Author Archives: Docthib

Miscellanea 1 – Check-list vacances

L’an dernier, j’avais établi une check-list de location de vacances. J’en avais profité pour noter les choses à ne pas oublier (sous-entendu : les choses que l’on ne trouve habituellement pas dans une location de vacances). Je profite de cet intermède parisien pour rajouter quelques idées. Non, je ne vais pas mettre un parapluie, même si ce serait de saison…

Choses à ne pas oublier, car elles manquent souvent en location de vacances :

  • Une cafetière italienne (pour combattre l’odieuse cafetière électrique à filtre)
  • Une ou deux multiprise(s), les prises de courant étant plus rares qu’un pou sur la tête d’un chauve
  • Un fusil à couteaux, pour avoir des couteaux qui coupent correctement les tomates, la mozza, l’ail et l’huile d’olive
  • Un truc à musique. Je pense à ma radio à énergie solaire et musculaire, et un combi iPod / enceintes.

A taste of honey

Des cernes au milieu des joues, et le moral en berne (putain de climat), ainsi que quelques dizaines de doutes sur mon existence.
Mais une mise à jour de manuel envoyée cet après-midi, et un chapitre sur la finance dans un livre pour les lycéens, un des exercices d’écriture les plus difficiles : expliquer tout à celui qui ne connaît rien, sans le faire fuir, et en essayant de l’intéresser.
Et puis un verre de Rioja, et surtout, mon baume, aléatoire sur 20 gigas d’iPod : A taste of honey, version instrumentale de Quincy Jones dans le sautillant, le primesautier, le cuivré Big Band Bossa Nova (les fans d’Austin Powers savent évidemment que le thème d’Austin Powers vient de cet album magique).
Je pars sans ordinateur portable, sans camescope numérique, sans connexion. Juste un Reflex numérique, plusieurs carnets de croquis, et quelques livres de dessin.
Comme Alexandre le bienheureux, j’ai sur mon ardoise personnelle : Dormir, Dormir, DORMIR.
Ah oui, tiens, aussi : une paire de pompes de jogging, et des shorts avec poutres apparentes. Les petits chemins basques vont fumer, quand les hamacs feront relâche.

Les mots oubliés

Certaines images littéraires abondent dans les romans, même si nous n’en vivons plus la réalité.
Exemple, sinon on va s’endormir.
L’autre jour, en courant le long de la Seine en début de soirée, je constatais que le fleuve « ressemblait à du plomb fondu », gris et brillant sous le soleil déclinant. J’appliquai automatiquement cette image littéraire, sachant que par ailleurs, je n’ai jamais vu de ma vie à quoi ressemble du plomb fondu.
Il y a comme cela des mots correspondant à des sensations oubliées, voire jamais vécues, que certains écrivains reprennent. Pour ma part, je ne sais pas ce que c’est que « du vif-argent », mais je sais que si je dois décrire des poissons nageant dans un torrent, ou se débattant dans un filet, j’utiliserai le terme vif-argent. (Evidemment, je suis tout de suite allé vérifier : vif argent est le nom qu’utilisent les alchimistes pour parler du mercure. C’est bien la peine.) Et l’étain ? Bon, je suis plus tout jeune, j’en ai vu, de l’étain, mais qui se souvient encore de la mousse caca qui se déposait sur le bord des plages, paraît-il à cause des hydrocarbures ?
« Des nuages couleur de suie », « un teint de porcelaine », « des yeux comme des billes », « jouer à saute-mouton ». Et comment explique-t-on aujourd’hui la vitesse angulaire au collège, maintenant qu’on n’a plus de 33 tours ? Je me demande juste par quoi vont être remplacés ces mots/sensations oubliés.

« Le ciel avait pris la teinte d’un billet électronique »
« Son regard évoquait un bouton transparent sous Aqua (Mac Os X) »
« Elle portait une jupe couleur petit-pois-décongelés-au-micro-ondes »

Publications de gestion – un marché à ouvrir…

Je constate, quand je lis des ouvrages spécialisés, que j’écris des annotations nombreuses dans les premiers chapitres, puis que, au fil des pages, je note de moins en moins. Et il n’est pas rare que j’arrête ma lecture au tiers de l’ouvrage.
Donc j’ai l’idée d’un marché : écrire des ouvrages avec une intro brillante, une quatrième de couverture très vendeuse, et lâcher toute l’info dans les premiers chapitres. Après cela, faire confiance au temps qui passe, au lecteur qui se lasse, qui se laisse prendre à d’autres préoccupations, mais qui se souvient que c’était brillant (pour ce qu’il en a lu).
Les manuels sont comme « Le pendule de Foucault » : peu de personnes peuvent se vanter de les avoir lus jusqu’au bout. (je fais partie des deux catégories, mais pour le pendule, je m’y suis repris à deux fois, et la troisième fois, pendant une semaine, durant mon DEA, je l’ai dévoré).

Couples pavloviens 2

Je mets à jour progressivement le thibillet sur les « couples pavloviens » (cf. thibillet). Le billet évolue donc au fil de nos contributions, et le choix peut devenir difficile : certaines expressions se tiennent en tant que telles, et on ne peut peut pas dire qu’un mot appelle l’autre.
Exemple d’expression toute faite (couple non pavlovien) : la pierre de touche, la clé de voute ;
Exemple de couples pavloviens : un couple … mal assorti ; Une rencontre… improbable.
Quand on donne le premier terme, le second apparaît de manière quasi automatique, pavlovienne, même si l’expression en tant que telle n’est pas une expression « toute faite ». J’avoue que la distinction est subjective.

Psaume 23:4

Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
Ta houlette et ton bâton me rassurent.

Comme le dit Diablo à la fin de X-men 2, et le narrateur à la fin de Bodyguard.

La fatigue se dissout dans du Chablis

Ce soir, pas loin de l’antre crépusculaire d’un de mes éditeurs, je rencontre Yves Duel, en chair et en os, à peu près conforme au portrait que j’avais imaginé.
J’adore ces discussions à bâtons rompus, qui commencent sur Hellzapoppin (et pour cause), dérivent vers Laurence d’Arabie en passant par Erri de Luca ou glosent sur l’attraction vénéneuse des (plus si jeunes) professeurs sur les (toujours frémissantes) étudiantes.
Quelques verres de Chablis plus tard, on s’est quittés sur un trottoir de fin de soleil.
Si l’envie ne m’avait pas quitté, ça me redonnerait l’envie de bloguer, tiens : rencontrer un inconnu qu’on connaît virtuellement, et se rendre compte qu’on poursuit une discussion qu’on avait déjà démarré entre deux sites, à deux claviers. Et coup de chapeau, au passage, à Joséphine, Monsieur Jean, et La grande Loulou (ainsi qu’au gang des anciens, mais ceux-là, je les connaissais d’avant).
On est déjà convenus de se reprendre un pot en septembre, en essayant de sortir Ari de son trou…

Magnolia – TBC

Comme certain(e)s d’entre vous l’auront compris, j’ai été un peu désarçonné, et occupé, par d’autres choses durant ces dernières semaines. Magnolia a souffert de cette absence. En ce qui concerne ce roman, je ne prévois pas de publier à nouveau avant septembre. Mais si Chuly est intéressée, qu’elle m’écrive. A+.

Quand ça va mal

… je lis des romans noirs (notamment Dennis Lehane, je viens de relire « Un dernier verre avant la guerre ») et j’écoute Clapton à fond les manettes.

Ce qui m’énerve – Bouillie de mots

Le thème n’est pas original, mais en parallèle aux couples pavloviens, j’ai la liste des mots-bouillie, ceux qui reviennent régulièrement dans la conversation. Encore une fois, la liste n’est pas très longue, je l’augmenterai à mesure que de nouveaux mots-bouillie se présentent.

  • Dangerosité
  • Faire le deuil de…
  • Ce phénomène pose la question de…
  • Dans la souffrance, dans l’interrogation, dans la revendication
  • Geste, acte, propos (etc.) citoyen

Jyfé Ymfé

…alors j’y fais « non mais tu m’as pas rgardée », tu vois, et y me fait « ben quoi » et jyfé « ben quoi toi-même », tuvoi, et ymfé « t’es kune pouf », le lourd, alors jyfé…

Dans les transports en commun, les jeunes se parlent en SMS.

Double Jeu

Je fais passer des entretiens de concours dans mon école, et entre deux concepts passionnants énoncés d’une voix monocorde par certains candidats (« je veux faire une école de commerce car je m’intéresse à la philosophie et à l’histoire » ; « je suis très dynamique, la preuve, c’est que je fais du sport » ; « mon stage de vendeur au porte-à-porte m’a appris le sens des responsabilités et le travail d’équipe »), je note sur un coin de page les-expressions-avec-adjectif-automatique.
Explication : certains mots arrivent, dans la conversation, avec leur adjectif attitré. Un silence est toujours « assourdissant », une lumière « aveuglante ». Je bâtis donc la liste de ces couples pavloviens, quand l’un apparaît, l’autre suit automatiquement. Là où je suis frustré, c’est que je n’en trouve pas autant que je le souhaitais (appel du pied). Donc à votre bon coeur si vous avez de ces couples pavloviens.

    • Brute… épaisse
    • petit / vieux… con
    • clarté… insoutenable
    • lumière… aveuglante
    • dévotion… aveugle
    • silence… assourdissant
    • problème… insoluble
    • furieuse… envie
    • blonde… platine
    • rousse… incendiaire
    • brune… piquante

Ajouts successifs (merci à matthieu, et surtout Joséphine)

 

    • La voie… royale
    • La pièce… maîtresse
    • Une rencontre… improbable (merci Joséphine, il est génial celui-là)
    • Des photos… compromettantes
    • Une option… à considérer
    • Une idée… à creuser
    • Un débat… animé
    • Une oreille… attentive (ou distraite)
    • Une histoire… invraisemblable
    • Une relation… incestueuse
    • Un couple… mal assorti
    • Un cuisinier… hors-pair

Et l’arrivée de Valid dans la course

    • Un esprit… chagrin
    • Un œil… attentif (ou distrait)
    • Une idée… de génie
    • Un marché… florissant
    • Une technologie… de pointe
    • Un train… d’enfer
    • Une idée… lumineuse
    • Une âme… charitable

Et puis les autres (dont moi)

    • Un petit quart d’heure
    • dans des conditions… effroyables
    • Une retraite… bien méritée
    • Un économiste (helléniste)… distingué
    • S’investir… à 100% (300%)

 

Le voile noir, ce soir

Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la mélancolie.

Gérard de Nerval, El Desdichado

Touillage de sac

Dans le métro, il y a les préhistoriques, ceux qui sortent un petit morceau de carton coloré, qui l’insèrent dans la fente, qui récupèrent (ou vitupèrent en cas de petite lumière rouge) et qui passent. Et puis il y a les immatériels, les évanescents, qui laissent flotter leur Pass Navigo d’un air dégagé (ou préoccupé, du genre « je pense à autre chose, je suis multi-tche »). Dans les immatériels, il y a les femmes. Et là, je vais te dire, ça le fait pas du tout. C’est une des rares fois où les hommes sont fluides et grâcieux (dans les limites de leurs limites) et les femmes sont à la traîne. Le problème vient de la technologie « sans contact », qui facilite la vie, mais aux dépens de l’esthétique cinétique :

  1. La femme typique (j’allais dire moyenne, c’est montrer d’où je viens, et le chemin qui me reste à parcourir) ne sort pas le Pass Navigo de son sac à main, elle entend bien profiter de la technologie sans contact ;
  2. Elle pose donc son sac à main sur la zone de détection, et ça fait Pof-bling ;
  3. Le plus souvent, ça ne marche pas. Alors vient le touillage : la femme, tenant son sac à (deux) main(s), lui fait opérer un mouvement circulaire sur le détecteur, elle voudrait lustrer le métal poli qu’elle ne s’y prendrait pas autrement et ça fait Ziouip ;
  4. Le plus souvent, ça marche, mais il y a quand même les cas où il faut renverser latéralement le sac, comme une peluche qu’on martyriserait, parce qu’à l’intérieur, le flacon de Chanel était entre le Pass Navigo et le détecteur, et les ondes fluchtrales ne passent pas au travers du Chanel (ce serait une chose à améliorer pour la version 2.0 de la technologie sans contact). Et ça fait Bling-clonk ;
  5. Et puis à un moment, ça fait Tilou ! et le monde se remet en place, les jambes des femmes redeviennent des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.

Au final, les femmes ont l’air de caissières de supermarché devant leur code-barre, et même Ariane Ascaride dans « Marie-Jo et ses deux amours » a du mal à garder son charme dans cette posture (et dieu sait si elle a du charme).