Tag Archives: Perso

J

  • Bien dormir – Check
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant – Check
  • Ecrire mes dernières volontés – Not Yet
  • Partir – Check

Check-list avant décollage

C’est J-2 J-1, donc je poste la check-list qui va bien, et que je vais éditer au fil de mes oublis (rhoooo, c’est pas bien, dans la Blogosphère, d’éditer des billets après coup, méchant, méchant).

  • short moule-à-gaufres – Check
  • T-shirt respirant rouge pétard aux couleurs de l’écoleCheck
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) – Check
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons – Check
  • Boire beaucoup (de l’eau), car comme dit le proverbe que j’invente à l’instant :
  • Si pipi pas transparent,
    Toi boire encore des torrents

  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes – Check (soupir)
  • Ne pas boire d’alcool – Check
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – Check permanent
  • Gâteau qui bourre la gueule pour le petit-déjeuner de dimanche – Check
  • 3 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 – Check
  • 4 épingles de sureté pour le dossard – Check
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre – Check
  • Copains sur le parcours – Check (3 à ce jour, merci Angelika, Marie-Cécile, Laurent)
  • Faire testament – Not Yet
  • Répondre patiemment à la question « et quel temps tu comptes faire ? » – Check permanent
  • Fixer rendez-vousCheck
  • Retrouver le livre de Michel Delore et mes numéros de Jogging InternationalCheck
  • Lire tout ce qui a trait au Marathon – quasi Check
  • Faire transmettre mes temps par SMS à deux personnes – Check
  • Repérer un endroit à Neuilly pour garer la chignole – Check
  • Trouver la crème pour les pieds et les coucougnettes – Check
  • Vérifier la météo (merci Nerik) – Check et merde, c’est de la pluie, ce qui est OK pour la course (rafraichissant), mais qui alourdit les chaussures 🙁
  • Préparer toutes les affaires – Check
  • Sac poubelle pour m’enrober avant la course (super pour la motivation, « je suis une ordure, un résidu, un déchet ») – Check
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – Check… c’est là où l’électronique va m’aider
  • Me coucher avec le tome 6 et 7 de De cape et de crocsCheck

Caillou – Tristesse

Ma tristesse est infinie.
Je ne vais pas rester calfeutré, je sors,
et ma tristesse recouvre la ville.

Les mariés se marient en gris,
les bébés dans les maternités sont gris,
les verres de cristal prennent l’allure de vitraux poussiéreux.

Et les yeux des enfants
sont comme les vitrines noircies
d’un antiquaire abandonné.

Des taxis et des comptes courants – Le coût du temps, et le prix de la liquidité

Je devais aller chez un membre de ma famille aujourd’hui. Je n’ai pas de voiture. Etant donné que le trajet en train+RER prenait plus de 50 minutes, je me suis dit « je suis un businessman hyper-richissime et cynique, mon temps est précieux, je vais m’acheter le temps d’un esclave (nommément, un taxi) pour m’alléger de mes problèmes de timing ».
J’appelle une société de taxis renommée et commande un taxi « pour maintenant ». Musique sur 3 notes, sons d’oiseaux, voix sussurante « veuillez patienter », cui cui, bloing bloing, « Votre taxi sera un Hummer kaki qui arrivera dans 15 minutes ».
Bon, en 15 minutes je rédige un billet sur ce blog, je m’occupe, et je sors de ma boite, tel le Pandore moyen, au bout de 15 minutes. Attente sur le trottoir. Reniflage du temps : il fait beau, les oiseaux cuicuitent, les taxis merdoient. Attente derechef. Au bout de 10 minutes (donc, 25 minutes au compteur de la société de taxis), mon portabeul sonne :
– Bonjour, ici la société de taxi, le taxi nous dit qu’il est à l’adresse, et vous, vous n’y êtes pas.
– Bonjour, voix synthétisée de la société de taxi, je suis un être réel, sur un trottoir réel, face à l’adresse réelle, et je vous informe que je suis au bon endroit, tandis que votre taxi est probablement en train de se manger une moule-frite à Oulan-Bator.
– Restez en ligne, je contacte le taxi.
Musique, harpe kurde et cri du macareux sur les rizières.
Soudain, au loin (500 m ?) je vois un taxi qui déboite de sa place de stationnement, et qui arrive à bride abattue (40 chevaux sous le moteur) en me faisant un appel de phare, du genre « Oh, vous étiez là, je ne vous avais pas vu ».
Je m’installe sans piper mot, au compteur, 15 euros. C’est la stratégie de base, je connais,
celle-du-taxi-qui-arrive-en-avance-et-qui-se-planque-en-faisant- tourner-le-jackpot-de-toute-façon-le-client-sera-toujours-content- de-le-voir-arriver-fut-il-en-retard.

Avec toute cette histoire, je suis obligé de lui demander de s’arrêter à un distributeur, car mes 30 euros ne suffisent pas à la course. Et je me dis : « combien coûtait la location d’une voiture pour une journée ? Avec un aller-retour taxi, en incluant le temps d’arrivée, le petit battement de temps (« je m’étais arrêté pour vidanger mon carter » ou « ce bled c’est dla daube, y a que des sens uniques ta mère »), ça me coûte la banalité de 70 euros, allez, on est jeunes, je peux me payer 5 BD ou 4 CD avec ça, c’est rien.

Je me renseigne. Sur Easycar.com, en m’y prenant à la dernière minute (location le jour-même, à 18h30), j’en aurais pour 55 euros. Ce n’est pas une économie énorme, mais j’aurai la flexibilité : je n’attends pas 25 mn pour partir, je peux aller chez Tati m’acheter des slips, chez BonToutou pour faire toiletter mon Sharpei, bref, profiter de cette journée pour faire toutes ces choses que je dois faire depuis des mois. 55 euros, c’est le prix, ou la valeur, de ma liberté totale. Repentir du 17/03 : sur Interrent, on peut louer une voiture pour 20 euros par jour, et si on la prend en cours de journée, le tarif est diminué prorata temporis

Bref, j’arrive chez cette personne de ma famille, et l’aide à faire ses comptes. Je remarque 112 000 euros qui traînent sur son compte chèques depuis des mois (oui, on est comme ça dans ma famille, on est pétés de thune, si je travaille, c’est juste pour aider les jeunes. Accessoirement, aux personnes qui me demandent « comment vous faites pour être riches ? », je réponds « c’est tout simple, il suffit que quelqu’un qu’on aimait beaucoup meure, alors on touche un capital décès »).
J’y dis « ô, personne de ma famille, pourquoi ne places-tu point, à 4% par an, ça fait 30 000 F (elle est de l’ancienne école) par an de revenu ».
Elle me répond : « Oui, c’est ce que tout le monde me dit, mais je me dis que j’aurai besoin de cet argent en cas de dépense, et je ne veux pas être en découvert. »

Et voilà, encore une fois, c’est une question de liquidité, d’accès immédiat à la ressource. Pour éviter d’avoir des frais de découvert de 50 euros, elle abandonne 448 euros de gains de placement. De la même manière, pour éviter les soucis d’une location de voiture (caution, permis, prise en charge), je suis prêt à payer plus cher, et à attendre.

Deux conclusions, ou deux remarques :

  • La liberté de pouvoir réagir à la dernière minute, sans planification, a une valeur.
  • Tout n’est pas quantifiable. Ce n’est pas parce qu’une location me coûte 15 euros de moins qu’un taxi que je vais systématiquement opter pour la location. Tout est une question de planification, et ceci est consommateur de temps (donc coûteux).

Mais bon, juste pour éviter la valse des taxis, la prochaine fois, je testerai la solution de location. Et j’en aviserai mes 2 lectrices et 3 lecteurs.

Musique – Eric Clapton – Back Home

J’ai gagné un pari (je ne parie qu’à coup sûr, ou quasiment, c’est typiquement de la finance comportementale), et donc me suis vu offrir – à ma demande – le dernier Eric Clapton : Back Home.
Mon histoire avec Eric Clapton dure depuis facilement 20 ans, donc je ne pourrai pas me vanter d’être objectif. Mais ce disque, dans la même veine que le pré-précédent (le magique Reptile), est une source de jouvence. J’aime bien ce petit gars. Il a réchappé à la drogue, à l’alcool, aux morts de ses amis, au décès de son fils, et il continue à composer et à jouer. Il a des heures de vol, mais moi aussi, nous vieillissons en parallèle, et en ce qui le concerne, je trouve qu’il vieillit bien. Ce dernier album est un tribut aux musiciens qui l’ont orienté, ou influencé. Dans cet album, on le voit avec sa femme et ses trois filles, apparemment sur le chemin de la sérénité, ou plutôt, soyons simple : du bonheur.
Et puis, comment ne pas résister au premier morceau de l’album, So tired, alors que je suis encore en over-burn du semi-marathon…

L’homme qui valait 3 milliards

Voilà, ça c’est fait. J’ai couru le Semi-Marathon de Paris hier matin, et j’ai mon temps et celui de mes petits camarades (dont Stéphane Diagana, dont je viens de modifier la fiche Wikipedia pour ajouter son diplôme de l’ESCP-EAP).

Je me faisais l’effet d’un cosmonaute (cardiofréquencemètre au poignet, accéléromètre fixé à une chaussure, puce électronique du semi-marathon fixée à l’autre chaussure, capteur cardiaque fixé au torse, deuxt-shirts respirants – dont LE t-shirt ESCP-EAP – un coupe-vent respirant, des gants en polaire), vu de l’extérieur, ça avait un air de NASA, mais d’un autre côté :
– il faisait 0° C
– la technologie a du bon, dans une certaine mesure, et c’est le propos de ce billet.

Je suis beau, je suis jeune, donc je me suis dit « faisons péter mes temps précédents (meilleur temps en 2005 : 1h 59′ 35″ sur semi-marathon). Allez, je vise 1h50′, qu’est-ce que ça donne en terme de vitesse ? »
1h50 = 110 mn = 110 / 60 = euh… 1,833 h, que je prends 21,1 km divisé par 1,833, gneugneu, hop, 11,51 km/h.

Premier effet kiss-cool de la technologie de mon cardiofréquencemètre (CFM) : il papote toutes les secondes avec l’accéléromètre, qui est le truc accroché à la chaussure pour mesurer la distance parcourue, hop hop, 112 cm, hop hop, 109 cm, etc. Et mon CFM que je l’ai payé cher, il m’affiche : vitesse moyenne = 9,03 km/h.
Mais le problème de cette mesure est qu’elle est mise à jour toutes les 2-3 secondes. Donc ça fait : vitesse moyenne = 9,03 km/h… 9,68 km/h… 12,17 km/h… 10,49 km/h… Pour les Sportifs de Haut Niveau comme moi, c’est intolérable (de lapin). Mais c’est là qu’arrive la deuxième lame qui coupe le poil :

Deuxième effet kiss-cool de la technologie de mon cardiofréquencemètre (CFM) : il peut aussi afficher la vitesse en minutes / km. Re-calcul : 21,1 km en 1h50, ça fait 5mn21s par km. Avantage de cette mesure : elle a un dénominateur plus faible (mn par km, au lieu de km par heure). Et donc j’ai géré précisément ma course, en essayant (péniblement) de me maintenir dans la zone 5 mn – 5 mn 30 / km. Bon, à part sur les 3 derniers kilomètres, où une créature a tapé – non-intentionnellement, quoique – du coude sur mon CFM, et que je n’ai plus réussi à ré-afficher les mn /km après.
Ce que c’est, que d’avoir fait une école de commerce, au lieu d’une école d’ingénieux…
Mais heureusement :

Il y a une vie après la technologie, ou le troisième effet kiss-cool de l’Humain : la fin a été dure, voire très dure. Une longue avenue qui n’en finissait pas, la promesse d’une arrivée qui reculait à chaque pas, des crampes dans tous mes membres, bref, je payais mon ambition de 1h50. C’était rapé de toute façon : un peu après le 20ème kilomètre, j’étais déjà à 1h 55 mn…
Et voilà l’effet kiss-cool : je repère un jeune d’une école concurrente, pas loin devant. Vas-y Jojo, montre-lui que tu en as encore dans les chaussettes. Je le double péniblement, en poussant des ahanements d’éléphant asthmatique, et là, tout s’est joué au mental, oui, oui.
Imagine la scène, lecteur : le vieux boxeur de la nouvelle de Jack London « a piece of steak », face au jeune qui veut monter, le combat est inégal, l’un s’épuise, l’autre puise à des ressources insoupçonnées : sa jeunesse.
L’affrontement était le même, à une exception près, qui fait toute la différence : en boxe, on est face à face, on voit venir l’adversaire. Là, j’étais devant lui, donc je ne le voyais plus. Il pouvait être étendu dans le fossé (non, je ne l’ai pas poussé), ou bien anéanti, les yeux emplis de larmes, à 200 mètres derrière, ou encore, il était en train de me souffler son haleine chaude et nauséabonde dans la nuque. Donc je me suis arraché comme jamais, poursuivi par une idée, un concept. J’ai fini en 1h 56′ 53″, bien devant. Jamais mon CFM n’aurait pu me pousser comme ça.

Donc la techno, c’est beau, mais l’humain, c’est bien.

Des tigres, des actionnaires, et de l’éducation des masses

Ce soir, mon fils (6 ans, 39°6) me dit d’une voix faible, mais ferme :
– Papa, moi je ne veux pas qu’on chasse les tigres roux (car il connaît aussi les tigres blancs)

J’ai beau le rassurer en lui disant qu’ils font partie d’une espèce protégée, je sais que cet argument n’aura jamais de poids dans la tête d’un indigène qui espère se faire quelques dollars (soit, son salaire mensuel) en tuant un tigre pour le compte de quelque poussah luisant. Comme le dit (je cite de mémoire) Romain Gary dans Les racines du ciel,

« un éléphant, cela représentait plusieurs semaines de viande qu’un coup de sagaie heureux pourrait procurer à la tribu. La noblesse de l’éléphant, c’est une pensée d’homme rassasié ».

Et je me dis que l’évolution des esprits ne passera pas par les sanctions (les garde-chasses touchent quelques dollars de plus par mois, mais pas beaucoup plus) mais plutôt par l’éducation. S’il n’est pas trop tard.
L’analogie est bonne pour certains actionnaires – et analystes – sur les marchés financiers. Avoir l’oeil rivé sur le résultat du prochain trimestre, c’est vivre à très court terme, c’est tirer des tigres tant qu’il y en a, pour un petit profit. En revanche, permettre à un dirigeant de créer un projet d’entreprise, de motiver et rémunérer tous ses employés, et d’investir intelligemment, c’est comme de créer un parc zoologique de tigres : les recettes deviendront bien supérieures à celles obtenues en braconnant. Et le monde sera meilleur, oui, oui.
Mais qui sera assez éduqué pour avoir la patience d’attendre ?

Quelles sont les trois raisons pour devenir prof ?

« Juin, Juillet, Août. »
Et aussi les vacances de février.

Donc ce blog se met en vacances pour une semaine, et moi de même, par voie de conséquence. Je vais profiter de ces vacances pour :

  1. continuer à traduire le Brealey-Myers
  2. faire du ski de fond pour me préparer au semi-marathon et marathon de Paris (et il y a du boulot)
  3. gérer la meute (un homme pour deux femmes et quatre enfants entre 2 et 6 ans)
  4. et heureusement, faire des grosses bonnes bouffes (cf. point 2.)

Papa, ça veut dire quoi "GPL" ?

En plein dîner, ce soir, mon fils (6 ans il y a une semaine) m’intercepte avec cette question technique : « Papa, ça veut dire quoi, ‘GPL’ ? »

Dans la narcose post-prandiale, je tente désespérément de rassembler les fibres de ma connaissance :
– Euh, ça veut dire, euh, Gaz Pétrole Liquéfié, c’est quelque chose qu’on met dans les voitures à la place de
– Mais non, papa, y a un Gnou et un pingouin, et il y a marqué GPL !

Mon fils. Mon vrai fils génétique.

– (le papa, tout-à-coup réveillé) Cela veut dire General Public License ! Et le Gnou est l’acronyme récursif de Gnu’s Not Unix ! Et le pingouin est le symbole de Linux !

Puis le père, dans un délire inspiré de la mère de Romain Gary dans La promesse de l’aube, dit « Tu seras informaticien, mon fils, le plus grand, tu seras un homme de logiciels libres ! »

Allez, on va se brosser les dents…

Réflexions – Traduttore traditore

Je suis en train de travailler sur la traduction d’un manuel de finance américain et cela m’inspire quelques réflexions et réminiscences. Dans la précédente édition, j’avais conclu la préface des traducteurs-adaptateurs par les mots suivants :

Brealey et Myers concluent leur ouvrage en citant Mark Twain. Nous citerons l’académicien Edmond Jaloux, en espérant le contredire : Les traductions sont comme les femmes : quand elles sont belles, elles ne sont pas fidèles ; quand elles sont fidèles, elles ne sont pas belles.

Je me rends compte de la vanité de mon propos (« en espérant le faire mentir »).

  • D’abord parce qu’un ouvrage de finance, aussi réputé soit-il, ce n’est jamais de la grande littérature.
  • Ensuite parce que, de la même manière que Vladimir Volkoff dit dans L’interrogatoire (Livre de Poche n° 6642, p. 221) que à la sortie de la machine, on trouve une mixture de jus d’interrogateur et de jus d’interrogé : cela s’appelle les aveux », une traduction demande autant de transpiration aux traducteurs qu’elle en a demandé aux auteurs. Mais si on améliore le texte en traduisant, le lecteur dira « ah, ces auteurs américains, qu’est-ce qu’ils sont clairs et pédagogiques ! » et si l’on traduit scrupuleusement un texte confus, le lecteur dira « ah, que ces traducteurs ont dénaturé la pensée claire des auteurs américains ».
  • Enfin, parce que tout est une question de goût personnel. Si Edmond Jaloux était encore de ce monde, je lui demanderais « définissez ce que vous entendez par traduction fidèle (voire traduction belle) »

En termes de goût, voici quelques réactions personnelles sur des traductions :

  • Dans Blade runner, au moment où Deckard apprend qu’il doit aller éliminer Rachel, l’inspecteur Gaff dit « Too bad she won’t live ! But then again, who does ? », phrase éminement métaphysique selon moi (Dommage qu’elle ne vive pas plus ! Mais finalement, qui parmi nous prétendrait vivre ?), qui a été traduite par le plat « Dommage qu’elle doive mourir. Mais qui n’en est pas là… » (Je sais, je sais, les contraintes des sous-titres sont drastiques, mais j’ai le droit d’exprimer mon esthétique).
  • Dans Zen and the art of motorcycle maintenance, Robert Pirsig dit (je cite de mémoire) In a TV series, the scientist that mutters « the project is a failure, we have discovered nothing » is mostly suffering from a bad scriptwriter est devenu, dans Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes le scientifique qui dit « ce projet est un échec, nous n’avons rien trouvé » n’est pas crédible.
  • Je me souviens aussi d’un autre passage, que je trouve taoïste, ou bouddhiste zen, que la traduction française a aplati, ou ignoré. Le jeune narrateur se retrouve en Corée ou en Chine, à apprendre l’anglais à des pêcheurs locaux, tandis que ceux-ci lui enseignent leur langue. Au cours d’un pique-nique avec eux, il dit « c’est quand même étonnant que, rien qu’avec 26 lettres, on puisse exprimer toutes les choses ». Les pêcheurs aquiescent de la tête, et disent « Non ». Le narrateur pense avoir mal compris, il reformule une phrase plus longue, plus détaillée, et obtient la même réponse : un assentiment de la tête ; le mot « Non ».

Des limites du langage. Cela me fait sourire. Je retourne à ma traduction.