Category Archives: Informatique et Internet

E-mails et génération spontanée : judgment day n’est plus loin…

Et voilà, pendant des années, j’ai écrit des thibillets pour essayer de me débarrasser des mails entrants. Mais ce que je ne savais pas, et que je découvre aujourd’hui, c’est que les mails se reproduisent entre eux, dans le délicat cocon de ma boite de réception. Sinon, à part la génération spontanée, comment expliquer que je reçoive 3 mails de plus que le logiciel n’en a comptés ?

Nothibillet – Pour rester anonyme sur l’Internet, mieux vaut s’appeler Jacques Martin que porter un nom très rare

A propos de sécurité des données personnelles, un ami a rédigé un texte, mais n’a pas de blog. Il m’a demandé de le poster sur mon espace, ce que je fais ci-dessous, car je pense que l’anecdote est intéressante. Je rajoute mes propres commentaires en dessous, pour réaction et ou discussion.

(début du nothibillet rédigé par cet ami)

Il y a quelques jours, alors que faisais une course en grande surface, il m’est arrivé l’anecdote suivante.
Deux femmes, qui se trouvaient devant moi dans la queue, bavardaient de telle façon qu’il m’était possible d’entendre distinctement ce qu’elles se disaient (c’est chose courante aux caisses des grandes surfaces).
L’une était la belle-mère de l’autre. Elle se parlaient librement, se sentant sans doute protégées par leur anonymat (si elles se reconnaissent, qu’elles se rassurent, rien de compromettant).
Arrivées à la caisse, comme elle n’avait pas sur elle sa carte de fidélité, la plus jeune a donné son nom à la caissière pour qu’elle la retrouve dans sa base de données, en prenant soin d’épeler le nom et le prénom.
Les deux étaient tellement singuliers qu’ils se sont aussitôt gravés dans mon esprit.
De retour à la maison, en bon internet addict, je ne fais ni une ni deux, un coup de google. En quelques minutes, j’avais retrouvé sa photo (et constaté que c’était bien la même personne), celles de son mari (et constaté que c’était bien le prénom qu’elle avait prononcé dans la conversation avec sa belle-mère), de deux de ses enfants, de ses parents et de ses trois frères et sœurs (ainsi que les prénoms de presque toutes ces personnes), appris que son père était divorcé et vu la photo de son ex-femme, et appris qu’elle avait un demi-frère et une demi-sœur.

Je n’ai pas tardé à trouvé son profil LinkedIn, tandis que sur dirigeant.com, j’ai pu consulter des informations très précises sur son patrimoine immobilier, ainsi que le mois et l’année de sa naissance (et constaté qu’elle fait plus jeune que son ge).
J’en ai déduit d’autres choses plus personnelles, mais je m’arrêterai là.

Cette personne ne poste pas sur Facebook. Elle n’a pas de blog. Elle est inscrite (volontairement sans doute) sur un site de généalogie. Rien de bien exceptionnel. Des millions de personnes sont dans ce cas. Sa seule caractéristique, c’est d’avoir un nom et un prénom qui constituent une clé de recherche unique dans l’immense base de données qu’est Internet. Et bien sûr, de ne pas avoir prêté attention à cette particularité et au fait qu’elle rendait sa trace numérique complètement distincte de celles de tous les autres, et donc terriblement visible.

Moralité : pour rester anonyme sur le net, il vaut mieux s’appeler Jacques Martin que porter un nom trop rare.

(fin du nothibillet, rédigé par cet ami)

Voici maintenant les commentaires de l’observateur que je suis (docthib, tenancier du bar numérique appelé blogthib) :

  • Cela me semble être une très bonne chose de rappeler que même si nous ne participons pas activement à notre identité numérique, il s’accumule de façon passive quantité de liens, recoupements et croisements de bases de données que nous en devenons néanmoins visibles. (j’avais même suggéré la stratégie de l’uncrosslisting).
  • On peut souligner que dans le cas de cette dame, elle a participé activement (site de généalogie), mais on peut penser qu’elle ne se doute pas de sa « vulnérabilité » numérique, en terme d’informations personnelles. (Rappelons que chaque année, des usurpations d’identité numériques, donc virtuelles, conduisent à des escroqueries bien réelles, tant il peut être facile de se faire passer pour…). Par ailleurs, nos données personnelles ont une valeur et un prix.
  • C’est là où j’en viens à un commentaire plus personnel : il faut quand même être un sacré « internet addict » (ou une personne malintentionnée) pour chercher à accumuler toutes ces infos. Mais cet ami démontre que, dès qu’on en a l’envie, les moyens sont à la portée du premier venu.
  • Maintenant, ultime question : et maintenant, qu’est-ce qu’elle fait, la dame ? Elle change de nom pour Jacque(line) Martin ? Elle arrête de parler dans la queue des supermarchés ? Ou elle se désinscrit de son site de généalogie ?

Je ne vois pas de réponse satisfaisante. Et vous, internautes baguenaudeurs, ça vous parle ?

LXDE (et Lubuntu) : bouton alimentation pour éteindre

Voilà exactement le genre de cadeau de Noël que j’aime m’offrir : avoir résolu le problème de la mise hors tension sous (Linux / LXDE) Lubuntu.

En souvenir de Jean-Philippe Gaillard, ancien étudiant avec qui j’avais parlé de Linux (bien avant Ubuntu) et qui m’avait dit (fort justement) :

« Linux, c’est plus que de l’informatique, cela s’apparente plutôt à une quête intellectuelle ».

zUbuntu – réflexions opérationnelles sur Linux Ubuntu et ses variantes (partie 1 / 2)

Je suis passé il y a quelques années à Linux Ubuntu, pour deux raisons :

  • une raison pragmatique : je n’en pouvais plus d’attendre le temps de chargement de Windows
  • une raison de fond : je crois profondément aux logiciels libres et ouverts.

Pendant tout ce temps, je suis resté en Double boot, avec un menu qui me proposait au démarrage Linux par défaut, mais Windows au cas où. Le cas où s’étant révélé extrêmement rare, voire inexistant, j’ai décidé cet été de passer en total Linux et de récupérer au passage les quelques 50 gigas pollués par Windows.

Ce thibillet, composé pour servir d’aide-mémoire et d’état des lieux, se décompose en deux parties.

  • La première partie (ce présent thibillet) traite des différentes versions de Ubuntu que j’ai testées à ce jour, avec mes commentaires d’utilisateur de base (utilisateur de base, mais éclairé – je peux rentrer des commandes comme sudo rm -rf /* dans le Terminal, mais ça n’est clairement pas mon fonctionnement par défaut). Cette partie sert autant pour moi que pour l’internaute newbie qui passerait par là.
  • La deuxième partie détaillera « quelques règles pour se rendre la vie plus facile quand on travaille sur plusieurs ordinateurs ». Pour ceux que ça intéresse, elle liste les quelques règles et outils que j’ai adoptés pour améliorer à mort mon ratio « temps passé en production  » / « temps passé en configuration et mise à jour ».

Première partie – mon chemin d’illumination avec zUbuntu

(1) Ubuntu. Donc, il y a deux ans et quelques, installation de Ubuntu. Interface épurée, solidité d’un système tournant sous Linux / Unix, et j’y retrouvais tous mes logiciels favoris (Firefox, Thunderbird, OpenOffice, Kompozer sur lequel j’écris ce thibillet, Freemind pour les cartes mentales…). Au fil des mises à jour (tous les 6 mois, avril et octobre), je découvrais un système qui progressait en stabilité, rapidité, et fonctionnalités. Un MacOS du pauvre, si vous voulez. Je n’ai rien contre MacOs, j’en suis un utilisateur très satisfait,, mais depuis des années, ce n’est pas que j’en ai marre des effets de transparence et d’ombrage, de fluidité graphique et de belles icônes, simplement, quand c’est réalisé au détriment de la réactivité et de la rapidité, je préfère une interface plus sobre et plus rapide. Le but, c’est quand même de travailler, non ? (Ma critique vise en fait Windows. MacOS non seulement est beau, mais il est rapide. La sortie de veille des Macs est une référence de rapidité pour moi.)
Donc rien ne me prédisposait à aller plus loin, j’avais Ubuntu, et tout roulait.
Puis est venue la désastreuse version avec Unity, d’abord en avril 11, puis sous une version encore plus rude, en octobre 11. Je ne m’étendrai pas sur cette version : j’ai trouvé un article très bien équilibré (aller à la fin pour les critiques), hélas en anglais.
Je me suis retrouvé avec un jeu d’icones Duplo (vous vous souvenez, les gros legos…) conçues pour les malvoyants… ou les tablettes. Et jouer de la souris à longueur de journée, ou ne pas même pouvoir configurer mes menus ou raccourcis, très peu pour moi…

(2) Xubuntu. J’ai donc opté pour une version plus light : Xubuntu, fondée sur un autre environnement graphique.
Pour les non-initiés : il y a Linux, avec la solidité et sa stabilité, c’est le moteur.
Et puis, par dessus, il y a l’environnement graphique, c’est la carrosserie. Et des carrosseries, il y en a plusieurs, dédiées à différents usages ou besoins. ça veut dire que vous avez toujours le moteur d’une Porsche (révisé et amélioré tous les 6 mois), mais vous pouvez opter pour une carrosserie / tableau de bord / habillage intérieur stylés (Gnome 2) ou bien une carrosserie / tableau de bord / habillage intérieur modernes (KDE) et d’autres encore. Pour reprendre l’analogie de la voiture, vous avez un moteur de Porsche et on vous dit « avec tel environnement, vous aurez un seul levier pour les clignotants et les essuie-glaces, il y aura trois pédales, et le volant sera carré », alors que pour un autre environnement, ce sera « Il n’y a plus de pédale de frein (c’est la voiture qui freine avec un sonar), vous pouvez changer la couleur du pare-brise, et l’intérieur est totalement insonorisé ». Vous l’aurez compris, il n’y a pas un environnement qui plaît à tous : chacun sélectionnera l’environnement qui correspond le mieux à son ergonomie souhaitée.
L’environnement graphique Gnome 3 (successeur de Gnome 2) étant totalement anti-productif pour moi (imaginez avec un GPS tellement intégré que c’est lui qui décide où vous allez…), j’ai opté pour un environnement léger : XFCE. Et c’est le X de XFCE qui donne Xubuntu.
Et tant qu’à avoir développé une tactique pour éviter de passer des heures à tout réinstaller (cf. Deuxième partie, dans le thibillet suivant), je suis parti à la recherche d’un truc encore plus léger, encore plus épuré.

(3) Lubuntu. Et je crois que je vais m’arrêter là. Lubuntu est très léger : toujours le même moteur (ubuntu 11.10, soit octobre 2011), mais un environnement graphique super léger (donc rapide) avec des applications peu gourmandes : LXDE, ce qui donne le L de Lubuntu.
(Non, je ne vais pas tester toutes les autres versions, Kubuntu, Edubuntu, je suis sûr qu’on pourrait créer l’équivalent du projet Moomle avec les noms de Ubuntu…)

Cette quête m’a permis de revenir aux bases de mes besoins informatiques : navigateur, gestionnaire de mail, suite bureautique, synchronisation des dossiers, et deux amusettes : un éditeur de pages web (où j’écris ce thibillet) et un logiciel de cartes mentales.
6 logiciels et c’est tout.
Ce qui m’amènera à ma deuxième partie, les règles et attitudes de celui qui veut fonctionner léger, installer léger et réinstaller léger…

[ajout du lendemain – oubli] J’en ai profité pour chronométrer les temps de démarrage. Certes, comme c’est sur deux machines différentes (pas le même processeur), c’est plus indicatif qu’autre chose.

  • Netbook (donc petite config) sous Ubuntu 11.04 : démarrage (jusqu’à l’affichage du bureau) = 53 secondes + lancement de Firefox et chargement de ma page = 1 minute 16 secondes ; arrêt total = 5 secondes.
  • Portable d’entrée de gamme (donc petite config) sous Lubuntu 11.10 : démarrage (jusqu’à l’affichage du bureau) = 40 secondes + lancement de Firefox et chargement de ma page = 1 minute ; arrêt total = 18 secondes.

Donc, petite prime à Lubuntu, même si le Netbook sous Ubuntu s’éteint très rapidement (encore une fois, les configurations sont différentes, ce qui réduit la comparabilité).
[fin d’ajout]

My ThibPad

Cela fait maintenant un mois que je pratique mon nouveau petit ordinateur, et voici le temps du bilan.

Tout est parti d’un week-end à Barcelone. Sur les 5 poilus présents, j’étais le seul à ne pas avoir emporté de solution mobile (ordi portable ou iPad). J’ai donc pu mesurer :

  • ma pharmacodépendance (forte) aux réseaux dont j’étais privé alors que les 4 autres avaient leur dose
  • l’intérêt des différentes solutions en présence

Je suis revenu de ce week-end en sachant déjà que je voulais un iPad qui ne soit pas un iPad.

iPad Pour Contre
Allumage Immédiat – tout le temps disponible
Environnement Connu – univers Mac
Connectique Nulle – une prise propriétaire, point.
Réseaux Wifi uniquement 🙁
Logiciels Mac uniquement – pas de possibilité d’installer LibreOffice, Firefox, Thunderbird…
Clavier Virtuel
Autonomie Géniale (10h ?)
Prix prohibitif pour les Contre listés ci-dessus

Ce qui me plaisait dans l’iPad (autonomie, sortie de veille immédiate, légèreté qui permet de ne même pas y penser quand il est dans la sacoche ou le sac-à-dos) devait être associé à des choses qui me semblaient indispensables :

  • un vrai clavier, un de ceux où l’on peut être véloce, donc pas un clavier virtuel. (J’ai testé le clavier virtuel de l’iPad, je n’en veux pas, merci).
  • une connectique passe-partout : de l’USB, du réseau ethernet, du VGA (eh oui…)

Je voulais surtout avoir un environnement où je n’aie pas à refaire un investissement pour savoir où trouver quoi. Je ne rajeunis pas, et malgré une vivacité intellectuelle que m’envient les jouvenceaux de 20 ans, j’en ai un peu marre de jouer avec les subtilités de 5 systèmes d’exploitation (Mac OS, Linux, Windows XP / Vista / Seven) dont certains prétendent me faciliter la tâche en créant des menus ultra-simplifiés… ce qui me pousse à chercher pendant des heures les sous-menus de configuration qui vont bien.
Le duel s’est joué (rapidement) entre le MacBook Air et un Netbook Samsung NC 110 :

MacBook Air Netbook Samsung NC 110
(Windows Seven + Linux installé par mes soins)
Allumage Non testé.
Sortie de veille ultra-rapide.
Très rapide (sous Linux…)
Sortie de veille ultra-rapide (sous Linux…)
Environnement Connu – univers Mac Connu – univers Linux Ubuntu
Connectique Très faible. 1 USB. 3 USB, 1 VGA, 1 Ethernet, casque et micro, carte SD
Réseaux Wifi uniquement… Wifi, ethernet et Bluetooth (très utile, cf. ci-dessous*)
Logiciels Mac, donc fiables
Avantage : iTunes et iPhoto
Possibilité d’installer des logiciels tiers comme Firefox, Thunderbird, LibreOffice, Kompozer etc.
Linux Ubuntu, donc fiables

Possibilité d’installer des logiciels tiers comme Firefox, Thunderbird, LibreOffice, Kompozer etc.

Clavier Rétroéclairé (mon seul regret) Non rétroéclairé
Autonomie Bonne (4-5h) Géniale (10 h ?)
Prix Prohibitif 350 €
Écran Brillant (comme 90% des portables) Mat (ce qui était un critère)**
Volume Super slim, beau, 11″ Petit (10″), donc qui tient sur les genoux dans le métro
Critère ultime Tellement beau (et qui se signale avec sa pomme lumineuse) que l’on peut se le faire tirer rapidement dans un métro ou un train de banlieue. Noir, pas très beau, petit, en plastique : peu de risque de se le faire chourer à l’arrache. Donc j’hésiterai moins à l’utiliser que si j’avais un MacBook Air en alu…

* Un ordinateur portable avec Bluetooth permet de se connecter à son téléphone mobile et ain
si de surfer en utilisant l’abonnement illimité du téléphone portable. Extrêmement pratique quand, comme souvent, on est dans une entreprise tierce dont le wifi est verrouillé.
** Un écran mat est la seule solution pour travailler sans que les reflets (néons, fenêtres…) ne perturbent la vision.

Au final, comme vous le devinez, c’est le Netbook qui a gagné. Installation de Linux Ubuntu sans problème (sauf, hum, que sans lecteur de CD, c’est un peu compliqué…), puis, 15 jours après, mise à jour vers Ubuntu 11.04 déroulée sans problème. Certaines touches de fonction du Netbook ne sont plus reconnues, OK, j’ai trouvé des raccourcis « sous le capot », c’est un peu moins pratique et glamour, mais ça marche, et ça ne perturbe pas ma productivité.

Grâce aux logiciels libres et à la synchronisation, tout mon environnement est désormais le même sur mes 4 ordis (boulot, fixe maison, Mac maison, netbook) :
– Firefox 4 avec synchronisation des bookmarks (xmarks)
– Thunderbird avec mails hébergés en IMAP (donc automatiquement accessibles partout)
– Dropbox pour la synchronisation des fichiers
– LibreOffice sur tous les ordinateurs, de même que Kompozer (pour les thibillets)
– j’ai même un dossier synchronisé avec des fichiers d’icones, pour que tous les dossiers importants (Fichiers, Téléchargements…) soient identifiés visuellement avec la même icone quel que soit l’OS utilisé.

En résumé, ça fait un mois que je n’ai plus touché Windows Seven et que je ne travaille plus que sur Linux Ubuntu (idem pour mon ordi fixe, dont le Vista occupe en pure perte des gigas du disque dur, tant il n’est jamais utilisé). Il ne reste plus qu’à attendre que Samsung corrige son bios défectueux, pour que les touches de fonction soient reconnues sous Linux. Problème bénin.

Novlangue 2

En terme de novlangue sur mon Nokia, voilà la moisson du jour :
– « rendorm » donne « rendormis-tu »
– « coach » donne « coachis-tu »
– « chiant » donne « chiants-tu »
– « Jo » donne « Joz-vous »

Joz-vous, joz-vous !!

Novlangue

J’ai depuis peu – les lecteurs qui ont suivi mes péripéties le savent – un Nokia E72.
J’en suis très content. Face à tous ces iPhones, je me sens un peu comme celui qui mange un sandwich saucisson-beurre au comptoir du café du coin, alors que tout le monde va chez MacDo.

Il y a toutefois un point qui m’épate, et pour tout dire, me ravit.

Il y a, comme sur tous les smartphones, un système d’aucomplétion des messages. Cela donne des résultats amusants : j’en avais déjà parlé dans T9 roulette ainsi que dans un thibillet suivant. A noter que le correcteur orthographique du traitement de texte OpenOffice peut aussi être insultant, et que les iPhones ne sont pas en reste

Mais là, on touche à autre chose.

Je tape « chemisette », il me propose « chemisettez-vous ». Je connaissais le verbe chemiser, mais pas encore chemisetter.
« Voie » donne « voiez-vous ». J’hésite : voier, c’est aller sur une voie, ou c’est voir tellement mal qu’on commet des fautes en écrivant les verbes ?
Dans la veine poétique, « aurores » donne « aurores-tu ». Non, créature de la nuit, je n’aurore jamais sans toi… Et tant qu’à parler de sommeil, il me propose « dormirant ». Je suppose que c’est le participe présent du verbe dormirer, qui, comme tout le monde le sait, signifie dormir face à un miroir.

Et puis on arrive dans le surréaliste :
mails => mails-tu
kms => kms-tu
que => queez-vous
hâttps (dans une barre d’adresse web) => hâttps-tu

ça me rappelle l’histoire du verbe photor. Il n’y a donc pas que les Japonais à faire ça, les suédois s’y mettent aussi : plutôt que d’embaucher un traducteur humain, ils construisent un algorithme de traduction. ça donne par exemple : « En français, chaque mot qui finit en S est un verbe conjugué à la deuxième personne du singulier. On peut donc rajouter « -tu » après-tu comme suggestion. Mais ça ne marche qu’en français-tu. Il n’y a jamais-tu de contre-exemple. Pareil pour le z : les mots qui finissent en ez, on peut leur rajouter « -vous », puisque c’est un verbe conjugué à la deuxième personne du pluriel. C’est évident comme le nez-vous au milieu de la figure ».
Mais je n’ai pas réussi à percer les arcanes du logiciel de traduction qui a donné « queez-vous ».
Aussi, je vais hâttper quelques-tu sites-tu, sans aurorer (il faut dormire, quand même) et vous tiendrai au courant.
Après-tu avoir mangé mes merguez-vous.

Error

Je suis en train de réserver des billets sur Internet.
Après 20 mn de saisie laborieuse, au moment où je clique sur OK, voilà ce qu’il m’affiche.
Désolé, moi pas parler Klingon 🙁

Facemoulox

Je suis revenu sur Facebook, malgré tout ce que j’en ai dit (dans l’ordre) :

Ce que je vois depuis que je suis revenu, c’est la même chose qu’auparavant, avec quelques variantes :

  • les jeux ont l’air de se calmer (j’engrosse un pigeon, je détruis des vampires, je farme des personnages…)
  • il y a fécondation des univers entre eux : des twitters deviennent des statuts FB, et une bonne proportion des statuts sont postés depuis un téléphone mobile.

Mais il y a un nouveau truc : les clubs privés de communication, les jeux sur le langage et les statuts.
Depuis quelques jours, je remarquais que des filles / femmes postaient un mot désignant un alcool (bière, tequila, etc) et je me disais « Chouette, des luronnes ! »
Point du tout, innocent que j’étais, c’était en fait une conspiration des reptiliens pour asservir le monde (et exclure les hommes de toute compréhension, ce qui n’est pas trop dur). Chaque mot correspond à un code, et quelque part sur internet, il y a une machine Enigma qui permet de retranscrire ce code (« bière ») en signification (« heureuse en couple » par exemple). Tout le secret consistant à garder la signification cachée.

Bon, j’aime comprendre. Donc première étape : trouver l’emplacement de la machine Enigma. Quelques mots-clés sous Google, premier résultat de recherche, voilà, ça c’est fait.
Deuxième étape : lire la page et essayer de comprendre. Analyse :

  • C’est parti d’une intention louable : faire du buzz pour lutter contre le cancer du sein
  • mais les garçons, qui ne comprenaient rien quand une fille postait comme statut « diabolo-menthe » alors que sa meilleure amie disait « picon bière », ont lancé des contre-jeux
  • Il y a désormais quantité de jeux, lancés par des filles, puis des contre-jeux lancés par des garçons, c’est la guéguerre filles-garçons
  • Les mots peuvent se contredire entre eux, cela dépend des pays et des périodes. Par exemple, une fille qui poste « bière » signifie « femme mariée », mais il y a quelques mois, ça signifiait « séparée ». Vous me direz, elle a eu quelques mois pour se marier, c’est peut-être ça la logique…

Troisième étape : le grand n’importe quoi. Comme il y a plusieurs jeux, on peut poster des statuts complexes, par exemple « thé rouge » (je suis libre, je suis attirée par un mec), avec les risques de mauvaise traduction (cela peut aussi signifier « je suis libre et j’ai un soutien-gorge rouge » ou encore un truc de ouf du type « je bois du thé rouge »).
Et il y a des constructions de phrases suivant le jeu du cadavre exquis, en fonction de la date de naissance. Par exemple, Napoléon Bonaparte, né le 17 août 1769, écrirait sur son statut : « J’ai déjeuné avec ta maman sur mon compte bancaire parce que je suis TROP COOL ! »
Ce à quoi je réponds : Kamoulox !

Depuis ce jour, je regarde avec méfiance les statuts sur FesseBouc. Quand un gars dit (apparemment innocemment) « Je reviens d’aller acheter des Pampers, quelle foule ! », je me dis qu’il existe quelque part sur le web une page Enigma qui me permettrait de décoder ce qu’il a effectivement envoyé comme message.

T9 roulette russe

Une autre forme de T9 roulette que je découvre à l’instant : le correcteur orthographique. C’est bâteau pourtant.
Mais je l’aime bien dans son côté divinatoire, à la limite de l’insultant. Dans un document, il tombe sur mon adresse e-mail et me dit (sans trop de surprise) : « absent du dictionnaire ». Et là, en remplacement de ce qui est tout de même mon identité numérique, ce qui me définit et me caractérise avant tout dans les mondes virtuels, il me propose : petites-bourgeoises, neuropsychologique, neuropathologie, neuropsychiatrie.
Je me doutais que je n’étais pas top top équilibré, mais de là à me proposer des électrochocs, il y a de la marge. Et puis petit-bourgeois (encore plus insultant, je trouve, au féminin), rah, je vais lui péter ses bits à ce programme.
« Correction » aurait dû s’entendre au sens de « Aide », pas de « Chtiment »…

10 € par mois pour être Libre

Publicité gratuite mais motivée : Framanet a besoin de ressources pour continuer à se développer. Si vous pensez – comme moi – qu’une existence numérique doit pouvoir être mobile et élective (c’est MOI qui choisis les outils que je souhaite utiliser), vous êtes mûrs pour la Framakey. Et pour encourager ces sympathiques libristes, rien de tel qu’une petite contribution financière. Fidèle à mes principes, je viens de m’inscrire pour 12 mois de dons (bien moins cher qu’une licence Office…)
Rappel pour ceux qui ne suivent pas : vous pouvez faire des dons aussi à Wikipedia, LibreOffice (page en anglais pour l’instant), même si FreeMind refuse les dons

Faustbook

L’analogie entre le mythe de Faust et les services gratuits / les réseaux sociaux sur Internet. Dans les siècles passés, plus d’un homme s’est laissé tenter à vendre son me, en échange d’un avantage forcément limité dans le temps : un supplément de vie.
Ce qui motive ces hommes dans ce choix a priori inégal (une vingtaine d’années gagnées face à une éternité perdue), ce sont deux choses :

  • la prééminence du présent dans nos décisions. Je veux tout, tout de suite.
  • la mauvaise évaluation du coût final.  » Perdre son me, ouais, on verra plus tard « . Cette mauvaise évaluation est renforcée par le fait qu’il s’agit d’un bien immatériel, pour lequel il est donc difficile d’estimer un coût, une valeur.

L’analogie me semble évidente avec Facebook, ou d’autres services prétendument gratuits (gmail, MSN…). En échange d’une satisfaction immédiate (avoir un compte, accéder à un service), on abandonne des informations qui vont pouvoir servir sur nous (contre nous) pendant des dizaines d’années. Je liste les quelques informations qui sont régulièrement demandées:

  • Nom, prénom
  • identifiant (pseudo)
  • mot de passe
  • adresse e-mail
  • date de naissance
  • adresse postale
  • numéro de téléphone

Qu’on ne s’y trompe pas : il suffit de quelques informations (par exemple nom prénom adresse e-mail) pour croiser ces données avec d’autres bases de données et retrouver une adresse ou une date de naissance. Et plus les années passent (j’ai 15 ans de présence sur Internet derrière moi), plus il devient impossible de disparaître, même en pratiquant l’uncrosslisting. D’autant plus qu’après un temps d’errance, on se fixe dans la vie : on garde le même numéro de portable, on se fixe à une adresse postale. Comme le dit George Clooney à Catherine Zeta-Jones dans Intolérable cruauté : « You’re exposed. Just like a sitting duck. »
Quand j’étais étudiant en prépa, dans les annales d’examen, il y avait des dessins de Mathieu, illustrateur phare de L’Etudiant. Sur un de ces dessins, Clothaire Legnîdu disait  » J’intègre une école de commerce. J’ai vendu mon âme au diable !  » Et un camarade de lui répondre  » Combien ? « 
Non seulement nous vendons notre me un peu plus à chaque fois que nous nous inscrivons en ligne, mais en plus, nous la vendons très peu cher.

En résumé : contre l’utilisation d’un service temporaire en attendant que Twitter soit remplacé par une nouvelle coqueluche nous donnons la possibilité d’utiliser nos données personnelles ad vitam aerternam. Comme le disait Sénèque il y a quelque temps, « Les hommes jouent avec le bien le plus précieux d’entre tous ; mais ils ne s’en rendent pas compte parce qu’il s’agit d’un bien immatériel, parce qu’ils ne l’ont pas sous les yeux et de ce fait, il est estimé à un prix très bas, je dirais même à un prix pratiquement nul. » (Sénèque, De la brièveté de la vie, Ch. VIII, Par. 1.)

Miracle de la sérendipité : après avoir rédigé ce thibillet, je tombe sur la nouvelle suivante dans le Herald Tribune du jour : Bynamite, une startup américaine, propose aux internautes une extension de navigateur web qui permet (1) de voir ce que les sites de e-commerce savent déjà sur vous ; (2) de modifier ces informations, je cite, « pour permettre un meilleur ciblage des offres commerciales ». Ainsi, l’internaute indique ses intérêts. La prochaine étape serait de troquer ses informations en échange de réductions commerciales. Je te dis qui je suis, et en échange de mes données, tu me vends moins cher tes produits. A suivre ?…

Je ne suis plus un Fesse-Bouc (II)

Après une première tentative il y a un ou deux ans, j’y retourne définitivement : j’ai supprimé mon compte Facebook.
Je réponds ainsi à l’appel du 31 mai, et je supprime mes données perso, mes photos et surtout, les inférences statistiques que des marketeux de bas-étage veulent en tirer pour m’utiliser comme vache-à-lait, ou plutôt, prospect consentant à son corps défendant.
Le slogan historique de Thunderbird était Reclaim your Inbox, je paraphrase : Reclaim your privacy.
Et j’attends avec impatience Diaspora. D’ici là, je devrais arriver à survivre sans réseau social…

Et pour ceux qui veulent une information agrégée, l’excellent Tristan Nitot nous donne un résumé (parmi tant d’autres) des critiques adressées à Facebook ici.