Grande pensée (2)
Pendant longtemps, je me suis cherché des symboles que je pourrais dessiner sur les murs, des héros dont je pourrais m’inspirer. J’y trouvais les justifications de mes actes passés, je découvrais (toujours après coup) que j’étais fataliste, ou hédoniste, ou stoïque, ou bouddhiste-zen-du-petit-véhicule, ou n’importe quelle étiquette pour peu qu’elle sonne bien. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon école philosophique, mon karma à moi : je fais partie des gratteurs de tête. Et pas n’importe quelle tête, non les amis, la mienne. A chaque fois que l’on souhaite ardemment, passionnément, me convaincre, à chaque fois qu’on m’explique que ce monde est injuste ou mal fait, ou effroyable, et que c’était mieux avant, alors je baisse les yeux et je me gratte le sommet ducrâne, et je dis « ben oui, ben oui » tout en pensant ben non ben non, ou bien je me dis que je n’en sais rien, j’admire la citerne d’incertitude que je représente. Je n’essaie pas de changer le monde, non, ça n’est pas pour moi, il y a des gens qui se font élire pour changer le monde, j’essaie juste de me dire que l’âge d’or n’est pas derrière nous, c’est maintenant.

Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.
Le roman, dans l’ordre, est là.