Category Archives: Réflexions

Inception Saint Lazare

La gare Saint-Lazare est en travaux depuis plusieurs années. Mais voilà quelques mois, nous sommes passés à une nouvelle phase : le labyrinthe. Chaque matin, chaque soir, on emprunte le chemin habituel, tel le mulet moyen, et paf, une cloison de chantier bloque désormais le passage, mais, miracle, un escalier roulant vient de surgir de terre, vivante représentation des escaliers mouvants dans Harry Potter, ou des paradoxes escheriens dans Inception. Chaque jour réinvente son parcours et nous pousse à la vigilance.

J’aime bien ce petit jeu intellectuel, j’imagine que comme dans Inception, chaque matin à Saint-Lazare, un ingénieur (Cobb) demande à une architecte (Ariadne) :  » Allez, encore une fois, aujourd’hui, dessinez-moi en 1 mn un labyrinthe qui prenne aux piétons au moins 2 mn à résoudre « .

Le parisien est aveugle aux autres

Je viens de guider un aveugle dans la cohue des escaliers et des couloirs de Saint Lazare.
P*** de ville et p*** d’état d’esprit qui m’ont fait hésiter à l’aider, avant qu’un minimum de bon sens, et un minimorum d’humanité, ne m’aident à prendre la bonne décision. Je ne savais même pas que dans cette gare, il y avait un Accueil qui a l’habitude d’aider ces personnes. Il aura son train, et je n’ai même pas raté le mien. P*** d’état d’esprit.

Epictetus out-of-date ?

Thanks to Raphaëlle L., I read that famous quote once again today :

We have two ears and one mouth so we may listen more and talk the less. Epictetus

All Riiiiight… What would Epictetus say in our digital age, where we « talk » (type) with 10 fingers but only « listen » (read) with two eyes ?

We have ten fingers and two eyes so we may talk more about our ego and learn the less from the others. Epictetus 2.0

Variations sur le Cycle de Dune et quelques représentations mentales

Dans Les hérétiques de Dune (de Frank Herbert, Presses Pocket n° 5322), le jeune Duncan Idaho (9 ans) parvient à tromper la vigilance de ses gardes, et arrive à se faufiler dans une zone interdite. Rattrapé, il apprend que les gardes vont être sévèrement punis, sur décision de la Révérende Mère Bene Gesserit qui a la responsabilité du Duncan. Or « Duncan aimait bien certains gardes, et il les incitait parfois à jouer ou à plaisanter avec lui. Et maintenant, à cause d’un caprice de sa part, ses amis allaient être punis » (id. p. 32).

On voit bien la stratégie de manipulation classique du Bene Gesserit :

  • éduquer les gardes, par la manière forte (une punition douloureuse, à plusieurs niveaux, adaptée à chaque garde)
  • éduquer Duncan, par la manière forte (la culpabilité)

Et l’on en voit les effets, qui étaient prévisibles : « Certains lui tournaient la tête (sic) et plus personne n’acceptait de plaisanter avec lui. Tous lui gardaient visiblement rancune de leur punition » (id., p. 34).

Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe dans la tête des gardes, et ce qui pourrait s’y passer.

Ce qui se passe probablement dans la tête des gardes (changement de niveau 1, dans la terminologie du livre de Watzlawick et al., thibillet – et commentaires – sur ce sujet ici) :

  • Je suis puni à cause de ce petit idiot. Qu’avait-il besoin d’aller fouiner dans des endroits qu’il savait interdits. Je ne veux plus rien avoir à faire avec cet enfant, et je vais le punir à mon tour, je ne jouerai plus, je ne plaisanterai plus, ça lui fera les pieds.

C’est une réaction classique de « c’est la faute des autres », ce qui est une manière pratique de dire qu’on n’est pas responsable. Stratégie courante, mais qui empêche d’atteindre la sérénité.

Ce qui pourrait se passer dans la tête d’un garde (changement de niveau 2, source idem) :

  • Prétendre contraindre cet enfant à ne plus être curieux, c’est aller contre sa nature. Il a fait ce qu’il souhaitait faire, naturellement. Certes, il regrette les conséquences de son acte, car il a bon coeur, mais il ne regrette pas l’acte en tant que tel. Et le contraindre à modifier son attitude (ne plus s’éclipser) risque de ne pas marcher. Il va juste en dériver de la rancoeur contre la Révérende Mère, car on ne l’a pas puni, lui, mais c’est encore pire, puisqu’on lui a dit sciemment que nous serions punis.
  • En fait, la première responsabilité m’incomble. J’étais censé le surveiller. Il a échappé à ma surveillance. C’est donc normal que je sois puni pour mon manque de vigilance. On ne punit pas l’eau qui brise le barrage, on punit le barrage (voire le concepteur du barrage).
  • La deuxième responsabilité est plus subtile. Cet enfant a développé des relations d’amitié, et je m’y suis prêté. Est-ce que cela a diminué ma vigilance ? Peut-être. Je me disais qu’il ne me ferait pas de coup fourré, puisqu’il m’aimait bien. Mais en fait, ce sont deux choses distinctes. Il avait envie de savoir, et il n’a pas mesuré les conséquences que cela aurait pour moi. Je suis puni pour mon manque de vigilance, soit, et c’est de ma responsabilité. Mais la raison de ma punition n’a rien à voir avec mon amitié.
  • En fait, je ne devrais pas en vouloir au gosse. Je devrais m’en vouloir d’abord à moi-même, puis à celle qui me punit, car elle le fait aussi pour de mauvaises raisons, qui tiennent de la manipulation.
  • Je vais donc conserver mes relations d’amitié avec ce gosse, car il m’a aussi appris une leçon, à son corps défendant : le devoir n’exclut pas l’amitié ; mais ce sont deux choses distinctes, non reliées ; désormais, que mes liens d’amitié ne m’empêchent pas d’exécuter ma mission.

Je pense que le Duncan aurait été extrêmement content et touché du maintien de cette relation d’amitié, et qu’il aurait probablement appris la leçon de manière bien meilleure. Quitte à ce que le garde mette les points sur les I : « petit, je t’aime bien, mais sache que si jamais je te choppe à essayer de filer, je te décolle la peau en lanières. Ton job est peut-être d’essayer de tester les limites du système, mais moi, je suis le système, ne l’oublie pas ». (Hum, il y a un danger à dire ce genre de chose : provoquer une émulation chez le jeunôt, qui va se dire « Ouahé, il m’a défié, je vais lui faire voir ! »)

Les gardes n’ont probablement pas été éduqués, ni recrutés, selon un filtre « doit pouvoir changer ses représentations mentales ». Mais c’est fort dommage.

Dune en Aubrac

Entendu dans l’Aubrac :
– Les Smith*, ils n’ont pas eu d’enfant ? (*les noms ont été changés)
– Eh, évidemment non. (Ei il continue en patois 🙂 Tous les cinquante ans, la vache noire rentre dans l’étable.
Ces gens-là ont observé, sur des générations, les interactions génétiques entre familles. Une vallée, pendant l’hiver, c’est un tout petit monde. Avec tous les mariages consanguins, c’est désormais devenu sagesse populaire de savoir quand dans la famille des Smith*, tous les 50 ans, une union ne donne pas d’enfants. Encore aujourd’hui, avant l’union d’un couple, les familles du village font très attention au patrimoine génétique de chacun des deux, en regardant son arbre généalogique sur plusieurs générations.
Est-ce pour prédire plus facilement l’arrivée du Kwisatz Haderach, celui qui peut être en plusieurs lieux à la fois ?

Réflexion(s) du 13-14 juillet

Suite à une discussion (passionnante) sur FesseBouc, voilà les éléments :

Quand Colonel Reyel dit qu’il veut être « celui qui partage ta vie » mais qu’il reconnaît « je n’ai pas encore ton tél », ne va-t-il pas un peu vite en besogne ?

Vous avez 30 mn, sans documents.

Optimiste / pessimiste : les mots et les attitudes

J’ai passé une partie de la semaine avec un vrai pessimiste.
Pour une description du pessimiste, il y a le chapitre 1 de Mind Gym, un des livres que je recommandais à mes étudiants. Je résume le propos : un pessimiste, c’est celui qui généralise les mauvaises expériences (ça m’arrive TOUJOURS) et traite les bons événements comme des exceptions (oui, mais là, exceptionnellement, on a eu de la chance). Un optimiste fait l’inverse.
Or, avec l’âge, ou la société dans laquelle on vit, on peut évoluer facilement vers le pessimisme (ce serait aussi une tendance typiquement française, comme le montre un de mes estimés collègues, avant d’enchaîner sur une thèse brillante dans son éloge de l’optimisme). D’où l’intérêt de Mind Gym (chapitre 1) pour pratiquer quelques exercices salutaires. Pour ma part, je n’avais pas mon exemplaire sous la main, mais je l’ai suffisamment épuisé pour en connaître les principaux exercices. Face à cet indécrottable pessimiste, j’ai pris systématiquement le contrepied de ses affirmations ou de sa vision du monde.
Et j’ai retrouvé quelques jolies phrases pour contrer la scoumoune que représentait ce pénible.

Les phrases que je déteste :

ça ne va pas marcher.
A quoi ça sert de s’entêter, c’est foutu.
Non mais qu’est-ce que tu crois ?

La phrase qui m’horripile par dessus tout :

Je l’avais bien dit.

Les phrases que j’aime :

Je vais aller demander.
Attends, prenons le temps de chercher une solution.
La bonne nouvelle, c’est quand même que…

Enfin, l’expression que je préfère, de très loin, rugueuse et sereine dans sa simplicité populaire :

« ça se tente… »

Comment désimlocker un Nokia E72 et quelques réflexions sur SFR

NB : les fureteurs qui tombent sur cette page pour résoudre leur problème (c’est le but d’avoir créé cette page) peuvent aller directement tout en bas pour avoir ma solution. Ils peuvent aussi tout lire, ce qui leur indiquera ce qui ne marche pas.

L’affaire commence en décembre 2010.
Suite à une bataille de boules de neige, l’écran de mon portable rend l’me. Las, la garantie était d’un an et il avait 13 mois… je change donc de portable.
Las (bis), le nouveau portable ne me convient pas, car avec mes doigts délicats, il faut un vrai bon clavier physique, pas un clavier virtuel, car on écrit « tepu » à la place de « amie » et après, ça fait des problèmes.

Or, j’ai un collègue (appelons-le Tarass Boulba) qui me dit « Ouah hé, vieux ! J’ai un Nokia que je m’en sers pas, il est tout neuf dans la boite, je l’ai gagné à un concours de pétanque lyonnaise, je te le donne, Calice ! »
Je frétille, je bondis, j’embrasse, et je récupère le Nokia. Nous sommes début janvier, et les ennuis commencent.

J’insère ma carte SIM, il me ricane au nez : « carte illisible ». J’apprends donc à cette occasion que les opérateurs mettent sur le marché des téléphones simlockés : ces appareils ne sont utilisables que sur le réseau de l’opérateur qui l’a vendu. « Mon » Nokia ayant été configuré pour SFR, il n’accepte que des cartes SFR. Or je ne suis pas chez SFR, mais je veux ce Nokia, et je l’aurai !

Impatient que je suis, j’essaie de passer par une société de désimlockage en ligne : il suffit, paraît-il, de donner le numéro IMEI du téléphone situé sur la batterie (ainsi que son numéro de carte bleue, bien sûr) et on reçoit « au plus tard 3 jours ouvrés après » le code pour débloquer l’appareil. Je teste cette société et lui envoie 29,49 € ainsi que le code IMEI. 3 jours après, sans nouvelle, je relance. 2 jours après, je reçois un mail : votre Nokia est un modèle qui ne peut être désimlocké, nous vous remboursons. Et le plus beau, c’est qu’ils l’ont fait.

Retour à la case départ, j’ai perdu 2h.

Je me renseigne sur Internet : les anciens Nokia pouvaient être désimlockés par des programmes informatiques, mais les smartphones sont plus coriaces. Je me tourne donc vers SFR (n’est-ce pas leur logo, sur la boite de « mon » portable ?).

Première étape : la boutique SFR. Un jeune homme charmant, quoique mal rasé (appelons-le Terence Hill), m’informe qu’il suffit d’appeler le 900 ou le 1023 et que si mon portable a plus de 6 mois, SFR le débloquera. J’indique que je ne connais pas la date d’achat, étant donné que c’est un cadeau de pétanque lyonnaise, mais Terence Hill me rassure : « avec le code IMEI, ils vont retrouver la date d’achat ». Je ressors de la boutique ravi, pour un peu je prenais un abonnement pour les remercier.

Deuxième étape : le 900 (ou le 1023). Ce sont des numéros merveilleux. Ils sont surtaxés, mais ils ont l’amabilité de le dire au départ. Et puis après, ils vous demandent votre numéro de ligne SFR. Or, je n’ai pas de ligne SFR, sinon, je ne chercherais pas à désimlocker un portable SFR, vous me suivez ? D’où l’inconvénient d’une messagerie vocale : tant que vous n’avez pas mis un numéro de téléphone SFR valide, impossible d’accéder à un menu magique du type « … ou tapez 9 pour parler à un conseiller ».

Première remarque sur SFR : si on n’est pas abonné SFR, on ne peut pas être aidé par la messagerie vocale… malgré la sur-taxation de l’appel.

Troisième étape : je me connecte sur le site de SFR, et cherche le forum de discussion. Il est en travaux, et cela durera les 15 jours pendant lesquels je cherche une solution.

Quatrième étape : je m’acocquine avec un proche (appelons-le Wilfrid Schumacher) qui, lui, est abonné SFR. On appelle ensemble, il montre patte blanche, et dit qu’il veut désimlocker un téléphone SFR. Je retranscris la conversation, c’est trop beau :
– ah mais ça on ne sait pas comment le faire, il faut voir avec Nokia
– mais pourtant, il y a votre logo sur la boite, et Terence Hill, dans la boutique SFR, il a dit que vous pouviez…
– eh bien ce sont des petits rigolos, on ne peut pas faire ça techniquement, c’est très compliqué, on n’a pas les codes chez SFR, il faut contacter Nokia, je vous donne le numéro.

Cinquième étape : j’appelle Nokia. C’est un numéro merveilleux. Il est surtaxé, mais ils ont l’amabilité de le dire au départ. Ils ont surtout l’amabilité de prévenir, avant tout menu vocal : « si vous appelez pour un désimlockage, sachez que c’est votre opérateur téléphonique qui est le seul à pouvoir débloquer votre Nokia ».

Retour à la case départ, j’ai perdu 6h.

Deuxième remarque sur SFR : cela sent l’arnaque commerciale. Pour ma part, je m’accroche, car je suis un roquet, mais mon collègue Tarass Boulba, ça fait longtemps qu’il aurait jeté son Nokia aux orties (bonjour la société de consommation) ou pris une ligne chez SFR. Ce qui est le but recherché, OK, mais la tactique est peu élégante, pour ne pas dire léonine.

Sixième étape : je retourne sur le site SFR. En utilisant les codes de Wilfrid Schumacher (numéro de ligne etc.), je navigue sur tout le site sans trouver. Invariablement, toutes mes requêtes finissent sur une page qui dit « pour un désimlockage, allez dans une boutique SFR ».

Troisième remarque sur SFR : sur le site, il y a une « assistante virtuelle », Lucie, qui incite au contact : « Posez-moi vos questions ! Je vais vous aider ! ça va être super cool entre nous ! » Mon expérience de Lucie est la suivante :
– Lucie n’est qu’une entremetteuse qui renvoie sur le forum ou sur la fameuse page « passez en boutique »
– Lucie ne comprend que les requêtes très simples
En résumé : Lucie ne répond qu’aux questions de neuneus, celles qui ne nécessitent justement pas de solliciter l’assistante virtuelle, genre « comment changer de mobile » ou « comment changer de forfait ». Et quand je pense aux équipes projet qui ont développé Lucie, je me dis que c’est de l’argent foutu en l’air.

Septième étape : je trouve enfin, dans une sous-page, un lien pour faire une demande de désimlockage en ligne (tiens, la rombière que j’avais eue au téléphone était pourtant si catégorique…). Je remplis toutes les coordonnées nécessaires, y compris ce fameux numéro IMEI. L’après-midi suivante, à 14h01 (vous allez voir, c’est utile de s’en souvenir), je reçois un e-mail de confirmation de ma demande. « Cher Wilfrid, nous allons désimlocker ce téléphone dans les 5 jours ». J’attends donc.
5 jours après, à 14h01 précises, je reçois un e-mail qui dit « Désolé, ça ne marche pas, car nous ne trouvons pas la ligne à laquelle est rattaché ce téléphone, il faut que vous nous envoyiez une facture originale par courrier ».

Quatrième remarque sur SFR : le fait qu’ils répondent pile-poil au bout de 5 jours, à la minute près, me fait penser que tout est géré informatiquement sans intervention humaine. Et que, dès réception de ma demande, le process a été engagé : envoyer un mail dans 5 jours (pas avant…) pour le réorienter dans les limbes du courrier papier. J’appelle ça une manoeuvre dilatoire. Une simple discussion avec un être humain aurait permis de dire « je n’ai pas de ligne attachée à ce téléphone, c’est un cadeau, ca-deau, comprendo ? Alors maintenant, comment fait-on ? »

Huitième étape : j’a
vise, près de l’école qui m’emploie, une boutique de téléphonie mobile. Je me renseigne : oui, ils désimlockent, non, ils n’ont besoin de rien, juste du téléphone, oui, ce sera prêt dans 48h, non, rien à payer maintenant, je paierai dans 48h. Et 48h après, je me retrouve enfin avec « mon » Nokia désimlocké.

Conclusion : il y a 10-12 ans, aux premiers balbutiements de l’ADSL, j’avais eu une mauvaise expérience avec France Télécom : j’avais suivi toutes les étapes de commande d’un modem, et je me retrouvais avec un matériel clairement incompatible. Le technicien s’était mis en quatre, il avait même dérangé un collègue qui était de repos, et j’avais été frappé de l’opposition entre le côté très « humain, service » de ces hommes et la surdité de la société qui les employait (je n’ai jamais reçu de réponse à mes lettres argumentées). Dès que je l’ai pu, j’ai quitté France Telecom et suis passé en dégroupage total chez Free.  Je constate la même chose aujourd’hui chez SFR : tout a été rationalisé pour dégager le maximum de marge et réduire les coûts au minimum, la communication est opaque, et finalement, il s’est créé une niche : les petites boutiques de téléphonie multi-enseignes sont celles qui font désormais du service client et de la proximité. Il va sans dire que si SFR était cotée en Bourse, je vendrais mes actions illico.

Book suggestions for students

I was asked by a student – for the purpose of a school newspaper – to suggest to students « A BOOK THAT WILL CHANGE YOUR LIFE and WHY. »

Tricky question indeed.

I answered with the following :

Dear Student,
I have not one, but three (four) books in mind, none of them being a Finance book unfortunately 😉
The order is not important. If I were to advise only one, I would choose #3 The Mind Gym, but that would be a shame not to mention the others.

1) David Allen – Getting things done – the art of stress-free productivity
http://tinyurl.com/457jdvp
(in French :
S’organiser pour réussir
http://tinyurl.com/4ljuur5 )

David Allen presents and helps devise a system to organize yourself at work. Know what to do, in which order. How to access data, how to deal with projects, how to make sure nothing is forgotten. A very practical book that can save you hours in organizing yourself by finally focusing on the one important thing : doing things. Surprisingly enough, this is not taught in Business Schools…

2) Stephen Covey – The 7 habits of highly effective people
http://tinyurl.com/4f7yxuf
(in French :
Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent
http://tinyurl.com/4qsnbpj )

Bestseller. This book is a more profound version of the Getting Things Done book. Here, focus is made on Principles and Values, not on operational effectiveness. This is a very useful complement of the preceding book, not asking « what should I do next », but « what is important for me to do, and how to identify it ». It takes more time to digest, but it is definitely worth a read.

3) The mind gym (collectif)
http://tinyurl.com/5susrzx

Devised in 22 independent chapters, and based on research in neuroscience and sociology, the Mind Gym helps you « re-train » your brain to be more effective. Themes include the effects of optimism, the impact of visualization, the reduction of stress, how to be listened to, how to announce bad news, how to be more creative / do brainstorming… Every chapter is filled with real-life illustrations and ends up with exercises to « muscle up » your spirit. A must read for future executives.

4) I have other books in mind, but I feel they are more oriented for older people (35-40 years). Based on Carl Jung’s theories, they deal with personality type, and help to better understand how our personality is constructed, and how to deal with other personalities (e.g. at work, in teams). The operational tool is the MBTI test of personality type. The best book, but somewhat hard to digest, is Gifts differing, by Isabel Briggs Myers, http://tinyurl.com/6e2jqy4 . A much easier book (in French) is Deviens qui tu es, by Cauvin and Cailloux, http://tinyurl.com/4r8payt .

Sincerely,
Christophe Thibierge

Idée de startup – Bling Blong

Les opérateurs de téléphonie mobile (thibillet saignant à venir) proposent de personnaliser les sonneries en fonction de l’appelant. Pour les marges qu’ils se font (thibillet horripilé à venir), ils pourraient introduire une nouvelle feature pratique : quand on reçoit un SMS qui annonce une bonne nouvelle, la sonnerie fait « Bling » ; quand le SMS annonce une mauvaise nouvelle, la sonnerie fait « Blong ».
Pour l’implémentation (lecture sémantique, interprétation, définition de la relativité d’une bonne et d’une mauvaise nouvelle, traitement des SMS farceurs du type « ce SMS va faire Blong »), ils se démerdent, j’apporte l’idée, c’est déjà bien.

Poudlard

Fêtes de Noël obligent, je me suis retrouvé ce matin à monter le Chteau de Poudlard (la version Lego). J’ai donc eu du temps pour méditer (à peu près 2h).

A propos de Harry Potter, j’ai toujours admiré le travail du traducteur (Jean-François Ménard) de la série de romans. Trouver choixpeau pour sorting hat ou détraqueurs pour dementors dénote un don pour l’équilibrisme entre le fait de coller au texte de l’auteur, et la capacité à introduire des nuances créatives ou poétiques. Et dieu sait si les mondes de J. K. Rowling nécessitent des acrobaties  de langage. J’avais d’ailleurs, en son temps, médité sur les diffiicultés du rôle de traducteur : ni auteur ni machine à traduire mot-à-mot, il essaie le plus souvent de s’en sortir, non pas au mieux, mais au moins mal.
Mais il y a un mot qui me chagrine dans toute cette oeuvre : Poudlard, l’école des sorciers d’Harry Potter, traduit de Hogwarts school. Jean-Pierre Ménard s’en explique fort bien (je résume) : hog = porc ; wart = verrue. Comme on imagine mal de nommer une école « verrue de porc », il a choisi un glissement de sens : pou de lard, soit Poudlard. (Ce qui, à mon sens, ne vaut pas tellement mieux en terme de marketing de l’école).

Reprenons et travaillons ensemble. Hog warts = verrues de porc. Mais warthog = phacochère. Il y a dans ce nom d’Hogwarts un côté moyenngeux, inquiétant, mais en même temps, c’est une école, voire une maison pour certains collégiens qui fuient leur propre foyer. Hogwarts sonne comme un nom ancien, mais qui doit aussi avoir une consonance familière. Or Poudlard, c’est comme Chougnard, la terminaison en « ard » sonne de manière plutôt péjorative ou ridicule (mastar, costard, cornard, bâtard) et le « dlard » encore plus. Pour reprendre phacochère, « Chaire Phaco » (ou toute autre orthographe) aurait pu déjà avoir un sens en même temps solennel et mystérieux, comme Hogwarts. (Une remarque intéressante : Hogwarts n’a été traduit dans quasiment aucune autre langue : les italiens, espagnols, et autres européens parlent de Hogwarts).

Mais sur cette page fort instructive, on apprend que J. K. Rowling s’est en fait inspirée du nom d’une fleur. L’article de wikipedia sur Hogwarts nous donne le vrai nom de cette fleur (Hogwort) ce qui nous conduit à son nom en français : Croton Capitatus. Nous ne sommes pas plus avancés avec ce nom. On pourrait envisager une référence à Milon de Crotone, mais ça nous amène un peu loin d’une école de sorcellerie en Écosse.

Je propose une alternative. Sachant que cette fleur est une variété de Lys, on peut reprendre le Lys bien connu de James Barrie et Walt Disney : Tiger Lily (souvent improprement traduit par Lily la Tigresse), soit Lys Tigré dans les versions françaises.

Je propose ainsi le Chteau de Tigrelys (ou Tygrelis). On y retrouve une mention à un animal féroce (tigre contre phacochère), ainsi qu’un ton moyengeux (le lys renvoie à la fleur de lys des étendards). Et franchement, ça en jette mieux pour une école que Poux de Lard…

Évidemment, il est bien trop tard pour changer le nom de ce château.
Mais ce thibillet nécessitait d’être écrit.

Cinétique du pékin – le plêscoul

Voici un exemple de collision d’ensembles : le Plêscoul appartient en même temps aux Batanas et à la Cinétique du pékin. Nous allons le ranger, par prudence, dans la Cinétique du pékin.

Plêscoul : n. m. Extension d’un piéton dans une gare, consistant en un obstacle tracté au ras du sol (en tout cas, invisible si l’on regarde devant soi, et non à ses pieds).
Le plêscoul classique est une valise à roulettes (avant même que la Cinétique du pékin n’accède à l’existence, j’en parlais déjà). Cela peut-être aussi un petit enfant qui marche en tenant la main, ou une trottinette portée sur le côté. Le plêscoul est traître, car il occupe de l’espace, mais ne laisse rien apercevoir à hauteur des yeux d’un adulte.
De la même manière que sur certaines autoroutes, il y a une voie pour les véhicules lents, il faudrait créer des voies-plêscoul où s’enfileraient ces pékins avec leurs périphériques.

Love is all you need is love

Ce matin, sur FIP, ils passaient Love is all, et je me suis dit « ça sonne vraiment comme un tube des Beatles, période Sergent Pepper’s« . Sur FIP, les programmateurs adorent jouer aux correspondances baudelairiennes, et donc, comme s’ils avaient capté mes connexions neuronales de l’instant, ils ont passé All you need is love à la suite. Je me demandais si cette filiation était avouée par Roger Glover, compositeur de Love is all. Eh bien non, pas à première vue.
L’article de Wikipedia sur Love is all (en fait, sur l’album) fait 760 mots, contre 5 353 mots pour celui sur la seule chanson All you need is love. Justice est donc rendue aux Beatles. Mais les assonances sont tellement criantes (dit celui qui ne remarque la similitude que 40 ans après) que la filiation, ou en tout cas l’influence, est patente. All you need is love est sorti en 1967 et Love is all en 1974, alors pourquoi un tel décalage ?
Mes trois pensées du jour à ce sujet.
La première pensée, c’est que tout le monde à dû pomper allègrement le style des Beatles à l’époque, c’était un cataclysme planétaire pour la planète musicale. Pour survivre, il fallait les ignorer (mais comment faire ?), les combattre (mais cela imposait de trouver un contre-style, ce que les Rolling Stones ont bellement fait) ou bien les copier, ce qui était probablement la plus mauvaise idée à avoir. Et quand bien même un groupe ne souhaitait pas les copier, le sillon tracé était tellement profond et marquant que tous, sans s’en rendre compte, se sont beatlesés au passage. (J’ai conscience qu’on peut dire cela de plusieurs artistes. Mais les Beatles, c’est tout de même le premier Mondovision, 400 à 700 millions de téléspectateurs en même temps. Et c’était en 1967…)
Deuxième pensée : c’est toujours dur de rendre hommage, de faire « à la manière de ». Une manière de s’en sortir est de faire une reprises, des années après, en adaptant juste ce qu’il faut pour mettre sa touche personnelle. Et c’est là où l’on voit l’ego du repreneur (s’il met trop de sa touche personnelle, il ne respecte pas assez l’oeuvre initiale, alors tant qu’à faire, pourquoi ne pas composer directement un morceau original ?) et son savoir-faire (parce que la reprise ne peut pas être une copie conforme de la version studio originale, sinon, à quoi ça sert de faire une reprise, hein ?). Finalement, c’est probablement la démarche la plus dure : faire transparaître sa propre maîtrise dans la reprise du morceau d’un autre.
Quelques exemples que j’aime bien.
Hey Joe, de Jimi Hendrix, repris version mariachi par Willy Deville. Et il fallait oser s’attaquer, sans complexe, à ce morceau !
Du côté français, il fallait oser reprendre Otis Redding, Sitting on the dock of the bay, et j’ai toujours beaucoup aimé le travail de Bill Deraime (Assis sur le bord de la route) et son guitariste Mauro Serri (la version du 33 tours était encore plus proche de l’original, tout en revendiquant sa propre identité).
Et puis, pour boucler la boucle, encore plus fort que la reprise : composer un morceau à la manière de.
On l’a vu, Roger Glover a composé une chanson originale qui sonnait comme faite par les Beatles. Dans la même eau, Laurent Voulzy a composé deux chansons qui auraient pu être attribuées aux Beach Boys : le méconnu Cadillac Cruise et l’inoxydable Surfing Jack
Ce qui m’amène à ma troisième pensée.
C’est bête, mais je suis en train de me dire qu’en pédagogie, il y aurait de la place pour « apprendre à faire des copies (reprises) intelligentes ». En littérature, cela se pratique très souvent : David Lodge en parle – et l’expérimente – dans ses livres, notamment Pensées secrètes mais aussi La chute du British Museum. En peinture, en photographie, c’est un prérequis.
Alors pourquoi pas dans des matières de management ?

Cinétique du Pékin – Chevaucheur de courants

Après la survie façon boule de billard dans une agora libre de tout graillon (thibillet à venir) ou grumeau, passons à un autre aspect de la mécanique des fluides urbains, souterrains et sociaux.

Un petit croquis vaut mieux que 10 lignes d’explication, donc, dans le déroulé à droite, nous avons le pékin lambda (point rouge) qui cherche à atteindre la chèvre sur l’autre rive (croix rouge) mais pour cela, il faut traverser le flux de pékins en mouvement (billes bleues qui roulent sur elles-mêmes dans un flot moléculaire relativement visqueux).

Pour ceux qui connaissent mes vicissitudes, le point rouge sort du métro, la croix rouge, c’est le quai du train de banlieue, et l’annonce « 19h47 pour Ménil-le-Glôt, départ dans une minute, voie 97 » vient de déclencher le flot de pékins bleus. Ils sont stressés, les pékins bleus, parce que la voie 97, c’est à l’autre bout du bout.

La première intuition (forcément la mauvaise) consiste à y aller avec une stratégie mathématique, du genre « le plus court chemin entre deux points étant la droite, je vise la croix rouge (en terme nautiques, on prend un amer) et je trace ».

Alors voilà (schéma de gauche), ça fait :

bonk,

pock,

bünk,

et finalement, dérive par rapport au cap. Mais cette dérive n’est pas le pire. Le pire est : perte d’énergie cinétique, ralentissement, ballottement. Les chocs successifs ont érodé votre capacité de fer de lance, et vous n’êtes plus qu’une poupée de cire, poupée de son, sans même la consolation d’une sucette à l’anis.

Et si en plus, vous avez été élevé dans une bonne famille, vous ponctuez chaque choc d’un « oh pardon ! » que les dos bleus ignorent superbement, ils sont déjà loin.

Après avoir soigné ses ecchymoses, le point rouge se dit « I know better » et aborde la stratégie de physique anticipative, dite aussi stratégie de la chambre à bulles (schéma à droite). Le discours devient alors « soit un point rouge qui sait qu’il doit rejoindre la croix, mais qu’il aura de la dérive. Autant anticiper cette dérive en attaquant la trajectoire avec un angle aigu. »

Pauvre point rouge.

Là, ce n’est plus bonk, pock, bünk,

mais plutôt

BONK !!

POCK !!!

BÜNK !!!

SCHTAK !!!

Abrégeons ses souffrances : il se retrouve, exsangue (vitesse cinétique nulle), sur le même bord que précédemment, expulsé sans pitié d’un monde qui en est dénué (de pitié), vae victis et tant qu’à faire, precium pretium doloris.

A ce point, le point rouge mûrit, et devient, soit un point noir, soit un point-à-qui-on-ne-la-fait-plus. Il se souvient du Messager de la grande île, ce roman d’anticipation de Christian Léourier dans la Bibliothèque Rouge (1981 ?) et va adopter la tactique de Jarvis.
Je vous la fais courte, vous avez un train à prendre. Jarvis est harponneur sur la planète Thalassa, une planète recouverte à 90% d’océans, et tumultuée de courants océaniques puissants. Quand un bâteau part du point A, il virevolte, tourbillonne, dégueule tout ce qu’il peut dans les courants et autres vortex et met deux mois à rejoindre la rive d’en face, éventuellement en ayant fait 3 fois le tour de la planète auparavant.
Mais pas Jarvis, qui sera vite surnommé le Chevaucheur de Courants. Grâce à l’aide d’un animal géant et tentaculaire, il apprend à maîtriser les courants pour gagner du temps.

Ce que, dans notre jargon de cinétique du pékin, nous appellerons Go with the flow (schéma de gauche). Cela donne ceci :

insertion dans le flot

papillonnement discret des nageoires, orientation nord-est

évitage des bleus

toujours aller dans la même direction qu’eux, la distance perdue c’est de la vitesse gagnée

autolargue / sortie du nuage de poissons / rétropédalage, vitesse maintenue en courbe, attention, un coup d’oeil dans le rétro, double-axel, une dernière ligne droite où l’on peut enfin gazer sans stress, et la croix rouge brille devant nos yeux comme un steak aztèque.

Conclusion :

  • Homme libre, toujours tu chériras la vitesse.
  • Entre courte distance et chocs, et longue distance sans chocs, va sans chocs.
  • ou alors, envisage d’habiter à Ménil-le-Glôt.

Lie to me, but be present

Je suis frustré par les personnages secondaires de la série Lie to me (je suis sûr que ce phénomène existe dans d’autres séries, mais je ne parle que de ce que je connais). Ce qui va me permettre de me livrer à une taxonomie foutraque, ça faisait longtemps.

La série américaine typique de nos jours contient des ingrédients savamment mixés, que je vous livre :

  1. Une problématique existentielle, un mac guffin, un truc quoi. Ce qu’un gars qui ne connaît pas le chef déco de Jean-Jacques Annaud appellerait « une idée originale de départ ». Genre : on raconterait l’histoire d’un serial killer qui tue des serial killers pour le Bien. Ou bien : y aurait un gars qui voudrait refaire un remake de « Un jour sans fin » mais sans Bill Murray ni Andie MacDowell, plutôt avec des attaques terroristes, de la torture et un héros qui ne se douche jamais en 24h.
  2. De la tension, du suspense, des renversements de situation. Genre « Bon sang, mais va-t-il se sortir de son 7ème test sous pression ? » ou encore « Greg, tu as prescrit des amphétamines et le patient est en train de voir des éléphants roses, tu t’es ENCORE (encore, encore, encore, encore…) planté dans ton diagnostic ».
  3. Des héros qui ont des fêlures, des gentils qui sont pas totalement gentils parce qu’on apprend par hasard qu’ils ont fait des actes méchants autrefois (mais c’était parce qu’ils étaient piégés, et depuis, alala, ils regrettent amèrement, hein) et des méchants qui sont serial killers mais finalement, ils aiment beaucoup leur soeur et l’artère fémorale de leur victime.
  4. Et, j’y viens enfin, des personnages secondaires qui rajoutent du corps à la sauce du risotto, des personnages secondaires certes, mais dont la vie affective, les tourments métaphysiques et les incertitudes ontologiques (ouais, carrément) nous permettent de respirer entre deux fusillades / perfusions / découpages à la scie sauteuse / mise en formol. Moi j’adore quand le personnage secondaire fait un bisou (qu’on attendait quand même depuis 2 saisons et demie) à un personnage principal ou à un personnage tertiaire, voire quaternaire. Mais pas quinquagénaire, car voici là où le bât va blesser :

Il y a ceux qui se croient au dessus des lois du genre, et qui ne vont pas respecter ces 4 articles de foi. Et pourtant, sans ces 4 cavaliers, pas de bonne série accro qui t’oblige à regarder les pubs pour savoir si Kiffeur Seuzeurland il gagne à la fin (et s’il prend une douche).
Et dans ces païens qui ne respectent pas les Saintes écritures, il y a ceux qui ne respectent pas le point 4. Ils ont donc des personnages secondaires ectoplasmiques, ou plutôt des Gnafrons.
Définissons le Gnafron, puisque personne n’a pris la peine de le faire de manière détaillée. Le Gnafron est un personnage qu’on fait apparaître et disparaître au gré des inspirations et des besoins du scénario. On a un temps mort, ou on a besoin de passer d’un intermède « stress-adrénaline » à un retour au calme ? Hop, on fait sortir le Gnafron comme un diable de sa boîte. (Je pense à Gnafron, parce que dans les pièces de Guignol, il y a souvent des pantomimes avec le bâton, ,celui qui tient le bâton apparaît, les enfants crient, le sinistre sire disparaît avant que Guignol ne se retourne, puis il réapparaît, les nenfants crient, et ainsi de suite, ad libenter, Commedia dell’Arte…)
Avantage du Gnafron : il bouche les trous, il comble, et il donne l’illusion du point 4.
Mais en fait, comme le Gnafron n’apparaît pas assez, il n’a pas d’épaisseur psychologique, ou, pour quelqu’un qui ne lit pas Télérama, « on ne sait pas grand chose de lui ». Donc on ne peut pas rêver, s’identifier, ou tout simplement se dire « Et comment réagirait Eli Locker dans cette situation ? » quand on est face à un rouleau de papier-toilette qui en est réduit au tube de carton.
Je me souviens de NYPD Blue. Les seconds rôles étaient présents, ils avaient de l’épaisseur, je me souviens encore du jeune flic chicano, on avait l’impression de l’avoir cotoyé depuis des années alors même qu’il était un rôle très tertiaire. Et l’imbuvable jeune con de procureur était très attachant quand on le découvrait en french lover d’une inspectrice de police mère célibataire. Par opposition, dans la saison 2 épidsode 9 de Lie to me, on a un aparté Eli Locker-Ria Torres qui fait dans le glamour, mais il ne suffit pas d’un aparté pour faire exister un personnage.
Soyons clair : pour moi, ces personnages n’existent pas encore. Il serait temps de s’y mettre, on est dans la saison 3, là.

Prélude au retour de la Cinétique du Pékin

Ces temps-ci, il y a de l’énervement dans l’air dans les gares.
ça se cogne, ça passe en force, ça court.
La foule est hargneuse, compacte, obstinée.
En fait, je me rendais compte hier que c’est avivé par l’apparition d’êtres modernes : les blös. Imaginez un flux tendu, mais constitué de deux matières : les tchaques, qui veulent arriver vite ; les blös, qui consultent leur portable. Eh bien forcément, ça fait des grumeaux.
Tout ceci pour annoncer que les grèves et l’agressivité hivernale typiques de Paris m’ont inspiré quelques pensées logistiques. Je les distillerai progressivement dans cette rubrique adulée par les foules : la cinétique du pékin.