Magnolia Express – 3ème Partie – # 21

Les îles enchantées
 
Après son tour de chant, après qu’il eut joué du yukulélé debout sur une table en tapant du pied, qu’il eut été porté en triomphe dans toute la grange et à l’extérieur, Bob passa entre les tables, les hommes lui donnaient des bourrades affectueuses, les femmes lui parlaient en le regardant un peu par en-dessous, mais lui gardait l’air de celui qui ne voit rien, rêveur détaché du monde. Enfin il arriva vers notre table, où Vieux Bill lui faisait de grands signes. Il s’installa à côté de Conrad, qui commanda une bière et la lui servit.
– ça a l’air de sacrément dessécher le gosier …
– C’est rien de le dire, partner, c’est rien de le dire.
 
Il se tourna vers Vieux Bill :
– Comment va Théa ?
– Toujours le grand amour, je suppose. En tout cas, elle reste avec lui.
– C’est bien, sourit Bob.
Vieux Bill nous présenta collectivement (« Des pèlerins, Bob, des pèlerins ») et l’on trinqua. Conrad n’avait d’yeux que pour la guitare que Bob tenait doucement entre ses jambes :
– Sacré instrument, dit-il avec une moue admirative, la dernière que j’ai vue, c’était il y a une dizaine d’années, chez un vieux polonais brocanteur, à Petaluma, lui même la tenait d’un chercheur d’or …
Bob redressa la tête, l’oeil allumé :
– C’est celle-là même, partner. Je l’ai échangée contre le yukulélé de mon grand-père, il y a neuf ans.
– Pour une coïncidence, grommela Conrad d’un air amusé. Il se grattait le crâne en regardant cette guitare, un peu attendri de ces retrouvailles, comme un ours sentimental qui retrouverait un vieux copain. Bob et lui se mirent à parler musique, survolant le delta du Mississippi, les bayous de Louisiane, et Conrad évoqua ces pays lointains :
– Tu devrais aller jouer là-bas, vieux, ils ont besoin de toi …
Bob soupira, fit glisser rêveusement une main sur la partie métallique de sa guitare.

– Tu sais, il y a peu de gens qui apprécient ce type de musique… J’en ai fait ma vie (je me demande parfois si la nuit, je ne joue pas pour mes compagnons de rêve), mais, par moments, j’ai l’impression … d’être un homme analogique dans un monde numérique. De ne plus vraiment avoir de place.
Et en disant cela, il tenait un pan de sa jaquette, le regardait d’un air songeur, le laissait retomber.
 
Allons bon, me dis-je, une me en peine.

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Le roman, dans l’ordre, est
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Magnolia Express – 3ème Partie – # 20

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Dead cat on the line, par Bob Brozman, sur le CD Blues Reflex, Ruf, 2005. Le disque est en vente ici.

Marée humaine
 
Au moins une fois dans ma vie, je le dis, j’aurai vu une assemblée se soulever comme la mer, avec un grand appel, une foule animée, chaleureuse, lançant des vivats à un petit musicien de cambrousse qui faisait résonner sa guitare sur scène.

Bob Brozman jouait des valses twistées,
des chants tahitiens langoureux,
des blues purs,
ça racontait des exploits de John Henry, le colosse qui bâtissait des voies ferrées tout seul,
ça parlait d’un fantôme qu’il avait rencontré dans le moteur d’un autocar Greyhound, « coincé là comme un génie dans une bouteille de bourbon »,
et le jour où l’on avait voulu attaquer sa guitare à l’ouvre-boîtes (mais l’ouvre-boîtes s’y était cassé les dents),
et les îles enchantées où-les-paupières-des-femmes-sont-des-rideaux-d’amour,
tout cela nous remuait les zygomatiques, la salle ronronnait doucement entre les vivats, on était comme en famille, allez, l’Homme n’est pas foncièrement méchant.

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Le roman, dans l’ordre, est
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Magnolia Express – 3ème partie – # 19

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de One steady roll, par Bob Brozman, sur le CD Blues Reflex, Ruf, 2005. Le disque est en vente ici.

Ballade
 
Au fond de la salle, une lumière s’alluma, dévoilant une petite estrade de bois. La rumeur s’adoucit brusquement, on entendait encore un ronronnement de conversations, les bouteilles de bière qui tintaient, le bruit des chaises sur le plancher de bois. Puis un jeune gars arriva en costume, avec une jaquette sombre et une chemise immaculée, comme une gravure de mode des temps anciens. Il portait deux étuis noirs, brillants, un grand et un petit. Il s’installa sur l’estrade, à califourchon sur une chaise, et sortit de son grand étui une guitare d’acier étincelante, une de ces antiquités sonores issues du delta du Mississippi.
National Style N… 1931, souffla Conrad avec respect, et Vieux Bill hocha la tête.
 
Le gars-gravure gratta un ou deux accords, puis commença à jouer un blues javanais, une musique d’accompagnement sautillante et glissante sur laquelle il chantait avec une voix de basse ronde et chaude :
 
Quand j’ai acheté ce vieux frigo
Bon sang y faisait si chaud, si chaud
Que du Kentucky à L’Ohio ou-oh
Les bières me demandaient à boire, à boire
 
Oh mon frigo ou-oh
Mon vieux copain, mon vieux poteau
J’te porterai dessus mon dos ou-oh
Du Kentucky à l’Ohio
 
Tu sais nous on est des cheminots
Jamais d’maison jamais d’repos
Juste une galette jambon-fayots ou-oh
Dégustée su’l bord d’un trottoir, trottoir
 
Oh mon frigo ou-oh
Mon vieux copain, mon vieux poteau
J’te porterai dessus mon dos ou-oh
Du Kentucky à l’Ohio

Puis un solo époustouflant, où le gars utilisait la caisse de résonance comme une percussion tandis que ses doigts couraient avec vélocité sur le manche, ça faisait dzing dzing TAC toing tong BOUM TAC et la salle chahutait joyeusement en rythme, le plancher en vibrait.

Quand s’ra venue l’heure du tombeau
Ne pleurez pas, pas de sanglots
Enterrez-moi ‘vec mon frigo ou-ho
rempli ras-bord de bières à boire, à boire …
Oh mon frigo ou-oooooh…
 
Arriva un second solo pas piqué des hannetons, et tout en jouant, le gars-gravure se balançait légèrement, on voyait les pans de sa jaquette qui battaient la mesure. Et tandis que ses doigts glissaient le long des cordes, tandis qu’il était environné de cette musique tintinnabulante, il fredonnait pour lui tout seul, hors du temps, il lâchait juste de temps en temps un Wouap Wouap rocailleux, la musique était sa rivière de chercheur d’or.

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Le roman, dans l’ordre, est
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Mine de crayon

On nous rebat les oreilles de développement durable, et je suis comme tout le monde, je fais mes petits efforts, je remplis le lavabo d’eau chaude quand je me rase au lieu de laisser couler l’eau, je trie mes déchets, je n’imprime que le strict nécessaire.
Mais il y a des choses qui me trouent.
J’ai un crayon à papier, fourni par mon institution, avec le logo qui va bien. J’ai récupéré un taille-crayons aux fournitures, le modèle de base, une lame, corps doré, c’est l’utilisateur qui tourne d’un mouvement vif du poignet.
Eh ben merdre. La mine du crayon casse à chaque fois. Alors Zuip zuip zuip, je retaille, et snap, ça re-casse, je me retrouve avec un bout de graphite en degré de liberté.
Donc, je souligne une chose évidente : le temps où nous aurons tous une conscience environnementale, sera le le temps où nous aurons tous une conscience environnementale. Depuis le fabricant de crayons à papiers jusqu’à l’utilisateur final, en passant par le responsable des achats (à ce propos, un lien utile, hop).
Parce que ce serait tellement facile de me ruer sur les porte-mines en plastique made in china qu’on n’a pas besoin de recharger, on les jette, ils sont incinérés et deviennent des jolies petites particules dans les poumons de nos enfants. Mais moi je veux pas. Au risque de réduire ma sacro-sainte productivité.

Spam

Après un temps de silence (qui pourrait se renouveler), devperso.fr a accouché d’un billet. Comme quoi, ça valait la peine, d’acheter un (trois) nom(s) de domaine. Je suis un financier, je m’engage dans des trucs à coup sûr !

Les 10 axes d’un travail salarié

[edit du 30-10-2013 : cet article était publié sur mon blog de développement personnel (Devperso.fr), je l’ai rapatrié désormais dans la rubrique « productivité » de blogthib.com – un edit de ce type signalera de tels articles]

Beaucoup de méthodes d’organisation personnelle sont fondées sur les priorités. C’est très bien, mais il faut alors définir quelles sont nos propres priorités, ce qui demande de revenir sur ses choix, analyser son existence, et voir dans quelle mesure on fait ce que l’on voulait faire. Cela peut évidemment nous amener très loin, chacun s’analysant et se découvrant au fur et à mesure.

Dans ce billet, je souhaite parler du travail (au sens de poste) que l’on a choisi. Au fil des années, j’ai mis au point un petit outil d’analyse qui peut aider à :

  • mieux choisir son travail
  • mieux comprendre ce qu’on aime / n’aime pas dans son travail
  • aider à changer de travail
  • définir ses priorités

Je le partage avec vous ici, pour réflexion.

Selon moi, tous les emplois peuvent être classés / notés sur 10 axes. Ces axes sont :

  1. Le salaire et les avantages (notes de frais, voiture, téléphone portable…)
  2. L’intérêt intellectuel du travail.
  3. La disponibilité que ce travail nous laisse par ailleurs (= horaires, mais aussi travail à la maison le soir, le week-end…)
  4. Le pouvoir que l’on subit : est-on sous les ordres d’un chef ou non, et quelle est notre liberté de décision.
  5. Le pouvoir que l’on impose : a-t-on du pouvoir sur les gens (subalternes) et sur les événements ?
  6. Reconnaissance sociale. Quand dans un dîner, on répond à la question « que fais-tu dans la vie ? », comment est-on perçu socialement ? (médecin, avocat, vendeur, journaliste…) Cela peut aller jusqu’à la « fierté d’appartenance » à une entreprise (merci Laeren pour cette idée !).
  7. Sécurité de l’emploi.
  8. Ambiance dans le travail : relations avec les collègues, ambiance sympa ou tendue, a-t-on des collègues que l’on voit en dehors du travail…
  9. Alignement avec « une bonne vie », sentiment que l’on sert à quelque chose, que l’on contribue à un développement global.
  10. Possibilité d’évolution dans le travail.

Ces axes peuvent recouvrir des choses communes, et la notation sur chacun des axes peut être très subjective. Mais cela permet de commencer à classer les choses. Je crois en tout cas n’avoir rien oublié…

Prenons un exemple. Auditeur junior dans un cabinet d’audit.

  1. Salaire : élevé.
  2. Intérêt intellectuel : faible.
  3. Disponibilité laissée par ailleurs : très faible.
  4. Pouvoir subi : très important.
  5. Pouvoir qu’on impose : très faible.
  6. Reconnaissance sociale : assez forte. Fierté d’appartenance : idem, probablement.
  7. Sécurité de l’emploi : faible.
  8. Ambiance dans le travail : dépend.
  9. Alignement avec une bonne vie : pas facile à justifier.
  10. Possibilité d’évolution : forte.

On peut remarquer plusieurs choses :

  • La notation est subjective, et qualitative.
  • Il y a des axes « internes », correspondant à une satisfaction personnelle, par exemple la « bonne vie », le pouvoir qu’on a, l’intérêt intellectuel, et des axes « externes », correspondant plus à ce que le monde extérieur nous renvoie (reconnaissance sociale, pouvoir qu’on subit…). J’imagine qu’on peut classer les axes selon d’autres critères, les réordonner, mais ces raffinements ne sont pas mon propos actuel.
  • On peut représenter ces axes sous la forme d’un « graphique en radar », qu’on peut appeler ici le Radar de Thibierge (l’image de début d’article correspond au Radar de Thibierge pour le poste d’auditeur junior).

Voici maintenant mes intuitions sur le sujet : normalement, chaque emploi devrait remplir la même surface c’est-à-dire que ce que l’on gagne par exemple en liberté, on le perd par exemple en salaire. On suppose que toute évolution positive sur un axe sera compensée par une régression sur un autre axe. Par exemple : les emplois qui laissent beaucoup de disponibilité et font subir peu de pouvoir… sont généralement moins bien payés. Donc tous les emplois se valent, car la surface intérieure du graphe reste de même dimension.

Mais si tous les emplois se valent, comment choisir ? Réponse : en cherchant lesquels des 10 axes sont importants pour vous (et lesquels sont accessoires). C’est là où arrive l’analyse personnelle, et la gestion des priorités. Quels aspects de votre travail sont cruciaux pour vous ? La salaire avant tout ? Le temps libre que votre travail vous laisse ? Aimez-vous avoir du pouvoir ? Le regard des autres (réussite sociale) compte-t-il beaucoup pour vous ?

En répondant à ces questions, vous pourrez non seulement (re)définir le type d’emploi qui est fait pour vous, mais aussi, vous aurez une idée de vos priorités dans le monde du travail.

Ceci est une réflexion en cours, tous les commentaires sont les bienvenus.

Magnolia Express – 3ème Partie – # 18

Anecdotes
 
Le soir venu, Vieux Bill nous proposa d’aller voir Bob Brozman, un gars du cru qui jouait de la guitare acoustique dans une vieille grange, à quelques miles. Il nous y emmena en camionnette, un vestige de l’histoire automobile qui démarrait à condition qu’au moins deux personnes s’occupent du moteur, mais une fois que l’engin avait démarré, on pouvait s’installer sur la plate-forme arrière et regarder la campagne défiler.
Quand nous entrmes, la salle était bondée, chaleureuse, les bières brunes circulaient, les hommes se tapaient sur l’épaule ou bien s’accoudaient dos au comptoir pour juger de l’ambiance, quand on entrait là-dedans ça faisait comme une vague tiède qui vous enveloppait. Vieux Bill se frayait un chemin en distribuant des tapes dans le dos et des coups de coude, il nous installa d’office au bar et commanda des bières. Repoussant son chapeau en arrière, il nous raconta quelques anecdotes, la grande épidémie de ’32, et le temps où il était journalier dans les fermes céréalières, là où il n’y avait qu’à accrocher son chapeau à la porte pour s’installer, de toute façon y avait toujours besoin de main d’oeuvre. Il nous parla aussi de sa tentative pour être cultivateur « mais tu vois, j’avais pas choisi le bon cheval… La charrue, le lopin de terre, ça, y avait pas de problème, mais le cheval ! Ah Seigneur, il lui fallait boire un seau de vin avant de pouvoir commencer à travailler, et je partageais toutes mes bières avec lui. Je l’avais appelé l’Eponge, tellement il sirotait. Certains soirs, il s’arrêtait tout net au milieu d’un sillon et se mettait à ronfler, debout, tout en lâchant un pet de temps en temps, et si par malheur je le réveillais, il me regardait avec ses yeux fatigués, désabusés, laisse-moi dormir nom de dieu et puis il soupirait un coup et repartait dans ses rêves.
Finalement, le jour où je me suis rendu compte qu’il me coûtait plus cher qu’un tracteur, je l’ai donné au pasteur. Depuis, il ne boit plus que de l’eau, et il tire dignement la charrette de la paroisse ».

Vieux Bill s’adossa au bar, le regard dans le vague, moitié rêveur moitié regret. « Il n’y a plus que moi qui l’appelle l’Eponge maintenant, puisque le pasteur l’a rebaptisé. Ishmaël le Racheté, voilà comment il s’appelle maintenant… »

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Magnolia Express – 3ème partie – # 17

ça marche
 
– Aline, dis-je.
– Mmm…, dit-elle, le nez plongé dans un journal de 1896 qu’elle a trouvé dans une malle.
– J’ai fini de réparer la première Corona.
– Mmm ?..
– Cela ne t’embête-t-il point de la tester de tes doigts agiles ? D’inaugurer sa nouvelle vie mécanique ?
– … ? … Qu’est-ce que j’écris ?
– Ben, je ne sais point. Essaie d’utiliser les 26 lettres de l’alphabet, comme avec la phrase « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume ».

Aline repose son journal de 1896, se lève de sa chaise à bascule et vient avec moi dans la cabane. Elle s’installe devant la machine, insère une feuille blanche, et tape :

Bring – very quickly – this old whisky to the fair judge, yep, the one who’z smoxing.
 
Sur le papier, il y a marqué :

Bring – very quickly – this old whisky to the fair judge, yep, the one who’z smoxing.
 
ça marche.

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Le roman, dans l’ordre, est
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Epistémologie ontologique du sabre laser

Quand mon grand-père avait vu « la guerre des étoiles » (on ne disait pas encore Staroirz), dès le début (attaque du vaisseau diplomatique de la Princesse Leïa par les forces de l’Empire), il avait tiqué.
On voyait des braves soldats se faire dézinguer à coups de pistolasers, et ça faisait Piou Piou tandis que des éclairs lumineux et brefs jaillissaient de la bouche fumante des pistolasers.
Mon grand-père, qui n’était pas Polytechnicien pour rien : « Ce ne sont pas des pistolasers ! Un laser, c’est comme une lampe-torche, tu l’allumes et la lumière en sort, et si on n’éteint pas, le faisceau lumineux s’allonge sans rupture. Là, ce sont des balles traçantes. »
Mon grand-père avait laissé son âme d’enfant quelque part, il raisonnait en froid polytechnicien. Personne n’est parfait.
D’où mon interrogation du jour, dont la profondeur égale la question sur le demi-tour d’Actarus dans Goldorak :

Comment fonctionne un sabre laser ?

Prolégomène :
un sabre laser produit un laser qui

  • est limité en hauteur
  • est analogue à une épée, qui peut couper de taille (avec son tranchant) ou d’estoc (avec sa pointe). Par exemple, quand Krung Grop Tep, le mentor d’Obi Wan, se fait trouer par Dark Maul, c’est un coup d’estoc.

Interrogation suite au prolégomène :

Un vrai laser, version 2008, et pas version « il y a très très longtemps, dans une galaxie très très lointaine », est un rayon lumineux qui troue et coupe, mais qui n’est pas limité en longueur. Donc ma question, c’est « qu’est-ce qui stoppe le laser du sabre laser à 1m20 du fourreau pour lui donner cette ergonomie d’épée archéo-futuriste ? »

La première idée est : un miroir. J’y ai beaucoup réfléchi dans le métro, et j’aboutis au dessin ci-joint. Alors tu vois, le manche bleu pâle, c’est le manche, celui qu’on tient à la main et que R2D2 envoie à Luke dans « Le retour du Jedi » pour abattre l’infâme Jabba. On pousse sur un bouton, et hop, le générateur de laser (carré rouge) envoie le laser (trait rouge). Ce laser passe à travers un miroir sans tain (noir pointillé) et va taper dans un miroir (noir plein), hop, le laser bondit vers le haut, et à 1m20 de hauteur, un autre miroir biface décomplexé (triangle noir en haut) renvoie le laser vers le bas, ad vitam aeternam. Ainsi, on a un laser limité en longueur, mais qui coupe bien, avec en plus un raffinement : plus le sabre laser est allumé longtemps, plus le rayon est concentré (multiplication des allers-retours), plus il est puissant. On pourrait appeler ça « La concentration de préchauffe de Thibierge », en toute modestie.

Mais argh, je ne serai jamais prix Nobel :

  1. Il n’y a pas de miroir en haut (ou alors, on ne voit pas comment il tiendrait tout seul dans l’air)
  2. Si on se débrouillait pour en installer un (« on dirait que quand on allume le sabre, un miroir se matérialise en haut »), il n’y aurait plus d’effet d’estoc, et Krup Gong Couic n’aurait pas pu être troué par Dark Maul.

Nous voilà – presque – revenus au point de départ. Et là, j’ai une idée, mais j’ai besoin de physiciens, éventuellement ‘Pataphysiciens, ce serait plus fun. On va dire qu’il y a un champ de force qui est créé quand on allume le sabre, et que c’est ce champ de force qui repousse le laser à partir de 1m20, jouant le rôle du miroir distant.


Cf. la figure suivante, où le champ de force – appelons-le « Field Castro » – est figuré sous forme d’un mignon nuage moutarde. Mais reste le problème de l’estoc : un champ de force capable de repousser un laser, il ne va pas permettre de toucher son ennemi, le dit ennemi sera lui-même expulsé de la zone de combat par le champ de force (effet blocus de Field Castro).

Je ne m’en sors plus. Des idées, quelqu’un(e) ?

Caillou – Phénix

Un rayon de soleil effleure ma coquille
Cela fait si longtemps.
Timide rayon, timide réponse
Juste une petite fêlure
Pour une lumière ténue
Comme dans une chapelle romane.

Trop tôt pour décider d’éclore,
Pour choisir qui je veux être.
Je sais que le temps apporte des nuages
J’ai appris à me méfier des premiers rayons.

Mais je sens la force dans mes ailes
Et je fixe cette petite source de lumière
Prêt à faire craquer ma vie.

En attente.