Je continue à réfléchir à la productivité sur mon autre blog public. Rien de transcendant, je suppose, mais indéniablement une quête personnelle.
Daily Archives: 1 septembre 2008
Le Prisonnier
photo credit: kevinmarsh
[edit du 30-10-2013 : cet article était publié sur mon blog de développement personnel (Devperso.fr), je l’ai rapatrié désormais dans la rubrique « productivité » de blogthib.com – un edit de ce type signalera de tels articles]
Une pensée en passant, avant de retourner aux problématiques de tâches et autres systèmes de productivité :
essayer d’être plus productif, en croyant que cela nous permettra d’échapper au système, c’est en fait démontrer qu’on est englué dans le système.
Donc,
Revoir nos priorités.
Redéfinir même le sens de « priorité »
Y consacrer du temps, ne pas traiter ça à la va-vite, comme une ToDo à évacuer.
Qu’est-ce que je veux faire ? Qu’est-ce que je veux ?
Ignorer la première réponse. Ignorer la deuxième. Ignorer toutes les réponses rapides, celles qui arrivent comme des balles traçantes. Attendre – le temps qu’il faut – la fusée éclairante.
Magnolia Express – 4ème partie – #15
Sautillons sautillons
Il y a longtemps, quelques jours après que j’aie rencontré Aline, alors que je la connaissais encore peu, je devais la retrouver non loin de chez moi, il y avait un club de tennis à côté de la forêt et elle y jouait de temps en temps. Je laissai Libellule à l’entrée du petit chemin et me dirigeai vers le court n°3. J’avançais dans un couloir de verdure entre les courts et de temps en temps je jetais un coup d’œil dans la haie à droite, un coup d’œil à gauche, à travers le feuillage grillage on voyait des joueurs blancs sortis de la machine à laver et on entendait « OUT ! », « HAN ! », « Tiens mieux ton revers ! » ou bien simplement des rires.
Je m’acheminai donc benoîtement vers le court n°3, il était à une cinquantaine de mètres devant, quand soudain, jetant un coup d’œil distrait à droite, je ralentis, m’arrêtai, regardai franchement. L’homme se préparait à servir, il me faisait face tout au bout du court, faisant soigneusement rebondir la balle sur le terrain, se préparant à l’assaut. La jeune fille (jeune femme ?) me tournait le dos, attendait, bien campée sur ses jambettes qui dépassaient de sa jupette. Dans cette attitude, légèrement penchée en avant, immobile, elle semblait ne rien voir, ne rien entendre que le toc toc toc de la balle de tennis là-bas.
L’homme servit comme une brute, comme un vidangeur, il asséna son coup comme s’il avait voulu assommer un taureau avec sa raquette. Un éclair de jupette, un choc sourd et je vis la balle qui retournait à l’envoyeur avec autant de force tandis que la jeune fille (jeune femme ?) sautillait en attendant le coup suivant, elle était passée d’une immobilité totale à ce sautillement comme si elle était chargée à craquer d’énergie lumineuse, pleine d’impatience de chaleur de puissance de volonté, prête à se battre et à y prendre du plaisir. Pendant l’échange qui suivit, elle sautillait entre les coups, se replaçait rapidement, et puis elle partait d’un coup, plantait ses pieds fermement dans le sol et là, bien campée, le bras étendu, préparait son coup, dans lequel elle mettait toute cette énergie, ça faisait POW ! et on voyait des étincelles dans ses cheveux qui flottaient librement. L’échange s’est terminé quand le vidangeur du fond du court a raté la balle d’un bon mètre, il avait la figure rouge et transpirait, et elle, pendant qu’il ramassait deux balles, elle attendait, immobile à nouveau, et puis tout a coup elle a sautillé sur place, comme ça, pour rien, pour évacuer le trop-plein, et je me suis dit « Dieu tout puissant, mais quelle vitalité ! Quelle vitalité ! » Elle piaffait sur place comme un jeune fauve entre deux combats et j’étais admiratif, j’aime voir ce genre de choses, il existe encore des gens vivants, ceux qui ont faim, soif, qui ont envie que tout arrive, qui poussent des « Oh! » des « Ah! » devant la beauté toujours renouvelée de la vie et qui débordent d’énergie vitale, qui la communiquent aux autres comme un brasier qui s’étend dans les âmes et les consume d’une jubilation sans fin. On ne peut pas être mortel quand on éprouve ça.
Je repris mon chemin après un dernier coup d’œil, elle me tournait toujours le dos, sérieuse, concentrée, sans avoir vu son visage je sentais qu’elle devait avoir une vraie beauté naturelle. Mais je balayai vite ce bouillonnement de pensées, là-bas, au bout, m’attendait Aline, et rien d’autre n’était important.

Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.
Le roman, dans l’ordre, est là.
Talon d’Achille
Une petite entorse, c’est…
- une petite douleur, régulière, qui rappelle qu’on n’est plus si jeune
- une attention de tous les mouvements. Ma jambe gauche se muscle, car je l’habitue à porter tout le poids du corps, le pied gauche est toujours le premier que j’avance pour sortir d’un canapé moelleux ou d’un lit luxurieux
- des courbatures en pagaille, parce que le fait de ne pas poser le pied correctement, ça fait travailler quantité de muscles qui n’ont pas l’habitude de travailler
- un mal de dos, pour la raison ci-dessus évoquée
- une déprime due au fait que le bénéfice de tous ces entraînements d’été est en train de se diluer sous les pluies de fin août.
- sans parler des compétitions à annuler, des RV (médecin, podologue, rebouteux) à prendre
Petit coup de Calgon, là.
