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Bratatatata !

Il y avait la Mésopotamie, l’Exopotamie explorée par Boris Vian, on a désormais la Mésothérapie. ça fait bratata dans les lombaires, à coups de petites aiguilles piquantes, et c’est censé faire passer le lumbago.

Rencontre avec un médecin sympathique, parce que débonnaire et catégorique dans son côté non catégorique.

– L’acupuncture ? ça marche, mais on ne sait pas comment ça marche. Tenez, un exemple, le lumbago, c’est inexpliqué. Des chercheurs découpent des petits bouts, de plus en plus fins, pour leur recherche, mais le lumbago, c’est du global, de la tête, du corps, on ne sait pas.

Et dans une veine différente (je dis veine, c’est une image, la mésothérapie est intradermique) :

– Courir ? ça ne fait pas maigrir…
– Ah.
– Bon, cela dit, c’est bon pour la santé, hein, mais pour maigrir, c’est pas ça…
– Ah.
– Il faut pas manger de pain.
– Ah.
– Pas de fromage.
– Ah.
– Pas boire d’alcool.
– Ah.

Tiens, et un malheur n’arrivant jamais seul, je prends quelques jours, là. C’est Madrid, avec sa cuisine à l’huile d’olive, ses cañas fraiches et ses Riojas fruités. Et pour le jogging, y fait trop chaud, pas possible. D’autant plus qu’après un lumbago, le repos à l’ombre est primordial. Hasta la vista, muchachos.

Il n’est pas urgent de faire plein de choses

J’ai un méchant lumbago, mais c’est mon 1er jour de vacances. Je ne vais pas le passer à écrire des thibillets, non msieur mzelle, mais comme je fourmille de projets (air connu) et nécessite de les ordonner (le même, en version remix), je tombe en baguenaudant sur un commentaire suite à un billet sur le blog de Christie qui m’amène à ces plans d’un jour (mapday), dont voici un exemple ici.
J’avais déjà parlé de Freemind, mais jamais en détail des cartes heuristiques / cartes mentales et de leur utilité (au moins pour moi). Là, c’est encore plus génial, puisque l’on déborde du concept pour aborder – mais pas seulement – les sensations, et on joue sur le temporel.
Reste plus qu’à…

  1. voir si je peux m’exprimer comme ça
  2. voir si je peux m’y tenir

Projets, projets… (deux sont en phase de naissance avancée, mais non publique : Projet Phenix et Projet Prométhée. Tous deux mêlent du professionnel à du personnel.)

Batana – Schraker

Voici la Batana du jour.

Schraker (ou chraker) : v.t. Serrer une main en saisissant uniquement les doigts et en pressant fort.
Par extension : interrompre une conversation ou une histoire parce qu’on avait une idée et que ça ne pouvait attendre. Substantif : une schraka (ou chraka), comme dans « quel glaviot, il m’a encore servi sa schraka ! »

Chronologie

Ce matin, pluie lourde et grasse
Et puis matinée dans la touffeur.
Midi arrosé, sans une goutte de pluie.
Dans l’après-midi, entre l’obscurité chaude de deux stations de métro,
Une flaque de soleil en surface,
Avant un nouvel engloutissement dans le boyau.
Ce soir, soleil voilé et barbecue sur le bitume.
Population de tous âges. Ambiance de partage.

Bagarre de jeunes, un est à terre, tous tapent sur lui,
A coups de pieds dans la tête.
Il saigne, son arcade sourcilière a doublé, il titube.
Nous sommes là, j’entends la pauvre voix d’une pauvre femme,
qui n’a rien compris « arrêtez, je vous en supplie », au milieu de la mêlée.
C’est la guerre, ils n’ont plus de limites,
et nous, avec nos cheveux gris, avec nos dérisoires « calmez-vous ».
Il saigne, il crache du sang.
Le cinéma travestit la réalité, ça ne se passe pas comme sur la pellicule,
C’est à vomir, en vrai.
La police arrive, on reprend nos verres,
Des femmes lui apportent des glaçons
Tandis que certains refont le match de cette bagarre.
Et le barbecue continue,
Avec un peu moins de chaleur, un peu plus de comblement.

Batana – Pleuper

Voici une nouvelle Batana, elle n’est pas courante, mais comme elle m’arrive systématiquement, à moi, elle mérité d’accéder à l’existence.

Pleuper : v.t. Dans une cuisine équipée d’une hotte-qui-se-déclenche-automatiquement-aux-mauvaises-odeurs, déclencher systématiquement la hotte quand on passe à côté.

J’ai beau me laver, éviter de me lotionner au Pétrole Hahn, ou me maintenir à distance de la hotte les lendemains de biture, rien n’y fait : je pleupe.

Batana – Sliplouffer

Un de mes bréviaires est Le Baleinié, dictionnaire des tracas quotidiens (tome 1 et 2), déjà évoqué vaguement ici.
Ces auteurs ont décidé que certains tracas méritaient d’être identifiés, et nommés. Car nommer, c’est circonscrire, enfermer, presque contrôler.

J’inaugure donc une nouvelle rubrique, du nom de Batana. La batana, selon les auteurs, c’est la « tyrannie de ceux qui font 4 bises ». Dans cette rubrique, j’identifierai des tracas quotidiens, et essaierai – bien humblement – de les nommer. Comme titre de rubrique, j’aurais bien choisi « être xu » (c’est-à-dire, se retrouver dans une pièce sans se rappeler de ce que l’on est venu y faire), car je suis très souvent xu. Mais ça sonnait moins bien, avouez-le.
Voici donc mon tracas du jour :
Sliplouffer : Malgré observations et anticipation, se retrouver aspergé par un arroseur automatique.

La malediccion dou Brealey-Myers

Je m’en suis ouvert à mon lectorat millionnaire, sur les derniers mois, j’ai travaillé sur la traduction d’un ouvrage de finance américain. Qui plus est, alors que j’avais remis le fichier final à mon éditeur, dans la foulée, je me suis attaqué à la mise en forme de la traduction des corrigés des exercices. Cela fait deux livres (répondant à un souci de l’éditeur de faire d’une pierre deux coups,

  1. on vend le manuel,
  2. on fout les chocottes aux étudiants en leur disant « il ne suffit pas de lire le manuel, il faut faire les exercices à la fin de chaque chapitre »
  3. attendre que les étudiants disent « j’ai fait, est-ce que j’ai bon ? » et là,
  4. leur vendre le bouquin des corrigés des exercices.)

Quand j’ai remis le manuscrit du manuel, je me suis interrogé sur mon retour sur investissement, avec un calcul simple. (Pour ceux qui voudraient répliquer le calcul sur le livre des corrigés, qu’ils sachent que l’an dernier, il s’est vendu 200 livres de corrigés).

Mais la malédiction n’est pas que financière. En 2003, quand j’étais sur la fin de la traduction de la 7ème édition, j’ai eu un plantage sévère : mon portable a autodétruit le disque dur, dans un scénario digne de Mission Impossible. J’ai perdu 3 mois de travail. Mais déjà à l’époque, j’étais psychorigide et angoissé, et la traduction n’en a pas souffert, car j’en faisais des sauvegardes quotidiennes (en revanche, j’ai vraiment perdu 3 mois de travail de prof).
Et là, re-belote : à peine avais-je rendu la traduction 2006 du manuel, et tandis que, tel le cheval de labour moyen, je travaillais sur le livre des corrigés, Pouf, plantage de mon nouveau portable (carte vidéo grillée, donc aucun moyen de voir ce qui se passe, même en branchant un écran externe. Entendons-nous : rien n’a été écrasé, le disque dur était intact. Mais impossible d’accéder aux données.) Ce qui m’inspire quelques aphorismes et pensées :

  • Tous les ordinateurs sont égaux devant la carte vidéo : rien ne sert d’avoir un portable avec 2 gigas de RAM et 2 disques durs de 60 gigas chacun : quand la carte vidéo plante, on ne voit plus rien, pas mieux que si c’était la carte d’un Compaq 486 à 256 k de mémoire qui avait planté. Donc les yeux, c’est important.
  • A l’instar des archéologues qui ont osé exhumer les trésors d’une civilisation égyptienne ancienne, il y a une malédiction à oser traduire la pensée d’auteurs réputés. Ils sont américains, et vouloir exposer leurs idées au public francophone, c’est sacrilège, ils vont envoyer virus et gremlins, car il ya certains secrets qui doivent rester secrets (cf. ma théorie du complot des Templiers, des esseniens, ou du Da Vinci Code).
  • Les droits d’auteur sont faibles, comparés au temps passé sur la traduction (cf. calcul), mais si en plus, on compte le temps d’immobilisation de l’ordinateur cramé, les frais d’envoi, voire les frais de réparation si le portable n’était plus sous garantie, on atteint des tréfonds, que à côté, le 7ème cercle de l’enfer, c’est Monaco.

Moralité : Si je refais une traduction un jour, ce sera « L’informatique pour les nuls ».

Tempus fugit

Tristan Nitot a ses « en vrac », je sens que je vais à mon tour inaugurer un nouveau type de thibillet, qui sera « tous les billets que j’ai en tête ». La plupart des thèmes passeront à la trappe, comme la plupart de ceux que j’avais en tête sont passés à la trappe (temporaire). La vie est courte, et je connais bien la mort, raison de plus pour profiter de la vie.

  • Billet sur « pourquoi un blog » (suite à ça et ça) pour Nerik. (MàJ : ayé)
  • Billet sur « comment employer des ramasseurs de noix de coco sans les payer » (merci à Jean-Yves)
  • Billet sur le dernier Fred Vargas (MàJ : le vlà)
  • Caillou sur l’envers de la cuisine chinoise
  • Billet sur la Malédiction de Brealey-Myers (MàJ : ça, c’est fait)
  • Billet sur le Bukowski que je suis en train de relire (Hollywood)
  • Billet sur « écrire pour des gens qui n’ont pas le temps de lire »
  • Billet sur les singes, qui ont tout compris
  • Billet sur l’efficience des marchés, épisode IV (le retour des padawans à la main coupée)

Docthib
qui est bien remonté face à la vie, je vous prends tous d’une seule main, et avec l’autre, je corrige des copies, j’écris des billets, je réponds aux mails, au téléphone, je reçois des étudiant(e)s, je prends des notes ineptes dans des réunions inuits, je gère les psychotiques du train, je rédige des appels d’offres pour de la formation dans des entreprises, j’évangélise les élèves de prépa, je gère 3 assistantes et 15 profs, et 21 654 projets.

Calcul et chiffres

Vendredi, c’était mon 100ème billet sur ce blog. J’avais initialement prévu d’en faire un long billet, non pas récapitulatif et glorifiant du passé (c’est bon pour les comptables), mais prévisionnel, anticipatoire et futuriste (n’enseigné-je point la Phinance ?).

En voici une pseudo-trame squelettique :

  • Liste des lectures que l’on m’a recommandées (cf. commentaires), et que j’ai achetées, ou pas encore, mais pas lues (aucune pour l’instant).
  • Liste des améliorations cosmétiques prévues sur ce blog
  • Liste des améliorations techniques prévues sur ce blog
  • Etat des lieux de quelques réflexions à formaliser (les singes, les licences, et l’écriture)

Il appert néanmoins que vendredi, j’étais dans une déprime profonde. J’ai donc voulu inverser la vapeur, avec un caillou lumineux. Aujourd’hui, je n’ai pas le peps pour faire la critique du dernier Fred Vargas, je constate que ma cure d’amaigrissement (j’étais arrivé à n’avoir plus que 65 mails dans ma boite de réception) a pris un grand coup de tartiflette : 113 mails à cette minute, et sans compter les mails des mailing listes genre OpenOffice.org ou MBA Exec, qui arrivent directement dans des sous-dossiers.

L’heure est donc au caillou déprimé (et non peaufiné), un caillou d’un genre particulier : un Calcul.

Calcul – 113 mails non lus

petites araignées grasses
empilées, emboitées dans des lignes d’électrons,
chiures de mouches sur néons.
113 sujets à exterminer,
à noyer sous mes mots-sauterelles
avant la tombée de la nuit.

H5N1

A force de manger du E330 dans des emballages PVC
Des OGM enrichis en vitamines et regazéifiés au H2S
Nous développerons un exosquelette de couleur vive
et nous emprunterons les canaux de la Seine
pour rejoindre notre travail.

Over-danaïdes

L’heure est aux néologismes. Entre chien et loup, dans un lieu improbable, Vanessa m’a avoué que Robert prônait le terme « Fondamentaux » comme substantif (« cette maison a des bons fondamentaux », « les fondamentaux de cette société se sont dégradés »). J’ai déjà dit, en évoquant ce couple maudit, pacsé contre nature, que tout cela c’est de la paresse : là où Vanessa défend la langue française, Robert, tel le Caterpillar moyen, va au plus simple. La vie humaine moderne est faite de telle manière que Robert, têtu et bas du front, gagnera toujours. Pourtant, au détour d’une pensée, me vient le terme « fondement ». N’est-ce pas plus poétique de dire « cette maison à de beaux fondements » ? Cela me rappelle un inspecteur irlandais, dans un roman noir américain des années 50, qui rencontre une jeune créature comme on n’en fait plus (90-60-90, blonde et fraiche) et qui dit « Vingt dieux, la belle église ! »
Comme quoi, entre architecture et harmonie voluptueuse, il y a des connivences. Sans parler de la quête spirituelle. Et cela a tout de même plus de gueule que « cette jeune fille a de bons fondamentaux », on aurait l’impression d’un expert-comptable qui drague.

Mon propos d’aujourd’hui n’est pas de résoudre la querelle sémiologique entre Vanessa et Robert, mais de souligner que l’on a le droit de créer de nouveaux mots, pour peu qu’ils sonnent bien. Il y a deux ouvrages qui me plaisent, et qui vont dans ce sens : Le Mokimanké et Le Baleinié (tome 1 et 2).
Je m’y essaie donc aujourd’hui, car il y a urgence.

Je suis littéralement assailli. Ma boite mail reçoit 40 mails par jour. Je m’absente pour faire 7h de cours, paf, 40 mails. Je rentre chez moi le soir, et dans la boite aux lettres physique, paf, 10 lettres. A la fin de la semaine, il y a 50 lettres sur la table du salon, et 200 mails dans ma boite mail. Je recherche donc le terme approprié pour décrire cette situation, qui pourrait se décrire par « plus que tu en expédies, plus qu’y en a qui arrive ». Un brainstorming rapide me donne comme images :

  • l’hydre de Lerne, dont chacune des multiples têtes repousse dès qu’on la coupe
  • le tonneau des Danaïdes, châtiment sysiphien
  • Gaston Lagaffe qui, ayant mis en marche la photocopieuse moderne, se retrouve expulsé par un flot de feuilles, et qui crawle pour remonter le courant
  • les cadres stressés qui sont en overburn [edit: burn-out], c’est-à-dire tellement fatigués qu’ils ne peuvent plus récupérer en une nuit de sommeil, il leur faut au moins une semaine de vacances. Le problème est qu’au retour des vacances, ils auront 5 445 mails et 741 post-its qui les attendent, sans parler du Blackberry qui leur grelotte dans la culotte et du portable qui joue à plein volume « La marche turque » toutes les 10 minutes.

Je propose donc le terme over-danaïdes. Depuis plusieurs semaines, je suis en over-danaïdes, ça dégueule de partout, mon bureau ressemble à un mélange de Beyrouth Ouest en 1990 et de la Bibliothèque de Babel, façon Borges.

Mais je m’attaque au problème, plutôt que de vagir. Là où le tâchon de bâse essaierait de réduire le flot (« je remplis plus vite le tonneau sans fond, on sait jamais, des fois qu’il se bouche »), moi j’attaque à la source : je cherche le substantif qui va bien. Car circonscrire le phénomène, c’est l’enfermer, voire l’annuler.
J’aime bien « je suis en over-danaïdes », mais si quelqu’un a mieux, je suis preneur… (ceci est un appel au peuple).