Dimanche 24 Mai 2026

Tactique dialectique #3 – Les punchlines de Linny Brando

Notre amie Linny Brando (fille de Marlon, petite soeur de Cheyenne, cf. thibillet initial ici, et suite là) a fort à faire dans certaines discussions, par exemple sur le changement climatique, la mainmise des plate-formes américaines sur notre vie, l’intelligence artificielle, ou plus généralement, la politique.

Quand on n’est pas d’accord avec son interlocuteur, mais qu’on souhaite continuer à discuter, Linny Brando nous a appris qu’il vaut mieux éviter les longues argumentations façon exposé. Une tactique de Linny Brando consiste par exemple à poser des questions pour maintenir le dialogue ouvert.

Voici une autre tactique de Linny Brando : la punchline. Comment traduire ce mot et cette idée ? On peut parler de “la phrase qui tue”, ou “l’argument massue”, mais ce n’est pas satisfaisant, car on reste dans un registre guerrier de confrontation, alors que l’objectif est plutôt inverse.

En effet, l’objectif de la punchline n’est pas de clouer le bec à l’autre personne, de manière catégorique et implacable. On a déjà vu que ça ne marche pas bien. Il s’agit plutôt de créer un espace de pause et de réflexion. Si je pratique une punchline assassine, je suis en train d’échanger une satisfaction égotique de court terme (”ah, je t’ai bien séché sur ce coup-là”) contre des conséquences négatives de long terme :

  • mon interlocuteur m’en voudra ;
  • il ne se laissera plus jamais prendre au piège d’un soi-disant dialogue ;
  • enfin, et c’est la conséquence la plus grave, il sera d’autant plus renforcé dans ses propres idées (avec de la rancoeur en supplément).

En d’autres termes, quand on discute, et si on veut vraiment échanger, on ne gagne rien à mettre les gens en colère. Tant qu’à pratiquer les anglicismes, et pour chercher un équivalent français à punchline, on pourrait s’inspirer du concept de fun fact – une “anecdote amusante”. Bref, une punchline, ce n’est pas tant un coup de poing qu’un jeu de jambes, qui permet de décaler la discussion.

Quelles sont donc les 3 conditions d’une punchline à la sauce de Linny Brando ?

  1. Elle doit être courte
  2. Elle doit être informative, de manière factuelle (donc neutre = pas d’opinion)
  3. Idéalement – et c’est là où réside la difficulté – elle doit contenir sa propre démonstration / son propre argument, sans avoir besoin d’expliquer.

C’est cette dernière condition qui fait tout le sel de l’intervention : si, après la punchline, il n’y a pas de moment de silence, ça veut dire que vous devez chercher une meilleure punchline.

Prenons un exemple de discussion avec deux protagonistes : Linny Brando, qui pense qu’il faudrait limiter l’utilisation de la voiture individuelle, au profit des transports en commun ou du vélo; en face, George-Edouard, fier propriétaire d’un SUV avec lequel il va au travail tous les jours, n’est pas d’accord.

1er exemple d’une mauvaise punchline, qui ne coche pas les trois conditions :

Linny Brando : […] et donc ce serait bien si les gens utilisaient davantage le vélo.
George-Edouard : ah ouais, et comment tu fais quand tu as une urgence, ou un meuble à transporter ?
(punchline de Linny Brando, mauvais exemple) : c’est marrant, vous les automobilistes, on a l’impression que chaque semaine, vous avez en même temps une grand-mère à amener en urgence à l’hôpital ET une armoire normande à déménager ET votre fille à amener à la compétition de judo. C’est fou, quand même…

Conséquence de cette punchline : petite satisfaction immédiate, mais rupture (probablement définitive) du dialogue

2ème exemple, dans la même discussion, d’une meilleure punchline :

Linny Brando : […] et donc ce serait bien si les gens utilisaient davantage le vélo.
George-Edouard : ah ouais, et comment tu fais quand tu as une urgence, ou un meuble à transporter ?
(pas encore la punchline) Linny Brando : eh bien dans ce cas exceptionnel, tu utilises ta voiture, si tu en as une, ou bien tu loues un véhicule adapté, ou encore tu prends un taxi, ou un déménageur professionnel.
George-Edouard : Peut-être, mais bon, la voiture c’est bien pratique pour se déplacer facilement.
(punchline) Linny Brando : En France, 80% des personnes vivent en zone urbaine, là où il y a beaucoup d’alternatives à la voiture.

Conséquence (vécue) de cette punchline : un petit silence. George-Edouard réfléchit. Il ne connaissait pas ce chiffre, il réévalue ses arguments, et adapte sa vision du monde. Certes, la plupart du temps, ça ne l’empêchera pas de contre-argumenter :

George-Edouard : oui, enfin, il n’y a pas des transports en commun partout en ville.

Mais même dans ce cas, la punchline a un intérêt. Comme on a respecté la condition 3 d’une bonne punchline, l’idée est juste suggérée, et c’est George-Edouard, l’automobiliste, qui amène le premier l’argument des transports en commun.

La boîte à outils des punchlines

Linny Brando, au fil de ses discussions, a commencé à faire une liste de punchlines qui respectent, si possible, les 3 conditions énoncées ci-dessus. Cela sert comme une petite boite à outils dans les discussions quotidiennes. En voici quelques exemples (merci de donner vos punchlines en commentaires, pour augmenter cette boite à outils).

Sur l’énergie solaire = 3 jours de soleil représentent (en énergie) toutes les ressources d’énergies fossiles de la Terre.
Sur la biodiversité = 20 millions d’oiseaux mort par an en Europe.
Sur la taxation des milliardaires. Pour se faire une idée de la différence entre 1 million d’euros et 1 milliard d’euros :

  • Un million d’euros, en billets de 100 euros, ça fait une pile d’un mètre de haut.
  • Un milliard, ça fait 1km de haut, soit 3 fois la hauteur de la Tour Eiffel. Quant à la fortune des 20 hommes les plus riches de la Terre (j’exagère, il y a une femme), elle est au-delà de l’atmosphère terrestre, soit 100km de hauteur. Donc, quand on taxerait ces milliardaires à 2%, ça représenterait la taille d’un petit immeuble – comparée à la hauteur de notre atmosphère.

Mercredi 31 Décembre 2025

L’année terrible

Lors de mes insomnies (j’en ai encore, j’en aurai probablement toujours), je lis du Victor Hugo.
Les alexandrins du grand homme ont un effet berceur. Derrière la beauté, la profondeur. Derrière le profond, l’humain. Et là, depuis plus d’un an, je suis dans “L’année terrible”, avec des parallèles à la situation actuelle du monde.
Cela a commencé il y a plus d’un an, lors des élections américaines : au lendemain des résultats, je citaisLe message de Grant” (décembre 1870) :

L’Amérique baisant le talon de César,
Oh ! cela fait trembler toutes les grandes tombes !
Cela remue, au fond des pâles catacombes,
Les os des fiers vainqueurs et des puissants vaincus !
Kosciusko frémissant réveille Spartacus ;
Et Madison se dresse et Jefferson se lève ;
Jackson met ses deux mains devant ce hideux rêve ;
Déshonneur ! crie Adams ; et Lincoln étonné
Saigne, et c’est aujourd’hui qu’il est assassiné.
Indigne-toi, grand peuple. Ô nation suprême,
Tu sais de quel coeur tendre et filial je t’aime.
Amérique, je pleure. Oh ! douloureux affront !
Elle n’avait encore qu’une auréole au front.
Son drapeau sidéral éblouissait l’histoire.
Washington, au galop de son cheval de gloire,
Avait éclaboussé d’étincelles les plis
De l’étendard, témoin des devoirs accomplis,
Et, pour que de toute ombre il dissipe les voiles,
L’avait superbement ensemencé d’étoiles.
Cette bannière illustre est obscurcie, hélas !
Je pleure… — Ah ! sois maudit, malheureux qui mêlas
Sur le fier pavillon qu’un vent des cieux secoue
Aux gouttes de lumière une tache de boue.

Depuis, l’année terrible d’Hugo réveille en moi, bien réveillé hélas, dans la noirceur de la nuit, des pensées sombres. C’est une oeuvre politique, évidemment, et c’est pour ça qu’elle est encore d’actualité. Il y a des flambées de colère dans des flambeaux d’humanisme :

La Liberté jamais en vain ne nous parla.
Souvenez-vous aussi que nos mains que voilà,
Ayant brisé des rois, peuvent briser des cuistres.
Bien. Faites-vous préfets, ambassadeurs, ministres,
Et dites-vous les uns aux autres grand merci.
Ô faquins, gorgez-vous. N’ayez d’autre souci,
Dans ces royaux logis dont vous faites vos antres,
Que d’aplatir vos cœurs et d’arrondir vos ventres ;
Emplissez-vous d’orgueil, de vanité, d’argent,
Bien. Allez. Nous aurons un mépris indulgent,

Nous nous détournerons et vous laisserons faire ;
L’homme ne peut hâter l’heure que Dieu diffère.
Soit. Mais n’attentez pas au droit du peuple entier.
Le droit au fond des cœurs, libre, indomptable, altier
Vit, guette tous vos pas, vous juge, vous défie,
Et vous attend. J’affirme et je vous certifie
Que vous seriez hardis d’y toucher seulement
Rien que pour essayer et pour voir un moment !

Rois, larrons ! vous avez des poches assez grandes
Pour y mettre tout l’or du pays, les offrandes
Des pauvres, le budget, tous nos millions, mais
Pour y mettre nos droits et notre honneur, jamais !
Jamais vous n’y mettrez la grande République.
D’un côté tout un peuple ; et de l’autre une clique !
Qu’est votre droit divin devant le droit humain ?
Nous votons aujourd’hui, nous voterons demain.
Le souverain, c’est nous ; nous voulons, tous ensemble,
Régner comme il nous plaît, choisir qui bon nous semble,
Nommer qui nous convient dans notre bulletin.
Gare à qui met la griffe aux boîtes du scrutin !
Gare à ceux d’entre vous qui fausseraient le vote !
Nous leur ferions danser une telle gavotte,
Avec des violons si bien faits tout exprès,
Qu’ils en seraient encor pâles dix ans après !

(Aux rêveurs de monarchie, février 1871)

C’est une succession de textes puissants, alternant entre l’amertume et l’optimisme.

Toute nuit mène à l’aube, et le soleil est sûr ;
Tout orage finit par ce pardon, l’azur.

(avril 1871)

Il y a quelques jours, ou plutôt quelques nuits, au milieu d’un poème au long cours, je redécouvrais ces vers, désormais bien connus, car notamment mis en chanson en 2013 par Le Larron :

Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte

(À ceux qu’on foule aux pieds, juin 1871)

Et pour conclure cette année, entre deux millésimes, je laisse le grand Victor allumer les lampes de l’espoir :

Demain dans Aujourd’hui semble un embryon noir,
Rampant en attendant qu’il plane, étrange à voir,
Informe, aveugle, affreux ; plus tard l’aube le change.
L’avenir est un monstre avant d’être un archange.

(Je ne veux condamner personne, juin 1871)

Samedi 20 Septembre 2025

LinkedIn récupère vos données pour entraîner son IA

Vu dans cet article : LinkedIn (détenu par Microsoft) a choisi de vous mettre devant le fait accompli : vos données (posts, messages privés, articles, commentaires, pièce d’identité ayant servi à la validation, etc.) seront utilisées pour entraîner l’intelligence artificielle de cette société sans que vous ayez donné votre accord. Pour refuser, il faut aller sur cette page et désactiver la fonctionnalité (activée par défaut).

Lundi 2 Juin 2025

L’armée des ombres #2

Nous sommes en 2025 et j’ai une vision relativement pessimiste de l’état du monde. Les réseaux
sociaux sont aux mains de milliardaires, de même que les principaux médias. Cette série de thibillets cherche à donner des réflexes et outils simples, avec un double objectif : (1) limiter la surveillance de nos comportements et échanges quotidiens ; (2) rendre plus difficile l’agrégation de nos données personnelles par des entreprises privées liées à des gouvernements ou des partis extrémistes.

Dans cette série, j’ai déjà publié un thibillet portant sur le choix du navigateur. Continuons en parlant du mail.

Autant pour ce qui est de votre mail pro, vous ne pouvez pas faire grand-chose – sinon prier que votre DSI soit affûté sur les questions de sécurité informatique – autant vous pouvez agir sur votre adresse mail personnelle. En une idée : utilisez une adresse e-mail personnelle qui ne dépende pas d’un service soi-disant gratuit (gmail, hotmail, yahoo, gmx…) Suivant l’adage « si c’est gratuit, c’est toi le produit », ces adresses mail supposément gratuites ont un coût extrêmement élevé en termes de captation de vos données personnelles, de vos habitudes et comportements. Même si les entreprises qui proposent ce service prétendent le contraire, tous vos mails sont lus et indexés pour contribuer à mieux vous profiler en termes de consommation, de sociologie, de sexualité, de politique, de patrimoine… Ces données qui parlent de vous en détail sont régulièrement revendues à d’autres entreprises, et peuvent être communiquées à (ou captées par) des services de renseignement ou des instances gouvernementales de votre pays ou d’une autre nation…

Mes e-mails (personnels + différentes activités professionnelles) me coûtent moins de 15 euros par an. Ils sont hébergés chez Infomaniak (publicité gratuite), en Suisse, un des pays les plus sourcilleux en ce qui concerne le respect des données personnelles. Je ne vais pas jusqu’à crypter mes mails avec PGP (et rien que cet acronyme ne nous rajeunit pas), mais ça ne ferait pas de mal : il faudrait juste – et c’est le plus compliqué – éduquer les destinataires à la notion de mails encryptés. Quand on voit que certain-e-s continuent à envoyer leurs mails avec toute la listes d’adresses mail des destinataires en clair, ou encore l’utilisation régulière du “répondre à tous”, je me dis qu’on a encore d’autres priorités éducationnelles avant le cryptage des mails 😁

Au sujet des adresses e-mail “gratuites”, il y a aussi une question d’image.

  • Je ne sais pas pour vous, mais quand une amie ou un contact me donne une adresse en @hotmail.fr, je me dis “marmite à spam et à fuites”.
  • Quand une entreprise ou un artisan me donne son adresse en @gmail.fr, je me demande “vous n’aviez pas 12 € pour un nom de domaine ?”

Je ne parle ici que d’image envoyée, mais quand on rajoute à cela les idées de sécurité des échanges et de protection des données personnelles, ça fait carrément peur.

Quand changer d’adresse mail ? Le meilleur moment, c’était il y a 10 ans. Le second meilleur moment, c’est aujourd’hui.
Pour celles et ceux qui rétorqueraient “Ah non mais c’est trop tard, tout le monde connaît mon mail, je ne peux plus en changer”, il y a quantité de contre-arguments dont je pourrais faire la liste, mais allons au plus simple : dans cette réponse, j’entends essentiellement de la paresse à changer. Je n’ai rien contre la paresse, bien au contraire : vous trouverez toujours en moi une oreille compatissante sur ce sujet, car je pense qu’on a tous cette belle qualité au fond de nous.
Ce n’est pas tant la paresse à changer que je réprouve, plutôt un simple calcul économique.

Regardez tout ce qui transite par votre adresse personnelle :

  • Les documents administratifs (coucou, l’avis d’imposition ou votre pièce d’identité que vous envoyez à divers organismes) ;
  • Les remboursements de soins et examens médicaux ;
  • Les login et mots de passe oubliés ;
  • Vos dates de vacances, avec le lieu – ce qui permet de savoir quand vous n’êtes pas chez vous ;
  • Tous vos achats en ligne, les boutiques qui vous envoient des pubs ;
  • Vos abonnements, avec le nom des journaux (donc leur orientation politique) ;
  • Vos dons à une association, un syndicat ou un parti politique ;
  • Des photos (privées) ;
  • Des rendez-vous (privés) ;
  • Des correspondances (privées)…

Tout cela vaut de l’or pour une entreprise dont la mission est justement de vendre vos données personnelles – et non de vous fournir un service de mail.

Insistons aussi sur le fait que pour la plupart de ces services “gratuits”, l’entreprise prestataire est située dans un autre pays (les États-Unis, au hasard). Cela signifie plusieurs points à considérer :

  • La législation sur les données personnelles dans la plupart des pays est moins restrictive qu’en Europe (merci le RGPD) ;
  • Cette législation peut changer au fil du temps sans que vous le sachiez. Il en va de même pour les conditions générales d’utilisation auxquelles vous avez consenti sans les lire. Sans parler des mises à jour de ces conditions d’utilisation, que vous n’avez pas le temps de lire pour comprendre ce qui a changé dans votre engagement (ex : gmail, facebook). En d’autres termes, vous devenez responsable légalement de tout ce que vous pourriez écrire ou envoyer, pour peu que cela ne corresponde plus à ce qui est “permis” par cette société ; Les forces de police ou les services de renseignement peuvent bénéficier d’une entrée de service dans ces sociétés, c’est-à-dire dans votre correspondance, avec la complicité de l’entreprise fournisseur du service, puisque vos données sont leurs données ;
  • Cela peut impacter vos demandes de visas en cas de voyage, si vous voulez aller dans certains pays (déplacement professionnel, tourisme)… ou encore fuir certaines zones.

Comment changer d’adresse mail de manière propre et fluide ? Voici quelques étapes :

  • Si vous ne l’avez pas encore fait, téléchargez un programme local de messagerie comme Thunderbird (ou son équivalent). L’idée est d’utiliser ce programme de messagerie pour rapatrier tous vos messages passés sur votre ordinateur : à l’abri dans votre disque dur, ces mails historiques seront consultables “hors ligne” pendant des années, et ainsi vous ne perdrez pas vos correspondances. Pour ma part, il ne se passe pas un mois sans que j’aille chercher un ancien mail avec sa pièce attachée ou bien le numéro de téléphone (voire le nom !) de telle personne lors de notre dernier échange il y a 3 ans.
  • Une fois vos échanges historiques sauvegardés en local, vous pouvez vous créer une adresse mail. Cherchez une entreprise sérieuse et stable – sachant qu’on ne peut pas tout prévoir cf. la déconvenue que certain-e-s ont eue avec protonmail (infos ici et ).
  • Tant qu’à changer d’adresse, cherchez une adresse dont vous puissiez vous dire “dans 10 ans, ce sera toujours mon adresse”. Cela veut dire que si vous avez opté pour le mail proposé par votre fournisseur d’accès (@orange.fr, @free.fr…), votre mail personnel restera “collé” à cette entreprise, même si vous avez changé plusieurs fois de fournisseur. Pour moi, l’idéal est de recourir à l’achat d’un nom de domaine du type prénomnom.com. En procédant ainsi, Jean Le Gnou pourra avoir plusieurs adresses mail : jean@jeanlegnou.com pour les amis, mr@jeanlegnou.com pour ses mails plus formels, et puis spam@jeanlegnou.com pour les inscriptions temporaires sur certains sites, ou encore jean.tennis@jeanlegnou.com pour son club de tennis dont il est tour-à-tour secrétaire, président, trésorier, ou simple membre, depuis des années.
  • Prévoyez une période de transition de quelques mois. Pendant cette période, continuez à utiliser votre ancienne adresse. Dans votre signature automatique en fin de mail, vous pouvez alors mettre la mention de vos nouvelle coordonnées, du type “Attention : CHANGEMENT DE MAIL – à partir du xx/xx, cette adresse mail sera remplacée par yyyy@zzzz.com . Merci de mettre à jour vos coordonnées.”
  • Dès que vous n’utilisez plus votre ancien mail, vous pouvez néanmoins utiliser une possibilité très utile chez gmail : le message d’absence (si vous êtes chez hotmail ou autre et qu’il n’y a pas de message d’absence, regardez du côté des filtres automatiques). Il suffit de détourner ce message d’absence / filtre pour en faire un message d’information ou de redirection. Historiquement, j’avais mis comme message “Ceci n’est plus mon adresse principale. Si vous ignorez ma nouvelle adresse mail, merci d’en faire la demande par retour de mail”. Cela a plusieurs avantages : rappeler que vous avez changé d’adresse sans avoir à répondre à chaque message individuel ; voir qui vous demande la nouvelle adresse (adieu le spam) ; garder le contrôle sur les personnes avec qui vous partagez (ou pas) votre nouvelle adresse.
  • Enfin, après un certain temps (comme disait Fernand Raynaud), vous pouvez mettre un message définitif sur votre ancienne adresse : “Bonjour, vous venez d’utiliser une adresse e-mail que je n’utilise plus et ne consulte plus depuis l’année 20XX.” Cela permet notamment d’envoyer un rappel immédiat à ceux de mes amis qui n’ont pas mis à jour mes anciennes coordonnées dans leur agenda. Parfois, il faudra plusieurs mails de leur part à la mauvaise adresse, donc plusieurs messages d’erreur, avant que la personne se dise “ah oui, c’est vrai, il faudrait peut-être que j’envisage de noter cette nouvelle adresse”. (j’ai toujours des amis qui commettent l’erreur, 6 ans après…)

Le slogan de Thunderbird est Reclaim your Inbox / (traduit en français par “Libérez votre boîte de réception” 😐).
J’aurais tendance à dire aujourd’hui Reclaim your Mail / Reprenez le contrôle de votre mail.

À bientôt pour d’autres réflexions et conseils sur la protection / privatisation de vos données personnelles.

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