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Les rêves étouffants
Du thé et de l’air
Hello Grillon my old friend
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ou thibierge.flou – alter ego de thibierge.net
Les rêves étouffants
Du thé et de l’air
Hello Grillon my old friend
Il y a une semaine, j’ambitionnais de faire une salade de tomates (anciennes variétés).
Entre planche, couteau acier carbone et bol à composter, que me manque-t-il ? Un saladier. Ni une ni deux, j’attrape la pile de saladiers (en céramique ou en verre), et extirpe celui qui convient (en verre, nous verrons d’ici quelques phrases que cela a son importance).
Comment me débrouillé-je ?
L’arbitrage vidéo ne pourra pas nous le dire, mais le fait est que les 2-3 saladiers en céramique (tenus par la main droite) choquent par mégarde le saladier en verre (main gauche), lequel EXPLOSE en milliards, que dis-je, zilliards de fragments de verre. Pieds nus (car cramicule) au milieu d’un champ de mines en forme de diamants carnivores : les tomates attendront.
Je vous passe les détails du nettoyage : qu’il me suffise d’écrire qu’il a pris beaucoup de temps. La caractéristique – je ne saurais dire “l’avantage” – des éléments en verre trempé, c’est que quand ils cassent, ils se brisent en zilliards, que dis-je, en gogolplex d’échardes plus affûtées que des cruciverbistes privés de Laclos.
Avant tout, protéger les pieds, ramasser, ah tiens ça saigne, donc protéger les mains aussi, pelle, balayette, planchette japonaise et ippon à l’aspirateur.
En résumé : un demi-geste mal assuré d’une seconde, et 20-30mn de nettoyage. Et ce n’est pas terminé, puisque je retrouve encore des morceaux plusieurs jours après, logés dans un bol, sous un meuble, sur une étagère.
Il en va de même pour les gouvernements, que ce soit en France ou aux Zétazunis. Défaire, c’est très rapide, il y a des éclats de verre qui partent dans toutes les directions, et dans ce cas-là, les éléments individuels sont plutôt nettoyés au gros aspirateur, et jetés immédiatement à la poubelle.
Refaire, si un jour la tendance s’inverse, sera très long, fastidieux, et souvent impossible. De la même manière qu’on ne va pas recoller les morceaux d’un saladier qu’on a fait exploser (trop long, certains morceaux ont disparu, problèmes d’étanchéité et de solidité), les agences gouvernementales ou les services publics qui ont été supprimés sont, pour partie, impossibles à reconstruire. Ne serait-ce qu’en termes de confiance – cet actif immatériel non valorisable, donc toujours oublié – comment reconstruire un service public qu’on a méthodiquement détruit au fil des mois, des années, voire des décennies ? Les tours de passe-passe des gouvernements (”on va compter sur la générosité des contribuables avec un appel aux dons”) sont à l’image du Défaire : une politique court-termiste, qui permet une annonce médiatique, avant de passer à autre chose.
Un grand plan d’investissement national devrait être à l’image d’un saladier. Non, le saladier n’a pas pris “2 minutes à produire”. De la même manière que le peintre (lequel ?) répondait “Combien de temps j’ai mis à peindre ce tableau ? Voyons, 3 semaines… et 30 ans”, le saladier est issu d’un dessin qui a pris du temps, de modèles qui ont été testés, de moules, d’une machine achetée, bref, de toute une empreinte carbone qui n’est absolument pas capturée dans l’immédiateté de son temps de production.
Un service public, ou une agence gouvernementale, sont comme un arbre planté il y a 20 ou 30 ans.
Ce thibillet fait partie du défi Blaugust.
Depuis 2021, nous sommes propriétaires d’un ancien moulin en Touraine. Ayant toujours été citadin auparavant, je découvre au fil des jours une autre manière de vivre, avec d’autres repères. Bienvenue dans ces pensées moulinières. |
Ranger du bois, c’est comme écrire ou programmer.
On démarre avec une idée en tête, et en fonction de l’agencement qu’on réalise, on change d’idée, on rajoute des parties ou on modifie la structure.
Ce qui était un exercice un peu banal devient une quête, et l’objet final est plus achevé, plus beau ou plus efficace que ce qu’on avait en tête au début.
Ce thibillet fait partie du défi Blaugust.
Depuis plusieurs années, je nettoie & corrige mon blog, les erreurs s’étant accumulées très tôt. Indépendamment de la migration, qui n’est pas totalement terminée, il s’agit d’éditer des anciens thibillets avec leurs liens cassés ou des problèmes de mise en page.
Cela veut dire que petit à petit, je relis tout, ou en tout cas beaucoup de choses, dans tous ces thibillets accumulés depuis plus de 20 ans. Et cela me déclenche quantité d’idées nouvelles, ou des observations amusées.
La première observation, c’est que je publiais plus fréquemment, et n’hésitais jamais à poster un thibillet en quelques phrases, voire quelques mots – là où maintenant, mes posts sont bien moins fréquents, et invariablement assez longs. Il y a plusieurs raisons, dont certaines sont assez évidentes (non, ça n’est pas un problème de manque d’idées ! 😉)
Une raison, peut-être plus obscure, est que je fais des thibillets longs pour contrecarrer “l’effet réseaux sociaux”.
Sur les RS, il importe de faire preuve de concision et de marketing, pour capturer la sacro-sainte attention des lectriceurs. Il y a aussi des contraintes de taille de message (ex : mon instance Mastodon accepte 500 caractères max par message), ce qui pousse certaines personnes à publier des threads de 5-10 messages. Ce à quoi quelques mastonautes répondent “écris un billet de blog, plutôt que de saucissonner ta pensée en Y messages” (je n’ai pas voulu écrire X messages pour des raisons évidentes). Donc il y a eu une partition :
Or, il se trouve qu’aujourd’hui démarre Blaugust, un défi pour publier idéalement un billet chaque jour du mois d’août (merci à Juhis (ENG) pour cette information).
Je vais donc essayer :
Si j’y arrive, il y a fort à parier que la plupart de ces thibillets parleront de mon travail de ravalement de ce blog. D’où une nouvelle catégorie – probablement tout aussi éphémère que les précédentes – que j’intitule Blogroll – et oui, je sais, un blogroll (ENG), ça n’était pas ça il y a 20 ans.
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