Tag Archives: Cailloux

Lithiase – Saskatchewan

Tel le saumon migrateur
Je remonte le courant de mes e-mails
Revenant aux origines de mon existence numérique
J’exhume dans le limon glacé
Des traces de mon passé
J’entends enfin les échos de voix qui me réclamaient
Qui ne font plus que chuchoter
Au fond du torrent.

 » A chaque vague qui le ramenait doucement vers la côte, il opposait un coup de rames têtu. « 
Laurent Gaudé, Eldorado, Actes Sud, 2006, p. 145.

Caillou – Automne primitif

Je t’écrivais, tu m’écrivais
Et ma vie était couverte de feuilles
De mots de baisers
Aujourd’hui les feuilles sont tombées
Je les ramasse en piles
En regardant le ciel grisâtre
A travers les branches nues.

Caillou – Pepita Hollywood

Tes yeux sont un théâtre
Dont le rideau est le spectacle
Quand il se lève, on voit une flamme
Qui danse en équilibre au bord de l’iris.

Quand je t’embrasse, le rideau tombe
(et c’est pour ça que je t’embrasse)
Puis se relève, infiniment doucement
Indolent et brumeux.

Tes yeux sont un théâtre
Dont le rideau est le spectacle
Il caresse tes yeux noyés
Dans un rêve ineffable.

Joyeux anniversaire.

Lithiase – Electrolyse

Il me dit « Tu comprends, là, il faut que je m’organise, il y a tous ces dossiers, je suis en retard sur le projet batana et par ailleurs, on ne me donne pas les moyens, et ma famille là-dedans, hein, et je ne te parle pas de ma famille seulement, j’existe aussi en temps que personne et »
BZZZZZZ.
Ses yeux deviennent vitreux. Une voix monocorde prend le relais. « Pause. Veuillez patienter. » Sa main ouvre convulsivement un tiroir, elle en tire un cylindre gris, elle éjecte le même type de cylindre fumant dans son dos, le remplace par le neuf. Ses yeux se rallument et il dit
« Et je ne te parle pas de ma hiérarchie,tu sais, j’essaie de ménager tout le monde »

Je quitte son bureau, il continue à parler en fixant le mur gris.

Caillou – Il y a 5 ans, dans une autre vie

Des tours s’écroulaient
pendant que nous faisions l’amour,
insouciants, enfantins.
la chambre était petite, la lumière rasante.
Elle découpait ton corps
Dans une odeur de chocolat chaud.
Nous n’étions nulle part, nous étions chez nous.

Donnez-nous une bulle, irisée, exigüe, mais
à nous.

Caillou ? Calcul ? Douceur…

Le soleil fait une belle herbe verte. Il fait doux dehors, alors l’apéro-dinatoire libanais va être au jardin.
Les drosophiles pullulent dans la cuisine (ben oui, fallait pas ramener des corbeilles de fruits)
Elles se tapent des plongeons dans mon verre de vin, mais
Elles sont trop pétées pour saisir la perche secourable que je leur tends.
Bacchanale d’insectes, il fait nuit, nous continuons à parler.

Lithochromie Tondu

Après la douche,
Tout était en épis,
indisciplinés, tout fouillis.

Bourdonnement de la tondeuse,
Qui crée des coupes claires,
Abeille à mandibules
Qui rumine des follicules.

Nouvelle liberté désormais.

Après le rosé du soir,
C’est la rosée du petit matin.

Mes pensées s’évaporent sans effort
Comme des brouillards champêtres.