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H5N1

A force de manger du E330 dans des emballages PVC
Des OGM enrichis en vitamines et regazéifiés au H2S
Nous développerons un exosquelette de couleur vive
et nous emprunterons les canaux de la Seine
pour rejoindre notre travail.

Armes de destruction massive

C’est la guerre. The ultimate war, my friend. Nerik, un jeune escroc, formé dans une école d’escrocs, par un escroc, a publié un article diffamant.

Sachant que le ridicule ne tue pas, dans cette escalade de la violence (b)logique, je réponds :

Parmi les quatre personnes représentées, qui ressemble le plus à Albert de Monaco ? Et je donne quelques indices. Sur ces 4 personnes :

  • 3 vivent en couple
  • 2 sont très riches
  • 3 vivent en France
  • 1 a joué dans l’armée des 12 singes
  • 1 doit écrire un billet sur les singes
  • 2 ont écrit des romans
  • 2 sont mariés
  • 1 est divorcé
  • 2 enseignent la finance
  • 4 sont adulés par les foules

Voila, Nerik et ses âmes damnées, ça c’est de l’étude scientifique…

Vanessa et Robert

Pendant ces vacances, j’ai rencontré Vanessa, qui est redoutable. Elle traduit des oeuvres de haute qualité culturelle, avec un souci des barbarismes, solécismes et autres impropriétés qui me laisse pantois (et pour tout dire, plutôt jaloux). Elle travaille aussi avec Robert, qui est un gars (je n’en sais pas plus). Robert est partisan de s’adapter aux nouveaux mots, voire, de les introduire dans le vocabulaire. Vanessa est plutôt contre, mais quand elle prend un dictionnaire pour soutenir son propos, il n’est pas rare qu’elle soit déçue : le mot, dans son acception actuelle, existe déjà.
Exemple : normalement, une alternative est composée de deux choix possibles, ou deux options (Non, on ne parle pas de finance). « J’ai deux alternatives », comme on l’entend parfois, signifie précisément « j’ai quatre choix ». Hélas, dans le français parlé, « alternative » devient synonyme de « choix ». Vanessa s’est battue, Vanessa a perdu (mais connaissant sa mauvaise foi patente, elle a dû refuser de l’admettre). Tous les dictionnaires qu’elle a consultés (Littré, Larousse, … et Robert) proposaient notamment le sens « choix ».

Je suis farouchement contre toute progression irraisonnée du vocabulaire, toute anglicisation à outrance, car dans la majorité des cas, le mot français correct existe. Et puis je trouve plus gratifiant d’élargir son vocabulaire en puisant dans le Littré, plutôt que d’essayer de battre son record à Total Doom Predator. Par exemple, hier, en formation permanente, j’ai un participant qui a parlé de « cafuter un stock ». N’est-ce pas beau ? (j’espère que c’est dans mon Littré antédiluvien). Repentir : arh, ce n’est pas dans le Littré en 5 volumes (1920 ?), ni dans le Larousse encyclopédique en 4 volumes (1908), je suis au désespoir ! Heureusement, le Wiktionaire sait tout

J’en reviens à Vanessa, elle se délecterait d’apprendre ce qui suit. Comme vous le savez, lecteurs assidus, je me suis acheté un appareil photo numérique qui fait des photos numériques. Comme je suis un nain technophile, je l’ai pris en main sans ouvrir le manuel. Ce week-end, sur la route, je potassais enfin le dit manuel. Et là, je dis chapeau, voilà comment Nikon crée du vocabulaire. Ils nous ont forgé un petit verbe de derrière les fagots, simple, efficace, et qui manquait tellement. Photor.
Exemple 1 : « si vous voulez photor un sujet en mouvement, … »
Exemple 2 : « quand vous photose un sujet éclairé … »

J’ai donc, pour une fois, une motivation pour lire entièrement un manuel d’instructions : j’aimerais bien percer à jour le mode de conjugaison du verbe photor (« vous photose » me plaît énormément).

Retour de flamme

Bilan de cette semaine de vacances :

  • 38 ans sonnés lundi
  • un fut de 20 litres de bière éclusé (ça ne pardonne pas, de louer un ancien hôtel restaurant avec une tireuse à bière et un percolateur)
  • plus de 1 280 photos numériques prises (je vous rassure, j’ai dû en jeter… 10%)
  • 18 personnes en phase haute, 10 personnes en phase basse
  • deux montages de deux vidéos numériques (durée totale : 17′, Lawrence d’Arabie n’est pas loin)
  • 48′ de jogging (en une seule fois)
  • des nuits de 10h (sauf celle où mon fils a tartiné son pyjama et son lit de ses humeurs)
  • 8h de route à l’aller, 10h de route au retour (pause à Poitiers)
  • 600 € pour un Toyota Corolla 2 000 km, chez Rent A Car

Et au retour (soupir)

  • 4 message sur le répondeur
  • 200 mails dans ma boite (sans compter les 500 mails sur les mailing-listes d’openoffice)
  • 28h de cours à faire cette semaine

Oeil d’aigle, jambe de cigogne, Moustache de chat, dents de loups

Merci à Cyrano pour le titre de ce thibillet. Merci à Yann pour l’info : les photos du calvaire sont dispos sur le site de Maindru Photo. Hélas, saturation du serveur (35 000 personnes qui se connectent, ça fatigue…). Donc, dès que j’arrive à me faufiler dans une fenêtre espace-temps, hop, je chourave et poste.
MàJ : ça y est !


Flapi

et Flapo

.

En attendant les photos de Laurent N.

Skydiving

Parmi les 250 photos que j’ai prises en Normandie ce week-end, je sélectionne celle-là. Je l’intitule Skydiving, ou Si tous les ours du monde…

PS : J-6

Indécent

Je suis un des cent à avoir acheté un D 100 (indécent, non ?). Je remercie Yann au passage, qui m’a donné la solution, comme mentionné à la fin de ce billet. Mon matériel photo se composait de 2 boitiers argentiques (Nikon F 601, Nikon F 801) et de 3 objectifs (Nikkor 35-70 à 3,3-4,5 ; Nikkor 80-200 à 2.8 ; Tamron 28-200 à 3.8-5.6), ainsi que d’un doubleur de focale Vivitar. C’est Yann qui a souligné que ce qui coûte cher, ce sont les objectifs, et que l’achat d’un boitier Nikon numérique me permettrait, à peu de frais (hum hum), de passer de l’argentique au numérique. C’est aussi Yann qui m’a démontré, utilisation à l’appui, qu’un reflex numérique déclenchait aussi rapidement qu’un argentique… et bien plus rapidement qu’un appareil numérique compact.

Et ici je tiens à exprimer ma théorie récurrente, celle de la qualité de service comparée au coût. J’ai déjà parlé des coûts cachés. Ici, il s’agit plutôt de parler de la qualité de service, et de son prix. Deux anecdotes, à deux jours d’intervalle :

  1. Je me retrouve dans un restaurant BoBo, à compulser un menu bio-aware, et à essayer de comprendre comment une entrée composée de sardines peut coûter 14 €. Je sais, je ne suis pas hype. J’avise le serveur qui ressemble à Daniel Emilfork, y compris l’accent et le sourire, et lui demande : « Dites-moi, qu’est-ce qu’il y a dans le Vegeburger Bio Boa ? » Silence, sourire. « Euh, eh bien, il y a des légumes ». Je souris aussi (c’est contagieux) : « J’entends bien, mais quels légumes, if you please ? » Et lui de me répondre, toujours souriant, et un peu gêné « Euh, je ne sais pas vraiment, ils nous sont livrés tels quels ». Voilà, voilà, voilà. A 14 € le bio-burger, on ne sait même pas si c’est du chou ou du rutabaga. Sachant qu’on est dans un des temples du BoBo, rue Saint Honoré, cela prête à sourire.
  2. Après le déjeuner, lesté de quelques coupes de champagne, je reviens à mon turbin, quand j’avise une vitrine de photographe à deux pas de mon école. Les bulles de champagne me poussent à entrer pour demander quelques renseignements sur les boitiers numériques reflex de Nikon. Et je tombe sur un vendeur compétent, sérieux, qui connaît son domaine, c’est un vrai plaisir de parler avec lui. Le lendemain, après qu’il m’aie laissé tester l’appareil avec mes objectifs, en me prêtant une carte mémoire, il me donne d’autres conseils précieux, me déconseille certains modèles, m’informe sur les possibilités de développement en ligne. Je ressors de la boutique délesté de plusieurs centaines d’euros, mais j’ai trouvé une adresse où je sais que je serai toujours reçu par des gens compétents. Et eux ont gagné un client reconnaissant, et technophile, donc c’est du gagnant-gagnant.

En conclusion : de même qu’en bourse, on a un couple risque-rentabilité (et il ne faut pas se focaliser uniquement sur la rentabilité, ce sont deux axes que l’on cherche à optimiser), de même dans nos achats, il y a un couple prix-service. Je n’ai rien contre ceux qui ne se focalisent que sur le prix, qui vont en hard discount, je veux juste souligner qu’ils ne peuvent pas exiger en plus du conseil avisé. Depuis des années, je souffre de vendeurs formés à la va-vite, sous-payés, qui pourraient vendre des balais-brosses avec la même démotivation que des chaussures (ah, les vendeurs de chaussures…). Tout cela malgré tout est une question de qualité de vie, et de qualité de la relation.
Comme c’est mon discours de boy-scout, je vous livre une citation qui m’accompagne depuis des années, et j’essaie de puiser quotidiennement à son humilité.

Je ne sais pas très bien ce que c’est que le monde :
Mais je chante pour mon vallon en souhaitant
Que dans chaque vallon un coq en fasse autant.

Edmond Rostand, Chantecler, Acte II, sc. 3.

Livre lu : Douglas Kennedy – L’homme qui voulait vivre sa vie

Je suis toujours sans réponse, quand on me demande « que veux-tu pour Noël / ton anniversaire ? » (oui, je fais partie d’une famille où cela se pratique encore, même à un grand âge comme le mien). Aussi, il y a quelques années, j’ai pris le renne du Père Noël par les cornes, et je me suis fondé sur l’excellent guide Fnac 10 ans de littérature[s] en 200 livres (lui-même m’ayant été offert en cadeau). Ces guides Fnac (à l’instar de celui sur les disques de jazz) sont très bien faits, car ils donnent notamment des correspondances, au sens baudelairien du terme : « si vous avez aimé ce livre/disque, vous aimerez aussi … »
Je me suis donc constitué une liste, par correspondances successives, de « nouveaux livres à lire / cadeaux à demander ». Douglas Kennedy en faisait partie.
Je n’ai pas vraiment pu décoller de ce roman, que j’ai lu très vite. Très rapidement, je me suis senti happé par le style, qui est pourtant assez fluide, et par l’histoire, qui commence par un désenchantement, un homme qui a le sentiment de vivre à côté de sa vie. A propos du style, je me suis dit : « y a pas à dire, ces américains savent écrire de manière rapide et sans détours ». Cela m’a rappelé les deux John Grisham que j’ai lus : The Firm, et The Street Lawyer. Mais dans les romans américains, on passe vite du style efficace à la « soupe » populaire. La distinction est subtile, et je me permets de citer avec délectation Douglas Kennedy lui-même, ou plutôt le narrateur de son roman :

Dans la salle d’attente de la gare de New London, j’ai soufflé une demi-heure en essayant de me plonger dans le roman – de gare, justement – que j’avais pris avec moi. L’habituelle salade à la Tom Clancy, Jack Ryan sauvant les Etats-Unis d’une poignée d’islamistes fanatisés qui menaçaient de balancer une bombe atomique sur Cleveland. Il y avait une scène dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, avec le Président déclarant au héros : « La nation compte sur vous, Jack » ; une autre où Ryan annonçait à sa femme « La nation compte sur moi, chérie » ; une autre où le même Ryan affirmait à l’un de ses coéquipiers : « la nation compte sur nous, Bob. » Ce Clancy n’est pas un écrivain, c’est une sous-direction de la CIA à lui tout seul.

Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vie, Pocket, n° 10571, p. 251-252.

L’histoire est bien rythmée, les personnages sont en même temps plausibles et relativement imprévisibles, bref, quelques jours de détente. De surcroît, sans avoir l’air d’y toucher, l’auteur distille quelques idées sur la vie américaine (la californication, un équivalent outré de nos BoBos) ou la photographie. J’ai bien aimé par exemple :

Une bonne photo, c’est toujours un accident. […] On peut passer des heures à attendre « la » photo, pour finir par constater que le moment attendu ne s’est pas produit, mais par découvrir aussi qu’en déclenchant l’appareil pour tuer le temps on a obtenu quelques prises vibrant d’une spontanéité qui manquera toujours aux compositions les plus léchées. Règle numéro un de cet art : on ne choisit pas le bon moment, on tombe dessus, en priant le ciel d’avoir alors le doigt sur le déclencheur.

Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vie, Pocket, n° 10571, p. 129-130.

Bon, je mettrais bien un boitier numérique Nikon dans ma liste de cadeaux d’anniversaire (merci à Yann pour l’idée de changer le boitier, puisque j’ai déjà les objectifs Nikon), mais il va falloir faire un achat groupé… N’empêche, la phrase du commentaire (« Il bénéficie d’ajustements qui aideront les photographes à saisir l’instant décisif dès qu’il se présente. ») entre en correspondance certaine avec le paragraphe de Douglas Kennedy.
Allez, je retourne corriger mes copies, ça me fera des sous.

Citation – La qualité et la beauté

(Billet rédigé le 19 janvier sur ma version alpha de blog sous blogspot, puis migré ici)
Je tombe sur Flickr sur une photo assortie d’une citation :

« A picture is the expression of an impression. If the beautiful were not in us, how would we ever recognize it? »
Ernst Haas
Une photo est l’expression d’une impression. Si la beauté n’était pas en nous, comment pourrions-nous la reconnaître en tant que telle ?

Ernst Haas (1921-1986), comme je l’apprends à cette occasion, est un photographe célèbre, qui a notamment travaillé pour Magnum et Life (plus d’infos sur wikipedia fr). La question qu’il évoque me renvoie à un livre que j’apprécie, Zen and the art of motorcycle maintenance (Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes) où, entre autres histoires, un professeur appelé Phèdre essaie de déterminer ce qui détermine la qualité (remplacez par beauté si vous le souhaitez) d’un objet, par exemple, un texte littéraire ou une copie d’examen. Après quantité d’expériences pédagogiques et de réflexions philosophiques, Phèdre en conclut que la qualité est en nous, elle ne peut être ni définie ni circonscrite, nous savons que quelque chose est beau (ou a de la qualité), nous ne savons pas comment nous arrivons à cette sensation. Phèdre a le problème que se posent beaucoup de professeurs : que dois-je enseigner ? des techniques, une approche critique, un savoir-faire ? Phèdre teste différentes possibilités (non remise des notes en cours de semestre, auto-évaluation des étudiants entre eux), avec leurs lots de frustrations et de tâtonnements. Cela sonne un peu comme une phrase de boy-scout, mais

  • je trouve réconfortant de penser que certains domaines ne peuvent être enseignés, juste appréhendés, ou découverts ;
  • cela m’aide régulièrement de savoir que l’appréciation de la beauté (et/ou la qualité, la perfection) se trouve en nous.