Category Archives: Informatique et Internet

Entrepreneuriat et Web : l’événement avait lieu ce soir

Ce soir, à l’école où j’officie, un groupe de sympathiques internautes, face-boucs à leurs heures, et liés par les liens du sang virtuel de ceux qui ont :

  • rêvé de créer une entreprise
  • créé une entreprise
  • connu un gars qui a rêvé de créer une entreprise
  • prêté de l’argent à un gars qui un jour peut-être créera une entreprise

a organisé un happening mondain à la mode 2.0, la soirée French Internet.

Je suis french, Internet c’est moi, donc j’y étais.

C’était très bien.

Organisé à la web 2.0 (micros volants, t-shirts vpod.tv, liste d’invités classée par ordre d’inscription et non par ordre alphabétique, c’est rien, Technorati retrouvera ses petits), cela a tourné autour d’un film extrêmement bien fait de Benjamin Rassat (bande annonce ici) (j’ai enfin pu voir la tête d’Edouard Tétreau, l’analyste financier iconoclaste), puis d’un débat avec des vraies bonnes réponses à plusieurs bonnes questions, et enfin, des bières en veux-tu en voilà dans un rade en sous-sol.
Pour ceux que cela intéresse, dont moi, Benjamin Rassat met en ligne, sur vpod.tv, la suite, 7 ans après la Bulle… sous forme d’interviews.

Actuellement, ma vie tourne à l’entrepreneuriat. Vendredi et samedi dernier, à Turin, j’évangélisais des MBAs sur le business-plan vu du côté financier, la semaine d’avant, je présentais mon idée de startöp à des amis, aujourd’hui, je voyais des connexions avec l’idée d’un étudiant, ça bouillonne, ça converge, c’est bien.

Nouvelle inflexion dans ma vie ? Boh, l’environnement est liquide, comme dit l’autre, et il y a ceux qui savent marcher sur l’eau… (une lecture que je recommande depuis des années à tout le monde).

Je ne suis plus un FaceBouc

J’ai été invité il y a quelques semaines (mois ?) par un ami, alors je me suis inscrit sur FaceBook. J’ai testé ce service pendant quelques semaines, et hier soir, hop, j’ai désactivé mon compte.
En susbtance :

  • sous couvert de réseau communautaire, ce truc est une application d’un mauvais cours de marketing : si tes clients sont des gogos, tu leurs créeras des besoins là où ils n’en avaient pas précédemment. Si tes clients ont du temps à perdre, tu vas les satisfaire dans ce besoin.
  • je suis mal à l’aise avec la collecte des données personnelles qui est faite, et son utilisation par la suite.
  • je ne comprends pas comment une personne peut avoir 327 amis sur FaceBook. Le terme ami est évidemment galvaudé, et je préférerais, comme sous LinkedIn, le vocable de « Connexion ». Cela conduit à des comportements d’accumulation qui contiennent leur propre limite. Je vais enfoncer une porte ouverte : ce qui fait la valeur de mon réseau personnel, ce n’est pas le nombre de mes contacts, mais la qualité de ces contacts. Par exemple, je comprends parfaitement Tristan Nitot quand il annonce qu’il ne va plus utiliser sa messagerie FaceBook, mais je ne comprends pas (bis) quand il dit « Cela ne vous empêche pas de vous déclarer mes amis ». Qu’obtient-il ? (je m’interroge sincèrement, le garçon a l’air intelligent et de bon sens).
  • Plus rien n’a de valeur, le temps moins que toute chose. On passe du temps à apprendre des choses peu intéressantes sur nos « amis » (Untel s’est fait maraver la tête par un vampire de Classe 3, et il a perdu son statut d’Egorgeur ; tel autre dit qu’il va se coucher ; tel autre a toiletté son hamster virtuel).
  • Les rares événements intéressants auxquels on peut s’inscrire ne sont pas spécifiques au système FaceBook, ce réseau ne sert ici que de medium. Et je ne comprends pas (ter) la valeur psychologique d’une action telle qu’adhérer au groupe « je suis contre les fonctionnaires » ou « je ne dis jamais ‘des fois, je vais au coiffeur' ». Je vois bien qu’il s’agit d’un affichage social, mais il me semble 10 000 fois plus passif que celui de rédiger un billet de blog.
  • En revanche, je comprends très bien, de l’autre côté du miroir, ceux qui tiennent les données de FaceBook. Ils ont en effet une base de données très fouillée, où ils peuvent croiser les informations volontairement données par les utilisateurs (on va les appeler Les FaceBoucs). Qui sait, peut-être qu’en prenant les FaceBoucs qui ont adhéré à « je ne dis jamais ‘des fois, je vais au coiffeur' » et ceux qui ont adhéré à « Je suis total web 2.0 », on peut cibler une campagne de marketing sur le dernier livre électronique de BHL ? (qui est tellement bien écrit, il vaut son pesant d’or…)

Je pense qu’il y a des réflexions passionnantes qui se développent sur la notion d’identité numérique (comment suis-je identifié sur Internet, quelle est mon image, et puis-je influer sur celle-ci ?), et pour moi, les réseaux sociaux ont une utilité. Mais j’attends toujours le bon réseau.

Ta mère est une catin

Dans les docs informatiques, il y a quantité de blabla. Notamment, l’accord de license, la fameuse fenêtre qu’on voit apparaître à l’installation d’un logiciel, on passe allègrement, allez, j’accepte, c’est fait. Mais de temps en temps, dans une documentation vaste et fournie, il y a un petit truc qu’on aurait dû lire. C’est souvent dans le Guide de Démarrage Rapide, mais quand on est un impatient comme moi (et comme vous, n’ergotez pas), on se lance dans l’installation comme un conquistador avide de sang frais.
Donc, il faudrait un rappel, un truc sauvage, qui frappe les esprits. Je propose un texte en rouge, sur la première page : « ta mère est une catin » ou « tu vas mourir dans d’atroces souffrances »… « si tu ne lis pas le texte qui suit ».
Et juste après se trouverait le nécessaire de survie, du genre « il faut installer les pilotes du lecteur AVANT de le brancher à l’ordinateur, sinon, tout sera caca (et ta mère sera une catin) ».
Je préconise que dans chaque société d’informatique, on embauche un ergonome comme moi, exactement comme moi, un utilisateur lambda avec idées géniales (et peu coûteuses).
Sinon, ta mère sera une catin.

L’informatique est mon Prozac

Quand je branche un appareil informatique, c’est toujours la roulette russe : marchera, marchera pas ? Ce que, à la grande époque de Windows 95, on appelait le Plug and Pray. Ce qui est plus inquiétant, c’est le résultat de cette quête. Quand ça ne marche pas, ça me déprime profondément, j’ai envie de tout foutre en l’air. Mais encore pire : quand ça marche, je reprends un coup d’optimisme, ma journée s’éclaire. Là par exemple, je viens de brancher une imprimante multifonctions (Canon MP 160, 70 €), et après 1h (quand même…) d’installation laborieuse (et encore, je n’ai utilisé que le manuel « quick start »), j’ai essayé de faire une photocopie en noir et blanc : ça marche ! En couleur : ça marche !
L’extase, je plane. Bien meilleur qu’un shoot de St Estèphe 1996. (quoique, étant donné que je suis en train d’en boire, je ne reconnais plus les effets spécifiques de chaque drogue, c’est ça de mélanger les médicaments).
Si ça n’avait pas marché, j’aurais été déprimé, et j’aurais pondu un thibillet du genre « Quelle misère, nous avons besoin qu’un truc marche – ce qui est la moindre des choses – pour notre sécurité affective ! ». Comme ça a marché (mais angoisse : je n’ai pas testé le scanner…), je me contente d’un thibillet amusé « je ne pensais pas qu’un jour, ma journée s’illuminerait parce qu’un truc que j’ai payé a fonctionné comme il était censé fonctionner ».
C’est peut-être parce qu’il a 2 Gode mémoire.

(ce billet est le 512ème, comme les 512K de RAM qu’on avait autrefois pour faire tourner toutes nos petites applis, nostalgie (?) de cet âge d’or où tout marchait, et où l’on savait que la seule source d’erreur était entre le clavier et la chaise…)

Connor Macleod

C’est paradoxal, pour un gars qui parle – virtuellement, certes – de passer à Linux Ubuntu : ce thibillet de rentrée est rédigé sur mon nouveau portable qui tourne sous… MacOS X. J’ai craqué, j’en avais marre de rajouter des couches de logiciels à mon PC, de passer des heures sur les forums, je viens d’opter pour le tout en un : un ordi portable MacBook avec graveur de DVD, et tous les logiciels installés. Reste à tester à l’usage, mais bon, déjà c’est beau et transparent et lumineux, on dirait Linux Ubuntu…

Le jour où la Terre s’arrêtera

Je suis à mon bureau, et notre réseau vient de se mettre en drapeau. Ce n’est pas grave, cela arrive très rarement. Je me dis que je vais en profiter pour faire une liste de Tout Doux.

Premier constat :

sur les 10 tâches que j’ai listées pour l’instant, 4 ne peuvent être effectuées tant qu’Internet ne marche pas.

Deuxième constat :

Si j’étais adepte d’une messagerie en ligne pour gérer mes multiples adresses mail, par exemple Gmail, je n’y aurais pas accès, et 2-3 tâches de plus seraient impossibles. Ainsi, si je n’avais pas Mozilla Thunderbird et si je n’avais pas activé la fonction « télécharger automatiquement tous les messages de telle sorte que je puisse les consulter hors ligne », je n’aurais pas accès à mes mails passés.

Première idée :

Entre 4 et 7 tâches sur 10 impossibles à traiter quand je n’ai pas accès à Internet (et je ne dois pas être seul avec cette statistique), cela signifie une grande dépendance de mon mode de travail / mode de pensée à Internet… et une grande vulnérabilité à une rupture des moyens d’accès à l’information. Une nouvelle forme de terrorisme, ou de revendication sociale, pourrait être de couper les autoroutes de l’information, plutôt que de bloquer des trains.

Deuxième idée :

On constate de plus une délocalisation de notre travail vers le « tout en ligne ». Je l’avais évoqué, et cela a ses avantages : je ne suis plus prisonnier d’un ordinateur fixe, dont le disque dur est le seul endroit où se trouvent mes fichiers et mes liens, je suis devenu mobile.
Un des exemples les plus frappants (et addictifs) est Netvibes, ou ses concurrents : une page personnalisée avec des textes rédigés, des liens enregistrés, des flux RSS vers des sites et toutes mes boites de messagerie. En d’autres termes, je n’ai plus jamais à faire le tour de mes messageries externes (Yahoo Mail, GoogleMail aka gmail), je suis prévenu en direct de l’arrivée d’un nouveau message dans telle boite, libre à moi alors d’aller ouvrir la messagerie, ou de laisser courir (le sujet du message s’affiche, c’est bien…). Idem pour les blogs et les sites d’actualité. A tel point que Netvibes est devenu ma page d’accueil (Home) de navigateur.
Voilà donc pour le côté positif : tous mes liens et connexions à l’actualité sont sous Netvibes. L’inconvénient, que j’ai déjà vécu, est quand Netvibes a été en travaux (ou plantage, je ne sais plus) pendant quelques heures d’une de mes journées de travail. Ce n’était pas ma connexion Internet qui était plantée, juste un site, mais quel site… J’ai décidé ce jour-là de me faire une réplique de ma page Netvibes chez un de ses concurrents (I Google ou PageFlakes), en utilisant un export de Netvibes, pour diversifier mon risque.
Sans jouer les Cassandre : et si un jour, GoogleMail (gmail) est en carafe, combien d’entre nous cela va-t-il affecter ?
Pouvons-nous encore travailler / fonctionner socialement* sans Internet ?

* Ex : combien de fois par semaine cherchez-vous le numéro de téléphone d’un particulier / un restau / une entreprise ? Cela vous gênerait-il de ne plus avoir un accès Internet aux Pages Jaunes / Blanches ?

PS : ma coupure de réseau a duré, au plus, 10 minutes. A peine moins que le temps de rédiger ce thibillet 😉

Pour Yves

Cher Yves, suite à mon thibillet Internet scuplteur de société, vous énonçtes votre désir de trouver Hellzapoppin. S’ensuivit un échange de commentaires qui culmina au moment où vous me déclartes votre admiration, et me propostes une bouteille de Côte de Nuits. J’aime bien qu’on m’aime, et j’adore le Côte de Nuits. J’ai donc oeuvré pour vous, dans l’ombre de ce samedi après-midi ensoleillé, et en 3,29 mn (merci Google), j’ai trouvé que la VHS de vos rêves se vend d’occasion sur le site américain (personne n’est parfait) d’Amazon. Le lien est ici. Il faut parler un minimum l’anglais, être prêt à débourser 44 $ plus expédition plus côte de nuits, et avoir une carte bleue. Toute passion a un prix. Je reste à votre disposition pour ce que vous savez. (à vous de trouver mon adresse mail).
edit : la cassette est bien mentionnée au format VHS, mais le film est estampillé NTSC (la norme de télé américaine). Renseignez-vous : je subodore qu’une cassette VHS est lisible partout dans le monde, mais je ne suis pas aussi compétent que Berlusconi…
edit 2 : c’est complètement trouant, il est aussi sur Ebay, en DVD zone 2, à 13 euros (+ expédition + côte de nuits). Lien ici.

Internet, sculpteur de société

Je ne vais pas faire un thibillet de fond, embrassant les perspectives et les âges. Je l’avais en tête, mais il est tard.
Je voulais juste parler du marché de l’occasion.
Avant Internet, comment faisait-on ? Quand on avait des livres en trop, des mixers en trop, des lecteurs ZIP en trop, qu’en faisait-on ?

  • On les donnait ? Non, qui voudrait d’un lecteur ZIP…
  • On les vendait ? Oui, mais ça veut dire : s’inscrire à une brocante, payer les 2 mètres linéaires, installer le stand dans le petit matin froid, gérer les embrouilles (PV sur la voiture, client pas content, problème de monnaie…) – vous pouvez sentir le gars qui l’a fait au moins une fois dans sa vie…
  • On les jetait ? Oui, mais mauvaise conscience : je jette un truc qui marche, et qui va polluer les nappes phréatiques (ta mère)

Depuis Internet : je reste le cul sur ma chaise, et je mets en vente sur eBay, ou PriceMinister. Accessoirement, j’achète aussi sur ces sites. Pour les achats, c’est génial : ça tombe directement dans ma boite aux lettres. Pour les ventes, c’est un peu plus galère : il faut aller à la poste pour envoyer son colis. Mais avec un peu d’organisation (lchons le mot : de productivité), on y arrive raisonnablement bien…

Bilan :

  • c’est un véritable marché de l’occasion qui se met en place. Avant, quand je voulais acheter d’occasion, je n’avais que les bouquinistes, les dépôts-vente, les brocantes. J’étais limité géographiquement. Maintenant, ma brocante, c’est la France entière (et même, les pays limitrophes participent aussi à ce système). Autant j’avais peu de chance de trouver une BD de Valérian en Ile de France, autant je tape sur Price Minister, et 30 BDs tombent. Après, peu me chaut que le vendeur soit à Albi : en 3 jours, la BD est dans ma boite aux lettres…
  • Il y a un côté « machine à remonter le temps ». Je vais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. J’ai été élevé par mes grands parents. Mon premier souvenir de cinéma est lié au film que mon grand-père m’a emmené voir, à Auteuil Bon Cinéma (ça ne s’invente pas), et c’était « Le fantôme de Barbe noire ». Certes, ça ne s’invente pas non plus, c’était un film Disney avec des vrais acteurs, du genre (pour ceux de ma génération ou d’avant) « L’espion aux pattes de velours ». Bref, je vous parlerai une autre fois du fantôme de Barbe-noire, avec sa grande scène mythique, celle qui a résumé tout le cinéma à jamais pour moi. Mon propos est le suivant : ce film date des années 1975. Impossible de le retrouver en DVD à la Fnac. Mais je voulais avoir à nouveau cette scène mythique. Eh bien la solution était simple : Priceminister, mot clé « fantôme de barbe noire » et je suis tombé sur la cassette VHS du film, vendue par un particulier. Cela fait maintenant un an que j’ai chez moi une copie du film que j’ai vu il y a 30 ans, et qui n’est jamais sorti en DVD. Merci Internet.
  • Corollaire : le problème du recyclage est réglé : ne jetez plus rien, tout a une valeur pour les vieux amateurs. Si vous avez un vieux lecteur ZIP, sur PriceMinister, il trouvera peut-être preneur… Ou un écran cathodique. Ou une vidéo VHS d’un film obscur. Ou un vieil iPod.
  • Ce qui nous amène au dernier point : il faut quand même avoir un contrôle. Le contrôle, ici, porte sur l’évaluation des acheteurs. Exemple, tiré au hasard, et sans animosité : j’ai acheté un iPod d’occasion. 1/3 du prix neuf. Le gars disait « Bonne (sic) état, mais la batterie se décharge de temps en temps ». J’ai reçu l’iPod ce soir. On ne peut pas le faire marcher, point. Branché sur le secteur : nada. Sur le port USB : nada. Bonne état, des nèfles. Juste après ce thibillet, je vais maraver l’évaluation de ce vendeur. Que même sa mère le reconnaîtra pas dans la sixième dimension.
    Autre exemple : la semaine dernière, j’ai vendu des billets de train sur eBay. Lundi, j’ai rencontré l’acheteur, il m’a payé, je lui ai donné les billets. En 2 mn c’était réglé, et le soir même, je l’évaluais en tant qu’excellent acheteur (ponctuel, correct, sympa). Je viens d’aller voir sur eBay : lui m’évalue en tant que « Transaction parfaite – très bon ebayer – highly recommanded ».

Internet devient un marché de la réputation. De même que les dirigeants d’entreprises, ou les cabinets d’audit, fonctionnent sur leur réputation, les acheteurs et vendeurs d’Internet font de même. Et si la solution à nos problèmes environnementaux et sociaux n’était pas, tout simplement, de profiter d’un tel réseau ?

Le syndrome LIFO

En gestion des stocks, notamment en comptabilité, LIFO, c’est Last In First Out : avec une matière première au prix volatil (pétrole), au lieu d’aller chercher au fond de l’entrepot le baril acheté à prix avantageux il y a 5 ans, on sort le dernier baril arrivé, au prix qu’on l’a payé.
Les mails suivent le syndrome du LIFO : on répond en premier aux mails les plus récents. On pourrait même définir la loi du LIFO :

  • Mail arrivé dans la minute : réponse générale dans la minute
  • Mail arrivé dans la journée, quand on n’était pas là : réponse éventuelle dans la journée
  • Mail en attente depuis une semaine : oh, il faudra bien une dizaine de jours
  • Mail depuis plus d’une semaine : il n’y a tellement plus de règle, qu’on peut considérer raisonnablement qu’on n’y répondra jamais.

Dans ma boite mail, en attente de traitement, le mail le plus ancien date de 2002. Qui dit mieux ?

Usine à gaz ou Ferrari

J’ai passé pas mal de temps avec mon buddy sur la réalisation du site web du projet Mercure. Tout cela a été réalisé sous Mac, avec iWeb. Pour un utilisateur lambda, qui ne souhaite pas savoir ce qu’est une balise HTML, c’est génial : du glisser-déposer, tout est fluide, graphique, intuitif, bref, de l’ergonomie façon Mac, tout est orienté vers l’utilisateur final. Enfin une société qui a compris, depuis des années, que c’est à l’informatique d’aller vers l’utilisateur, et pas l’inverse.
Donc, super, on a réalisé notre site, et hop, il a été mis en ligne.
Puis vint le moment de corriger quelques petits trucs : typos, photos à remplacer, pages à ajouter.
Et là, l’horreur. Je suis sous PC. J’utilise Nvu, déjà évoqué, qui a une interface visuelle (WYSIWYG) mais qui permet aussi d’accéder au code source, pour mieux visualiser. Mamma mia, il y a 117 mondes entre la perfection graphique affichée, et la complexité du code source caché derrière. Et là, encore une fois, je tire mon chapeau à Apple : l’exploit est non seulement d’offrir à l’utilisateur un programme très simple et intuitif, mais aussi de traduire ce graphisme apparemment simple en code efficace qui rendra exactement ça à l’écran. Quand on voit le code généré, c’est moins beau. Efficace, 100% conforme à ce qui est demandé, mais un Chat (prononcer Tchat) n’y retrouverait pas ses petits.
Résultat : comme je n’ai pas de Mac, j’ai passé quelques heures pour rajouter un texte qui soit placé au bon endroit. Je ne parle même pas des photos à insérer, voire des codes pour les dons en ligne (Rappel : vous pouvez donner).
J’en viens à ma remarque, qui est plutôt une interrogation.

  • On a Apple, qui offre des produits très intuitifs, des programmes beaux, fluides, et terriblement bien pensés en terme d’ergonomie pour le grand public. Mais cela cache une usine à gaz derrière. L’exploit est réel, j’en suis content, mais il faut surtout se cantoner au rôle d’utilisateur lambda : vouloir aller voir sous le capot, c’est se perdre dans la Mer des Sargasses…
  • On a Windows, qui a toujours un train de retard pour copier Apple. Mais l’avantage, c’est que le dessous du capot est mieux rangé (avec ses failles de sécurité, certes…)
  • On a enfin Linux, qui a un dessous de capot certes complexe, mais extrêmement bien rangé et sécurisé. Puis ils ont rajouté, progressivement, une couche d’ergonomie.

Je ne défends pas un système, car la satisfaction dépend de ce que demande l’utilisateur. Mais je constate que le Mac, c’est parfait tant qu’on reste dans les sentiers balisés.

Google Tisp : révolution dans les WC

Aujourd’hui, Google, toujours à la pointe de l’actualité, propose une alternative à nos fournisseurs d’accès, en proposant de connecter soi-même une fibre optique à un réseau gratuit (offre réservée aux US et au Canada pour l’instant) par le truchement des WC (les fosses septiques sont exclues de l’offre). C’est simple, rapide, et Google propose de surcroît « une analyse de nos conditions alimentaires, pour proposer des publicités ciblées ».
Je dis : c’est chié.
PS : Tisp se traduirait par FAIT : Fournisseur d’accès à Internet par les Toilettes.

Un Ubuntu rempli de Batanas

Non, ce n’est pas une nouvelle entrée au Dictionnaire Improbable des Petits Bonheurs et Tracas Quotidiens.
Avant hier soir, mon beauf m’a appelé pour avoir des conseils sur l’installation de Ubuntu. C’est ça, être prof : disserter sur des sujets qu’on n’a pas testé soi-même 😉 Bref, je lui ai donné des tuyaux, et pof, hier soir, il m’envoyait un mail depuis son portable tournant sous Ubuntu 6.10 (la version « petite salamandre énervée » (sic)). Du coup, c’est moi qui ai été énervé, et je m’y suis remis en nocturne.
Agreuh, marche pas.
La faute à mon portable antique, qui a un hub USB en carafe, et que ça plaît pas à Ubuntu 5.10 ou 6.06. Du coup, grand moment d’incompréhension avec mon fiston :
– tu vois, Papa, là, ce sont un Pokemon de base et un Pokemon de niveau 1, donc on double leurs points…
– ah euh OK, mais attends, je vais voir si le DHCP a bien été paramétré… OK, alors je t’écoute
– Là, j’ai mis KO tes Pokemon.
– Mais euh, quand est-ce que je peux faire Déflagration ? (tiens à propos, faut que je lance la défragmentation…)
– Il n’y en a pas ici, c’est pas les bonnes cartes
– Ah tu m’étonnes, j’ai aussi pas la bonne carte mère, rah, c’est compliqué.
– Oui, c’est compliqué, mais moi je suis très bon.
Le Seigneur t’entende, mon fils. Tu arriveras probablement dans un monde où plusieurs systèmes d’exploitation se partageront le marché.
En attendant, j’ai testé Ultéo, dont l’intérêt, sur le papier en tout cas, m’a l’air très important : on met un CD dans l’ordinateur, on re-boote, et hop, un système d’exploitation se charge et prend la main. « pas nouveau », diront certains, « des CD live font ça depuis des années (Knoppix, Ubuntu Live, etc.) ». Oui, mais si j’ai bien compris, là, on a toujours un système à jour, car le CD n’est qu’un point d’entrée vers des serveurs régulièrement mis à jour. Quel est l’intérêt ? Celui d’éviter d’avoir à mettre à jour tous ses logiciels dès qu’ils sortent une nouvelle version. Même si c’est automatisé pour certains (Firefox, Thunderbid, et bientôt OpenOffice), j’aimerais bien avoir un truc qui me garantisse que, quand j’allume l’ordi, j’ai toujours les dernières versions de tout. On peut rêver :

What this means is that for the next alpha release version, no installation will be needed. Simply rebooting the system will be enough to get the new features and bug fixes.

Ce que cela signifie, c’est que la prochaine version alpha n’aura pas besoin d’être installée. Il suffira de re-booter le système pour obtenir les nouveautés et les corrections de bug.

"Laissez-nous chanteeeer […] Sous vos ailes d’acieeeer, oh laissez-nous chanteeeeer" (Gold, 1986)

Ceci est un thibillet énervé, mais court, car je n’en suis pas à ma première jérémiade sur le sujet, et par ailleurs, je suis descendu à 80 mails restant à traiter, j’ai envie de partir en WE avec une boite mail étique comme un aspirant marathonien (vous ai-je dit que j’ai perdu 6kg, et que je suis « mince comme un pied de micro », comme dit l’excellent Sanseverino ?)
Ce qui nous ramène à notre sujet.
Comme mes lecteurs (?) fidèles (?) le savent (?), je publie progressivement un roman, à raison d’un texte par jour, quand je veux.
J’ai aussi mis en place des illustrations musicales.
Ces illustrations demandent un peu de temps, mais dans un monde d’Hommes de Bonne Volonté, cela devrait être rapide. Ce n’est pas le cas. Exemple avec le morceau que je voulais mettre hier soir, et qui n’apparaîtra (si je ne craque pas avant) que ce soir ou demain matin très tôt dans la nuit :

  • Le morceau s’appelle Bleecker Street, c’est la troisième chanson du premier album de Simon & Garfunkel, Wednesday morning 3 AM.
  • Je suis propriétaire de l’album, un 33 tours vinyl que j’ai dû acheter il y a 20 ans (jeunesse !). Je suis propriétaire.
  • Etant donné que je n’avais pas l’énergie de connecter mon ordi à la chaine hifi, de télécharger un freeware qui enregistre les sons d’une chaine hifi et les encode en MP3, j’ai acheté sur fnacmusic la chanson dont je suis propriétaire. Super, je suis propriétaire de deux chansons (enfin, c’est la même), j’ai la sensation d’avoir une résidence secondaire, à quand l’ISF ?
  • La chanson que j’ai achetée est en WMA avec des DRM (oui, en combinant cet acronyme avec deux E, on obtient le mot de Cambronne), c’est-à-dire protégée :
  1. je peux l’écouter « indéfiniment » (sauf si je change de système d’exploitation… Vous imaginez le vendeur de 33 tours à l’époque, qui aurait dit : « ce disque ne peut être écouté que sur des platines Akaï » ? (Ah, Akaï…)
  2. je ne peux graver cette chanson sur CD que 5 fois, et la copier sur un baladeur (enfin, uniquement un baladeur compatible) que 7 fois.
  3. Après, pouf, apu chanson dont j’étais propriétaire.
  • Je me dis « Ceci est un travail pour Techno-Beauf ! » (c’est mon nom de super-héros). Et donc
    1. Je grave la chanson (merde, plus que 4 vies !) sur un CD RW (faut pas gâcher) au format CD-audio-lisible-dans-platine-laser-toute-marque-pas-besoin-Windows-inside
    2. J’utilise DB Power Amp (a marche pas), puis WinLAME (a marche pas), finalement Windows Media Player (oui, je sais) pour encoder cette chanson format CD audio (.cda) en MP3
    3. Je dégrade la qualité de la chanson (faible kbps, mono) conformément à ma Charte Déontologique
    4. et ce soir, si ça passe bien, je couperai la chanson pour n’en garder que les 19 premières secondes, avec DirectCut
    5. Après, une paille, j’aurai juste à uploader la chanson sur mon site, à intégrer le lecteur dans le billet, et à sauvegarder le tout.

    Tout cela est bien compliqué.

    PS : trois remarques :

    1. quand je dis « ça va être un thibillet court », ça dégénère rapidement…
    2. celui (celle) qui me dit « mais t’es pas propriétaire, pauv’ pomme, tu as juste acheté un droit d’écoute », je lui réponds « interopérabilité ». Quand j’achète une voiture, je m’attends à ce qu’elle puisse rouler sur toutes les routes, et qu’elle puisse prendre de l’essence Total, Shell ou Divine (essence divine, haha).
    3. dimanche, Semi-marathon de Paris, ça va déchirer du muscle encore…

    RTFM revisited

    Aux premiers temps de ce blog, j’avais parlé du syndrôme RTFM, qui depuis a été transformé en batana sous le nom poétique de Déguimpiller (que je dois mettre à jour, avec racravouci et autres casse-rétines).
    En bref, c’est « ne pas lire les commentaires avant de poser sa question ».

    Cela rentre en phase avec une autre observation que j’ai faite récemment, et que je vous livre en vrac.

    Cela est parti de ma remarque amusée sur le ratio entre les lecteurs et les acteurs : sur un blog (pas le mien en particulier, on s’en fout), je pense que le rapport entre le nombre de lecteurs (silencieux) et le nombre de commentateurs doit être de 100 pour 1, peut-être même 1 000 pour 1.
    C’est une loi plus générale d’Internet :

    • sur les blogs, peu commentent
    • quand ils téléchargent un logiciel gratuit, peu envoient des mails de remerciement
    • quand ils téléchargent un logiciel en partagiciel (shareware), peu achètent le logiciel, même s’ils l’utilisent assidument et en sont contents

    Vous voyez mon propos moralisateur derrière, ou le biais que je donne à la comparaison : rien n’oblige à laisser des commentaires sur un blog, rien n’oblige non plus à acheter un logiciel partagiciel dont on se sert. Mais le devoir moral est probablement plus important dans le deuxième cas que dans le premier.

    J’en arrive à un point qui est plus étonnant : les flux d’infos nouvelles annulent l’intérêt des précédents. On se gave passivement, à heures données, ou bien même, toutes les 5 mn, compulsivement. C’est une nouvelle forme de télévision.
    Autrefois : « qu’est-ce que t’as fait aujourd’hui ? », « Rien, j’ai regardé la télé ». Aujourd’hui : « Rien, j’ai surfé ».
    Je le constate notamment sur les mails : on est tellement content de recevoir 3 mails qu’on néglige d’y répondre – et encore moins, de répondre aux 10 mails précédents. Le fait d’avoir lu enlève la nouveauté, même si la personne en face attend toujours sa réponse…
    Il y a une dissociation claire entre la frénésie passive de se gaver et l’absence d’action. Un culte de la passivité.

    En synthèse : je disais dans un thibillet immémorial que nous, les êtres humains, avons probablement des jouets trop compliqués pour nous, c’est-à-dire que nous n’avons pas encore appris à vivre correctement avec eux (je crois que je prenais l’exemple de la voiture). Je vois l’e-mail comme un truc qui a été considéré comme une bénédiction, une merveille technologique (« tu te rends compte, je clique Send et dans une minute, ma connerie est à San Francisco ! »), mais plus le temps a passé, moins nous avons appris à nous en servir efficacement. De bénédiction, c’est devenu une charge, voire un absorbeur géant de productivité. Et là, on arrive à l’hypnose : les vaches regardent passer les trains, nous on regarde passer les e-mails et les billets de blogs, ce qui compte, c’est la nouveauté qui efface tous les trucs précédents. C’est en même temps l’opposé du collectionneur (qui classe, archive, étiquette… et retrouve) et cela tient de la même compulsion de nouveauté.
    Je n’arrive pas à trouver l’adjectif qui résumerait cela : ce n’est pas marrant, ou étrange. Plutôt consternant.