Category Archives: Productivité

Inbox Zero

Ça y est, ma boite de réception mail (Inbox) ne contient plus un seul mail, elle est plus vide que le slip d’un ange.

Ce que j’ai appelé à l’époque le projet Augias (historique et liens dans ce thibillet) est en fait un projet de longue haleine. Les dernières fois où j’ai réussi à être en Inbox Zero ont été le 6 février 2008, le 7 novembre 2008, le 1er décembre 2008.

Cette histoire des mails est un symptôme, je trouve, de notre culture, notre société, notre siècle. Je peux le résumer en quelques idées :

  • de l’action, nous sommes passés à la contemplation. Avant, on répondait à ses mails. Aujourd’hui, on checke ses mails.
  • A la place d’une gestion systématique, on traite les mails en fonction du stimulus (plaisir, urgence, motivation…)
  • Une nouvelle vieille de plus d’une heure… a disparu de nos écrans. Un mail de plus d’un jour, idem.

Je vais essayer de maintenir cette boite de réception vide, en étant particulièrement vigilant sur la régulation du flux entrant (stratégie du dressing).

Et pour terminer, quelques stats :

  • Sur les 6 premiers mois de l’année 2011, j’ai reçu 3 127 mails « utiles » (ceux que j’ai archivés, c’est-à-dire que j’exclus les spams et les mails que j’ai détruits car inutiles – beaucoup de lettres d’information par exemple), soit 142 mails utiles par semaine. J’ai répondu avec 1 409 mails, soit un ratio d’un peu moins d’un mail envoyé pour deux reçus, ou 64 mails par semaine. Mon flux utile est donc de l’ordre de 206 mails par semaine. Cette statistique est hélas trompeuse. Comme déjà indiqué, certains mails demandent juste à être classés (touche « A »), d’autres demandent une réponse rapide (« OK, ça me va, A+ »), enfin, à l’autre extrême du spectre, on a les envois de cas à corriger, les propositions pédagogiques à bâtir (formation exécutive), ou les mails du type « Bonjour, voici notre mémoire de 3ème année (60 pages), pouvez-vous nous dire ce que vous en pensez ? ».
  • 2010 :  4 321 mails envoyés (83 par semaine) ; 8 843 mails utiles reçus et conservés (170 par semaine). Ratio d’un peu moins d’un mail envoyé pour 2 mails utiles reçus.
  • 2009 : 3 906 mails envoyés (75 par semaine) ; 7 959 mails utiles reçus et conservés (153 par semaine). Ratio d’un peu moins d’un mail envoyé pour 2 mails utiles reçus.

La Pile (The Stack) et la Stratégie du Dressing (the Dressing room Strategy)

Je réfléchis beaucoup, je lis pas mal, et j’écris un peu (sur ce blog et sur un autre) sur la productivité au quotidien et l’organisation au travail, depuis maintenant 3 ans et quelques mois.
Je suis passé par beaucoup de systèmes et je reste fidèle aux bases : Getting things done (S’organiser pour réussir) de David Allen, et Stephen Covey, The 7 habits of highly effective people (Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent).

L’autre jour, j’ai eu une idée simple, et elle m’a semblé pouvoir être déclinée à quantité d’aspects du travail.

J’ai une pile de livres à lire. En fait, dans cette pile, il y a les livres loisirs (romans prêtés par des amis, livres achetés sur recommandations élogieuses, cadeaux…), et les livres travail (livres reçus comme specimen, livres achetés, prêtés…). Donc déjà, il devrait y avoir deux piles distinctes : livres boulot, livres loisirs. Et je me rends compte que les livres ne sont même pas en piles, mais disséminés dans un espace géographique (certes limité à une pièce) constitué d’étagères diverses et de coins de bureau.
1ère étape : faire une pile (en fait, deux piles), ce qui permettra de compter.

Puis réfléchir à la tactique du dressing.
Voici l’analogie : un dressing contenant des vêtements. Toute femme ayant un dressing applique, sans forcément l’avoir rationalisé consciemment (il n’y a que les profs qui font ça), quelques principes simples :

  1. Les étagères ne doivent pas être remplies totalement. Il faut des espaces vides sur certaines étagères, ou des piles qui ne soient pas trop élevées en taille. Cela permet de déplacer des piles, de les fractionner, bref, de gérer le stock et d’accéder facilement à tout vêtement. Idem pour les cintres : une tringle bien gérée, c’est une tringle sur laquelle on peut faire glisser les vêtements. Grossièrement, les vêtements sur cintres ne doivent pas occuper plus que les 4/5èmes d’une tringle.
  2. Le dressing ne peut pas contenir plus d’une certaine quantité de vêtements (cf. règle numéro 1). Cela signifie qu’à chaque fois qu’un vêtement rentre dans le dressing, un autre doit sortir définitivement du dressing. C’est le principe de gestion à taille constante, si l’on veut.
  3. La discipline de la règle n°2 étant difficile à maintenir à chaque fois, il faut de temps en temps (ex : alternances été – hiver) pratiquer un grand ménage : vider des étagères et des tringles, de telle sorte que ce qui reste puisse être géré harmonieusement. C’est l’occasion de faire le deuil sur les vêtements qu’on n’a porté une fois en un an, et cela permet de re-découvrir des tenues.

Revenons à nos deux piles de livres. Appliquons les 3 règles de la stratégie du dressing :
2ème étape : fixer le nombre maximum de livres dans une pile (règle n°1, taille de la pile). Sept. Une pile de livres à lire ne contiendra au maximum que 7 livres. Avec le temps, on se rendra probablement compte que 7, c’est déjà trop, mais ce qui est sûr, c’est que plus de 7, c’est insensé.
S’il y a plus de 7 livres dans la pile, faire un grand ménage de printemps (règle n°3). Si 7 livres ou moins, gérer la pile suivant la règle n°2 : toute arrivée d’un nouveau livre dans la pile doit déclencher immédiatement le départ d’un livre de la pile (« je ne lirai pas ce livre, point »).

Première synthèse
Les livres à lire ne sont plus un magma de bonnes résolutions. Au maximum, il y a 7 bonnes résolutions, et toute nouvelle incitation doit conduire systématiquement à faire un choix de priorités. Et une fois qu’un livre est hors de la pile, ma foi, il est hors de la vie.

Quelques ouvertures possibles, et leurs richesses futures
Le raisonnement sur la Pile, associé à la Stratégie du Dressing, peuvent être appliqués à plusieurs domaines de l’efficacité personnelle et/ou du développement personnel :

  • L’agenda sur la semaine. Un agenda ne doit pas être blindé, mais contenir des espaces de respiration. Il ne peut pas y avoir plus de X créneaux bloqués par semaine. Quand un créneau s’ajoute, il faut qu’un autre soit annulé. Et les espaces de respiration servent à déplacer certains rendez-vous : s’il n’y a pas d’espace, il n’y a pas de flexibilité, pas de respiration. Par ailleurs, l’espace de respiration sert à quantité de choses : imprévus, interactions sociales (discussions dans les couloirs), temps pour soi, improvisation.
  • L’agenda sur le week-end. Idem : Un agenda ne doit pas être blindé, mais contenir des espaces de respiration. Il ne peut pas y avoir plus de X créneaux bloqués par week-end. Quand un créneau s’ajoute, il faut qu’un autre soit annulé. Et s’il n’y a pas d’espace de respiration, il n’y a pas de flexibilité ni de repos. or le week-end c’est (aussi) repos.
  • La boite de réception mail. Il faut choisir à certains moments : « ce mail appelle une réponse, mais tant pis, je ne peux pas répondre à tous (= la pile de mails est trop élevée), donc je le sors de la boite de réception, sans y répondre ».

Tout reste à affiner, nous n’avons pas tous les mêmes contraintes. Mais j’aime bien l’idée de quelques principes simples déclinables à quantité de situations.

La guerre est un art tout d’exécution…

De l’excellent XKCD (je ne comprends pas toujours tout, tellement c’est de l’humour de trentenaire geek américain).

Traduction :

  • (tape sur son clavier) « La clé de la productivité, c’est la gestion du temps. »
  • (tape sur son clavier) « Choisissez vos buts, construisez un planning, et ayez la volonté de le suivre – sinon, vous serez dépassé par ceux qui l’ont fait. »
  • PLANNING : 7h : réveil ; 7h15 – 8h : poster des billets sur les blogs de productivité, en annonçant mon planning du jour ; 8h – jusqu’à point d’heure : glandouiller.

La quête ultime du logiciel de ToDo : 3 – mon choix

[edit du 30-10-2013 : cet article était publié sur mon blog de développement personnel (Devperso.fr), je l’ai rapatrié désormais dans la rubrique « productivité » de blogthib.com – un edit de ce type signalera de tels articles]

Cela fait longtemps que je n’ai pas posté. Ce n’est pas pour autant que j’ai arrêté de travailler sur ces sujets. Comme le dit le leader des Eagles dans un concert de retour à la scène : « Juste pour info : nous ne nous sommes jamais séparés. Nous avons juste pris 14 ans de vacances ».

Dans deux premiers billets, j’avais identifié mon cahier des charges (la quête ultime du logiciel de todo : 1) et l’analyse de l’existant (la quête ultime du logiciel de todo : 2).

Venons-en à ma solution.

En fait, quelques jours après mon billet n°2, je suis revenu à TaskPaper, qui avait été mon premier choix, et la plupart de mes critiques se sont envolées.

  • C’est un logiciel qui tourne sur Mac, mais une version Windows a été créée par un autre programmeur, sous le nom de TodoPaper. Les deux sont parfaitement compatibles (c’est la force du fichier texte).
  • Pour avoir toujours le fichier texte avec moi, je l’ai mis dans mon dossier Dropbox, il est donc automatiquement synchronisé. (Solution qui n’est pas parfaite, car les fichiers Texte du Mac et de Windows traitent mal les accents. Mais même s’il y a des problèmes sur quelques caractères, au moins, on peut les lire).
  • En fait, le plus simple est d’utiliser le service en ligne TaskoDone. Ouvrez-vous un compte (gratuit), copiez votre fichier texte et voilà, vous avez TaskPaper en ligne (consultable depuis n’importe quel smartphone…)

J’ai donc acheté deux licences (taskpaper et todopaper). J’aurais pu uniquement vivre avec TaskoDone, mais c’est plus pratique de travailler en local. Et puis c’est plus sympa d’encourager les développeurs. Une seul regret, de taille : il n’existe pas d’alternative ergonomique sous Linux (ubuntu).

Le dernier billet sur ce sujet, le n°4, expliquera pourquoi cette quête ultime ne pouvait donner un résultat universel.

Les 5 S de septembre

Fin des vacances, période de bonnes résolutions. En n’oubliant pas la saillie d’Oscar Wilde : « les bonnes résolutions sont des chèques tirés sur une banque dans laquelle on n’a pas de compte ouvert ».
Bonne résolution de rentrée : faire le ménage.
Tout a commencé par l’électronique, et une discussion avec un collègue sur Mohamed Yunus, subtilement relayée par ma connaissance des 5 S chez Toyota.

L’électronique

Je suis un geek, on ne se refait pas. J’achète donc des gadgets (iPod, camescope, transmetteur FM pour l’iPod, appareil photo numérique…) qui me semblent essentiels. Le problème est multiple, comme les prises du même nom :

  • chaque gadget qui arrive n’arrive jamais seul : il apporte régulièrement un mode d’emploi, un CD, des cables, un chargeur…
  • tout cela prend de la place, et nécessite de l’ordre (« où est le cable de tel appareil photo numérique ?)
  • chaque départ en vacances (ou en week-end) nécessite une check-list digne de la NASA : chargeur de téléphone, appareil-photo (+ chargeur), cables, MacBook(+ chargeur)…

Mohamed Yunus

J’ai commandé un de ses livres, mais en attendant, je sais que l’homme prône la décroissance économique, ou en tout cas, l’utilisation raisonnable des ressources économiques, notamment par le truchement d’une consommation responsable.

Les 5 S de Toyota

Toyota a mis en place une méthode d’organisation de l’espace de travail fondée sur 5 mots japonais commençant tous par S. Un des mots recouvre l’utilisation des objets, avec la logique suivante :

  • Si l’objet sert moins d’une fois par an, le faire recycler ou le jeter
  • Si l’objet sert moins d’une fois par mois, l’archiver proprement
  • Si l’objet sert moins d’une fois par semaine, le mettre sur une étagère dans le bureau
  • Si l’objet sert moins d’une fois par jour, le poser sur l’espace de travail : plus il sert souvent, plus il doit être proche
  • Si l’objet sert très souvent, le placer à portée de main, voire le fixer sur l’opérateur

Cristallisation

Gestion du stock existant : appliquer drastiquement le principe ci-dessus des 5 S.
Gestion du flux : « pour tout objet qui rentre, un objet doit sortir (définitivement) ». A appliquer en priorité à l’électronique / informatique.
Champ d’application : mon bureau chez moi ; mon bureau au boulot ; ma bibliothèque de 1 200 livres chez moi ; ma bibliothèque de 300 livres au bureau ; ma CD thèque / ma bibliothèque de mp3 ; mes outils de (excusez-moi, je rigole, hahaha) bricolage.
Principes d’application : utiliser au maximum les possibilités de recyclage, afin de jeter le minimum. Donner aux étudiants, aux amis, à l’école / au collège, au commissariat, amener à la déchetterie, faire recycler.

« Si tu veux débarrasser un hippie de ses poux, commence par le raser » (Pinaud, dans un livre de San-Antonio, probablement J’ai bien l’honneur de vous buter).

Production d’e-mails, quelques statistiques et réflexions

J’ai déjà écrit sur le sujet des e-mails, puis j’ai déporté (un temps) ma production sur un autre blog, je ne sais pas encore si je ne vais pas à nouveau fusionner les deux, mais en attendant, quelques statistiques sur les mails (et le processus opératoire qui a servi à les produire). Et je ne suis toujours pas en Mailbox zéro.

Prolégomène :

Pour un projet professionnel qui me tient à cœur, je souhaitais mesurer assez précisément la production quotidienne d’un cadre qui écrit des mails. N’ayant pas ce cadre sous la main, j’ai pris mon exemple. Même si ma fonction diffère, je pense que ma relation au mail est la même que celle d’un cadre moyen. J’ai donc entrepris de quantifier ma production de mails, à des fins statistiques. (synthèse en fin de message pour ceux que le protocole opératoire indiffère). La question finale était : quel est le nombre maximum de mails par jour qu’une personne peut traiter ?

Protocole opératoire et premiers résultats :

  • J’ai pris les mails que j’ai envoyés (donc tapés) entre le 14/12 16h11 et le 18/12 13h32, soit 79 mails. Cela exclut donc tous les mails reçus, les spams, les mails détruits ou classés : seule ma production m’intéresse.
  • Sur ces 79 mails, j’ai enlevé ceux qui contenaient un attachement, pour n’avoir plus que des mails « texte ».
  • J’ai sauvegardé ces mails dans un sous-répertoire Thunderbird, et récupéré ce dossier, qui est au format MBX, donc « texte ».
  • J’ai fait quelques manipulations de ce texte sous OpenOffice Calc. J’ai pris le tableur (Calc) et non le traitement de texte (Writer), car cela accélère les traitements dans un fichier avec des retours à la ligne imposés. Le fichier texte initial comptait 7 618 lignes de texte.
  • Je donne ci-dessous quelques exemples des manipulations / suppressions (qui prennent plus de temps à écrire qu’à faire…)
    • suppression des nombreux en-têtes de message (From:, sujet:, X-mailer, etc.)
    • suppression des citations de messages précédents (qui commencent par « > » dans les messageries texte)
    • suppression des signatures et champs ajoutés automatiquement à la fin des mails (« si vous recevez ce mail alors que vous étiez pas qui vous êtes censé être etc. »)
  • Après ce nettoyage, je me suis retrouvé avec un fichier constitué de 422 lignes de texte. En français dans icelui (le texte), cela signifie que sur les 7 618 lignes de texte que j’ai envoyées en 3,5 jours, seules 422 lignes étaient de la production dactylographique de ma part, le reste était soit des en-têtes de message, soit des signatures, soit des citations de précédents mails.
    • étant donné que mes mails contiennent 33 lignes d’en-têtes (je viens de vérifier) et 6 lignes de signature, cela fait (33+6)*68 =2 652 lignes
    • à rajouter aux 422 lignes de texte que j’ai rédigées
    • soit 7 618 – 2 652 – 422 = 4 544 lignes « parasites » issues de la pratique systématique de la citation des messages anciens.
  • Il ne me restait plus qu’à copier ces 422 lignes sous openOffice Writer et à demander une statistique. Elle me donne 3 592 mots et 21 071 signes (improprement appelés « caractères » sous OpenOffice). On applique cela aux 68 mails, et cela donne une première information : mes mails rédigés font en moyenne 52 mots, ou 310 signes. J’emploie donc des mots de 5 lettres, en moyenne. (On s’en fout ici, mais vous verrez, ça sert après).

Résultats commentés et futures voies de réflexion

  • En termes d’électrons, dans les mails que j’envoie, 5,5% sont dûs à ma production (dactylographie), 59,6% sont dûs à ma pratique (et celle de mes correspondants) de laisser la citation de l’ensemble de la correspondance, et le reste est ajouté par les clients de messagerie et les serveurs (en-têtes, signatures personnelles ou légales). Donc les mails, c’est pas mal du vent.
  • En 2009 (on ne va pas compter les 13 derniers jours), j’aurai envoyé 4 583 mails.
    • Si je les imprimais, cela ferait (à 52 lignes par page) 9 874 pages. Presque 20 ramettes de papier imprimante. Une pile d’un mètre de haut. (Ce sont les mails que j’ai envoyés).
    • Sur ce texte, j’en ai tapé 5,5%. Soit 546 pages. La taille d’un (moyen) manuel de finance. Chaque année.
  • En terme de temps passé à taper :
    • En mesurant ma vitesse de frappe ici, j’obtiens une vitesse « dans les conditions idéales » de 47 mots par minute.
    • Vous voyez bien que ça sert, le calcul des mots… Cela fait 242 090 mots, soit 85,8 heures passées à rédiger des mails.
    • C’est évidemment cruellement sous évalué : je ne compte pas les temps additionnels pour répondre aux mails. Temps de lecture, de classement et destruction des mails, de recherche d’anciens mails et toutes les activités annexes nécessaires pour répondre aux mails : téléphoner, imprimer, aller chercher la réponse dans un ouvrage, sur le Web ou dans lecrâne d’un collègue, consulter l’agenda…
  • J’en arrive enfin à mon dernier calcul, qui essaie de répondre à la question suivante : « combien de mails maximum une personne peut-elle traiter par jour ? ».
    • Imaginons une personne qui ne fasse que répondre à ses mails, 9h par jour ouvré. Il faut poser quelques hypothèses.
    • Je n’ai pas l’info sur le nombre total de mails que j’ai reçus en 2009. Mais je sais que j’en ai gardé 11 000 en archives. Donc première hypothèse : combien de mails parasites reçoit-on chaque jour ? J’appelle mails parasites des spams, ou des mails d’info générale, qu’on doit quand même lire (pour voir que c’est un spam ou un mail d’info) avant de les détruire. Je suppose 20 mails par jour ouvré, qu’il faut lire, mais qui sont sans intérêt. On supposera que ces mails ont le même nombre de mots moyen que les mails que j’envoie, soit 52 mots. Cela fait donc 1 040 mots à lire.
    • Sur ce site, j’ai calculé ma vitesse de lecture. 405 mots par minute, taux de compréhension 91%, je suis donc un « bon lecteur ». Il me faudra donc de l’ordre de 3 mn pour écluser ces 20 mails.  Je n’y crois pas. Cela prend plus de temps que cela, car ce ne sont pas 20 mails à lire à la suite.
    • Continuons quand même avec les suppositions. Supposons que pendant 9h, je ne fasse que lire des mails, les classer et répondre à certains.
      • Dans mes mails classés, je vois que j’ai répondu à 2 mails sur 3 en 2009 (normal, le reste, je l’ai détruit).
      • L’équation est donc : « 9 heures de travail doivent se répartir entre 100% des mails à lire (à 405 mots par minute) et 66% des mails pour lesquels il faut rédiger une réponse (de 52 mots en moyenne (à 47 mots par minute) »
      • Soit 9h x 60 = N x 52 / 405 + N x 66% x 52 / 47
    • Je résous et je trouve N = 629 mails. Voilà le nombre maximum de mail qu’une personne comme moi peut recevoir par jour.

Bon, c’est du n’importe quoi. Mais comme souvent en modélisation financière, c’est le fait d’avoir fait cet exercice qui souligne les problèmes à creuser après. Les variables de sensibilité sont les suivantes :

  1. On suppose que la personne ne fait que lire, taper, classer, détruire. C’est faux. Beaucoup de mails nécessitent d’aller chercher de l’info. Question : temps moyen de recherche des infos ? (et % des mails pour lesquels on doit aller chercher de l’info).
  2. Quand bien même on n’a pas d’info à aller chercher, beaucoup de mails demandent de la réflexion. A la vitesse de frappe se rajoute le temps de rédiger dans sa tête, la mise en forme des arguments. Question : % des mails qui nécessitent des réponses plus élaborées que « OK pour moi ! » ?
  3. On suppose que la personne est concentrée, et non susceptible d’être distraite. Ce qui signifie que si elle doit aller chercher de l’info sur Internet, elle va lancer son navigateur, aller chercher l’info et retourner à rédiger son mail… sans faire un tour par fessebouc, sans avoir l’oeil attiré par un fil RSS etc. Question : propension à être distrait de son objectif initial ? (en nombre de minutes, et plus probablement d’heures perdues par jour)
  4. On n’a considéré que les temps de lecture et de frappe. C’est plausible avec un peu de discipline : pour moi, classer un mail demande la frappe d’une seule touche, détruire idem.

Voilà. Les personnes qui ont lu jusqu’ici ont le droit de m’envoyer un mail.

Augias II – stats

Again : zéro mails dans ma boite de réception. Plus d’infos ici et .

Par ailleurs :

  • 17 mails avant 15h aujourd’hui
  • 15 mails ce week-end
  • 55 mails vendredi
  • 109 mails jeudi !!!
  • 56 mails mercredi
  • … and so on.

(mails = mails reçus + réponses, sans compter les spams et les mails détruits)

Zéro zéro zéro

Zéro mails dans ma boite.
J’en ai parlé sous le terme de Projet Augias. Je viens à nouveau d’atteindre 0 mails dans ma boite. La dernière fois, c’était le [edit]6 février 2008[fin d’edit]. Quelques réflexions, mais rapides, hein.

  • C’est un travail de longue haleine, discipline, trucs, blablabla, j’en ai déjà parlé.
  • La technologie aide pas mal. Les trois choses qui m’aident beaucoup sont :
    • l’extension Quicktext, sous Thunderbird, qui permet de rédiger certains textes automatiquement (formules de politesse, acceptation ou refus d’encadrer un mémoire, demande pour être retiré d’une liste de diffusion…)
    • l’extension Nostalgy sous Thunderbird, qui permet de classer automatiquement un mail en faisant Ctrl-S (et plein d’autres choses, mais je suis simple et frugal)
    • la version portable (sur clé USB) de Thunderbird, avec les extensions sus-mentionnées. C’est tout bête, mais pendant la pause d’un cours, je reste souvent dans l’amphi, la salle, et là, clé USB, *et je suis chez moi* avec mes dossiers, mes extensions. Tant qu’à rester dans la salle de cours, autant s’occuper…
  • Je suis néanmoins halluciné par le flot de mails. Depuis que je suis Coordinateur du département finance, c’est sûr que ça n’a pas aidé. Mais je prends l’exemple des dernières semaines :
    • Ce matin, j’ai déjà envoyé / reçu / classé 29 mails. Depuis 8h30, je n’ai fait que ça (plus un peu de surf, mais pas des masses). 
    • Hier, j’ai envoyé / reçu / classé 41 mails. Et j’ai fait 6 heures de cours + un déjeuner.
    • Avant-hier, j’ai envoyé / reçu / classé 61 mails. Avec un déjeuner au milieu, et arrêt à 17h30 (pots + dîner avec des cadres).

Je trouve ces chiffres extrêmement inquiétants. Je ne suis pas un cadre sup, mais je passe plus d’une vingtaine d’heures chaque semaine à gérer mes mails. C’est du n’importe quoi.
[edit] D’autant plus que je ne compte pas les mails détruits : les spams qui arrivent à passer malgré tout, les mails « pour info », les lettres d’information… Je n’ai pas de stats – faut pas pousser – mais chaque matin, j’ai une vingtaine de ces mails dans ma corbeille (et je vérifie qu’ils sont bien à jeter) et une vingtaine aussi dans ma quarantaine (et je vérifie idem). [fin d’edit]

Stats 17-09-08

[edit du 30-10-2013 : cet article était publié sur mon blog de développement personnel (Devperso.fr), je l’ai rapatrié désormais dans la rubrique « productivité » de blogthib.com – un edit de ce type signalera de tels articles]

  • 6 fichiers modifiés
  • une dizaine de tâches
  • 32 mails envoyés

L’Urgent, l’Important et le Truand

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Creative Commons License photo credit: mhaw

[edit du 30-10-2013 : cet article était publié sur mon blog de développement personnel (Devperso.fr), je l’ai rapatrié désormais dans la rubrique « productivité » de blogthib.com – un edit de ce type signalera de tels articles]

C’est une note rapide, mais je préfère la faire incomplète que de l’oublier 😉

Après tout, si je me conforme aux canons de David Allen (GTD), toute tâche qui prend moins de 2 minutes doit être faite immédiatement… Donc je fais, même si je vais l’écrire en plus de 2 mn (mais c’est de ma faute, ça fait des mois que je dois me mettre à 10 mn de dactylo quotidienne).

Voilà mon idée :

  • L’urgent : c’est notre quotidien.
  • L’important : c’est le domaine trop souvent négligé, et c’est là où Stephen Covey (les 7 habitudes) a établi sa quête. En quelques idées : essayer de réduire le Quadrant I (urgent et important), développer à fond le Quadrant II (important mais pas urgent), réduire à mort le Quadrant III (urgent mais pas important) et oublier totalement le Quadrant IV (pas urgent pas important).
  • Le truand : c’est mon idée du jour, je l’appelle le truand par référence à Sergio Leone, mais la première dénomination que j’avais en tête, c’était « capacité de nuisance à terme ».

Toute tâche devrait pouvoir être classée sur ces 3 axes. Détaillons-les :

  1. Les esclaves du quotidien vivent dans un monde à une dimension et binomial : urgent / pas urgent.
  2. Les aficionados du GTD et des 7 habitudes de Covey vivent dans un monde à deux dimensions, une matrice à quatre Quadrants : urgence par rapport à importance.
  3. Je propose une troisième dimension, pour bâtir un hypercube : +/- urgent, +/- important, +/- pourrissant.

Exemple : soit 3 tâches de ma to-do list, qui sont (1) appeler ma tante pour prendre des nouvelles (2) payer ma taxe professionnelle (3) rédiger ce billet de blog.

  • Classement dans un monde à 1 dimension : urgent = payer ma taxe ; non urgent = appeler tante, rédiger billet blog
  • Classement dans un monde à 2 dimensions : urgent important : rien ; important pas urgent : appeler tante, rédiger billet blog ; urgent pas important : payer taxe

Remarquez que dans le deuxième cas (qu’on suppose plus évolué), je vais traiter en premier des tâches que je traitais en dernier dans le premier cas. Mais si rajoute « capacité de nuisance », je vais tout de suite voir que payer ma taxe professionnelle, c’est la tâche à faire en premier ! Parce que l’approche Allen / Covey est une approche instantanée : c’est en fonction de ma perception d’aujourd’hui que je classe mes priorités.

Mais si je rentre dans la troisième dimension, j’essaie aussi de juger quelles sont les choses qui sont susceptibles d’évoluer négativement pour moi. La question devient « si je le fais plus tard, est-ce que je le paierai plus cher ? » (pas uniquement au sens financier).
Prenons l’exemple de la taxe professionnelle. Elle est exigible dans un mois. En toute rigueur, elle n’est donc pas urgente. On va dire par ailleurs que c’est un enjeu peu important dans ma vie (parce que, dans mes objectifs de vie, « payer mes impôts » n’est pas le plus important), donc je décide de reléguer le paiement à plus tard. Et en termes financiers, j’ai raison de ne pas payer maintenant : si je paie aujourd’hui, je suis débité un mois en avance, alors que si j’attends la date limite, j’aurai un mois de trésorerie (et d’intérêts de placements) en plus.
Maintenant, raisonnons en rajoutant le 3ème critère, celui du pourrissement de la situation. « Si j’attends de payer, que peut-il se passer ? »
Je me connais : une fois sur deux, pour avoir voulu ruser sur ma gestion de trésorerie, je me retrouve à payer trop tard. Il suffit de peu : un gros boulot par ailleurs, quelques jours où je ne classe pas mes papiers, une pile oubliée dans un coin…
Donc je décide de payer tout de suite ma taxe professionnelle. Non pas parce qu’elle est urgente (j’ai un mois) ni importante (dieu merci, j’ai d’autres choses qui m’importent plus) mais tout simplement parce que, dans ma liste, c’est la chose qui risque de me coûter de plus en plus cher au fil du temps qui passe.
Il y a comme ça quantité d’exemples.
Les impôts et factures à payer, évidemment.
Les réparations sur la voiture. Exemple : je fais changer mes plaquettes de frein à temps, ça me coûte les plaquettes ; je les fais changer trop tard, ça me coûte les disques de freins, qui valent 5 à 10 fois le prix des plaquettes.
Et pour sortir du discours financier, il y a le même raisonnement sur le temps passé. Il y a certaines tâches qui vont me prendre 10 minutes aujourd’hui, mais les mêmes tâches me prendront 1h si je les fais dans un mois, parce que les choses auront évolué, la tâche sera devenue plus complexe, ou elle aura pourri, et dans un mois, je regretterai amèrement de passer autant de temps dessus.
Par opposition,  certaines tâches n’ont pas une valeur temps dramatique : que je les fasse aujourd’hui ou dans un mois, cela me coûtera le même prix.
Savoir distinguer ces différentes tâches peut donner un ordre de priorité.

Pour conclure : quelle est la situation dans laquelle je peux utiliser ce 3ème critère ?
Réponse : quand j’ai 12 tâches urgentes & importantes, mais que je ne peux en traiter que 8, faute de temps.
Lesquelles choisir ? Celles qui me le feront payer cher si je les traite plus tard.
Les Truandes.

Statistiques 04-09-08

[edit du 30-10-2013 : cet article était publié sur mon blog de développement personnel (Devperso.fr), je l’ai rapatrié désormais dans la rubrique « productivité » de blogthib.com – un edit de ce type signalera de tels articles]

  • 18 mails envoyés
  • 11 tâches accomplies (sans compter celles que je n’ai pas notées)
  • 28 fichiers modifiés.

Grosse journée.

Le Prisonnier

Creative Commons License photo credit: kevinmarsh

[edit du 30-10-2013 : cet article était publié sur mon blog de développement personnel (Devperso.fr), je l’ai rapatrié désormais dans la rubrique « productivité » de blogthib.com – un edit de ce type signalera de tels articles]

Une pensée en passant, avant de retourner aux problématiques de tâches et autres systèmes de productivité :

essayer d’être plus productif, en croyant que cela nous permettra d’échapper au système, c’est en fait démontrer qu’on est englué dans le système.

Donc,

Revoir nos priorités.

Redéfinir même le sens de « priorité »

Y consacrer du temps, ne pas traiter ça à la va-vite, comme une ToDo à évacuer.

Qu’est-ce que je veux faire ? Qu’est-ce que je veux ?

Ignorer la première réponse. Ignorer la deuxième. Ignorer toutes les réponses rapides, celles qui arrivent comme des balles traçantes. Attendre – le temps qu’il faut – la fusée éclairante.

Facile à dire.

La quête ultime du logiciel de ToDo : 2 – analyse de l’existant

060810shameCreative Commons License photo credit: Dan4th

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Je continue ici ma quête ultime du logiciel de ToDo, avec 5 critères énoncés dans le premier billet de la série : ce logiciel doit être Simple, Rapide, Classable, Portable et Versatile.

En suivant ma ligne de réflexion du dernier billet, j’ai donc tapé « online task tag » dans Google. Coup de chance, dès le deuxième résultat, je suis tombé sur une liste d’applications en ligne qui proposaient ce type de service. Mais ce n’était qu’une liste. Heureusement, dans les commentaires, un lecteur mentionnait sa propre liste de 23 applications, avec l’avantage d’une description et d’une critique.

C’était mieux que rien, mais ça n’était pas encore idéal. J’ai donc profité de mon entorse qui m’immobilisait pour tester les 23 applications. Ce qui veut dire notamment que j’ai donné 23 fois mon adresse e-mail (et ces 23, par la magie de la multiplication des spams, va me valoir mon pesant de courriers non sollicités, je le sens…)

Je ne vais pas vous faire une analyse détaillée des 23 applications, car ce n’est pas le propos. Je vous livre déjà un résumé de mes découvertes :

  1. De toutes les applications, une seule correspond à peu près à ce que je cherchais, c’est HiveMinder. Je reviendrai dessus un peu plus tard, je voudrais d’abord développer pourquoi les 22 autres ne m’allaient pas.
  2. Sur les 23 applications, on peut grossièrement établir deux catégories : les Trop Simples, et les Trop Compliquées. Et aucun moyen terme du genre « super simple, super intuitif, mais avec quelques fonctions quand même ».

Je vais donner quelques exemples de trop simples :

  • Une application qui ne permet pas de rentrer 3 tâches en une seule fois est trop simple. S’il faut rentrer la première tâche, appuyer sur Save et attendre qu’elle s’affiche pour appuyer sur New task et rentrer une deuxième tâche, ce n’est pas Rapide. Remember The Milk, par exemple, qui est présenté comme l’application la plus répandue, ne permet pas de faire ça.
  • Une application qui ne permet pas de tagger rapidement une tâche n’est pas Versatile. Remember The Milk, itou, ne permet pas de faire ça.

Ces critiques s’adressent à la majorité des applications. Certes, elles sont nombreuses à proposer des « date due » ou des catégorisations par projet, mais ma conception, c’est qu’une tâche ne doit pas demander plus de 10 secondes, tout compris, pour être notée. Sinon, on passe son temps à noter et à gérer le classement des tâches plutôt qu’à les faire.

Les Trop Compliquées : elles sont géniales, elles permettent d’affecter les tâches à différentes personnes, par projet, par date, par priorité. C’est super, mais uniquement pour une gestion de projet complexe qui concerne plusieurs personnes réparties sur plusieurs lieux géographiques. C’est donc loin de ma conception GTD mono-personnelle de la liste de tâches. Un exemple de Trop Compliquée (pour moi) : MyQuire.

Ce qui était étonnant, c’est l’absence très régulière des tags dans les applis. Pourtant, le tag, c’est ce qui permet de noter toutes les catégories. Si je dis « il faut que j’appelle demain Sprütz pour le projet Spratz », la manière la plus géniale de noter ça, c’est

– appel sprütz @appel @demain @spratz

Si je demande le tag Spratz, j’aurai tout ce qui concerne le projet Spratz. si je clique sur Appel, j’aurai tous les appels que je dois passer. Si je clique sur Demain… vous comprenez. En bref, l’avantage des tags, c’est qu’ils n’imposent aucun système à l’utilisateur, c’est lui qui, par le choix de ses tags, va s’organiser lui-même son système.

HiveMinder permet de noter plusieurs tâches en une fois (fenêtre Brain Dump à gauche), et propose ce type de tags directement dans le texte des notes. Après, d’un clic sur un tag, on obtient toutes les tâches qui ont ce tag.

C’est parfait, mais ce n’est pourtant pas le système que j’ai retenu.

Mais on progresse.

La suite bientôt…

Stats

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Aujourd’hui :

  • 11 tâches faites
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