le matin dans la rame
Tous ces gens avec des walkmans
qui font des bruits de machines à coudre
Tag Archives: Cailloux
Caillou – Café
Mousse dorée sur un flot brun
Grains torréfiés, concassés, filtrés sous pression,
breuvage substrat, concentré, entier.
Remuer son café, pour le plaisir de casser le reflet en une multitude de miroirs
Un tissu de soie sous la pluie.
Café en bouche, liqueur de bois acidulé,
cigare doux humidifié.
J’aime boire du café, car cela me rappelle tous les cafés que j’ai bus.
Caillou – 2h du matin
C’est le printemps.
Retour de virée.
La rue sent le pain d’épices.
Caillou – ô combien
C’est le printemps au jardin.
Mon cerisier en fleur
Convoque le Fuji-Yama.
Ballast – Métro
j’ai marché dans tes couloirs,
La nuit,
A l’heure où tout n’est que fatigue.
Guettant la rame illuminée
au bout du tunnel.
J’ai vu des visaqes fatigués,
par millions,
des querelles,
par centaines.
J’ai vu les affiches et les graffiti, les poubelles et les mendiants, jour après jour.
J’ai voyagé seul, allant vers toi.
J’ai voyagé heureux, revenant de toi.
Aujourd’hui je voyage seul,
souvent avec toi.
Caillou – Tristesse
Ma tristesse est infinie.
Je ne vais pas rester calfeutré, je sors,
et ma tristesse recouvre la ville.
Les mariés se marient en gris,
les bébés dans les maternités sont gris,
les verres de cristal prennent l’allure de vitraux poussiéreux.
Et les yeux des enfants
sont comme les vitrines noircies
d’un antiquaire abandonné.
Caillou – Ton sourcil
Ton sourcil
Arc roman
Posé légèrement
Sur le pilier léger de ton nez.
Caillou – Au poste
Les Post-It sur mon écran
Comme un mille-feuilles éparpillé
et ranci.
Ballast – Dix minutes
Parfois j’attrape mon train au plus juste,
le coeur inquiet.
D’autres fois, j’ai un battement de dix minutes, non prévu,
non maîtrisé.
C’est une chance.
Pendant dix minutes, je suis entre deux courses,
entre le regret du passé et l’angoisse du futur.
Je suis sans contrôle, donc sans crainte.
Le train qui m’emporte finalement
prolonge cette pause de onze nouvelles minutes qui m’appartiennent tout autant,
découpées au rasoir dans la banlieue nocturne.
Caillou – Ma vie se débite en tranches de 10
Ma vie se débite en tranches de dix.
10 euros, 20 euros, 30 euros,
je glisse des billets
et rien ne me reste.
La petite monnaie me manque.
J’aimerais avoir des pièces
pour acheter du pain,
pour mes enfants, pour moi.
