“Je n’utilise pas l’IA” est le nouveau “je ne prends plus l’avion” ou “je ne mange plus de viande”
Dans ma génération, on prenait l’avion, plusieurs fois par an (pour les vacances), voire plusieurs fois par mois (pour le travail). Au tournant des années Thunberg, certain·e·s ont sévèrement limité, voire arrêté ce moyen de transport. Des pays comme la Suède pratiquent même le flygskam, la honte de prendre l’avion.
Les raisons pour ce choix sont :
- avant tout, l’impact climatique du transport en avion
- mais aussi, la remise en cause d’un monde fondé sur la publicité : allez là-bas, vous y serez plus heureux qu’ici.
- voire sur le paraître : allez là-bas, vous pourrez le montrer et en parler.
Après le tourisme de masse, on a l’intelligence artificielle de masse (IA générative) qui fonctionne selon les mêmes principes : aux dépens d’un coût environnemental dramatique, l’IA Gen auto-promeut son modèle d’informations approximatives, de moindre effort et de piètre qualité, le tout dans une fuite en avant (davantage de processeurs, davantage d’énergie consommée, davantage d’eau captée).
Par exemple, les images générées par IA commencent à créer de l’irritabilité : c’est comme les photos “business” sur les sites web développés à la va-vite, avec des jeunes cadres dynamiques en costumes / tailleurs et chemises / blouses blanches.
Sur dix sites web, les mêmes photos improbables. C’est tellement ringard que ça détruit le discours sur le professionnalisme ou la compétence de ladite entreprise.
C’est la même chose pour les affiches et images créées par IA, avec leur teinte dominante jaune et leurs personnages graphiquement identiques (toujours les mêmes styles de visages, comme dans un mauvais Animé) : d’entrée de jeu, si la personne a recouru à l’IA sans voir que le résultat fait “amateur”, voire “plastoc”, ça envoie un très mauvais signal sur le fond du message.
Peut-on rêver d’un monde où les personnes qui utilisent l’IA Gen deviennent les ringard·e·s de la vie ?
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