Une fois que tu as tiré la flèche,
Ferme les yeux, rentre à l’intérieur de toi-même,
Le travail est fait, et tu ne contrôle plus rien.Alors, considérant cela,
Réfléchis longtemps, et concentre-toi,
Et tiens compte de chaque élément,
même le plus insignifiant,
Avant de tirer la flèche.Que ta vie soit un arc,
Tendu et intègre,
Dédié entièrement à la cible.
Que tu entendes le bruissement des saules,
Le frémissement des herbes,
Le cri du geai.Que la flèche contre tes lèvres
Te murmure l’idée de la perfection
Et que tu goûte à cette idée
Par les veines du bois jeune.Et puis que soudainement,
Par ton choix, sans choisir,
Le temps te dise que c’est le temps
Tes doigts relâchent la corde
La flèche te quitte
Et tu n’as même pas besoin de voir où elle va.
Tu as fait ton travail.
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Epeire diadème
Depuis plusieurs jours, une araignée a fait sa toile entre mon abri de jardin et ma boite aux lettres. C’est une très belle toile, très grande, probablement la plus grande que j’aie vue à ce jour. Elle est structurée, aérienne, et vaste. Je l’observe chaque matin avec plaisir. De temps en temps, l’araignée est au centre, capitaine de son vaisseau impalpable ; d’autres fois, elle est rencognée dans une rainure de l’abri de jardin, une patte connectée à la toile, des fois qu’il y aurait un appel nocturne.
Quand j’ouvre ma boite aux lettres, cela distend un peu la toile, je le fais doucement, je prends mon courrier dans la porte entrebaillée, et je referme aussi doucement. La toile se retend, l’araignée n’a pas bougé, on se comprend, elle et moi.
Une cathédrale de fils aériens.
Gaudi à huit pattes.
Beaucoup de mes soucis actuels s’évanouissent face à ce tissage évanescent.
Ma télévision
Je suis en vacances, donc je travaille, mais je travaille sur des projets personnels.
J’ai un lieu de prédilection, une brasserie wifi avec terrasse à 10 minutes à pied de chez moi. Ils me connaissent bien maintenant : le pourboire récurrent est la meilleure manière de se faire connaître, et le retour sur investissement est incomparable en terme de qualité de vie.
De ce rade, je domine le monde.
- Je me connecte quand je le veux, mais avec discipline (j’essaie d’éviter le zapping compulsif)
- J’écoute ma musique sur mon Mac, pour contrer la soupe télévisée diffusée en continu, je suis dans une bulle musicale personnelle
- Enfin, et surtout, je vois le monde qui bouge autour de moi.
Je suis toujours face à une baie vitrée, c’est ma télévision sur le monde : qu’il pleuve de la nuit noire sur les pavés, que le soleil bécote les façades, je vois tout, je profite de tout. Des petites filles de 3 ans avec des couettes et des petites robes ; des retraités à casquette ; des jeunes grand-mères avec leurs poussettes de courses. Et à l’intérieur, le nain qui vient boire ses demis tous les jours ; des mafieux gominés qui croient avoir l’air respectable ; des lycéennes délurées avec des iPhones ; des petites veuves chenues dont la distraction du jour est de venir boire un chocolat chaud.
Je suis chez moi.
Le Styx
Ce n’est pas un projet, c’est une contrainte. Cela m’a empoisonné plusieurs journées, et nuits, depuis plusieurs mois. C’est avant tout une date. Quand j’aurai franchi le Styx, ça ira bien mieux, mon année commencera vraiment. D’ici là, je compte les jours…
Voilà à quoi je passe mes week-ends (2)
ESCP-EAP running from Christophe Thibierge on Vimeo.
J’ai dû passer 2h sur le montage vidéo, et 3-4h à essayer d’obtenir une vidéo de bonne qualité sur Internet.
Google vidéo ne marche pas bien, dailymotion non plus, [edit] ni YouTube, tous étant de qualité discutable… Si quelqu’un a une idée pour transférer une vidéo de bonne qualité (3 à 4 gigas pour 2 mn de vidéo, en DV ou AVI…) et qu’elle ne se retrouve pas totalement floutée sur le site de diffusion après coup, je suis intéressé… Merci à Capi, qui m’a orienté vers Vimeo : la fenêtre donne enfin une vidéo de qualité satisfaisante, même en mode plein écran. [fin d’edit]
Voilà à quoi je passe mes week-ends (1)
Talon d’Achille
Une petite entorse, c’est…
- une petite douleur, régulière, qui rappelle qu’on n’est plus si jeune
- une attention de tous les mouvements. Ma jambe gauche se muscle, car je l’habitue à porter tout le poids du corps, le pied gauche est toujours le premier que j’avance pour sortir d’un canapé moelleux ou d’un lit luxurieux
- des courbatures en pagaille, parce que le fait de ne pas poser le pied correctement, ça fait travailler quantité de muscles qui n’ont pas l’habitude de travailler
- un mal de dos, pour la raison ci-dessus évoquée
- une déprime due au fait que le bénéfice de tous ces entraînements d’été est en train de se diluer sous les pluies de fin août.
- sans parler des compétitions à annuler, des RV (médecin, podologue, rebouteux) à prendre
Petit coup de Calgon, là.
Les odeurs de la Corse
Figuier
Eucalyptus
Menthe sauvage
Immortelles
et en plaine :
Lauriers roses
The end of a perfect day
Puis enfin c’est le soir, assis devant leur maison
Les concierges déclarent avec satisfaction
« Il fait bon ».
Dans le ciel assombri, les hirondelles font,
En poussant des petits cris, une partie de saute-moucherons
Il fait bon.Les Frères Jacques, Il fait beau,
Paroles: Jacques Grello. Musique: Guy Béart.
Héliotrope II
Quand le soleil s’est levé là-bas derrière Pantin
ça n’a été qu’un cri dans le petit matin
« Il fait beau ».
Les oiseaux de Paris filochant ventre à ciel
Aux quatre coins de la ville ont porté la nouvelle
« Il fait beau ».
De la Muette à Pigalle, on se l’est répété
Une bonne nouvelle ça vaut le coup d’en parler
« Il fait beau, il fait beau ».
Et tout Paris bientôt fredonne obstinément
Ce refrain de trois mots monotone et charmant
« Il fait beau », tout le monde est content.Les Frères Jacques, Il fait beau,
Paroles: Jacques Grello. Musique: Guy Béart.
Et aussi Héliotrope.
Projet Thanatos
J’aimerais bien écrire mon épitaphe, ou plutôt, mon discours d’adieu, le truc qu’on pourrait lire quand je serai mort. C’est pas tant que je me méfie de ce que mes proches diront de moi, mais comme ils livreront des versions différentes (toutes vraies en partie), j’aimerais juste rajouter ma version, une touche de peinture de plus sur le tableau.
14 610 jours
Il y a des gens qui dépriment au moment du passage d’une dizaine, ils pleurent avant, dépriment pendant, et remâchent après. Pour ma part, même si je n’ai pas atteint tous les objectifs que je m’étais fixés il y a 1 an et demi (le projet Phénix est dans les choux, et Prométhée a du mal à atteindre la vitesse de croisière), j’ai quelques point d’étape satisfaisants (projets Mercure et Magnolia).
Mon frère me donne ce matin LA citation :
« Maintenant, j’ai passé l’âge de me faire repasser par des petits cons »
La tante Léontine dans « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages », de et par Michel Audiard.
Bref, ça baigne.
Caillou – Ephémère
Mon cerisier
Flamme blanche et parfumée
Encens dans l’azur.
Et le jour où je mourrai…
… le nombre de personnes qui diront « je le connaissais bien ».
Pfuh.
Madonna
If we took a holiday
Took some time to celebrate
Just one day 7 days out of life
It would be, it would be so nice…
Promesses
Trop de promesses, trop d’accords donnés trop vite à trop de personnes. Vient un moment où l’on se dit : je suis au sommet de ma courbe, à partir de maintenant, si je ne fais rien, je ne vais que glisser vers le bas.
Cyrano aurait dû mourir au siège d’Arras.

