Il est temps de revenir sur ces instants riants où je courais, insouciant, le Marathon de Londres avec ma nouvelle femme, Gudrun.
Demain, c’est New York. Ce sont toujours 26,2 miles, mais chaque course est un recommencement, et la ville n’est pas la même. La question n’est plus de terminer le marathon : sauf accident, je franchirai la ligne d’arrivée. Cette question, elle est simple pour un marathon classique ; mais pour New York, la réflexion sera pimentée d’un biais supplémentaire.
Pour un marathon classique, question simple :
Quel compromis adopter entre la vitesse et l’endurance ? C’est comme en photographie : soit on prend vite en sacrifiant la lumière, mais on perd en détails à l’arrière-plan ; soit on veut une photo précise, ce qui signifie de fermer le diaphragme, et donc de prendre à une vitesse plus lente, quitte à ce que le sujet bouge.
En marathon (et pour toute autre course), la question se pose dans ces termes : – soit je cours lentement, ce qui économise mes forces, et me garantit d’avoir de l’endurance jusqu’au bout. Mais cela signifie courir plus longtemps… – soit je cours vite, pour abréger mon temps de souffrance. Mais cela signifie brûler plus d’énergie… au risque de ne pas pouvoir terminer.
Je me fonde par exemple sur mon Marathon de Londres (avril 2009). Comme le montre le graphe ci-dessus, j’ai fait une course idéale : le même rythme maintenu pendant 42 km (et 195 mètres…) Certes, on voit un léger ralentissement sur la seconde partie de la course, mais il est dépassé, le temps où je croyais aux bienfaits du negative split.
Sur Londres, j’ai réussi à maintenir une vitesse de 5min33 au km, soit approximativement 11 km/h. Alors que faire demain ?
Je vais viser 5mn15 au km (11,5 km/h), en espérant maintenir la régularité tout du long. Il y a deux ponts un peu difficiles à passer (le Verrazzano au début, et le pont de la 59ème rue), et sutout, la fin dans Central Park, qui se termine par 3 miles avec des montées…
Le biais de New York
Le parcours est plus difficile que Londres ou Paris, à cause de ces ponts et ce relief dans Central Park. Certes, quand on a vécu les marathons difficiles de Madrid, Turin ou Athènes, c’est gérable. Mais voilà le biais : je veux profiter de la course. Tout le monde me l’a dit : c’est un marathon exceptionnel, avec une ambiance à nulle autre pareille. Alors je ne vais probablement pas essayer de battre mon record à tout prix. J’emporte un appareil photo, et je vais essayer de fixer quelques scènes et paysages, soit sur papier argentique numérique, soit dans « l’ordinateur neurophile qui me tient lieu de cerveau ». Demain, j’aurai – j’espère – la récompense de nombreuses semaines d’entraînement, de gestion de mon temps et de mes efforts. Nous verrons si le résultat est à la hauteur de mes espérances.
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Pour préparer le Marathon de New York, je reprends ma check-list du Marathon de Londres et je l’améliore. Je vais modifier ce thibillet en live jusqu’à mon départ (vers 7h30 AM)
Avant de partir pour New York :
Billets d’avion – check
coordonnées sur place – check
Passeport – check
Mouchoirs en papiers – check
Playlist pour le lecteur MP3 – à faire dans l’avion
Téléphone rechargé + chargeur – check
MacBook + chargeur (sauvegardes faites) – check
adaptateur prise US – check
Boules quiès + masque – check
Ibuprofène + huile de massage à l’arnica – oublié
Citrate de bétaïne pour digérer les onion rings – check
Mon carnet de notes et de croquis – nan
Mon carnet de pouèmes – check
Mon journal – check
recommander mon âme à Dieu – nan
Mélatonine + somnifère léger – check
Nécessaire pour le jour de la course :
Réveil matin (en fait, c’est ma montre cardio-fréquencemètre) – check
Faire des courses (alimentaires) à NY pour petit-déjeuner
Short moule-à-gaufres – check
T-shirt respirant du Williams Syndrom Association – check
Imprimer le portrait des deux petites filles à la mémoire desquelles nous courons – check
Brassard pour mettre les gels pendant la course – check
Sparadrap pour mettre sur les tétons !! – check
Crème pour les pieds et les parties délicates (Nok) – check
8 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 miles 3 ; 5,6 ; 7,43 ; 8,931 ; ah merde avec ce système à la con !!!
4 épingles de sureté pour le dossard – check
Cardio-fréquencemètre et accéléromètre – check
Lecteur MP3 + écouteurs Sennheiser qui vont bien ! + casque intra-auriculaire – check
piles chargées – check
Tenue pour l’attente dans le froid et la traversée du Pont du Verrazzano : polaire, coupe-vent, bonnet, gants, pantalon en polaire, couverture de survie – check
Petit sac à laisser au vestiaire – check
Conseils pour avant la course :
Boire beaucoup (de l’eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) – thé vert, thé rouge Rooibos, eau, pastis sans alcool – check
Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d’autres sucres lents) – check
Faire le régime dissocié scandinave – check
Ne pas boire d’alcool (quelques semaines avant ?) – 6 semaines, check
Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – check permanent
Jeter un œil au relief de la course, et réfléchir – à suivre
Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – pas encore totalement fixé
Livre inspirant – Steinbeck
Bien dormir – check (minuit 23, quand même)
Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant
Retour mercredi matin. Pas sûr d’avoir de la connexion pendant ces quelques jours.
Ceci est un premier point d’étape de ma vie avec Linux (Ubuntu 9.04 à ce jour). Ce système d’exploitation est installé en double boot sur mon portable, en cohabitation avec Windows Vista. Je prévois de rédiger quelques Thibillets spécifiquement dédiés à Linux Ubuntu (à ne pas confondre avec ma liste de Ubuntus, c’est-à-dire les petits bonheurs au quotidien, dans la rubrique du même nom).
Voici quelques raisons pour l’ouverture d’une nouvelle rubrique spécifique Linux Ubuntu :
Conserver la mémoire de mes installations, interrogations… et solutions. Et le blog, y a rien de mieux pour ça.
Pointer vers des ressources que j’ai identifiées après recherche (on ne sait jamais, je ne suis pas le seul à switcher).
Partager mon point de vue ou poser des questions ouvertes.
Nous commençons avec quelques remarques générales sur cette installation et ma première semaine avec Ubuntu :
Si je suis passé de Vista à Ubuntu, c’est parce que je n’en pouvais plus du temps de démarrage de Windows avant « d’avoir la main » (on est passé à 3mn53). Cela était aussi valable pour la sortie de veille : sous Mac, celle-ci est quasiment instantanée ; sous Ubuntu, idem. Sous Windows, on sent que la disquette 5″1/4 tourne dans le vide avant que ça commence à réagir : à part ma lointaine époque où je jouais au tennis sous Pong, je me lasse vite des curseurs qui clignotent… Bref, je suis content : comme pour tous les OS, Ubuntu rame un peu à rétablir la connexion wifi, mais il s’agit d’une poignée de secondes, le reste est immédiatement opérationnel. En fait, Ubuntu c’est le Mac du geek.
En installant et en paramétrant Ubuntu, je me félicite d’avoir opéré il y a quelques années le double-virage « logiciels libres » et « bureau sur Internet ». Logiciels libres, parce que mes outils au quotidien tournent sur les 3 OS : Firefox, Thunderbird, Sunbird, OpenOffice sont les outils que j’utilise quel que soit l’OS sur lequel je travaille. Je retrouve les mêmes extensions, les mêmes raccourcis, donc un gain de confort appréciable à l’installation. Bureau sur Internet, parce que je veux pouvoir consulter mes ressources depuis n’importe quel ordinateur. J’utilise donc Netvibes comme page d’accueil de navigateur, et toutes mes réflexions, mes liens, mes sondages et fils RSS sont consultables en ligne ; et je partage mes Bookmarks en ligne avec Startaid, ce qui me permet d’avoir mes signets à jour quel que soit le système sur lequel je travaille.
Je suis très agréablement surpris par l’ergonomie et la facilité d’installation. Un exemple parmi tant d’autres : pour installer mon imprimante HP (en wifi), j’ai fait Système, Administration, Impression, et j’ai fait « nouvelle imprimante ». Ubuntu l’a détectée en wifi, et l’a installée, sans redémarrage ou processus long d’installation. Sous Windows, il faut insérer un CD, installer 200 megas de pilotes et logiciels (10-15 mn), et redémarrer tout le système (à 3mn53 le redémarrage). Comble de l’humour : pour installer une imprimante wifi, il faut la connecter d’abord avec un cable USB ; ça ne va pas nous pousser à avoir moins de câbles… Sans parler du petit logiciel espion de mise à jour que l’on ne peut pas désactiver (et qui ralentit le démarrage), des fenêtres « votre imprimante est passée en veille » / « votre imprimante est déconnectée » et autres interruptions quotidiennes…
Alors certes, il n’y a pas d’aussi jolies images que sous Vista ou Mac OS, mais je souhaite revenir pour l’instant à un environnement de travail, rapide et efficace. Nous verrons combien de temps je tiens ce discours optimiste 🙂
Ubuntu : n.m. Sentiment de satisfaction qu’on a lorsque l’on a installé un logiciel / système d’exploitation / pilote / une macro, et que cela marche mieux que précédemment. Par extension : sentiment de plénitude (hélas, souvent éphémère) quand on a mieux compris les être humains qui nous entourent, voire (Ousse-Ubuntu) quand on s’est mieux compris soi-même.
Ceci est le Ubuntu des ubuntus, un méta-ubuntu (ou pour reprendre la syntaxe du Baleinié, un ousse-ubuntu).
Thibillet rédigé sous Ubuntu 9.04 – Jaunty Jackalope.
Et à titre de comparaison :
Temps de démarrage de Windows Vista : 2mn25 pour avoir une connexion wifi, 2mn45 pour avoir Firefox lancé, 3mn37 pour avoir l’antivirus et OpenOffice lancé en tâche de fond.
Temps de démarrage de Ubuntu : 0mn57 pour avoir une connexion wifi, 1mn10 pour avoir Firefox lancé (pas besoin d’antivirus) et OpenOffice lancé en tâche de fond.
1mn10 contre 3mn37 pour être opérationnel. Et la comparaison des temps de sortie de veille est aussi édifiante.
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Dans notre typologie des mouvements urbains, nous sommes donc désormais dans la mécanique des fluides. Mais, après l’exposé liminaire (le déplacement dans un espace où d’autres pékins circulent), voilà les complications. Car tous les pékins ne se ressemblent pas. Il y a les pékins comme vous et moi, les normaux, quoi. Et puis il y a les grumeaux. Les grumeaux, ce sont ceux qui perturbent l’écoulement fluide des corpuscules. Voici donc quelques grumeaux types (on remarquera que certains d’entre eux avaient déjà été estampillés comme Batanas) :
Le Zouapla : alors qu’il est en vitesse de croisière, s’arrête brusquement, ou fait demi-tour.
Le Lambin : marche lentement. A tout son temps, ou de l’arthrite, ou veut démontrer aux autres que lui, il est pas un hamster qui cavale comme un taré dans sa roue.
Le Serpentin : ne marche pas en ligne droite, mais au contraire, a une démarche sinuante (dont il ne se rend pas compte, évidemment). Exemple : est en train de lire ; de parler dans son portable ; ou a tout simplement des problèmes d’oreille interne et de GPS biologique. Maintenir une distance de sécurité quand on double.
Le Kouple : marche en se tenant la main, créant ainsi une molécule plus longue, impossibilité de passer entre les deux, et de surcroît cette molécule a une vitesse qui est la résultante erratique de la vitesse des deux. Un Kouple devient, de fait, un Lambin au carré.
Le Kouple illégitime : ne se tient pas la main, mais maintient une liaison de covalence (distance maximum) pour diverses raisons : proximité affective, amicale ou familiale ; baladeur avec deux casques ; collègues de travail. Le Kouple illégitime se comporte, moléculairement, comme le Kouple, mais il est plus difficile à identifier (puisque les protagonistes ne se tiennent pas la main). Et attention, passer entre deux membres d’un Kouple illégitime, c’est prendre autant de risques que de se placer entre le bébé hippopotame et sa mère.
Quel est l’intérêt de les nommer ? eh bien, comme pour les Batana, le principe est de transformer l’innommé en nommé, de circonscrire notre énervement, bref, d’étiqueter le tracas. Et puis franchement, « va donc, eh, grumeau ! », c’est une insulte qui sonne bien…
Travérole : n. f. Heure nocturne à partir de laquelle l’entrée d’autoroute / de périph que vous comptiez prendre est bloquée à cause de travaux. En conséquence, tourner pendant 1h20 au lieu d’aller droit pendant 40 mn. Par extension : travéroler : se retrouver derrière un camion-poubelle.
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Dans la chronique « cinétique du pékin« , nous nous sommes cantonnés pour l’instant à un espace clos et bien délimité : la rame de métro. Avec, il est vrai, une incursion dans la dynamique, sous la forme de l’entrée-sortie de la dite rame, et du placement progressif dans la rame. Mais cela s’apparentait plus au mouvement du pion qu’à la diagonale du fou. Nous passons aujourd’hui dans un espace de caractéristiques opposées : une zone sans murs, sans couloirs, sans obstacles. Exemple : la salle des pas perdus d’une gare ; l’espace devant les quais ; la Place Carrée sous le Forum des Halles. Et nous rajoutons une contrainte pas si exceptionnelle : cette salle n’est pas trop remplie. Ce n’est donc pas la salle d’un concert à succès, mais plutôt un espace où l’on peut se mouvoir assez librement, mais pas seul. Un parfait exemple de mouvement d’un gaz dans un espace certes clos, mais sans obstacles. En observant ces conditions, on se dit : chic, nulle entrave, chaque corpuscule (le pékin lambda) va aller au plus simple, c’est-à-dire qu’il va se déplacer selon une droite depuis son point de départ jusqu’à sa destination.
Que nenni.
Car d’autres corpuscules se déplacent aussi dans cet espace, et étant donné que le pékin n’est pas une particule aveugle et insensible, il va essayer d’éviter les autres (alors que la molécule de gaz, elle, se contrefiche de jouer aux autos tamponneuses). Ce qui signifie que le pékin va mettre en oeuvre des mécanismes cérébraux dont il n’a certes pas conscience, mais qui remontent à l’âge des cavernes et aux glorieuses périodes de la chasse à la galinette cendrée. Il faut en effet anticiper les trajectoires des autres pékins, tout en mesurant leur vitesse, le tout sous une contrainte d’optimisation (prendre le chemin le plus rectiligne possible). Cela rappellera à une certaine génération le jeu Space Invaders : il fallait décaniller des envahisseurs, mais de temps en temps, zoupla, il y avait un vaisseau qui valait cher qui passait en haut de l’écran, alors il fallait tirer en tenant compte du fait que (1) le vaisseau qui valait cher se déplaçait vite (2) le missile devait passer entre les envahisseurs qui étaient méchants aussi mais qui ne valaient pas aussi cher (la preuve, ils se déplaçaient plus lentement).
Si l’on marquait chaque pékin à la fluoresceine, on verrait que la trajectoire de chacun s’apparente plus à une ligne brisée qu’à une droite raide comme la justice. Tel le chauffeur de taxi parisien, qui emmanche des bouts d’itinéraires les uns après les autres, le pékin réinvente sa marche. Qui chantera ces oeuvres d’art éphémères, tracés évanescents sur le marbre froid des capitales inhumaines ?
D’ici 3 semaines et quelques, je traverserai en courant le Pont du Verrazzano, accomplissant ainsi les foulées mythiques du Marathon de New York (un projet de longue haleine, qui a commencé il y a quatre ans). C’est donc la période idéale pour faire le point sur les entraînements, et commencer à réfléchir à une stratégie de course. Mais avant tout, c’est la période classique du flapi. Le flapi, que j’ai déjà éprouvé un mois avant le Marathon de Londres (ce qui a permis un bel aparté sur les oeufs crus), c’est le « y en a marre de s’entraîner, ça fait deux mois que je fais 3 sorties par semaine, ça me sort par les yeux ». C’est un flapi du corps et un flapi de l’esprit.
L’esprit, on le comprend, se lasse de cette routine : toujours les mêmes chemins, les mêmes musiques, les mêmes chronos. Et pour faire varier la routine, il faut y consacrer du temps, dans un emploi du temps déjà serré : un entraînement de marathon, c’est, tout compris, au minimum 5 à 6 heures par semaine.
C’est aussi un flapi du corps. Même si les performances s’améliorent (c’est pas dommage…), même si j’ai atteint mon poids de forme et que tout le monde me dit que j’ai maigri et que ça se voit, le corps, il y a une semaine, disait Stop. Pas envie d’aller courir, aucune motivation, et à la fin de l’entraînement, une vilaine crampe au mollet qui a duré plusieurs jours. OK, mi cuerpo, reçu fort et clair.
Donc j’ai fait sauter deux entraînements, et j’ai accordé des vacances au corps et à l’esprit. Et puis c’est reparti ce dimanche, 1h45 à bon rythme (dont 57′ avec des jeunes pleins de sève et de fougue), et aujourd’hui.
De toute façon, à 3 semaines du coup de pistolet, ça veut dire encore deux semaines d’entraînement, soit 6 sorties. Juste le temps d’améliorer mon accent sur des phrases comme « I’m desperately hurt, I need a cab » ou encore « I’m glad to have won this race in 2 hours sharp, thereby establishing a new world record ». Bref, juste les bidouillages de dernière minute.
Marre d’avoir à attendre 30 secondes à chaque fois que j’allume mon ordinateur. Avoir un système d’exploitation qui explique, en langage humain, ce qu’il a besoin de faire pour démarrer. Et surtout, dans les 2 premières secondes, avoir un écran qui affiche (en langage humain) la liste des choses qui vont se lancer, pour qu’on puisse dé-cocher certaines actions et accélérer le temps nécessaire avant « d’avoir la main ».
Exemple de liste affichée à l’utilisateur au bout de 2 secondes :
démarrage des trucs qui sont nécessaires indispensablement (ne demandez pas, vous ne comprendriez pas) : 7 secondes
lancement du wifi : 4 secondes
lancement de la connexion à Internet : 8 secondes
lancement de l’utilitaire d’impression : 5 secondes
lancement du programme de serveur : 6 secondes
lancement de l’utilitaire pour les connexions en USB : 3 secondes
etc.
Ainsi, si je suis impatient (ou à la bourre) et que je sais que cette fois-ci, je ne vais pas utiliser mon imprimante, je décoche la case 4 et je gagne 5 secondes ; je sais aussi que je n’ai pas de serveur, donc je décoche la case 5, ça fait 6 secondes de gagnées au Boot. Et évidemment, je peux sauvegarder des « configurations de démarrage ».
Tout ça parce que j’en ai marre de ces programmes (HP pour ses imprimantes, Avira pour ses mises à jour, ActiveSync…) qui bloquent l’ordi au démarrage pour faire leurs petites affaires alors que j’aimerais avoir la main tout de suite.
Cela a commencé il y a quelques mois. J’en avais marre d’utiliser des bombes de mousse à raser, un peu comme le gars qui se lasserait d’appuyer tout le temps sur le tube de mayonnaise et qui rêverait de se faire une bonne vieille sauce maison. Je suis donc revenu à mes (très) anciennes amours, et j’ai (r)acheté un blaireau et du savon à barbe. Pas l’odieuse pâte en tube, non, le bol de savon où l’on fait mousser le blaireau. J’étais content, c’était un premier pas. Mais autant dire qu’à côté de ces nouveaux objets, mes rasoirs jetables faisaient grise mine. Des bouts de plastique bleus, sans poids, jetables comme des kleenex. Alors en juin, j’ai sauté le pas. Je suis allé chez Planète Rasoir, et après une bonne demi-heure de discussion avec l’excellent propriétaire, j’en suis ressorti avec
un rasoir (sabre, ou coupe-chou) affûté comme le regard d’un trader cocaïnomane
un bol de savon à barbe qui sentait bon les effluves de l’échoppe de barbier au fond du wisconsin en 1908
un cuir pour aiguiser le rasoir
une pierre d’alun pour les coupures
de la pâte pour mettre sur le-cuir-à-aiguiser-le-fil-du-rasoir
Puis, pendant plusieurs jours, je n’ai touché à rien. Le propriétaire-vendeur m’avait dit : commencez doucement, n’essayez pas un matin où vous êtes fatigué, ou bien si vous avez la gueule de bois, bref, j’ai attendu plusieurs jours. Mon dieu. Les premières fois, je me suis bien tailladé, c’était le mariage de Frankenstein et Massacre à la tronçonneuse. Et puis les jours ont passé. Je m’entraînais le week-end, et j’y passais 30 à 40 mn. Puis j’ai commencé à me couper moins souvent, moins profond. J’ai réappris la forme complexe de mon visage, et l’implantation névrotique de mes poils de barbe. Chaque semaine, je progresse un peu : je ne me coupe quasiment plus ; quand je me coupe, ça ne se voit plus ; je me rase de plus en plus vite (même s’il me faut encore facilement 10-15 mn).
Je suis revenu au geste antique. Le fait de se raser, c’est le fait de se couper du monde. Si l’on n’est pas coupé du monde, on se coupe. Avec ce genre de rasoir, on ne peut pas le faire à la va-vite, du genre « j’ai que 2 minutes et je suis à la bourre ». Le temps qu’il faut prendre, et donc planifier par avance, c’est du temps de qualité : je suis face à moi-même, pleinement dans l’instant présent, centré.
Je ne jette plus rien. Mon rasoir me durera des années, donc exeunt les petits rasoirs en plastique jetables qui allaient remplir mes poubelles puis les incinérateurs. Exeunt les bombes à raser dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Exeunt les bombes de déodorant (car la pierre d’alun est un bactéricide et un déodorant naturel) dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Je suis un citoyen responsable.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je ne l’ai pas fait par souci d’économie. Mais le gain financier existe. Rasoirs jetables : 2 € les 10, soit 10 € par an ; déodorant 4 € soit 40 € par an ; mousse à raser 3 € soit 30 € par an. Mes précédentes habitudes déplorables me coûtaient donc 80 € par an (et encore, vous remarquerez que je prends les prix de la grande distribution, pas les tarifs l’Oréal). Or, rien qu’avec l’achat du rasoir, j’en suis à -70 €. Sans compter la pierre d’alun, le savon à barbe, le cuir à aiguiser… Allez, mettons un coût d’investissement à -150 €. Calcul d’actualisation à 6% : l’achat est rentabilisé en 3 ans. En fait, un peu plus, car je consomme du savon à barbe et de la pâte à aiguiser le cuir pour assouplir le rasoir du fil. Si je garde ce rasoir 10 ans, valeur actuelle nette : gain de 439 €, en euros d’aujourd’hui.
L’étape suivante consistera à me débarrasser de ma crème hydratante et de la troquer pour un plant d’Aloe Vera. J’ai mis mes fleuristes sur l’affaire, mais ils ont du mal à me dégoter un plant de taille suffisante pour que je puisse couper une feuille de temps en temps. En plus, il paraît que les cactées absorbent les ondes radio-électriques. De la même manière que ma pierre d’alun soigne les coupures et sert de déodorant, mon Aloe Vera servira d’hydratant visage et partira en croisade contre les antennes-relais et le bombardement wifi. Mais petit inconvénient de ce retour aux sources : pas question d’emmener ma trousse de toilette dans un bagage-cabine… Les rasoirs coupe-chou, c’est comme les caniches : ça voyage en soute.
L’idée originale était de Mehdi Famibelle, Exec MBA 2006 (ESCP-EAP à l’époque, ESCP Europe aujourd’hui) : réaliser un blog de sa promo de MBA et y poster notamment des vidéos (vidcasts, par analogie avec podcasts) de professeurs du MBA dissertant sur des sujets comme la chance ou la diffusion des technologies.
L’école a repris l’idée, et lance aujourd’hui des smartcasts sur le même format, mais avec un fond bleu uni plutôt que des bureaux de profs, ça en jette plus. Voilà donc la nouvelle livraison, tout frais sortie de la monteuse numérique :
Cela m’arrive souvent, et m’avait même inspiré un Ubuntu : lire des pages d’un livre le matin, et tomber sur un sujet identique plus tard dans la journée.
Mon aéropage du jour concerne le livre Changements, de Watzlawick, Weakland et Fisch.
Je viens de terminer le livre ce matin, et je tombe ce midi sur un billet de blog qui traite des mêmes thèmes, mais différemment.
Résumé très très très succint du livre : il y a des situations de blocage, par exemple entre deux êtres humains, qui ne semblent pas pouvoir se résoudre. La solution « de bon sens » pour résoudre le blocage contribue, paradoxalement, à renforcer ce blocage. Exemple : un parano pense que tout le monde lui en veut. Solution de bon sens : lui dire que c’est faux, que tout le monde l’apprécie. Et lui de répondre : « Ha ! C’est une preuve de plus de ton hypocrisie ! » Donc situation bloquée. Le livre traite des changements, et comment certaines tentatives de changement ne contribuent en fait qu’à maintenir une situation dans son blocage. J’ai trouvé cela passionnant, car illustré par une abondance de cas réels. (Il est vrai qu’il faut attendre les derniers chapitres pour avoir ces cas, et « récolter » le fruit des efforts de compréhension qu’on a faits sur les premiers chapitres).
Dans le billet de blog, l’auteur parle du pouvoir de suggestion de notre cerveau : si l’on se convainc que quelqu’un nous en veut, on interprétera chacun de ses actes d’une manière différente, et cela tendra à valider notre première impression. Pour s’en sortir, selon l’auteur, « il suffit » (facile à dire) de se convaincre du contraire. Tandis que le livre, lui, propose une intervention extérieure pour aider la personne à sortir de son cadre de pensée. Cette intervention extérieure, le plus souvent, apparaît comme étant contraire au bon sens, et c’est justement par ce fait qu’elle aide à « recadrer » le sujet. Le billet de blog cite Einstein, et je cherche l’origine précise de la citation : « We can’t solve problems by using the same kind of thinking we used when we created them.€ Ce qui renvoie à une autre citation d’Einstein (j’en recherche aussi l’origine précise) : « If at first, the idea is not absurd, there is no hope for it. »
Je revenais d’un long jogging, et j’étais en train de m’étirer à l’entrée du parc quand j’ai vu un dessin de Sempé. Ou plutôt, une idée pour un dessin de Sempé. Or je ne sais pas bien dessiner (en tout cas, pas aussi bien que je souhaiterais). Alors voilà, en quelques lignes. La lumière était dorée, rasante, et les arbres commençaient leur palette de vert-or-brun préludant à l’automne. Sur une allée, deux petits garçons mignons se poursuivaient, jouaient, finalement tombaient ensemble en rigolant. Et leur maman, dans cette lumière dorée, à 20 m de ces bambins-angelots, consultait son téléphone portable.
Je saisis l’occasion d’un billet sur le Standblog pour livrer une mini-réflexion :
Le jour où tous les journalistes comprendront que ce qui compte, ce ne sont pas les chiffres bruts, mais les ordres de grandeur, l’information aura fait un grand pas. Pour info, il y a déjà 20 ans (si ce n’est plus…), c’était ce qu’on nous assénait en prépa ;
Exemple 3 :le billet de Tristan Nitot sus-cité, sur les ordres de grandeur en terme de CO2 dégagé. Une illustration simple, mais très efficace.
J’attends aussi la personne qui fera une analyse du nombre de victimes de la Grippe A (H1N1, coulé !) par rapport à d’autres pandémies (j’inclus l’alcool).
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