une cartouche coûte 1,48€ (par 12)

Du coup, emporté par ma découverte, j’avise un autre stylo apparemment jetable (cf. Exhibit #1). pilot_bleu Et là, miracle, il se dévisse aussi, et fait apparaître une cartouche.

Donc faites comme moi désormais, ayez le réflexe dévissage. Et si ça fait partie des fournitures de votre entreprise, essayez de convaincre le responsable des achats de commander des cartouches plutôt que des nouveaux stylos…

Et je retourne à mes copies d’examen.

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Pourquoi n’y a-t-il pas de daech chrétien ?

(Ce thibillet est le 3ème d’une série de 4 qui m’ont été inspirés par les événements tragiques de la semaine du 11 janvier – je ne l’ai pas posté à l’époque et hélas, il est plus que jamais d’actualité)

Derrière la question un peu simpliste du titre, il y a une interrogation personnelle : pourquoi les attentats des 15 dernières années se réclament-ils tous, ou quasiment tous, d’un Islam radical ? Pourquoi n’y a-t-il pas des terroristes se réclamant d’un christianisme intégriste, ou des juifs terroristes commettant et revendiquant leurs actes au nom (de leur vision) de la religion juive ? En cherchant, je suis sûr qu’on pourra trouver des exemples, mais la question demeure : pourquoi l’islam est la religion – et la raison invoquée – de la majorité des terroristes ?

On peut incriminer la religion, ou des facteurs extérieurs à la religion. Allons-y ensemble.

Est-ce que les écrits de l’islam sont plus violents – ou incitent à plus de violence – que la Bible ou le Talmud* ?

Il ne me semble pas. Chaque religion, dans son livre, a des passages qui incitent à la violence, et d’autres passages qui incitent à la paix. Pour la Bible, par exemple, on peut voir une distinction entre l’ancien testament, où Dieu apparaît souvent comme un dieu de colère, et le nouveau testament, où Jésus prône un message d’amour. Or, l’interprétation qui est faite des textes varie suivant les époques. Par exemple, à une certaine époque, l’église catholique, avec sa mission évangélisatrice et son Inquisition, a conduit à des massacres, voire des génocides, tout cela au nom d’une certaine interprétation des textes. La question devient alors : qu’est-ce qui fait qu’un texte immuable (si l’on met de côté le problème des traductions, ce qui est aussi une vraie question) peut être interprété différemment suivant les époques ?

Prenons un exemple qui m’est familier : le prêt d’argent avec intérêt. Dans la Bible, il est interdit de pratiquer un taux d’intérêt, et c’est mentionné au moins 3 fois (Ezechiel 18:8, Lévitique 22:25, Deutéronome 23:19 et suivant, et on en retrouve des mentions dans le nouveau testament). Mais l’interprétation qui en est faite depuis plusieurs siècles permet à tout chrétien de pratiquer le taux d’intérêt. De même, dans le Talmud, le prêt à intérêt est interdit à au moins 3 endroits (Chémot 22, Vayikra 25, Dévarim 23). Or, depuis des siècles, les juifs se prêtent à intérêt, même entre coreligionnaires. Sur ce thème, le Coran donne la même consigne (ne pas prêter à intérêt, 2ème sourate, verset 275), mais elle s’illustre par une pratique beaucoup plus stricte : l’interdiction de prêter à intérêt est réellement appliquée, à tel point qu’a été créée une finance islamique, c’est-à-dire une finance particulière qui tient compte de ces contraintes des textes sacrés. En résumé grossier, les 3 textes sacrés donnent la même injonction, mais les 3 religions n’appliquent pas cette injonction de la même manière aujourd’hui.

Venons-en à la violence.

Les écrits religieux, quels qu’ils soient, alternent les recommandations à la paix, et les exhortations à la violence. La première question est simple : le Coran est-il plus violent que les deux autres livres sacrés ? À ma connaissance, la réponse est non. L’ancien testament ou encore la bible hébraïque contiennent quantité d’exhortations à la violence, et si l’on raisonne en terme de « quantité », le Coran n’a pas « plus » d’écrits incitant à la violence que les autres livres. Mais il peut être intéressant d’adopter une approche chronologique. L’ancien testament, ou la bible hébraïque, sont le fruit de siècles de création et de transmission, tandis que le Coran en tant que livre* s’étend sur la fin de la vie du prophète, soit un peu plus de 20 ans. Il y a donc un temps de production long pour les bibles, et beaucoup plus raccourci pour le Coran. Néanmoins, dans les deux cas, les exégètes reconnaissent une évolution dans les textes. Les textes les plus anciens de la tradition chrétienne et juive sont plus violents, les textes les plus récents dans la chronologie sont plus modérés. Dans le Coran, c’est l’inverse : les sourates de Médine (celles de la fin de la vie du prophète) sont plus dures vis-à-vis des infidèles que les sourates de la Mecque (début de la révélation par Mahomet).

L’évolution de la violence dans les textes sacrés, quelques idées

Chez les chrétiens et les juifs, le fort étalement dans le temps des écrits permet de présupposer que les textes se sont peu à peu adaptés à des conditions de sociétés qui changeaient. L’ancien testament aurait été rédigé entre le VIIIème siècle et le IIème siècle avant JC, soit une période de 6 siècles ! Et encore, on parle ici de rédaction, on peut supposer qu’il y a eu une production et une transmission orale auparavant… sur combien de temps ? Aussi, aux premiers temps de la production des textes, on peut imaginer des contraintes qui se sont peu à peu allégées, et qui ont été remplacées par d’autres contraintes au fil du temps.

Par exemple, dans les premiers temps, il s’agit d’imposer un seul dieu, là où les traditions reconnaissaient et pratiquaient des dieux. Donc, pourquoi pas un dieu terrifiant, qui impose sa loi et punit les incroyants.

Il y a aussi, aux premiers temps, des questions de survie : survie du groupe en tant que groupe (lois, traditions, interdits, culture et mythes fondateurs), et survie face à d’autres groupes (esclavage, guerres, mais aussi culture dominante vs. culture minoritaire). Les textes anciens reflètent probablement ces priorités. Puis, quand la religion commence à être établie, les problèmes deviennent autres, ils se déplacent, et les textes plus récents traitent de cette évolution. Ça ne me semble donc pas aberrant de voir que la violence des premiers textes (quand il s’agit de survie, non seulement de la religion en tant que telle, mais aussi des pratiquants de cette religion) évolue, dans les textes produits des siècles après, en des considérations plus pragmatiques, et plus modérées : il ne s’agit plus d’imposer une religion, mais de vivre harmonieusement au sein d’une religion. Et par exemple dans la religion chrétienne, Jésus est un grand modérateur : il prône l’amour du prochain, il condamne la lapidation, bref, il « réécrit » les textes anciens avec une nouvelle interprétation, non seulement plus modérée, mais aussi, semble-t-il, plus adaptée aux conditions temporelles du moment (le nouveau testament dans sa production écrite date du Ier siècle après JC, soit 2-3 siècles après la fin de la production de l’ancien testament).

Qu’en est-il du Coran ? Étalé sur une période de production plus limitée, il est révélé et transmis par Mahomet sur une période d’une vingtaine d’années, au VIIème siècle, et sa transcription écrite / sa compilation datent de ce même siècle. Si l’on adopte ici aussi une approche chronologique, on distingue les sourates de la Mecque (avant l’Hégire, donc avant que Mahomet ne devienne un chef politique) et les sourates de Médine (après l’Hégire). Les sourates de la première catégorie sont (j’utilise mes propres mots) plus religieuses, inspirationnelles, synthétiques sur cette religion. Dans l’expression « l’esprit et la lettre », on serait plutôt du côté de « l’esprit ». Les sourates de la seconde partie sont plutôt pragmatiques, précisées, codifiées. On serait plutôt du côté de « la lettre ».

Cette distinction entre les deux périodes, reconnue par les exégètes, conduit à des questionnements de la part des fidèles : quand on constate des contradictions apparentes entre différents textes du Coran (y compris dans leur interprétation), si l’on doit choisir, doit-on se conformer plus à l’esprit ou à la lettre ? La question n’est visiblement pas tranchée clairement, ou en tout cas, pas aussi clairement que dans les autres religions, qui ont l’avantage (si je puis dire) du temps extrêmement long qui sépare les premiers textes des derniers. En résumé, ma perception :

– tous les textes sacrés parlent de violence

– dans les textes chrétiens et hébraïques, cette violence est plutôt cantonée aux temps anciens, et les écrits récents montrent un adoucissement, très probablement issu de l’évolution des sociétés.

– pour le Coran, le texte sacré est séparé en deux périodes historiques distinctes : quand le prophète n’était pas encore un leader politique (et où il parle moins de violence) et quand il est devenu un leader politique.

– Ainsi, suivant que l’on adhérera plutôt aux premières sourates, ou aux dernières, le Coran prendra des valeurs différentes. Et compte-tenu du fait que l’ensemble des sourates est ramassé sur un temps très court, il est compréhensible que des croyants optent pour une orientation, ou l’autre… ou prennent le Coran dans son ensemble.

En conclusion, ce qui me semble important à préciser – tout ça pour ça, me direz-vous – c’est de se rendre compte que derrière ces interprétations de la violence des textes sacrés, il y a, dans le cas du Coran, tout un rapport avec le rôle politique de la religion. C’est à partir du moment où Mahomet devient leader politique que les textes montrent une inflexion plus marquée vers la violence. Et qu’on ne fasse pas dans le simplisme. Je ne suis pas en train de dire que la politique amène la violence. Je veux juste dire que dans ces 3 religions, l’Islam m’apparaît comme la seule qui, dès sa construction, contienne une dimension politique de la religion.

Note :

* Pour chaque livre sacré, je prends des raccourcis de langage. On sait que chaque livre sacré est un corpus composé de texte écrit, de texte oral, de jurisprudences ou d’épitres. Pour les juifs, quand je parle de Talmud, je parle en fait de l’ensemble des livres sacrés juifs : d’une part la bible hébraïque qui contient notamment la Torah, d’autre part le Talmud, mais aussi la jurisprudence rabbinique – halakha. Pour les musulmans, quand je parle du Coran, je parle aussi de la Sunna, des hadiths et de la charia. Pour les chrétiens, quand je parle de la Bible, il s’agit de l’ancien et du nouveau testament – en toute rigueur, je devrais aller jusqu’aux bulles pontificales et papales. Cela dit, force est de constater que tous mes exemples viennent essentiellement des textes sacrés fondateurs : bible hébraïque, ancien testament, nouveau testament, coran.

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La vendeuse de Corse Matin et le Rabbin

"Cromos" street sellerDurant cet été, j’allais acheter tous les matins mon Corse Matin, et la vendeuse était – comme chaque année – peu aimable. C’est un fait connu à l’endroit où je prends mes vacances que cette vendeuse est aimable comme une porte de prison. Ou plutôt : ce n’est pas qu’elle est ouvertement désagréable, c’est juste qu’on a l’impression que tout l’embête, surtout son métier, et que nous, les clients, ne sommes que des nuisances à évacuer au plus vite.
Face à cette attitude, j’avais adopté l’attitude classique du parisien : ton de voix neutre, sans enjouement, pas un mot qui ne soit strictement nécessaire, on est ici pour une transaction commerciale, bonjour, merci, au revoir.
Et un matin, je me suis rendu compte que ça ne marchait pas. Ça ne marchait pas pour elle, car mon attitude n’avait aucune chance de lui faire changer la sienne ; ça ne marchait pas non plus pour moi, car ce moment était… parisien, c’est-à-dire sans aucune relation humaine, et ça me gênait.
J’y suis donc allé en me mettant d’emblée en mode « sympa, ouvert, détendu ». Notez qu’avec la pratique, ça peut devenir presque aussi simple que de basculer un interrupteur. J’ai plaisanté avec le client qui attendait avant moi et qui prenait du temps à ranger ses pièces (mais n’étions-nous pas tous en vacances, où le temps n’a plus la même signification ?) et puis mon tour est arrivé, j’ai acheté mon Corse Matin, et je suis reparti. Apparemment, rien n’avait changé dans son attitude à elle, mais tout avait changé en moi. J’étais plus joyeux, plus détendu, content d’avoir acheté mon journal à cet endroit. Parce que j’avais pris le contrôle d’une partie de la relation : j’avais influé sur ce que ça me faisait à moi. Et le lendemain, avec le même état d’esprit, j’ai ainsi réussi à la faire parler et même à lui arracher un sourire.
Ce week-end, j’étais à une Bat Mitsva (non, ce n’est pas la Bar Mitsva de Batman, c’est une Bar Mitsva pour une jeune fille) et comme ce n’est pas ma religion, j’écoutais plus attentivement que d’habitude. Le rabbin a dit un truc intéressant : quand on parle de « bénédiction » dans l’imagerie populaire, cela signifie souvent que ça change l’objet béni, par exemple l’hostie accueille le corps du Christ par transsubstantiation, ou l’eau se transforme en vin. Chez les juifs, la bénédiction vient du terme « genou » et se caractérise par le fait de ployer les genoux devant Dieu. Donc, poursuivait le rabbin, la bénédiction juive ne transforme pas l’objet en face, elle nous transforme nous, à l’intérieur. J’y ai vu un signe. La vie, on ne la choisit pas. Il nous arrive des choses un peu au hasard, certaines sont aimables comme un sermon hébraïque qui ouvre à la connaissance, d’autres sont moins agréables comme une vendeuse de Corse Matin. Mais étant donné que nous ne maîtrisons pas ce qui nous arrive, nous pouvons au moins nous focaliser sur ce que ça nous fait. Et ça, dans une grande mesure, nous pouvons le modifier, par un travail en nous-mêmes. Paradoxalement, il se peut que désormais, cette vendeuse se soit attirée ma clientèle exclusive, alors même que je pourrais aller acheter mon journal ailleurs, car elle me permet chaque matin de travailler sur le bon état d’esprit.

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Ubuntu – Shlurfer

frigoShlurfer : v.i. Alors qu’on a passé sa journée à dépiler des mails et passer des coups de fil tandis que c’est la canicule sans clim’ ni ventilo, se souvenir tout à coup qu’il y a un pot de crème glacée au frigo. Sourire, et faire la pause.

Par extension : lors d’une conversation avec un fâcheux, voir une connaissance au loin, et dire « excusez-moi, il faut que j’aille voir Untel ».

On peut shlurfer élégamment, ou shlurfer comme un porc, le principal, c’est de shlurfer.

 

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Ubuntu – (Se faire) Rapetouzer

(Se faire) Rapetouzer : v.t. dans notre ère tout informatisée, constater que l’ordinateur / le site web / le programme que l’on utilise peuvent aussi être les victimes d’irrationalité. S’en réjouir. (Exemple dans l’image ci-dessous)

Par extension : comprendre après coup que l’argument « logique » de l’interlocuteur était en fait une grosse stupidité. Après coup.

 

Capture

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Ubuntu – Zombise

Zombise : n.f. Lettre (ou mail) que l’on reçoit et qui contient une faute de frappe (« typo ») qui en altère puissamment le sens. Exemple du jour : un mail d’un de mes étudiants qui commence par « Dead Professor, … »

Par extension : claquer la zombise = croire qu’on reconnaît une personne dans la rue, lui sourire, mais c’est finalement quelqu’un d’autre.

 

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Beurreux

Curled ButterEntendu dans le métro : « Tu vois, ce gars, là, le Reubeuh… » (j’écris Reubeuh avec un H à la fin, pour éviter de réfléchir au pluriel : des Reubeux ? Des Reubeus ? Des Reubeuh !)

Donc, aujourd’hui, on appelle Reubeuh ce qu’on appelait autrefois des Beurs. Reubeuh, c’est Beur en Verlan.

Mais les Beurs, on les appelait comme ça, parce que c’était Beu-Ara, donc le Verlan de Arabe (comme keuf = keu-fli, keum = keu-mé, etc.)

Si je résume les transmutations de langage, avec le symbole « => » qui signifie « transmutation par le Verlan », on a donc :

Arabe => Beur => Reubeuh

Or, chaque transmutation par le Verlan conduit à un changement sémantique.

Arabe = maghrébin immmigré, dans la sémantique française des années 70

Beur = maghrébin de deuxième génération (né et élevé en France)

J’ai alors plusieurs questions qui me vrillent la veine cave :

1) Quel est aujourd’hui le sens de Reubeuh qui a justifié qu’on crée ce nouveau mot ? Y a-t-il une définition, quelque part ?

2) Quelle est la prochaine évolution ? Reubeuh va-t-il à son tour passer en Verlan ? Verra-t-on bientôt des Beurreux ? Ça ne va pas nous rajeunir

3) Et si Beurreux s’impose, quelle sera la prochaine étape : Reubeuh à nouveau ? C’est très inquiétant, comment reconnaîtra-t-on alors un Reubeuh 2ème transmutation d’un Reubeuh 4ème transmutation ?

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Ubuntu – Sgrabulence

wtf Sgrabulence : n. f. Mot qu’on n’ose pas jouer au Scrabble, et puis quand même, on y va parce que ça rapporte des points.

Par exemple, ce matin, j’ai fait une sgrabulence en plaçant PROUT (43 points).

Par extension : figure ratée à ski ou à en plongeant à la piscine.

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Caillou – Celsius

Où est passée la ville ?Dimanche matin tôt
Le brouillard qui pique la peau
Réverbères au loin.

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Pensée républicaine #2 – de l’information

J’ai, comme beaucoup de concitoyens, suivi le déroulement de la semaine passée par tous les moyens mis à ma disposition (télés, réseaux sociaux). N’étant pas familier des chaînes d’information en continu, j’ai eu beaucoup de surprises qui m’amènent à quelques réflexions sur notre société de l’information.

Les chaînes d’information en continu et leurs travers

une relation au temps difficile

  • Quand il se passe beaucoup de choses, c’est tant mieux : le présentateur n’a qu’à zapper d’un reporter sur le terrain à un autre, il distribue les temps de parole comme des biscuits, et l’information utile est diffusée rapidement. En revanche, quand il ne se passe rien, ou plutôt, comme c’était le cas ici, quand le journaliste n’en sait pas plus que lorsqu’il a été interrogé 20mn auparavant… on meuble. Le présentateur continue à jongler entre ses reporters sur le terrain, à charge pour eux de paraphraser les faits connus de tous, en brodant, tout en attendant la prochaine nouvelle.

Or, la construction du modèle de ces télévisions, c’est qu’il faut diffuser de l’information en continu. Cela conduit donc mécaniquement à plusieurs choses :

  • toute information nouvelle est bonne à prendre, et plus on est en pénurie d’information, moins on va prendre le temps de recouper. C’est une recherche du scoop, mieux vaut être le premier à publier une information, fut-elle fausse, que le deuxième à diffuser une information avérée. Et dans les cas d’information fausse, je n’ai pas noté que les journalistes s’excusaient de leurs erreurs… (Pour une liste des reproches, deux articles de Telerama.fr et L’Obs/Rue89 font le point).
  • Les prises de risque vont aussi augmenter, car si les scoops n’arrivent pas, autant les provoquer. Je suis sidéré de voir que certains journalistes ont été en contact téléphonique avec les meurtriers, puis ont diffusé leurs informations. Dans le cas de l’Hyper cacher, c’est le terroriste lui-même qui a contacté BFM TV, car il n’était pas satisfait de l’information diffusée, il leur a demandé de corriger leur bandeau d’information. Je ne sais pas si BFM TV l’a fait, ce qui serait très grave. Il me semble que dans ces cas-là, quand on est une chaîne d’information (1) on en réfère aux forces de l’ordre, qui ont besoin de toute conversation enregistrée pour nourrir leur information et leurs réactions et (2) on ne corrige pas ses titres. Sinon, la demande de médiatisation du terroriste risque d’être nourrie par la chaîne, qui va ainsi légitimer – et encourager – le terroriste et ses potentiels successeurs. Et surtout, à mon sens, il devrait y avoir un (0) qui éviterait le (1) et (2) : quand on est journaliste, on ne communique pas avec un terroriste qui a des otages, c’est le rôle de la police, point. Un journaliste d’une rédaction n’est pas formé à parler avec un terroriste : il ne s’agit pas d’une simple conversation téléphonique, il s’agit de la formation d’un lien de communication entre deux personnes, où chaque mot est important, puisque des vies humaines sont suspendues à l’état d’esprit du terroriste. Sans être formé aux techniques de communication avec les terroristes, il est fort possible qu’un journaliste envoie « les mauvais messages » sans même se rendre compte de la terrible responsabilité qu’il a endossée. En ce qui concerne l’imprimerie de Dammartin, je ne sais pas si des journalistes ont essayé d’appeler les terroristes, mais France 2 et RMC ont commis l’erreur grave d’annoncer qu’un salarié était caché dans l’imprimerie. Donc, les terroristes peuvent prendre des notes pour la prochaine fois : lors d’une prise d’otages, regarder la télé, et surveillez Twitter : on pouvait voir les chaînes de télé filmer la mise en place des équipes du GIGN, avec leur position. On dit que pendant la guerre du pacifique, les généraux japonais suivaient la trace des navires américains en lisant la presse US…

les canaux d’information se diversifient, tout le monde devient journaliste, avec un flou du métier et de la notion d’information

  • Les chaînes d’information, les journaux, les journalistes ont tous leur fil Twitter, d’accord, c’est une adaptation à un nouveau média. Mais vous, moi, beaucoup de personnes ont aussi un compte Twitter. Autrefois, si un journal recevait une dépêche AFP, il savait que cela venait… de l’AFP. Aujourd’hui, quand un journaliste reçoit un tweet… il sait, ou ne sait pas, d’où ça vient, qui est à l’autre bout du « fil », et ne peut mesurer à chaque fois le professionnalisme journalistique de l’émetteur. Pour 10 journalistes sérieux qui vont recouper leurs sources – c’est-à-dire temporiser le temps qu’il faut – avant de diffuser, combien y en a-t-il qui vont succomber à la stratégie du preum’s à faire un scoop ?
  • D’autant plus que cette fièvre du scoop gagne tous les citoyens, puisqu’ils ont été habitués à être nourris ainsi. On peut comprendre qu’une personne, voyant les assassins de Charlie Hebdo en pleine rue, ait décidé de filmer depuis son balcon. Mais pourquoi a-t-elle publié cette vidéo sur Internet, sinon par désir de scoop, le désir de preum’s ? (J’espère que son premier geste a d’abord été d’aller donner la vidéo aux forces de l’ordre). Et franchement, que ce soit pour cette vidéo, ou pour le décompte des morts à Vincennes, alors que personne n’en savait encore rien : est-ce vraiment de l’information indispensable, qui nécessite une diffusion immédiate ? Sous le couvert de la mission d’informer le public, on oublie que ces chaînes ont un business model, qui est d’avoir le maximum d’audience pour vendre des coupures publicitaires.

En fait, l’information, c’est comme la dépendance au sucre. Même si la notion d’addiction au sucre est encore controversée, il y a un phénomène diététique attesté : dans l’alimentation, les sucres lents fournissent une énergie « sur la durée » tandis que les sucres rapides sont brûlés très rapidement… ce qui amène à en consommer tout le temps si on a opté pour une alimentation essentiellement en sucres rapides (sodas, bonbons, desserts…). Les informations, c’est un peu ça : soit ce sont des informations « sucre lents », c’est-à-dire :

  • livrées sur un rythme moins fréquent
  • avec une « digestion » (analyse, recoupements, mise en perspective, confrontation de points de vue, explication…)
  • et dans ce cas, cela va favoriser la production d’une réflexion plus profonde, et plus permanente dans les esprits.

Soit ce sont des informations « sucres rapides », et on aura alors :

  • une avalanche de nouvelles brèves pour remplacer les précédentes
  • pas de digestion, mais des faits bruts assortis d’une tentative d’interprétation rapide, ou encore des analyses simplistes menées par de faux experts (ah, les quartiers de Paris vus par Fox News « comme en Irak ou en Afghanistan »).
  • Et surtout, la succession des nouvelles rapides fera que rien ne durera… et qu’on aura un effet de manque permanent (hyper connectivité).

Quelle aura été la durée de vie du Hashtag #JeSuisCharlie ? Sucre rapide ou sucre lent ?

Néanmoins, dans ce déferlement d’informations en continu, plus ou moins vérifiées, je vois deux signes positifs. Premièrement, c’est la marque d’une démocratie, avec les deux revers de la médaille (overdose et scoops non vérifiés, mais aussi une diffusion extrêmement rapide, alimentée et relayée par les internautes). Deuxièmement, la conscience de plus en plus aiguë pour tous que l’information transmise peut être sujette à discussion, à distorsion, voire être totalement fausse. J’y vois le développement d’un esprit critique, et mon côté optimiste se dit que pour une dépêche fausse, on aura 1 000 réactions qui rétabliront progressivement la vérité, par des discussions et des échanges. Donnez-nous une information parfois critiquable, que nous puissions nous exercer à la critiquer.

Et c’est aussi cela, une démocratie qui fonctionne.

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Pensée républicaine #1 : les caricatures de Mahomet

Il me semble qu’il y a une incompréhension importante dans les discussions actuelles, entre musulmans et non musulmans, au sujet des caricatures de Mahomet. Je me permets d’apporter ce que j’ai cru comprendre, car cela permettrait peut-être de faire évoluer les discussions et le respect mutuel.

Argument n°1 : « dans la bible aussi, il était dit de ne pas représenter Dieu, mais nous avons évolué depuis »

On sait quel était l’argument initial des textes sacrés : empêcher l’idolâtrie, qui avait lieu si l’on faisait des représentations, car alors les humains se prosternaient devant l’idole / la représentation. Or Dieu était ineffable, donc non représentable. Pour ce qui est de l’évolution, chaque religion a suivi son propre chemin, et certains courants majeurs de l’islam ont autorisé des représentations du prophète à partir du XIIIème siècle. Pour autant, le retour en arrière (non représentation du prophète aujourd’hui) ne doit pas forcément être analysé comme une régression. Critique-t-on les protestants, qui ont souhaité retourner aux sources du texte biblique, pour en retirer les sur-couches ajoutées par l’église catholique de l’époque ? On est ici dans une querelle sans fin : doit-on contextualiser une religion en fonction de son temps, ou rester fidèle au texte nu, au texte originel ? Et si une certaine contextualisation ( = adaptation à l’époque) est souhaitable, jusqu’où peut-on changer ou ignorer le texte sacré ? La réponse n’est pas simple…

Argument n°2 : « chez nous, on tolère bien les caricatures du Pape »

Cet argument est plus subtil, parce qu’il place les non musulmans (dans la phrase de mon exemple, les catholiques) comme étant supérieurs, « plus tolérants », et qu’il y a donc une critique sous-jacente comme quoi l’islam serait plus rigide. Je crois que c’est là que se trouve l’incompréhension la plus manifeste, car elle frustre les uns et les autres. D’un côté, les « bons français » qui demandent le respect des notions de laïcité et d’intégration sociale. De l’autre, la majorité des musulmans qui se sentent insultés par des caricatures qui touchent à leur sacré.

L’incompréhension, à mon avis, vient d’une différence culturelle, et de nombreux raccourcis. Prenons l’exemple du fait de se moucher. En France, vous pouvez faire ça en public, et si vous évitez les coups de trompette tonitruants, cela ne choquera personne. Au Japon, se moucher en public est considéré comme étant extrêmement impoli. Imaginez alors le bon Français qui expliquerait que « chez nous, on le tolère, donc on est plus évolués » : c’est juste une différence de sensibilités que l’on doit accepter, et respecter. Revenons aux caricatures. Celles-ci choquent les musulmans, elles les atteignent dans leur conception du sacré : cherchons alors de notre côté ce qui nous, nous atteindrait dans notre conception du sacré – puisque les caricatures ne nous gênent pas autant. Pour un(e) catholique, je suppose que la mise en scène d’une scène choquante dans une église serait considéré comme insultant et comme une provocation. Ou la profanation d’hosties (aidez-moi, les cathos). Dans les deux cas, on obtiendrait les mêmes discours « nous ne voulons pas ça, nous nous sentons insultés, nous prenons cela comme un manque de respect de nos croyances ». Dans les deux cas, ces discours n’iraient jamais jusqu’à « et nous vous punirons par les armes », car les deux religions prônent le respect de la vie humaine. Les discours se limiteraient à « s’il vous plaît, si vous nous respectez, ne le faites plus, vous nous attristez en faisant cela ».

Ainsi, comparer « caricature contre caricature » n’est probablement pas la bonne manière de raisonner. Il s’agit de se demander quelles sont les choses qui nous choqueraient vraiment, nous, si on nous les faisait. Ces choses qui seraient répétées, qui arriveraient non pas une fois, mais plusieurs fois, et, nous semblerait-il, qui arriveraient de manière de plus en plus délibérée. Et dans une société désacralisée, ce pourrait être des choses qui ne sont pas forcément liées à la religion, mais à des valeurs profondes.

Je ne veux pas être donneur de leçon. J’aimerais juste que chacun(e) essaie d’élargir sa compréhension du monde pour se mettre à la place de l’autre, ce voisin, ce frère humain.

Et je suis à l’écoute de vos commentaire… pour mieux comprendre.

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Caillou – Avent

nov13-09imprintselms01Les ombres du soir

Marchent vite sur les feuilles mortes

Gare à la glissade !

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Les 37 romans qui m’ont marqué

J’ai été nominé le 20 septembre (!) par mon ami Laurent pour lister « les 10 livres qui m’ont le plus marqué ». J’en ai listé 37, en me restreignant aux romans (donc, pas de BDs, ni de livres de développement personnel / coaching). La contrainte la plus difficile, dans ces cas, est de ne citer qu’un roman par auteur. Cette liste, comme les autres que j’ai pu bâtir sur ce blog, est documentaire, anecdotique, elle sert de point d’étape… ou de résumé. Certains livres ou auteurs ont été déjà eu les honneurs de ce blog.

Paul Auster, La musique du hasard

Richard Bach, Le messie récalcitrant

Bashô, À Kyoto rêvant de Kyoto

Tonino Benacquista, Saga

Jorge Luis Borges, Fictions

Richard Brautigan, Tokyo Montana express

Philippe Djian, Bleu comme l’enfer

Lawrence Durrell, Le quatuor d’Alexandrie

Jean Giono, Un roi sans divertissement

Frank Herbert, Dune

Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bâteau

Richard Jorif, Le navire Argo

Rudyard Kipling, Kim

Erri De Luca, Trois chevaux

Jack Kerouac, Les clochards célestes

Jack London, Le vagabond des étoiles

Norman McLean, A river runs through it

Haruki Murakami, 1Q84

Herman Melville, Moby Dick

Paul Morand, Hécate et ses chiens

Marcel Pagnol, La gloire de mon père

Robert Pirsig, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes

Raymond Queneau, Les fleurs bleues

Jules Romains, Les hommes de bonne volonté

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

Robert Silverberg, Le livre des cranes

Georges Simenon, La tête d’un homme

Dennis Lehane, Ténèbres prenez-moi la main

William Shakespeare, Hamlet

John Steinbeck, The winter of my discontent (En une saison froide et amère)

Paul Loup Sulitzer, Le roi vert

Sun Tzu, L’art de la guerre

Sénèque, De la brièveté de la vie

Alfred E. Van Vogt, Le monde des non-A

Boris Vian, J’irai cracher sur vos tombes

Vladimir Volkoff, L’interrogatoire

Stefan Zweig, Le joueur d’échecs

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Impressions nord-américaines – le Ubuntu du voyage

SmisseyEt voilà un Ubuntu vu à l’auberge de jeunesse de Québec.

Smissey : n. m. Une personne qui répond à un texto et qui, tout en écrivant, se met à sourire.

Par extension : la personne qui, pour mieux vous montrer le chemin, vous dit « je vais vous accompagner ».

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Impressions nord-américaines – la Batana du voyage

rollerEt voilà une Batana inspirée par un camping au Cap Jaseux 🙂

Districhieur : n. m. Distributeur de papier essuie-main dont le papier se déchire quand on le touche avec des doigts mouillés (empêchant ainsi de tirer plus de papier), et sans levier de déroulement sur le côté. C’est donc un essuie-main qu’il faudrait n’utiliser que les mains sèches.

Par extension : Batana trop compliquée à expliquer pour en faire une batana potable.

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Impressions nord-américaines – Factory reset

Harvey Comme plusieurs générations qui ont baigné dans une culture nord-américaine (films, séries, musique), j’ai toujours ce choc délicieux quand je vais aux États-Unis ou au Canada anglophone : les sens qui sont remis à zéro.
Par exemple, à Paris, quand le distributeur de tickets de métro me propose un aller simple ou un aller-retour, ça ne me fait ni chaud ni froid. Mais aux US, la mention « one way ticket » me déclenche ça, évidemment 🙂
Le passage d’une ambulance me met en transe : ce son, c’est toutes les séries télévisées, c’est l’inspecteur Harry (oui, je sais, j’assume ma quadranitude solaire) ou The Wire. J’en viens à photographier des panneaux de rue, des feux rouges… Vous imaginez un gars, à Tourcoing, qui photographierait le feu rouge du carrefour Jean Zay ? Une touriste japonaise qui prendrait en photo les logos de sécurité – ou les poubelles – dans le métro de Lyon ?
Et le plus sympa, c’est que ça arrive à tout moment, par surprise. Rien de moins qu’une réinvention du quotidien, du regard, de l’oreille…
Harvey2 Avec l’impression, par moments, d’être carrément dans le film : la visite du campus d’Harvard, ça me met à mi-chemin entre Un homme d’exception (A beautiful mind) et The social network. On pourrait rêver pire…

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Impressions nord-américaines – Animals

Gaspar3   Gaspar2

Gaspar, baleine à bosse en liberté, 25-30m, femelle, golfe du Saint Laurent, août 2014.

Jean-Pascal2   Jean-Pascal1

Jean-Pascal Boniface, ours noir en liberté, 1m80, 150kg, mâle dominant, parc de la Mauricie, août 2014.

 

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Installation de Dragon Naturally Speaking (Home 12) sur Windows 8 – quelques conseils

dragon_head_by_massiah3100-d50q0qyAyant eu quelques problèmes à l’installation de Dragon naturally speaking (home edition, version 12, dont j’avais déjà parlé ici) sous Windows 8, je poste ici – à titre d’aide-mémoire, et pour qui cela peut être une aide – la procédure que j’ai utilisée pour dompter le Dragon.

Disclaimer : je ne suis pas informaticien, je ne suis pas spécialisé en Windows 8, et je n’ai aucune garantie que ce qui a marché pour moi marchera pour vous. Aussi, avant de poster tout commentaire du type « ça ne marche pas, qu’est-ce que je dois faire ? » (comme certains commentaires de ce thibillet), relisez attentivement ce disclaimer… et aller chercher ailleurs, comme je l’ai fait. Avec toute ma sympathie.

Je me suis largement inspiré de ce lien, que son auteur en soit remercié.

1. vérifiez que vous avez bien un casque compatible. Cela semble idiot, puisque Dragon est livré avec un casque fourni (donc compatible), mais dans mon cas, par exemple, l’ordinateur n’a qu’une seule prise Jack qui fait en même temps prise micro et prise casque. Le casque ayant deux prises, j’ai dû acheter un adaptateur comme celui-ci.
2. si vous aviez déjà essayé d’installer Dragon 12 et que ça n’avait pas marché, il faut désinstaller les fichiers sans utiliser l’utilitaire de désinstallation de Windows. Il faut donc télécharger un programme de désinstallation propre à Dragon, que vous trouverez ici :
http://supportcontent.nuance.com/dragon/12/tools/DNS12Remover.exe
puis lancer ce programme et attendre la fin de la désinstallation « propre ».
3. Copiez tous les fichiers du DVD d’installation de Dragon sur votre disque dur. Pour ma part, j’ai créé un dossier « Dragon » sur le bureau, et j’ai copié l’intégralité des fichiers du DVD dans ce dossier.
[NB : cela permet de s’assurer que l’installation ne plante pas à cause d’un lecteur de DVD trop ancien ou pas assez rapide – cela a l’air d’être un souci majeur à l’installation, à lire les forums de discussion].
4. Désactivez l’écran de veille, la mise en veille et l’antivirus. Branchez votre ordinateur sur le secteur s’il était sur batterie. Il faut en effet que le programme d’installation de Dragon ne subisse aucune interruption, ce programme étant extrêmement sensible, voire grincheux…
5. Redémarrez votre ordinateur.
6. Allez dans le dossier où vous avez copié tout le DVD, et double cliquez sur setup.exe.
7. Répondez aux questions, notamment sur le numéro de série, mais ne faites que le strict nécessaire : ne lancez pas d’autres programmes, ne déplacez pas des fenêtres, et plus globalement, abstenez-vous de toute manipulation de l’ordinateur qui ne soit pas directement liée aux demandes du programme d’installation de Dragon. Profitez-en pour nettoyer votre frigo.
8. Attendez patiemment que le programme affiche « terminer ». Tant que ce bouton n’est pas affiché, et même si la barre de progression semble être à 100 %, ne faites rien, ne cliquez sur rien. Quand le bouton terminé apparaît enfin, décochez la case sur les mises à jour, puis cliquez sur terminer.
Il se peut qu’un message d’erreur apparaisse à la fin. Je n’en ai pas eu pour ma part, mais un autre utilisateur le mentionne. Dans ce cas, essayez de lancer le logiciel malgré tout. Si ça ne fonctionne pas, reprenez la démarche à l’étape 1. Selon cet autre utilisateur, il peut être nécessaire de faire toute la démarche plusieurs fois…
Enfin, quand il s’agit de passer à la face d’apprentissage, je conseille d’être tout aussi prudent : tant que le logiciel est en phase d’apprentissage, ou qu’il analyse votre voix, je vous déconseille de faire d’autres choses. Il vaut mieux aller se faire un café en attendant que le processus d’analyse de votre voix soit terminé.

C’est là où j’en suis actuellement, et cela fonctionne bien.

Prochainement, je vais installer le service pack, vérifier s’il y a d’autres mises à jour, et je posterai dans ce thibillet les résultats – positifs ou négatifs – de ces démarches.

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À faux rythmes #2 – Statique dans le flux

Esperando el aviónLes aéroports, les gares. Ces lieux où l’on ne fait que passer. Mais parfois, on y reste des heures, bien obligé. À regarder les autres passer.

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À faux rythmes #1 – jury d’entretien de concours

[à propos des entretiens de personnalité au concours de la grande école] Il y a certains membres de jurys qui se comportent comme si c’était eux qui passaient l’entretien…

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Pour un logiciel de dictée vocale, l’assistant en ligne… tape ses réponses

DragonNaturallyTypingJ’aime bien les logiciels de dictée vocale comme Dragon Naturally Speaking (et auparavant, IBM ViaVoice). Cela m’a permis de gagner énormément de temps sur la rédaction de corrigés et diagnostics d’analyse financière, mais aussi, ponctuellement, sur certains (longs) mails ou (courts) documents. Le seul reproche que je fais à ces logiciels, c’est que l’on doit périodiquement racheter une version pour s’adapter aux évolutions de Windows. D’où ma demande d’aujourd’hui à l’opérateur/trice sur le site de Dragon (cf. image). Et surprise, alors que le logiciel est censé permettre se passer de clavier (je cite leur site « Je peux dicter un document plus vite que la plupart des utilisateurs avec leur clavier et cela, sans faire la moindre faute de frappe. »), l’opérateur me répond en tapant sur un clavier, et avec une faute 🙂

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Dazibao sur France-Allemagne et sur les pessimistes

GirPogBien. À 1h du début du match France-Allemagne, je n’arrive vraiment pas à travailler. Il faut dire que les corrections de copies, ça demande motivation et concentration, et si je n’ai jamais la première, la seconde me fait cruellement défaut à cette minute…

Aussi j’y vais de mon couplet footballistique (oui, ceux qui me connaissent, je sais, ça surprend : je suis un amateur, celui qui aime, celui qui ne regarde que les coupes du monde, et encore, que depuis 1998…)

J’en ai un peu marre de ces couplets défaitistes, depuis ce matin plusieurs personnes autour de moi disent qu’on va perdre. Alors je profite de ce moment de non concentration pour énoncer quelques idées qui me semblent importantes (et je les énonce avant le match, parce qu’après, les « je l’avais bien dit » vont fleurir, quel que soit le score final).

Le passé n’existe pas, c’est une empreinte chimique dans nos cerveaux (et encore, en PNL, on apprend à reprogrammer pour partie cette empreinte chimique) ; le futur n’existe pas, c’est juste une construction mentale. La seule réalité, c’est l’instant présent. Et à cet instant présent, personne ne sait qui va gagner, parce que l’instant, c’est maintenant, 1h avant le match, et qu’on ne saura définitivement qu’après les 90mn (ou 120mn… ou plus).

Donc il n’y a pas de raison de jouer les Cassandre, et je dirai même plus, il importe d’être positif et optimiste. D’abord, parce que les optimistes vivent 19 % plus longtemps que les pessimistes. Mais aussi parce qu’on ne parle pas que de foot. On parle d’un pays, la France, et de ses idéaux, et fussent-ils incarnés dans un truc aussi futile que le football, ce sont toujours des idéaux.

J’apprécie cette équipe depuis le début de la Coupe du Monde, et je l’aime depuis la fin de France-Nigéria, quand Paul Pogba, ce gamin de 21 ans, a dit en commentaire à chaud « Je sais qu’il y a tout un pays derrière nous. Marquer ce but, ça nous a tous libérés. Franchement, je suis content pour l’équipe et la France entière. Marquer avec mon pays, dans un match important comme ça pour passer en quart de finale de Coupe du monde, c’est un des plus grands moments de ma vie. »

Ce genre de commentaire, ça fait du bien à tout le monde, surtout dans une actualité qui pourrait donner – et donne souvent – matière à pessimisme. Mais le pessimisme ambiant commence à me les briser menu.

Et puis quand on regarde les derniers matchs, on a des 0-0 pendant 60 ou 70mn, ça veut dire que toutes les équipes sont au top techniquement, et qu’un petit coup de chance, une talonnette qui passe, un genou qui traine, un Griezmann qui est là où on ne l’attend pas… Tout peut jouer.

Alors j’y crois, et je me réjouis, et je vais avoir les yeux rivés sur l’écran (ne m’emmerdez pas pendant les prochaines heures) et j’aime cette France quand elle se mobilise. Et j’aime bien nos amis Allemands, je me sens profondément européen dans l’âme, mais ce soir, je suis bleu-blanc-rouge, j’en ai le droit. Ce soir, tout est possible, rien n’est joué tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin. Alors à dans quelques heures, dans un autre instant présent, quel qu’il soit 🙂

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Academic blues

285/365 ReliefCette période de l’année où je m’arrache les quelques cheveux qui tiennent encore. 30 heures de cours en analyse financière, de l’énergie, de la passion (oui, aussi), des questions pertinentes en amphi, de la technicité, et au final, dans 1/3 de mes copies d’examen « le cash-flow augmente grâce aux amortissements et provisions », raaaah, donnez-moi une corde…

(pour les non spécialistes en lecture des comptes, c’est moins évident, évidemment…)

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Caillou – Felis

Jeevana playing with her young sister

Nous sommes des chatons
Coups de patte et coups de griffe
Joli jeu à deux.

 

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Matinée sur FIP

ThéDuMatinRetour de vacances scolaires.

J’ai un paquet de copies à corriger, ce qui est toujours fastidieux, parce que long et répétitif (on pourra reparler de l’apport pédagogique d’un tel exercice, et des relations que je pressens entre l’évaluation formelle (contrôles, examens…) et l’apprentissage, mais c’est un sujet qui mérite un article à part). C’est donc une matinée FIP  – et il y en aura beaucoup d’autres, ce cours-là me demande en moyenne 3 jours temps plein rien que pour la correction de l’examen terminal.

La magie de FIP : pas de publicité, presque pas de parlote, 2 bulletins d’infos de 5mn par heure, et un enchaînement « par correspondances baudelairiennes » des morceaux de musique. La moisson du matin (découverte grâce aux archives du site) : Boards of Canada, In a beautiful place out in the country. Hypnotique et reposant. Allez, correction de la copie numéro 4…

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Ubuntu – vivre l’Arsegnale

Brique

Vivre l’Arsegnale : v. Être à Londres (ou ailleurs) où il fait beau, et voir qu’il pleut chez soi.

Par extension : apprendre que par suite d’une défection, une bonne table vient de se libérer dans un restaurant.

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Caillou – 3ème semaine de mars

Cerisier-en-fleur
 
Cerisier en fleur
Chaque année me fait sourire
Pétales de beauté.
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Selon Google, je serais proxénète impuissant

MacJe fais une recherche Google sur mon Mac. La première annonce proposée est affichée ci-dessus. C’est désobligeant. Quand bien même ce serait vrai, je n’aime pas être catalogué ainsi. Je pense, peut-être à tort, que je vaux plus que la somme de mes parties. Mais laissons de côté cette insulte ad penis et analysons l’algorithme : qu’est-ce qui a pu pousser Marvin Z. Google à me proposer cette pub suite à ma demande (je cite) « MacBook ancien problème de mémoire MacOS10.6 » ?

Je veux bien que « problème de mémoire » ait déclenché une publicité médicale, mais je ne vois pas le lien entre cette zone (geste évocateur) et ma mémoire, qui se situe, a priori, plutôt là (geste de l’autre main). Ou alors, c’est le terme Mac ? Mais un mac, un souteneur, un proxénète quoi, qui aurait ces problèmes, serait-il encore qualifié pour le poste ? Je n’en sais rien, et j’ai l’intuition que Marvin Z. Google n’en sait pas plus, et qu’il a fait des interprétations douteuses.

J’hésite à poursuivre ma recherche. Si j’en change les termes (« problème de RAM »), ne vais-je pas tomber sur une publicité d’avirons d’occasion, voire, pour revenir aux obsessions de Marvin Z. Google, de bêliers reproducteurs ? Le doute m’habite…

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Caillou – Aïe

christian_louboutin-rollerboy_spikes

Chaussures neuves – je marche…
Tout mon être est dans mes pieds.
Dans l’instant présent.

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Ma quête, en tant que prof

Tamura-NobuyoshiToute ma vie de prof, j’aurai essayé de faire simple, sans faire simpliste.

Je crois que toute la difficulté est là. Ce n’est pas difficile de faire compliqué, ça peut même être une stratégie de maintien de territoire. Ce n’est pas non plus trop difficile de simplifier à outrance, ce qui dispense les étudiants de réfléchir ou critiquer.

Mais maintenir la tension entre Faire simple et dire juste, voilà tout l’art, voire toute l’essence de l’enseignement selon moi.

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Caillou – Félis ?

Happy2014

 

Quelle est cette odeur ?
Sous ma semelle, de la boue…
Enculé de chat.

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La stratégie du dressing : prélude aux cadeaux de fin d’année

jukebox_45tIl y a de cela quelques jours, j’ai atteint la limite de mon iPod classic : ma discothèque venait encore d’enfler de quelques albums, et le bon iPod qui me sert de chaîne hifi depuis des années, malgré sa très correcte capacité (80 gigas, soit 40 jours et nuits d’écoute non-stop), ne pouvait plus contenir toute ma musique.

Cela m’inspire quelques addendums à la stratégie du dressing, tant il est vrai que ce qui s’applique aux vêtements dans un dressing peut s’appliquer avec un même bonheur : aux mails ; aux fichiers informatiques – notamment aux photos et vidéos numériques ; mais aussi aux morceaux de musique (le propos de ce thibillet, mais les analogies avec les autres dressings ne sont jamais loin).

Commençons par la réflexion qui n’en est pas une, tellement elle me semble évidente :

0. La stratégie de « je vais acheter un iPod de 160 gigas » est vouée à l’échec. Agrandir son dressing ne fait que déplacer le propos dans l’avenir (il y aura toujours un moment où l’iPod sera rempli à nouveau), et cela ignore le fondement de la quête, qui est que 80 gigas de musique, c’est plus que suffisant. À la rigueur, une belle quête serait de remplacer l’iPod 80 par un iPod 40 gigas. Comme le dit un des protagonistes de 3 hommes dans un bâteau, à propos des listes de fournitures à emporter, « l’idée n’est pas de prendre tout ce que nous pouvons faire avec, mais plutôt, tout ce que nous ne pouvons pas faire sans ». Réduire de moitié la taille de l’espace serait un très bon exercice de « avec quelle musique je ne peux vraiment pas faire sans ». Plutôt que de la jouer liste noire (exclure le superflu), ce serait liste blanche (qu’est-ce que je décide d’avoir absolument).

Passons aux addendums (addenda ?) à ma réflexion sur la stratégie du dressing.

1. Le dressing est sournois. Il se remplit peu à peu. À chaque fois, pour la musique, je me dis « ah tiens, je vais acheter tel album, numériser tel autre et je l’écouterai plus tard ». C’est le grand règne du « au cas où ». Et ces quelques méga octets n’ont pas l’air de coûter cher, face à l’étendue disponible (80 gigas!)

2. Mais voilà, vient le moment où l’on déborde. Et là, je me rends compte qu’on ne peut pas traiter le flux de sortie de la même manière que le flux d’entrée. Je m’explique. Dans la discothèque (ou le dressing), les albums rentrent progressivement, un à un. C’est ce qui explique leur côté sournois : incrémentalement parlant, cela ne coûte pas beaucoup de faire rentrer un nouvel album. Et c’est là où la règle du « un qui rentre, un qui sort » devient illusoire. D’abord, parce que quand je suis dans l’état d’esprit « je vais découvrir des nouvelles choses », ce n’est pas du tout la même chose que l’état d’esprit « je vais virer des obscures musiques dont je ne veux plus ». Ensuite, parce que cette stratégie du « un pour un » connaît vite ses limites : en faisant sortir un seul album, je me retrouve à 79,98 gigas, il faudra donc recommencer demain. La bonne règle devient : « à flux d’entrée incrémental, flux de sortie par lots ». En d’autres termes, de temps en temps, faire un grand ménage de printemps. Ce qui veut dire, ne plus choisir les albums un à un (hand picking), car c’est une méthode incrémentale, donc longue et peu satisfaisante au final (« tiens, j’ai économisé 0,045 gigas »), mais procéder par lots d’albums : par nom d’artiste (tout Benabar, hop, poubelle), mais aussi par genre de musique (je pense que Celtique va souffrir, chez moi, de même), ou encore, plus marrant, par taille qu’ils prennent.
Nota : toutes ces idées s’appliquent à tous les dressings, il suffit de changer « nom d’artiste » par « marque de vêtement » ou « émetteur de l’e-mail », etc.

3. De même qu’on teste un dressing de vêtements en portant régulièrement les vêtements, en faisant tourner les tenues (et donc, en notant ceux qu’on ne porte jamais), écouter régulièrement les « au cas où » et sabrer sans pitié dans tous les albums, selon la règle du « puis-je faire sans ». Et comme « avec ou sans » est un peu binaire, il s’agit de mettre juste une petite gradation : (a) je ne peux pas faire sans ; (b) sans être vraiment indispensable, cela enjolive mon quotidien, ce serait dommage de m’en débarrasser ; (c) pour tester, pourquoi pas, il faut que je l’écoute pour décider s’il passe en (b) ou en (d) ; et enfin, (d) je ne sais pas pourquoi je garde ça.
(Notez, encore une fois, la subtile analogie avec des vêtements. (a) les basiques, (b) les pimenteurs, (c) les indécis et (d) les vêtements à donner.)

Plus les années passent, plus ma bibliothèque suit ce chemin. Et je constate avec plaisir que les (a) ont diminué pour ne plus représenter aujourd’hui qu’un noyau dur, affranchi de plus en plus des modes et des fausses idées que je m’imposais (« j’a-do-re Kérouac ! »)
On revient toujours à la même chose : la stratégie du dressing, c’est une quête d’authenticité personnelle…

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Spleen

pietr-claez-1630J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
– Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
– Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

Charles Baudelaire, source.

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Le Facteur Fou a encore frappé !

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Invasion de hérissons radioactifs

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Ubuntu – Rif nuf nuf

imagesRif nuf nuf : n.m. Écran à cristaux liquides (genre écran de machine à carte bleue, calculette, écran de code PIN) dont une ligne ne ne fonctionne plus, changeant ainsi les mots affichés. Par exemple, BIENVENUE devient RIFNUFNUF.

Fait partie des Ubuntus, qui s’opposent, comme chacun sait, aux Batanas.

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Caillou – Secondes après secondes

Insatiable

Vivre désormais

Dans une fixité patiente

Comme l’œil bleu du tigre.

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Caillou – Légèreté

Nubel

Fin d’après-midi.

Je suis tout flottant, content.

Nuage sur nuage.

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La pensée de Jung sur les types psychologiques – résumé

JungDu propos de ce texte (explication que le lecteur impatient pourra sauter sans perdre grand chose) : comme on le sait, je m’intéresse suffisamment au MBTI pour en avoir passé la certification de praticien, et l’appliquer autant que je le peux. Je voulais revenir aux origines du modèle. On sait que le MBTI vient des travaux de Jung sur les types psychologiques. Mais ça m’intéressait de voir la pensée initiale de Jung, avant que deux américaines très douées ne transforment les découvertes de Jung en un combinat de 4 axes (E-I, S-N, T-F, J-P), permettant ainsi d’identifier et de codifier beaucoup plus facilement les 16 types de personnalité découverts par Jung.

Le problème est que Jung a énormément écrit, sur quantité de sujets de psychiatrie et psychologie, dans les 60 années où il a été en activité et que, impatience oblige, je ne me voyais pas lire son oeuvre in extenso : sans même évoquer la myriade des autres sujets traités par cet auteur majeur, le seul ouvrage Les types psychologiques fait plus de 500 pages en français, et 630 pages en anglais  sans compter les échanges de correspondances de Jung avec ses collègues sur ce sujet.

Mais je viens de trouver dans un livre déjà imposant (1 200 pages) une conférence de Jung au congrès des médecins aliénistes de Suisse (1928) dans laquelle il résume et détaille la genèse de sa typologie. Je résume donc le résumé, et note ci-dessous les idées qui me semblent importantes, pour référence future.

Genèse de la théorie des types psychologiques de Jung – quelques réflexions et informations.

  • De ses années de pratique psychiatrique, notamment en conseil de couples, Jung a fait émerger progressivement des axes de personnalité. Le premier qui ait émergé, selon lui, est la distinction entre les personnes actives et les personnes réfléchies. Les premières (extraverties) ont suffisamment confiance en elles pour se jeter immédiatement dans l’action, et la réflexion suivra. Les secondes, confrontées à une situation, ont « un léger recul » qui est sans conteste une activité, mais une activité d’abord mentale (introverties). Ces distinctions, Jung reconnaît qu’elles sont triviales et guère nouvelles. En revanche, il souligne qu’elles permettent d’identifier l’habitus réactionnel : le mode de comportement typique face à une nouvelle situation, et le « monde » dans lequel la personne agit en premier : extérieur pour les extravertis, intérieur pour les introvertis. Voilà pour l’axe E-I.
  • Cette première distinction était trop sommaire, et Jung a mis une dizaine d’années à la raffiner. Il a fondé sa quête sur la recherche de termes de la vie réelle, compréhensibles et utilisés par tous. Or, dans ses patients ou clients, il avait noté une opposition entre ceux qui utilisaient beaucoup la pensée (thinking), et ceux qui la négligeaient au profit presque exclusif de leur sentiment (feeling) : il cite par exemple des oppositions entre des associés, ou dans un couple. Jung insiste bien sur le fait que ces deux fonctions sont en fait rationnelles : oui, les personnes qui agissent selon une « politique sentimentale » ne le font pas moins raisonnablement ou logiquement que les types-pensée. C’est juste que les types-pensée, n’ayant pas autant développé leur fonction sentiment, la voient contaminée par d’autres fonctions non rationnelles (cf. plus bas) et la jugent donc comme peu fiable… et donc non rationnelle. Voilà pour l’axe T-F.
  • Le terme « sentiment » a donné à Jung « bien du cassement de tête » (ibid., p. 273). Il en arriva à distinguer les termes de sentiment et de sensation. Dans l’acception de Jung, le sentiment est une fonction rationnelle fondée sur une hiérarchie de valeurs, et dans le but d’aboutir à un résultat (par ex : aboutir à un consensus, une harmonie intérieure, éviter les conflits, obtenir la reconnaissance). Par opposition, la sensation est une fonction de perception qui s’intéresse à ce qui se produit et non à ce que l’on pourrait en faire. Ainsi, autant les précédentes fonctions T-F sont des fonctions rationnelles d’évaluation et de jugement (qu’est-ce que je vais faire ?), on aboutit ici à des fonctions irrationnelles de perception : il n’y a plus de finalité ni d’objectif, il n’y a plus de direction imprimée, la personne se contente de vivre la situation présente, selon deux pôles opposés. Ces pôles sont opposés dans la mesure où une personne donnée n’utilise qu’un des pôles à la fois : soit elle recourt à sa sensorialité, c’est-à-dire qu’elle collecte les informations obtenues par ses 5 sens (sensorialité consciente), soit elle fait confiance à ses impression, à son intuition, ce que Jung appelle la sensorialité via l’inconscient. Une personne ne peut faire les deux en même temps : soit elle se concentre sur ce qui est appréhendable par ses 5 sens à ce moment même (sensorialité), soit au contraire, elle se met « les yeux dans le vague », elle se déconnecte du réel et laisse venir des idées et intuitions. Et voilà pour l’axe Sensation-iNtuition, les fonctions irrationnelles selon Jung. (Le lecteur l’aura compris, Jung les appelle irrationnelles non pas pour leur souligner un quelconque côté foutraque, mais pour les opposer aux fonctions rationnelles de décision. En fait, parler de rationalité des 5 sens ou des intuitions, c’est comme parler d’un poisson soprano : ces termes appartiennent à deux mondes totalement distincts. On en déduit que le terme fonctions irrationnelles n’est pas un jugement de valeur, mais plutôt une constatation de la nature de leur monde).
  • On sait que ce sont Myers et Briggs qui ont introduit le 4ème axe, qui était présent en sous-jacent dans les écrits de Jung, mais qu’elles ont contribué à mettre au jour en tant que 4ème dimension de la personnalité. Pour reprendre le texte de Jung, « il y a beaucoup de gens qui fondent leur habitus réactionnel sur l’irrationnalité », ce qui veut dire « donnent la priorité aux fonctions irrationnelles de perception (consciente ou inconsciente) », d’où le P de perception ; à l’opposé, d’autres personnes estiment que leur priorité est d’évaluer et de décider, que ce soit par la pensée ou par les sentiments. Ces personnes fondent leur habitus réactionnel sur la décision et l’évaluation, en un mot, sur le jugement, d’où la lettre J. Et voilà pour l’axe J-P.
  • Enfin, Jung décrit de manière assez précise les notions de fonction Dominante et Inférieure dans la personnalité. Pour la fonction Dominante « on la reconnaît aisément à sa force, à sa fermeté inébranlable, à sa conséquence, sa sûreté, son adaptation ». Sur la fonction inférieure, « il n’est pas aisé de [la] décrire ou de [la] reconnaître. Comme critère essentiel nous avons son manque d’indépendance, et comme conséquence, la soumission à des gens et des circonstances, puis sa sensiblerie capricieuse, l’incertitude de son usage, sa suggestibilité et son caractère diffus. Dans la fonction inférieure, on a toujours le dessous, parce qu’on ne peut lui donner des ordres ; on en est au contraire toujours la victime ».

Pour les lecteurs qui ont tenu jusqu’au bout, la série Typewatching the stars offre une illustration probablement plus appliquée et concrète de ces idées.

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Rentrée scolaire

Attila

Vu dans un établissement d’enseignement supérieur parisien, pendant la période des concours. Alors que des élèves issus de prépas essaient désespérément de rentrer, on voit que ce petit village gaulois essaie de résister – encore et toujours – à l’envahisseur, avec piques, pieux et autres chausse-trappes.

L’élite se mérite, petit(e)…

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Après bluetooth, blue fingers…

2013-09-02 17.47.31

Le moment où tu sautes dans une piscine en te disant « ouah, il y a bien 2 m de fond » alors qu’il n’y a qu’1m15, c’est évidemment juste après avoir passé 3 semaines à te remettre en forme (10 km tous les deux jours), en te disant « ça y est, la mauvaise série est passée, maintenant je cours sans interruption jusqu’au printemps prochain ! »

I should have known better…

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Soir d’été (sec, sur les rochers)

Pacific

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