Pensée véronaise – Pietà

Église San Anastasia, superbes fresques au plafond, et des marches de marbre carmin complètement usées. Il aura fallu des siècles, et des millions de pieds de pénitents, pour que le marbre froid, géométrique, inhumain, accepte d’arrondir ses angles, de s’adoucir, de prendre enfin les formes accueillantes de notre sainte mère l’église.
L’humilité de millions de pélerins contre l’orgueil fou d’une pierre.

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Caillou – Vénitien

A Venise le jour,
je marche au milieu des places,
insouciant.
A Venise la nuit,
je longe les murs,
furtivement.

Tant d’ombre abrite encore tant de noirceur.

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Caillou – Vénitienne

La lune dans le canal
Uniquement troublée
Par le clapotis des nuages.

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Ubuntu – Capter la fargolade

Fargolade : n. f. Quand les deux premiers bagages sortant du tapis à bagages sont les vôtres.
Par extension : être celui à qui une caissière dit « par ici Monsieur », en ouvrant sa caisse.

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Batana – Texticule

Texticule : n. f. Alors qu’on attendait un SMS d’une personne aimée, recevoir une offre promotionnelle de l’opérateur téléphonique.
Par extension : collègue qui surgit dans votre bureau alors que vous étiez en conversation privée, vous obligeant à abréger ; colis à la Poste qui s’avère n’être qu’un recommandé ; tout type de fâcheux qui vient vous casser les burettes quand vous étiez dans une dimension supérieure (hélas éphémère).
Exemple : « putain de vérole de texticule, tu pouvais pas rester dans ton monde de casse-bonbons ?! Lâche-moi, on m’attend sur la ligne de coeur ! »

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Coup de chapeau 2 – Editeur et Editeuse

Lui, il est directeur financier. Et éditeur. Et il me dit :
– « L’autre jour, mon PDG me parle d’un terme barbare en finance. Je prends ton livre (que, à ma grande honte, je n’avais jamais ouvert), et déjà, bon premier contact, je trouve ce terme dans le glossaire. De là, je me mets à lire (ce livre que, à ma grande honte, j’avais édité, mais jamais lu). Et voilà, tu as fait le livre que je rêvais d’éditer. »
Vous me connaissez, je me considère comme sorti de la première cuisse de Jupiter. Mais là, j’avoue que ce compliment m’a fait énormément de plaisir. Tout ça pour 160 pages qui sont de moi, uniquement que de moi.
On est allés fêter ça à coups de Côte Rotie et de cotes de porc aux truffes, pomme de terre au foie gras.
Je n’ai toujours pas atterri 🙂

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Coup de gueule – ou idée

Faire payer une éco-taxe à tous les imprimeurs / diffuseurs de prospectus.
Chaque jour, je me tape d’ouvrir ma boite aux lettres, d’apporter une masse de papiers chez moi, puis d’ouvrir ma poubelle-à-papier-recyclé et de balancer dedans les prospectus (Carrefour, premier, de très loin, et la grande distribution en général, Leclerc, Franprix, ça crache du catalogue racoleur…). Puis je me tape d’ouvrir les enveloppes, et je jette les prospectus. Je le fais, parce que je suis un citoyen respectueux de l’environnement. Mais maintenant, si je prends mes 5-10mn par jour, plus les tiennes, plus celles de ta belle-mère, ça commence à chiffrer. Et je me dis que de taxer les diffuseurs de prospectus, ça serait probablement beaucoup plus rentable que de mettre un autocollant Stop Pub sur ma boite aux lettres.

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Coup de chapeau 1 – Cartouche et Scaramouche

Je commande des fournitures de bureau par Internet. (car la méthode GTD, vous savez, ce truc révolutionnaire qui dit « il faut noter ce à quoi vous pensez, et il faut ranger votre bureau ») dit aussi : faites-vous plaisir, lâchez-vous sur les fournitures de bureau, si ça vous aide à vous organiser.
Donc, je commande des cartouches d’imprimante.
Elles arrivent, avec les autres jouets de plaisir que j’avais commandés, et hop, deux sacs en plastique.
« Mais qu’est-ce que c’est ? »
Réponse : cher client, vous avez commandé des cartouches d’imprimante, aussi, si vous avez des cartouches usagées, mettez-les dans les enveloppes en plastique fournies, fermez le rabat, et postez-les (timbre déjà payé), pour qu’elles soient recyclées.
Merci Cycladis, merci JM Bruneau.

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Le Jardin secret des profs – Thibillet par procuration

Le (long) texte qui suit, entre guillemets, n’est pas de moi, mais d’Atchoum. Les accros aux flux RSS l’auront vu apparaître en commentaire d’un thibillet qui, outre son contexte musicalo-seventies, parlait de pédagogie, et comme le sujet me semble très intéressant, je cite intégralement Atchoum (texte entre guillemets), puis je livre quelques idées personnelles (si j’ai le temps maintenant, sinon, ce sera pour plus tard, y a des trompettes de la mort à aller acheter).

« L’autre jour à la radio, Alexandre Jardin développait une idée que j’aime bien. On n’est pas obligé d’apprécier Alexandre Jardin, comme auteur ; perso j’aime bien, surtout le bouquin sur la méthode Eriksson, mais passons. Là, son idée était la suivante.

Les profs sont – presque toujours – de bons élèves. Ou d’anciens bons élèves, si vous voulez. Ils se sont rarement trouvés eux-mêmes en situation d’échec scolaire. Il suffit de voir comme il est difficile de passer le CAPES, et je te parle même pas de l’Agrég.
Non seulement ce sont de bons élèves, mais en plus ils ont certainement choisi d’enseigner la matière qu’ils préféraient, celle qu’ils maîtrisaient le mieux, dans laquelle ils éprouvaient à la fois du plaisir et de la facilité (ce qui va souvent de pair). Par exemple, moi qui ai toujours été nul en dessin, si j’enseigne un jour, ce qu arrivera sûrement, je vous garantis que ça ne sera pas le dessin. Les maths, tant que tu veux. Le français ou l’anglais, admettons. La finance… bon, on verra. Le dessin, je crois que ça va pas être possible. En même temps, me direz-vous, tant mieux pour les élèves ! Ouais.

La conséquence de cela, c’est que les profs ont tendance à perdre contact avec leur public. Comment quelqu’un qui a toujours été « doué » en mathématiques pourrait-il réellement comprendre un élève incapable de résoudre une équation à une inconnue ? S’il n’a pas vécu dans sa chair la frustration de ne rien piger à ce que dit le prof, d’essayer pourtant mais de n’arriver à rien, et d’avoir en face de lui quelqu’un qui lui dit : « Mais enfin, c’est évident ! Qu’est-ce que t’as dans lecrâne ? », comment éviter de reproduire précisément ce comportement ?

J’ai un ami qui est un peu dans ce cas. Universitaire. Brillant, thésard, spécialiste de la civilisation américaine. Jeune prof d’anglais dans un collège ; pas facile, le collège. Il ne comprend pas que ses élèves puissent être « aussi nuls » en anglais. C’est normal ! Depuis des années, il ne côtoie que des étudiants aussi brillants que lui et des professeurs qui l’étaient déjà avant lui ! Et on bombarde ce pauvre gars pour enseigner l’anglais à des troisièmes en difficulté. Dialogue quasi-impossible. Blocage. Il les déteste, et ils le lui rendent plutôt bien.

La solution ? L’idée de Jardin, c’est d’encourager les profs à se souvenir de leurs propres situations d’échec. Même si ce sont de bons élèves, ils ont bien dû à un moment subir cet échec, peut-être dans une autre matière, celle qu’ils n’auraient jamais choisi d’enseigner. Se replonger dans ces souvenirs-là. Se rappeler, peut-être, comment ils s’en sont sortis. Utiliser cette situation pour se mettre à la place de leurs élèves. Souffir avec eux. Com-ptir. Et, peut-être, se souvenir que les maths, c’est facile, pour eux, mais pas pour tout le monde. Comme les échecs, le tennis, l’écriture, ou le dessin.

J’aime bien cette idée parce qu’elle est ancrée dans la réalité. La plupart des profs que je connais sont comme ça. Déconnectés. Ce n’est pas qu’ils ont oublié comment ils étaient comme élèves, au contraire, c’est qu’ils s’en souviennent trop bien. »

Ma première idée, très rapide, parce que je n’ai pas le temps de développer les autres pour l’instant : ne pas sur-réagir, Atchoum parle d’Alexandre Jardin qui parle des profs (plutôt du secondaire) en général. Donc ne pas se sentir directement concerné ou attaqué (je pense aux profs qui peuvent lire ce texte), mais essayer de garder un ton raisonneur « tiens, voilà une hypothèse intéressante, creusons-la de manière dépassionnée ».
Je vais donc essayer de parler de manière dépassionnée, mais forcément, je ne vais parler que de moi. C’est un biais, mais la discussion reste ouverte, viendez viendez.

  • Personnellement, je suis venu à l’enseignement, non pas parce que je savais, mais parce que je savais expliquer. Et je suppose que je ne suis pas le seul. Un de mes collègues, quand on lui demandait « vous êtes prof de quoi ? », répondait « prof d’une séance d’avance sur les étudiants ». Je ne crois pas qu’il avait tort, ni qu’il était si péjoratif que ça : il soulignait que sa valeur ajoutée ne venait pas de la connaissance (dont on peut toujours se remplir), mais de la forme d’enseignement (le flux d’écoulement qu’on déverse). C’est aussi l’origine de mon combat, quand je dis « je suis prof de finance, et le mot important , là-dedans, c’est prof », même si la plupart des gens m’étiquettent comme « financier » ou « économiste » (si seulement…).
  • Il y a probablement quelque chose de pourri dans le système de formation des profs. Mais là il faut dissocier : je ne vais parler que de ce que je connais, le supérieur, ce qui limite mon propos, car Alexandre Jardin parlait des profs du secondaire probablement. Dans le supérieur, pour devenir prof, il faut être docteur, donc avoir soutenu une thèse, donc avoir démontré qu’on était un chercheur. D’où l’équation, hélas peu mathématique « bon enseignant = bon chercheur ». Eh ben c’est faux coco, et c’est là où Jardin et Atchoum ont parfaitement raison. Dans la majorité des cas, il n’y a jamais un seul cours de pédagogie dans les formations doctorales. On y apprend l’épistémologie, la méthodologie, l’économétrie… mais pas comment parler en public. D’où des générations de jeunes chercheurs brillants qui (1) ont énormément de mal à s’adapter à un public exigeant (2) frustrés de faire du B.-A. BA, alors qu’ils voudraient disserter des dernières avancées de la recherche.
  • Je pense personnellement qu’un bon prof pourrait expliquer n’importe quel sujet. C’est sa fonction. Et même si je comprends la finance, je n’ai jamais été un excellent élève en finance. J’ai planté mon cours de finance deuxième année. Je me souviens

à continuer

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Caillou – Invierno

J’ai vu des pastels de couleurs
J’ai vu la lune.
J’ai vu un mur jaune safran sur du ciel bleu.
J’ai senti du givre mouillé sur mes doigts
Ce matin.

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