Depuis le début de la semaine (qui n’est pas encore finie, encore deux jours et 8 heures), j’ai envoyé ou reçu 155 mails. Sans compter les mails que j’ai jetés, les mailing listes collectives auxquelles je suis abonné, ni les travaux rendus par mes étudiants.
Dans ma boite Inbox, j’en ai encore 247 à traiter. Quand je faisais mon DEA, j’aurais été loin d’imaginer qu’un boulot de prof, c’était essentiellement répondre à des mails. Inutile d’insister sur le caractère desséchant de ce type d’activité : j’y passe actuellement plusieurs heures chaque jour. Putain de vérole.
Je vais tenter un truc : réinstaller chez moi ViaVoice Pro (logiciel de dictée vocale), pour voir si ça peut augmenter mon rythme de pelletage (=réponse) des e-mails.
Bac +43 et condamné au choix entre dictaphone et dactylo, bordel à cul.
Category Archives: Informatique et Internet
Rien du tout
307 mails dans ma boite ce matin.
256 mails ce soir.
307 – 256 = 51 mails, diras-tu, c’est pas dur de répondre à 51 mails en 10 heures.
Ben non, parce qu’il y a les 20 (30 ? (40 ? (1239 ?))) mails que j’ai traités, pour lesquels j’ai reçu des réponses dans la journée, et que j’ai classés.
Donc ça fait 51 + Réponses + XX classés. Arriver à zéro zéro zéro…
Plus personne à mes basques…
Dormir.
Ou me mettre une escalope sur mon œil au beurre noir.
La Grande Faille d’Utopie
Les mondes virtuels et leur économie parallèle, j’en ai déjà parlé. Dans la même veine, je lis que des hackers vendent aux enchères des failles de sécurité non encore patchées dans Windows Vista.
J’apprends avec les techno-beaufs : une faille de sécurité, c’est une brèche dans les bits. Certains hackers découvrent que, en réalisant une séquence d’opérations données (ex : j’envoie une requête en AnarchicBasic dans une table MySQL en même temps que je fais Alt-Z-O-R-R-O sur le clavier), on peut déclencher des choses non prévues, qui permettent par exemple de « rentrer » dans le système d’exploitation pour, just for fun, reformater un disque dur à distance, envoyer des miyards de spams, ou faire en sorte que l’ordinateur acquière une conscience supérieure.
Il existe des dizaines de failles de sécurité non corrigées dans Internet Explorer ou dans Windows.
Cela devient extrêmement gloussatoire. Que des gens vendent aux enchères une faille de sécurité (un actif hautement immatériel) sur un système d’exploitation non finalisé (Windows Vista n’est pas encore sorti – et à mon avis, une version non bugguée ne verra même jamais le jour), c’est de la virtualisation de virtuel. Et que d’autres personnes achètent cette information pour des dizaines de milliers de dollars, ouloulou, ça promet une dévaluation du dollar. Ou de l’action Microsoft. Ou de la place boursière virtuelle des mondes en ligne comme Second Life. Ou du sous-jacent électronique des écritures de bourse passées dans les chambres de compensation.
En finance, on a les options. Option d’acheter une action. Option de vendre du cacao à terme. On a aussi les options d’options (option d’acheter une option de vente de blé à 3 mois), les options d’options d’options etc. Cette mise en abyme devient vertigineuse : à quand des hackers virtuels, vivant uniquement comme avatars sous Second Life, qui attaqueront le système informatique de la Bourse de Second Life, bref, des informaticiens d’informaticiens d’informaticiens attaquant la Bourse d’un jeu d’une société.
Une seule certitude : les ventes d’aspirine vont flamber.
Free, Free, set me Free
(Note technique, et note d’humeur)
Non-Freenautes, passez votre chemin, ou continuez à lire, pour vous foutre de moi. Freenautes, ceci est un thibillet très long. Alors je teste les ancres :
1ère réaction : « ça doit être de ma faute »
2ème réaction : « j’ai fait le boulot, que va me répondre Free »
3ème réaction : « foin des messageries, engueulons-nous avec un humain »
Conclusion : quelques conseils, qui me serviront aussi de pense-bête
Executive summary
Cette note sert à délayer mon exaspération, mais aussi servir d’aide-mémoire, pour moi, mais aussi pour mes petits camarades freenautes qui ont des problèmes de connexion. Accessoirement, cela servira, peut-être, à faire résoner le tam-tam de la jungle, à créer du fuzz, du buzz (non, pas de la beuze).
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je suis abonné à Free, en dégroupage total (plus aucun abonnement France Télécom), je suis donc censé avoir de l’ADSL, de la téléphonie, de la télé (plus de 100 chaines)
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je dépends du DSLAM de Charleville (CHA92), à 3400 m de mon domicile
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j’ai une Freebox version 3 ou 4 (je ne sais plus) depuis 2005
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depuis 4 semaines, je n’ai plus de téléphone (plus de tonalité, pas de possibilité d’appeler, pas de possibilité d’être appelé)
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depuis plusieurs semaines, j’ai des déconnexions intempestives de la Freebox : 88:88, chenillard lent, chenillard rapide, et là, soit 88:88 à nouveau (et c’est reparti) soit rectangle cligno, rectangle fixe, et 88:88, et c’est reparti. Mais de temps en temps, ça connecte, quand même. (à 30 € par mois, vous me direz, ça peut).
1ère réaction : « ça doit être de ma faute »
- hard reboot de la Freebox : nada
- lecture de la FAQ Free : nada
- contact de Free par mail (dans la console d’administration) : réponse en 2 jours pour mon premier message, et j’attends toujours la réponse au deuxième message. C’est marrant, parce que j’ai commandé hier soir une alimentation de rechange, depuis la même console d’administration, et là, j’ai tout de suite eu un mail qui m’a dit que j’allais être débité du montant d’achat + frais de port…
- lecture des excellents forums de l’ADUF (association des utilisateurs de Free) : éléments de réponse, notamment sur le nettoyage d’une ligne de téléphone
2ème réaction : « j’ai fait le boulot, que va me répondre Free »
- envoi d’un premier mail, en substance « j’ai des déconnexions intempestives de la Freebox, quid ? »
- réponse en 48h (48h, quand même…) : « veuillez suivre la liste de tests suivants, et seulement quand vous avez fait tous les tests, et que c’est négatif, recontactez-nous ». On me propose notamment :
- de faire un soft reboot (c’est fait, coco)
- de faire un hard reboot (c’est fait, 12 fois)
- de vérifier si tout est branché (hin hin hin)
et là, on commence à entrer dans le paranormal :
- de tester ma Freebox avec une autre alimentation. Ah ouais, pas con, mais je la trouve où, l’autre alimentation ? Un voisin compatissant, semble-t-il, parce que Free, il veulent que je fasse le test avant de les rappeler.
- Si ça marche pas, de tester ma connexion avec une autre Freebox que la mienne. Petites annonces de mon bled : « particulier échangiste, bien sous tous rapports, échangerait Freebox potentiellement naze contre Freebox qui marche, pour test de plusieurs jours ».
- De tester une autre installation électrique que la mienne, dans une autre maison (non, là je déconne)
3ème réaction : « foin des messageries, engueulons-nous avec un humain »
J’appelle la hotline dédiée au dégroupage total. Là, que des points positifs (au début) : interlocuteur qui décroche tout de suite, poli, et bien équipé. Il teste à distance (depuis le Maroc, c’est là où est délocalisée la hotline, semble-t-il Edit : depuis Paris, comme me le signale un Freenaute respectueux et courtois) et me diagnostique une alimentation probablement défectueuse. Bon, on progresse. Il me recommande chaudement de trouver un voisin échangiste, car il ne peut pas m’envoyer d’alim de test. Bon, je fais un effort, je trouve (merci la solidarité de quartier, des inconnus m’ont répondu pour me dire qu’ils étaient chez Neuf, chez Cegetel, donc qu’ils ne pouvaient pas m’aider, mais c’est tout de même sympa de répondre…)
Je vais chez ce voisin que je ne connais pas, contact fort sympathique, il teste mon alim sur sa Freebox et me confirme qu’elle est naze (mon alim). Il est dans la partie (informaticien) et commence à me dessiller les yeux : moi, je suis à 3400 m du DSLAM et je n’ai jamais réussi à avoir les chaines de télé correctement. Lui est à 3500 m et reçoit les chaines parfaitement. Mais son voisin d’à côté, rien du tout.
Je rentre chez moi et recompose le numéro de la hotline au Maroc. Le gars me dit : « OK, c’est l’alim, il faut que vous en achetiez une autre ». Je tombe de haut, et lui explique que Free me rend un service, pour 30 € / mois, et ce service consiste à mettre à ma dispo une Freebox qui marche, une alim qui marche, et une connexion ADSL qui marche. Lui me répond « l’alim n’est plus sous garantie, donc c’est à vous de la payer ». Dialogue de sourds (moi : "ce que vous dites, c’est que Free ne garantit la qualité de ses alim que la première année, en bref, qu’elles ont une espérance de vie d’un an ?" Lui : "mais non, je n’ai pas dit ça"), dialogue que je coupe, car à 34 centimes la minute, le hotliner a tout intérêt à palabrer sans fin. Moi pas, car je suis un mec hyper important.
Pour conclure, quelques conseils, qui me serviront aussi de pense-bête :
- à plus de 2500 m d’un DSLAM, il ne faut pas trop espérer avoir les chaines de télé. Dans ce cas, passer au cable (numericable) ou la fibre optique (erenis) et abandonner Free.
- essayer de nettoyer sa ligne téléphonique comme indiqué ici : enlever les condensateurs des prises, déconnecter les fils inutiles, passer tous les fils de cuivre au Mirror, tirer un cable neuf depuis le DSLAM, demander de l’aide à E.T., frotter tous les électrons de l’air ambiant pour qu’ils conduisent l’électricité statique, faire appel à Pikachu…
- Si Freebox déconnecter régulièrement, regarder l’alim d’un mauvais œil.
Dans les d
ifférents moyens de s’en sortir, voici ma note (5/5 = très bien, 1/5 = d’un faible intérêt)
- lire la FAQ Free : 3/5
- envoyer un mail : 1/5 (quand je pense qu’il y a des personnes qui écrivent une lettre…)
- appeler la hotline générale : 2/5
- appeler la hotline dédiée : 4/5
- se connecter sur les forums de l’ADUF : 5/5 (mais nécessite du temps de lecture…)
Et une ultime interrogation, qui entrera en résonance avec ma critique du livre d’Yvon Chouinard (d’ici quelques semaines…) :
Qu’est-ce que je pense acheter à Free, pour 30 € / mois ?
Qu’est-ce que Free estime me vendre pour 30 € / mois ?
Spim Spam Spoum
Sans y passer des heures, la lecture des spams est instructive. D’abord parce qu’elle permet de savoir quels sont les secteurs dynamiques sur Internet, les business models qui marchent. Et là je vous réponds tout de suite, c’est l’assurance auto et la vente de médicaments de toute sorte, point, même les 3615 Ulla tendent à se raréfier, le big business model, le coeur de cible, c’est l’aumobiliste avec malus qui a besoin de médicaments (de toutes sortes…)
L’autre information qu’apportent les spams, c’est une meilleure compréhension de la langue anglaise, qui est en même temps imagée, poétique, mais surtout, parfaitement adaptée à des phrases courtes, percutantes (c’est-à-dire, l’idéal pour un sujet de message, ou de commentaire.)
Démonstration de cette puissance poétique :
Il n’y a pas à dire, je reste admiratif. Non pas tant devant la promesse, à laquelle je crois peu. Mais devant l’inventivité poétique. A tel point que j’ai du mal à traduire en termes aussi imagés. Je m’y essaie néanmoins, mais si quelqu’un peut m’aider (à traduire, hein, pour le reste, je me débrouillerai) :
- nous pouvons doubler la taille de votre, ça c’est la partie facile, mais après :
- bton de bélier ?
- manche de ramoneur ?
- boute-en-train ?
- tige de piston ?
Aidez-moi, je sens que ça va me titiller toute la nuit…
Des torrents de bits…
Comme annoncé, voici un long thibillet sur mes pérégrinations dans le no man’s land de l’erreur 404, et quelques réflexions émincées par dessus.
En quelques boulite poïntz :
1. mon blog a subi un dépassement de trafic
2. mon hébergeur m’a facturé (et continue à me facturer) les Gigas de trafic en trop
3. je n’ai pas payé avant de comprendre ce qui se passait
4. mon hébergeur m’a couiqué hors de la toile
5. j’ai donc payé… mais ma vengeance sera terrible !!!
Déroulé des opérations, avec quelques leçons d’existence à chaque étape, voire des interrogations technologico-économiques
A. Les statistiques, tiqueu tique
En Octobre, j’ai eu 127 869 visiteurs, dont 89 696 visiteurs uniques (les autres, c’est pas qu’ils viennent à plusieurs, c’est que ça peut être plusieurs fois le même, par exemple, moi, je me visite beaucoup, pour voir si je suis là, ou dans les limbes de l’erreur 404). En Novembre, 84 303 visiteurs uniques (et c’est pas fini).
La classe.
Pour mémoire, le « pape des blogs » (ce qui est une contrepèterie : le pope des blagues, ou le plop des bagues) a, selon son propre aveu, 130 000 visiteurs uniques par mois.
La grande classe pour moi, je tutoie les grands. (Mais il m’en coûterait que ces grands ne me vouvoyssent pas) (oui, je sais, c’est simplement « vouvoient », mais je suis chez moi, tant que l’huissier ne gare pas sa 404 devant ma porte).
Tout cela c’est du vent, à double titre. D’abord, et c’est évident, parce que ce n’est pas le nombre qui fait la qualité, au contraire, comme disait Chamfort, « Il y a à parier que toute idée publique, toute convention reçue, est une sottise, car elle a convenu au plus grand nombre. » (merci à bribes.org, qui cite ses sources, je croyais que cette citation, dont j’abusais, était de Michel Foucault…)
Ensuite, et surtout, parce que la majorité de ces visiteurs uniques a commencé à débarquer, que dis-je, à se déverser, à dégouliner, depuis le 12 octobre 2006. Certains (moi le premier) en ont conclu que ces visiteurs étaient de ces spammeurs que j’ai fustigé à de nombreuses reprises. Pas du tout, c’est moi qui ai introduit le loup dans la bergerie.
B. Ils veulent tout pour la musique, tout pour la musique…
Le 12 octobre, c’est le lendemain du 11. Jusque là, tout le monde suit ? Et le 11 octobre, j’ai mis en ligne deux thibillets, dont un juke-box de mes intros préférées, d’abord sous Radioblogclub, puis avec Zanorg.
C’est depuis ce jour là que je suis passé, grosso-modo, de 18 000 visiteurs uniques par mois, à presque 90 000.
Vous allez dire : « De quoi se plaint-il, ce gros verrat ? Il s’engraisse de visiteurs, il mange l’IP des Français » etc.
Il se plaint des faits suivants :
- les 72 000 visiteurs surnuméraires ne viennent que pour pomper les fichiers musicaux (ce dont je me battrais l’oeil, s’il n’y avait les points suivants)
- les fichiers musicaux sont lourds
- 72 000 x 2 megas, ça fait 144 gigas
- mon fournisseur d’accès m’autorise 25 gigas de traffic par mois, tout giga supplémentaire étant facturé 1 € pièce (ça fait pas cher de l’octet, certes, mais quand même…)
Le dilemme était donc : continué-je à mettre en ligne des morceaux de musique, dont les chiffres montrent clairement qu’ils sont téléchargés massivement au mépris des droits d’auteurs (voui, voui !), et c’est moi que je paie le transport,
ou bien,
supprimé-je les dits morceaux ? (tout en payant les factures accumulées)
J’ai supprimé les dits morceaux. D’autant plus que, les petits malins, ils ne téléchargeaient pas seulement les morceaux de zanorg (que j’avais mis sur la page), mais aussi ceux de radioblogclub (que j’avais initialement mis, puis supprimés de la page, mais pas de mon site).
C. Savez-vous planter des sous ?
A l’époque, je m’étais frotté les mains : pour un symbolique 12 € / an (formule Mega Top Premium Club), j’avais non seulement un nom de domaine (blogthib.com, pour ceux qui ne suivent pas), mais aussi un hébergement de mon site.
Content j’étais.
J’avais oublié la sacro-sainte loi d’Internet (et notamment du Web 2.0) : « quand c’est gratuit, ou pô cher, cherche quel est leur business model ».
Le business model, en l’occurence, c’est « on va laisser ce gros porcidé engraisser son site, et là, TCHAC ! on va lui tondre du 80 € par mois d’excédents de traffic jusqu’à ce qu’il passe à la formule Excellency Golden Standard VIP (5 € / mois), voire à la Super Mammouth Ambassador of the Eldorado (20 Teraoctets de traffic quotidien, 10 000 adresses e-mail, 1 zillion de spams, 257 € / mois HT) »
J’en profite alors pour énoncer une autre sacro-sainte loi de la Vie : « quand tu veux économiser trois sous, quelques mois après, tu en perds dix ». C’est une loi valable pour les services, et pour la plupart des biens (mais pas les fers à repasser, et je ne pense pas, non plus, les ordinateurs portables).
D. I want to break free !
Je me suis dit « Mes cocos, il fera chaud avant que je ne vous renouvelle mon abonnement pour l’année 2007 ». Et j’ai cherché des solutions. Du genre
- je me crée un autre site chez un hébergeur gratuit qui accepte le SQL le PHP et les porcinets comme moi
- je transfère mon nom de domaine chez Gandi (qui administre déjà l’excellent thibierge.net)
- j’active une redirection vers mon site libre
- j’installe dotclear 1.2.5 sur ce site libre
- je sauvegarde ma base MySQL et la dumpe (ouais, je me la pète) sur ce nouveau site
Classieux, non ?
Eh ben ça marche pas 🙁
E. Nous n’avons pas les mêmes valeurs… et les vôtres sont les bonnes
Là, on commence à toucher à la quête philosophique. Si j’ai opté pour Dotclear comme plate-forme de blog, ce n’est pas par snobisme (« moi je triture du PHP au petit-déjeuner ») ni par radinerie (parce qu’à 5€ par mois, je pense que je peux me le payer), mais pour garder un contrôle total. Cela me permettait de sauvegarder régulièrement mes billets, voire l’architecture totale du blog, et le jour où je change de serveur, hop, je réinstalle tout là-bas, et l’internaute ne voit rien (ce qui est le but).
Las.
Depuis 11 mois, j’ai passé des heures à écrire des trucs en PHP, j’y comprends rien mais je m’accroche, je cannibalise des forums, je fais des copier-coller sauvages dans des lignes de code sans savoir ce que je fais (« mais c’est quoi un padding ? »), tout ça pour pouvoir être libre. Résultat : dès que je transporte mon blog ailleurs, a marche pas.
Par la malepeste.
Donc, vous avez tous raison, avec vos plate-formes de blog préformatées en ligne : moindre perte de temps, aucun souci technique, bref, vous êtes au coeur de l’objectif : bloguer.
Cette frustration, je l’éprouve aussi avec OpenOffice. Bon sang, j’y crois, au modèle d’une suite qui serait libre et gratuite pour tous, mais aussi complètement intégrée (UNE suite, pas PLUSIEURS logiciels rassemblés), et j’y ai consacré du temps sur les dernières années. Mais il y a des fois, j’ai envie de jeter l’éponge et de repasser tout sous Word, Excel et PowerPoint. (soyons francs : pour l’instant, je n’ai pas pu les quitter entièrement).
Et c’est aussi pourquoi j’hésite à passer à Linux (pourtant, une distribution qui s’appelle Ubuntu, ça ne promet que du bonheur…)
Ajoutez à cela que ça fait 15 jours que je n’ai plus de téléphone, et que je n’ai plus eu d’ADSL pendant 6 jours : hier soir, je me suis dit « basta, retour chez France Télécom, y en a marre ».
Marre d’une liberté trop cher payée, moi je veux juste que ça marche.
Google, la petite chaîne qui monte…
Dans un journal peu apprécié de Renaud, car trop bobo, je lisais une comparaison entre TF1 et M6. Et je me suis dit « c’est Microsoft face à Google ».
Certes, la comparaison est facile, mais pas tant que ça.
Microsoft-Apple, OK.
Microsoft-Linux, pourquoi pas.
Microsoft-Sun, là ça commence à chercher plus loin.
On y va donc ensemble, j’ai toute la nuit devant moi.
Puis est venu le petit, dans une niche : M6 a dit « je vais faire de la série TV, de la musique et des émissions pour ados ». Google a dit « je vais fait du moteur de recherche, qui recherche comme devrait chercher un moteur de recherche ».
Les gros étaient occupés à enfourner du cash-flow dans leurs granges, ils ont dit « Allez jouer, les petits », en se disant à part soi que ce n’était pas en se comportant comme un jeune rookie qu’on pouvait faire fortune.
Les années ont passé. Les petits ont commencé à engranger une première chose, qu’on a appelé l’audience. Et puis est venue une seconde chose, qu’on a appelé le business model. M6 a copié TF1 qui a copié M6 qui a copié TF1. Or, on le sait bien dans l’enseignement : quand deux élèves se copient mutuellement, même s’il y en avait un bon et un mauvais au début, ça fait baisser la qualité des deux copies à la fin.
Aujourd’hui, où en est-on ? M6 dispute à TF1 les matchs de football, les deux ont leurs séries TV américaines de grande audience, la télé-réalité avance désormais de façon moins évidente, et on a du pipol sur tous les plateaux. Par ailleurs, attrape-moi si tu peux, les deux chaines se sont développées dans la communication mobile. Certes, on est loin du succès des skyblogs, mais les émissions sont déclinées sur des sites web, des téléphones mobiles, il y a même des faux sites de fausse moquerie d’émissions (starhack) du genre « on sait bien rire de nous-mêmes, riez avec nous en appelant ce numéro surtaxé ».
Donc, en résumé : un petit qui arrive dans une niche, il a une audience, il se développe vers les marchés juteux du gros, chacun cherche des puces à l’autre, compétition frontale, même si les deux élargissent le champ de bataille, ils en sont toujours à la conquête de terrain.
Et puis il y a la comparaison Microsoft-Google. Une stratégie à la M6 aurait été de dire : nous allons développer un autre système d’exploitation, des logiciels concurrents, et à nous le terrain des PCs de bureau. Choc frontal, explication au sommet, beaucoup de pertes d’argent. Au lieu de cela, que voit-on apparaître ? Beaucoup de versions bêtas de services que Google propose. Désormais, on n’a plus besoin sur son disque dur que d’un mini système d’exploitation, et d’un navigateur internet. Les mails ? en ligne. Les rendez-vous ? en ligne. Les textes à rédiger ? en ligne. Les feuilles de tableur ? en ligne.
Je dois avouer que ce sont ces dernières applications qui me bluffent. Pouvoir rédiger directement des textes en ligne, les exporter dans tous les formats possibles (Microsoft, Open Document, PDF, HTML), ou travailler de manière collaborative sur une feuille de tableur à distance, cela signifie que la valeur s’est déplacée. Certes, ces applications en ligne ne contiennent peut-être que 20% des fonctions des logiciels correspondants (Microsoft Word ou OpenOffice Write, Microsoft Excel ou OpenOffice Calc), mais dans 90% des cas, on n’utilise que ces 20% de fonctions. Depuis MS Word 3.0 pour DOS (1986 ?), un texte peut être souligné, mis en italique ou en gras, et justifié à droite et à gauche. Que demande le peuple ?
On peut imaginer un avenir où les logiciels seront situés à deux niveaux :
- un niveau professionnel, pour production, abrité dans les entreprises : on achètera la licence d’un tableur pour pouvoir faire des feuilles consolidées de 65 000 lignes avec des macros en Basic. Mais seuls certains départements auront besoin de cette technicité.
- un niveau communautaire, où les applications en ligne serviront à traiter, gratuitement et rapidement, 90% des besoins bureautiques ou informatiques.
L’objection qui est faite habituellement porte sur la nécessité de garder les données confidentielles, ce qu’un site ne permet pas de faire. Cela prouve probablement que nous n’avons pas encore assez évolué pour nous mettre au niveau des inventions récentes (par analogie, je pense par exemple que nous n’avons pas encore intégré la manière d’utiliser correctement les voitures). Je veux dire par là : qu’est-ce qui est le plus facile, aller récupérer des informations confidentielles sur un site web, ou crocheter une boite aux lettres ou une serrure d’appartement ? Programmer un algorithme créateur de codes Cartes Bleues, ou pirater des conversations téléphoniques avec un petit matériel en vente libre ? L’insécurité est partout, elle est surtout dans les yeux de celui qui regarde.
Google semble continuer à aller dans la voie de la mutualisation des services : depuis mai 2006, la société met à la disposition publique un système de programmation (le Google Web Kit) qui permet de développer des applications « qui marchent dans un navigateur » (quel qu’il soit). Pour moi, c’est ça, le Web 2.0 : avant d’être un ensemble de sites communautaires où les internautes se ré-approprient l’information et sa gestion, c’est avant tout un ensemble d’applications auxquelles je peux accéder depuis mon navigateur, sans rien installer sur mon disque dur.
Le rêve ultime serait d’avoir un ordinateur sans système d’exploitation, celui-ci étant en ligne. C’est délirant, car pour se connecter à Internet, il faut un système d’exploitation. Et pourtant, certains y réfléchissent.
Microsoft proposait d’avoir un « bureau », avec Google, on me propose de ne plus rien avoir sur mon bureau. Tentant, non ?
Edit : sur le blog de Benoît Descary, mention d’une feuille de synthèse sur tous les services Google + des astuces de recherche. Une vraie petite boite à outils en 2 pages (auteur original : Eazy Rhymez).
Le VirtualCAC 40 au-dessus des 12 000 points
Cela a commencé par un article que j’ai vu dans l’Ordinateur Individuel (n° 185, juillet-août 2006, p. 62). Consacré au jeux en ligne, cet article parle des transactions qui ont lieu sur E-Bay pour acheter des personnages de jeux de rôle. L’idée est la suivante : vous voulez jouer à World of Warcraft, mais ça vous embête de passer 100 heures (soit 5 jours) devant l’ordinateur pour faire progresser votre personnage, qui a démarré comme tout le monde, c’est-à-dire débutant. Plutôt que de vous abîmer les yeux, vous décidez alors d’écorner votre porte-monnaie, et d’acheter cet avatar sur E-Bay, où il est vendu par des professionnels de la gonflette de personnages. Pour quelques centaines d’euros (ce n’est rien, rapporté au temps « économisé » !), vous voilà nanti d’un colosse résistant aux sorts, capable de faire le salto arrière, et dotée d’une hache d’abordage hachement abordable. L’Ordinateur Individuel (OI) mentionne par exemple un Paladin qui coûte 800 euros sur E-Bay, ça fait cher l’électron téléchargé, et ça rend rêveur.
Passons à plus difficile.
Vous pouvez aussi acheter des pièces d’or. Non, pas des vraies, des virtuelles. Et à quoi ça sert, me demanderez-vous ? Ben voyons, à acheter une nuisette à votre Paladin, un casque lourd pour votre elfe ou une carriole 4 chevaux pour transbahuter votre princesse magicienne. La cotation change tous les jours, mais en juillet-août, et toujours d’après l’OI, 1 000 pièces d’or pour le jeu World of Warcraft (WoW) coûtent 146,32 euros sur E-Bay. Certes, ça ne vous servira que dans le jeu, mais franchement, une pièce d’or à 15 centimes d’euro, c’est donné. Vous avez tout de suite vu l’inconvénient majeur de ce type de transaction, car vous êtes diablement subtil(e)s : eh oui, c’est que le cours de l’or fluctue ! Par exemple, à l’heure tardive où je vous parle, 1 000 pièces d’or se vendent à moins de 49 €, ça fait 5 centimes la pièce, ou encore, -66% depuis août ! Bon sang, mieux vaut jouer en Bourse, on s’évite des coups de sang comme celui-là… Pour ceux que ça intéresse néanmoins, la bourse aux pièces d’or est par exemple là .
De plous en plous difficile.
Sur le Blog de Nicolas Guyon, j’apprends que dans le jeu Second Life, on peut acheter des terrains (virtuels) avec des dollars (réels). Et Nicolas de jouer le candide : cela vaut-il la peine d’acheter maintenant ? Les prix vont-ils monter ? Ma réponse : Nico, si tu penses que le RER virtuel va arriver pas loin de ton terrain virtuel, achète à mort, truste tout le quartier, et tu feras 10 fois la culbute (= tu auras 10 fois plus d’électrons).
De plous en plous débile.
Avant, quand on achetait un jeu vidéo de course de voitures, on avait les parcours, les voitures, il suffisait d’acheter une manette de jeu, et encore, ceux qui ont connu l’époque de la disquette souple de 5″1/4 faisaient tout au clavier, car à l’époque, on était des Hommes. Aujourd’hui, quand vous achetez un jeu vidéo de course de voitures (merci à Totalement Crétins pour le lien), vous avez juste quelques parcours défoncés, quelques épaves à faire rouler, et le reste, c’est en sus : achetez la voiture de vos rêves, payez vous le circuit de Monza ou d’Indianapolis, tant que vous avez de l’argent, vous pouvez vous faire plaisir. J’adore le passage sur la sortie de voitures (virtuelles) en série limitée.
Imaginez donc : ça va être le paradis de la contrefaçon. Là où seuls les gogos auront payé 2 euros pour une Ferrari Testarossa, les petits malins achèteront pour 0,20 euros une carosserie de Ferrari virtuelle montée sur un chassis virtuel de 2 CV virtuelle. Des hommes politiques virtuels qui habiteront dans le centre d’une ville virtuelle (les salauds ! ils savaient pour le RER !) essaieront de légiférer sur la contrefaçon, tandis que les contre-facteurs (une élite de la Poste) bricoleront à toute vitesse des Présidents de la République clonés, et tout cela passera à la télé virtuelle. J’en frémis d’impatience, ça nous changera…
Blogana – Filoguer
Ce n’est pas vraiment une batana, mais assurément, elle peut appartenir à la catégorie « blogueurs ».
Filoguer : v.t. Le fait de faire quelque chose nous fait penser qu’on devrait faire autre chose. Par exemple, quand on écrit un billet de blog, on pense à deux ou trois autres billets à écrire. Quant on fait une liste de courses, on pense qu’il faut étendre la lessive. Quand on se mêle de faire la cuisine, il faut d’abord ranger le lave-vaisselle.
Filogage : n. Situation où, pour faire une chose, il faut d’abord en faire une autre, qui renvoie à une autre chose à faire en amont.
Exemple 1 : faire la cuisine. Oui, mais pour ça, il faut d’abord nettoyer le plan de travail et mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle. Oui, mais pour ça, il faut d’abord vider le lave-vaisselle… Et ce n’est pas que dans la sphère privée : une journée de travail est remplie de filogages. Le pire : penser plusieurs fois à la même tâche, et re-filoguer à chaque fois dans sa tête (ah oui, mais je me souviens que pour faire ça, je devais d’abord faire ça, ce qui m’amenait à devoir faire ça… Allez on verra plus tard. En d’autres termes, on se crée les conditions d’un prochain filogage sur cette même tâche).
E-mail à l’endroit, e-mail à l’envers…
Je suis toujours en over-danaïdes (c’était une batana avant l’heure), mais il y a une différence majeure : j’ai arrêté de me mettre en apnée angoissée, je respire régulièrement, et le monde continue à fonctionner (y compris, et surtout, Babylone).
Je viens de formuler la règle n°17 sur l’e-mail :
- Tout mail auquel on n’a pas répondu, celui qui reste dans la boite en attente, est un débit.
- Tout mail auquel on a répondu, ce qui consiste finalement à renvoyer la balle dans le camp de l’adversaire, est un crédit.
- Les créanciers (ceux à qui je dois des mails) sont impatients, et me relancent régulièrement.
- Les débiteurs (ceux à qui j’ai répondu) sont le plus souvent silencieux pendant des semaines ou des mois.
Le corollaire de tout cela, c’est encore une fois la valeur temps : répondez dans la minute à un mail, personne ne vous en rendra grâce. Laissez le mail pourrir, répondez après 2 mois, vous serez abondamment remercié. Les intérêts se capitalisent avec le temps, c’est bien connu.
Over-danaïdes
L’heure est aux néologismes. Entre chien et loup, dans un lieu improbable, Vanessa m’a avoué que Robert prônait le terme « Fondamentaux » comme substantif (« cette maison a des bons fondamentaux », « les fondamentaux de cette société se sont dégradés »). J’ai déjà dit, en évoquant ce couple maudit, pacsé contre nature, que tout cela c’est de la paresse : là où Vanessa défend la langue française, Robert, tel le Caterpillar moyen, va au plus simple. La vie humaine moderne est faite de telle manière que Robert, têtu et bas du front, gagnera toujours. Pourtant, au détour d’une pensée, me vient le terme « fondement ». N’est-ce pas plus poétique de dire « cette maison à de beaux fondements » ? Cela me rappelle un inspecteur irlandais, dans un roman noir américain des années 50, qui rencontre une jeune créature comme on n’en fait plus (90-60-90, blonde et fraiche) et qui dit « Vingt dieux, la belle église ! »
Comme quoi, entre architecture et harmonie voluptueuse, il y a des connivences. Sans parler de la quête spirituelle. Et cela a tout de même plus de gueule que « cette jeune fille a de bons fondamentaux », on aurait l’impression d’un expert-comptable qui drague.
Mon propos d’aujourd’hui n’est pas de résoudre la querelle sémiologique entre Vanessa et Robert, mais de souligner que l’on a le droit de créer de nouveaux mots, pour peu qu’ils sonnent bien. Il y a deux ouvrages qui me plaisent, et qui vont dans ce sens : Le Mokimanké et Le Baleinié (tome 1 et 2).
Je m’y essaie donc aujourd’hui, car il y a urgence.
Je suis littéralement assailli. Ma boite mail reçoit 40 mails par jour. Je m’absente pour faire 7h de cours, paf, 40 mails. Je rentre chez moi le soir, et dans la boite aux lettres physique, paf, 10 lettres. A la fin de la semaine, il y a 50 lettres sur la table du salon, et 200 mails dans ma boite mail. Je recherche donc le terme approprié pour décrire cette situation, qui pourrait se décrire par « plus que tu en expédies, plus qu’y en a qui arrive ». Un brainstorming rapide me donne comme images :
- l’hydre de Lerne, dont chacune des multiples têtes repousse dès qu’on la coupe
- le tonneau des Danaïdes, châtiment sysiphien
- Gaston Lagaffe qui, ayant mis en marche la photocopieuse moderne, se retrouve expulsé par un flot de feuilles, et qui crawle pour remonter le courant
- les cadres stressés qui sont en overburn [edit: burn-out], c’est-à-dire tellement fatigués qu’ils ne peuvent plus récupérer en une nuit de sommeil, il leur faut au moins une semaine de vacances. Le problème est qu’au retour des vacances, ils auront 5 445 mails et 741 post-its qui les attendent, sans parler du Blackberry qui leur grelotte dans la culotte et du portable qui joue à plein volume « La marche turque » toutes les 10 minutes.
Je propose donc le terme over-danaïdes. Depuis plusieurs semaines, je suis en over-danaïdes, ça dégueule de partout, mon bureau ressemble à un mélange de Beyrouth Ouest en 1990 et de la Bibliothèque de Babel, façon Borges.
Mais je m’attaque au problème, plutôt que de vagir. Là où le tâchon de bâse essaierait de réduire le flot (« je remplis plus vite le tonneau sans fond, on sait jamais, des fois qu’il se bouche »), moi j’attaque à la source : je cherche le substantif qui va bien. Car circonscrire le phénomène, c’est l’enfermer, voire l’annuler.
J’aime bien « je suis en over-danaïdes », mais si quelqu’un a mieux, je suis preneur… (ceci est un appel au peuple).
Semaine très informatique
Bon, je ne suis point couché, et je fais le point sur cette semaine, riche en enseignements et progressions informatiques : (non, je ne suis pas encore passé à Ubuntu Linux)
- J’ai travaillé sur un projet de T shirt avec logo pour ESCP-EAP Running (Rappel : semi-marathon de Paris ce dimanche, marathon de Paris le 9 avril)
- Après contact avec un imprimeur de T shirts, il a fallu
retravaillerredessiner le logo (dispo sur le blog d’ESCP-EAP Running) pour le mettre en bichromie, au lieu de quadrichromie - L’imprimeur me dit « il me faudrait un logo au format vectoriel ». Je lui dis « Pas de problème, OpenOffice a un module de dessin vectoriel. Le gars me dit « Euh, moi, il me faudrait un fichier que je puisse lire sous Adobe Illustrator, c’est-à-dire soit .AI, soit .EPS »
- C’est l’horreur, parce que je ne fonctionne quasiment qu’avec des logiciels libres, et là, le gars me demande un format propriétaire (AI), non documenté par Adobe, en clair : je n’ai aucun utilitaire pour lui fournir son format. Un peu comme si un opérateur de téléphone me disait « OK, je veux bien vous abonner, mais il faut que vous construisiez vous-même le téléphone portable qui va pouvoir capter mon réseau, et évidemment, je ne peux pas vous donner la nomenclature technique du portable, car c’est propriétaire ».
- Je télécharge donc Inkscape, une des références des logiciels libres de dessin vectoriel, et je me paluche de redessiner tout cela. Evidemment, Inkscape ne sauvegarde pas au format AI, mais heureusement, au format EPS. Optimiste que je suis, je sauvegarde aussi au format SVG, le standard du dessin vectoriel, libre, documenté, bref, du vrai bon travail informatique. Et donc, comme de bien entendu, ça ne servira à rien.
- Envoi par coursier depuis la boite d’un ami entrepreneur et jogger vendredi à 17h30, et aujourd’hui à 15h, le gars n’avait toujours rien reçu. A 18h, ça y est, il a le colis. Il ne peut pas lire les formats. Super. Il me conseille au téléphone de lui envoyer un mail avec les fichiers AI ou EPS. Je passe 3/4h sur Internet pour trouver le fichier ps2ai.ps qui marche avec gsview, lui-même nécessitant une ligne de commande sous DOS (toute ma jeunesse…)
- Finalement, je prends mon baton de pélerin, ma clé USB, et je file à sa boutique. 1 heure de plus, mais voilà, j’ai les T shirts.
- Je les montre aux joggers ce soir, et je demande à mon entrepreneur chéri de les prendre en photo avec son téléphone-portable-appareil-numérique. Puis après, comme c’est simple, il suffira qu’il les transfère sur son Macintosh avec la fonction Bluetooth, et je les récupérerai sur ma clé USB. 20 minutes, et un résultat, à la fin, que même l’échographie de mon fils elle était plus précise. Tout ça pour ça, comme dit Gérard Darmon dans le film éponyme.
- Donc je me rentre, je pose le T shirt sur le sol, et je le prends en photo numérique.
- Rédaction d’un mail collectif à tous les coureurs, envoi des photos en fichiers attachés (2,98 mégas), allez, il est déjà 01h45.
- A 2h01, mail d’un des responsables d’ESCP-EAP running (il devait rentrer d’un entraînement…) : il me dit « ce serait bien que tu prennes des photos du T shirt et que tu les joignes à ton message ». Réponse de ma part à 2h03 : « elles étaient jointes au mail ».
- A 2h08, mail de mon entrepreneur préféré : il a pris en photo numérique son propre T shirt et m’envoie les fichiers (3,44 mégas).
- J’attends avec impatience les mails des autres coureurs (3h43 ? 6h07 ? 19h22 ?)
- ça part d’une idée conne (« je voudrais que les messages récents soient affichés »), ça continue par le forum de Dotclear, et j’apprends au final que tout cela, c’est une question de programmation PHP.
- Et hop, téléchargement par FTP des fichiers concernés,
- Téléchargement de Arachnophilia, éditeur gratuit de PHP,
- Modifications du code des deux ou trois fichiers PHP qui vont bien, re-téléchargement par FTP, test sur le blog, retour à la case départ
- Finalement, j’ai mes messages récents, j’ai récupéré des infos sur comment avoir trois colonnes dans son blog, j’ai amélioré les tags, pfou, je m’attaquerai à la bannière une autre fois, là, je vais me coucher.
Deux étudiantes m’ont rendu un cas, non pas avec le sempiternel PowerPoint, mais avec Impress d’OpenOffice. Je décide donc, en live, de montrer cette présentation. Et j’en profite pour faire un petit laïus sur les différences entre Microsoft Office et OpenOffice : 1. OpenOffice est compatible à 99,9% avec MS Office ; 2. OpenOffice est gratuit (combien d’entre vous ont des copies pirates de MS Office ?) ; 3. OpenOffice peut fonctionner depuis une clé USB (bonne chance pour faire la même chose avec MS Office)(en fait, c’est une déclinaison d’OOo, portableopenoffice, nantie des fichiers francisés qui vont bien), ce qui veut dire, plus de problèmes d’installation sur un ordinateur temporaire, plus de problèmes de droits d’accès, la liberté itinérante.
Bon, il y aurait une manière moins Marketing de le dire, mais j’ai pu envoyer les données de mon Cardio-Fréquencemètre (CFM) sur le site Internet du constructeur, ce qui me permet, par exemple, de comparer dimanche dernier (13 km, 11 km/h) à ma performance d’aujourd’hui (??,??) où j’ai craché ce qui me restait de poumons.
J’ai quand même mis 1/2h à rester bêtement, avec mon CFM qui faisait Grichchggrriiiiichhchhgggr… face au microphone branché sur l’ordinateur, tandis qu’un con de site Internet me disait « No signal ».
Enfin, un ami est venu m’aider, en disant « c’est pas possible qu’un ordinateur aussi bô n’ait pas un micro intégré ! »
(Moi : ) « Euh, ah, ouais ? »
(Lui : ) « Tiens, là, c’est quoi ce trou ? »
(Moi : ) « Euh, je sais pas, peut-être un truc pour aérer les circuits ?.. »
(Lui : ) « Fous-z-y ton CFM devant, et recommence… »
Grichchggrriiiiichhchhgggr…
« Signal detected, we have the data, you are a poor jogger »
En conclusion, je cite Feu mon oncle Yves : « l’informatique, c’est passer deux heures pour en gagner une ».
J’ai froid, je vais me pieuter.
De la microseconde à l’année
Quand on publie un article de blog, on peut le faire référencer (je crois qu’on dit pinguer, mais je ne sais pas si ça s’utilise à la voie active ou passive. Les Monty Python ont même une machine qui fait Ping), et en quelques secondes, Technorati l’a référencé, hop, on existe sur la Toile. En revanche, il y a des mises à jour qui prennent plus de temps. Aussi, certaines rubriques sont déjà du passé. Il convient de connaître le décalage temporel de ces pages, pour éviter des bévues. Voici quelques durées moyennes :
- les liens d’une page Internet professionnelle datent en moyenne de 6 mois ;
- les liens d’une page Internet personnelle datent en moyenne de la date de création de la page + 3 semaines ;
- la photo en ligne d’une personne date en moyenne d’il y a 6 ans (écart-type de 2 ans), ce qui n’est guère pratique. On devrait disposer d’un vieillisseur de photos en ligne, ce qui éviterait de chercher un homme de 40 ans au cheveux aile-de-corbeau, alors qu’il s’agit d’un vieillard égrotant au cheveu plus sel que poivre.
- le CV en ligne d’une personne a au moins deux ans de retard ; évidemment, la liste des publications d’un chercheur peut retarder de 2 ans ;
- la page d’un salon ou d’un congrès propose toujours de s’inscrire alors que le congrès est terminé (ex : Solutions Linux 2006 affiche le 7 février « La prochaine édition de Solutions Linux : 31 janvier, 1er et 2 février 2006« ).
- les locations de vacances sont encore libres dans le monde cyber, mais sont blindées depuis 3 mois dans le monde réel.
Mais il y a des satisfactions : Ibrahim Ferrer est encore vivant…
Papa, ça veut dire quoi "GPL" ?
En plein dîner, ce soir, mon fils (6 ans il y a une semaine) m’intercepte avec cette question technique : « Papa, ça veut dire quoi, ‘GPL’ ? »
Dans la narcose post-prandiale, je tente désespérément de rassembler les fibres de ma connaissance :
– Euh, ça veut dire, euh, Gaz Pétrole Liquéfié, c’est quelque chose qu’on met dans les voitures à la place de
– Mais non, papa, y a un Gnou et un pingouin, et il y a marqué GPL !
Mon fils. Mon vrai fils génétique.
– (le papa, tout-à-coup réveillé) Cela veut dire General Public License ! Et le Gnou est l’acronyme récursif de Gnu’s Not Unix ! Et le pingouin est le symbole de Linux !
Puis le père, dans un délire inspiré de la mère de Romain Gary dans La promesse de l’aube, dit « Tu seras informaticien, mon fils, le plus grand, tu seras un homme de logiciels libres ! »
Allez, on va se brosser les dents…
Mes contributions passent sous licence Touchatougiciel (anythingware)
(Billet rédigé le 20 janvier sur ma version alpha de blog sous blogspot, puis migré ici)
Depuis 1995, je contribue à Internet, en mettant en ligne des textes (lexique), données, feuilles de tableur, des cas ou exercices, graphiques, etc. Le credo, à l’époque, était : Internet vous permet de récupérer gratuitement des données/produits que les autres ont mis en ligne, aussi, si vous récupérez quoi que ce soit, vous avez le devoir moral de poster aussi des choses utiles aux autres. (ce qui est souvent évoqué, dans d’autres contextes, par don’t be a leecher, ne soyez pas une sangsue / un parasite). C’est ce qui m’a conduit, dès 2000, à poster des supports de cours, des graphiques et des feuilles de tableur concernant la finance : je voulais participer à cet effort de partage des connaissances (une sorte de Wikipedia avant l’heure). Le problème est de fixer la license sous laquelle mes contributions peuvent être utilisées. Jusqu’à plus ample informé, je suis partisan de conserver le copyright, et de mettre mes contributions en utilisation libre. Mais certains utilisateurs satisfaits m’ont contacté pour savoir s’ils pouvaient me faire un don / m’encourager. Or, dans le milieu des développeurs informatiques (c’est une analogie, je me considère peu comme un développeur), il existe différents systèmes :
- le gratuiciel (freeware), programme qu’on peut utiliser sans rien donner à l’auteur ;
- le partagiciel (shareware), programme que l’on peut utiliser pendant un temps limité, ou avec des fonctionnalités limitées, avant de décider de payer l’auteur. Quand on paie l’auteur (i.e. quand on achète le logiciel), celui-ci envoie une clé pour « débloquer » le logiciel. C’est le principe « essayez d’abord, et si vous êtes satisfait, payez-moi après » ;
- le x-giciel (x-ware), programme qui utilise un autre mode de rémunération comme par exemple le cardware (si on est satisfait, envoyer une carte postale à l’auteur du logiciel), le beerware (si on est satisfait, envoyer une bière à l’auteur du logiciel – pourquoi pas une bière opensource 😉 ), etc. La liste des x-ware est infinie, car elle a pour seule limite l’imagination du demandeur (une liste de référence peut-être trouvée là). Notez que la plupart du temps, le x-ware permet d’utiliser le logiciel gratuitement (pas de blocage ou de limitation des fonctionnalités).
- le touchatougiciel (anythingware), terme que je forge pour l’occasion : si vous êtes satisfait(e) d’une de mes contributions, envoyez-moi ce que vous voulez : un petit mot, une carte postale, une bière, un jambon cru, une pensée, un chèque, un livre, une clé usb, un cheveu, un pot de miel, une bouteille de Mercurey, une photo, etc. Rappelez-vous néanmoins : le but est de me faire plaisir, avant de vous faire plaisir. Donc n’envoyez pas de petit chat, de petit chien, de petit putois, et en cas de doute, consultez-moi.
Voilà, mes contributions (soyons clair : celles qui sont téléchargeables depuis un de mes sites, la racine étant à www.thibierge.net) sont désormais sous license touchatougiciel / anythingware. Si jamais je reçois quelque chose, je mettrai peut-être en ligne une liste de souhaits (certains le font sur le site d’Amazon…)




