Depuis 2021, nous sommes propriétaires d’un ancien moulin en Touraine. Ayant toujours été citadin auparavant, je découvre au fil des jours une autre manière de vivre, avec d’autres repères. Bienvenue dans ces pensées moulinières.
Quand vient l’automne, voici le moment de ramasser des noix.
J’ai la chance d’avoir 3 noyers, et ces arbres vénérables me transmettent à chaque fois quelques leçons d’humilité.
Il y a d’abord la question de la date de ramassage : en règle générale, les écureuils sont des bons baromètres. Comme la grenouille qui monte et descend à l’échelle de son bocal, l’écureuil est un bon indicateur de la noixitude du voisinage. Si, au petit déjeuner, j’en vois passer plusieurs qui s’affairent tels des lapins de mars (« je suis en retard, je suis très en retard ! »), cela veut dire que c’est le bon moment pour aller leur faire concurrence dans le ramassage des noix. La date de ramassage est évidemment complètement aléatoire : cela dépendra de l’été, de la pluie, des phases de la lune… et évidemment, des années. Il y a des années à noix et des années pas à noix. Il y a 3 ans, c’était une année à noix : j’ai ramassé 25 kg, et encore, c’était parce que mes vertèbres avaient crié grâce. L’année suivante, j’ai juste mis la main sur 1 ou 2 kg moisis (il faut dire que, bien occupé par ailleurs, je m’y étais pris très tard). Cette année, ça a l’air bien parti.
Autant oublier l’erreur du débutant, celui qui se dit « il doit y avoir un moyen pour aller plus vite ». Les magasins de jardinage regorgent d’ustensiles censés faciliter la vie : un petit panier roulant au bout d’un manche, des pinces qui évitent de se baisser, des râteaux larges qui sont censés ratisser les feuilles en laissant passer les noix… J’ai particulièrement apprécié la leçon qui m’a été donnée sur le petit panier roulant au bout d’un manche. C’est un ustensile fort ingénieux, un peu comme la roue d’un hamster au bout d’un bâton : on promène ça sur le sol, et les noix sont censées rentrer et ne pas ressortir. En pratique, ça marche bien pour les premières noix, et puis on arrive très vite à un ratio pour lequel il y a 1 noix qui rentre pour 2 ou 3 noix qui sont éjectées du panier 😁.
Il s’agit aussi de vider régulièrement le panier, et comme il est censé capturer les noix, il ne les lâche pas facilement.
J’en suis revenu très vite à la méthode des anciens, qui regardaient mon panier à roulettes en rigolant. Il n’y a pas de mystère, il faut se baisser, ramasser et se faire mal au dos. Car la noix se cache, mais elle vit en groupe. C’est comme pour les champignons : il faut trouver la première noix, puis regarder juste à côté dans l’herbe.
Même quand on est un gars de la ville, on apprend vite ce mouvement de pied semi-circulaire qui consiste à balayer l’herbe et sentir si ça roule sous le pied : si ça roule, c’est de la noix (ou plus rarement un caillou). Certaines noix sont bien enfoncées dans la terre, planquées sous l’herbe, ou encore maculées d’un mélange glaiseux de brou de noix et d’autres excrétions animales (miam).
Il faut aussi rebrousser chemin régulièrement : telle noix qui était cachée par une touffe d’herbe devient parfaitement apparente quand on retourne sur ses pas. Quand on ramasse des noix, le plus court chemin entre deux points n’est pas la droite ligne, bien au contraire. Peu à peu, on apprend. Par exemple, la logique voudrait qu’on ne cherche que sous le noyer. S’il n’y a pas de feuillage en l’air, pas besoin de regarder en bas. Eh bien, que nenni. La noix roule, la noix est emportée par de petits sciuridés, la noix peut vouloir voir du pays. Donc il faut chercher au-delà de la couronne du noyer, il y a parfois de belles surprises.
À la fin, ramasser des noix, c’est trier. D’abord sur le terrain, en excluant les coquilles vides, les coquilles entrouvertes desquelles germe un petit bout de futur noyer, les fruits qui ne sont pas encore ouverts, les bouts de bois ou les cailloux qui roulent sous le pied, les feuilles qui ont exactement la même couleur.
Puis, de retour à la maison, il faut re-trier : enlever les feuilles mortes, les brins d’herbe, et surtout les noix percées ou entrouvertes. Après séchage de plusieurs semaines, encore un tri : enlever les noix qui en ont profité pour s’entrouvrir, celles qui ont été colonisées par des petits voraces, et toutes celles qui sont trop légères pour être honnêtes.
Et des semaines, des mois après, il y en a encore à trier : trouées, moisies, enchifrenées. Quand tout cela est fait, après toutes ces heures de travail, on a enfin des noix prêtes à être consommées. Quand je pense que certains magasins vendent le kilo de noix à 5 €, je n’ose imaginer le salaire horaire que cela peut procurer aux ramasseurs…
Vu dans cet article : LinkedIn (détenu par Microsoft) a choisi de vous mettre devant le fait accompli : vos données (posts, messages privés, articles, commentaires, pièce d’identité ayant servi à la validation, etc.) seront utilisées pour entraîner l’intelligence artificielle de cette société sans que vous ayez donné votre accord. Pour refuser, il faut aller sur cette page et désactiver la fonctionnalité (activée par défaut).
Dans les dernières semaines, parmi les blogs que je connais depuis 20 ans ou plus, il s’est passé plusieurs choses :
Stephanie Booth (climbtothestars.org, blog qui existe depuis 2000) s’est faite bannir de Facebook, pour des raisons pas claires du tout. Ça pourrait être anecdotique, on pourrait même s’en réjouir à sa place, en termes de temps de cerveau disponible récupéré, sauf que c’est dramatique pour elle : depuis des années, Stephanie avait déporté sur FB énormément d’interactions web-sociales, et elle perd ainsi une communauté de 7000 personnes qu’elle avait patiemment constituée. Depuis ce jour, Stephanie revient à son blog, qu’elle avait délaissé pour une grande partie, tout en essayant de récupérer quelques fragments de sa vie numérique désormais inacessible sous FB.
Le même mois, Christie Vanbremeersch (maviesansmoi.fr, blog en activité depuis 2004, encore consultable sur la Wayback Machine) a appris avec dépit la fermeture de sa plate-forme de blog (Typepad) avec juste un mois de préavis. Plus de 20 ans de billets de blog à faire migrer (comment ?) et une autre solution de blog à trouver (où ?), dans un temps très limité. Il reste 18 jours, là où, pour ma propre migration, j’ai mis plusieurs mois – et ce n’est pas fini ! Et je passais d’auto-hebergé à auto-hébergé, donc beaucoup plus simple !
En parallèle, Tristan Nitot (standblog, depuis 2002) affiche qu’il ne peut plus recevoir de commentaires sur ses billets, et qu’il faut qu’il retourne sous le capot de Dotclear pour régler ce problème technique. Car avec le contrôle qu’on a en auto-hébergement, il y a aussi des contraintes techniques, quand le programme (Dotclear, Wordpress…) fait évoluer ses fonctionnalités et que le “vieux” blog ne suit pas (un thibillet à venir sur ce sujet).
Ces 3 blogs faisaient partie de la liste des blogs que je suivais (souvent) et avec lesquels j’interagissais (plus rarement) à la grande époque de la blogosphère, et que j’ai continué à suivre depuis – même si c’est moins assidu qu’autrefois. Beaucoup d’autres blogs ont disparu de ma liste (mon blogroll, en langage préhistorique), la grande extinction ayant eu lieu entre 2007 et 2009 (exemple ici).
Seul-es quelques irréductibles ont persisté – dont l’inoxydable Boulet, protéiforme dessinateur de BDs, billets et rogatons, présent sur bouletcorp depuis 2004 – achetez ses albums (pas cher).
Entre blogs et existence numérique, voici quelques idées, probablement pas nouvelles ni originales, comme autant de petits cailloux blancs sur le chemin de notre présence sur les réseaux :
Garder le contrôle de ses écrits, en auto-hébergement ou avec une solution qui permet des sauvegardes, c’est la base de la survie (ou de la pérennité) numérique.
Tout devrait partir du blog : c’est le premier lieu où l’on écrit, quitte à poster des extraits ou des liens sur d’autres plate-formes (par exemple Linkedin), mais le texte initial, gravé dans le marbre des électrons, reste notre propriété. Cf. la première phrase de ce billet de Tristan Nitot.
D’autant plus que les écrits sont la propriété de leur auteur… ou pas.
Vous publiez sur votre blog : cela vous appartient.
Vous utilisez une plate-forme externe (Typepad, Linkedin) : vos pensées deviennent la propriété de la plate-forme. Quelle que soit la société derrière la plate-forme, elle peut s’approprier vos écrits, les utiliser pour bourrer la gueule de ses IA, ou plus simplement, supprimer tout ce que vous avez patiemment écrit, d’un simple claquement de bits, sans avoir à se justifier ni vous devoir quoi que ce soit.
Tout part du blog… et devrait idéalement y revenir, avec les commentaires. Mais cette forme de conversation, qui existait dans les années 2000, est désormais bloquée – certains blogs n’offrent plus la possibilité de commenter – ou pis encore, déportée : quand je publie un thibillet et que j’en parle sur Linkedin ou Mastodon, c’est là-bas que mes lectrices et lecteurs commentent. Il n’y a donc plus d’historique de la conversation, ni aucune sauvegarde des échanges. Linkedin ou FB, c’est du temps présent évanescent ; un blog, c’est une mémoire (voici un exemple ici → le sujet est peu important, ce qui compte, c’est de regarder la “conversation” qui a lieu dans les commentaires).
D’autres auteurs de blog, que j’ai découverts plus récemment, dissocient clairement l’acte d’écrire (qui aide à formuler, voire à découvrir ses pensées) et l’acte de communiquer là-dessus (”voyez ce que j’ai écrit”). Ploum ou Thierry Crouzet se méfient désormais du lien d’enchaînement : idéalement, et j’espère que je ne déforme pas leur pensée, on écrit d’abord pour soi, et seulement après, on communique sur le fait qu’on a écrit. Donc la première rémunération, c’est le verbe bien ciselé. Et la deuxième satisfaction, éventuelle, c’est d’avoir des lectrices, voire des commentateurs. Mais si on inverse le propos (”je vais écrire sur les sujets qui me rapportent des interactions”, voire “j’ai besoin d’interactions, donc sur quoi pourrais-je bien écrire ?”), la quête devient sans fin, et frustrante. C’est la recherche d’une célébrité très limitée et très éphémère, que les biologistes appellent la Dopamine.
Donc Stephanie Booth propose de relancer la blogosphère (en anglais), et même si ce ne sont pas quelques irréductibles qui vont changer le monde, ma foi, c’est un beau projet. Voici donc ma to-do list des prochains mois : me connecter à d’autres blogs, si possible des survivants (10 ans ou plus de blogging) pour recréer des liens, et idéalement, des discussions.
[edit : Stephanie a de nouveau accès à sa page Facebook après 21 jours, et les raisons ne sont toujours pas claires (en anglais)]
Depuis 2021, nous sommes propriétaires d’un ancien moulin en Touraine. Ayant toujours été citadin auparavant, je découvre au fil des jours une autre manière de vivre, avec d’autres repères. Bienvenue dans ces pensées moulinières.
Voici un phénomène curieux : à certaines périodes de l’année, des corbeaux s’attaquent à des vitres de la maison, en tapant si fort que nous avons peur qu’ils ne cassent une fenêtre. Ce genre d’animal est censé être (très) intelligent, donc avec notre voisin Simon, ornithologue à ses heures, nous avons pensé dans un premier temps que ces volatiles voulaient briser un carreau pour rentrer dans la maison et chercher de la nourriture – peut-être après s’être fait la main sur une maison abandonnée aux carreaux cassés.
Puis je me suis souvenu de Gérard. Il y a quelques années, lors d’un séjour en Touraine, nous avions rencontré Gérard, un paon con qui s’attaquait à son reflet dans les vitres, à tel point que son propriétaire avait dû recouvrir sa voiture d’une housse intégrale (pas pour rouler, hein, juste à l’arrêt). Gérard s’attaquait aux rétroviseurs ou au pare-chocs (et ça n’était pas une Tesla). J’avais beau lui distiller de la sagesse philosophique façon message Linkedin (”Si tu te bats contre toi-même, tu es sûr de perdre”), il continuait : soit je ne suis pas bilingue Français-Paon, soit la sagesse Linkedin ne marche pas sur la gent paonne.
Après le paon et les corbeaux, voilà-t-y pas que les mésanges s’y sont mises. Un matin, entendant un poc-poc-poc régulier, j’ai parcouru toutes les pièces, jusqu’à trouver une mésange qui se battait contre son reflet à une fenêtre du salon. Tout en attaquant la vitre, elle pépiait, furieuse, et je suppose que ça voulait dire “Je te défie, espèce d’emplumée ! Sors de là si t’es une mésange !” Narcisse, dit-on, tomba amoureux de son reflet. On a ici l’anti-narcisse : la haine de son reflet, une sorte de révulsion autogène , au slogan de “je rejette tout ce qui est moi”. Il y aurait fort à dire sur ce phénomène, et j’aurais pu écrire des pages sur l’acceptation de soi et de ses faiblesses, la venue des premières plumes grisonnantes ou l’insidieuse progression de l’arthrite au bout des rémiges.
Mais la vérité est plus prosaïque : ces volatiles (uniquement quelques espèces), quand ils sont en période de nidification, voient leur énergie mâle les pousser à écarter tout autre géniteur. Car oui, tels les vampires, les oiseaux ne se reconnaissent pas dans les miroirs. Davantage d’informations dans cet article.
Partie III. de ce thibillet. Ce sont mes notes de tests, dans l’ordre chronologique, des 23 distributions Linux testées sur un ordinateur ultraportable de 2011 (pour les archéologeeks).
Attention, c’est très long, et parfois lapidaire – je n’ai pas tout réécrit au propre. C’est plus pour servir de référence à qui veut – y compris peut-être à Futur Moi dans quelques années.
Samsung Netbook NC110 – processeur 64 bits, mais installer du 32 bits, car RAM faible (1Go)
Test sur Lubuntu 22.04 => install, mais plantage après (test de double boot Lubuntu à côté de windows)
- Tiny Core Linux = beaucoup trop bare bones (wifi à config à la main)
- AntiX = trop lent, souris ne répond pas vite. Version trop récente ? => recherche AntiX 2017. Voir 7. ci-dessous.
- Porteus LXQt : très rapide au lancement. Installé que en version RAM. Pas d’install DD. Vérifier leur site => pas d’install facile sur DD.
- Crunchbang : pas clair. Demande un CD à monter. login et mdp = live mais pb de clavier. iso 386 corrompu… Test avec iso 64 = cf. 1.(abandon)
- Absolute 14.0 => Cf. 9.
0. Lubuntu 64b 22.04 = Kernel panic en mode live
Lubuntu 64b 20.04 = démarre en mode live : fonctionne bien ! (souris OK, backlight ne fonctionne pas)
Install, MàJ des dépôts OK (prendre France, pas Canonical, ça plante…)
Falkon OK + autres navigateurs (midori, hv3…)
Bien, mais la RAM rame. Gmail super lent, pCloud inacessible
=> en faire une machine à écrire ? Dans ce cas, pas besoin du wifi pour surfer (mais peut-être quand même pour récupérer des petits utilitaires…)
Mail (Tandoori) à configurer
Voir s’il est possible d’avoir un GUI moins consommateur de ressources = comment l’installer sur Lubuntu ?
1. crunchbang 1.0 64 => trop compliqué, abandonner cette distro
2. Absolute 14.0 => ne trouve pas le CD ( = la clé USB où est l’ISO). Chercher absolute plus récent ? test cf. 9.
3. AntiX ancien => ne trouve pas le CD, pas adapté au USB. AntiX intermédiaire ? Cf. 7.
4. Emmabuntüs DE 2 => trouve le CD ! :-) Problème = dépôts ne sont plus accessibles.
=> de loin la plus fonctionnelle ! Backlight marche… Maintenant, lente (mais peut-être dû aux navigateurs FF et Chromium, ou au samsung…) et pas de dépôts debian correspondant. Il n’empêche, c’est le mieux.
5. Tester emmabuntüs 64 bits
5.1 Testé Lemmabuntu : trop ancien, marche pas bien (clavier pas opérationnel)
6. tester PuppyLinux
6.1. Slacko. C’est un Puppy. Marche OK (trackpad), clair (FR), pas de backlight, et comment l’installer sur le DD ? Installation foireuse, a supprimé le grub…
7. AntiX 19.5 (donc ancien) : l’install (un peu complexe) a l’air de marcher… Chercher dans les menus le gestionnaire wifi alternatif (en ligne de commande…) qui marche
Au total, très frugal, et lent = c’est la RAM du samsung qui ne suffit plus.
Mais il y a SeaMonkey qui fait marcher Gmail et a priori, a accès à pCloud.
8. Debian 8 Jessie : OK, mais install frugal qui donne uniquement un prompt au final (et pas de wifi qui marche à l’install)
8.1 Test DebianDog 8 avec IceWM ou Xfce
=> s’installe très vite, joli, rapide, mais pas de clavier FR et surtout, pas de wifi. Les interfaces wifi sont propriétaires, et pas dans Debian :-/ Donc trop compliqué d’installer le wifi sans réseau. ABANDONNER DEBIAN, hélas.
9.Absolute 15.0 => très prometteur au début (esthétique sobre mais OK, fluidité, connexion wifi par double-clic) mais lent à démarrer et fonctionner, pas de clavier FR, pas de backlight…
10. Linux lite 4.0 64bits => install long, être patient. NON, TROP LONG, TOURNE EN BOUCLE. Testé en image DD : idem, à un moment, ça tourne en boucle…
11. Emmabuntüs DE i386. Trouve bien le “CD” ( = clé USB). Ne trouve pas le wifi. Revenir en arrière, passer l’étape (à faire plusieurs fois, notamment heure système). Partition disque entier. Install depuis USB. OK, backlight marche, souris aussi. Mais lent.
NE PLUS FAIRE L’ERREUR DE CHERCHER DES VIEILLES VERSIONS : les dépôts sont indispensables (et pas dispos)
12. Zorin OS. Bien, éviter le wifi à l’install (comme tous), souris à ajuster (augmenter sensibilité), mais sautes de souris, on sent que le samsung est limite en termes de performances. MàJ logiciels longue. Attendre jusqu’à la fin pour voir si la souris se stabilise, et choisir des logiciels utiles (falkon = NON, seamonkey = rame, qupzilla = rame). Donc bien, mais trop lent, souris erratique. ABANDON.
13. ArchLinux. Ne démarre pas bien. Tester Rufus en mode Image DD. Sinon, tester Live (dans les deux modes image). testé en image DD. Une belle expérience d’imbitabilité en mode texte. ABANDON.
14. Bodhi. Ne démarre pas bien. Tester Rufus en mode Image DD. Ça marche ! Début d’install OK, souris OK. Prendre le wifi. Après install, système fluide (souris). Backlight = OK. Falkon = OK. seamonkey = Non. Qupzilla = Non.) C’était proche de l’idéal, mais non : souris fluide OK, mais pas d’affichage du wifi (gadget non activable), et lent. ABANDON.
15. SliTaz. Tourne en boucle, boot pas clair (quelle option choisir ?). Passé en image DD. Démarre bien (première option). Souris OK. mais pas de wifi, clavier US (mdp = root . en minuscules – vérifier); Install qui me dit que j’ai mal sélectionné des trucs, imbitable => ABANDON. Dommage, c’était rapide au chargement.
16. LXLE. Test Image iso. Démarre bien l’install graphique. C’est un sans faute (souris, wifi) sauf que… 18.04 = non, dépôts non accessibles. (Mais Falkon existe). Seamonkey n’arrive pas facilement à joindre pcloud, et pas du tout gmail. RAM vraiment limitée, il utilise la RAM du DD… Chercher LXLE récent (avec dépôts opé), car le 32 bits est un 18.04. Test de la version la plus récente en 64bits. La souris rame à l’install… un point qui plante : ignoré. L’install continue… Non, tourne en boucle. ABANDON.
17. Q4OS. Ne démarre pas. Tester en image DD. Marche pas non plus. ABANDON.
18. MX (32 et 64 bits). Test MX 386. Marche, et fluide. Live. kbd américain, et ne change pas en FR. pwd = de,o (car Qzerty) et root. test d’install sur DD. À un moment, il mentionne un serveur sur Samba : essayer de décocher la prochaine fois, car c’est pour communiquer avec les ordis windows (et ça prend probablement de la RAM).
pwd choisi = attention, c’était un clavier US à l’époque de l’install…
Install réussi, fluide, et accès aux dépôts (falkon, palemoon).
Falkon = Ok, gmail (lent) et pcloud.
Prochaines étapes :
1. Emmabuntüs DE 3, 4 et 5
https://emmabuntus.org/
Boot, pas de souris, partitionnement pas clair = abandon temporaire…
Tester Emmabuntüs 5.
2. AntiX 23 x64 Full => mis sur USB bleu
Boot, wifi proposé, souris OK, mais clavier US. Icônes petites. Demande d’install.
Trop la trouille. Arrêt.
3. Absolute 64 2023-11 => mis sur USB noir 8Gb
=> que sur DD entier. ABANDON.
4. MX 64 bits janvier 24. Même base que Antix.
12. Zorin OS?. Bien, éviter le wifi à l’install (comme tous), souris à ajuster (augmenter sensibilité), mais sautes de souris, on sent que le samsung est limite en termes de performances. MàJ logiciels longue. Attendre jusqu’à la fin pour voir si la souris se stabilise, et choisir des logiciels utiles (falkon = NON, seamonkey = rame, qupzilla = rame). Donc bien, mais trop lent, souris erratique. ABANDON.
Réflexions intermédiaires
Page wikipedia pour les versions
Conclusions à ce jour
La piste Lubuntu / Xubuntu est intéressante, mais avec des anciennes versions (moins gourmandes en mémoire et processeur). Testé 11.10, 14.04 en Mini.iso
Problème : vieux logiciels = vieilles fonctionnalités (Firefox n’a pas javascript pour faire tourner gmail; pcloud ne marche pas en ligne). “Jeunes” logiciels légers = ont les fonctionnalités. Ex : Falkon, navigateur web. Falkon = anciennement QupZilla… en mars 2016, opte pour le moteur de rendu QtWebEngine, encore utilisé aujourd’hui. Fait fonctionner Gmail et pCloud, mais LENT. Donc aller vers des distros plus légères en RAM, mais récentes…
Les très anciennes versions sont difficiles (impossibles ?) à trouver. Les plus récentes = ubuntu 11.10 (mais sous Unity, et FF ne marche pas sous gmail, et Falkon n’existe pas encore. Test en cours de 14.04 => tester QupZilla
Prochaines étapes
NB : l’idée d’une double partition s’éloigne. Avoir un ordi 100% Linux, avec ses contraintes…
- tester Emmabuntüs DE 4 sur Samsung et remonter le temps jusqu’à Emmabuntüs DE
https://emmabuntus.org/
=> DE 4 trop lent, trop d’applis, mais l’install est génial (propose XFCE…)
Pb du petit écran du NC110, certaines validations (bouton OK) sont hors écran = utiliser TAB et faire au jugé ENTER…
Tests intermédiaires sur un Lenovo tournant sous windows 8.1
Lenovo 8.1 – startup, F11 plusieurs fois, recovery, utiliser un périphérique, boot menu
test Lubuntu 20.04 sur Lenovo 8.1
Souris Lift (bluetooth) ne marche pas
Clavier FR automatiquement installé
Ecran 1360×768 ou approchant
Wifi ? où est-ce ? Proposé à l’install ?
Test LXLE
Ecran 1360×768 ou approchant
Souris Lift Bluetooth marche
Wifi détecté, pas installé
clavier FR (je crois…)
Test MX 64
Ecran 1360×768 ou approchant
Souris Lift Bluetooth marche mais se déconnecte vite (et ne revient pas)
Wifi détecté, pas installé
clavier US
Test Zorin OS
marche très bien
souris Bluetooth un peu yoyo, mais bien
le mieux pour l’instant
firefox marche bien avec gmail
problème : pcloud pas reconnu en tant qu’app téléchargée
=> aller vers des distros mainstream (ubuntu etc)
AntiX
bien, mais trop roots, parfois imbitable
Lubuntu le plus récent (24.04)
marche très bien à tout point de vue
souris lift Bluetooth reconnue
clavier FR à installer pour le @ de l’adresse mail…
wifi ok
pcloud téléchargé, changé en exec = installé
firefox => gmail marche
à installer sur tout le DD…
NB : les logiciels sont dans “discovery”
Retour au Samsung NC110 (”Blackie”)
Blackie est un Samsung NC110 sorti en mai 2011 – processeur Atom (donc lent par rapport à un i3 i5 ou i7) => bureautique
Install de Lubuntu 20.04 LTS
Avantages :
- dépôts encore maintenus
- LXDE est familier (idem que sur le Lenovo 8.1)
Inconvénients :
- Firefox rame, gmail lent (a-t-il seulement chargé ?)
Install de Lubuntu 16.04 LTS
Avantages :
- dépôts encore maintenus (Sinon, tester sur http://old-releases.ubuntu.com/ )
- moins lent que 20.04
Inconvénients :
- tester Firefox => lent
- reprendre un logiciel genre Claws Mail => non, finalement Thunderbird
- s’en servir comme machine à écrire / sauver en ligne (où ?)
En 2011, j’ai acheté un ordinateur ultraportable Samsung NC 110 : écran 11 pouces, 1,2 kg sur la balance. Équipé de Windows 7, ce petit ordinateur avait une autonomie géniale : plus de 7 heures dans des conditions normales de confort (wifi branché, bureautique et Internet), et je l’emportais partout.
Comme c’était ma période Linux, j’ai assez vite installé Ubuntu en double boot avec windows, puis Xubuntu pour plus de légèreté, et enfin Lubuntu, toujours en double boot. Les années ont passé, et j’ai changé d’ordinateur, sans pour autant mettre ce petit ultraportable au recyclage. Évidemment, les systèmes d’exploitation et les programmes sont devenus de plus en plus exigeants en termes de processeur et de RAM, mais quand je revoyais Blackie dans mon tiroir (les fans d’Éric Clapton auront noté la référence), j’étais nostalgique de sa portabilité et de son autonomie. J’avais finalement viré windows 7 – qui ne fonctionnait plus – et installé Puppy Linux sur tout le disque. À petit ordinateur, petit Linux mignon… Je ne me lassais pas du “ouaf, ouaf” qui annonçait le chargement du système d’exploitation.
Arrive 2024. Saisi d’une envie de rétrotuning / retrofit – et aussi parce que je voyageais davantage en train, et que je venais de découvrir le blog de Ploum, très inspirant sur les sujets de frugalité – je reprends ce petit ordinateur. Puppy Linux n’arrivait plus à suivre, dans un monde où chaque page web exige désormais de charger plusieurs mégas de données (Turing, réveille-toi, ils sont devenus fous…)
J’ai donc commencé une quête, animé par une seule question : quel Linux faire tourner sur un ordinateur vieux de 13 ans, tout en espérant avoir accès à quelques services “modernes” (bureautique, wifi, navigation sommaire sur le web, et idéalement mail) ? Il y avait aussi quelques contraintes supplémentaires, liées au caractère ultraportable de Blackie : un processeur Atom (donc pas très rapide) et une RAM limitée à 1 Giga – ce qui limite le choix des distributions Linux en 2024-25.
La quête a été longue, mais passionnante, et finalement fructueuse. Pour le côté “quête longue et passionnante”, je mets dans un autre thibillet le listing de toutes mes notes : on ne sait jamais, un noob ou une geek y trouveront peut-être quelques références utiles, et si cela peut leur économiser le temps que j’y ai passé, tant mieux pour elleux.
Mon protocole de test s’est affiné au fil du temps. En résumé :
identifier les distributions Linux dites légères (cf. la liste dans le thibillet annexe)
télécharger chaque image ISO
installer l’image ISO sur une clé USB avec Rufus.exe
booter Blackie avec la clé USB au cul, et démarrer Linux depuis la clé (chargement en RAM)
tester la distribution Linux en live, et si c’était satisfaisant (en testant par exemple le passage en clavier FR, la récupération du wifi, les touches de fonction, le réglage de la luminosité, et la souris ergonomique en Bluetooth – mauvaise idée, au passage), l’installer sur le disque dur.
J’ai donc testé 23 distributions Linux, et un peu plus en comptant différentes versions anciennes d’une même distribution. Sans surprise, les distributions récentes sont les plus gourmandes : même si Blackie tourne théoriquement en 64bits, il valait mieux prendre des distributions 32bits/i386, ce qui a encore réduit le choix.
Au final, ce sont 3 distributions qui se sont retrouvées sur le podium de ces jeux titaniques – ou plutôt dwarfiques, vu le pedigree de Blackie :
Lubuntu (dérivée d’Ubuntu, dérivé de Debian),
MX Linux (mix entre Mipeis et AntiX)
Emmabuntüs 3 (une autre Debian dédiée aux vieux ordinateurs de récup).
Emmabuntüs était trop lente et les dépôts n’étaient plus maintenus.
MX Linux était jolie et rapide, et j’ai même remonté le temps en installant la version de 2016, mais hélas, les dépôts n’étaient plus accessibles non plus.
La gagnante est donc Lubuntu, avec quelques spécificités. Pour information, c’est Lubuntu 24.04 qui fait tourner mon autre ordinateur, un Lenovo datant d’il y a 11 ans et sur lequel j’ai toute ma galaxie logicielle : firefox dernière version, thunderbird, Signal desktop, pcloud, nextcloud, libreoffice, et Microsoft 365 dans le navigateur (très rarement nécessaire, heureusement).
Sur Blackie, j’ai opté pour une vieille version : Lubuntu 16.04 Xenial, qui a le grand mérite d’avoir des dépôts toujours actifs malgré son grand âge (9 ans…), merci aux serveurs repo qui continuent à maintenir cette version Certaines touches de fonction sont bien reconnues (luminosité de l’écran), d’autres non (touches de volume), et l’autonomie est très bonne (jusqu’à 7 heures…)
En revanche, il a fallu revoir à la baisse mes ambitions, d’où la mention de frugalité dans le titre de ce thibillet :
Firefox tourne, mais il est trop lent (trop lourd) et certains sites sont mal affichés
La plupart des navigateurs légers ne sont pas installables avec le gestionnaire de paquets Synaptic, ce qui complique les choses
J’ai finalement réussi à installer Midori en passant par des commandes du Terminal
C’est là où la quête de frugalité a pris tout son sens.
J’ai retrouvé le plaisir d’installer des programmes avec une seule ligne de commande dans le terminal (sudo apt-get install), et de voir s’afficher les débits des dépôts consultés en ligne depuis le terminal. Je me sens comme Sigourney Weaver dans GalaxyQuest : c’est moi et moi seul qui dialogue avec Mother, l’Ordinateur Central…
Voici donc mon régime minceur, où mon appli habituelle est remplacée par → une appli fonctionnelle moins gourmande / plus légère
Firefox → Midori
Synaptic → Terminal
Thunderbird → Balsa ou Geary (j’avais une préférence pour Balsa), jusqu’à ce que je me rende compte que Thunderbird, malgré sa réputation de lourdeur, tournait très bien sous Blackie, donc retour à la case départ → Thunderbird
LibreOffice Writer → Leafpad
En fait, Blackie me sert de machine à écrire avancée, ou d’ordi frugal : je l’utilise quasi exclusivement pour écrire des textes, très rarement des mails, et parfois quelques consultations de sites tolérants vis-à-vis des vieux navigateurs (ex : LeMonde, Wikipedia et certains forums Ubuntu…) Dès qu’un site demande trop de technologie (par exemple tous les services Google, les réseaux sociaux, les sites de vente en ligne…), Midori m’annonce aimablement que la page ne peut être chargée. Cela me permet de voir combien les sites sont désormais lardés d’informations et de technologies lourdes (cookies, javascript). En d’autres termes, si le site demandé ne s’affiche pas sous Midori, je me questionne sur mon besoin d’y accéder tout de suite. Dans 99% des cas, la réponse est évidemment “pas d’urgence”. Donc Blackie me déconnecte, contraint et forcé, et c’est bien agréable de retrouver une petite indépendance, ou de faire une petite cure détox – tout en allégeant la batterie, puisque je coupe le wifi. Pour le 1% des sites qui restent accessibles (essentiellement des forums d’aide sur Linux / Ubuntu), je reviens ponctuellement à Firefox. Très lent au démarrage, Firefox permet de consulter quelques sites avec javascript, comme les forums, et cela me permet aussi de visualiser la taille des données transmises. Pour un site d’aide, je n’ai besoin que de l’affichage du texte, alors pourquoi les navigateurs demandent-ils à télécharger des Mégas de données ?
Cette question de la taille, je la retrouve sur les fichiers texte. Un thibillet comme celui-ci pèse 9Ko écrit sous Leafpad, et plus de 2 fois plus sous LibreOffice – pour les jeunes, 9Ko, c’est 0,009 Mégas. De plus, mon éditeur de texte Leafpad se lance instantanément, contrairement à LibreOffice. Quant à Office 365 dans le navigateur, Midori ferait probablement pipi sous lui si je tapais microsoft dans sa barre d’adresse…
Au final, il y a une sorte de beauté à revenir à l’essentiel : bien sûr, sous Wordpress, je pouvais rajouter des belles images partout dans le texte (pas seulement au début du thibillet), et varier les mises en page. Mais tout bien considéré, ce qui compte, c’est le texte, non ?
Question bête : comment récupérer mes fichiers textes écrits sous Blackie ?
La solution évidente (la clé USB) ne marchait pas, car ce Lubuntu ne reconnaîssait pas ma clé USB formatée en NTFS (j’ai résolu le problème après, mais cela m’a incité à chercher des solutions alternatives)
pCloud drive (ou toute autre solution genre Dropbox) n’a pas de programme client qui tourne sur une version aussi ancienne.
Bien évidemment, pas possible non plus de déposer mes fichiers directement sur un drive distant genre Google Drive : le navigateur n’arrive pas à accéder à la forteresse javascript de Google
L’idée de m’envoyer les fichiers par mail est inélégante et lourde : d’abord, ça consiste à prendre un marteau-piqueur pour casser des noix ; ensuite, il reste le problème des versions (où se trouve la version la plus récente du texte rédigé ? Dans quel mail ?) ; et puis, je traite déjà beaucoup trop d’e-mails …
La solution que j’ai retenue est simple et élégante : un programme de FTP tout simple comme Filezilla, où je dépose mes fichiers à distance sur un de mes sites web. C’est du cloud personnel, simple, très peu gourmand (car .txt), et les versions sont classées par date…
Voilà pour l’essentiel de ce thibilllet, déjà assez long, et peut-être technique (toutes proportions gardées : je ne suis ni ingénieur ni programmeur).
La suite de ce thibillet, avec les deux parties suivantes :
- Partie II. quelques notes techniques sur Lubuntu 16.04 Xenial
- Partie III (dans un autre thibillet). La liste de toutes mes notes sur toutes les versions de distribution Linux que j’ai testées. Merci notamment à distrowatch et rufus.exe, qui m’ont bien aidé dans cette phase de tests sur plusieurs mois. Le développeur de Rufus.exe ne demande pas de donations (ce que j’aurais aimé faire, conforme à ma reconnaissance aux logiciels libres), et sa philosophie est très rafraîchissante, Cf. tout en bas de sa page, section “Donations”.
Partie II. Lubuntu 16.04 Xenial
C’est une version désormais obsolète, qui était en LTS (long term support) à l’époque. Les dépôts sont encore accessibles (mais pour combien de temps encore ?) ce qui permet
d’installer Lubuntu Xenial avec ses ultimes mises à jour et
d’aller chercher des applis, pour peu qu’elles soient présentes dans les dépôts anciens et qu’elles puissent tourner sur un vieil ordinateur.
Lubuntu Xenial tourne avec LXDE, qui a été remplacé depuis par LXQt. Or, dans ce dernier, j’apprécie l’élément de menu qui permet de déclarer des touches de raccourci (je suis très fan des touches de raccourci, comme indiqué déjà dans ce thibillet). J’ai donc essayé d’installer LXQt (plus récent, plus fonctionnel) au lieu de LXDE. Eh bien, je vais faire gagner du temps à certain-es : ça ne marche pas. J’ai eu un plantage total qui m’a forcé à tout réinstaller (pas grave, c’est très rapide). Donc la leçon est : avec une vieille version de Lubuntu, il faut se contenter d’une vieille version du logiciel de fenêtres, et c’est tout. La frugalité, c’est aussi dans la tête 😉.
Pour les archéologeeks, la Partie III. (log book de mes installations des 23 distributions Linux) est accessible ici.
Nous sommes en 2025 et j’ai une vision relativement pessimiste de l’état du monde. Les réseaux
sociaux sont aux mains de milliardaires, de même que les principaux médias. Cette série de thibillets cherche à donner des réflexes et outils simples, avec un double objectif : (1) limiter la surveillance de nos comportements et échanges quotidiens ; (2) rendre plus difficile l’agrégation de nos données personnelles par des entreprises privées liées à des gouvernements ou des partis extrémistes.
Autant pour ce qui est de votre mail pro, vous ne pouvez pas faire grand-chose – sinon prier que votre DSI soit affûté sur les questions de sécurité informatique – autant vous pouvez agir sur votre adresse mail personnelle. En une idée : utilisez une adresse e-mail personnelle qui ne dépende pas d’un service soi-disant gratuit (gmail, hotmail, yahoo, gmx…) Suivant l’adage « si c’est gratuit, c’est toi le produit », ces adresses mail supposément gratuites ont un coût extrêmement élevé en termes de captation de vos données personnelles, de vos habitudes et comportements. Même si les entreprises qui proposent ce service prétendent le contraire, tous vos mails sont lus et indexés pour contribuer à mieux vous profiler en termes de consommation, de sociologie, de sexualité, de politique, de patrimoine… Ces données qui parlent de vous en détail sont régulièrement revendues à d’autres entreprises, et peuvent être communiquées à (ou captées par) des services de renseignement ou des instances gouvernementales de votre pays ou d’une autre nation…
Mes e-mails (personnels + différentes activités professionnelles) me coûtent moins de 15 euros par an. Ils sont hébergés chez Infomaniak (publicité gratuite), en Suisse, un des pays les plus sourcilleux en ce qui concerne le respect des données personnelles. Je ne vais pas jusqu’à crypter mes mails avec PGP (et rien que cet acronyme ne nous rajeunit pas), mais ça ne ferait pas de mal : il faudrait juste – et c’est le plus compliqué – éduquer les destinataires à la notion de mails encryptés. Quand on voit que certain-e-s continuent à envoyer leurs mails avec toute la listes d’adresses mail des destinataires en clair, ou encore l’utilisation régulière du “répondre à tous”, je me dis qu’on a encore d’autres priorités éducationnelles avant le cryptage des mails 😁
Au sujet des adresses e-mail “gratuites”, il y a aussi une question d’image.
Je ne sais pas pour vous, mais quand une amie ou un contact me donne une adresse en @hotmail.fr, je me dis “marmite à spam et à fuites”.
Quand une entreprise ou un artisan me donne son adresse en @gmail.fr, je me demande “vous n’aviez pas 12 € pour un nom de domaine ?”
Je ne parle ici que d’image envoyée, mais quand on rajoute à cela les idées de sécurité des échanges et de protection des données personnelles, ça fait carrément peur.
Quand changer d’adresse mail ? Le meilleur moment, c’était il y a 10 ans. Le second meilleur moment, c’est aujourd’hui.
Pour celles et ceux qui rétorqueraient “Ah non mais c’est trop tard, tout le monde connaît mon mail, je ne peux plus en changer”, il y a quantité de contre-arguments dont je pourrais faire la liste, mais allons au plus simple : dans cette réponse, j’entends essentiellement de la paresse à changer. Je n’ai rien contre la paresse, bien au contraire : vous trouverez toujours en moi une oreille compatissante sur ce sujet, car je pense qu’on a tous cette belle qualité au fond de nous.
Ce n’est pas tant la paresse à changer que je réprouve, plutôt un simple calcul économique.
Regardez tout ce qui transite par votre adresse personnelle :
Les documents administratifs (coucou, l’avis d’imposition ou votre pièce d’identité que vous envoyez à divers organismes) ;
Les remboursements de soins et examens médicaux ;
Les login et mots de passe oubliés ;
Vos dates de vacances, avec le lieu – ce qui permet de savoir quand vous n’êtes pas chez vous ;
Tous vos achats en ligne, les boutiques qui vous envoient des pubs ;
Vos abonnements, avec le nom des journaux (donc leur orientation politique) ;
Vos dons à une association, un syndicat ou un parti politique ;
Des photos (privées) ;
Des rendez-vous (privés) ;
Des correspondances (privées)…
Tout cela vaut de l’or pour une entreprise dont la mission est justement de vendre vos données personnelles – et non de vous fournir un service de mail.
Insistons aussi sur le fait que pour la plupart de ces services “gratuits”, l’entreprise prestataire est située dans un autre pays (les États-Unis, au hasard). Cela signifie plusieurs points à considérer :
La législation sur les données personnelles dans la plupart des pays est moins restrictive qu’en Europe (merci le RGPD) ;
Cette législation peut changer au fil du temps sans que vous le sachiez. Il en va de même pour les conditions générales d’utilisation auxquelles vous avez consenti sans les lire. Sans parler des mises à jour de ces conditions d’utilisation, que vous n’avez pas le temps de lire pour comprendre ce qui a changé dans votre engagement (ex : gmail, facebook). En d’autres termes, vous devenez responsable légalement de tout ce que vous pourriez écrire ou envoyer, pour peu que cela ne corresponde plus à ce qui est “permis” par cette société ; Les forces de police ou les services de renseignement peuvent bénéficier d’une entrée de service dans ces sociétés, c’est-à-dire dans votre correspondance, avec la complicité de l’entreprise fournisseur du service, puisque vos données sont leurs données ;
Cela peut impacter vos demandes de visas en cas de voyage, si vous voulez aller dans certains pays (déplacement professionnel, tourisme)… ou encore fuir certaines zones.
Comment changer d’adresse mail de manière propre et fluide ? Voici quelques étapes :
Si vous ne l’avez pas encore fait, téléchargez un programme local de messagerie comme Thunderbird (ou son équivalent). L’idée est d’utiliser ce programme de messagerie pour rapatrier tous vos messages passés sur votre ordinateur : à l’abri dans votre disque dur, ces mails historiques seront consultables “hors ligne” pendant des années, et ainsi vous ne perdrez pas vos correspondances. Pour ma part, il ne se passe pas un mois sans que j’aille chercher un ancien mail avec sa pièce attachée ou bien le numéro de téléphone (voire le nom !) de telle personne lors de notre dernier échange il y a 3 ans.
Une fois vos échanges historiques sauvegardés en local, vous pouvez vous créer une adresse mail. Cherchez une entreprise sérieuse et stable – sachant qu’on ne peut pas tout prévoir cf. la déconvenue que certain-e-s ont eue avec protonmail (infos ici et là).
Tant qu’à changer d’adresse, cherchez une adresse dont vous puissiez vous dire “dans 10 ans, ce sera toujours mon adresse”. Cela veut dire que si vous avez opté pour le mail proposé par votre fournisseur d’accès (@orange.fr, @free.fr…), votre mail personnel restera “collé” à cette entreprise, même si vous avez changé plusieurs fois de fournisseur. Pour moi, l’idéal est de recourir à l’achat d’un nom de domaine du type prénomnom.com. En procédant ainsi, Jean Le Gnou pourra avoir plusieurs adresses mail : jean@jeanlegnou.com pour les amis, mr@jeanlegnou.com pour ses mails plus formels, et puis spam@jeanlegnou.com pour les inscriptions temporaires sur certains sites, ou encore jean.tennis@jeanlegnou.com pour son club de tennis dont il est tour-à-tour secrétaire, président, trésorier, ou simple membre, depuis des années.
Prévoyez une période de transition de quelques mois. Pendant cette période, continuez à utiliser votre ancienne adresse. Dans votre signature automatique en fin de mail, vous pouvez alors mettre la mention de vos nouvelle coordonnées, du type “Attention : CHANGEMENT DE MAIL – à partir du xx/xx, cette adresse mail sera remplacée par yyyy@zzzz.com . Merci de mettre à jour vos coordonnées.”
Dès que vous n’utilisez plus votre ancien mail, vous pouvez néanmoins utiliser une possibilité très utile chez gmail : le message d’absence (si vous êtes chez hotmail ou autre et qu’il n’y a pas de message d’absence, regardez du côté des filtres automatiques). Il suffit de détourner ce message d’absence / filtre pour en faire un message d’information ou de redirection. Historiquement, j’avais mis comme message “Ceci n’est plus mon adresse principale. Si vous ignorez ma nouvelle adresse mail, merci d’en faire la demande par retour de mail”. Cela a plusieurs avantages : rappeler que vous avez changé d’adresse sans avoir à répondre à chaque message individuel ; voir qui vous demande la nouvelle adresse (adieu le spam) ; garder le contrôle sur les personnes avec qui vous partagez (ou pas) votre nouvelle adresse.
Enfin, après un certain temps (comme disait Fernand Raynaud), vous pouvez mettre un message définitif sur votre ancienne adresse : “Bonjour, vous venez d’utiliser une adresse e-mail que je n’utilise plus et ne consulte plus depuis l’année 20XX.” Cela permet notamment d’envoyer un rappel immédiat à ceux de mes amis qui n’ont pas mis à jour mes anciennes coordonnées dans leur agenda. Parfois, il faudra plusieurs mails de leur part à la mauvaise adresse, donc plusieurs messages d’erreur, avant que la personne se dise “ah oui, c’est vrai, il faudrait peut-être que j’envisage de noter cette nouvelle adresse”. (j’ai toujours des amis qui commettent l’erreur, 6 ans après…)
Le slogan de Thunderbird est Reclaim your Inbox / (traduit en français par “Libérez votre boîte de réception” 😐).
J’aurais tendance à dire aujourd’hui Reclaim your Mail / Reprenez le contrôle de votre mail.
À bientôt pour d’autres réflexions et conseils sur la protection / privatisation de vos données personnelles.
À l’époque où j’ai écrit ce premier thibillet, j’essayais de faire mieux comprendre l’introversion, d’après ce que j’en avais compris. Je tentais aussi de dissiper des malentendus, faux-amis, exagérations etc. (par exemple le stéréotype comme quoi “les introvertis sont mal à l’aise dans les relations sociales”).
Quelques lustres ont passé, et je vois que certains malentendus perdurent. Une des raisons en est que les termes extraverti / introverti sont désormais utilisés dans le langage courant, avec un sens parfois éloigné de la définition de Jung. Ainsi, une adepte du MBTI définira l’introversion d’une certaine manière, qui sera différente, par exemple, de la définition d’un praticien du Big Five. Et ces deux définitions seront encore autre chose par rapport à ce que votre voisin entend quand il dit “le petit copain de ma fille est vraiment très introverti”.
J’opte donc aujourd’hui pour une approche différente : celle des témoignages. Après tout, depuis que je suis praticien, j’ai eu le temps de voir passer près d’un millier de clientes, étudiants et autres professionnels ou collaboratrices, aussi j’ai la chance d’avoir de la matière. Voici donc ma sélection de quelques verbatim, avec les contributions les plus parlantes, ou les plus surprenantes pour une oreille non avertie.
Échanges de points de vue
Chaque personne est identifiée par sa lettre : (i) pour introverti-e, ou (e) pour extraverti-e. Cela permet de mieux comprendre les perceptions respectives.
Laurie (e) : Je repère assez facilement les introvertis, parce qu’ils n’aiment pas être interrompus. Moi, ça ne me dérange pas qu’on m’interrompe. Léonard (i) : Oui, enfin, ça demande un peu plus d’explications, notamment sur le terme “déranger”. M’interrompre, c’est littéralement interrompre mon processus de pensée. Sans exagérer, quand on m’interrompt, il faut que je reprenne mes esprits, voire que je retourne à la case départ de mon raisonnement. Audrey (i) : J’ajouterais que ça dépend aussi du contexte. Je ne me reconnais pas forcément dans “elle n’aime pas être interrompue”, parce que ça sonne quand même comme un jugement de valeur. Un peu comme si les extravertis étaient bien plus nobles et tolérants, puisqu’ils daignent être interrompus, eux (*rires*) ! Pour moi, il y a plein de moments où ça ne me dérange pas du tout d’être interrompue, c’est même probablement la majorité des moments ! Par exemple en soirée, ou pendant un déjeuner avec des copains, on se vanne, et c’est à qui charriera l’autre, et là, tous les coups sont permis (on se connaît bien, aussi…) Si quelqu’un m’interrompt, ne t’inquiète pas, je ne vais pas retourner à la case départ, je vais enchaîner ! Mais à d’autres moments, je vais le prendre plus émotionnellement, et ça va me bloquer. Je vais me dire “en fait, ce que j’avais à dire ne les intéresse pas, puisqu’ils ne peuvent visiblement pas m’écouter – ne serait-ce que 2 minutes – sans me couper”. Ghislain (e) : En fait, tu te vexes… Audrey (i) : Ben non, ça n’est pas si simpliste que ça. Vous, les extravertis, vous nous faites souvent passer pour des hypersensibles, alors qu’il y a autre chose que de l’égo ou de la fierté mal placée. Léonard (i) : et puis « être vexé », c’est du domaine du sentiment, ça veut dire qu’on le prend mal. Je ne dirais pas que ça me vexe. Je dirais plutôt que ça me dérange. Laurie (e) : Mais alors, qu’est-ce qui fait qu’à certains moments, ça te dérange, et à d’autre, non ?
*(réflexion / pause d’introversion de Léonard et Audrey) Léonard (i) : … C’est quand la discussion est importante pour moi. Dans ces cas, et uniquement dans ces cas, le fait de m’interrompre, ça me fait vraiment perdre le fil, et il faut que je rembobine. Parfois aussi, ça me désarçonne tellement que je ne me souviens plus du tout de ce que j’allais dire : le processus a été interrompu en plein milieu. C’est un peu comme si j’avais démarré un feu dans la cheminée, et quelqu’un verse tout à coup un grand seau d’eau froide dessus, puis me dit “désolé pour le seau, il fallait que je le verse, allez, continue à faire des flammes !” Dans ces cas-là, au mieux, il faut que je revienne en arrière, et au pire, je ne me souviens même plus de ce qu’il y avait en arrière ! Audrey (i) : C’est une image qui me parle ! Il arrive que j’exprime un point de vue sur un truc important, et si quelqu’un m’interrompt, c’est comme s’il venait de me secouer brutalement le bras : parfois, l’interruption orale a les mêmes effets qu’un phénomène physique, qui me fait littéralement sortir de mes rails. Et comme pour l’exemple du feu, il me faut alors du temps pour “revenir dedans”. Et puis aussi, quand Léonard disait “discussion importante”, j’essayais de trouver des exemples précis dans ma vie… et j’ai remarqué que cela m’arrive aussi dans les situations où je suis en train de faire des efforts. Peu importe la raison : ça peut être pour argumenter, ou pour faire preuve de précision, pour briller, pour aider… Il peut y avoir plein de raisons pour lesquelles à un moment donné je vais faire des efforts. Dans ces cas-là, je suis dans un processus de production de mes pensées, et toute interruption qui arrive, c’est comme si je bâtissais un château de cartes et quelqu’un passe à côté de moi et donne une petite tape à ma construction. Et là, mon château s’effondre, et la personne ajoute “non, mais continue, ne te dérange pas pour moi”. Ghislain (e) : Donc, en fait, il faut vous laisser dérouler votre pensée sans rien dire… Audrey (i) : Oui, et ce n’est pas trop dur, quand même ! Nous ne prenons pas non plus des heures pour exprimer nos idées. L’effort n’est donc pas très grand – même si pour vous, extravertis, cela va tellement contre votre nature que vous avez beaucoup de mal à ne pas réagir. Laurie (e) : Vous pourriez aussi faire des efforts pour garder le fil… Après tout, c’est votre pensée. Léonard (i) : Mais des efforts, nous en faisons depuis que nous sommes tout petits ! C’est un monde d’extravertis, qui interrompt les conversations tout le temps ! Alors nous avons appris à rembobiner (quand nous le pouvions). Audrey (i) : Et aussi, nous avons appris à prendre sur nous, à sourire, pour éviter les remarques sur notre soi-disant vexation ou notre (présumée) horreur d’être interrompus.
(Silence) Léonard (i) : Et à propos de vexation… (sourires) Je dois faire partie d’une catégorie spéciale d’introvertis, mais il faudrait vraiment brancher un chronomètre dans les discussions. Prenons l’exemple d’une réunion. Les extravertis tiennent le crachoir. Ils peuvent parler et s’interrompre et surenchérir pendant – disons – 20 minutes, et puis à un moment, on me demande mon avis. Alors je commence à l’exprimer, et dès les premières secondes, quelqu’un ne peut s’empêcher d’interrompre ou de ponctuer. Je t’assure, il faudrait chronométrer combien de secondes s’écoulent entre le moment où je commence à parler, et l’instant où quelqu’un va me couper, ne serait-ce que pour dire “ah ouais, c’est très vrai”, ou bien pour sortir une blague, ou encore pour demander “qui veut du café ?” Hey, les gars, ça fait 20 minutes que je vous écoute en silence, tandis que que la réunion est menée à votre rythme et selon vos règles – et je précise que ça ne me dérangeait pas plus que ça. Mais quand on me demande mon avis, vous pouvez peut-être vous réfréner de parler au moins pendant 1 minute, non ? Ce qui me choque le plus, c’est ce ratio où pendant 20 minutes, vous êtes en roue libre, contre 1 minute où c’est impossible pour vous d’être juste à l’écoute. C’est pour ça que je disais que nous faisons des efforts tout le temps. En fait, dans ce monde, le mode dominant, c’est le mode extraverti. Laurie (e) : Désolée de t’interrompre… Mais dans une réunion, quand on interrompt, ça ne veut pas dire qu’on ne t’écoute pas… Audrey (i) : Oui, bien sûr. Mais vu de notre point de vue d’introvertis, ça consiste à ramener la réunion à votre mode de fonctionnement, comme si c’était le seul possible. Si tu savais le nombre de fois où je n’ai parlé qu’une fraction du temps par rapport à mes collègues (et en plus, en étant coupée), et à la fin de la réunion (dont je sors fatiguée), de constater que les extravertis se sont imposés physiquement – une fois de plus ! Pourtant, mes idées n’étaient pas moins bonnes ! Je ne reprends pas l’image du chrono de Léonard, parce que je préfère l’idée de jetons. Disons qu’à chaque fois que tu parles, un jeton est consommé, et quand je parle, un jeton est consommé aussi, et ainsi de suite. Plutôt que de mesurer le temps cumulé en minutes, je regarde plutôt le nombre de fois où les gens parlent. Ainsi, en reprenant l’exemple de Léonard : dans une réunion, les extravertis auront déjà dépensé une trentaine de jetons à interagir, et quand moi je parle (1 jeton), ils vont encore intervenir pour me couper. Au final, on se retrouve avec un rapport entre, disons, 35 jetons de parole d’un côté, contre 1 ou 2 de l’autre… Ghislain (e) : D’accord, mais moi, je ne peux pas réfléchir sans parler ! Audrey (i) : Et moi je ne peux pas expliquer si on me parle (rires)
………………………
(Merci à Laurie, Léonard, Audrey et Ghislain pour leurs contributions. Les prénoms et/ou le genre ont été changés).
Je dirais bien que c’est pour fêter les presque 20 ans de ce blog que je change de plateforme, mais la réalité est tout autre.
Initialement, Blogthib était hébergé sous Dotclear. C’était un choix de geek idéaliste et libriste, qui plus est vantant le Made in France, et j’aurais dû m’y tenir – à l’instar de Tristan Nitot et d’autres blogueuses et blogueurs de la grande époque.
Hélas, quelques années après, j’ai opté pour la solution “simple” du moment, à savoir Wordpress, essentiellement en raison de la multiplicité des extensions / greffons disponibles. À l’époque, la migration n’a pas été sans peine. Puis, pendant des années, Wordpress a convenu à mes besoins, à tel point que j’ai ouvert plusieurs sites sous cette plate-forme (par exemple ici).
Or, depuis quelques mois, je cherchais à migrer une nouvelle fois, pour de nouvelles raisons.
Premièrement, Wordpress est au coeur d’une controverse peu reluisante. L’événement initial, puis la guéguerre qui a suivi entre les différentes sociétés composant la galaxie Wordpress, m’ont permis de mettre au jour la deuxième raison :
Désormais, je cherche activement à réduire ma dépendance à l’égard de sociétés privées qui peuvent décider, du jour au lendemain, de m’interdire l’accès à mes propres contenus. Les personnes intéressées pourront voir mon thibillet (premier d’une série) sur le sujet des données personnelles et de leur captation par des entreprises privées.
Troisièmement, cette démarche d’auto-protection est aussi assortie d’une quête vers davantage de simplicité, pour ne pas dire de frugalité. Wordpress (ou Dotclear) utilisent des bases de données, et chaque billet de blog est reconstruit dynamiquement à chaque consultation, à coups de requêtes dans la base pour récupérer du texte, des images, des styles… Or, tel un dinosaure d’Internet, j’aspire à une solution moins opaque : pour moi, l’idéal, c’est “un thibillet = une page html”. Cela facilite la compréhension de l’architecture du blog, sa sauvegarde et en dernier ressort, sa portabilité. En d’autres termes, je peux boucler mes valises à tout moment, et emporter ma petite maison-blog bien rangée, sans la laisser dans les arcanes d’une base de données incompréhensible pour le non-programmeur que je suis.
Quatrièmement, je me suis aussi inspiré des réflexions de Ploum, qui m’a bien inspiré dans ma quête. Sur les dernières années, j’écrivais mes thibillets en ligne, directement sous Wordpress, et je passais pas mal de temps à faire de la mise en forme. J’ajoutais aussi des photos “parce qu’un billet de blog sans photo, personne ne va le lire”. Aujourd’hui (merci Saint Ploum, patron de la simplicité), je reviens à l’essentiel, qui est d’écrire. Ce thibillet est écrit sur ce que j’appelle ma machine à écrire : un petit Netbook sous Linux qui est rarement, voire jamais connecté à Internet, et dont l’éditeur de texte (Leafpad) est l’équivalent (sous Linux) du Notepad de Windows. C’est de la frugalité pour aller à l’essentiel, que je détaillerai dans un thibillet à venir.
Et donc, quelle plateforme de blog héberge désormais mes pensées circonvolutives ? Sans aller jusqu’à l’épure proposée par Ploum, j’ai profité de quelques ressources en ligne, et de la compilation faite par Samuel sur Mastodon pour arrêter mon choix.
Pendant un an, c’est donc PluXml qui m’a convenu. Simple, épuré, c’est un moteur de blog sans base de données, mais néanmoins “responsive”, c’est-à-dire qu’il affiche les billets de blog aussi lisiblement sur les ordinateurs que sur les téléphones ou tablettes. Et Made in France, pour garder le bon mojo. Nous rentrons donc dans une phase de transition : A priori, les nouveaux thibillets (j’en ai 4 ou 5 sur le feu) seront publiés ici, tandis que l’ancien blog reste toujours accessible, et ouvert aux commentaires. À terme, si la phase beta-test s’est bien passée, je passerai peut-être l’ancien blog à un format statique, pour me libérer totalement de la base de données et de la galaxie Wordpress. À bientôt pour de nouvelles aventures.
[edit un an après : tous les thibillets prévus ont été publiés, le blog ancien est devenu statique, mais j’ai finalement quitté PluXml. Thibillet à venir]