Category Archives: Perso

Silent night, holy night

Je l’avais déjà dit, je le pense à nouveau.
Et puis aussi, en combinant nanotechnologies et implantologie : avoir un bouton « volume », près des oreilles, qui me permette de réduire le bruit du monde ambiant, voire de mettre le potentiomètre sur zéro. Heureux comme un poisson dans son bocal, à regarder les humains s’agiter et ouvrir la bouche.

Entre gris clair et gris foncé

(merci à Jean-Jacques Goldman pour le titre)

  • Côté pile : je suis pris par un virus déchirant, qui me transforme la tête en coucourde, je suis tellement bourré de médicaments que je n’ai plus besoin de me nourrir par ailleurs.
  • Côté face : je reste chez moi.
  • Côté pile : à bosser.
  • Côté face : iTunes, notamment Paul Personne, Ben Harper, JJ Cale, Mecano.
  • Côté pile : Noir désir, Manhattan transfer…
  • Côté face : je détruis tous les morceaux que j’aime pas, je fais le vide, Getting Things Done ! (m’en fous, j’ai les CDs)
  • Côté pile : c’est bien les todo listes, mais ça lasse vite.
  • Côté face : j’avance dans mon travail. Péniblement, mais j’avance. Et je prends des notes sur « comment faire les choses qu’on n’a pas envie de faire ».
  • Côté pile : il fait gris.
  • Côté face : je suis en train de construire la Feuille de Tableur Ultime, toute la finance en une feuille, avec des relations que moi-même je sais plus ce que j’ai fait, mais tout boucle, tout retombe sur ses pieds, je suis un Docteur Frankenstein en train de créer une vie artificielle, logique, précise, et je peux la faire évoluer, lui imposer Ma Volonté. Aujourd’hui, une feuille de tableur, demain le monde, après demain, je verrai que tout cela était bon et je prendrai un jour de repos.
  • Côté pile : tout le monde s’en fout, je suis un génie méconnu.

Coup de calcaire, coup de soleil, et projets 2008

Mon projet à court terme (ce week-end) :

  • DORMIR

Mes projets à 1 mois :

  • M’exposer au moins une heure par jour au soleil, avec un livre.
  • Recommencer à courir régulièrement.
  • Mettre au point ma formation « gestion du temps / de l’agenda / des urgences ».
  • Préparer mes cours avec suffisamment d’anticipation pour éviter… les urgences.

Mes projets sur l’année :

  • Ecrire régulièrement pour le Projet Prométhée. Objectif : terminer le manuscrit pour août.
  • Reprendre la mise en ligne de Magnolia Express.
  • Prendre du temps à perdre du temps avec les autres, pour en gagner.

Je continue à travailler sur la méthode GTD, et je viens de reprendre le livre de S. Covey sur « les gens à qui tout réussit » (quel titre, mon dieu…). Derrière cette quête de la productivité, il y a bien évidemment une quête de priorités de vie, de valeurs profondes qui donnent du sens à nos actes. Vous pensez bien, si c’était uniquement pour savoir gérer ses mails, ça ferait longtemps que j’aurais lâché l’affaire. La suite viendra donc, dans des thibillets que j’essaierai de faire courts (et j’ai pas trop de temps, non plus). Le prochain : comment capturer tout dans un système simple, exhaustif et motivant.

600ème thibillet – Point d’étape

Voilà 600 thibillets.
Comme le 500ème, le 400ème, et les précédents, j’essaie, dans ce thibillet spécifique, de faire un point d’étape.
Celui-là n’est pas drôle, ni triste, il est juste factuel. Tu vas me pardonner, je vais te parler de moi (Haha ! c’est un changement ! Haha !). Bon, ta gueule, là je te parle de moi.

Ce mois de janvier, je suis environné par la mort.

  • Un homme de 47 ans, de mes connaissances, en bonne santé physique (il courait, faisait de la boxe) s’est arrêté sur un chemin pour reprendre son souffle après un jogging avec un copain. Quelques heures après, des promeneurs retrouvaient son corps, victime d’une crise cardiaque, trop tard pour faire quoi que ce soit, évidemment.
  • Une femme d’une quarantaine d’année, de mes connaissances, en instance de divorce, avec 4 enfants, fait un arrêt cardiaque et tombe dans le coma.
  • Une amie, d’un peu plus de 35 ans, subit une intervention chirurgicale pour nodules cancéreux dans la thyroïde. Elle s’en sort avec une moitié de thyroïde, c’est une super chance, elle n’aura pas de traitement 🙁
  • Une autre amie a vu mourir son enfant, et elle doit vivre avec ça chaque jour.
  • Une autre amie, subit depuis presque 20 ans les conséquences de son cancer, traité par radiothérapie. Je ne suis pas sûr qu’elle vive longtemps.

Maintenant, je vais te parler de moi, une bonne fois pour toutes. J’ai perdu ma mère quand j’avais 5 ans, j’ai perdu mon père quand j’avais 6 ans.
Si tu veux voir le côté positif des choses, ça fait depuis ce moment-là que j’ai un portefeuille boursier.

Mais ce n’est pas mon propos actuel.
Je suis dans l’année de mes 40 ans, je vis entouré de la mort (et mon petit doigt me dit que la tendance va s’accentuer au fil du temps… 😉 ) et tout à coup, ce jour un peu libre, j’entends Joe Dassin, que mes parents écoutaient avant moi.
(j’ai la chanson, qui est plus dynamique que les paroles ne le laissent supposer. Joe Dassin était vraiment bien.)

On est à peine un gosse qu’il faut déjà grandir un peu
On est à peine un homme que l’on se sent devenir vieux
On veut forcer la chance, on veut changer la vie
Et on s’en va, et puis on s’en va
Et puis la vie nous change, on n’en a plus envie
Et on s’en va, on s’en va

La terre promise, on ne la voit que de loin
La terre promise, c’est toujours pour demain
Quand on s’arrête sur le bord du chemin
Voilà qu’on nous réveille de nos rêves avant la fin

Le jour ou l’amour passe, on croit que l’on s’envole
Et on s’en va, et puis on s’en va
Mais les amours se cassent, le rêve dégringole
Et on s’en va, on s’en va

La terre promise, on ne la voit que de loin
La terre promise, c’est toujours pour demain
Quand on s’arrête sur le bord du chemin
Voilà qu’on nous réveille de nos rêves avant la fin

Nos amitiés finissent souvent au bout de la saison
Et toi mon vieux complice, quels vents d’hiver t’emporteront ?
On entre dans la ronde, on y fait quelques pas
Et on s’en va, et puis on s’en va

Le temps d’une seconde et c’est la fin du monde
Et on s’en va, on s’en va.

Dark City

Je me souvenais hier de ce film, avec William Hurt : dans une ville façon années 50, tout le monde travaille, y compris ce lieutenant de police, qui enquête sur un truc un peu mystérieux. Il se déplace dans des rues obscures, il y pense dans sa chambre la nuit. Peu à peu, il en vient à se rendre compte que toute la ville est plongée dans la nuit, depuis toujours, sans que personne ne s’en rende compte : ils se lèvent quand il fait encore nuit, prennent des métros souterrains, vont travailler dans leurs bureaux sans fenêtres, et quand ils sortent le soir, ben évidemment, il fait nuit. Lui se rend compte qu’il fait toujours nuit, qu’il ne peut plus se souvenir d’une journée de lumière.
Depuis décembre, à quelques exceptions près, je vis dans Dark City.
Et je me suis rendu compte que je fais partie de cette petite frange de la population qui souffre de ce syndrome saisonnier de manque de lumière.
Quand je dis « qui souffre », il faut bien entendre « qui souffre ».
Je me suis documenté (merci Grougleuh), et je vous livre quelques conclusions, confirmations de ce que je savais déjà ou réelles découvertes :

  1. Les UV dans les salons soleil ne servent à rien, sinon à donner bonne mine (donc, peut-être, indirectement, à améliorer le moral social, mais ça s’arrête là)
  2. Le déficit de lumière est une réalité, qui se traite, avec un grand flou entretenu par les vendeurs de produits de luminothérapie (luxthérapie) :
  • Les « simulateurs d’aube » servent à rétablir les rythmes jour / nuit, en agissant sur la Mélatonine. Utile en cas de troubles du sommeil, ou décalage horaire. Lire « Guérir », de Servan-Schreiber.
  • Les « ampoules lumière du jour » sont une escroquerie marketing, par travestissement du discours. Vendues au rayon « luminothérapie », ce sont en fait des ampoules qui permettent de voir les vraies couleurs, comme si elles étaient à la lumière du jour. Aucun effet thérapeutique à ma connaissance.
  • Les lampes de luminothérapie servent à donner la dose de lumière dont on manque en hiver, et agissent sur la sérotonine (« l’hormone du plaisir » ! C’est Paris-match qui le dit, alors, c’est le pois-démo). D’après mes lectures, on a besoin d’au moins une heure de luminosité à 5 000 lux, voire 10 000 lux. La lumière agit par les yeux, et les UV ne servent à rien. Donc, une cabine de bronzage avec lunettes de protection, c’est l’opposé de ce qu’il faut faire… Inconvénient de ces lampes : sont volumineuses, et chères. Tout est relatif : je viens d’en trouver une à 189 €. Allez, si l’Eurostoxx est remonté depuis que j’ai acheté au plus bas (hier à 14h), je peux me la payer 😉

Pour plus d’info (sur la luminothérapie, pas sur l’investissement boursier…), wikipedia, encore et toujours.

Petit Papaaaaa Noyeeeeel…

Mon cadeau rêvé pour cette fin d’année : un brouilleur de portable. Rien d’autre, j’ai tout eu dans ma vie, et ce que je n’ai pas eu, je le prendrai. Juste un brouilleur de portable, pour réduire le bruit ambiant. Parce que la FNAC en décembre, ou les wagons de trains de banlieue toute l’année, c’est plus qu’une épreuve, c’est un sacerdoce.
Tiens, une devinette : à quoi sert le pénis des félins ?

ça m’amuse

ça m’amuse, car je suis mon propre prisonnier.
Prisonnier de quantité de choses, je vous le résume, essentiellement prisonnier des engagements que j’ai pris vis-à-vis des autres.
Et ils ne s’en privent pas, les ragondins, pour réclamer leur dû.
Mais ce qu’ils croient être leur dû, c’est mon temps, c’est mon sang.
Etonnez-vous après que je travaille autant sur la productivité. Le but n’est certainement pas de trouver des trucs ultimes pour mieux gérer son temps : j’ai dépassé ce stade-là, qui nous confine au rang de bêtes. La vraie quête est celle de notre propre but dans la vie. Et y a du boulot.
Donc je ne poste pas, parce que ça n’est pas mûr.
Mais je progresse. Et je ne vous oublie pas, mes vampires 😉
(ou mes symbiotes, cf. la stratégie du champignon)

Flapi

Trop de choses, trop de vélo, trop de grisaille.
Ce soir, j’ai retravaillé à Magnolia en buvant du bourbon.
Du coup, ça va un peu mieux (non, c’est pas à cause du bourbon).

Requiem

Je t’ai perdue de vue, ou plutôt, on s’est perdus. Tous les mois, plus ou moins, je tapais ton nom dans un ou deux moteurs de recherche. Je tombais toujours les mêmes pages, professionnelles, immuables, tu n’étais qu’une page web qui est modifiée par un administrateur quand ça lui chante, ou quand il y a une mise à jour, bref, à peine une fois par an.
Cette nuit, je t’ai retrouvée.
La même requête, les mêmes pages de résultats, le même CV.
Et puis, quelques liens, dont une nouvelle page. Tu étais revenue au monde, pas pour moi, non, non 🙂 juste parce qu’après quelques années de bonheur, tu voulais partager.
J’ai vu des photos, du soleil, des enfants. J’ai appris des prénoms.
Qu’est-ce que je cherchais, au juste, pendant toutes ces années ?
A peu près ce que j’ai trouvé cette nuit, vers 5h du matin (le contraste entre les plages et mon bureau glacial était amusant)
Magie d’Internet, encore une fois. Tu ne pouvais pas disparaître à tout jamais, j’attendais de te revoir.
C’est fait.
J’en serais presque apaisé.

Ma demi part fiscale

Ce matin, ma fille (qui ne sait pas encore lire) avise une enveloppe que je tenais à la main.
– Papa, qu’est-ce qu’il y a écrit là ?
– Centre d’encaissement du Trésor Public.

Elle me regarde, l’air très intéressé :
– Il y a vraiment un trésor ?!

– … ! Oui, ma chérie, il y a vraiment un trésor en France, et il est très gros.
– C’est génial !

Il suffirait de très peu, vraiment, pour que je paie mes impôts le sourire au lèvres. L’émerveillement du Trésor public, je l’avais jamais eu. Les vrais poètes sont les enfants.

J’ai plus de souvenirs que si j’avais 1 000 ans

Un de mes amis a eu un crash de disque dur. Il m’a demandé si je pouvais retrouver dans mes archives les fichiers des nouvelles qu’on avait rédigées ensemble. Je me suis donc attelé à la tâche (car pour ma part, j’ai beaucoup sauvegardé, souvent, ce qui limite l’impact des crashs que j’ai pu subir). J’ai notamment commencé à exhumer mes mails depuis… 1998 (avant cela, je n’ai que des impressions papier, pas de fichiers). J’ai retrouvé quelques fichiers de cet ami, c’est toujours ça de récupéré. Mais j’ai aussi ouvert la boite de Pandore. Certaines correspondances que je savais exister, mais que je n’avais pas regardées depuis des années ; certains messages que j’avais oubliés ; certaines relations, et leurs souvenirs, et leurs douleurs. Je m’en suis pris plein la tronche. Désormais, j’y retourne un peu plus doucement, dosette par dosette, un peu comme le démineur qui dégage très précautionneusement la bombe prête à exploser.

Désormais tu n’es plus, ô matière vivante
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante
Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux
Oublié sur la carte et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

Charles Baudelaire, Spleen, Les Fleurs du Mal.

Odessa


Depuis que mon magasin a brûlé,
Je peux voir la lune.

(je cite de mémoire, je crois que c’est un haïku de Bashô).

Une petite fin

Voilà, c’est fait, le silence s’est à nouveau abattu dans les rues françaises.
Avec peut-être une petite différence.
Samedi dernier, il y avait un vrai espoir, une vague populaire, on était tous dedans, même ceux qui n’y connaissaient pas grand chose. Et le match de samedi dernier a laissé beaucoup d’amertume. Je résume : ce n’était pas un très beau match, les Français auraient pu gagner, on avait un goût de ratage à peu de choses près.
Ce soir, c’est un peu autre chose. Il y a eu une première mi-temps très virile, où l’on sentait que les deux équipes avaient la rage d’en découdre. Il y a eu des gestes très déplacés, des deux côtés (non, franchement, Elissalde… Et toi, Ibanez, rhhooo…), mais le rugby élégant, c’est une pensée d’homme sans désir.
Et puis cette fin de première mi-temps, qui durait, durait. Une attaque française, rageuse, contre un mur tout aussi désireux d’en découdre. Et les coups de sifflet de l’arbitre.

Et la deuxième mi-temps, avec tous ces essais (hélas, peu équitablement répartis).
Plus le temps passait, plus j’étais silencieux, probablement comme beaucoup de compatriotes. Et puis ça s’est terminé, au bout du temps règlementaire.
J’ai fait comme tout le monde, j’ai regardé les images jusqu’à la lie.
Je suis content de ce match. Il a été vivant, acharné. Les gagnants méritaient clairement de gagner, ils se sont très bien battus, et même si j’aurais aimé que la victoire soit française, je ne peux que reconnaître la supériorité de cette équipe argentine.
Tout est toujours bon pour apprendre de nouvelles choses.
La leçon du jour ? Remets-toi toujours en cause. Regarde souvent derrière toi, s’il n’y en a pas un qui est en train de gagner du terrain. Prépare-toi toujours comme si tu étais le dernier. Pense à tous ceux qui voudraient avoir ta place. Si tu perds ta place, c’est qu’un autre la méritait plus que toi. Trouve ta place, et quand tu l’as trouvée, défends-la bec et ongles.
Et comme disait Sir Winston : n’abandonne jamais.