Magnolia Express – 3ème Partie

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Tijuana, par JJ Cale, sur le CD Travel Log, Silvertone, 1990. Le disque est en vente ici.
Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Cars are Cars, par Paul Simon, sur le CD Hearts and Bones, Rhino Records, 2004 (réédition du 33T). Le disque est en vente ici.

Troisième partie :

Tijuana

 

 

 
If some of my homes
Had been more like my car
I probably wouldn’t have
Traveled this far


Paul Simon

Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l’ordre, est
.

Publié dans Romano | Laisser un commentaire

J’imprime pas pourquoi elle imprime pas

Je suis souvent philosophe (très probablement stoïcien), et je crois être peu matérialiste. Allez, on va dire : de moins en moins matérialiste. Je crois beaucoup au détachement, et je fais des efforts depuis des années pour atteindre le non-désir, l’ataraxie qui – paraît-il – est le seuil du bonheur.
Mais il y a un moment précis où je perds tout moyen, où j’ai envie d’aller me cacher sous une couette et de mourir. Littéralement. J’ai beau être entouré de personnes aimantes (et qui ne m’aimerait pas, franchement ? 😉 ), j’ai un sentiment de désespoir total.
C’est quand, après des heures (ou des minutes) de lecture d’une documentation, de bidouillage, de temps passé à comprendre, je me rends compte que ce bidule logiciel ou informatique ne marche pas. Ce qui me met en rage, puis immédiatement en dépression profonde, c’est que je ne comprends absolument pas pourquoi ça ne marche pas. Et je ne suis pas le premier baudet venu, j’ai connu MS-DOS et les disquettes 5″1/4, à mon époque, fallait faire Escape pour faire apparaître le menu sous Word, et anteslash 015 pour imprimer en petits caractères sous Lotus 123.
Là, ça vient d’arriver avec une imprimante multi-fonctions, elle a 3 mois, et – fou que je suis – j’ai décidé de remplacer la cartouche couleur. Il faut dire, elle était vide. Depuis cette vidange, pourtant recommandée par le manuel, l’imprimante bouffe le papier. Tout type de papier, elle est pas bégueule, elle prend ce qu’on lui donne sans rechigner. Alors je vais faire un dernier geste : je vais l’amener à un service après-vente, y perdre une demi-journée, et attendre probablement plusieurs semaines. Elle marchera quelques mois, puis il faudra changer la tête de delco, ou alors je commettrai l’erreur de télécharger un pilote plus récent, et je m’arracherai à nouveau les poils des bras (faute de mieux). Puis je jetterai le tout au panier, ou plutôt l’emmènerai à recycler, et plus jamais jamais jamais je n’aurai d’imprimante chez moi, ma santé mentale en dépend.
C’est probablement pour ça que je n’installe pas Linux Ubuntu. Trop peur.

Publié dans Informatique et Internet | Laisser un commentaire

Une rue

Il n’a rien d’aimable, ce matin.
Ciel gris et opaque, expresso comme une pierre dans l’estomac, la tête mal lavée des pensées de la nuit.
Et puis il y a cette rue, ce matin. Une ombre marche, loin devant. L’air est humide, presque doux. Et un grand calme. On s’entend marcher, on s’entend respirer. Même l’arbre où habite la famille de moineaux, petit immeuble de verdure, voisins pépiant, a des tons harmonieux, rassurants (allez lisse-moi ces plumes, maman je peux pas, elles rebiquent, mange-moi ces graines, dépêchez-vous, j’aime pas, on dit pas j’aime pas). La vie foutraque et sympathique, au milieu de cette rue timide et calme.
Et puis je débouche dans d’autres rues, des voitures à touche-touche au feu rouge, des lycéens qui parlent trop fort, un gars qui écoute un rap sur son téléphone portable. Un oiseau chante au loin, mais sans grande conviction, il sait qu’il est juste un des bruits, dans une des rues.

Publié dans Caillou | Laisser un commentaire

Jean-Pierre Coffe(e)

Mon classement des cafés.
Il ne s’agit pas d’un classement des origines des café, mais plutôt des manières de faire du café. Du meilleur au pire.

1. Expresso ristretto fait au percolateur dans un café en Italie.
2. Expresso fait avec une cafetière Nespresso.
3. Expresso fait au percolateur dans un café en France, uniquement si le percolateur est nettoyé régulièrement, et si le tenancier achète de l’arabica (sachant que le robusta coûte moins cher).
4. Expresso fait avec une cafetière italienne en alu.
5. Café fait avec une cafetière Bodum (à piston).
6. Expresso fait au percolateur dans un café en France, si le percolateur n’est pas nettoyé régulièrement et/ou si le tenancier achète du robusta.
7. Café fait avec une cafetière électrique à filtre.
8. Café soluble.

Publié dans Réflexions | Laisser un commentaire

Mini-novela – Icthyologie printanière

Je vis dans une ville enfumée. Le soleil y pénètre peu, et l’on y travaille beaucoup. Chaque matin, le métro emporte et dessert des employés déterrés et des chômeurs sans but. On ne lève pas les yeux. A quoi cela servirait-il de croiser les yeux d’un fou, ou d’un esclave ? Il suffit de se ménager son petit espace, à distance moyenne de chacun, le corps sait faire tout seul ce travail d’ajustement sans que l’on n’aie besoin de calculer, mesurer, jauger.
Dans cet océan de dos, de pieds, et de visages flous, ce matin, j’ai regardé quelqu’un. Il marchait dans un couloir du métro, et nous étions cent mille comme lui, à arpenter méthodiquement des couloirs sans fin, fourmis souterraines privées de reine. Tout en marchant, cet anonyme enleva son petit sac à dos et le prit à la main, découvrant par cette occasion tout le dos de sa veste sombre, au milieu de laquelle se trouvait une tache de couleurs.
Il avait un poisson d’avril scotché entre les omoplates, un petit poisson découpé dans je ne sais quelle réclame. J’hésitai, mais finalement, je ne lui signalai pas le poisson et je continuai mon chemin derrière lui, chacun de nos pas scellait une seconde de plus à l’horloge de nos vies. L’essence du poisson d’avril, c’est le non-dit. Le porteur ne doit pas savoir depuis quand il se promène étiqueté, l’observateur ne doit pas décider quand s’arrêtera le jeu.
Je ne dérogeai pas aux règles de cette ville : je poursuivis mon chemin, sans toutefois dépasser mon poisson-pilote, qui avait remis son sac à dos, masquant ainsi son poisson. Et quand il monta s’asseoir dans une rame de métro, je m’installai non loin de lui. Il posa son sac entre ses genoux, j’imaginai le poisson apparaissant et disparaissant comme un poisson-volant dans les vagues.
Quelques stations plus tard, il se leva, et j’eus le temps d’entrevoir la tache colorée avant qu’il ne plaque à nouveau le sac sur son dos en sortant du wagon. Tel un fil de pêche tendu à l’extrême, mon regard suivit ce marinier jusqu’à ce qu’il tourne au coin d’un couloir, et disparaisse dans un banc de voyageurs des profondeurs. La porte du wagon se referma brusquement, cassant brutalement ma ligne, et je perdis ce poisson à jamais.

Publié dans Novela | Laisser un commentaire

Promesses

Trop de promesses, trop d’accords donnés trop vite à trop de personnes. Vient un moment où l’on se dit : je suis au sommet de ma courbe, à partir de maintenant, si je ne fais rien, je ne vais que glisser vers le bas.
Cyrano aurait dû mourir au siège d’Arras.

Publié dans Perso | Laisser un commentaire

Poinçonnage

Il y a des personnes qui ont des voix assourdies, et d’autres qui ont des voix qui portent. Ces dernières n’ont pas besoin de crier : tout ce qu’elles disent s’entend parfaitement et clairement. Dans les restaurants, dans le métro, ces voix s’imposent à tous, alors qu’on aimerait bien, un peu, avoir sa bulle, pour lire le dernier Harry Potter (en anglais de surcroît), au hasard. Envie d’un brouilleur de fréquences de la voix, un peu analogue à ce désir.

Publié dans Réflexions | Laisser un commentaire

Garantie à vie

J’étais en train de dézinguer le sapin de Noël pour en faire du petit bois, et d’un coup, ça m’a frappé : un produit « garanti à vie », c’est un produit qui est garanti jusqu’à ce qu’il se casse, et pas après. C’est évident, mais je ne l’avais pas vu précédemment, du coup, j’étais prêt à payer plus cher des produits qui étaient « garantis tant qu’ils étaient pas cassés ». Je sais que les juristes argumenteront, mais quand même, quelle belle tautologie au service du marketing.

Publié dans Réflexions | Laisser un commentaire

Alpha et Omega

Dans certains groupes animaux (y compris certains groupes humains), il y a un mâle Alpha. C’est celui qui est le chef, et qui a le droit de se reproduire, soit de se reproduire tout court (pour les autres, c’est ceinture), soit de se reproduire en premier, c’est-à-dire de choisir la femelle la plus appropriée (caractères génétiques, jeunesse, mensurations). Dans certains groupes (par exemple chez les loups) il y a un mâle alpha et une femelle alpha. Ce lien, entre « je suis le chef » et « j’ai le droit de me reproduire », est intéressant, parce que la causalité peut-être dans les deux sens : autorité naturelle (je dirige, donc je brille, donc j’attire), ou droit de cuissage (mon pouvoir vient de la soumission des autres aux règles que j’ai / la société / la tradition a édictées).
Sachant qu’un poète a dit « je suis l’alpha et l’omega » pour dire « je suis le premier et le dernier, tout commencement et toute fin », je me dis qu’il faudrait étudier le mâle omega. Pas de responsabilité, pas de fatigue, pas de personnes à gérer : et si les mâles omega vivaient plus longtemps, plus sereinement ?

Publié dans Réflexions | Laisser un commentaire

Projet Augias – Terminated

J’en ai parlé depuis… grmmgmrmll… un an, presque. Quand je pense qu’à l’époque, je pensais que ce serait torché « la semaine prochaine, ou dans deux semaines (plouche ou moinche) », eh ben c’est plouche plouche plouche (dit-il en écrasant de ses bottes les vers à sable dans la vase de la plage de Villers-sur-Mer).

Projet Augias (dévoilé ici, il y a presque 4 mois…) :
Atteindre le zen d’une boite mail vide. Boite de réception vide vide vide. Tout a été traité, classé, jeté. (j’aurais dû commencer par jeté).

J’avais déjà parlé de la gestion des mails (préliminaires et Analyse) et donné quelques conseils (le ping-pong, le laisser-couler, comment écrire percutamment et son illustration) et aussi, tenté de quantifier.

Pour venir à bout de tous ces mails, j’ai appliqué

  • Tout ce que j’avais développé jusque là en termes de réflexions (cf. liens ci-dessus), plus quelques trucs que je n’avais pas mentionnés : utiliser un client de messagerie local plutôt qu’un webmail ; utiliser les filtres pour classer les mails dans des sous-merdes sous-dossiers ; utiliser des modèles de mails « pré-remplis » (cher XX, j’ai bien reçu votre honorée du tant, dont je réfute l’entier contenu », merci à Mangeclous pour cette référence) ; minuter mon temps, et quantifier le nombre de mails traités.
  • Les réflexions de Merlin Mann. Ce gars est un génie dans ce qui m’intéresse. Il a fondé 43 folders, qui parle beaucoup de productivité et de projets. Il a donné une conf aux cadres de Google sur le thème Inbox Zero, et un week-end, je me suis tapé les 54mn de vidéo de cette conférence. Brillant. D’abord, parce qu’il disait beaucoup de choses que j’avais découvertes par moi-même, donc brillant le gars. Ensuite parce qu’il disait des choses que je pratiquais peu ou pas. Eteindre son logiciel de messagerie régulièrement. Se fixer deux règles : ne l’ouvrir qu’une fois par heure (par exemple) ; quand on l’ouvre, traiter des mails (pour éviter le côté « Tiens, je vais voir si j’ai des mails, ah oui, 3 nouveaux, bon, OK, je traiterai ça plus tard »). Je me suis astreint, à chaque fois que je lançais mon logiciel de messagerie, à me dire « je ne quitte pas ce logiciel avant d’avoir fait baisser le nombre de mails dans la boite de réception (évidemment, en-dessous du dernier chiffre que j’avais constaté : si en ouvrant, j’avais 12 mails à traiter, +3 qui tombaient, je devais arriver à 11 ou moins à la fin) ».

OK, je vous ai menti. Ce serait la première fois, je crois. Il me reste 2 mails, dans le sous-dossier @Action. Mais attendu que ces mails datent respectivement du 11/07/2005 et du 07/11/2002, on peut considérer qu’il ne sont pas hyper-urgents. Même si je les traiterai, un jour…

Ma boite de réception est vide.
C’est beau.
(silence)

Je commence déjà à m’ennuyer.

Hahaha ! Joke, joke !!

Publié dans Productivité | 5 commentaires